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 Thomas Adès (1971-...)

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Bel Canto
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MessageSujet: Thomas Adès (1971-...)   Lun 23 Mai - 20:25



Né le 1er mars 1971 à Londres, Thomas Adès étudie le piano et la composition à l’école de musique Guildhall à Londres avec respectivement Paul Berkowitz et Robert Saxton. Il étudie ensuite l’écriture au King's College à Cambridge où il est reçu lauréat en 1992.

Il est remarqué par la presse nationale en janvier 1993, à l'occasion du récital d'ouverture qu'il donne au Purcell Room à Londres et de la création de son œuvre Still Sorrowing ; il est alors propulsé sur la scène musicale britannique et acquiert rapidement une notoriété internationale. De 1993 à 1995, il est compositeur en résidence au Hallé Orchestra, d’où résultent des œuvres comme The Origin of the Harp (1994) et These Premises Are Alarmed, composée à l’occasion de l’ouverture du Bridgewater Hall en 1996. Living Toys (son œuvre la plus jouée) est présentée au Barbican Centre à Londres sous la direction d’Oliver Knussen en 1994. La même année, il présente également ... but all shall be well, sa première œuvre pour orchestre, Sonata da Caccia (commande de la BBC pour le Groupe de musique contemporaine de Birmingham) et Arcadiana, créée au Festival de Cambridge par le Quatuor Endellion.

Son premier opéra Powder her Face, commande du Almeida Opera pour le festival de Cheltenham en 1995, est donné dans le monde entier et diffusé sur Channel 4. Son second opéra, The Tempest, fondé sur la pièce de Shakespeare et commandé par le Royal Opera House, est créé à Covent Garden à Londres et acclamé par la critique en 2004. Il s’agit de l’œuvre la plus ambitieuse de Thomas Adès à ce jour, qui marque une nette clarification de son style.

Le domaine symphonique s'enrichit d'un Concerto pour violon (2005) créé au Festival de Berlin et aux BBC Proms par l’Orchestre de chambre d'Europe, et d'une seconde œuvre orchestrale pour Simon Rattle, Tevot (2007), commandée par l’Orchestre philharmonique de Berlin et le Carnegie Hall, après Asyla en 1998.

Chef d’orchestre et pianiste, Thomas Adès est l’auteur d’une quarantaine de partitions qui a rencontré une large audience. Plusieurs festivals lui ont consacré des portraits : Musica Nova à Helsinki en 1999, le Festival de Salzbourg en 2004, le Festival Présences de Radio France en 2007 et « Traced Overhead – The Musical World of Thomas Adés » au Barbican Centre à Londres en 2007. Il est directeur artistique du Festival d’Aldeburgh depuis 1999, où il se produit en 2007 dans ces différentes facettes. Le Carnegie Hall de New York l’invite à tenir la chaire de compositeur « Richard and Barbara Debs » et le présente comme compositeur, chef d’orchestre et pianiste pour la saison 2007-2008. Il est régulièrement invité à jouer et à diriger sa propre musique, mais donne et enregistre également des oeuvres de Janáček, Schumann, Schubert, Tchaikovsky, Stravinsky, Grieg, Busoni, ainsi que Gerald Barry, Castiglioni, Kurtág, Ruders ou encore Nancarrow,

Thomas Adès revendique une approche de la composition et des ressources des nouvelles technologies profondément inscrite dans la tradition, sans verser dans l'hédonisme post-moderne. Eminemment savante, expressive et sophistiquée, sa musique fait référence au passé aussi bien dans sa construction formelle que par le biais de citations littérales ou d'interpolations de matériaux multiples. Son style se caractérise par une écriture musicale raffinée, de prompts changements d’atmosphère et une complexité rythmique d'une grande virtuosité.

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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Lun 23 Mai - 20:26

•Deuxième prix de piano du concours « Jeune Musicien de l’année » de la BBC (1989),

•Paris Rostrum (pour la meilleure œuvre d’un compositeur de moins de trente ans) pour The Origin of the Harp en 1994,

•Prix de la Royal Philharmonic Society de Londres pour Asyla en 1997,

•Prix Elise L. Stoeger pour Arcadiana à New York en 1998,

•Prix Gramophone « Editor's Choice » pour le CD Thomas Adès – « Living Toys », Editions EMI, 1998,

•Prix du Salzburg Easter Festival en 1999,

•Mercury Music Prize pour Asyla en 1999,

•Prix pour les jeunes compositeurs Ernst von Siemens à Munich en 1999,

•Prix Grawemeyer pour Asyla en 2000,

•Prix Hindemith en 2001,

•Prix de la Royal Philharmonic Society de Londres pour The Tempest en 2005,

•Prix pour la musique classique du South Bank Show Awards 2008 pour la rétrospective « Traced Overhead : The Musical World of Thomas Ades » au Barbican Centre.

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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Lun 23 Mai - 20:29

The Tempest

Opéra en trois actes de Thomas ADÈS (né en 1971)
Livret de Meredith Oakes d'après The Tempest de Shakespeare
Créé le 10 février 2004 au Royal Opera House, Covent Garden, Londres

Article sur la production de l'opéra à Strasbourg en 2004 : ici

Extrait :

Thomas Adès semble avoir décidé d'assumer ici sereinement une conception somme toute assez classique de la forme opéra : à la différence de Powder her Face, qui faisait largement appel à d'autres formes musicales que le chant opératique (lyrics, sprechgesang, voix parlée, etc.), la mise en musique du texte est continue ; de même, l'orchestre adopte une formation classique. Enfin la construction formelle en trois actes, avec ouverture (la tempête), arias, duo d'amour, est on ne peut plus conventionnelle. L'écriture elle-même, sans pour autant adopter le procédé du pastiche ou de la citation comme dans l'oeuvre précédente, reste le plus souvent dans un cadre tonal ou modal. On pourrait craindre à cet énoncé une volonté consensuelle qui affadirait le propos. Il n'en est pourtant rien, tant Adès a innervé la partition d'une tension dramatique palpable, mais par d'autres procédés : si le cadre du tableau et son tracé semblent familiers, les couleurs et le trait le sont moins.

Ce sont les personnages qui l'animent, Adès s'attachant à traduire musicalement au plus près leur progression psychologique. En ce sens, la réflexion philosophique irriguant la pièce de Shakespeare reste ici prioritaire sur les éléments purement factuels, eux-mêmes parfois modifiés pour nourrir le nerf de l'ouvrage : l'affrontement permanent, le conflit entre les personnages. Ainsi, la cour de Naples, absente de la scène chez Shakespeare, devient chez Oakes-Adès un personnage collectif à part entière, comme choeur à quatre voix.

Dès l'ouverture éclate la virtuosité et la liberté de l'écriture orchestrale : une véritable lame de fond emporte l'orchestre dans un tourbillon polyrythmique et chromatique endiablé (l'orchestre de Strasbourg à rude épreuve...), débouchant sur le choeur des naufragés : "Hell" (Enfers). Zébrures du ciel, silhouette de bateau en perdition, Ariel et Prospero hantant les airs... du déjà vu, certes, c'est la fosse qui étonne le plus. La transition orchestrale est habile avec les harmonies de bois et de violons saluant le retour au calme, tandis que le lever de rideau révèle un décor efficace à défaut de génie et de nouveauté, une énorme plateforme faisant tour à tour office d'épave, de rocher, de plage, de grotte (un dispositif scénique londonien que le metteur en scène avoue avoir eu du mal à adapter à la scène strasbourgeoise, étroite). Le travail sur les lumières de Wolfgang Göbbel est, lui, primordial tout au long de l'opéra : couleurs crues, rouge, jaune, vert acide, contrepoint de la violence des sentiments, plus douces lors du duo d'amour de Ferdinand et Miranda.
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Lun 23 Mai - 20:31

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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Mer 25 Mai - 13:27

Je n'avais pas vu que tu avais fait cette superbe biographie très documentée sur THOMAS ADES. J'aurais bien aimé qu'il fasse avec cet opéra comme celui de MERNIER,qu'il y ait un DVD avec le cd....mais je sais ce que tu risque de me répondre: Rien de vaut une découverte visuelle sur la scène. Est-ce que l'extrait entendu t'a donné envie de le découvrir en entier?
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Mer 25 Mai - 17:30

Icare a écrit:
Est-ce que l'extrait entendu t'a donné envie de le découvrir en entier?

Sur scène certainement mais le moderne en CD, c'est pas trop mon truc. Embarassed
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Mer 25 Mai - 17:50

Bel Canto a écrit:
Icare a écrit:
Est-ce que l'extrait entendu t'a donné envie de le découvrir en entier?

Sur scène certainement mais le moderne en CD, c'est pas trop mon truc. Embarassed

Je voulais bien sûr dire sur scène. Voyons,voyons! Hehe
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Mer 25 Mai - 18:04

Laughing Sur scène, je suis toujours prête à découvrir plein de choses ... mais j'ai vraiment besoin de ce contacts réels pour pouvoir découvrir une oeuvre (sauf le Bel Canto ... même au plus profond du Groenland, sur la banquise, cela me ferait encore fondre ! Ptdr ).
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Ven 28 Nov - 12:20

J'ai réécouté dernièrement son Concerto pour violon par Anthony Marwood, le "Chamber Orchestra of Europe" sous la direction du compositeur. Thomas Adès ne s'en est pas mal tiré et j'ai trouvé qu'il s'agissait là d'une belle musique bien encrée dans son époque, d'une modernité accessible. Rien d'inintelligible. Dans les oeuvres qui me plaisent, il y a souvent deux options: l'oeuvre qui ne m'ensorcelle pas immédiatement, mais davantage dans son prolongement, de façon, disons, sournoise et progressive, comme avec la Symphonie Espagnole d'Edouard Lalo, et l'oeuvre qui m'accapare immédiatement, dès les premières mesures, me saisit par un climat, une ambiance, une alchimie sonore, qui me plait d'emblée. Dans le cas du Concerto pour violon de Thomas Adès, ce fut la seconde option et même si je ne pense pas l'inclure dans une liste préférentielle, il suscite de l'intérêt du début à la fin, marquant chez moi une préférence pour le troisième mouvement.
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Jeu 25 Juin - 15:37

Icare a écrit:
 Je n'avais pas vu que tu avais fait cette superbe biographie très documentée sur THOMAS ADES. J'aurais bien aimé qu'il fasse avec cet opéra comme celui de MERNIER,qu'il y ait un DVD avec le cd....mais je sais ce que tu risque de me répondre: Rien de vaut une découverte visuelle sur la scène. Est-ce que l'extrait entendu t'a donné envie de le découvrir en entier?

Je viens de redécouvrir les deux premiers actes de l'opéra de Thomas Adès; The Tempest. J'étais resté trop longtemps sans l'écouter et ce fut, pour le coup, une totale redécouverte. Ce que je peux en dire en deux trois mots, c'est qu'il y a des passages très raffinés et émouvants comme, par exemple, la Scène 4 de l'Acte II avec le trio vocal Toby Spence (Ferdinand), Kate Royal (Miranda) et Simon Keenlyside (Prospero). Plus globalement, j'y ai beaucoup aimé les voix de Kate Royal et Cyndia Sieden (Ariel), cette dernière chantant souvent dans l'aigu. Dans la musique orchestrale de Thomas Adès, il y a un côté parfois éthéré qui m'a bien plu. Bien sûr, c'est interprété en anglais et c'est une écoute audio, un contexte purement abstrait pour apprécier un opéra, et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seconde. Si je n'ai pas été saisi d'entrée de jeu, comme je le fus avec The Sacrifice de James MacMillan, j'y suis entré progressivement pour ne pas dire incidieusement...La prestation vocale de Simon Keenlyside me plait beaucoup aussi. Il me reste à écouter l'Acte III et je pressens que je vais encore vibrer et vivre de belles émotions.
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Jeu 25 Juin - 17:44

J'ai écouté l'Acte III de The Tempest et j'ai relevé pendant l'écoute trois passages qui m'ont particulièrement touché, d'abord "Murder" qui m'a subjugué dans sa partie instrumentale et l'emploi du choeur: magnifiquement orchestré à ce moment-là; lumineux, onirique, original. La Scène 4 "Quietness..." + "How good they are", très émouvant et la scène 5 "Who was here..." qui offre un final exquis avec la voix de Cyndia Sieden, là encore une musique superbement orchestrée, lumineuse, propice au rêve, quasi-surréaliste, une entrée définitive dans un monde de lumière...Pas mal, cet opéra. J'ai bien fait d'y revenir.

Pour la petite histoire, la pièce de Shakespeare, The Tempest, avait déjà fait l'objet d'adaptations musicales auparavant: depuis que son auteur, en 1611, l'avait portée en scène, elle était devenue la source d'inspiration de centaines d'oeuvres lyriques, de la version de Purcell de 1695 jusqu'à celle, imposante et fondamentale, proposée par Sibelius à l'occasion d'une production de la pièce à Copenhague en 1926, ou encore Un re in ascolto de Luciano Berio en 1984.

L'argument: <<Le trône de Prospero, duc de Milan, a été usurpé par son frère, Antonio. Avec l'appui du roi de Naples, Antonio a contraint Prospero à prendre la mer sur un navire de fortune, avec sa fille Miranda. Ils ont survécu grâce au conseiller du roi, Gonzalo, qui les a pourvus en nourriture et vêtements, avant d'échouer sur une île où ils vivent désormais. Entre temps, Antonio a permis au roi de Naples de prendre le contrôle de Milan.>>
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Sam 27 Juin - 19:43

Catch (1991) pour violon, violoncelle, piano et clarinette; mise en scène:

<<Catch, l'oeuvre qui ouvre ce concert de musique de chambre d'Adès, nous initie très bien à son adresse, son imagination, son oreille. Sur scène, un violon, un violoncelle et un piano persuadent une clarinette de se joindre à eux. La clarinette, tentée, sort trois fois des coulisses pour se joindre à eux, échappe à deux reprises à leurs cajoleries mais à la troisième, sur une musique expressive d'abord douce, puis jubilante, elle finit par ce faire prendre et à la dernière mesure vient s'asseoir parmi eux.>> Andrew Porter.

L'approche est intéressante: je m'imagine en concert; chaque instrument étant un personnage, le violon, violoncelle, piano jouant un rôle de séduction pour que la clarinette, indépendante, se forme à eux. Un quatuor est né et la musique s'arrête. La mise en scène est attractive, mais dans une écoute en audio - je n'ai jamais écouté l'oeuvre en concert - toute cette mise en scène demeure imperceptible. J'ai juste la musique avec ce qu'elle propose d'éclatant, de tendre, de vivant, de "dialoguant". La clarinette de Lynsey Marsh fut la bienvenue au sein du trio. Elle ne s'impose jamais. En conclusion, je dirais que ce n'est pas mal mais pas irrésistible non plus.

Darknesse Visible (1992) pour piano:

<<Darknesse Visible, qu'Adès créa dans la maison de Liszt à Budapest, en 1992, est une recomposition de la mélodie de Dowland, "In darknesse let me dwell - Je veux vivre dans les ténèbres", dans laquelle le pianiste (Thomas Adès) joue sur toute l'étendue du clavier, juxtaposant des nuances contrastées, produisant de fascinants tremolandi tenus grâce à de rapides répétitions.>> Andrew Porter.

J'ai bien aimé cette pièce de piano d'un genre dépouillé mais porteuse d'une certaine mélancolie. En tout cas, c'est comme ça que je l'ai ressentie, au-delà de ses subtilités pianistiques.

Still Sorrowing (1991-92) pour piano:

<<Dans Still Sorrowing, les cordes centrales du piano ont été recouvertes d'une couche de Blu-Tac, résultant en un bourdonnement étouffé sur lequel l'aigu peut étinceler , gazouiller ou tinter; et sous lequel les graves murmurent ou sonnent.>> Andrew Porter.

Sur un même piano, des notes "pures" côtoient des notes "préparées" dans un contexte assez plaisant. Rien de renversant toutefois, juste pour la curiosité.

Under Hamelin Hill (1992) pour orgue portatif:

<<Basé sur l'histoire du joueur de flûte Hamelin, Under Hamelin Hill est une invention exubérante pour orgue portatif: le Preambulum est un mouvement perpétuel à la main droite sur fond de rythmes dynamiques et taquins à la main gauche; la Fugue nous réserve une surprise puisque deux autres musiciens, attirés par le son de l'orgue, viennent se joindre au premier musicien; l'Arietta est un long soupir descendant sur fond de borborygmes mystérieux.>> Andrew Porter.

Moi aussi, j'aime beaucoup le son de cet orgue de chambre ou orgue portatif et que je perçois comme un orgue-jouet. J'aurais bien aimé être le quatrième musicien venant se joindre à la Fugue, ce qui aurait été un désastre pour la musique... Hehe...mais elles sont vraiment formidables ces sonorités qui s'échappent de l'orgue miniature. J'avais l'impression, pendant l'écoute, qu'elles étaient à proximité, qu'elles m'étaient soudainement accessibles: Ce n'est pas comme le grand orgue d'église qui impressionne tout le monde. Les deux premiers mouvements de Under Hamelin Hill m'ont bien plu à l'inverse du long soupir descendant de l'Arietta qui, justement, m'a fait soupirer: un peu lassant.
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Sam 27 Juin - 21:45


En réécoutant Five Eliot Landscapes pour soprano et piano (1990), Traced Overheadpour piano (1996) et Life Story pour piano et voix (1994), je me suis dit que chez Thomas Adès, j'étais quand même assez sensible à son approche du piano, piano qu'il interprète lui-même ici, au point que j'ai beaucoup aimé son Opus 15, Traced Overhead qui se découpe en trois mouvements, le premier, très court, "Sursum", le second, pas très long non plus, "Aetheria" et le troisième qui est aussi le plus long (8'39)...et le meilleur..."Chori". Là, j'ai vraiment été ému! J'avais déjà remarqué mon intérêt pour son écriture de piano dans Darknesse Visible, fameuse recomposition d'une mélodie de Dowland. Sauf que sur l'Opus 15, ce ne fut pas un plaisir un peu tiède, j'ai vraiment craqué. Dans Life Story, la prestation de la soprano Mary Carewe est proche d'une chanteuse de jazz, et je sens entre cette voix qui sent la cigarette (clin d'oeil aux paroles) et le piano, une association improbable qui fonctionne pourtant très bien. Cocasse!
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Sam 27 Juin - 23:31

Tous ces titres de Thomas Adès que je mentionne sur les deux commentaires qui précèdent celui-là, sont des oeuvres que je connais depuis longtemps. J'y suis d'ailleurs revenu plusieurs fois en des temps espacés, avec l'impression d'apprivoiser lentement une musique que, finalement, je pensais mieux connaître. Il en va de même avec les cinq derniers opus écoutés; Living Toys (1993) par le "London Sinfonietta" sous la direction de Markus Stenz, Arcadiana (1994) pour quatuor à cordes, Sonata da Caccia (1993) pour hautbois baroque, cor et clavecin, The Origin of the Harp (1994) pour ensemble instrumental et Gefriolsae Me (1990) pour voix d'hommes et orgue. Si j'aime bien le quatuor à cordes à l'exception de son dernier mouvement que j'ai trouvé trop minimaliste, la partition à l'allure baroque pour hautbois baroque, cor et clavecin m'a passablement diverti et il en va du même plaisir tiède concernant L'Origine de la Harpe. En revanche, la petite pièce d'environ trois minutes pour choeur d'hommes et orgue est très jolie; une belle conclusion. L'oeuvre qui m'a scié sur mon divan et que j'ai même trouvé géniale, c'est Living Toys pour orchestre de chambre. Carrément jubilatoire à mon oreille, une musique un peu fofolle, un peu déjantée, superbement orchestrée avec des sonorités très vives et parfois perçantes. L'oeuvre se compose de huit morceaux: j'ai adoré le n°4 "Militiamen" avec cette trompette bouchée qui s'invite à la fête. Elle réapparaîtra un peu plus tard. Les morceaux 5 & 6 sont également pénétrants. De toute évidence, une des compositions de Thomas Adès parmi mes toutes préférées!
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MessageSujet: Re: Thomas Adès (1971-...)   Dim 28 Juin - 8:41

<<Thomas Adès revendique une approche de la composition et des ressources des nouvelles technologies profondément inscrite dans la tradition, sans verser dans l'hédonisme post-moderne. Eminemment savante, expressive et sophistiquée, sa musique fait référence au passé aussi bien dans sa construction formelle que par le biais de citations littérales ou d'interpolations de matériaux multiples. Son style se caractérise par une écriture musicale raffinée, de prompts changements d’atmosphère et une complexité rythmique d'une grande virtuosité.>>

Je suis parfaitement d'accord avec ce qui est écrit ci-dessus, surtout lorsque j'écoute une musique aussi fantastique que Asyla pour orchestre (1997), le Concerto Conciso (1997-98) et ...but all shall be well pour orchestre (1993). Asyla m'a une nouvelle fois conquis par chacun de ses quatre mouvements et plus encore par le quatrième, un scherzo ayant comme sous-titre "Ecstasio" qui s'amorce avec douceur sur des cordes divisées pour se métamorphoser en une danse exaltée, comme il est d'ailleurs dit dans un commentaire à propos de cette oeuvre: "une sorte de Rite du printemps dans le style disco". Il en résulte quelque chose de fantastique, d'abord avec les cuivres, les bois, les percussions, puis avec les cordes d'une grande intensité et la grosse percussion qui marque la cadence.C'est transcendant! L'Opus 10 ]...but all shall be well est la troisième oeuvre du disque qui m'a beaucoup touché pour son grand raffinement et la beauté de ses orchestrations. La seconde est Concerto Conciso pour piano et ensemble de chambre (1997-98), son caractère justement concis et original, le jeu du piano qui n'est pas forcément celui d'un concerto habituel, l'allusion jazzy que j'ai ressenti en l'écoutant. Le premier mouvement est excellent. Je n'ai pas eu l'impression d'écouter une leçon de virtuosité, plutôt un rapport ludique et sans fioriture entre le soliste et les autres instrumentistes, une musique qui ne s'étale pas, va à l'essentiel, sans bavardage, consise comme l'indique son titre. C'est un peu aussi ce qui caractérise son Opus 2 , la Symphonie de Chambre pour quinze instrumentistes (1990) qui me semble résulter de ce même esprit de concision. Bon, elle ne me touche pas autant que le Concerto Conciso et encore moins qu'Asyla. Toutefois, j'aime bien son ambiance sonore, quelque chose qui m'évoque vaguement le jazz. A noter aussi une fin très dénudée et énigmatique qui m'a rappelé celle de son quatuor à cordes Arcadiana en nettement mieux. These Premises Are Alarmed pour grand orchestre (1996) est une pièce symphonique plutôt courte qui n'atteind même pas les quatre minutes. Un "symphonique" raffiné et coloré en ressort. Pas aussi beau et lumineux que son ...but all shall be well qui est une petite merveille de dix minutes environ.
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