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 Jean-Jacques WERNER

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Icare
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MessageSujet: Jean-Jacques WERNER   Jeu 20 Jan - 16:47

JEAN-JACQUES WERNER est un compositeur et chef d'orchestre français né le 20 janvier 1935 à Strasbourg. Il effectue ses
premières études musicales au conservatoire de sa ville natale où il obtient successivement un premier prix de harpe,de cor et de direction d'orchestre. Il poursuit ensuite ses études à la Schola Cantorum à Paris,dans les classes de PIERRE WISSMER,DANIEL-LESUR et LEON BARZIN. Il élabora dans les années 60 une oeuvre musicale importante tant dans le domaine symphonique que dans celui de la musique de chambre et l'art vocal. Elle se développe dans le triple creuset de sa carrière d'instrumentiste,de chef d'orchestre et de pédagogue. C'est en effet en technicien qu'il explique et révèle par l'écriture le mystère des timbres et l'alchimie des palettes sonores dont il connaît toutes les ressources. C'est en artisan de la musique qu'il mûrit une réflexion intime sur son art et c'est en homme de métier aussi qu'il façonne son style.

5 cantates apparaîtront en cd avec l'Orchestre Léon Barzin et sous la direction du compositeur lui-même:

Notes prises à New York,première cantate pour soprano et ensemble instrumental qui est sans doute ma préférée suite aux
deux écoutes successives que je leur ai accordées. Le jeu instrumental autour de la soprano (Françoise Semellaz) m'a ici particulièrement séduit.
Die Silberne Schulter,sixième cantate pour soprano (Béatrice Malleret) et ensemble instrumental.
Archidoxe,quatrième cantate pour voix parlée (Pierrette Germain) et ensemble instrumental.
L'oiseau inaugural,troisième cantate pour soprano (françoise Semellaz) et orchestre de chambre. J'en aime aussi la prose sonore.
Tausend Brücken,(cantate des droits de l'homme),n°5 pour soprano (Béatrice Malleret),récitant (Claude Bernhardt) et orchestre.J'aime bien la tension dramatique de cette oeuvre.

Propos de Pierrette Germain:

<< La double culture de JEAN-JACQUES WERNER,due à ses origines alsaciennes et étayée par sa formation musicale à Strasbourg puis Paris,s'est enrichie au cours de son actif cheminement professionnel d'instrumentiste,de chef et de créateur. La musique s'inscrit pour lui dans le champ de l'humanisme que nourrissent sa spiritualité,son amour de la littérature et sa complicité avec les poètes. Ceux-ci génèrent chez lui mélodies,cantates et ouvrages lyriques. Ils fécondent aussi une réflexion dont toutes les
pages instrumentales portent la trace; les mouvements de l'âme,ses élans,ses désirs ou déchirures s'y ressentent. Les cris de la conscience,ses alarmes ou ses plaintes sont traduits en une langue vigoureuse,colorée de traits incisifs ou d'envolées persuasives.
La diversité du catalogue de ses oeuvres rend compte des émotions de l'homme,son opulence des ambitions du bâtisseur.>>
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Icare
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques WERNER   Sam 24 Déc - 18:26

Jean-Jacques Werner fait partie de ces compositeurs dont j'aurai eu la chance de découvrir en cette année 2011 - pas personnellement bien sûr - mais par le biais de 5 Cantates que j'ai réécoutées aujourd'hui. Toujours le même plaisir et la même préférence pour la première Notes prises à New York et pour la dernière Tausend Brücken (cantate des droits de l'homme). J'ai poursuivi l'aventure "Werner" avec trois concertos ; le Concerto pour piano et orchestre avec Hasmig Surmelian comme soliste, Spiritual, pièce courte pour violon et orchestre à cordes interprétée par la violoniste Annie Jodry, et le Concerto pour tuba et orchestre avec Régis Boeykens pour la partie soliste. C'est en écoutant un compositeur comme Werner que je sais pourquoi j'aime la musique contemporaine ou "dite" moderne. Le concerto pour piano m'a aussitôt surpris et accaparé par sa fulgurance, sa grande expressivité. J'en aime le caractère incisif, la façon dont le piano attaque la matière orchestrale afin d'imposer sa propre personnalité - j'ai presque envie d'évoquer ici un duel de deux entités sonores se disputant l'influence de l'un sur l'autre. Le second mouvement proche de l'adagio offre une respiration entre les deux duellistes qui semblent se conforter dans une même humeur cérébrale et tourmentée. L'allegro du troisième et dernier mouvement réitère un déchainement des deux fortes personnalités sonores qui ne trouveront le répit qu'après la note finale. C'est un concerto d'une force de jeune guerrier et la vaillance d'un piano sûr de sa victoire qui provoque de la part des instruments de l'orchestre, des réponses énergiques aux sonorités crues et perçantes. J'adore le tempérament brutal de cette composition!

Spiritual propose quelque chose de différent, de plus introverti, presque une élégie mais de tout aussi rigoureux. L'oeuvre fut à l'origine composée pour violon et orgue et les dédicataires étant Annie Jodry et Georges Delvallée. <<Dans la version (que je révèle ici) le compositeur a transcrit pour l'orchestre à cordes la partie de clavier dont le rôle est d'un soutien intense.>>

Le Concerto pour tuba et orchestre propose entre le soliste et l'orchestre un combat bien différent de celui du concerto pour piano. Peut-on d'ailleurs parler de combat? Le tuba ne fait pas partie des instruments les plus convoités par le genre concertant - Quelques compositeurs anglais lui ont consacré un concerto; Le plus connu est sans doute Ralph Vaughan Williams composé quatre années seulement avant sa mort. Edward Gregson en a composé un très beau, puis Roger Steptoe et John Golland. Le compositeur américain John Williams en a également composé un mais je le trouve plutôt gentillet et même anecdotique. Ce n'est pas le cas de celui de Jean-Jacques Werner qui est d'une certaine "modernité" qui, toutefois, se laisse, pour mon plus grand plaisir, compromettre par les vertus du romantisme et du lyrisme. Voilà ce qu'en dit Pierrette Germain: <<Jean-Jacques Werner a conçu d'abord ce concerto pour associer le soliste à un orchestre d'harmonie. La richesse des groupes sonores impliqués dans cette formation lui donnait une virulence qu'atténue la version pour orchestre symphonique, plus transparente, qui crée une plus grande distanciation et dégage les tracés amples de cet instrument à l'émouvante profondeur... >> Je le considère comme un des tous plus beaux concertos pour tuba que j'aurai eu la chance de connaître. Je n'ai qu'une envie, à présent, c'est de découvrir d'autres oeuvres de ce compositeur trop rare.
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques WERNER   Dim 7 Oct - 19:48



J'ai réécouté aujourd'hui ses trois concertos, celui pour piano d'abord, celui, très court, pour violon et enfin le concerto pour tuba qui est peut-être celui que je préfère des trois. Disons, cette fois, que j'ai préféré la douceur des vents à la brutalité du piano du concerto pour piano...question d'humeur sans doute... Very Happy

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Icare
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MessageSujet: Re: Jean-Jacques WERNER   Mer 18 Mar - 18:23

Passer des cantates de J. S. Bach à celles, certes beaucoup moins nombreuses, de J. J. Werner, c'est vraiment réaliser une très grande enjambée pour sauter d'un monde à l'autre. Je l'ai pourtant effectuée avec une certaine facilité d'adaptation Laughing , bien que le monde du second soit nettement plus austère, encré dans un atonalisme si peu clément, si peu "avenant" dans une écoute détachée. Les Cantates que je connais de Werner se comptent sur les cinq doigts d'une main. Il y a d'abord la N°1, Notes prises à New York, pour soprano et ensemble instrumental, celui-ci comprenant une flûte, une clarinette, une clarinette basse, une contrebasse, percussions et piano, sur des poèmes de Roger Asselineau. L'oeuvre est constituée de dix extraits, interprétée par Françoise Smellaz. Des cinq cantates, c'est de toute évidence celle qui conserve ma préférence. Les quatre autres, déjà mentionnées plus haut, ne me plaisent que modérément: j'aime bien la tension instrumentale qui règne dans Archidoxe et plus encore dans la cantate politique Tausend Brücken (cantate des droits de l'homme), N°5 pour soprano, récitant et orchestre, mais ça ne va guère au-delà. Jean-Jacques Werner, je le préfère nettement dans le concerto: j'aime de plus en plus le caractère brutal et rugueux de son Concerto pour piano et orchestre. Il délivre des agrégats sonores de force brute. Le piano taille ses notes dans la pierre, il est presque dans une constante ébullition. Hasmig Surmelian s'y donne à coeur-joie! Il fend la roche, titille la braise. Ce qui me plait de plus en plus c'est cette impression d'une musique faussement désordonnée qui ne semble pas aller dans une direction unique, une fulgurance orchestrale un peu bancale, si expressive, si éclatante...peu importe d'ailleurs que ce soit virtuose ou non, ce n'est pas forcément ce qui m'a préoccupé pendant l'écoute...c'est une énergie, une architecture fissurée, une puissance ébréchée dans le second mouvement par un élan lyrique certes sombre et tourmenté. Le Concerto pour tuba et orchestre me plait toujours autant, reste l'un des plus intéressants à mon oreille parmi ceux que je connais. Expressif et coloré. J'aime toujours bien son Spiritual pour violon et orchestre, poignant et concis.
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