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  Michaël LEVINAS, né en 1949

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Icare
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MessageSujet: Michaël LEVINAS, né en 1949   Mar 19 Juil - 10:31

Michaël Levinas est un compositeur et pianiste français né à Paris le 18 avril 1949. Il est membre de l'académie des Beaux-Arts.

Fils du philosophe Emmanuel Levinas,il reçoit la grande tradition française du piano avec Vlado Perlemuter, Y. Lefébure et Y. Loriot,puis rencontre en Olivier Messiaen l'un de ses grands maîtres. Son parcours est alors très original. Il étudie la direction d'orchestre,se perfectionne dans les technologies du G.R.M et de l'IRCAM, et suit les cours internationaux de Darmstadt avec Stockhausen,Ligeti, Kagel,Xenakis,les enfants terribles de la musique nouvelle   . Dès lors, il devient lui-même un enfant terrible - je plaisante - et l'un des pianistes et compositeurs les plus personnels et originaux de sa génération (Premier Prix du Concours international d'improvisation de Lyon en 1974 et Prix ENESCO de la SACEM en 1980.

Dès les premières oeuvres,en marge du sérialisme,  Michaël Levinas développe un style singulier d'une extraordinaire puissance
expressive. Ebranlement et dramatique, sont deux mots-clés de l'oeuvre du compositeur. Ebranlement parce qu'il nous emmène au merveilleux et au fantastique; dramatique, car partie intégrante de l'univers levinassien: la théâtralité - c'est exactement ce que j'ai découvert à l'écoute de son étrange opéra La conférence des oiseaux et surtout ce que j'ai aimé - Partant de sons <impurs>,<sales>, il envisage l'espace (véritable mise en scène du son) et le recours à la technologie (bandes, dispositifs électroacoustiques) comme révélateur du monde instrumental. Au début des années 90, il travaille activement sur les transitoires d'attaque et d'hybridation des sons entre eux, poursuivant ainsi ses recherches sur le renouvellement de la dimension théâtrale de l'instrument.

Il est élu à l'Académie des Beaux-Arts,le 18 mars 2009,au siège de Jean-Louis Florentz et reçu sous la Coupole le 15 juin 2011
par Jean-Bernard Mâche,un compositeur dont j'apprécie certaines oeuvres et de qui je vais faire une biographie ici, incessamment sous peu. Very Happy

Oeuvres principales:

___ARSIS ET THESIS pour flûte basse sonorisée.1971
___CLOV ET HAMM pour trombone,tuba,percussions et bande magnétique.1973
___APPELS pour 11 instrumentiste.1974
___OUVERTURE POUR UNE FÊTE ETRANGE,pour deux orchestres et dispositif électroacoustique.1979
___CONCERTO POUR PIANO ESPACE N°2 .1980
___LES RIRES DE GILLES pour 5 instrumentistes et bande magnétique.1981
___LA CONFERENCE DES OISEAUX,spectacle musical d'après un conte persan de Attar.1985  I love you
___LA CLOCHE FÊLEE pour orchestre et dispositif électroacoustique.1988
___VOÛTES pour 6 percussionnistes.1988
___PREFIXES pour 17 instrumentistes et dispositif électroacoustique.1991
___REBONDS pour sextuor et dispositif électroacoustique.1995
___GO-GOL,opéra en 2 actes sur un livret de Frédéric Tristan,d'après des nouvelles de Gogol. 1996
___LES NEGRES,opéra en 3 actes sur les textes de Jean Genet.2003
___LA METAMORPHOSE,opéra d'après la nouvelle de Kafka. Création le 7 mars 2011 à Lille.
___FROISSEMENTS D'AILES pour flûte traversière,composé en 1975. (Cette scène illustre un oiseau enfermé dans une pièce)


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Icare
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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   Mar 19 Juil - 12:23

A propos de La conférence des oiseaux:


<< Mes recherches en composition sur les rapports entre l'instrument et l'élément de la voix, posent la question de l'opéra dès que le verbe d'une narration appelle la musique au théâtre. Quelle est l'intrigue de La conférence aux oiseaux?

Une huppe, prêtresse et fanatique, convoque tous les oiseaux du monde à une conférence. Elle les exhorte à quitter leurs habitudes confortables,leur ici-bas ou leur ici-haut, pour partir à la recherche du symorg,divinité ou absolu, ou au-delà. Quête d'une approche ultime au sacrifice. Exhortation qui se heurte tout au long du premier chapitre à l'inertie des oiseaux dont les envols sont aussi des dérobades. Envols toujours stoppés! Au deuxième chapitre un vrai départ a lieu: traversée des déserts à laquelle peu survivront. Les rescapés arrivent à la porte du symorg - lieu infernal - dont l'entrée est gardée par des anneaux qui tournent. Le chambellan du symorg ouvre finalement les rideaux derrière lesquels il n'y a que le reflet des oiseaux eux-mêmes. La huppe d'une voix presque enfantine demande pardon aux survivants de l'aventure métaphysique ou de la profonde illusion qu'elle regrette.

Pourquoi le texte d'Attar m'a suggéré cette tentation d'un opéra avec personnages vivants et toute la machinerie du "merveilleux théâtral" alors que dans mes compositions précédentes je me suis tenu à l'allégorique? A moins que l'opéra ne soit qu'une allégorie par excellence. La parole se faisant chant n'est-elle pas déjà le masque du dire ou sa sublimation et, l'allégorie n'est-elle pas la poésie elle-même. Dans l'adaptation théâtrale que j'ai faite en partant à la fois du livret de Jean-Claude Carrière (réalisé pour le spectacle de Peter Brook) et de la traduction française du texte original d'Attar, j'ai attribué en tout à deux acteurs tous les rôles d'oiseaux. Un narrateur commente d'autre part l'action de l'extérieur.

Ce n'est pas du "théâtre pauvre" mais un effort en vue d'obtenir un mouvement de scène et de technique vocal avec dédoublements, sauts de la commedia dell'arte à travers le rythme rebondissant d'incarnation et de désincarnation des personnages et utilisation des techniques de transformation du son par l'électronique, pour créer une magie de l'espace et des possibilités de métamorphose des instruments et des personnages.>>
Michaël Levinas.
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Icare
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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   Mar 15 Oct - 19:16

___Les Nègres - Mais qu'est-ce que c'est donc un noir? Et d'abord c'est de quelle couleur? - Opéra avec les Choeurs du Grand Théâtre de Genève et l'Orchestre de la Suisse Normande sous la direction de Bernhard Kontarsky, d'après "Les Nègres" de Jean Genet:   I love you 

__Première écoute:

Dans cette première approche de l'opéra de Michaël Lévinas, j'ai complètement négligé le texte, pour ne pas dire le sujet lui-même, et me suis concentré sur toute la partie musicale, qualité du chant, orchestre, combinaisons sonores, etc...De ce côté-là, j'ai été servi, de belles ambiances instrumentales, de l'énergie, du rythme, de la couleur... beaucoup de passages m'ont plu et certains thèmes mélodiques sortent du lot. Les passages qui m'ont le moins accroché, sont évidemment ceux qui sont les moins musicaux, plus axés sur le texte. J'ai hâte de le réécouter. très emballé par cette première écoute!



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laudec

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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   Ven 18 Oct - 13:05

Je connaissais déjà (et admire) son père Emmanuel Lévinas dont j'ai lu et tant aimé l'"Ethique" , voilà le fils dont je viens d'écouter un extrait de la "Métamorphose" de Kafka  , puis son interprétation au piano de Schumann  ... plus est en nous  . Je continue mon exploration (Beethoven etc.)
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Icare
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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   Ven 20 Mar - 17:40

___Les Nègres - Mais qu'est-ce que c'est donc un noir? Et d'abord, c'est de quelle couleur? Opéra avec les Choeurs du Grand Théâtre de Genève et l'Orchestre de la Suisse Normande sous la direction de Bernhard Kontarsky, d'après "Les Nègres" de Jean Genet:  I love you  I love you  

___Seconde écoute:

Je ne peux pas dire que cette seconde approche de l'opéra de Michaël Lévinas m'ait beaucoup mieux permis de cerner complètement la nature du texte car, encore une fois, je me suis laissé distraire et même absorber par l'ambiance purement musicale de l'oeuvre ainsi que par sa dimension théâtrale, alors que c'est chanté en langue française. C'est sans doute pour cette raison que j'arrive à entrer facilement dans un opéra en langue étrangère à partir du moment où je demeure sensible au contexte musical, à la qualité des chants et à l'intensité dramatique qui maintient le tout dans une certaine tension théâtrale. Je sais que les futures écoutes finiront par me conduire progressivement vers le sujet mais, pour le moment, c'est toute l'ambiance sonore et instrumentale ainsi que les voix qui m'ont tenu en haleine.

<<Pourquoi le genre de l'opéra? J'ai une place très particulière dans la création contemporaine, car j'ai toujours entretenu une relation avec la textualité. Non que je ne puisse pas bien sûr entendre de la musique sans y mettre un texte, mais j'ai toujours eu une perception musicale de la vie extérieure, comme s"il y avait une espèce de "transmutation" de la réalité ou de l'irréalité de la scène par la musique, ce qui est une relation très caractéristique à l'opéra. Je considère qu'on est compositeur d'opéra lorsqu'on a une perception musicale de ce qui est extra-sonore. Evidemment, j'ai toujours pensé que la musique n'était pas "simplement" le son; par là, j'entends bien que le son est capital, mais qu'il existe un au-delà du son. D'un autre côté, il me semble tout aussi important qu'une perception visuelle ne soit pas détachée du sonore. L'opéra n'est pas un genre à mon sens: c'est une perception de la vie. Dans le domaine de l'opéra, il y a également quelque chose de moins intuitif, de plus réfléchi, conscient, qui est cette exigence du temps littéraire, théâtral, et de sa relation avec le temps musical... Mikaël Lévinas.
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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   Ven 28 Juil - 22:41

Jusquà présent je ne connaissais Michaël Lévinas qu'au travers de deux de ses opéras, ceux-là même que j'évoque plus haut, dans mes précédents messages. Je n'avais encore jamais essayé sa musique instrumentale. J'avoue que je nourrissais une certaine appréhension suite à quelques extraits entendus ci et là qui m'avaient paru âpres et inaccessibles. Mais, en parallèle, je n'ai jamais envisagé d'établir un jugement définitif à partir d'extraits. J'aime son approche de l'opéra et, plus je pensais à Michaël Lévinas, plus sa musique instrumentale me devenait incontournable.

Ce soir, j'ai donc découvert mes premières oeuvres instrumentales de Lévinas, tout d'abord Préfixe (1991) pour ensemble instrumental et claviers Midi, par l'Ensemble Itinéraire sous la direction d'Alain Louvier, Voûtes (1988) pour sextuor de percussionnistes, par les Percussions de Strasbourg, Rebonds par les Solistes de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France sous la direction de Fahrad Mechkat, Trois Etudes (1992) pour piano par Alain Neveu et La Cloche Fêlée (1986/88) par l'Orchestre National de France sous la direction de Pascal Rophé.

Mes soupçons d'une musique âpre, spéciale et anti-conformiste s'est complètement vérifiée sur Préfixes. C'est une oeuvre qui participe à la nouvelle mixité des années 90 entre sons directs et sons diffusés par haut-parleurs provenant d'une synthèse par ordinateur (technique IRCAM). Le texte est aussi complexe que la musique qu'il tente d'expliquer: c'est très technique même si j'arrive à comprendre, du moins partiellement, la pensée du compositeur. Ceci-dit, il ne faudrait en tirer aucune conclusion hâtive car je n'ai jamais eu besoin de saisir la pensée d'un compositeur pour apprécier ou non son oeuvre. Je n'ai jamais eu cette tentation ou cette particularité d'intellectualiser mes émotions. J'écoute et je ressens d'abord, j'intellectualise et je raisonne ensuite. D'un côté, avec Préfixes, mais aussi avec Voûtes et Rebonds, je suis agréablement surpris, voire impressionné, par les audaces sonores, de l'autre, freiné par ce que j'appellerais le caractère trop conceptuel de ces audaces. Biensûr, j'ai conscience que ces "audaces sonores" n'ont rien de gratuit, qu'elles sont le résultat d'une profonde recherche et expérimentation...Est-ce toujours suffisant pour ressentir des émotions...?...du plaisir...?...Oui et Non. Plaisir, oui, mais un plaisir frustré. En même temps, il ne s'agit que d'une première écoute. Quant à la réponse à ma question, je l'ai peut-être dans La Cloche Fêlée, la dernière oeuvre du cd, parce que si j'ai également été impressionné par ses audaces sonores et sa fulgurance, il s'est passé quelque-chose de plus profond dans l'émotion ressentie, quelque-chose que je n'ai pas rencontré dans les oeuvres précédentes.

***Sur ce cd intitulé "Voûtes", il y a deux compositions pour flûte seule, Arsis et Thésis (1971) et Froissement d'ailes (1975), toutes deux interprétées par le formidable Pierre-Yves Artaud. Je n'ai pas voulu les écouter ce soir, peu disposé à écouter de la musique pour flûte seule. Ce sera pour une autre fois.
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MessageSujet: Re: Michaël LEVINAS, né en 1949   

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