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 Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)

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Snoopy
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MessageSujet: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Mar 7 Nov 2006 - 12:12

Pierre-Alexandre Monsigny est un compositeur français contemporain de Mozart, membre de l'Académie des Beaux-Arts (1813), né à Fauquembergues (Pas-de-Calais) le 17 octobre 1729 et mort à Paris le 14 janvier 1817.

Par sa musique pleine d'esprit, de fraîcheur et de charme parfois naïf, il parvient à structurer ce qui n'était qu'un compromis entre la comédie et l'opéra. Il se révèle alors comme le principal précurseur avec André Grétry et François-André Philidor d'un genre nouveau : l'opéra-comique.
Il ouvre ainsi la voie à Boïeldieu, Auber, Gounod, Bizet, Massenet... à tous ceux qui, par leur talent de compositeur, sont parvenus à illustrer avec succès ce genre bien français.

Paul Dukas déclarera même : "De tous les compositeurs de notre pays, il est peut-être le premier qui ait eu le don de l'émotion vraie, humaine, de l'expression communicative et du sentiment juste...".

C'est dans l'arrière pays boulonnais, en direction d'Aire-sur-la-Lys, précisément à Fauquembergues, que naît, le 17 octobre 1729, Pierre-Alexandre Monsigny, quatre mois avant l'union légitimée de ses parents, Marie-Antoinette Dufresne et Nicolas Monsigny. S'ils sont tous deux originaires de Desvres, les lointaines racines paternelles sont parfaitement latines.

Selon certaines sources, Marc di Mancini, craignant la vendetta à la suite d'un duel où il tue l'un de ses compagnons, quitte la Sardaigne pour fuir vers les Pays-Bas espagnols. C'est aux premières années du XVIe siècle que la famille s'installe en Artois. Sous le règne de Louis XIV, les Monsigny, dont le nom s'est francisé, connaissent une certaine apogée, tant par leur notoriété que par leur fortune. Celle-ci décline hélas peu à peu. Ils abandonnent ainsi, bien avant la Révolution, leur blason et leur particule.

Bien moins soucieux du passé tourmenté de ses aïeux, que de l'éducation sa progéniture, Nicolas Monsigny envoie son fils au Collège des Jésuites wallons de Saint-Omer. Outre l'enseignement rigoureux habituel, Pierre-Alexandre découvre sans peine les rudiments de la musique, aidé en cela par un don évident et une voix des plus plaisantes.

En 1749, quelques mois après le décès de son père, sa qualité d'aîné le conduit à devoir subvenir aux besoins de sa famille. Il part pour Paris avec pour tout bagage quelques écus en poche, un violon, et une lettre de recommandation. Il entre ainsi chez M. de Saint-Julien, dans les bureaux de la comptabilité du Clergé de France. S'il gagne alors suffisamment d'argent pour subvenir aux besoins de ses proches, la capitale lui offre surtout la possibilité de stimuler davantage sa passion pour la musique. Au cours de l'année 1752, à l'issue d'une représentation de La Serva padrona de Pergolèse à l'Opéra, il ne contient pas son enthousiasme. Cet ouvrage décide sa vocation. Audacieux, il veut tenter un changement profond dans l'art musical de son époque. Il devient l'élève de Gianotti, contre-bassiste à l'Opéra, auteur d'un Guide de Composition. Cinq mois de leçons suffisent pour que ses étonnantes dispositions lui permettent de mettre cet enseignement en application.
C'est en secret, sur un livret de La Ribardière, qu'il écrit Les Aveux indiscrets, son premier opéra-comique, présenté au théâtre de la Foire Saint-Germain le 7 février 1759. Cet ouvrage remporte un accueil chaleureux ce qui l'encourage à en composer un second, en deux actes, sur un texte de Pierre-René Lemmonier. Le Maître en droit connaît, l'année suivante, les mêmes ovations. Michel-Jean Sedaine, le librettiste à la mode, propose à Monsigny de collaborer avec lui, suite à la renommée du Le Cadi dupé. Leur production commune se révèle des plus heureuses : On ne s'avise jamais de tout, Le Roi et le fermier, Rose et Colas remportent tous trois un grand succès. Le 15 avril 1766, à l'Académie royale de Musique son ballet héroïque en trois actes Aline, reine de Golconde ne suscite toutefois qu'un accueil réservé. La critique se montre plus froide encore deux années plus tard, lors de sa création de L'Île sonnante. La musique, il est vrai, conserve sa grâce habituelle de la "patte" élégante et légére de Monsigny. En revanche, le livret de Charles Collé se révèle inadapté et justifie du passage éphémère de l'oeuvre à l'affiche de la Comédie-Italienne.

C'est au cours de cette même année 1768 que le compositeur achète la charge de Maître d'hôtel au service du duc d'Orléans. Sedaine lui soumet alors le livret du Le Déserteur sur lequel il compose la partition qui a fait sa gloire. Mais Le Faucon créé en 1771 ne parvient pas à prendre son envol. Le 14 août 1775, La Belle Arsène suscite des critiques mitigées.
En 1777, après le succès de Félix ou l'Enfant trouvé, Monsigny cesse toute composition, sans doute en raison de problèmes de vue. Il est nommé inspecteur général des canaux à Orléans. Au début de l'année 1784, il épouse Amélie de Villemagne, avec qui il vivra paisiblement jusqu'aux troubles de 1789.

La Révolution et la Terreur réduisent le musicien et sa famille à une misère profonde et le plongent dans l'oubli pendant quelques années. Apprennant l'état de pauvreté du compositeur, les sociétaires de l'Opéra-Comique parviennent à lui verser une rente de 2 400 Livres, prouvant leur reconnaissance à l'égard d'un des fondateurs de leur théâtre.
Les années d'adversité s'estompent peu à peu et, avec le temps, Monsigny retrouve sa juste renommée. En 1800, après la mort de Piccinni, il devient inspecteur de l'enseignement au Conservatoire de Musique de Paris, puis en 1804, est fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il succède en 1813 à Grétry à l'Académie des Beaux-Arts. Une cécité totale afflige ses dernières années.

Monsigny s'éteint à Paris le 14 janvier 1817 en laissant le souvenir d'un homme modeste, courtois "aux manières simples et élégantes" plein d'une sensibilité qui transparaît tout au long de ses douze oeuvres principales.


Œuvres

Les Aveux indiscrets (1759)
Le Maître en droit (1760)
On ne s'avise jamais de tout (1761)
Le Cadi dupé (1761)
Le Roi et le fermier (1762)
Le Nouveau monde (1763)
Rose et Colas (1764)
Aline, reine de Golconde, opéra-ballet (1766)
Philémon et Baucis (1767)
L'Île sonnante (1768)
Le Déserteur (1769)
Pagamin de Monègue (1770)
Le Faucon (1772)
La Belle Arsène (1773)
Félix ou l'Enfant trouvé (1777)


Ballet

La Rosière de Salency, ballet en 3actes (en collaboration) (1769)


Divers

Exercices pour violon et basse
Ouvertures d'opéras en version de concert
Prologue pour "Le Bouquet de Thalie", musique de scène (1764)
Des Ariettes, dont "O ma tendre musette"
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shanessean

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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Jeu 25 Mar 2010 - 23:50

Je viens d'acheter Le Déserteur et Le Cadi Dupé en DVD que je n'ai pas encore reçu mais que je me réjouis de voir et d'entendre .
Je vous ferai part de mes impressions. Patience.
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joachim
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Sam 27 Mar 2010 - 12:08

Fais nous part de tes impressions, Hadrien Very Happy

Le nom de Monsigny est assez connu des mélomanes, et pourtant on n'entend jamais rien de lui, pas même sur les youtube ou musicme ou à la radio, puisqu'il n'existe quasiment pas de CD.

Moi même je n'ai rien écouté de lui, pas une ouverture ou un air d'un opéra...

Pas moyen non plus de consulter un catalogue d'oeuvres, car je suppose qu'il n'a pas composé que des opéras.
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shanessean

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MessageSujet: le déserteur   Sam 24 Avr 2010 - 11:28

Voilà après l'avoir vu sur DVD, voici un article résumant, mieux que je ne saurait le faire, mon impression:

"La création triomphale du Déserteur à la Comédie-italienne, le 6 mars 1769, marque l’apogée de la carrière de Monsigny: cet ouvrage restera son chef-d’œuvre. Intitulé «drame», il donne une nouvelle orientation à
l’opéra-comique français. Monsigny utilise en effet un sujet d’actualité mêlant des sentiments d’une profonde humanité dans le genre larmoyant si cher à Grétry (scènes de désespoir, élans amoureux, monologues d’introspection psychologique, apologie de la famille, éléments burlesques réalistes…).
Musicalement, Le Déserteur s’enrichit de manière considérable, empruntant au grand opéra ses scènes de genre ainsi que son tissu harmonique et orchestral dense et expressif. Les pages instrumentales sont développées, à l’image de l’ouverture qui, avec ses nombreuses sections contrastées, se veut descriptive et résume le drame à suivre. De la même manière, les deux entractes citent des motifs déjà entendus, renforçant l’unité de l’ouvrage en insistant sur la peinture psychologique des personnages grâce aux seuls moyens musicaux. Le Déserteur reste un tournant dans l’histoire de l’opéra-comique français et fut d’ailleurs repris tout au long du XIXe siècle, certains airs restant à la mode de longues années encore. Vingt ans avant les pompeuses fresques opératiques de Salieri ou Cherubini, il annonce déjà le romantisme français du siècle suivant."
Benoît Dratwicki

Pour moi c'est "jouissif", et, bien qu'à la maison, on a aussi envie de se lever et de crier son enthousiasme.

Un DVD à ne pas manquer pour qui aime la musique de cette époque. Je pense à Jean entre autre et à Joachim.
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Jean

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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Jeu 30 Sep 2010 - 17:40



Voici une version cd à petit prix et fort belle coté interprétation ...on pense effectivement à Grétry...ce qui n'est pas le moindre charme de cet opéra
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Ven 1 Oct 2010 - 23:10

Je suis en train d'en écouter des extraits et c'est ma foi très agréable en effet, avec une fort bonne interprétation (parfois un peu 'criée' côté féminin, il me semble mais c'est peut-être une question de son).
Cela me fait effectivement penser à 'Richard' de Gretry ...
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joachim
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Sam 2 Oct 2010 - 14:22

Encore un Naxos que je ne vais pas tarder à commander Wink

C'est une version intégrale, je veux dire, avec les dialogues ?
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Jean

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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Sam 2 Oct 2010 - 14:47

Non pas de dialogue dans cet enregistrement.....(J'avoue que je m'en passe volontiers! Wink )
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joachim
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Mar 22 Mar 2011 - 19:32

J'ai enfin écouté ce Déserteur de Monsigny (Naxos), mais il est quand même regrettable qu'il n'y ait pas au moins quelques dialogues pour la compréhension de l'histoire.

Heureusement qu'elle est bien résumée dans le livret.

C'est en effet une sorte de "pré-Grétry", mais j'ai trouvé qu'il y a quelques longueurs, surtout au 3ème acte, mais au total j'ai apprécié ce drame (puisque c'est son nom), et j'aimerais bien écouter maintenant Le Faucon, celui qui n'a pas eu grand succès lors de sa création.

L'ouverture est très bien aussi.

Hadrien, le DVD, ce sont les mêmes interprètes que le CD ?
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shanessean

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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Mer 23 Mar 2011 - 1:40

J'ai le livret en entier je ne sais plus ou je l'ai trouvé. Ce doit être à la Bibliothèque nationale (BNF sous Gallica) ou chez ODB. Je vais rechercher si ça vous intéresse. Voilà, j'ai retrouvé:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57462841/f146.image.r=Michel+Sedaine:+le+d%C3%A9serteur.langFR
Bonne lecture.
Autrement je l'ai recopié sur word.
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shanessean

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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Mar 29 Mar 2011 - 12:35

à la question de Joachim je te réponds avec beaucoup de retard dont je te prie de m'excuser.
Les interprêtes ne sont as les mêmes:
DVD: Monsigny: LE DESERTEUR - Dudziak- Lafon- Saint-Palais- Chevalier; Swierczewski. 1996 Compiègne..

Comme j'ai les deux et le livret, je ne pense pas que l'on gagne beaucoup à avoir le DVD car il n'y a pas de sous-titres.
Les enregistrements en DVD du Théâtre impéral de Compiègne sont toujours sans sous-titres .
À ma demande on m'a répondu que cela deviendrait trop cher !
S'ils veuleneet le vendre à l'étranger sans sous-titres ce sera difficile. Les Allemands, p. ex. , qui sont TRÈS friands
de cette musique française, ils ne comprendront rien.
Déjà en français on ne comprend pas tout, même si selon eux (la direction) ils ont spécialement soigné
la diction.
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Mer 11 Jan 2012 - 16:05

Son opéra 'Le roi et le fermier' va être donné prochainement à Versailles.

Extrait du site :

Pierre Alexandre Monsigny (1729 – 1817) fut l’un des maîtres inventeurs de l’Opéra Comique français de la fin du 18e siècle. Sa carrière commence en 1759, et connait un succès fulgurant. Sa cinquième œuvre, Le Roi et Le fermier, fut un premier triomphe avant celui du Déserteur (1769) qui inscrivit son nom dans l’histoire.
Le Roi et le fermier fut à son époque un opéra populaire et controversé : après un Acte I conclu par une scène de tempête, l’Acte II propose un divertissement nocturne qui débouche sur un traitement audacieux du problème des classes à l’Acte III. Après quelques ajustements effectués par la censure, l’œuvre fut créée à l’Opéra Comique de Paris en 1762, puis longuement interprétée à Paris et à Vienne avant (ironie du sort) d’être reprise par Marie-Antoinette et sa troupe des Seigneurs au Théâtre de la Reine à Versailles, en 1780.
C’est à une reconstitution très inattendue que nous convie Ryan Brown, directeur musical d’Opera Lafayette à Washington. Contacté pour venir présenter à Versailles Le Déserteur, magnifiquement enregistré pour Naxos l’an dernier, il a proposé de recréer Le Roi et le fermier. Il s’est avéré que les décors du spectacle qui ont servi aux représentations intimes de Marie-Antoinette existent toujours, conservés au Petit Théâtre de la Reine ! Ils ont été restaurés au 19e siècle, et vont ainsi à nouveau servir à présenter Le Roi et le fermier, à Versailles, mais cette fois dans le « grand » Opéra Royal, grâce à l’aide la conservation du Musée, et à la réalisation d’une copie par Antoine Fontaine pour l’une des toiles qui ne résisterait pas au déplacement.
Le travail de défricheur de l’opéra baroque français mené à Washington par Opera Lafayette a été salué tant par la critique américaine que par ses réussites discographiques (ces dernières années Armide de Lully, Zélindor de Rebel et Francoeur, Œdipe à Colone de Sacchini, Le Déserteur de Monsigny). Cette nouvelle production du Roi et le fermier sera créée à Washington puis représentée à Versailles dans les décors originaux.
Une aventure artistique peu commune… mais passionnante, servie par d’excellents chanteurs.

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joachim
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Dim 29 Mar 2015 - 13:24

Je viens de l'écouter, et je trouve cette "comédie mêlée d'ariettes" très agréable à écouter. Evidemment, comme il n'y a pas les parties parlées, l'argument est incompréhensible, ou presque. Enfin, il y a un synopsis dans le livret, c'est déjà pas mal.



Voici l'article de l'avant-scène opéra : http://www.asopera.fr/avis-le-roi-et-le-fermier-r72.htm

LE ROI ET LE FERMIER

Monsigny


Thomas Michael Allen (le Roi), William Sharp (Richard, le Fermier), Dominique Labelle (Jenny), Yulia Van Doren (Betsy), Delores Ziegler (la Mère), Thomas Dolié (Rustaut), Jeffrey Thompson (Lurewel), David Newman (Charlot), Tony Boutté (le Courtisan). Opera Lafayette Orchestra, dir. Ryan Brown (2012).
CD Naxos 8.660322. Distr. Abeille Musique.

Après Le Déserteur en 2010, le Lafayette Opera (Washington DC) nous offre le premier enregistrement d'un autre ouvrage de Pierre-Alexandre Monsigny, d'une veine plus légère mais d'une égale richesse d'invention. Sur les vingt-cinq numéros de cette partition créée en 1762, il n'en est guère qui ne pique l'attention par l'imprévu d'une forme dictée par la théâtralité, par le bonheur de l'inspiration, par la justesse du ton que rehausse une prosodie impeccable. Les indécisions du Fermier dont on ignore la cause, sa dispute avec Betsy, l'air du Roi coupé de récitatifs obligés possèdent une véracité rare. L'orage qui interrompt le duo des amants, puis la chasse venue s'y mêler avec ses cors jouant dans une autre mesure et le galop des chevaux, produisent un effet saisissant. Le trio des femmes fredonnant ensemble des chansons différentes ne manque pas non plus d'originalité.
L'interprétation, au diapason baroque (392) sur instruments d'époque est, selon l'expression, historiquement informée. Outre le clavecin (non écrit), quelques percussions ont été ajoutées à propos (triangle, tambourin, tambour). Seul l'Allegro trop modéré de l'ariette « Il a regardé mon bouquet » peut se discuter. Le souci de la prononciation (moderne) permet de ne pas perdre un mot du livret inspiré d'une pièce anglaise. La distribution non francophone n'osant se risquer dans les dialogues parlés vif et savoureux de Sedaine, ils ont été écartés. C'est une perte regrettable qu'on réparera grâce à internet : IMSLP donne accès à une belle copie manuscrite dresdoise.
Sous la direction de Ryan Brown, très attentive aux multiples intentions dramatiques dont Monsigny a émaillé sa partition, la distribution ne réserve que de bonnes surprises, l'engagement compensant au besoin les limites. À quand Rose et Colas servi avec la même ferveur ?
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joachim
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MessageSujet: Re: Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817)   Ven 17 Fév 2017 - 11:40

Réécoute du Roi et le Fermier "comédie mêlée de morceaux de musique", en 3 actes, sur un livret de M.J. Sedaine d'après la comédie The King and the Miller de R. Dodsley.

Le CD dure 72 minutes je suppose donc que les parties parlées supprimées ont une durée au moins équivalente, car en principe, pour 3 actes la durée totale d'un opéra-comique est au moins de 2 heures.

J'en reviens à ce que je disais ci-dessus : c'est une musique très agréable...


Dans la foulée, j'ai trouvé le catalogue complet de Monsigny d'après le Grove :


Opéras et assimilés:

Les aveux indiscrets (intermède en 1 acte, livret de Laribadière, d'après J. de La Fontaine), OC (Foire St Germain), 7 Fev. 1759
Le maître en droit (opéra bouffon en 2 actes, livret de P.-R. Lemonnier, d'après La Fontaine: Le roi Candaule, et le maître en droit), OC (Foire St Germain), 13 Fev 1760
Le cadi dupé (opéra bouffon en 1 acte, livret de Lemonnier, d'après F.-P. de la Croix, Les mille et un jours et L. Gallet: Le tour double, ou Le prêté rendu), OC (Foire St Germain), 4 Fev 1761
On ne s’avise jamais de tout (opéra comique mêlé de morceaux de musique en 1 acte, livret de M.-J. Sedaine, d'après La Fontaine), OC (Foire St Laurent), 14 Sept 1761
Le Roi et le fermier (comédie mêlée de morceaux de musique en 3 actes, livret de Sedaine, d'apès R. Dodsley: The King and the Miller of Mansfield), Comédie-Italienne (Bourgogne), 22 Nov 1762
Le Nouveau monde, 1763 (divertissement, livret de C.-S. Favart, d'après S.-J. Pellegrin), non représenté
Rose et Colas (comédie en 1 acte, livret de Sedaine, d'après F.-G. Desfontaines: Le van), Comédie-Italienne (Bourgogne), 8 Mars 1764
Aline, reine de Golconde [La reine de Golconde] (ballet héroïque en 3 actes, livret de Sedaine d'après S.-J. Boufflers: La reine de Golconde), Opéra, 15 April 1766
Philémon et Baucis (opéra en 1 acte, livret de Sedaine), Bagnolet, 1766, et l’Ile-Adam, 1767 [refusé par l'Opéra, 1785]
L’isle sonnante (opéra-comique en 3 actes, livret de Collé d'après F. Rabelais: Le cinquième livre, et F.-P. de la Croix, Les mille et un jours), Villers-Cotterêts, Août 1767; rev. (Sedaine), Comédie-Italienne (Bourgogne), 4 Jan 1768
Le Déserteur (drame en prose mêlée de musique en 3 actes, livret de Sedaine), Comédie-Italienne (Bourgogne), 6 Mars 1769
La rosière de Salency (ballet pastoral en 3 actes, livret de Favart), Fontainebleau, 25 Oct 1769; Comédie-Italienne (Bourgogne), 14 Dec 1769 (1770), collaboration avec Blaise, E. Duni, Philidor et G. van Swieten
Le Faucon (opéra comique en prose mêlée d’ariettes en 1 acte, livret de Sedaine, d'après La Fontaine), Fontainebleau, 2 Nov 1771, Comédie-Italienne (Bourgogne), 19 Mars 1772
La belle Arsène (comédie-féerie mêlée d’ariettes en 3 actes, livret de Favart, d'après Voltaire: La bégueule), Fontainebleau, 6 Nov 1773; rev. en 4 actes, Comédie-Italienne (Bourgogne), 14 Août 1775
Félix, ou L’enfant trouvé (comédie en 3 actes, livret de Sedaine), Fontainebleau, Nov 1777; Comédie-Italienne (Bourgogne), 24 Nov 1777
Pagamin de Monègue (opéra lyri-comique en 1 acte, livret de Sedaine, d'après La Fontaine: Le calendrier des vieillards), non représenté [refusé par l'Opéra, 1785]
Robin et Marion, non représenté



Autres:

Musique pour Le bouquet de Thalie, 1764
O ma tendre musette (La Harpe), ariette, probablement de La Pouplinière
Exercices pour violon et basse sur la manière de lier les sons
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