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 Le violoncelle

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Snoopy
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Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Le violoncelle   Sam 12 Aoû - 16:53

Instrument à cordes se jouant principalement à l'archet (bien que le pizzicato soit courant) et semblable pour la forme au violon mais en plus gros, le violoncelle se joue assis et tenu entre les jambes. Il repose maintenant sur une pique amovible, laquelle est d'invention récente : les premiers modèles étaient posés sur les mollets, entre les jambes. Contrairement à la contrebasse, il ne suit pas la forme d'une viole de gambe, qu'il rappelle par la taille et la tenue de l'instrument entre les jambes. L'accord du violoncelle, en quintes, ne permet cependant pas de jouer les positions en accord. Ses quatre cordes sont accordées en quintes : do, sol, ré et la( du grave vers l'aigu ), comme pour l'alto. Le violoncelle est cependant accordé une octave en dessous de ce dernier, soit une octave et demie en dessous du violon.

Le violoncelle utilise le plus souvent la clé de fa mais également la clé d'ut 4è ligne pour le registre moyen et la clé de sol dans l'aigu.

Le violoncelle n'apparaît que peu d'années après le violon, à la fin du XVIe siècle. Son ancêtre direct supposé, le Rebec, était un instrument plat à trois cordes. La basse de violon, le violoncelle originel tel qu'il nous est présenté en 1530, était un instrument bien plus petit qu'il ne l'est aujourd'hui, doté donc de trois cordes et accordé une quinte au-dessous du violon (contre une quinte et une octave aujourd'hui). En 1550, une quatrième corde (grave) est ajoutée et l'accord revu. La taille du corps de l'instrument (hors manche) augmente jusqu'à 80 centimètres environ (la taille actuelle est d'environ 76 centimètres). Cette taille fut la limite: au-delà, la technique de main gauche, à une époque ou le démanché apparaît seulement, devenait trop ardue.

Si l'on suit l'interprétation courante, la famille des violons (violon, alto et violoncelle) est fixée dans sa forme actuelle par le génial Andrea Amati (1535-1612), luthier de Crémone. C'est dans cette ville sacrée de la musique que le violoncelle et toute sa famille prennent leur forme définitive, dans les ateliers successifs de Niccolò Amati - descendant du précédent -, ses propres enfants, le grand Antonio Stradivari (Crémone 1644- 17 décembre 1737) - probable élève de Niccolò -, l'original Bartolomeo Giuseppe Guarneri (1683-1745) - élève de Stradivari surnommé Guarnerius del Gésu . Cette école italienne fixe les formes et rayonne dans toute l'Europe, au travers du compagnonnage : Jacob Stainer (1621-1683), maître de la lutherie austro-hongroise, fut un probable camarade de Stradivari chez Amati. François Médard, élève de Stradivari, rentre chez lui, à Mirecourt, une fois ses études achevées.

Cette naissance prestigieuse, pourtant, ne réserve pas une réputation immédiate au violoncelle. La concurrence qui l'oppose à la basse de viole de gambe est serrée, et le XVIIIe siècle est un siècle de coexistence dans la littérature pour ensemble ou dans les œuvres solistiques.

Certains compositeurs, Purcell, Marin Marais ou François Couperin, ne s'habituent pas à l'instrument, et prennent bien garde de préciser dans leurs œuvres qu'elles sont destinées à la « basse de viole » et non au violoncelle. Mais au XVIIIe siècle siècle, la basse de viole est supplantée définitivement; en effet, les virtuoses du violoncelle parviennent à convaincre leurs contemporains de ses qualités de timbre et de virtuosité, et des œuvres majeures font sa renommée, en particulier les six Suites pour Violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach qui visitent en profondeur les capacités polyphoniques rares de l'instrument.

On met souvent cette lutte en parallèle de celle des classes: les viola da gamba, famille des violes, étaient considérées comme des instruments plus nobles que ceux de la famille des viola da braccio, nos instruments à cordes modernes, plus vulgaires pour les contemporains du XVIe siècle siècle. Sans doute faut-il compter les évolutions sociales du XVIIIe siècle au nombre des raisons du succès de cette deuxième famille. Pendant la révolution française et après, les violes, sans doute jugées trop aristocratiques, furent transformées en violoncelles, violons et altos.

En tant que substitut à la viole de basse, le violoncelle est d'abord confiné aux rôles d'accompagnement. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle siècle, instrument moins trapu qu'aujourd'hui, le violoncelle seconde le clavecin et complète la « basse continue » qui fonde les bases de l'harmonie dans les œuvres musicales baroques. Le son est plus confidentiel, plus feutré que celui des instruments modernes.

Pourtant l'instrument commença à s'imposer. Antonio Vivaldi (1678-1741) lui dédia 27 concertos; Luigi Boccherini (1734-1805), violoncelliste virtuose, le dota de concertos pour violoncelle.

Surtout, la technique évolue:

La virtuosité commence au XVIIIe siècle siècle: les positions du pouce sont inventées, le violoncelliste Francesco Alborea ("Franciscello", 1691-1739), étant l'un des premiers à les avoir fait connaître. Les deux sonates qu'on lui attribue utilisent le ré4, de nombreuses doubles cordes, et accords arpégés.
Les frères Duport, Jean-Pierre et Jean-Louis (virtuose éponyme du Stradivarius actuel de Rostropovitch), œuvrent un peu plus tard dans le XVIIIe siècle siècle. Les sonates de Jean-Pierre, l'aîné, atteignent le la5. Jean-Louis, est l'auteur d'un ouvrage théorique, Essai sur le doigté (1806), qui jette les bases du doigté moderne du violoncelle.
Les violoncellistes deviennent des virtuoses, et tiennent à le faire savoir. On connaît des œuvres, parfois majeures comme nous allons le voir, qui ont eu pour but de mettre en valeur ces nouvelles possibilités techniques.

La partie soliste du Concerto en ré majeur de Haydn n'a pu être écrite que par un violoncelliste: on dit souvent que le violoncelliste Anton Kraft aurait esquissé l'œuvre de Haydn qui l'aurait ensuite complétée (au XIXe siècle, Gevaert l’a retouchée et y a ajouté l’orchestration)
Le même type de collaboration est suggérée pour le Concerto pour Violoncelle en Si Mineur (1895) de Dvořák, entre le compositeur et son collègue de récital aux États-Unis, le violoncelliste Hanus Wihan.

La période romantique —le XIXe siècle siècle— va être particulièrement profitable au violoncelle. Johannes Brahms, Robert Schumann, Édouard Lalo, Camille Saint-Saëns, Antonín Dvořák, Jacques Offenbach (1819-1880), qui jouait magnifiquement bien du violoncelle quand il ne composait pas d'opérettes —mais dont les œuvres pour violoncelle sont tombées aux oubliettes—, Ludwig van Beethoven, Felix Mendelssohn-Bartholdy écrivirent des pièces pour violoncelle et piano ou des concertos mémorables (voir ci-dessous : répertoire).

A cette époque, les dimensions de l'instrument ne changent plus. Son timbre devient éclatant, et sa puissance sonore, limitée lorsqu'il était instrument d'accompagnement, augmente, d'une part pour permettre aux compositeurs d'utiliser de plus grands orchestres ou des techniques d'orchestration plus ambitieuses, et d'autre part pour répondre aux nouvelles exigences des salles de concerts de plus en plus grandes.

Au XXe siècle, l'instrument fait presque jeu égal avec le violon. Rares sont les compositeurs majeurs dont le catalogue des œuvres ne contienne pas au moins l'une ou l'autre pièce pour violoncelle.

Les compositeurs français, parmi lesquels Gabriel Fauré, Maurice Ravel ou Claude Debussy en font grand usage dans leur musique de chambre.
Les compositeurs russes, Serge Prokofiev, Dmitri Chostakovitch ou Kabalevski explorèrent davantage les capacités du violoncelle, et ce grâce à l'influence majeure de Mstislav Rostropovitch, meilleur ambassadeur de son instrument et qui a créé plus de cent cinquante œuvres.

La musique contemporaine a exploré de nouveaux modes de jeu au violoncelle, notamment la compositrice finlandaise kaija Saariaho, qui outre une oeuvre abondante pour l'instrument a développé de nouvelles sonorités, avec surtout un travail sur la texture. Ces nouvelles techniques incluent bien sûr des dispositifs électroniques qui permettent de modifier en temps réel le son produit par l'instrumentiste, mais aussi de nouvelles techniques de jeu virtuoses, notamment des variations de pression et d'inclinaison de l'archet qui produisent un son extrêmement rugeux.

Les instruments modernes ont une longueur de corps (hors manche) qui varie entre 74 centimètres pour les plus petits et 76 à 76.5 centimètres. Il existe plusieurs tailles, par ordre croissant: 1/4, 1/2, 3/4, 7/8, entier.

Absente à l'époque baroque, et ajoutée au milieu du XIXe siècle siècle, la pique, pièce de métal supportant le violoncelle, est aujourd'hui généralement un mince piquet de 30 à 60 cm, terminé par une pointe métallique. Cette pique peut coulisser dans le violoncelle à des fins d'ajustement ou de rangement.

La pointe métallique qui la termine, généralement plantée dans une "planche" munie d'encoches (bois, plexiglas, etc.) ou dans une pièce d'un tissu résistant (moquettes, toiles, etc.), est aussi parfois recouverte d'un embout de caoutchouc de forme sphérique ou conique. Cet embout rend la pique plus adhérente au sol, pour un jeu plus libre, et empêche la pointe d'abîmer la surface sur laquelle elle est posée.

La pique a été rendue nécessaire par la complexification de la technique de main gauche. En effet, avec l'augmentation du nombre et de la magnitude des mouvements de l'instrumentiste, un instrument plus stable s'est vite avéré indispensable.

Cette pique, au fil du temps, remonte progressivement le violoncelle vers l'oblique. Paul Tortelier, au XXe siècle, invente une pique « barbare » qui comporte un angle presque droit et permet de remonter plus encore l'instrument vers l'horizontale.

L'extension est un déplacement de un seul ou de plusieurs doigts (généralement un seul) de la main gauche sur la touche afin d'atteindre des notes plus aiguës ou plus graves d'un demi-ton ou d'un ton (voire plus d'un ton)

Lorsque qu'on veut atteindre une note plus grave d'un demi ton , on deplace plus généralement l'index vers le haut plutôt que de déplacer la main entière. On ne déplace celle-ci (voir démanché) que lorsque l'extension s'avère trop compliquée, ou que la position s'avère plus aisée pour atteindre les notes.

Le démanché consiste en un déplacement de la main gauche dans le sens du manche afin d'atteindre des notes plus aigües .

On rencontre ce terme chez Rabelais (1550); le démanché semble donc être comtemporain de l'établissement des formes définitives de l'instrument (pour mémoire, Andrea Amati vécut entre 1535 et 1612).

L'aspect le plus original de la technique du violoncelle est l'utilisation du pouce.

En temps normal, celui-ci est placé sous le manche, entre l'index et le majeur. Toutefois, une fois la main gauche au-dessus de la table, cette possibilité disparaît et le pouce sort. Celui-ci, posé en travers sur deux cordes, le plus souvent la et ré, permet:

de stabiliser la main
d'ajouter un doigt, augmentant d'autant la virtuosité potentielle de l'instrument.
Le pouce permet ainsi au violoncelliste de jouer des octaves en doubles-cordes sur l'ensemble du violoncelle.

On cite le violoncelliste Francesco Alborea ("Franciscello", 1691-1739), que l'on retrouve en Italie et en Autriche, comme l'un des premiers promoteurs de cette technique. Aujourd'hui, cette technique est très répandue, tant elle simplifie nombre de situations difficiles.

Ce violoncelle possède une corde supplementaire (accordée en mi ou en ré aigu). Il était particulièrement utilisé durant la période baroque, et était légèrement plus petit qu'un violoncelle normal.

Ce type de violoncelle a été proposé par Jean-Sébastien Bach à l'époque où il écrivait ses cantates sacrées. Pour certaines d’entre elles il avait besoin d’un "violoncelle avec une corde aiguë supplémentaire en mi".

Il existait également la Viola pomposa, entre le violoncelle et l'alto, accordé en do sol ré la mi, pour lequel Bach a écrit beaucoup de parties d'orchestre.


Sa sixième suite pour violoncelle a elle aussi été écrite pour un instrument à 5 cordes, bien que la plupart des interprètes la jouent sur un violoncelle à 4 cordes, ceci rendant la tâche d'interpretation bien plus ardue.

Cet instrument remarquable est actuellement utilisé, avec des cordes en boyau accordées au diapason 415, pour l’interprétation des cantates de Bach par le Noordhoek Baroque Ensemble.

Principales œuvres pour violoncelle seul:

Jean-Sébastien Bach (1685-1750)
Six suites pour violoncelle BWV 1007-1012
Ernest Bloch (1880-1959)
Trois Suites pour violoncelle
Benjamin Britten (1913-1976)
Suite n° 1, en sol majeur, op. 72
Suite n° 2, en ré majeur, op. 80
Suite n° 3, en ut mineur, op. 87
Paul Hindemith
Sonate pour violoncelle op. 25 n° 3 (1923)
Jacques Ibert (1890-1962)
Étude-Caprice pour un tombeau de Couperin (1949)
Ghirlarzana (1950)
André Jolivet (1905-1974)
Suite en concert (1965)
Zoltán Kodály (1882-1967)
Sonate en ut majeur, op. 8 (1915)
Capriccio (1915)
Krzysztof Penderecki (1933)
Capriccio per Siegfried Palm (1968)
Per Slava (1985/86)
Max Reger (1873-1916)
Trois Suites op. 131
Giacinto Scelsi (1905-1988)
Triphon (1956)
Trilogie (1957/65)
Voyages (1974)
Maknongan (1976)
Alfred Schnittke (1934-1998)
Sounding Letters (1988)
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Improvisation (1993)
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laudec

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MessageSujet: Re: Le violoncelle   Jeu 4 Juin - 13:15

Je viens de découvrir le violoncelle dans l’œuvre de Fauré, notamment dans "Les berceaux ", j'aurais aimé la partager avec vous, mais malheureusement je ne la trouve pas sur YT, voici donc la "Sicilienne " pour violoncelle et piano op 78, superbe également


https://youtu.be/U5Y0uQLgriA


Dernière édition par laudec le Jeu 4 Juin - 15:29, édité 1 fois
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Jean

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MessageSujet: Re: Le violoncelle   Jeu 4 Juin - 14:47

Heu...Laudec: la version que tu nous présentes de la mélodie "les berceaux" (qui, je suppose est l'originale dans sa version chant piano...?) est plutôt jouée au violon ... Very Happy et pas par n'importe qui , car si la photo correspond à l'enregistrement il s'agit d'Arthur Grumiaux ton compatriote Wink
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laudec

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MessageSujet: Re: Le violoncelle   Jeu 4 Juin - 15:23

Ah, heureusement que tu es là pour remettre les pendules à l'heure, je vais essayer de trouver une version au violoncelle pour remplacer celle-ci. Le fait est qu'hier au cours d'histoire de la musique j'ai pu écouter une version au violoncelle que j'ai trouvé sublime. J'ai donc fait une recherche de cette pièce sur Google et je suis tombée sur celle-ci qui n'est effectivement pas du violoncelle... mais du violon magnifique aussi, mais je ne suis pas sur le bon fil ... En faisant une recherche de plus, je ne trouve pas "Les berceaux" au violoncelle , je le remplacerai donc par la Sicilienne pour violoncelle et piano qui est magnifique aussi ... merci Jean !
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EricouViolon



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MessageSujet: Re: Le violoncelle   Ven 27 Mai - 11:10

Ouaouhhh quelle description détaillées ! Très intéressant à lire merci !!
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MessageSujet: Re: Le violoncelle   

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Le violoncelle
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