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 Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)

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Bel Canto
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MessageSujet: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 17:52

La Symphonie n° 1 en ré majeur « Titan » est la première symphonie du compositeur austro-hongrois Gustav Mahler. Composée en 1888, la symphonie est remaniée jusqu'en 1903.

La symphonie comporte quatre mouvements :
1.Langsam. Schleppend. Wie ein Naturlaut — Im Anfang sehr gemächlich
2.Kräftig bewegt, doch nicht zu schnell — Trio. Recht gemächlich
3.Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen
4.Stürmisch bewegt

Composition

À l'époque de la composition de la Première Symphonie, Mahler, âgé de 28 ans, était un chef d'orchestre très apprécié. Il était alors chef d'orchestre au théâtre municipal de Leipzig. Il composa rapidement cette symphonie lors des quelques jours de fermeture de l'opéra de Leipzig à la suite de la mort de l'empereur allemand Guillaume Ier.
Du poème initial, le compositeur, face à l’incompréhension générale, proposa d’abord un programme complet, supprima ensuite le deuxième mouvement connu sous le nom de « Blumine » (fleurettes), et ajouta en tête de l’œuvre le titre désormais célèbre « Titan », évoquant un roman de l’auteur romantique allemand si cher à Robert Schumann, Jean-Paul Richter. Ce sont enfin d’importantes modifications de l’orchestration qui clôturèrent les révisions de l’œuvre. Elle se présente désormais sous la forme d’une grande symphonie d’une cinquantaine de minutes, divisée en quatre mouvements.

Création et réception

Après la création de l'œuvre, le 20 novembre 1889 à Budapest, où il avait été nommé directeur de l'Opéra royal hongrois, Mahler est accusé de défier toutes les lois de la musique. « Son poème symphonique est vulgaire et insensé. ». Les journaux hongrois, dont le Pester Lloyd, sont assez critiques. La Neue Pester Zeitung écrit : « Si l'on englobe le tout dans une impression d'ensemble, nous ne pouvons dire que la chose suivante : En ce qui concerne son éminente qualification en tant que chef d'orchestre, Mahler était non seulement parmi les premiers de son rang, il leur ressemble aussi parle fait qu'il n'est pas symphoniste… nous ne lui serons pas moins reconnaissants de ses efforts accomplis avec succès en tant que directeur d'Opéra et nous aimerions toujours le voir derrière son pupitre, à condition qu'il ne dirige pas ses propres compositions1. »
Il redirige la symphonie, maintenant intitulée "Titan, Poème musical en forme de symphonie" en 1893 à Hambourg. La critique n'est pas meilleure qu'en 1889. Après un autre échec à Weimar en 1894, Mahler supprime l'andante et renomme l'œuvre en Première Symphonie. Il la rejoue à intervalles irréguliers jusqu'à sa mort.

Analyse

Premier mouvement
Le premier mouvement, sous-titré « Comme un bruit de la nature » (« Wie ein Naturlaut »), débute par une longue note tenue des cordes au-dessus de laquelle semble s’ébaucher un motif fondateur. Réminiscence de la neuvième symphonie de Beethoven ou de la plupart des œuvres d'Anton Bruckner, cette intemporalité originelle est contredite par un motif de fanfare au caractère manifestement ironique. Dérivé du motif initial, on croit entendre un hibou, sorte d'illusion sonore. Cette introduction conduit à l’exposition du vrai premier thème, citation textuelle du deuxième lied pour basse et orchestre du cycle « Les chants d'un compagnon errant » (Lieder eines fahrenden Gesellen) datant des années 1883-1884. Cette mélodie intitulée « Ce matin je suis allé à travers champs » restitue immédiatement le temps suspendu de l’introduction et détend l’atmosphère. La musique se déroule alors librement dans une orchestration riche et aérée. Pourtant, on décèle à l’audition de nombreux retours intempestifs de l’ironique fanfare, jetant une ombre mystérieuse sur cet éveil de la nature.

Deuxième mouvement
Le deuxième mouvement (« Énergique et animé, mais pas trop rapide »), est un scherzo dont la thématique puise largement dans la littérature populaire autrichienne. Dans le rythme d’un ländler, on ressent clairement l’influence de Franz Schubert dans les parties extrêmes et celle de Bruckner dans l’ostinato du trio central.

Troisième mouvement
Le mouvement le plus mystérieux de cette symphonie, une lente marche funèbre en ré mineur, est bâti sur la version allemande de la chanson Frère Jacques (Bruder Jakob). Sur un mouvement de balancier lourd et sombre des basses, la chanson, altérée par le mode mineur, se déploie lentement en une sorte de cortège funèbre. La mélodie s’amplifie, se répandant à tout l’orchestre. Soudain, un thème presque vulgaire, issu des danses de bistro, est joué « avec parodie » par un petit orchestre, aux sonorités étranges : c'est la musique d'un mariage juif. Cette alternance d’éléments graves et futiles scandalisa les premiers auditeurs peu habitués à cet amalgame de genres. Mahler indiqua que l’inspiration saisissante de ce morceau lui venait de la réminiscence d’une image du dessinateur autrichien Moritz von Schwind, familière à tous les enfants allemands et autrichiens, L’Enterrement du chasseur (Wie die Tiere den Jäger begraben), dans laquelle un cortège d’animaux aux attitudes faussement sombres portent à sa dernière demeure le chasseur, leur ennemi. Toute l’ironie de la scène se retrouve dans la marche funèbre provoquant de la sorte un effet effroyable. Soudain surgit un thème sublime provenant une nouvelle fois des chants du compagnon errant (4e lied, die zwei blauen Augen). Ce bref épisode ramène alors la terrible marche funèbre et, dans sa suite, les danses vulgaires avant qu’une dernière fois les rythmes de la marche s’éloignant dans le lointain ne referment le mouvement. Mahler aimait qualifier le mouvement de « marche funèbre à la manière de Callot », hommage au célèbre graveur populaire du XVIIe siècle, Jacques Callot, qui exploitait un style particulièrement ironique.

Quatrième mouvement

Le grand final qui clôt cette symphonie symbolise le passage des ténèbres à la lumière. Sa structure est celle de la sonate. Il est le plus ouvertement dramatique et s’ouvre de manière tumultueuse sur de lourdes sonorités. S’ébauche ensuite un thème aux allures conquérantes et victorieuses. Pourtant, il lui faudra lutter avec une formidable énergie et être abattu à trois reprises avant d’aboutir à la lumière d’un ré majeur final. Les luttes, interrompues par une mélodie typiquement mahlérienne et des réminiscences du motif fondateur, s’achèvent par un brutal accord lumineux. « Comme s’il était tombé du ciel, comme s’il venait d’un autre monde. » (Mahler). On reconnaît alors plusieurs éléments déjà entendus dans le premier mouvement, montrant ainsi l’homogénéité de l’œuvre entière. Après un dernier sommet négatif jetant le trouble sur l’optimisme de rigueur dans cette nature ensoleillée, la symphonie se referme de manière triomphale.

source : wikipedia
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 17:53

Mahler a appelé à un moment sa première symphonie « Titan ». Non pas en raison de sa complexité, ni de difficulté d’écriture ou encore à cause de sa durée (50 minutes), mais probablement en référence à un roman "Titan" écrit par un de ses auteurs favoris. Ce dernier retrace la vie d’un héros dont la « seule arme, face à un monde pernicieux, est une exceptionnelle force intérieure faite d’exaltation, d’imagination et de rêves purs ». Mahler a t-il reconnu ses propres aspirations dans ce personnage ?

Cette première symphonie s’articule autour de 4 mouvements. Le premier sous-titré « comme un bruit de la nature » s’ouvrant sur une introduction « lente et trainante ». Cette introduction conduit l’exposition du vrai premier thème, une mélodie intitulée « ce matin je suis allé à travers champs » que l’on retrouve dans le deuxième mouvement, et qui s’inspire d’une danse populaire autrichienne proche d’une valse. La musique se déroule alors librement dans une orchestration riche et aérée. De nombreux retours d’une ironique fanfare jettent une ombre mystérieuse sur cet éveil de la nature. Ecoutez l’extraordinaire entrée du troisième mouvement, une marche funèbre bâtie sur la version allemande de la chanson Frère Jacques. Mahler apparait ici à la fois inquiétant, ironique, tendre, démoniaque. Tout Mahler…. Le dernier mouvement s’oppose à tout ce que l’on vient d’entendre, tout en reprenant certains éléments déjà entendus. Il symbolise le passage des ténèbres à la lumière mais seulement après plusieurs tentatives, véritables luttes se terminant d’une manière triomphale par « un brutal accord lumineux comme s’il était tombé du ciel ». Cette symphonie se termine donc sur un optimisme de rigueur dans cette nature ensoleillée. Magnifique entrée dans l’univers de Mahler.

Source : Bozar
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 18:05

Ce torrent de montagne échappé de lui-même
Une analyse très approfondie de l'oeuvre : chez Esprits Nomades

Une autre approche chez Classiquenews
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joachim
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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 20:18

J'aime toutes les symphonies de Mahler (sauf la 8ème Embarassed ), mais celle ci est peut-être ma préférée. Il est bon aussi de connaître la première version, celle avec Blumine, qui renforce le côté pastoral de la première partie de la symphonie. Contraste ensuite avec cette extraordinaire marche funèbre sur Frère Jacques.



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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 20:55

Je ne connais pas les autres symphonies ... j'ai hâte de découvrir !
Par contre, cette première, j'adore ... cette alternance de profondeur et d'envolées musicales ponctuées par une fanfare tantôt joyeuse tantôt cauchemardesque !
C'est l'oeuvre qui tourne en boucle pour le moment !
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Opus100

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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 21:48

Cette première symphonie de Mahler me semble à part des autres (mais c'est l'avis d'un néophyte), bien plus "conventionnelle" par rapport aux suivantes.
Qu'en pensez-vous ?
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Jean

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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 22:30

je suis un peu d'accord avec toi...j'y ajouterais la 4eme , d'humeur sans doute moins fantasque
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joachim
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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 5 Oct - 22:40

Jean a écrit:
je suis un peu d'accord avec toi...j'y ajouterais la 4eme , d'humeur sans doute moins fantasque

C'est aussi mon avis Very Happy

Je suis (presque Wink sûr que cette première symphonie pourrait plaire à Snoopy.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Sam 5 Nov - 16:42

joachim a écrit:
J'aime toutes les symphonies de Mahler (sauf la 8ème Embarassed ), mais celle ci est peut-être ma préférée.
Comme Joachim, j'aime effectivement l'ensemble des symphonies de Mahler, cette Symphonie n°1 "Titan" fut avec la 4eme les deux premières que je découvert.

Ces deux symphonies m'ont immédiatement et profondément initiée mon admiration pour ce compositeur. Les autres symphonies m'ont parfois demandé plusieurs écoutes pour entrer totalement dans les oeuvres.

Cette symphonie est celle de Mahler pour laquelle je possède probablement le plus d'enregistrements. Ils me permettent de la découvrir, voir la redécouvrir sous plusieurs mode d'interprétation.

Ci dessous mon avis sur les interprétations que je pratique :
Bruno Walter CBS - viel enregistrement fondateur par un disciple du compositeur bien remasterisé
Mitropoulos (1949) - un son affreux mais cependant historique
Kubelik DG - une belle interprétation assez classique et un bon enregistrement
Bernstein NYO Sony - j Bernstein mais encore plus dans Mahler, il vit littéralement cette musique
Zinman RCA interprétation récente - interprétation très intéressantes et très claire permettant de découvrir de très nombreux détails
Maazel - Orchestre National de France - dernier acquis, j'ai pas d'avis définitif.




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vizZ

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MessageSujet: Re: Mahler - Symphonie n° 1 (1888-remaniée en 1903)   Mer 28 Déc - 20:13

Niveau discographie pour ma part j'ai:
- Kubelik / Audite: interprétation enregistrée en live assez électrisante. Qualité d'enregistrement correcte.
- Jansons / RCO Live: bonne interprétation, assez "analytique" comme la plupart du temps chez Jansons mais bien creusée. Bonne qualité d'enregistrement

J'aime aussi beaucoup les 2ème, 5ème et 7ème symphonies.
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