Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Rigoletto

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Snoopy
Admin
avatar

Nombre de messages : 21016
Age : 42
Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Rigoletto   Mer 8 Nov - 1:15

Rigoletto est un opéra en trois actes (parfois en quatre actes) et quatre tableaux de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave, d'après la pièce de Victor Hugo Le Roi s'amuse et créé le 11 mars 1851 au théâtre de la Fenice à Venise.

Les Personnages

Le duc de Mantoue (Ténor)
Rigoletto, son bouffon bossu (Baryton)
Le comte Ceprano (Basse)
La comtesse Ceprano (Mezzo-soprano)
Le comte Monterone (Baryton)
Sparafucile, un spadassin (Basse)
Matteo Borsa, un courtisan (Ténor)
Le chevalier Marullo, un courtisan (Baryton)
Gilda, fille de Rigoletto (Soprano)
Giovanna, sa duègne (Mezzo-soprano)
Maddalena, sœur de Sparafucile (Contralto)
courtisans, nobles, pages, serviteurs

Acte 1

Premier Tableau

La scène se passe dans une grande salle du palais où le Duc de Mantoue donne un bal. Le Duc entre en scène en compagnie de Borsa, un des ses courtisans : il lui fait des confidences au sujet d'une jeune fille d'une grande beauté qu'il a aperçue à l'église. Il a découvert où elle demeure et de loin, lui fait la cour; toutefois, il ignore qui elle est et réciproquement.

Borsa attire l'attention du Duc sur un groupe de dames, parmi lesquelles se trouve la comtesse Ceprano. Le Duc s'approche d'elle, et lui exprime son regret qu'elle quitte la Cour pour rentrer à Ceprano. Il lui offre son bras pour la reconduire; le comte Ceprano qui, de loin, a remarqué ce manège, est pris à partie par Rigoletto, le bouffon de la Cour, bossu et difforme, qui le nargue de ce qu'il ne peut empêcher le Duc de courtiser sa femme.

Rigoletto sort. Entre alors Marullo, un autre courtisan : il annonce qu'il vient de découvrir que le bouffon a une maîtresse.

Le Duc, suivi de Rigoletto, revient. Il est en colère à cause de la présence de Ceprano qui empêche toute intrigue avec la Comtesse. Rigoletto lui suggère alors d'enlever cette dernière et d'éliminer le comte. Puis il se moque du comte et le Duc lui conseille d'être moins impertinent. Borsa et d'autres coutisans se promettent, avec Ceprano, de se venger du bouffon. Rigoletto fanfaronne au motif que nul n'osera porter la main sur lui.

Soudain, le vieux Monterone fait irruption dans la salle : le Duc ayant séduit sa fille, il vient, devant toute la cour, dénoncer les moeurs du Duc. Rigoletto, tout claudicant, se glisse auprès du vieillard et le tourne en dérision. Ne supportant pas les propos de Monterone, le Duc le fait arrêter; Monterone lance alors une malédiction contre Rigoletto.

Second Tableau

De nuit, Rigoletto rentre chez lui tout en repensant à la malédiction de Monterone. Au moment où il va franchir la porte d'entrée de sa maison, il est accosté par un tueur à gages, Sparafucile, qui lui propose ses services. Bien qu'il n'en ait pas besoin pour le moment, Rigoletto lui demande son nom et où on peut le trouver. Une fois l’assassin parti, le bouffon s'engage dans un soliloque au cours duquel il dresse un parallèle entre leurs professions respectives, l'un ayant pour arme sa langue et l'autre vivant de son épée. Il déplore sa situation à la Cour et exprime sa haine des courtisans, qui ne cessent de le haïr et de le mépriser.
Il ouvre sa porte et se trouve accueilli par sa fille Gilda. Elle lui demande de lui parler de leur famille. Il l'interrompt et lui recommande de ne jamais sortir de la maison; elle le rassure en disant qu'elle ne sort que pour aller à l'église. Comme elle insiste pour qu'il lui parle de sa mère morte, Rigoletto lui demande de ne pas l'obliger à se souvenir de son bonheur perdu.

Gilda essaie de le persuader de lui révéler quelque chose de son pays, de sa famille et de ses amis, mais en vain.

Toujours soupçonneux, Rigoletto appelle Giovanna, la gouvernante, et lui ordonne la plus grande vigilance. Il croit entendre quelqu'un à l'extérieur et sort. Alors que le bouffon scrute la ruelle, le Duc se faufile à l'intérieur de la cour. Rigoletto revient et demande à Giovanna si Gilda et elle-même ne sont jamais suivies lorsqu'elles vont à l'église. Elle lui assure que non. Il lui ordonne de toujours bien verrouiller la porte. Rassuré, il dit au revoir à sa fille et s'en va, laissant le Duc stupéfait de ce qu'il vient de découvrir. Gilda éprouve du remord quant au fait d'avoir caché à son père qu'à la sortie de la messe, un jeune homme l'a suivie, et elle confie à Giovanna qu'elle en est devenue amoureuse.

Le Duc sort de sa cachette, fait signe à Giovanna de disparaître et se jette aux pieds de Gilda. Celle-ci, surprise, appelle à l'aide mais ne résiste plus quand le Duc lui chante tendrement son amour. Il se dit être un pauvre étudiant du nom de Gualtier Maldè mais avant qu'il ne puisse parler davantage, Giovanna vient signaler qu'elle a entendu marcher dans la ruelle. Gilda lui demande de faire sortir le Duc.

Avant de se quitter, ils échangent d'ardentes paroles. Restée seule, Gilda rêve sur le nom de son bien-aimé.

Borsa, Ceprano et d'autres courtisans, prenant Gilda pour la maîtresse de Rigoletto s'apprêtent à réaliser leur projet d'enlèvement quand Rigoletto vient vers eux. Ils lui font croire qu'ils sont là pour enlever la femme de Ceprano et lui proposent de les assister dans leur entreprise en lui mettant un masque; ils lui demande alors de tenir l'échelle. Le bouffon croit que c'est l'obscurité qui l'empêche d'y voir. Certains courtisans parviennent à enlever Gilda qui appelle au secours. Rigoletto, assourdi par le bandeau, n'entend pas cet appel. Il arrache tout de même son masque, se rue dans la maison et comprend que Gilda a été enlevée. Il commence à croire à la malédiction de Monterone.

Acte 2

Le second acte se passe dans le salon du Duc. Celui-ci est seul et très affecté par l'enlèvement de celle qu'il aime. Arrivent les courtisans qui lui racontent ce qui s'est passé : le Duc exprime sa joie que Gilda soit retrouvée et il sort pour aller la rejoindre. A ce moment, entre Rigoletto. Il sait que sa fille doit être dans le Palais, et, tout en feignant l'indifférence, il se met à sa recherche. Lorsqu'il entend un page répondre qu'il ne faut pas déranger le Duc, il commence à avoir des soupçons; il implore alors aux courtisans de lui rendre sa fille. Ceux-ci sont stupéfaits de découvrir cette parenté entre le bouffon et Gilda.

Soudain, une porte s'ouvre et Gilda sort en courant de l'appartement du Duc. Rigoletto, tout heureux, la serre dans ses bras, mais, la voyant en larmes, il se retourne furieux contre les courtisans et leur enjoint de sortir. Restée seule avec son père, Gilda raconte toute l'aventure avec le Duc ainsi que l’enlèvement. Rigoletto essaie de la consoler et lui promet qu’ils vont quitter la cour lorsque passe Monterone qu'on conduit en prison. Ce dernier s'arrête devant le portrait du Duc pour déplorer que sa malédiction soit restée sans effet sur le libertin. Rigoletto décide alors de se venger et lui promet qu'il sera vengé, malgré la demande contraire de Gilda.

Acte 3

La scène se passe de nuit près d'une auberge délabrée, sur les rives du Mincio, par une nuit d'orage. Dehors, Gilda supplie encore son père d'épargner le Duc. Rigoletto la conduit à un mur où, par une fente, on peut voir dans l'auberge. Là, il l'invite à regarder : en voyant son amoureux entrer dans l'auberge et demander une chambre à Sparafucile, elle est horrifiée. Le Duc commande du vin et, cynique, proclame l'inconstance des femmes. Pendant ce temps, Sparafucile, discrètement, sort dire à Rigoletto que le Duc est là. Rigoletto réplique qu'il va revenir pour tout régler. La soeur de Sparafucile, Maddalena, dont ils se sont servis pour attirer le Duc dans l'auberge, vient retrouver celui-ci dans la pièce où il est en train de boire. Gilda est alors anéantie en découvrant l'infidélité de son bien-aimé.

Rigoletto veut éloigner sa fille : il lui demande de revêtir un costume masculin et de s'enfuir à Vérone. Il verse ensuite un acompte à Sparafucile, tout en promettant de lui donner le solde quand Sparafucile lui aura remis le cadavre du Duc. L'assassin regagne alors l'auberge.
Maddalena, qui trouve le Duc beau, commence à regretter le projet de Sparafucile.

Au plus fort de l'orage, Gilda revient, travestie en homme et s'approche de l'auberge : elle entend Maddalena demander à son frère d'épargner le bel inconnu. Sparafucile accepte un compromis : à la place, il tuera la première personne qui se présentera à l'auberge avant minuit. A ces mots, Gilda décide de se sacrifier pour celui qu'elle aime toujours malgré son infidélité. Elle frappe à l'auberge et demande à entrer. Quand Maddalena lui ouvre, un terrible coup de tonnerre retentit, couvrant les cris de la malheureuse au moment où l'assassin la frappe.

L'orage s'apaise peu à peu. Une horloge sonne minuit. Rigoletto revient chercher le cadavre du Duc. Il frappe à la porte. Sparafucile sort en traînant un sac. Le bouffon lui tend une bourse. Resté seul, Rigoletto traîne le sac vers le bord de l'eau, quand il entend soudain la voix du Duc chanter au loin "La donna è mobile". Tremblant, il déchire le sac, et, horrifié, y trouve sa fille mourante. Eperdu de douleur, il la prend dans ses bras : tous deux chantent alors des adieux déchirants. Au moment où elle expire, il comprend alors que la malédiction de Montérone s'est réalisée.
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
calbo

avatar

Nombre de messages : 1040
Age : 46
Date d'inscription : 01/10/2006

MessageSujet: Re: Rigoletto   Mar 14 Nov - 12:22

Quelques versions de l'oeuvre. Il peut s'agir de ré-éditions d'enregistrements plus anciens comme c'est le cas pour la première d'entres elles.

http://www.amazon.fr/Rigoletto-J-Kubelik/dp/B0000012V4/sr=1-1/qid=1163503025/ref=pd_bowtega_1/171-8606378-3384269?ie=UTF8&s=music

Attention aux coupures dans cette version. Souvent les enregistrement avec la Callas comptent entre 20 et 30 mn de musique en moins. C'est dommage mais elle mérite quand même le détour.

http://www.amazon.fr/Verdi-Rigoletto-Maria-Callas/dp/B000002RY6/sr=1-12/qid=1163503130/ref=sr_1_12/171-8606378-3384269?ie=UTF8&s=music

A écouter ne fut ce que pour la direction de Muti et le rigoletto de Bruson.

http://www.amazon.fr/Giuseppe-Verdi-Rigoletto-Highlights/dp/B0000029N3/sr=1-14/qid=1163503283/ref=sr_1_14/171-8606378-3384269?ie=UTF8&s=music
Revenir en haut Aller en bas
http://artistes-italiens.forumsactifs.com/index.htm
Bel Canto
Admin
avatar

Nombre de messages : 5938
Age : 61
Date d'inscription : 10/07/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Lun 13 Aoû - 23:39

Revenir en haut Aller en bas
http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
Snoopy
Admin
avatar

Nombre de messages : 21016
Age : 42
Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 8 Sep - 17:22

J'ai regardé aujourd'hui, cette version avec le défunt Pavarotti. Que du bonheur! Ingvar Wixell est excellent!

Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
Snoopy
Admin
avatar

Nombre de messages : 21016
Age : 42
Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Re: Rigoletto   Ven 14 Sep - 21:53

Je me suis acheté cette version avec cette distribution:

Gilda: Maria Callas
Rigoleto: Tito Gobbi
Il duca di Mantova: Giuseppe Di Stefano
Sparafucile: Nicola Zaccaria
Maddalena: Adriana Lazzarini
Giovanna: Giuse Gerbino
Il conte di Monterone: Plinio Clabassi
Marullo: William Dickie
Borsa: Renato Ercolani
La conte di Ceprano: Carlo Forti
La contessa di Ceprano: Elvira Galassi
Un usciere: Vittorio Tatozzi
Un paggio: Luisa Mandelli

Orchestre de la Scala de Milan
Chef: Tullio Serafin

Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
Snoopy
Admin
avatar

Nombre de messages : 21016
Age : 42
Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 15 Sep - 23:42

Très magnifique aria de Gilda.
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 29 Sep - 1:31

Vous pouvez l'écouter et le télécharger en entier également

ICI

Licence creative commons.

Enregistrement de 1950,

* Berger, Erna (Soprano, Gilda)
* Cellini, Renato (Direttore)
* Merriman, Nan (Contralto, Maddalena)
* Newmann, Arthur (Baritono, Marullo)
* Peerce, jan (Tenore, Duca di Mantova)
* Piave, Francesco Maria (Autore del libretto)
* RCA Victor Orchestra, New York (Orchestra)
* Robert Shaw Chorale, New York (Coro)
* Tajo, Italo (Basso, Sparafucile)
* Verdi, Giuseppe (Compositore)
* Warren, Leonard (Baritono, Rigoletto)
* Wentworth, Richard (Baritono, Conte Monterone)

Coco
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6626
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Mer 15 Sep - 9:51

Quelqu'un a t'il vu et entendu le Rigoletto transmis de Mantoue il y a un peu plus d'une semaine...en trois émissions ?...avec entre autre la participation de Domingo...dans le role du baryton Rigoletto?
Je n'ai entendu qu'une partie du premier acte...donc peu d'intervention de Rigoletto...où j'ai regretté un vrai baryton comme Bruson (et bein d'autres!):
?
Revenir en haut Aller en bas
Bel Canto
Admin
avatar

Nombre de messages : 5938
Age : 61
Date d'inscription : 10/07/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Mer 15 Sep - 10:13

Oui, j'ai regardé mais sans grand intérêt, je dois avouer.
J'en ai parlé en ce qui concerne le premier acte ici. En fait, je n'ai pas regardé le deuxième acte et j'ai repris en marche au troisième.
Je suis d'accord avec toi pour ce qui est de Domingo ... j'adore vraiment cet interprète mais là, on peut juste se dire qu'il s'est fait plaisir et aussi sans doute, qu'il a 'bousté' un peu une retransmission qui est loin d'avoir été un succès d'écoute ! Par contre, côté interprétation dramatique, il est imbattable : le final était impressionnant !
J'ai aussi lu beaucoup de critiques quant à Raimondi qui serait 'fini' ... je n'ai ni vu ni entendu cela dans son interprétation impressionante de Sparafucile et pour un agonisant, son Boris de juin dernier était de premier ordre !!!
A retenir, je trouve, la soprano - Julia Novikova - très belle et fraîche Gilda à la voix très agréable et facile dans les aigus ; pas mal non plus le duc de Vittorio Grigolo, même s'il en 'faisait un peu trop' à mon goût.
Mehta, j'ai rarement apprécié et ici pas plus que cela non plus ; : côté mise en scène, mention 'bien mais peu mieux faire' avec de pareils décors.
Bref, je n'avais guère accroché à l'expérience similiaire avec 'Traviata' et je ne trouve pas que ce soit mieux ici ...

Revenir en haut Aller en bas
http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
Jean

avatar

Nombre de messages : 6626
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Mer 15 Sep - 11:09

merci Bel Canto!...le peu que j'ai vu j'ai aussi aprrécié la Gilda et aussi Vittorio Grigolo
Revenir en haut Aller en bas
calbo

avatar

Nombre de messages : 1040
Age : 46
Date d'inscription : 01/10/2006

MessageSujet: Re: Rigoletto   Mar 5 Fév - 22:03

J'ai suivi de très loin cette retransmission qui, par ailleurs, ne m'a pas fasciné. J'aime beaucoup Domingo, mais je regrette qu'il se fourvoie dans des rôles de baryton; avec la carrière exceptionnelle qu'il a, Domingo a-t-il vraiment besoin d'aborder un répertoire qui n'est pas son répertoire naturel ?

Compte rendu de la soirée d'ouverture du festival Verdi de Parme 2012

D'abord ce qui se passe autour de la représentation : il faut savoir que les italiens sont complètement fondus d'opéra, bien plus que le public français; un tel déploiement de forces est ahurissant . Comme la représentation lançait le festival Verdi, toutes les autorités civiles et militaires de la ville de Parme étaient présentes ainsi que l'ambassadeur de France. En sus, la télévision (PARMATV) retransmet SYSTÉMATIQUEMENT chaque première de toutes les séries de chaque saison ou de chaque festival avec en vedette un musicologue qui connait parfaitement son sujet (en amont, Mauro Biondini présente aussi une émission plaisante et très intéressante qui s'appelle "Vi racconto l'opéra"). A chaque entracte Biondini et sa collègue interviewent des spectateurs. Je ne vous cacherai pas que débarquant de ma "province" j'ai été hallucinée, voire pétrifiée par ce que j'ai vu; j'étais assez mal à l'aise et comme je le disais à mes amis italiens sur un autre forum je me suis sentie un peu isolée et je l'étais d'autant plus que je n'ai pas vu les personnes que je pensais rencontrer aux entractes.

Sur le plateau vocal : un feu d'artifices hallucinant. Nucci tout d'abord, dont je ne comprends pas que l'on puisse envisager de le descendre de manière aussi gratuite. Cet homme la est maintenant âgé de 70 ans; certes la voix a changé et n'est pas forcément la même qu'il y a 20 ans par exemple. Pourtant il donne une leçon de chant grandeur nature dès le début de la soirée; le point d'orgue étant la fameuse cabalette "Cortigiani vil razzia, dannata ... Ah ! ebben ion piango ... ", magistralement interprétée, et le duo avec Gilda "Vendetta, si vendetta tremenda ... " qui lui a été bissé pour la plus grande joi d'un public conquis. Jessica Pratt campe une Gilda juvénile et émouvante; dès le duo avec Rigoletto chez le bouffon, la soprano australienne se met au niveau de Nucci donnant la réplique au célèbre baryton italien avec une aisance et un naturel séduisants et assez réjouissants. Jamais en cours de soirée, Pratt ne se laisse dépasser par l'enjeu; le duo d'amour avec le faux étudiant qui suit et l'air "Gualtier Maldé … Caro nome" confirment l'éclatante santé vocale d'une artiste qui fait siens, sans coup férir, les sentiments de Gilda pour les deux hommes de sa courte vie : son père chéri et l'"étudiant" qu'elle aime tant. Et même si Gilda meurt par amour pour le duc, jusqu'au bout elle évoquera ce père tant aimé alors qu'il est entouré d'un épais voile de mystère; et Jessica Pratt fait ressortir avec talent l'ambivalence de la jeune fille qui se laisse guider par l'amour jusqu'à son dernier souffle. Piero Pietri prête ses traits et sa voix au duc de Mantoue; et dès "Questa o quella" il donne le ton de la soirée malgré un semblant de mise en scène pour ce premier air, détail dont il se préoccupe d'ailleurs fort peu, dégageant d'emblée une morgue et une arrogance qui vont plutôt bien à un homme de pouvoir qui ne pense qu'à lui, n'aimant que ses plaisirs et toujours en quête de nouvelles conquêtes féminines tant à la cour que dans le peuple. Pretti se taille un succès considérable au dernier acte aussi bien avec "La donna è mobile" que dans le quatuor qui arrive immédiatement après "Bella figlia dell'amor", ensemble dans lequel la malheureuse Gilda réalise l'ampleur de la duperie du duc et à quel point il ne l'a jamais aimé. A la croisée des chemins, Sparafucile est à la fois le dernier des quatre rôles principaux et le premier des rôles secondaires; pour ce personnage les responsables du Regio ont fait appel à un natif de Parme : Michele Pertusi. La voix sombre de la basse parmesane qui est à mi chemin de la basse et du baryton correspond assez bien au tueur à gage, cet ancien soldat bourguignon "reconverti". Pertusi campe un Saprafucile retors et impitoyable; payé par "il gobbo", le bouffon,il rejette avec indignation le plan de Maddalena qui lui suggère de tuer Rigoletto en lieu et place du duc, victime désigné du tueur à gages : "Mi paga quest'uomo, fedele m'avrà". Cela ne l'empêche pas d'accepter de tuer la première personne qui frappera à la porte de l'auberge pour que Rigoletto ait à l'heure dite, minuit, un sac contenant le cadavre qu'il attend; le trio "Ah piu non ragiono…", dont la mise en scène, les décors et les lumières sont d'ailleurs parfaits, laisse voir le drame qui se joue, accentuant encore l'idée qu'il ne peut y avoir d'autre destin ni pour Gilda mourante ni pour son père fou de chagrin. A noter, dans les rôles secondaires la performance très honorable de Barbara di Castri (Maddalena). Si la voix de la jeune femme a parfois tendance à blanchir légèrement elle tient crânement tête à Pretti puis à Pertusi dans les deux très beaux ensembles du dernier acte.

Dans la fosse d'orchestre c'est Daniel Oren qui, de retour après dix-sept années d'absence à Parme, dirige la Filarmonica Arturo Toscanini. Le chef israélien dont la gestuelle est parfois assez peu conventionnelle se montre précis, ferme et attentif à ne jamais couvrir solistes et choristes évoluant sur le plateau. Cependant, s'il ne peut éviter quelques fausses notes du côté des cuivres pendant le prélude, Oren prend un plaisir évident à diriger, manifestant son enthousiasme dès qu'il le peut. Le choeur d'hommes du teatro Regio de Parme, remarquablement préparé par son chef Martino Faggiani, ne démérite absolument pas face aux prestigieux solistes invités pour Rigoletto et prend sa part, largement méritée, du triomphe de cette première représentation.

Rigoletto, dont la première mise en scène date de 1993, reçoit un accueil triomphal tant en cours de soirée, ou chaque aria et ensemble reçoit des applaudissements fournis, qu'au saluts finaux ou l'ensemble des artistes, à commencer par Nucci, sont ovationnés pendant dix longues minutes par un public debout qui lance à chacun "bravo", "brava" avec un enthousiasme non feint. Et malgré les imperfections inhérentes à toute première cette soirée a lancé l'édition 2012 du festival Verdi à un très haut niveau de qualité.
_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://artistes-italiens.forumsactifs.com/index.htm
Bel Canto
Admin
avatar

Nombre de messages : 5938
Age : 61
Date d'inscription : 10/07/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 16 Sep - 12:27



La troisième chaîne belge diffusait hier soir cette version de Rigoletto proposée par le MET en 2013.

Distribution
Direction musicale : Michele Mariotti
Mise en scène : Michael Meyer - Décors : Christine Jones - Costumes : Susan Hilferty - Lumières : Kevin Adams
Rigoletto : Željko Lučić
Gilda : Diana Damrau
Le duc de Mantoue : Piotr Beczala
Sparafucile : Štefan Kocán
Maddalena : Oksana Volkova
Giovanna : Maria Zifchak
Monterone : Robert Pomakov
Marullo :Jeff Mattsey
Borsa : Alexander Lewis
Ceprano : David Crawford
La Comtesse Ceprano : Emalie Savoy
Choeurs et orchestre du Metropolitan Opera

L'intérêt d'une production d'opéra repose sur trois piliers avec la même importance pour chacun d'eux : le chef et l'orchestre, les interprètes et la scénographie.

Avec une retransmission, il est difficile de juger de la qualité d'un maestro et de son orchestre.  En tout cas, ici, les tempi sont bien respectés, nuances et force soulignant les différentes atmosphères de ce magnifique opéra de Verdi.

Côté distribution, hormis le 'Rigoletto' de Željko Lučić qui est un peu décevant, l'ensemble de la distribution est à la hauteur des attentes, avec un coup de    pour Diana Damrau dont la Gilda est parfaite de bout en bout que ce soit du côté chant ou du côté interprétation !  Bravo aussi à Štefan Kocán (Sparafucile) dont la noirceur de la voix de basse profonde épouse parfaitement ce rôle secondaire.


https://www.youtube.com/watch?v=flW6D3SnmX8

Venons-en à la mise en scène …  Wink
On connaît l'éternel débat entre mise en scène respectant scrupuleusement le livret ou la transposition.  Je l'ai déjà dit à plusieurs occasion, je ne suis pas contre une transposition ; par contre, je suis toujours déçue par  toutes les "non-mises en scène" qui sont malheureusement assez fréquentes.
On est ici dans la transposition totale !  En voici une introduction très juste sur Forum Opera (l'ensemble de l'analyse correspond assez à mon ressenti !)
Pour les spectateurs new-yorkais, le choc a été rude mais, si l’on en croit les généreux applaudissements, ils ont survécu ! Pour succéder à la vénérable, très figurative et pour tout dire conservatrice, production de Rigoletto d’Otto Schenk qui remontait à 1989, Peter Gelb a choisi de confier les clefs de la première scène américaine à un habitué de Broadway, Michael Meyer. Pour ses débuts à l’opéra, il s’est entouré de son équipe habituelle, avec notamment la décoratrice Christine Jones.
Aux ruelles lombardes façon crèche provençale et au palais renaissance du duc, ont succédé des néons criards et des gogo dancers. Le duc de Mantoue est devenu un patron de casino dans le Las Vegas des années 1960. Passée la surprise, force est de constater que le pari du metteur en scène et de son équipe n’est pas loin d’emporter la conviction. L’argent, la dépravation, le sexe, le pouvoir, la corruption et la mafia sont au fond intemporels et, dès lors que la mise en scène raconte une histoire sans porter atteinte à la musique, elle peut embarquer le spectateur pour un peu plus de deux heures d’un spectacle qui se regarde sans ennui.


https://www.youtube.com/watch?v=33dUwBxxGtg

Cette critique se base, je pense sur le vidéo qui a été produite à partir de ce spectacle.
Je suis assez d'accord avec cette critique ainsi que celle parue sur Resmusica : la transposition fonctionne assez bien du point de vue du contexte, des décors et des costumes.  Par contre, côté gestion de la scène, il y a à redire !
C'est donc une première mise en scène pour Michael Meyer surtout connu comme scénariste de théâtre ; si j'en crois Operabase, c'est aussi quasi la seule !  Hehe
Et pourtant, comme dit la critique de FO : ce n'est pas loin de réussir … j'aime aussi beaucoup l'éclairage avec les néons.  Un des passages les plus impressionnants de l'opéra est l'orage qui sévit au-dessus de la maison de Sparafucile et Maddalena quand Gilda vient se présenter pour sauver son amoureux en offrant sa vie.  La musique de Verdi crée une atmosphère incroyable et je me suis déjà surprise à frissonner entre les coups frappés désespérément par Gilda à la porte, son appel à l'aide et l'affrontement entre le frère et la sœur pour savoir s'il faut sauver le bel amant.  Le jeu de néon à ce moment vient superbement souligner l'atmosphère et, dans l'ensemble, j'ai été presque prête à entrer dans cette histoire … que manque-t-il alors ?  Une véritable direction d'acteurs, je pense … chacun, selon son charisme, interprète à sa manière et on retombe vite dans les caricatures de productions très classiques.  Ce qui me fait rappeler le Don Gionvanni de Jaco Van Dormael  à l'ORW : lui aussi vient d'un autre milieu que l'opéra et oui, sa mise en scène était très particulière mais il est resté cohérent de bout en bout et a réussi à convaincre ses interprètes de jouer à la mesure de la transposition.  Transposer pour faire "genre" ou "neuf" n'a pas de sens mais proposer une réflexion neuve me semble une démarche intéressante si on respecte  la musique et les interprètes.
Autre point noir de cet enregistrement DVC : les surtitres (en toutes les langues paraît-il).  Je ne sais pas à qui ils sont dus mais ils sont modernisés pour coller à la mise en scène et totalement agaçants.

Conclusion de FO : Ce DVD ne risque donc pas de laisser indifférent. Il ravira donc tous ceux que les productions du Metropolitan de Grand Papa agaçaient; il choquera les tenants de la tradition.
Conclusion de Resmusica : Il n’en reste pas moins qu’en dépit de la tentative de renouveler l’approche d’un des piliers du répertoire, on reste dans l’ensemble sur l’impression d’une soirée tristement conventionnelle, comme le Met en a connu des centaines.
Quant à moi, j'ai passé une agréable soirée même si j'attends depuis bien longtemps un digne successeur à Piero Capuccilli qui m'a fait découvrir et aimer à tout jamais cet opéra !



https://www.youtube.com/watch?v=Z1a_xA1fCTI
Revenir en haut Aller en bas
http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2793
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 16 Sep - 19:11

Super compte-rendu Bel Canto, merci beaucoup. Très intéressant, ton décryptage personnel et celui des critiques.
Je n'ai pas vu cette version, j'en ai vu trois ou quatre autres lors des années passées, des "conventionnelles" avec des voix d'anthologie, des "modernistes" que j'ai adorées d'ailleurs... 
Je ne me souviens plus, oh honte, si à la fin, Rigoletto se suicide sur le corps de Gilda, ou s'il reste simplement fou de chagrin sur son cadavre...
Perso je n'aime pas tout Verdi (j'expliquais ailleurs que je le trouve parfois un peu "verbeux" et grandiloquent), mais évidemment cet opéra est un total chef d'oeuvre.
De mon côté, je continue "la Donna di Lago"..de Rossini  (c'est très long tout ça et ma semaine fut agitée).., mais je suis emballée (au Met, toujours !). La musique de Rossini, quoiqu'avec des accents un peu inhabituels, est très "reconnaissable" ..., emportée par une DiDonato et un Flores sensationnels (et pas qu'eux). 
Revenir en haut Aller en bas
Bel Canto
Admin
avatar

Nombre de messages : 5938
Age : 61
Date d'inscription : 10/07/2007

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 16 Sep - 22:37

Normalement, l'opéra se termine sur la scène où Rigoletto ouvre le sac pensant savourer la mort du duc et s'aperçoit de la méprise. Sa fille lui murmure quelques mots et meurt dans ses bras ... rideau. Imaginer qu'il la suive dans la tombe n'a rien d'insensé.
Revenir en haut Aller en bas
http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2793
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Rigoletto   Sam 16 Sep - 22:46

Je me demande si dans une version, le metteur en scène n'a pas imaginé ça tout à la fin. Ca m'intrigue, il faudra que j'aille voir sur Wiki.
Revenir en haut Aller en bas
Bel Canto
Admin
avatar

Nombre de messages : 5938
Age : 61
Date d'inscription : 10/07/2007

MessageSujet: Rigoletto à fusionner   Dim 17 Sep - 10:42

Anouchka a écrit:
Je me demande si dans une version, le metteur en scène n'a pas imaginé ça tout à la fin. Ca m'intrigue, il faudra que j'aille voir sur Wiki.

Voici ce qu'en dit le Kobbe qui, même avec des erreurs, vaut bien Wiki Wink :
Le bossu ouvre le sac, il y trouve sa fille.  Mourante, elle lui murmure : "Je l'aimais trop, maintenant je meurs pour lui.  Vient ensuite le duc : "Lassu - in celo"
"Maledizione". Le thème de la malédiction de Monterone résonnera au-dessus du bouffon, penché sur le corps de sa fille morte.


J'ai vu 3 fois Rigoletto sur scène et dans aucune des mises en scène, il ne se donnait la mort mais ce ne serait pas totalement iconoclaste de le mettre en scène.  Par contre, cela n'apporte rien non plus : le rôle principal de cet opéra est la malédiction et Rigoletto en portera tout le fardeau qu'il vive ou qu'il meurt.

Bon, le mieux est encore de laisser le dernier mot à Piave, le librettiste de cet opéra :

RIGOLETTO
Gilda! mia Gilda!...È morta!
Ah, la maledizione!
(Strappandosi i capelli, cade sul cadavere della figlia.)

FINE

RIGOLETTO
Gilda ! Ma Gilda ! Elle est morte !
Ah, la malédiction !
(Il tombe, en s’arrachant les cheveux, sur le corps de sa
fille.)

FIN
Revenir en haut Aller en bas
http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Rigoletto   

Revenir en haut Aller en bas
 
Rigoletto
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: L'opéra, les ballets et le chant-
Sauter vers: