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 Così fan tutte

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Snoopy
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Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Così fan tutte   Mar 7 Nov - 23:56

Così fan tutte ("Ainsi font-elles toutes", en italien) est un opéra bouffe en deux actes, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Lorenzo da Ponte, et créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne.

Le titre complet en est Cosi fan tutte (ossia La scuola degli amanti), que l'on peut aussi rendre par Toutes les mêmes, ou l'École des amants.
Référence : K 588

Personnages

Fiordiligi (soprano)
Dorabella, sa sœur (soprano) ou (mezzo-soprano)
Ferrando, fiancé de Dorabella (ténor)
Guglielmo, fiancé de Fiordiligi (baryton)
Don Alfonso (basse)
Despina, servante de Fiordiligi et Dorabella (soprano)

Lieu, Naples
Epoque, le 18esiècle.

Acte I

La scène s'ouvre sur une taverne où Don Alfonso, cynique à souhait, discute vivement avec deux jeunes soldats de ses amis, Guglielmo et Ferrando. Les jeunes gens prétendent que leurs fiancées sont fidèles et honnêtes (La mia Dorabella capace non è), alors qu'Alfonso tente de leur faire comprendre que la fidélité des femmes relève de l'utopie (E la fede delle femmine come l'araba fenice).

Alors que la conversation s'envenime, Alfonso propose un pari : il devra leur montrer que la femme est inconstante... en particulier leurs fiancées. Pour cela, ils acceptent de se soumettre à sa volonté et de tenter de séduire leurs propres fiancées sous un déguisement pittoresque. L'enjeu : 100 sequins. Certains de leur victoire, ils rêvent déjà de ce qu'ils feront avec cette somme rondelette (Una belle serenata).

Dans leur jardin, Fiordiligi (la fiancée de Guglielmo) et sa sœur Dorabella (fiancée à Ferrando) contemplent les portraits de leurs bien-aimés (O guarda, Sorella!). Elles demandent à l'Amour de les punir si jamais elles changeaient d'amants. Alfonso survient, la mine défaite (Vorrei dir e cor non ho), leur annonçant que leurs fiancés doivent partir le jour-même pour le régiment. Suit une scène d'adieux déchirants, qui rassure les jeunes soldats : comment des fiancées si attachées pourraient-elles un jour changer de caractère ? Alfonso ne s'en amuse que davantage. La scène se termine sur les voeux que les trois forment pour que les vents les plus doux accompagnent la traversée des deux soldats (Soave sia il vento).

Despina, la servante des deux jeunes femmes, prend l'événement avec philosophie : deux amants partent à la guerre, s'ils en reviennent un jour, tant mieux, sinon, encore mieux (deux de perdus, dix de retrouvés !). Elle prétend qu'il n'y a rien de moins fidèle qu'un homme, surtout un soldat (In uomini, in soldati sperare fedeltà). Qu'elles se divertissent donc ! Les amantes sont scandalisées par un tel raisonnement...

Contre un peu d'or, Alfonso convainc Despina de l'aider dans son entreprise, sans toutefois lui en dévoiler les ficelles. Elle ignorera en effet que les deux étrangers qui viendront présenter leurs hommages à ses maîtresses ne sont autres que leurs amants prétendument partis. Il les lui présente déguisés (Alla bella Despinetta vi presento amici miei), et leur allure n'est pas si belle à voir (des antidotes à l'amour, prétend-elle). Ses maîtresses surviennent, et surprennent les deux étrangers dans leur maison. Alfonso revient, prétendant retrouver là deux des meilleurs amis qu'il ait jamais eus. Les deux jeunes gens commencent une cour assidue, mais les deux amantes refusent d'en entendre davantage. Elles se retirent après avoir vanté leur constance et leur fidélité malgré l'absence de leurs deux fiancés (Come scoglio immoto resta)

Les deux soldats sont persuadés que le pari est gagné (E voi ridete?). Alfonso tempère leurs ardeurs et prépare la seconde phase de son plan de bataille.

Tristes et alanguies, Fiordiligi et Dorabella se plaignent de leur sort, lorsque les deux "étrangers" arrivent, suivis d'Alfonso : ils auraient bu de l'arsenic afin d'abréger les souffrances que leur imposent les deux jeunes femmes si cruelles avec eux. Restées seules avec les deux agonisants, elles s'attendrissent. Le médecin survient (Eccov'il medico) : il s'agit de Despina travestie, qui, par une méthode mesmérienne, va sauver les deux empoisonnés. Alors que les deux femmes sont de plus en plus attendries, les mourants ressuscitent et, dans un délire idyllique, les prennent pour des déesses (Dove son?...). Puis, ils réclament chacun un baiser, ce qui fait reculer les deux sœurs (Dammi un bacio, o mio tesoro).

Acte II

Despina provoque les deux sœurs (Andate là, che siete due bizarre ragazze) et ne s'explique pas leur comportement lors de la scène précédente. Elle se lance dans un cours (Una donna a quindici anni...) sur ce que devrait savoir et faire une femme dès l'âge de 15 ans, (entre autres savoir où le diable a la queue!). La voilà partie, et les deux sœurs se mettent à y réfléchir. Elles choisissent chacune celui des deux dont elles auront à subir les assiduités (Prenderò quel brunettino). Alfonso survient et invite les deux jeunes femmes à venir assister à un beau spectacle dans le jardin: les deux amants interprètent une pastorale (Secondate, aurette amiche) en l'honneur des sœurs, qui trouvent cela ridicule. Alors Alfonso et Despina rapprochent les deux couples, qui partent chacun de leur côté pour se promener et badiner.

Guglielmo feint un malaise devant Dorabella, il la séduit jusqu'à lui offrir un pendentif en forme de cœur, et prendre le portrait de Ferrando qu'elle porte dans un médaillon (Il core vi dono). Après une brève résistance, elle cède à ses avances.

De son côté, Ferrando bataille avec Fiordiligi (récitatif accompagné Barbara! Perché fuggi? puis air Ah lo veggio, quell'anima bella...), croit vaincre, puis cède, désespéré. Fiordiligi veut le rattraper (Ei parte... senti... ah no...) puis réfléchit et demande pardon, dans une prière, à son amant Guglielmo parti à la guerre et qu'elle a failli trahir (Per pietà ben mio perdona...)

Les deux conquérants se retrouvent (Amico, abbiamo vinto!), Ferrando persuadé que le refus qu'il a essuyé a également été infligé à Guglielmo. Guglielmo, lui, est ravi d'apprendre que Fiordiligi lui est restée fidèle... mais il doit bien avouer à son ami que Dorabella a cédé (Il mio ritratto! Ah perdida!). Il admet pourtant que le caractère des femmes n'est pas toujours celui qu'on espère (Donne mie, la fatte a tanti...). Ferrando, resté seul, a du mal à voir clair dans son âme, partagée entre la colère d'avoir été trahi et l'amour qu'il éprouve toujours pour Dorabella (récitatif accompagné In qual fietro contrasto puis cavatine Tradito, schernito).
Alfonso le rejoint, accompagné de Guglielmo, qui réclame sa part de l'enjeu en faisant valoir de manière cruelle à Ferrando que Dorabella pouvait difficilement résister à un tel bourreau des cœurs, et qu'au contraire, Fiordiligi n'aurait jamais pu trahir un homme tel que lui. Alfonso lui fait valoir qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours (foll'è quel cervello che sulla frasca ancor vende l'uccello).

Dorabella avoue qu'elle s'est laissé prendre facilement au piège de l'amour mais qu'elle trouve cela délicieux (E' amore un ladroncello), tandis que Fiordiligi le lui reproche. Celle-ci échafaude un plan pour sauver les deux couples en péril: les sœurs se déguiseront en soldats pour aller retrouver incognito leurs amants véritables. (Fra gli amplessi) Ferrando survient (Ed intanto) et réussit finalement à la séduire. Guglielmo, qui a assisté à la scène, ne cache pas sa colère (Oh poveretto me). Ferrando se permet alors de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Alfonso leur propose la solution pour les punir : les épouser.

Il leur chante les vers suivants:

Tutti accusan le donne, ed io le scuso
Se mille volte al dì cangiano amore;
Altri un vizio lo chiama ed altri un uso,
Ed a me par necessità del core.
L'amante che si trova alfin deluso
Non condanni l'altrui, ma il proprio errore;
Già che giovani, vecchie, e belle e brutte,
Ripetetel con me: «Così fan tutte!»

Ce qui veut dire :

"Tout le monde accuse les femmes, et moi je les excuse de changer d'amour mille fois par jour ; les uns appellent cela un vice, les autres une habitude, quant à moi je crois que c'est une nécessité du cœur. Il ne faut pas que l'amant abusé condamne les autres, mais se reproche sa propre erreur : qu'elles soient jeunes ou vieilles, belles ou laides, répétez avec moi : elles font toutes ainsi."

La scène finale est celle des noces (Fate presto, o cari amici) preparées par Despina; les deux couples font leur entrée (Benedetti i doppi coniugi) boivent ensemble... Alfonso introduit le notaire, qui n'est autre que Despina travestie une fois de plus (Augurandovi ogni bene) pour lire le contrat, lecture abrégée par l'enthousiasme des deux épouses qui signent bien vite... Alors on réentend la fanfare qui avait accompagné le départ des deux soldats vers le régiment (Bella vita militar). Alfonso feint la panique devant le retour imminent des militaires. Les deux sœurs cachent leurs nouveaux époux dans une salle attenante, et s'en remettent à Alfonso. Vite rhabillés, les deux soldats font leur apparition (Sani e salvi). Tout le monde feint la surprise... Les amants s'étonnent de l'accueil glacial que leur réservent leurs promises... Puis ils découvrent le notaire... qui, au grand dam des deux sœurs, se révèle être Despina... tandis que Ferrando ramasse le contrat de mariage ! les deux soldats laissent enfin éclater leur colère... les sœurs demandent pardon en les empêchant d'entrer dans la chambre où sont censés se cacher leurs nouveaux époux. Ils y entrent malgré tout et en ressortent à moitié déguisés à nouveau (A voi s'inchina). Les trois femmes n'en reviennent pas, notamment Despina qui découvre qu'elle a été l'instrument ignorant de cette machination.

Alfonso admet enfin qu'il est responsable de cet imbroglio de mauvais goût (V'ingannai ma fu l'inganno). Il les réconcilie et tout est bien qui finit bien (Fortunato è l'uom)...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Così fan tutte   Mer 10 Mar - 13:36




Label: Philips
Interprètes : Anne Sofie von Otter, Francisco Araiza, Elzbieta Szmytka, Thomas Allen, Karita Mattila, José Van Dam
Orchestre/Ensemble: Academy of St. Martin in the Fields
Direction: Sir Neville Marriner

Je l'écoute et je vous dis quoi Wink
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Jean



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MessageSujet: Re: Così fan tutte   Mer 10 Mar - 19:04

Vu le casting..;surement une très belle version!

Ma version fétiche:



Kiri Te Kanawa , Frederica Von Stade, Teresa Stratas, David Rendall, Philippe Huttenlocher et Jules Bastin avec l'orchestre Philarmonique de Strasbourg dirigé par Alain Lombard:

Kiri et Frederica au sommet de leur beauté vocale (quels duos!!) dans la trentaine!
Excellente Teresa Stratas
Un ténor David Rendall bien que n'étant pas devenu une grande star a une voix mozartienne idéale pour moi (ronde, tendre, un timbre extrèment charmeur)
Philippe Huttenlocher (on peut préférer un timbre plus riche, mais un comédien hors pair et aussi excellent chanteur) et Jules Bastin grinçant à souhait (pas dans la voix!) d'une diction parfaite qui le fait paraitre encore plus mordant!

Lombard à la tête du phil de Strasbourg a son zénith!
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joachim
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MessageSujet: Re: Così fan tutte   Jeu 11 Mar - 20:02

C'est du Mozart, alors évidemment, j'aime bien cet opéra, mais je le place après Don Giovanni, les Noces de Figaro et la Flûte Enchantée...

Même si on du mal à le croire, il semblerait que Da Ponte, le librettiste, se serait inspiré d'un fait divers réel.

Au fait, chères amies, à quelques jour de la journée de la femme, vous ne trouvez pas cet opéra horriblement "macho" ? Laughing
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Così fan tutte   Mer 14 Avr - 10:34

Une étude comparative des versions au CD qui me paraît intéressante :casa della lirica étude en français !

C'est vraiment un des opéras - sinon l'opéra - de Mozart que je préfère.
J'ai écouté la version 'Marinner' avec Mattila, Von Otter ... et j'aime beaucoup.
Comme autre version, mais en extraits, j'ai la version 'Levine' avec te Kanawa, Murray, Hampson ... très bien aussi.
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Alain92-15



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MessageSujet: Re: Così fan tutte   Lun 7 Juin - 16:32

j'ai deux versions, Harnoncourt avec le Concertgebauw de 1991 chez Warnermusic et Jochum avec le Berliner Philarmoniker et herman Prey, Fischer-Diskau, Irmgard Seefried, Erika Koth, Haeflieger. chez DG en 1963. j'aime bien Jochum. Je l'ai entendu à la Bastille par ailleurs.
On dit que Joseph II aurait suggéré le thème de Cosi, amusé par le jeu des deux officiers, mais je crois plutot que le thème de l' échange des épouses était un classique de l'opéra buffa et que Da Ponte l'a trouvé opportun pour amuser la cour de Vienne, avec l'accord du souverain. Peut-être connaissait-il les troqueurs de notre Dauvergne qui est aussi un échange.
La mort brutale de Joseph II, protecteur de Mozart et patron de Da Ponte qu'il appréciait beaucoup, a cassé un éventuel succès de cette opéra buffa de style napolitain. Mais choisir ce thème libertin a du nuire à Mozart et explique en partie sa disgrace à la Cour et son lachage total. car après le 1789 français et la mort de Joseph II, pas très famille, il y a eu une réaction morale qui a atteint Mozart.
Cet opéra est plus difficile d'accès que Don Giovanni et les Noces, il a été longtemps incompris, mais on s'y attache ensuite, notamment les arias. J'aime spécialement les arias du ténor Ferrando. La musique est superbe.
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