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  Anatol VIERU (1926-1998)

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Icare
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MessageSujet: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2010-10-15, 21:57

ANATOL VIERU, musicien roumain aux talents multiples,est avant tout un compositeur; ses oeuvres,plus de 120,renvoient à des genres aussi variés que des opéras,des oratorios,des symphonies,des concertos,de la musique de chambre,chorale,électronique et de film. Bien qu'il n'est jamais écrit pour le ballet,beaucoup de chorégraphes roumains ont choisi certains de ses morceaux pour des scènes de ballet. Bon nombre de musiciens qui sont passés par l'Académie de musique de Bucarest,entre 1955-1968 doivent à ANATOL VIERU le développement de leur technique. Comme chef d'orchestre,il a dirigé des concerts inspirés avec des programmes spéciaux (comme Musiques Parallèles) qui transforment un concert en véritable évènement. Il s'intéresse aussi passionnément à la théorie et se préoccupe de l'évolution actuelle de la composition en général,et de ses propres travaux en particulier. Comme compositeur, il est resté indépendant des écoles car sa musique repose sur une technique très personnelle qu'il a décrite dans le livre "The Book of Modes" publié en 1980. Il décrit son propre style comme étant une technique d'intégration  et non d'exclusion.

La personnalité originale de VIERU,qui ne se soumet guère aux dernières idées à la mode (même s'il ne les rejette pas forcément), lui a obtenu l'estime des spécialistes et l'enthousiasme des nouveaux amateurs de musique (comme moi  Very Happy). Sa musique jouée un peu partout dans le monde mérite sans aucun doute toutes les récompenses qui lui ont été décernées ; Le Prix Serge Koussevitsky
(Washington 1966),le Prix Georges Enescu de l'Académie roumaine (1967),et le fait que VIERU ait été choisi comme compositeur résident de l'Université de New York (1992).

ANATOL VIERU,Lasi,8 juin 1926-Bucarest,15 octobre 1998, est un compositeur,théoricien de la musique et pédagogue roumain. Elève de Leon KLEPER,Paul Constantinescu et Théodor Rogalski au Conservatoire de Bucarest (1946-51) puis d'Aram Katchaturian au Conservatoire de Moscou (1951-55),il avait reçu le Prix Georges Enesco pour sa "Suite en style ancien pour orchestre à cordes" composée en 1945 avant l'âge de 20 ans.

Des oeuvres

__Symphonie n°1
__Symphonie N°2
__Symphonie n°3 "La un eutremur" (1977)
__Symphonie n°4
__Symphonie n°5 pour choeur et orchestre (1985)
__Symphonie n°6
__Symphonie n°7
__Concerto pour violoncelle (1962) Prix de composition de la Reine Marie José à Genève.
__Concerto pour violon,violoncelle et orchestre (1979)
__Concerto pour violon et orchestre
__Concerto pour clarinette et orchestre
__Concerto pour flûte et orchestre
__Taragot pour deux solistes,orchestre à cordes et percussion (1991)
__Joseph and his Brothers pour huit instrumentistes et bande magnétique (1979)
__Jonah,opéra
__The Feast of the Cadgers,opéra
__Télégrammes,opéra
__The ewe,oratorio
__Clepsydra II,oratorio.
__Le Crible d'Erastothènes

De la musique de chambre dont 8 quatuors à cordes.
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2013-09-30, 19:47


Sa Symphonie n°5 pour choeur et orchestre (1985) que j'ai réécoutée aujourd'hui est une oeuvre dense et surprenante à bien des égards. J'y ai surpris un emploi des choeurs qui, surtout dans le premier mouvement, oscillent entre théâtre et opéra, des ambiances tourmentées et parfois insolites avec une utilisation originale et colorée des bois.  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455 
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2013-09-30, 22:47


____Concerto pour violon, violoncelle et orchestre (1979) Oleg Kagan/Natalia Guiman - RRSO/Anatol Vieru:  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455 
Un monde inouï; voilà où m'a conduit ce passionnant double concerto: vers un monde inouï d'une belle originalité dans la forme. Le détracteur potentiel y verra peut-être, comme dans ses troisième et cinquième symphonies, un monde vaguement décousu où les aboutissements peuvent paraître un peu flous. Au contraire, j'y trouve beaucoup de cohérence, une véritable suite dans les idées. Les deux solistes ne s'y affrontent pas en rivaux, à celui qui dominerait l'autre par une virtuosité plus appuyée, ou alors l'adversité s'y opère de manière subtile et sournoise...Le violon et le violoncelle créent, il me semble, une relation plus complice que conflictuelle, combine des ambiances saisissantes au sein d'un orchestre qui laissent éclore, quant à lui, des danses roumaines festives et corrosives.

___Symphonie n°3 "La un Eutremur" (An Earthquake Symphony) 1977 - RRSO/ Ludovic Bàcs:  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455  Anatol VIERU (1926-1998) 333455 
Un autre monde inouï s'est ouvert à moi avec cette troisième symphonie, surtout lors de la longue et magnifique évolution sonore du second mouvement qui démontre qu'Anatol Vieru mérite mieux que l'oubli dans lequel il est tombé.
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2013-10-01, 09:38

Je viens d'écouter et j'ai beaucoup aimé son concerto pour flûte Wink et orchestre !

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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2013-10-01, 18:56


Ce n'est pas un compositeur que je t'aurais conseillé d'emblée. Surpris mais content de lire ton enthousiasme pour son Concerto de flûte que je ne connais pas encore. Anatol Vieru fait partie de ces compositeurs qui m'ont fait aimé la musique dite "moderne". Very Happy 
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2015-05-28, 22:29

Icare a écrit:
Sa Symphonie n°5 pour choeur et orchestre (1985) que j'ai réécoutée aujourd'hui est une oeuvre dense et surprenante à bien des égards. J'y ai surpris un emploi des choeurs qui, surtout dans le premier mouvement, oscillent entre théâtre et opéra, des ambiances tourmentées et parfois insolites avec une utilisation originale et colorée des bois.

Je me devais de réécouter cette Symphonie n°5 pour choeur et orchestre d'Anatol Vieru à l'occasion de mon cycle autour de la symphonie chorale car je l'ai toujours beaucoup appréciée et qu'il y avait trop longtemps que je n'y étais pas revenu. Si j'aime l'oeuvre en entier; la première partie assez tourmentée et ondulée, une seconde avec choeur bien plus lumineuse et optimiste, une autre partie plus dense et encore une autre avec l'imitation du vent, le dernier mouvement "Glossa" avec ses voix scandées qui montent progressivement en intensité: dans l'absolu, je me plais à imaginer un film ou du moins une scène de film sur laquelle cette partie de la symphonie jouerait un rôle essentiel, le genre de musique qui se remarquerait d'emblée dans le développement dramatique de l'intrigue. Oeuvre tonale, qui, en réalité, n'a rien de cinématographique, mais qui m'a embarqué dans un film sans personnage ni paysage réellement défini, un film abstrait qui ne raconte aucune histoire, juste le chant tantôt sombre, tantôt lumineux et parfois même lyrique d'une symphonie singulière et le murmure du vent avant le déroulement implacable d'un drame relatif.
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2020-04-01, 17:41

Il y a de très beaux moments dans la musique d'Anatol Vieru, que ce soit dans son Concerto pour violon, violoncelle et orchestre (1979) avec les solistes Oleg Kagan et Natalia Guiman ou dans sa Symphonie n°5 pour choeur et orchestre. C'est le compositeur que j'ai choisi d'écouter après Jean-Claude Vannier, c'est-à-dire qu'après des musiques légères imaginées et conçues pour un cinéma français, que je pourrais volontiers décrire comme étant des instantanés musicaux, je suis passé à un univers musical plus imposant, plus sévère, avec de longues élaborations. La symphonie se développe sur une durée de 44 minutes, étirant de longs passages méditatifs. C'est une musique qui prend son temps. Si la première partie - je ne saurais préciser sur combien de temps - touche à l'exquis, inspire le recueillement, j'avoue que, plus en amont, j'attendais le rebondissement afin de m'extraire d'un début de torpeur. Mais le mécanisme très progressif de la symphonie monte subtilement en intensité alors que des effets sonores fort attractifs se greffent au mouvement et offrent une partie finale aussi magnifique que l'introductive. En même temps, je ne suis pas en train d'écrire qu'il ne se passe rien entre ces deux parties extrêmes. L'oeuvre est fastidieuse, dense, avec des choeurs profonds qui respirent religieusement au sein de la chair orchestrale. J'ai dû oublier pour un temps le charme furtif des instantanés de Jean-Claude Vannier au profit de développements qui prennent leur temps pour se définir. J'avais évoqué "un monde inouï" à propos du Concerto pour violon, violoncelle et orchestre et, effectivement, il y a des moments qui accaparent immédiatement l'attention, des sonorités saturées d'instruments à vent qui dessinent des traits lumineux autour du jeu passionné des deux solistes, puis il y a l'irrésistible éclosion de danses roumaines festives qui apportent à l'oeuvre une dimension populaire d'une belle expressivité. Il n'y a pas très longtemps, j'avais fait connaissance d'une très jolie jeune femme d'origine moldave qui aimait la musique et pratiquait le piano. En sympathisant avec elle, je me suis rendu compte, en citant des musiciens de cette région du monde, qu'elle connaissait Anatol Vieru, du moins de nom. Je n'ai pas vraiment su si elle avait écouté quelque-chose de lui ou si elle avait joué pour son plaisir d'éventuelles pièces pour piano, mais elle fut encore plus étonnée que moi d'apprendre que je connaissais ce compositeur et que j'avais plusieurs de ses oeuvres en cd. J'ai senti que ça lui avait fait plaisir, sans doute ne s'y attendait-elle pas. Il est vrai qu'Anatol Vieru n'est pas le plus connu des compositeurs roumains. En le réécoutant, aujourd'hui, j'ai évidemment pensé à cette rencontre.

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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2020-04-03, 09:33


La musique d'Anatol Vieru peut-elle être perçue comme trop complexe, trop alambiquée, voire trop originale? Sans doute cela dépend-t-il de la sensibilité de chacun, de la perception qu'il a de la musique contemporaine dès qu'elle s'éloigne esthétiquement de ses habitudes d'écoute. Personnellement, j'y apprécie un monde sonore inouï. C'est ce qui ressort de sa Symphonie n°3 - "La un eutremur" par le "Romanian Radio Symphony Orchestra" sous la direction de Ludovic Bacs, que je viens de réécouter. Effectivement, les élans lyriques qui jalonnent d'habitude les symphonies romantiques y sont proscrites. Il s'agit davantage d'atmosphères qui se succèdent les unes aux autres, comme autant d'épisodes d'un roman chaotique et imbibé de mystère. C'est le règne des couleurs, des teintes et des nuances, le règne d'un "discours" rampant, faussement statique, d'un discours qui n'en est pas réellement un, plutôt l'expression de sables mouvants, de matières mobiles immobiles qui se matérialisent, se dématérialisent et se re-matérialisent, gagnent en intensité ce qu'elles perdent en évanescence. Elles deviennent un agrégat compact et élastique, tel un objet difforme et lumineux qui flotte dans l'espace. C'est ainsi que m'apparaît le second mouvement "The Valley of Sorrows". Le troisième mouvement "Cricket Carols" dessine un monde hallucinant par un bavardage des flûtes qui n'a rien d'incohérent, une sorte de nature sauvage d'une beauté brutale, écorchée vive, j'oserais dire...La symphonie s'achève dans la tonitruance et le tumulte d'un morceau intitulé "Wrath - Almost Far", rompu par ce qui s'apparente à une sirène - peut-être la sirène du vent - et une trompette qui tente d'exister. Pour moi, cette symphonie n'est pas trop complexe - je ne vois d'ailleurs pas ce que pourrait vouloir signifier "trop complexe" dans un contexte aussi relatif et subjectif que l'appréciation personnelle d'une oeuvre, telle qu'elle soit.
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MessageSujet: Re: Anatol VIERU (1926-1998)    Anatol VIERU (1926-1998) Empty2020-04-03, 11:35

Décidément, Anatol Vieru aime confectionner des mondes sonores étranges, des mondes sonores fantastiques. Dans Taragot pour deux solistes, orchestre à cordes et percussion (1991), c'est d'abord une trompette solitaire qui évolue dans un agrégat sonore statique, suivi des interventions laconiques d'un hautbois. J'avais déjà relaté, sur un autre fil, mon rapport quasi-fusionnel avec l'expression de la solitude en musique. C'est évidemment ce qui me touche le plus dans cette oeuvre, d'autant plus que cette solitude est exprimée par un instrument que j'affectionne énormément, la trompette. La musique devient alors de plus en plus obsessionnelle et anxiogène. Une petite flûte, telle une intrigante, vient perturber par sa forme miniature la dureté du climat instauré: elle offre ainsi un contraste sonore saisissant. Toutefois, mon oeuvre préférée d'Anatol Vieru n'est pas celle-ci, ni les Symphonies n°3 & 5 que j'ai réécoutées précédemment. Il s'agit de Joseph and his Brothers pour huit instrumentistes et bande magnétique (1979), par l'"Omnia' Ensemble" sous la direction de Marin Soare. Cela ne signifie pas que l'oeuvre s'échappe des mondes sonores chargés d'étrange qui caractérisent assez bien l'approche artistique du maître romain, que je rapproche d'une certaine façon du compositeur croate Milko Kelemen. Il y a déjà ce tempérament musical insaisissable et sans concession qui les définit. Si, à chaque nouvelle écoute, j'en ressors fasciné, parallèlement, je peux comprendre que l'approche en elle-même puisse lasser sur la longueur. Il arrive souvent qu'en nageant en eaux troubles on aime reposer son pied sur la terre ferme et retrouver un paysage plus familier. Ce ne sera pas le cas avec la musique d'Anatol Vieru. Pas de terre ferme mais un ferme intérêt pour ses mondes sonores inouïs, visiblement nés d'un esprit très imaginatif.
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