Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

 

 Rudolf Serkin (1903-1991)

Aller en bas 
AuteurMessage
santorino

santorino

Nombre de messages : 99
Age : 57
Date d'inscription : 26/05/2011

Rudolf Serkin (1903-1991) Empty
MessageSujet: Rudolf Serkin (1903-1991)   Rudolf Serkin (1903-1991) Empty2011-06-30, 14:17

J'admire tout particulièrement le pianiste Rudolf Serkin et je vous propose cet article, pris dans l'encyclopedia universalis.


SERKIN RUDOLF
(1903-1991)
Le génie de Rudolf Serkin se dissimule derrière une biographie d'une trompeuse simplicité et d'un mutisme rare. Aucun accident passionnel, aucun de ces coups d'éclat qui bouleversent les foules ne vient déranger l'ordonnancement d'une vie tout entière dédiée à la seule musique. Digne des classiques, cette carrière d'artisan chambriste, modeste et orgueilleux. Classique encore ce répertoire qui n'accueille qu'un petit nombre d'œuvres solidement construites, qui fuit tout à la fois les épanchements pathétiques d'un certain romantisme et les aventures harmoniques et rythmiques du XXe siècle. Classique toujours ce refus des séductions faciles, ce jeu sans concession qui ose revendiquer jusqu'à l'austérité. Mais, derrière la fermeté de l'architecture, l'infaillibilité du style et la perfection digitale percent la quête anxieuse du message, la passion de la grandeur, l'exigence jamais satisfaite. Sous la maîtrise de la forme, Rudolf Serkin, infatigablement, questionne la musique.
Un enfant prodige
Rudolf Serkin naît le 28 mars 1903 à Eger, en Bohême, ville qui appartient alors à l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Cheb, en République tchèque). Il fait ses études au Conservatoire de Vienne. Depuis ses cinq ans, il est, à l'évidence, un enfant prodige. Josef Marx, le très conservateur, mais aussi Arnold Schönberg, qui est son contraire, assurent sa formation musicale. Richard Robert lui enseigne le piano. En 1915, il fait ses débuts avec l'Orchestre philharmonique de Vienne dans l'épineux Premier Concerto de Mendelssohn. Il a dix-sept ans quand il rencontre Adolf Busch. De ce choc fondamental naît l'influence qui dominera toute sa vie. Le grand violoniste allemand l'installe chez lui, à Berlin, et l'associe à sa carrière de chambriste. À ce pianiste de dix-huit ans il confie la difficile cadence du Cinquième Concerto brandebourgeois qu'il enregistre alors avec Marcel Moyse (flûte). Tant au concert que lors des enregistrements de disques, Rudolf Serkin devient le partenaire attitré d'Adolf Busch et de son frère violoncelliste, Hermann Busch. Étonnant pianiste qui n'hésite pas à prendre au mot une plaisanterie de son maître et ose un bis resté unique dans les annales : les Variations Goldberg de Bach !
Un pianiste solaire
On connaît à Rudolf Serkin quelques incursions dans la musique du XXe siècle : une sonate d'Adolf Busch, une sonate de Bohuslav Martinu qui lui est dédiée (1957), un trio d'Artur Schnabel. Il lui arrivait, en concert, d'aborder Chopin, Debussy ou Ravel. Mais comment ne pas être frappé par sa discographie, dont l'extraordinaire cohérence ne peut être le fait du hasard mais traduit, si ce n'est une volonté consciente, du moins un irrésistible instinct ? Nous n'y trouverons ni Rachmaninov, ni Chopin, ni Liszt. Jorge Bolét racontait que, prenant la succession de Rudolf Serkin au Curtis Institute, il avait trouvé le portrait du musicien hongrois face contre le mur, dans un placard à balais ! Voilà un assassinat rituel de la virtuosité et de l'emphase bien révélateur. Schumann est certes présent, mais aucune des grandes pages écrites pour piano seul. Schubert revient souvent ainsi que Mendelssohn et ses élans contrôlés. Rudolf Serkin n'est pas le pianiste de la folie. Le XXe siècle n'est présent qu'avec discrétion : le Premier Concerto de Bartók (enregistré à deux reprises en 1962 : avec George Szell et le Columbia Symphony Orchestra ; avec Eugene Ormandy et l'Orchestre de Cleveland), le Quatrième Concerto de Prokofiev et le Burlesque de Richard Strauss (Eugene Ormandy à la tête de l'Orchestre de Philadelphie, 1955 et 1966), quelques pages de Max Reger. De musique française, point. Si l'absence de Fauré et de Debussy ne surprend pas, celle de Ravel, dont il semble si proche, reste mystérieuse. Bach n'est pas oublié mais il paraît abandonné dès les années 1950. En bonne place figure le Brahms des concertos et de la musique de chambre, mais presque toutes les œuvres pour piano seul sont évitées. Beethoven est à l'évidence – et cette fois avec les sonates pour piano – son musicien d'élection, avec Mozart et ses concertos, inlassablement joués et rejoués et dont il est l'un des rares à savoir éveiller l'essentielle beauté.
Il y a chez Rudolf Serkin une sorte de refus de la séduction. D'abord la lettre stricte de la partition, puis la clarté absolue de la structure et des lignes, ensuite cette tension interne qui porte l'œuvre, enfin, et seulement alors, cette simplicité lumineuse, cette sonorité solaire reconnaissable entre mille. Rudolf Serkin osera la dureté, la vitesse et ses risques, la véhémence inattendue, la nudité de l'expression si elles conduisent à la vérité de l'œuvre. À ces hauteurs, seuls les plus grands ont pu joindre leur voix à la sienne.
Pierre BRETON  (Encyclopedia Universalis)

Discographie sélective
J.-S. BACH, les six Concertos brandebourgeois, Busch Chamber Players, dir. Adolf Busch (1935)
Cinquième Concerto brandebourgeois, avec Adolf Busch, Marcel Moyse (1935)
B. BARTÓK, Premier Concerto pour piano, Columbia Symphony Orchestra, dir. George Szell (1962)
L. vAN BEETHOVEN, Cinquième Concerto pour piano « L’Empereur », Orchestre philharmonique de New York, dir. Bruno Walter (1941)
Quatrième Concerto pour piano, Orchestre symphonique de la N.B.C., dir. Arturo Toscanini (1944)
Sonates pour piano nos 30, 31, 32 (1987)
les cinq Sonates pour violoncelle et piano, avec Pablo Casals (1951 et 1953)
Thème et trente-trois Variations sur un thème de valse de Diabelli (1957)
J. BRAHMS, les deux Quatuors avec piano, avec des membres du quatuor Busch (1932 et 1949)
les deux Concertos pour piano, Orchestre de Cleveland, dir. George Szell (1966 et 1968)
Trio pour piano, violon et cor, avec Adolf Busch et Aubrey Brain (1933)
F. MENDELSSOHN, les deux Concertos pour piano, Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (1959)
W. A. MOZART, Concertos pour piano nos 9, 11, 12, 20 et 23, Orchestre du festival de Marlboro, dir. Alexander Schneider (1956-1958)
Concerto pour piano n0 14, Busch Chamber Players, dir. Adolf Busch (1938)
Concertos pour piano nos 18, 19, 20, 21, 24, Orchestre symphonique de Londres, dir. Claudio Abbado (1986, 1983, 1981, 1982 et 1985)
M. REGER, Concerto pour piano, Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (1959)
F. SCHUBERT, Deuxième Trio pour piano, violon et violoncelle, avec Adolf Busch et Hermann Busch (1935 et 1951).
Revenir en haut Aller en bas
Olivier

Olivier

Nombre de messages : 790
Age : 53
Date d'inscription : 14/05/2011

Rudolf Serkin (1903-1991) Empty
MessageSujet: Re: Rudolf Serkin (1903-1991)   Rudolf Serkin (1903-1991) Empty2011-07-01, 18:24

santorino a écrit:
Il a dix-sept ans quand il rencontre Adolf Busch. De ce choc fondamental naît l'influence qui dominera toute sa vie. Le grand violoniste allemand l'installe chez lui, à Berlin, et l'associe à sa carrière de chambriste. Tant au concert que lors des enregistrements de disques, Rudolf Serkin devient le partenaire attitré d'Adolf Busch et de son frère violoncelliste, Hermann Busch. 
F. SCHUBERT, Deuxième Trio pour piano, violon et violoncelle, avec Adolf Busch et Hermann Busch (1935 et 1951).
J'ai ce disque de Schubert depuis plus de 20 ans, et je le trouve vraiment très émouvant surtout dans la Fantaisie pour piano et violon D934.
Pour compléter le propos de Santorino, Rudolph Serkin est devenu le gendre d'Adolf Busch. Il s'agit donc vraiment d'une musique de chambre dans une atmosphère intime et vraiment familiale. L'enregistrement date de 1931(et non de 1951 comme mentionné ci dessus) pour la Fantaisie et de 1935 pour le second trio. Le son pour la fantaisie, que j'écoute en ce moment, est tout à fait correcte.  A ces dates, la musique de chambre de Schubert passait pour rébarbative et il fallait être courageux pour commencer par ces oeuvres pour les enregistrer. Ces oeuvres ont été enregistrées avant même les sonates pour violons et piano de Brahms et de Beethoven. 
Ce disque est superbe et avec une interprétation très émouvante de ces deux magnifiques œuvres.
Revenir en haut Aller en bas
santorino

santorino

Nombre de messages : 99
Age : 57
Date d'inscription : 26/05/2011

Rudolf Serkin (1903-1991) Empty
MessageSujet: Re: Rudolf Serkin (1903-1991)   Rudolf Serkin (1903-1991) Empty2011-07-02, 21:20

Merci de ces précisions. Concernant la date de l'enregistrement, il s'agit en effet de 1931, j'ai retrouvé mon cd (Emi Références), c'est un cd que j'aime beaucoup, il y a une grande délicatesse et une grande poésie dans l'interprétation du trio et de la Fantaisie. J'aime beaucoup aussi l'interprétation des sonates de Beethoven, il y a un cd avec les opus 109-110-111 chez DG et un autre cd sony avec l'Hammerklavier et l'opus 110 que j'apprécie encore davantage, sans oublier les variations Diabelli, qui sont très impressionnantes.
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 21550
Age : 74
Date d'inscription : 19/08/2006

Rudolf Serkin (1903-1991) Empty
MessageSujet: Re: Rudolf Serkin (1903-1991)   Rudolf Serkin (1903-1991) Empty2021-01-22, 18:52

Mozart Concerto n° 21




https://www.youtube.com/watch?v=m5FGjbXS284
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Rudolf Serkin (1903-1991) Empty
MessageSujet: Re: Rudolf Serkin (1903-1991)   Rudolf Serkin (1903-1991) Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Rudolf Serkin (1903-1991)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les interprètes-
Sauter vers: