Forum sur la musique classique
 
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 Nicola Piovani

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Snoopy
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MessageSujet: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 25 Aoû 2011 - 20:19

Nicola Piovani, né le 26 mai 1946 à Rome, est un pianiste, compositeur et chef d'orchestre italien contemporain.

Nicola Piovani a composé de nombreuses musiques de films, ainsi que la partition de la comédie musicale Concha Bonita (2002), dont le livret est d'Alfredo Arias et René de Ceccatty. Il fut entre autres le dernier compositeur attitré de Federico Fellini. Il a également composé les bandes originales de films de Mario Monicelli, Michelangelo Antonioni et Paolo et Vittorio Taviani.

Filmographie (par ordre chronologique décroissant)

2011: La Conquête de Xavier Durringer
2009: Welcome, de Philippe Lioret
2007: Odette Toulemonde, de Eric-Emmanuel Schmitt
2006: Je vais bien, ne t'en fais pas, de Philippe Lioret
2006: Fauteuils d'orchestre, de Danièle Thompson
2005: Le Tigre et la Neige, de Roberto Benigni
2004: L'Équipier, de Philippe Lioret
2003: Pinocchio, de Roberto Benigni
2002: Nowhere, de Luis Sepulveda
2001: La Chambre du fils, de Nanni Moretti
2001: Crinière au vent, une âme indomptable, de Sergei Bodrov
2001: Résurrection, de Paolo Taviani
2000: La Carbonara, de Luigi Magni
1998: La Vie est belle, de Roberto Benigni
1997: Santo Stefano, de Angelo Pasquini
1995: La Lune et le téton, de Juan José Bigas Luna
1995: Romance sur le lac, de John Irvin
1994: Macho, de Juan José Bigas Luna
1993: Journal intime, de Nanni Moretti
1993: Amok, de Joël Farges
1993: Jambon, jambon, de Juan José Bigas Luna
1993: Les Amies de cœur, de Michele Placido
1992: Fiorile, de Paolo Taviani
1991: Hors la vie, de Maroun Bagdadi
1990: Le Soleil même la nuit, de Paolo Taviani
1990: Au nom du peuple souverain, de Luigi Magni
1990: La Voce della luna, de Federico Fellini
1989: Palombella rossa, de Nanni Moretti
1989: Australia, de Jean-Jacques Andrien
1989: 12 registi per 12 città, de Michelangelo Antonioni
1988: Drôle d'endroit pour une rencontre, de François Dupeyron
1988: Domani, Domani, de Daniele Luchetti
1988: La Soule, de Michel Sibra
1988: Manifesto, de Dusan Makavejev
1987: Good Morning, Babylon, de Paolo et Vittorio Taviani
1987: Les Exploits d'un jeune Don Juan, de Gianfranco Mingozzi
1987: Intervista, de Federico Fellini
1986: Pourvu que ce soit une fille, de Mario Monicelli
1986: La messe est finie, de Nanni Moretti
1985: Ginger et Fred, de Federico Fellini
1985: Il Camorrista, de Giuseppe Tornatore
1984: Kaos de Paolo et Vittorio Taviani
1984: Les Yeux, la bouche, de Marco Bellocchio
1984: Segreti Segreti, de Giuseppe Bertolucci
1983: La Trace, de Bernard Favre
1980: Le Saut dans le vide, de Marco Bellocchio
1979: Vacanze in Val Trebbia, de Marco Bellocchio
1979: La Marche triomphale, de Marco Bellocchio
1977: La Mouette (TV) (1977), de Marco Bellocchio
1976: Fous à délier, de Marco Bellocchio
1973: Viol en première page, de Marco Bellocchio
1972: Au nom du père, de Marco Bellocchio

Oscar de la meilleure musique de film en 1998 pour le film La vie est belle de Roberto Benigni.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyVen 26 Aoû 2011 - 10:14


A la mort de Nino Rota, Fellini se tourna vers Morricone pour reprendre le flambeau mais celui-ci, bien que flatté et appréciant beaucoup ce réalisateur, déclina poliment l'offre. Fellini se tourna alors vers Piovani et il me semble que ce fut un choix plus judicieux
tant le style de ce dernier se prête très bien à l'univers fellinien.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMar 13 Nov 2012 - 21:21

Nicola Piovani Nicolapiovani

COMPLEMENTS BIOGRAPHIQUES:

Nicola Piovani est né le 26 mai 1946 à Rome, où il a toujours vécu et travaillé. Pianiste, chef d'orchestre, compositeur de musique pour le cinéma et le théâtre, chansons, musique de chambre et symphonique, il devient une des personnalités musicales les plus en vogue, bien au-delà des frontières italiennes. Diplômé en piano au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, l'un de ses enseignants en composition lui présente lManos Hadjidakis. Sa première musique pour l'image remonte en 1968, un court-métrage écrit pour les actualités sur le mouvement étudiant de la Faculté de philosophie à Rome auquel Piovani assista. L'année suivante, il compose sa première musique pour un long métrage, Le Secret de Silvano Agosti. Piovani compose de la musique pour plus de 150 films, collaborant entre autres avec Fellini, Bellocchio, Monicelli, les frères Taviani, Moretti, Tornatore, Benigni. En dehors de l'Italie, il a travaillé avec des réalisateurs Ben Von Verbong, Pál Gábor, Dusan Makavejev, Bigas Luna, Jos Stelling, John Irvin, Sergei Bodrov, Éric-Emmanuel Schmitt, Philippe Lioret, Danièle Thompson, Xavier Durringer. En 1999, sa partition pour le film de Roberto Begnini "La Vie est belle", Nicola Piovani remporta l'Oscar. Parmi les autres récompenses qu'il décrocha, on notera trois prix David di Donatello, quatre Soundtrack Awards, trois rubans d'argent, deux Ciak d'oro. Il a remporté deux nominations aux César, et lors du festival "Musique et Cinéma" d'Auxerre, il obtint le Prix du Public et la Mention spéciale du jury. Parmi les réalisateurs avec lesquels il collabora, on lit les noms de Carlo Cecchi, Luca De Filippo, Maurizio Scaparro, Vittorio Gassman). Avec Luigi Magni et Peter Garinei, il créa pour la comédie musicale théâtre Sistina; "Les sept rois de Rome". Piovani a écrit plusieurs œuvres de concert: la cantate del Fiore (1988), la cantate de Buffo (1990), M. XXe siècle (1992), Chants de la scène (1993), roman musical (1998), le Stabat Mater de La Pietà ( 1999), la cantate du siècle (2006), tous basés sur des textes de Vincenzo Cerami, L'île de la lumière (2005) sur les pistes de l'Ecclésiaste et des textes d'Homère, Sicilo, Byron, Einstein, Cerami, Seferis, Mesomede de Crète. En 2002, au Théâtre National de Chaillot, Piovani mit en musique Concha Bonita, création musicale, livret de René de Ceccatty et Alfredo Arias. En 2008, il fut nommé Chevalier de L'ordre des Arts et des Lettres par le ministre français de la Culture. En 2009, sur un texte d'Eduardo De Filippo, il composa la cantate symphonique "Père Cigogne", représentée au Teatro San Ferdinando di Napoli avec Luca De Filippo (narrateur) et l'orchestre du San Carlo dirigé par le compositeur. Le 27 Août 2011, fut mis en scène, au Festival de Ravello, son premier opéra "Voyages d'Ulysse".



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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMer 14 Nov 2012 - 18:58

Je ne savais pas que la superbe musique de La Vie est Belle est de Piovani, dont je n'avais jamais entendu parler.
J'aime beaucoup ce film qui commence comme un film stupide avec les excentricités de Guido, qui n'est pas un fou mais au contraire un père aimant exceptionnel, qui fait croire à son petit garçon que les atrocités du camp de concentration ne sont qu'un jeu !

Est-ce Piovani a aussi composé des oeuvres de concert, comme Rota ?
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMer 14 Nov 2012 - 19:38


Oui, il en a composé et certaines sont mentionnées dans le complément biographique que j'ai posté ci-dessus. Wink Malheureusement, je n'ai jamais eu l'occasion d'écouter cette partie de son oeuvre. Toutefois, il y a de fortes chances pour que la musique de concert de Piovani soit plus proche de l'esthétique d'un Nino Rota ou d'un Luis E. Bacalov que de celle, plus progressiste, d'un Luigi Nono ou d'un Ennio Morricone, c'est-à-dire qu'elle risque fort d'être à ton goût.Very Happy

Si tu aimes une musique comme "La vie est belle", je te conseille vivement ce disque magnifique qui offre une très belle rétrospective de sa musique de film:

http://www.amazon.fr/Le-Musiche-Di-Concerto-Fotogramma/dp/B0025GTHX8

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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 2 Jan 2014 - 13:15

Le réalisateur Marco Bellocchio a collaboré avec plusieurs compositeurs, notamment Ennio Morricone (Les Poings dans les poches/La Chine est proche) - sont nom est également crédité en complément de celui de Nicola Piovani sur "Viol en première Page". Puis, une nouvelle collaboration avec Piovani s'articulera autour de plusieurs films, Marcia Trionfale, "Le Saut dans le vide", "Au nom du père", "Les Yeux, la bouche". Il travaillera également avec Astor Piazzolla sur son film "Henri IV, Le roi fou", avec Giovanni Fusco sur le moyen-métrage "Evangile 70", avec Riccardo Giagni sur plusieurs films dont "Buongiorno, notte", paru en 2003. Bellocchio a depuis entretenu ce qui est peut-être la plus intense de ses collaborations avec un musicien; le talentueux Carlo Crivelli sur lequel j'ai déjà lancé un sujet

= ici-même

La Marche Triomphale est un film italo-français réalisé par Marco Bellocchio en 1976 que j'aimerais beaucoup voir. Il réunit quatre acteurs de premier choix, Franco Nero, Patrick Dewaere, Miou Miou et Michele Placido. La partition de Nicola Piovani est formidable, de ces partitions de cinéma qui font que je sais exactement pourquoi la musique de film garde une place conséquente dans mon coeur de mélomane. Le thème principal est magistral. D'un esprit quasi-morriconien, il n'empêche que le style "Piovani" si reconnaissable est bien là. Le thème d'amour est également très beau, très touchant. Cette B.O. me donne encore plus envie de voir ce film qui a tous les symptômes d'une tragédie.  Nicola Piovani 333455 Nicola Piovani 333455 Nicola Piovani 333455
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMer 8 Aoû 2018 - 23:12

Le Maître de la Camorra - le titre original italien est: Il camorrista - a été réalisé par Giuseppe Tornatore et est sorti en salle en 1986.
Ce premier film de Tornatore est adapté du roman Il camorrista de Giuseppe Marrazzo, d'après l'histoire vraie du patron de camorra Raffaele Cutolo. Synopsis: <<En 1963, un jeune délinquant, Raffaele Cutolo, tue un homme qui importunait sa sœur Rosaria (Rosetta dans la réalité), et est envoyé en prison. Au fil des dix années dans la prison Poggioreale de Naples, il devient connu sous le nom de « Le professeur », un personnage puissant, craint et respecté. Avec ses amis Alfredo Canale et Pasquale Zara dit « l'animal », il crée l'organisation criminelle Nuova Camorra Organizzata. Entièrement gérée depuis la cellule de Raffaele Cutolo, l'organisation grandit et s'étend jusqu'aux années 1970 où elle se heurte aux anciennes familles de la camorra, déclenchant une guerre mafieuse qui ensanglante tout le Sud de l'Italie dans les années 1970 et 1980. En 1980, un tremblement de terre frappe Naples et la Campanie. Avec le combat pour l'argent de la reconstruction du gouvernement, la guerre de la camorra continue encore plus brutalement qu'avant. En 1981, les brigades rouges kidnappent l'assesseur régional (appelé Mimmo Mesillo dans le film, dans la réalité il s'agit de Ciro Cirillo). Les membres du parti démocrate-chrétien, auquel appartient Mimmo Mesillo, font appel au Professeur pour qu'il intervienne, par peur que Mimmo Mesillo ne révèle des secrets du parti. En échange, il lui est promis la liberté à des prétextes psychiatriques, ainsi que 3 milliards de rançon. L'assesseur est libéré, mais arrêté par les services secrets. Les politiciens ne respectent pas l'accord et le professeur est transféré dans la prison de haute sécurité d'Asinara, par décret spécial du président italien Sandro Pertini. Cela accélère la désintégration de l'organisation du Professeur dont les hommes commencent à coopérer avec la police. Sa sœur Rosaria essaye sans succès de contrecarrer cette évolution. À la fin, elle tue Ciro, un homme de confiance qui s'est vendu aux politiciens, en le faisant sauter dans sa voiture et en coulant sa petite amie dans un pylône de ciment.


Le Maître de la Camorra est le premier film de Giuseppe Tornatore et un de ceux que je n'ai toujours pas vu. Son sujet m'intéresse beaucoup et comme je me suis promis de voir tous les films de ce cinéaste...En plus il met en scène Ben Gazzara, un acteur très intéressant et charismatique. Pour l'heure, je devrai me satisfaire de sa bande originale composée par Nicola Piovani. Sa grande collaboration avec Ennio Morricone commencera à partir de Nuovo Cinema Paradiso. Piovani, bien qu'il appréhende un film sur la mafia à tournure politique, ne déroge pas à son style habituel, appuyant juste un peu plus la corde dramatique et mélancolique. Son style y est immédiatement reconnaissable. On y retrouve aisément, et cela dès le premier titre, ces constructions mélodiques si caractéristiques de son style. Belle trompette solo dans le thème principal portant le titre du film. Piovani, pour le thème de Rosaria, soeur du Maître de la Camorra, emploie un instrument qu'il affectionne; le pianola: Le pianola est un piano automatique ou semi-automatique qui, grâce à un système pneumatique, reproduit de la musique à partir de rouleaux en papier ou en carton perforé. Sa dénomination correcte est “piano mécanique”, mais “pianola” – à l’origine une marque déposée par The Aeolian Company de New York – a rapidement été adopté comme terme générique, toutes marques et tous modèles confondus. Le pianola et le phonographe constituaient – pour ceux qui pouvaient se le permettre – les deux principales sources de musique dans les foyers du début du XXe siècle. Les premiers modèles de pianolas consistent en un mécanisme amovible appliqué contre un piano conventionnel. Cette nouveauté connaît un tel succès que des pianos sont bientôt construits avec mécanisme intégré. C’est ce qu’on appelle en anglais le player piano, type le plus courant de pianola. Nicola Piovani arrive à insuffler dans sa musique un profond sens du désespoir et de fatalisme dont il est facile d'en deviner l'issue.
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steph-w

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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 9 Aoû 2018 - 13:26

Je n'avais pas vu ce fil très complet sur Piovani, que j'admire beaucoup. Merci Icare et Snoopy! Very Happy

Juste un grain de sel, concernant "la vita e bella".  

Pour cet extrait, je pense (j'en suis certain! Wink ) qu'il s'est inspiré de Mozart:

Piovani:



Mozart (Plaisanterie musicale K.522):

https://www.youtube.com/watch?v=wdbPD13pBMU
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joachim
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 9 Aoû 2018 - 20:21

En effet, c'est étonnant. Piovani avait probablement écouté la Plaisanterie musicale auparavant, et s'en est inspiré, c'est indéniable, même pour les thèmes secondaires.

Mais je n'avais rien remarqué quand j'ai vu le film !
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 9 Aoû 2018 - 21:21

Les grands compositeurs du Septième Art ont une très bonne connaissance de la musique classique, ce qui fait que c'est pour eux une formidable source d'inspiration. Ca tombe bien que l'on parle de Nicola Piovani, je viens d'écouter deux courtes suites de la musique qu'il composa pour Amok (1993) de Joel Farges avec Fanny Ardant et Andrzej Seweryn et Le Amiche del Cuore/Les Amies de Coeur de Michele Placido avec Asia Argento. L'amok est un comportement meurtrier, toujours individuel, observé en de nombreux endroits du monde par l'ethnographie, puis théorisé à partir de sa forme institutionnalisée en Malaisie. L'amok est le fait d'une personne agissant seule. C'est un accès subit de violence meurtrière qui prend fin par la mise à mort de l'individu après que ce dernier a lui-même atteint un nombre plus ou moins considérable de personnes. Cette forme de l'amok observée par des voyageurs et des ethnologues notamment en Malaisie (d'où vient le mot), Inde, Philippines, Polynésie, Terre de Feu, Caraïbes, Région arctique ou Sibérie est un comportement majoritairement masculin. Si les causes du déclenchement sont socialement déterminées et de l'ordre des frustrations importantes (humiliations, échecs en public) induisant un désir de vengeance, le mécanisme est celui de la décompensation brutale. Parfois simplement qualifiée de «folie meurtrière», la course d'amok est assimilée à une forme de suicide. Bien qu'elle soit ordinairement perpétrée à l'arme blanche dans les sociétés traditionnelles, on peut en trouver un équivalent dans le monde contemporain avec certaines des tueries massives par arme à feu perpétrées par un individu seul, s'achevant par sa capture ou sa mort concrète parfois même auto-administrée, ou bien par sa mort sociale volontaire quand l'auteur de la tuerie se rend à la justice pour y être condamné ce qui dans certains cas le conduit à l'exécution. Le schéma central est alors similaire : forme de suicide accompagnée d'une libération des pulsions homicides. (Wikipédia) Un tel sujet ne pouvait qu'inspirer le cinéma et en l'occurrence Joel Farges. D'ailleurs, la partition de Nicola Piovani est plus sombre et tendue que d'habitude, même si son style demeure très reconnaissable. Les Amies de Coeur (1992) traite d'un sujet très différent: <<Trois adolescents vivent dans la banlieue romaine : Simona, Morena et Claudia. Les trois filles, très attachées, ont des aspirations différentes: Claudia veut être actrice et passe d’un lit à l’autre, Morena étudie comme infirmière et prend soin de sa mère malade. Simona semble apparemment vivre une vie normale, mais à l’intérieur se cache un secret profond, qui après la rencontre avec Lucio apportera dans sa vie une soif irrémédiable de vengeance. En fait, elle fait l'objet d'un inceste par le père.>> Pour ce film, Piovani retrouve son style le plus courant, dans une mélancolie parfaitement assumée qu'il exprime par un lyrisme qui lui est propre. Sans surprise mais attachant.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMar 23 Oct 2018 - 20:47


La Marche Triomphale/Marcia Trionfale est un film italo-français de Marco Bellocchio (1976) avec Franco Nero, Patrick Dewaere, Miou Miou et Michele Placido et partant de l'histoire du deuxième classe Passeri humilié, bafoué et brimé par l'autorité militaire qui tente de se faire réformer...Mais c'est avant tout une superbe musique composée par Nicola Piovani, celle par laquelle je découvris le compositeur à l'époque du 33tours. Elle passait déjà en boucle sur mon tourne-disque, alors quand courant 2013 elle réapparut en cd, mon bonheur fut total. Ce fut l'occasion de retrouver le caractère obsessionnel, lancinant et vindicatif d'une partition profondément mélancolique et d'une beauté implacable, très italienne aussi. Marco Bellocchio a entretenu plusieurs collaborations avec différents compositeurs, Ennio Morricone, Nicola Piovani, Riccardo Giagni et Carlo Crivelli. Parmi les films de Bellocchio que Piovani a mis en musique, j'aimerais beaucoup découvrir Viol en première page (1972): Dans un contexte politique particulièrement explosif, le journal conservateur milanais "Il Giornale" affiche envers et contre tout son soutien à la classe patronale. Se préparant à des élections qui s'annoncent houleuses, la rédaction, menée par le peu scrupuleux Bizanti, met d'ailleurs tout en œuvre pour orienter l'opinion publique, profitant d'une sombre affaire de crime sexuel pour l'émouvoir. Le sinistre fait divers est ainsi monté en épingle et Mario Boni, jeune militant communiste soupçonné du meurtre, est très vite désigné comme coupable en première page afin de mieux discréditer les divers courants gauchistes. Intrigué par de criantes anomalies dans la façon dont est menée l'enquête, le jeune reporter Roveda, d'abord docile, finit par démonter la vaste machination médiatique dans laquelle se sont engagés ses employeurs et découvre le véritable coupable...>> En attendant, je n'ai toujours pas vu La marche Triomphale dont la partition musicale demeure ma préférée du compositeur.

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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyDim 18 Oct 2020 - 18:27

J'aime bien cette idée d'"écoutes croisées" où je confronte, d'une certaine manière et sans faire dans le jugement de valeurs - les styles respectifs de deux compositeurs différents et pas nécessairement compatriotes - Nicolas Piovani & Dirk Brossé - comme je l'avais précédemment fait avec Carter Burwell et Angelo Badalamenti, qui, eux, pour le coup, sont tous les deux américains. Je vais donc m'imprégner de leur musique par le biais de toutes les oeuvres que je possède de Dirk Brossé et Nicola Piovani et que je vais réécouter les unes à la suite des autres sous la forme d'une écoute alternée entre les deux compositeurs. Tous les deux ont composé de la musique de film, pas de façon occasionnelle, au hasard d'une rencontre. Ils en ont suffisamment composé pour être considérés comme des professionnels en la matière et s'être forgés un nom. Dirk Brossé, outre ses compositions pour le Septième Art, dominées par une belle collaboration avec le cinéaste belge Stijn Coninx, a également créé des oeuvres pour le concert - voir le topic approprié - et fut plutôt bien édité en disque et desservi sur Youtube. Nicola Piovani est plutôt bien desservi du côté de sa musique de film et malheureusement très peu du côté de son oeuvre personnelle. Il a pourtant composé un certain nombre d'opus; de la musique de chambre, une petite suite pour deux pianos, un Stabat Mater, un prélude symphonique intitulé Sarajevo, etc... Jusqu'à aujourd'hui, je ne connais qu'une partie de sa musique de film et rien de son oeuvre de concert.

 Good Morning Babilonia


Aujourd'hui, j'ai donc réécouté deux suites assez brèves, une en six extraits provenant du film Amok (1993) de Joel Farges et la seconde en seulement quatre extraits du film Le Amiche del Cuore/Les Amies de Coeur de Michele Placido, ce qui donne un disque un peu trop court puisqu'il n'atteint même pas les 34 minutes. Sinon, s'y retrouve le style très caractéristique et si aisément reconnaissable du compositeur italien, empreint d'une mélancolie parfaitement assumée qu'il exprime par un lyrisme passionné et sur un ton dramatique implacable. Enfin, c'est surtout vrai sur Amok. Certes, ce qu'il composa pour le film de Placido contient un peu de cette mélancolie qui accompagne souvent sa musique, et de ce ton dramatique, mais il semble adouci par la beauté d'une flûte à bec. Il y a quelque-chose de plus féminin dans Les Amies de Coeur, ce qui a sans doute à voir avec son sujet et ses personnages.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyLun 19 Oct 2020 - 10:02

Nel Nome del Padre/Au Nom du Père est un film de Marco Bellocchio (1972). Il s'agit aussi de l'une de mes deux musiques préférées de Nicolas Piovani. Elle partage le haut du podium avec La Marche Triomphale (1976) du même réalisateur. En fait, c'est souvent cette musique-là que je présente comme étant ma préférée de Piovani, mais disons que Nel Nome del Padre la talonne de près. J'ai également beaucoup aimé le peu que j'ai entendu - le générique-début -  de sa partition pour un autre film de Bellocchio: Salto nel Vuoto/Le Saut dans le Vide (1980), à moins qu'il s'agisse de Sbatti il mostro in prima pagina/Viol en Première Page (1972)...j'ai un doute.. Nicola Piovani 1521897346 ... Je crois qu'il s'agit de Viol en Première page qui est en plus un film toujours d'actualité et que je veux absolument voir: <<Dans un contexte politique particulièrement explosif, le journal conservateur milanais "Il Giornale" affiche envers et contre tout son soutien à la classe patronale. Se préparant à des élections qui s'annoncent houleuses, la rédaction, menée par le peu scrupuleux Bizanti, met d'ailleurs tout en œuvre pour orienter l'opinion publique, profitant d'une sombre affaire de crime sexuel pour l'émouvoir. Le sinistre fait divers est ainsi monté en épingle et Mario Boni, jeune militant communiste soupçonné du meurtre, est très vite désigné comme coupable en première page afin de mieux discréditer les divers courants gauchistes. Intrigué par de criantes anomalies dans la façon dont est menée l'enquête, le jeune reporter Roveda, d'abord docile, finit par démonter la vaste machination médiatique dans laquelle se sont engagés ses employeurs et découvre le véritable coupable...>> (Wikipédia)

Mais pour revenir à la bande originale du film Nel Nome del Padre, ce que j'apprécie en particulier c'est son instrumentarium qui contribue à faire ressortir son caractère corrosif, avec un usage presque agressif des percussions et un emploi brûlant des voix, des voix très italiennes qui confèrent une certaine acidité au thème principal. J'apprécie également l'usage d'un clavecin qui semble briller de la même acidité. S'ajoute ensuite une association bien vue entre l'orgue et la flûte. Je note aussi une intervention de l'excellent altiste Dino Asciolla dans un morceau intitulé "Il valzer dei Servi". Une grande partie de la B.O. a été dirigée par Franco Tamponi sauf quelques extraits qui l'ont été par le compositeur lui-même. Le synopsis: <<Un collège de Jésuites à la fin des années cinquante. Les élèves sont humiliés par les brimades et assommés par la discipline. Les professeurs sont à la limite de la névrose. Deux élèves, Franc et Angelo, aux personnalités pourtant dissemblables, refusent le joug imposé par les Pères religieux.>>

Sur l'album, en complément de Nel Nome del Padre, figurent onze extraits de la partition que Nicola Piovani composa pour la mini-série de Gianfranco Mingozzi, Il Treno per Istanbul (1979). Je n'ai que très peu d'informations sur cette série télévisée si ce n'est qu'elle a comme interprètes principaux William Berger et Mismy Farmer. C'est elle qui prêtera d'ailleurs sa voix à la chanson (finale - je suppose) intitulée "Lullaby". J'aime surtout la construction et le caractère percutant du thème principal avec ses à-coups un peu cassants. Très "piovaniste" d'esprit et plutôt charismatique, il fait la promesse d'une grande B.O. qui, cependant, s'avère moyenne dans son ensemble.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyLun 19 Oct 2020 - 19:39

https://www.youtube.com/watch?v=wniebsUUApA


En 1996, était paru un coffret (triple-cd) très intéressant puisqu'il regroupait les travaux pour la télévision de trois compositeurs italiens relativement connus, Ennio Morricone, Riz Ortolani dont le topic est encore trop maigrement garni - j'y remédierai bientôt - et Nicola Piovani. Ce sont principalement des musiques écrites pour des téléfilms et des séries télévisées. Il y avait pas mal d'inédits pour moi et je n'avais pas hésité à en faire l'acquisition. Il y a en bonus un fascicule plutôt bien documenté en anglais et italien sur les trois compositeurs. Aujourd'hui, je l'ai ressorti uniquement pour réécouter le troisième disque qui contient les musiques de Nicola Piovani. Avant la parution de ce merveilleux coffret, elles m'étaient toutes inédites. Ca tombait bien que ce soit ce disque-là que j'ai ressorti car c'était justement celui que je connaissais le moins, parce que plutôt déçu lors des premières écoutes. J'étais - et le suis d'ailleurs toujours - davantage séduit par les deux autre albums. Néanmoins, ceci étant dit, de l'eau a coulé sous les ponts depuis et il y a quand même suffisamment de thèmes que j'aime bien désormais.

Il y a tout d'abord deux extraits, le premier étant très caractéristique du style de Nicola Piovani avec un sympathique usage des voix:
___Amico Mio, réalisé par Paolo Poeti. Le second n'étant pas mal non plus avec son petit côté rétro et cette petite flûte que le compositeur semble chérir.

___A Che Punto è la Notte, réalisé par Nanny Loy, réalisateur italien assez connu en Italie, né Giovanni Loi à Cagliari (Sardaigne) le 23 octobre 1925 et mort à Fiumicino, près de Rome, le 21 août 1995. Il ne semble pas avoir beaucoup collaboré avec Piovani, davantage avec Carlo Rustichelli. Le seul thème retenu sur cette compilation ne m'avait pas spécialement marqué lors des premières écoutes. Pourtant, sans être fracassant, plutôt atmosphérique, je l'ai cette fois suivi avec intérêt.

___Una Questione Privata, d'Alberto Negrin, un réalisateur qui a beaucoup travaillé pour la télévision et accompli une très belle collaboration avec Ennio Morricone. Un seul thème qui porte le titre du film et qui m'avait fait relever la tête afin de voir de quel morceau il s'agissait. C'est déjà ça! Pourquoi, parce que d'une veine sombre et romantique, glissant vers l'atmosphérique, la musique finit par friser l'exquis.

___Il Giovane Mussolini, réalisé par Gianluigi Calderone, cinéaste qui, en dehors de deux films assez remarqués, n'a quasiment travaillé que pour la télévision. La musique de Piovani est ici représentée par trois thèmes. Sombre et et une nouvelle fois atmosphérique, elle  fait plus que m'effleurer, elle m'intéresse, me saisit, plus encore sur le second extrait où il devient le moment le plus dramatique de tout l'album. Sur le troisième extrait, la musique de Piovani s'assouplit, se décrispe, s'attendrit presque, perdant de sa rudesse au profit d'un ton plus mystérieux.

___Il Generale, réalisé par Luigi Magni. C'est la bande originale de Nicola Piovani la mieux représentée sur cette compilation, étant représentée de sept extraits. C'est la plus extravertie des cinq titres qui y sont proposés, déjà par son thème principal qui passe d'une sorte de marche militaire vaguement espiègle à une élégante valse, morceau un poil hybride à travers duquel je ressens un zeste d'ironie. Tout ça fleure bon la satire. Outre une fanfare trop banale qui en plus n'a pas l'avantage de la concision, Il y a d'autre moments assez cocasses, bien trouvés et dans un style lyrique et exacerbé qui apporte une rupture bienvenue après les pages plus cérébrales de Il Giovane Mussolini. Le dernier extrait de Il Generale a un caractère assez troublant avec ces dissonances très contrôlées qui traversent une matière harmonique très tonale. L'effet que cette combinaison procure est assez subtil et réussi.


Dernière édition par Icare le Mar 20 Oct 2020 - 12:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMar 20 Oct 2020 - 8:30

J'ai déjà évoqué La Marche Triomphale de Nicola Piovani. Je l'avais d'ailleurs présentée comme étant ma musique préférée du compositeur et c'est évidemment toujours d'actualité. Elle fait même partie de mes musiques de films de chevet, tout simplement. Dans un top 50, elle aurait toute sa place. Je dis un top 50 car un top 10 m'obligerait à faire des choix cornéliens, ce qui serait beaucoup trop douloureux pour moi. Si j'ai une très bonne connaissance des musiques écrites pour ses films, de différents compositeurs, paradoxalement, je connais que très (trop) peu le cinéma de Marco Bellocchio, seulement Les Points dans les Poches, son premier long-métrage qui peut aisément être considéré comme une perle du cinéma italien. Je l'ai en DVD et en avais fait un commentaire plus ou moins détaillé dans "Les films d'Icare". Je regrette de ne pas avoir vu davantage de films de Bellocchio dont la spécialité fut de réaliser des portraits au vitriol de la société contemporaine italienne, puisse-t-il s'agir du pouvoir de manipulation médiatique dans un régime capitaliste ou de faces cachées du monde militaire, comme La Marche Triomphale qui réunit à l'affiche des acteurs que j'ai toujours appréciés: Franco Nero, Michele Placido, Miou Miou et Patrick Dewaere.

https://www.youtube.com/watch?v=qO3Fu6a-fv4


Apparemment, ce film serait encore inédit en DVD en France, seulement disponible en Italie et uniquement en langue italienne. Crying or Very sad J'espère une surprise, un jour, le plus proche possible. Bellochio fait du cinéma avec une caméra qui projette de l'acide, c'est une image bien-sûr, sinon il n'y aurait pas beaucoup d'acteurs qui voudraient travailler avec lui. Laughing Dans Les Points dans les Poches, c'est toute la société italienne des années 60 qu'il dézingue, jusque dans le carcan familial. Dans Au Nom du Père, il s'en prend sans mettre le moindre gant à l'église et les institutions religieuses. Il gardera une bonne dose d'acide qu'il balancera alors vers 1976 sous les toits d'une caserne militaire. Franco Nero serait parfait en gradé tortionnaire et Michele Placido, un talent prometteur et qui, depuis, a tenu ses promesses, en jeune étudiant érudit qui s'est trouvé embrigadé dans l'armée sans que les raisons ne soient réellement définies. Brimé, humilié, meurtri, contraint d'obéir à des ordres plus stupides les uns que les autres, cherchant à se rendre malade pour être dispensé, bref, la proie idéale pour un gradé pervers et complètement taré qui va user à l'envi de son petit pouvoir destructeur. Il en résulte une description glauque d'un système militaire pourri de l'intérieur. Il doit forcément en ressortir un sentiment de malaise. La musique de Nicola Piovani, portée par une marche acide et vénéneuse, de celle qui marque l'esprit au fer rouge, offre certainement le ton juste au film de Bellocchio, sachant appuyer ses moments les plus rudes comme les plus tendrement mélancoliques. Au fond, si on sait décrypter les voix antérieures de cette partition très inspirée, on y perçoit forcément les traces indélébiles d'un récit filmique implacable.
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMer 21 Oct 2020 - 10:09

Sept B.O. de Nicola Piovani en quelques extraits:

Première compilation:

__Domani Accadra, premier film de Daniele Luchetti (1988) qui remporte avec cette réalisation le "David di Donatello" du meilleur réalisateur débutant et le "Globe d'or" du meilleur premier long métrage. Je ne connais la musique que Piovani composa pour ce film que par le biais de sept extraits, tous beaux, dans la plus pure veine mélodique et lyrique du compositeur italien.

__Strana la Vita (1987) est un film de Giuseppe Bertolucci, le frère de Bernardo Bertolucci qui lui est devenu un cinéaste connu et reconnu sur la scène internationale. Giuseppe Bertolucci réalisa quand même une petite trentaine de films dont quelques documentaires. Seulement deux thèmes musicaux de Strana la Vita me sont proposés. Ils prolongent dans le style, mais avec un peu moins d'émotion, me semble-t-il, la musique de Domani Accadra qui, elle, est vraiment très belle.

__Chiari di Luna, un film de Lello Arena (1988). Lello Arena tient aussi le rôle du personnage principal, un grand rêveur qui veut devenir magicien. Les deux thèmes présentés de Nicola Piovani sont certes agréables mais pas de ceux que l'on retient longtemps après l'écoute: un petit plaisir éphémère.

__I Cammelli, un autre film de Giuseppe Bertolucci (1988). Je ferais la même remarque que sur Chiari di Luna, l'unique thème musical qui est présenté, sans doute directement inspiré d'un certain folklore, est aussi agréable qu'il est anecdotique.

Seconde compilation:

__Palombella Rossa, une comédie de Nanni Moretti (1989). Pour ce film, dont il incarne également le rôle principal, il obtint le "Baton blanc" du Festival du film de Venise. Quatre extraits musicaux y sont proposés. Nicola Piovani, sans délaisser son style habituel, a composé une musique plutôt tendre, intimiste, mélancolique et quelque peu lumineuse. Elle scintille de quelques sonorités cristallines qui la parcourent. La musique emploie également un accordéon et ce sont des mélodies si caractéristiques de son auteur qui y sont articulées. Elles ont leur charme.

https://www.youtube.com/watch?v=JA2gXbuLC58


__Il Male Oscuro, un autre film de Nanni Moretti (1990 - comédie dramatique).Ce film, tiré du roman homonyme de Giuseppe Berto, constitue une étude douce-amère sur les névroses d'un écrivain. Cinq extraits de la musique de Piovani y sont présentés. Ils me plaisent bien, notamment par la construction quasi-baroque de son thème principal légèrement "popisé". Idéal pour illuminer un début de journée, transmettant énergie et bonne humeur. J'imagine aisément son efficacité à l'image et est de ces thèmes-moteur que les spectateurs peuvent apprécier d'emblée et retenir.

__Hors la Vie, un film dramatique franco-belge de Maroun Bagdadi (1991), inspiré du livre Un otage à Beyrouth de Roger Auque. Entre la musique de Il Male Oscure et Hors la Vie, question humeur, c'est le jour et la nuit. Je retrouve le "Nicola Piovani" sombre et atmosphérique de Una Questione Privata et de Il Giovane Mussolini sur quatre thèmes graves de très bonne facture. Inutile de préciser que le sujet du film s'y prète volontiers: <<Un photographe français est enlevé dans un Beyrouth déchiré par la guerre. Au fil du temps, son intégrité et sa confiance en lui vont être brisés.>>
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyMer 21 Oct 2020 - 18:59


Il Camorrista/Le Maître de la camorra (1985) est le premier long-métrage de Giuseppe Tornatore. Pour ce film, il embauche le compositeur Nicola Piovani. Ce sera leur unique collaboration car, à partir de Cinéma Paradiso il nouera un lien indéfectible avec Ennio Morricone qui se poursuivra jusqu'à la mort de ce dernier, le 6 juillet 2020. Le film traite du "milieu" camorriste napolitain, se concentre en particulier sur le parrain Raffaele Cutolo et sur sa sœur, Raffaele Cutolo ayant été ancien Capo Di Tutti Capi de l'organisation criminelle mafieuse italienne napolitaine de la Camorra de 1970 a 1983 et fondateur de la Nouvelle Camorra Organisée (NCO) ou Camorra Réformé (CR) en 1970. Il aurait joué un rôle central lors des négociations pour la libération du démocrate-chrétien Ciro Cirillo, enlevé en avril 1981 par un groupe des Brigades rouges (BR) dirigé par Giovanni Senzani, chef des BR depuis l'arrestation de Mario Moretti.

Ce film valut à Giuseppe Tornatore un "Ruban d'argent" le désignant comme "meilleur jeune réalisateur" de l'année. Nicola Piovani, dans la réalisation de la bande originale, réunit tous les éléments habituels qui constituent son style, ce qui n'en fait pas une B.O. surprenante, surtout que lorsque je l'ai écoutée pour la première fois je connaissais déjà bien sa musique, mais qui dégaine néanmoins un thème principal entêtant et non dépourvu d'intensité. Lorsque l'on connaît le sujet, on devine son lot de meurtres, de drames et de tensions, et la musique porte tout ça en elle en un flux et reflux incessant, limite obsessionnel. Nicola piovani y emploie à nouveau le pianola qu'il affectionne particulièrement. Il me semble me rappeler qu'il intervient aussi dans les deux thèmes de Chiari di Luna que j'ai réécoutés tout dernièrement: <<L'ère du pianola commence environ vers 1900. Au début c'est un appareil indépendant qui peut être superposé sur le clavier d'un piano. Après quelques années, l'appareil est monté dans des pianos ou des pianos à queue. Avec l'appareil pneumatique il est possible de faire jouer le piano automatiquement. La musique est arrangée ou enregistrée sur des rouleaux en papier avec perforations pour les notes de musique. Par les mécanismes qui sont dirigés par les pieds et les mains, le joeur peut commander l'expression afin qu'un exécution musicale soit possible.>>
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MessageSujet: Re: Nicola Piovani   Nicola Piovani EmptyJeu 22 Oct 2020 - 10:48


Si je ne devais conseiller qu'un seul album de Nicola Piovani, ce serait Concerto Fotogramma qui m'apparait comme une belle rétrospective musicale de l'artiste, c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai souhaité ainsi terminer ma série d'écoutes sur ce compositeur, comme j'ai souhaité terminer celle sur Dirk Brossé avec son oeuvre qui représente à mes oreilles le faîte de sa production; la symphonie ethno-classique: The Birth of Music. Il n'existe pas encore, à ma connaissance de compilation ou d'anthologie offrant un beau résumé de ses créations pour le cinéma et la télévision, comme il en existe par exemple de Nicola Piovani. Avec Dirk Brossé, durant cette série d'écoutes, je n'ai pas rencontré de réelles surprises ni même une évolution de mes impressions le concernant, ai juste retrouvé le plaisir habituel que j'éprouve à chaque fois que j'écoute sa musique, à différents degrés selon les oeuvres, cela va de soi. Avec Piovani, ce fut différent car, à travers ce cycle, mes impressions ont sensiblement évolué, de façon positive dans la mesure où certaines de ses compositions m'ont parues meilleures que lors des écoutes antérieures, notamment sur la partie la plus atmosphérique et cérébrale de son approche.

https://www.youtube.com/watch?v=Zbt-zmwW-18


Evidemment, mon but n'était pas d'écouter l'intégrale de sa production, déjà parce que je ne connais pas tout ce qu'il a composé jusqu'à aujourd'hui et ne connais absolument rien de son oeuvre de concert. Je n'ai pas non plus réécouté des partitions qui peuvent à juste titre être considérées comme "phare", je pense aux somptueuses musiques qu'il composa pour au moins trois films des frères Taviani, La Notte di San Lorenzo (1982), Kaos, Contes siciliens (1984) et Good Morning, Babilonia (1987) que je n'ai pas réécoutées dans leur intégralité. J'ai quand même profité de la beauté lyrique de La Notte di San Lorenzo sous la forme d'une suite de huit minutes qui ouvre l'album Concerto Fotogramma, de la superbe "Canzone del Mal di Luna" provenant de Kaos, Contes siciliens et du majestueux thème principal de Good Morning, Babilonia. Le Soleil même la Nuit (1989) et Fiorile (1992), deux autres collaborations avec les frères Taviani, ne sont pas représentées sur Concerto Fotogramma. On y trouve des extraits de ce qu'il composa pour le cinéma de Nanni Moretti; La Messe est Finie (1985), Journal Intime (1994) et La Chambre du fils (2001), deux extraits provenant de La Vie est Belle (1997) de Roberto Begnini, voire un extrait de Ginger & Fred (1986) de Frederico Fellini, voila pour l'essentiel...Ha, je ne veux surtout pas conclure ce commentaire sans citer un morceau qui s'intitule Il Volo di Icaro/Le Vol d'Icare, ça aurait été ballot de ma part. Laughing
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