Forum sur la musique classique
 
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 Nicola Piovani

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Snoopy
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MessageSujet: Nicola Piovani   Jeu 25 Aoû - 20:19

Nicola Piovani, né le 26 mai 1946 à Rome, est un pianiste, compositeur et chef d'orchestre italien contemporain.

Nicola Piovani a composé de nombreuses musiques de films, ainsi que la partition de la comédie musicale Concha Bonita (2002), dont le livret est d'Alfredo Arias et René de Ceccatty. Il fut entre autres le dernier compositeur attitré de Federico Fellini. Il a également composé les bandes originales de films de Mario Monicelli, Michelangelo Antonioni et Paolo et Vittorio Taviani.

Filmographie (par ordre chronologique décroissant)

2011: La Conquête de Xavier Durringer
2009: Welcome, de Philippe Lioret
2007: Odette Toulemonde, de Eric-Emmanuel Schmitt
2006: Je vais bien, ne t'en fais pas, de Philippe Lioret
2006: Fauteuils d'orchestre, de Danièle Thompson
2005: Le Tigre et la Neige, de Roberto Benigni
2004: L'Équipier, de Philippe Lioret
2003: Pinocchio, de Roberto Benigni
2002: Nowhere, de Luis Sepulveda
2001: La Chambre du fils, de Nanni Moretti
2001: Crinière au vent, une âme indomptable, de Sergei Bodrov
2001: Résurrection, de Paolo Taviani
2000: La Carbonara, de Luigi Magni
1998: La Vie est belle, de Roberto Benigni
1997: Santo Stefano, de Angelo Pasquini
1995: La Lune et le téton, de Juan José Bigas Luna
1995: Romance sur le lac, de John Irvin
1994: Macho, de Juan José Bigas Luna
1993: Journal intime, de Nanni Moretti
1993: Amok, de Joël Farges
1993: Jambon, jambon, de Juan José Bigas Luna
1993: Les Amies de cœur, de Michele Placido
1992: Fiorile, de Paolo Taviani
1991: Hors la vie, de Maroun Bagdadi
1990: Le Soleil même la nuit, de Paolo Taviani
1990: Au nom du peuple souverain, de Luigi Magni
1990: La Voce della luna, de Federico Fellini
1989: Palombella rossa, de Nanni Moretti
1989: Australia, de Jean-Jacques Andrien
1989: 12 registi per 12 città, de Michelangelo Antonioni
1988: Drôle d'endroit pour une rencontre, de François Dupeyron
1988: Domani, Domani, de Daniele Luchetti
1988: La Soule, de Michel Sibra
1988: Manifesto, de Dusan Makavejev
1987: Good Morning, Babylon, de Paolo et Vittorio Taviani
1987: Les Exploits d'un jeune Don Juan, de Gianfranco Mingozzi
1987: Intervista, de Federico Fellini
1986: Pourvu que ce soit une fille, de Mario Monicelli
1986: La messe est finie, de Nanni Moretti
1985: Ginger et Fred, de Federico Fellini
1985: Il Camorrista, de Giuseppe Tornatore
1984: Kaos de Paolo et Vittorio Taviani
1984: Les Yeux, la bouche, de Marco Bellocchio
1984: Segreti Segreti, de Giuseppe Bertolucci
1983: La Trace, de Bernard Favre
1980: Le Saut dans le vide, de Marco Bellocchio
1979: Vacanze in Val Trebbia, de Marco Bellocchio
1979: La Marche triomphale, de Marco Bellocchio
1977: La Mouette (TV) (1977), de Marco Bellocchio
1976: Fous à délier, de Marco Bellocchio
1973: Viol en première page, de Marco Bellocchio
1972: Au nom du père, de Marco Bellocchio

Oscar de la meilleure musique de film en 1998 pour le film La vie est belle de Roberto Benigni.
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Ven 26 Aoû - 10:14


A la mort de Nino Rota, Fellini se tourna vers Morricone pour reprendre le flambeau mais celui-ci, bien que flatté et appréciant beaucoup ce réalisateur, déclina poliment l'offre. Fellini se tourna alors vers Piovani et il me semble que ce fut un choix plus judicieux
tant le style de ce dernier se prête très bien à l'univers fellinien.
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Mar 13 Nov - 21:21



COMPLEMENTS BIOGRAPHIQUES:

Nicola Piovani est né le 26 mai 1946 à Rome, où il a toujours vécu et travaillé. Pianiste, chef d'orchestre, compositeur de musique pour le cinéma et le théâtre, chansons, musique de chambre et symphonique, il devient une des personnalités musicales les plus en vogue, bien au-delà des frontières italiennes. Diplômé en piano au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, l'un de ses enseignants en composition lui présente lManos Hadjidakis. Sa première musique pour l'image remonte en 1968, un court-métrage écrit pour les actualités sur le mouvement étudiant de la Faculté de philosophie à Rome auquel Piovani assista. L'année suivante, il compose sa première musique pour un long métrage, Le Secret de Silvano Agosti. Piovani compose de la musique pour plus de 150 films, collaborant entre autres avec Fellini, Bellocchio, Monicelli, les frères Taviani, Moretti, Tornatore, Benigni. En dehors de l'Italie, il a travaillé avec des réalisateurs Ben Von Verbong, Pál Gábor, Dusan Makavejev, Bigas Luna, Jos Stelling, John Irvin, Sergei Bodrov, Éric-Emmanuel Schmitt, Philippe Lioret, Danièle Thompson, Xavier Durringer. En 1999, sa partition pour le film de Roberto Begnini "La Vie est belle", Nicola Piovani remporta l'Oscar. Parmi les autres récompenses qu'il décrocha, on notera trois prix David di Donatello, quatre Soundtrack Awards, trois rubans d'argent, deux Ciak d'oro. Il a remporté deux nominations aux César, et lors du festival "Musique et Cinéma" d'Auxerre, il obtint le Prix du Public et la Mention spéciale du jury. Parmi les réalisateurs avec lesquels il collabora, on lit les noms de Carlo Cecchi, Luca De Filippo, Maurizio Scaparro, Vittorio Gassman). Avec Luigi Magni et Peter Garinei, il créa pour la comédie musicale théâtre Sistina; "Les sept rois de Rome". Piovani a écrit plusieurs œuvres de concert: la cantate del Fiore (1988), la cantate de Buffo (1990), M. XXe siècle (1992), Chants de la scène (1993), roman musical (1998), le Stabat Mater de La Pietà ( 1999), la cantate du siècle (2006), tous basés sur des textes de Vincenzo Cerami, L'île de la lumière (2005) sur les pistes de l'Ecclésiaste et des textes d'Homère, Sicilo, Byron, Einstein, Cerami, Seferis, Mesomede de Crète. En 2002, au Théâtre National de Chaillot, Piovani mit en musique Concha Bonita, création musicale, livret de René de Ceccatty et Alfredo Arias. En 2008, il fut nommé Chevalier de L'ordre des Arts et des Lettres par le ministre français de la Culture. En 2009, sur un texte d'Eduardo De Filippo, il composa la cantate symphonique "Père Cigogne", représentée au Teatro San Ferdinando di Napoli avec Luca De Filippo (narrateur) et l'orchestre du San Carlo dirigé par le compositeur. Le 27 Août 2011, fut mis en scène, au Festival de Ravello, son premier opéra "Voyages d'Ulysse".



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joachim
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Mer 14 Nov - 18:58

Je ne savais pas que la superbe musique de La Vie est Belle est de Piovani, dont je n'avais jamais entendu parler.
J'aime beaucoup ce film qui commence comme un film stupide avec les excentricités de Guido, qui n'est pas un fou mais au contraire un père aimant exceptionnel, qui fait croire à son petit garçon que les atrocités du camp de concentration ne sont qu'un jeu !

Est-ce Piovani a aussi composé des oeuvres de concert, comme Rota ?
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Mer 14 Nov - 19:38


Oui, il en a composé et certaines sont mentionnées dans le complément biographique que j'ai posté ci-dessus. Wink Malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion d'écouter cette partie de son oeuvre. Toutefois, il y a de fortes chances pour que la musique de concert de Piovani soit plus proche de l'esthétique d'un Nino Rota ou d'un Luis E. Bacalov que de celle, plus progressiste, d'un Luigi Nono ou d'un Ennio Morricone, c'est-à-dire qu'elle risque fort d'être à ton goût.Very Happy

Si tu aimes une musique comme "La vie est belle", je te conseille vivement ce disque magnifique qui offre une très belle rétrospective de sa musique de film:

http://www.amazon.fr/Le-Musiche-Di-Concerto-Fotogramma/dp/B0025GTHX8

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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Jeu 2 Jan - 13:15

Le réalisateur Marco Bellocchio a collaboré avec plusieurs compositeurs, notamment Ennio Morricone (Les Poings dans les poches/La Chine est proche) - sont nom est également crédité en complément de celui de Nicola Piovani sur "Viol en première Page". Puis, une nouvelle collaboration avec Piovani s'articulera autour de plusieurs films, Marcia Trionfale, "Le Saut dans le vide", "Au nom du père", "Les Yeux, la bouche". Il travaillera également avec Astor Piazzolla sur son film "Henri IV, Le roi fou", avec Giovanni Fusco sur le moyen-métrage "Evangile 70", avec Riccardo Giagni sur plusieurs films dont "Buongiorno, notte", paru en 2003. Bellocchio a depuis entretenu ce qui est peut-être la plus intense de ses collaborations avec un musicien; le talentueux Carlo Crivelli sur lequel j'ai déjà lancé un sujet

= ici-même

La Marche Triomphale est un film italo-français réalisé par Marco Bellocchio en 1976 que j'aimerais beaucoup voir. Il réunit quatre acteurs de premier choix, Franco Nero, Patrick Dewaere, Miou Miou et Michele Placido. La partition de Nicola Piovani est formidable, de ces partitions de cinéma qui font que je sais exactement pourquoi la musique de film garde une place conséquente dans mon coeur de mélomane. Le thème principal est magistral. D'un esprit quasi-morriconien, il n'empêche que le style "Piovani" si reconnaissable est bien là. Le thème d'amour est également très beau, très touchant. Cette B.O. me donne encore plus envie de voir ce film qui a tous les symptômes d'une tragédie.    
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Mer 8 Aoû - 23:12

Le Maître de la Camorra - le titre original italien est: Il camorrista - a été réalisé par Giuseppe Tornatore et est sorti en salle en 1986.
Ce premier film de Tornatore est adapté du roman Il camorrista de Giuseppe Marrazzo, d'après l'histoire vraie du patron de camorra Raffaele Cutolo. Synopsis: <<En 1963, un jeune délinquant, Raffaele Cutolo, tue un homme qui importunait sa sœur Rosaria (Rosetta dans la réalité), et est envoyé en prison. Au fil des dix années dans la prison Poggioreale de Naples, il devient connu sous le nom de « Le professeur », un personnage puissant, craint et respecté. Avec ses amis Alfredo Canale et Pasquale Zara dit « l'animal », il crée l'organisation criminelle Nuova Camorra Organizzata. Entièrement gérée depuis la cellule de Raffaele Cutolo, l'organisation grandit et s'étend jusqu'aux années 1970 où elle se heurte aux anciennes familles de la camorra, déclenchant une guerre mafieuse qui ensanglante tout le Sud de l'Italie dans les années 1970 et 1980. En 1980, un tremblement de terre frappe Naples et la Campanie. Avec le combat pour l'argent de la reconstruction du gouvernement, la guerre de la camorra continue encore plus brutalement qu'avant. En 1981, les brigades rouges kidnappent l'assesseur régional (appelé Mimmo Mesillo dans le film, dans la réalité il s'agit de Ciro Cirillo). Les membres du parti démocrate-chrétien, auquel appartient Mimmo Mesillo, font appel au Professeur pour qu'il intervienne, par peur que Mimmo Mesillo ne révèle des secrets du parti. En échange, il lui est promis la liberté à des prétextes psychiatriques, ainsi que 3 milliards de rançon. L'assesseur est libéré, mais arrêté par les services secrets. Les politiciens ne respectent pas l'accord et le professeur est transféré dans la prison de haute sécurité d'Asinara, par décret spécial du président italien Sandro Pertini. Cela accélère la désintégration de l'organisation du Professeur dont les hommes commencent à coopérer avec la police. Sa sœur Rosaria essaye sans succès de contrecarrer cette évolution. À la fin, elle tue Ciro, un homme de confiance qui s'est vendu aux politiciens, en le faisant sauter dans sa voiture et en coulant sa petite amie dans un pylône de ciment.


Le Maître de la Camorra est le premier film de Giuseppe Tornatore et un de ceux que je n'ai toujours pas vu. Son sujet m'intéresse beaucoup et comme je me suis promis de voir tous les films de ce cinéaste...En plus il met en scène Ben Gazzara, un acteur très intéressant et charismatique. Pour l'heure, je devrai me satisfaire de sa bande originale composée par Nicola Piovani. Sa grande collaboration avec Ennio Morricone commencera à partir de Nuovo Cinema Paradiso. Piovani, bien qu'il appréhende un film sur la mafia à tournure politique, ne déroge pas à son style habituel, appuyant juste un peu plus la corde dramatique et mélancolique. Son style y est immédiatement reconnaissable. On y retrouve aisément, et cela dès le premier titre, ces constructions mélodiques si caractéristiques de son style. Belle trompette solo dans le thème principal portant le titre du film. Piovani, pour le thème de Rosaria, soeur du Maître de la Camorra, emploie un instrument qu'il affectionne; le pianola: Le pianola est un piano automatique ou semi-automatique qui, grâce à un système pneumatique, reproduit de la musique à partir de rouleaux en papier ou en carton perforé. Sa dénomination correcte est “piano mécanique”, mais “pianola” – à l’origine une marque déposée par The Aeolian Company de New York – a rapidement été adopté comme terme générique, toutes marques et tous modèles confondus. Le pianola et le phonographe constituaient – pour ceux qui pouvaient se le permettre – les deux principales sources de musique dans les foyers du début du XXe siècle. Les premiers modèles de pianolas consistent en un mécanisme amovible appliqué contre un piano conventionnel. Cette nouveauté connaît un tel succès que des pianos sont bientôt construits avec mécanisme intégré. C’est ce qu’on appelle en anglais le player piano, type le plus courant de pianola. Nicola Piovani arrive à insuffler dans sa musique un profond sens du désespoir et de fatalisme dont il est facile d'en deviner l'issue.
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steph-w

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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Jeu 9 Aoû - 13:26

Je n'avais pas vu ce fil très complet sur Piovani, que j'admire beaucoup. Merci Icare et Snoopy! Very Happy

Juste un grain de sel, concernant "la vita e bella".

Pour cet extrait, je pense (j'en suis certain! Wink ) qu'il s'est inspiré de Mozart:

Piovani:



Mozart (Plaisanterie musicale K.522):

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joachim
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Jeu 9 Aoû - 20:21

En effet, c'est étonnant. Piovani avait probablement écouté la Plaisanterie musicale auparavant, et s'en est inspiré, c'est indéniable, même pour les thèmes secondaires.

Mais je n'avais rien remarqué quand j'ai vu le film !
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Icare
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Jeu 9 Aoû - 21:21

Les grands compositeurs du Septième Art ont une très bonne connaissance de la musique classique, ce qui fait que c'est pour eux une formidable source d'inspiration. Ca tombe bien que l'on parle de Nicola Piovani, je viens d'écouter deux courtes suites de la musique qu'il composa pour Amok (1993) de Joel Farges avec Fanny Ardant et Andrzej Seweryn et Le Amiche del Cuore/Les Amies de Coeur de Michele Placido avec Asia Argento. L'amok est un comportement meurtrier, toujours individuel, observé en de nombreux endroits du monde par l'ethnographie, puis théorisé à partir de sa forme institutionnalisée en Malaisie. L'amok est le fait d'une personne agissant seule. C'est un accès subit de violence meurtrière qui prend fin par la mise à mort de l'individu après que ce dernier a lui-même atteint un nombre plus ou moins considérable de personnes. Cette forme de l'amok observée par des voyageurs et des ethnologues notamment en Malaisie (d'où vient le mot), Inde, Philippines, Polynésie, Terre de Feu, Caraïbes, Région arctique ou Sibérie est un comportement majoritairement masculin. Si les causes du déclenchement sont socialement déterminées et de l'ordre des frustrations importantes (humiliations, échecs en public) induisant un désir de vengeance, le mécanisme est celui de la décompensation brutale. Parfois simplement qualifiée de «folie meurtrière», la course d'amok est assimilée à une forme de suicide. Bien qu'elle soit ordinairement perpétrée à l'arme blanche dans les sociétés traditionnelles, on peut en trouver un équivalent dans le monde contemporain avec certaines des tueries massives par arme à feu perpétrées par un individu seul, s'achevant par sa capture ou sa mort concrète parfois même auto-administrée, ou bien par sa mort sociale volontaire quand l'auteur de la tuerie se rend à la justice pour y être condamné ce qui dans certains cas le conduit à l'exécution. Le schéma central est alors similaire : forme de suicide accompagnée d'une libération des pulsions homicides. (Wikipédia) Un tel sujet ne pouvait qu'inspirer le cinéma et en l'occurrence Joel Farges. D'ailleurs, la partition de Nicola Piovani est plus sombre et tendue que d'habitude, même si son style demeure très reconnaissable. Les Amies de Coeur (1992) traite d'un sujet très différent: <<Trois adolescents vivent dans la banlieue romaine : Simona, Morena et Claudia. Les trois filles, très attachées, ont des aspirations différentes: Claudia veut être actrice et passe d’un lit à l’autre, Morena étudie comme infirmière et prend soin de sa mère malade. Simona semble apparemment vivre une vie normale, mais à l’intérieur se cache un secret profond, qui après la rencontre avec Lucio apportera dans sa vie une soif irrémédiable de vengeance. En fait, elle fait l'objet d'un inceste par le père.>> Pour ce film, Piovani retrouve son style le plus courant, dans une mélancolie parfaitement assumée qu'il exprime par un lyrisme qui lui est propre. Sans surprise mais attachant.
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