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 William Alwyn (1905-1985)

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joachim
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MessageSujet: William Alwyn (1905-1985)   Ven 3 Sep - 16:55

William Alwyn est un compositeur britannique, né le 7 novembre 1905 à Northampton, et décédé le 12 septembre 1985 à Southwold (Royaume-Uni).


William Alwyn est né à Northampton où il débuta très tôt ses études musicales avec le piccolo. A quinze ans il intègre la Royal Academy of Music de Londres où il étudie la flûte et la composition. Flûtiste virtuose il fut d'abord flûtiste solo au London Symphony Orchestra.
Alwyn fut également professeur de composition à la Royal Academy de 1926 à 1955. Notons d'ailleurs parmi ses élèves, le compositeur anglais Geoffrey Grey.
William Alwyn était un homme remarquable Il était à la fois polyglotte, poète, et artiste aussi bien que musicien.

Son œuvre est importante par sa diversité comprenant cinq symphonies, quatre operas, plusieurs concerti et quatuors à cordes.
Alwyn écrivit quelque 70 musiques de film entre 1941 et 1962. Ses musiques de film sur un thème classique concernent les films suivants : Odd Man Out, Desert Victory, Fires Were Started, The History of Mr Polly, The Fallen Idol et The Black Tent.
Alwyn fut un compositeur romantique d'un genre unique.
Le concerto pour harpe et orchestre à cordes d'Alwyn Lyra Angelica devint populaire lorsqu'il fut utilisé par le célèbre patineur Michelle Kwan comme support musical lors de sa performance aux jeux olympiques d'hiver de 1998.
William Alwyn vécu à Larkrise, Dunwich Road, Blythburgh, dans le Suffolk et s'est éteint à Southwold, dans le Suffolk, en 1985.
William Alwyn a été marié en secondes noces avec la compositrice Doreen Carwithen.


Son œuvre

Operas

The Fairy Fiddler (1922)
Farewell Companions (1955)
Juan, or the Libertine (1965-71)
Miss Julie (1972-76)


Œuvres orchestrales

Symphonie No. 1 (1948-49)
Symphonie No. 2 (1953)
Symphonie No. 3 (1955-56)
Symphonie No. 4 (1959)
Symphonie No. 5 Hydriotaphia (1972-73)
Concerto Grosso No. 1 (1942)
Concerto Grosso No. 2 (1948)
Concerto Grosso No. 3 (1964)
Sinfonietta for Strings (1970)
Sinfonietta n° 2 for strings (1976)
Elizabethan Dances (1956-57)
Scottish Dances (1946)
The Magic Island, prélude symphonique (1952)
The Innumerable Dance, english overture (1933)
Aphrodite in Aulis, églogue (1932)
Festival Marsh (1951)
Overture To A Masque (1940)
Derby Day overture (1960)
Cinq préludes pour Orchestre (1927)
Tragic Interlude (1936)
The Moor of Venice, overture for brass band (1956)
Fanfare for joyful occasion for brass and percussion (1958)


Œuvres concertantes

Concerto pour piano No. 1 (1930)
Concerto pour piano No. 2 (1960)
Concerto pour violon (1939)
Concerto pour hautbois (1944)
Concerto pour harpe Lyra Angelica (1954)
Concerto pour flûte et 8 instruments à vent (1980)
Pastoral Fantasia, pour alto et orchestre à cordes (1939)
Autumn Legend, pour cor anglais et orchestre à cordes 1954)


Musique de chambre

Quatuor à cordes No. 1 (1953)
Quatuor à cordes No. 2, Spring waters (1975)
Quatuor à cordes No. 3 1984)
Three Winter Poems pour quatuor à cordes (1948)
Novelette pour quatuor à cordes (1938)
Concerto pour flûte et octuor à vent (1980)
Rhapsody pour quatuor avec piano 1939)
Suite pour hautbois et harpe (1944)
Sonate Impromptu, pour violon et alto (1939)
Conversations, pour violon, clarinette et piano (1950)
Ballade, pour alto et piano (1939)
Sonatine, pour violon et piano (1933)
Trio pour flûte, violocelle et piano (1951)
Trio à cordes (1962)
Naiades, fantasie sonate pour flûte et harpe (1971)
Divertimento, pour flûte solo (1940)
Sonatine pour alto et piano (1941)
Sonate pour clarinette et piano (1962)
Crepuscule, pour harpe (1955)
Moto perpetuo pour flûtes à bec (1970)
Chaconne for Tom, pour flûte et piano (1982)


Œuvres pour piano

Hunter's Moon (1920s)
Odd Moments - suite pour piano (1920s)
The Orchard (1920s)
Haze of Noon (1926)
Two Irish Pieces
April Morn - 4 petites pieces (1924-26)
Fancy Free - 4 pieces
Contes Barbares - hommage à Paul Gaugin (1930-33)
By the Farmyard Gate - 4 pieces
From Ireland - 7 traditional tunes
Wooden Walls - suite pour piano
Midsummer Night - suite pour piano
Green Hills
Five Pieces - suite pour piano
Two Intermezzi
Two Pieces
Harvest Home - suite pour piano
The Tinker's Tune
Down by the Riverside
Night Thoughts
Prelude & Fugues on an Indian scale (1945)
Sonata alla Toccata (1946)
Nine Children's Pieces
Fantasy-Waltzes
Twelve Preludes (1958)
Movements
Twelve Diversions for the Five Fingers


Oeuvres vocales

3 Songs to Words by Trevor Blakemore for voice and piano (1940)
Mirages, Song Cycle for baritone and piano (1970)
6 Nocturnes for baritone and piano (1973)
Invocations, Song Cycle for soprano and piano (1977)
A Leave Taking, Songs for tenor and piano (1978)
Seascapes, Song Cycle for soprano, treble recorder and piano (1980)


Musique de Film

1937 : The Future's in the Air
1941 : Green Girdle
1941 : Western Isles
1941 : Queen Cotton
1942 : Border Weave
1942 : Trinity House
1942 : Penn of Pennsylvania
1942 : They Flew Alone
1943 : Fires Were Started
1943 : Squadron Leader X
1943 : Victoire du désert (Desert Victory)
1943 : Escape to Danger
1944 : Soldier, Sailor
1944 : Victoire de Tunisie (Tunisian Victory)
1944 : On Approval
1944 : L'Héroïque Parade (The Way Ahead)
1944 : Medal for the General
1945 : Great Day
1945 : La Vraie Gloire (The True Glory)
1945 : L'Honorable monsieur sans-gêne (The Rake's Progress)
1946 : Land of Promise
1946 : Total War in Britain
1946 : L'Étrange Aventurière (I See a Dark Stranger)
1946 : La Couleur qui tue (Green for Danger)
1947 : Je cherche le criminel (Take My Life)
1947 : Huit Heures de sursis (Odd Man Out)
1947 : Captain Boycott
1947 : The October Man
1948 : Escape
1948 : So Evil My Love
1948 : The Winslow Boy
1948 : Première Désillusion (The Fallen Idol)
1949 : Daybreak in Udi
1949 : The History of Mr. Polly
1950 : The Cure for Love
1950 : Madeleine
1950 : The Rocking Horse Winner
1950 : State Secret
1950 : La Salamandre d'or (Golden Salamander)
1950 : Moineau de la Tamise (The Mudlark)
1950 : L'Aimant (The Magnet)
1951 : No Resting Place
1951 : La Boite magique (The Magic Box)
1951 : Night Without Stars
1951 : Lady Godiva Rides Again
1951 : The House in the Square
1952 : The Long Memory
1952 : Mandy
1952 : L'Île du désir (Saturday Island )
1952 : Trois Dames et un as (The Card)
1952 : Le Corsaire rouge (The Crimson Pirate)
1953 : The Million Pound Note
1953 : Tonnerre sur Malte (Malta Story)
1953 : The Master of Ballantrae
1953 : Une affaire troublante (Personal Affair)
1954 : The Rainbow Jacket
1954 : Moana, fille des tropiques (The Seekers)
1954 : Svengali
1955 : Geordie
1955 : The Ship That Died of Shame
1955 : Bedevilled
1956 : The Black Tent
1956 : Safari
1956 : Smiley
1956 : Zarak le valeureux (Zarak)
1957 : Le Manoir du mystère (Fortune Is a Woman)
1957 : Manuela
1957 : Sous le plus petit chapiteau du monde (The Smallest Show on Earth)
1958 : Agent secret S.Z. (Carve Her Name with Pride)
1958 : The Silent Enemy
1958 : L'Affaire Dreyfus (I Accuse!)
1958 : Atlantique, latitude 41° (A Night to Remember)
1959 : The Professionals
1959 : L'Épopée dans l'ombre (Shake Hands with the Devil)
1959 : Le Troisième Homme sur la montagne (Third Man on the Mountain)
1959 : Les Aventuriers du Kilimandjaro (Killers of Kilimanjaro)
1959 : Devil's Bait
1960 : Les Robinsons des mers du sud (Swiss Family Robinson)
1961 : La Lame nue (The Nacked edge)
1962 : Brûle, sorcière, brûle! (Night of the Eagle)
1962 : Accusé, levez-vous (Life for Ruth)
1962 : Les Enfants du capitaine Grant (In Search of the Castaways)
1963 : Le Deuxième Homme (The Running Man)


Dernière édition par joachim le Sam 2 Mar - 17:03, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Mer 14 Sep - 19:36

Un contemporain post romantique dont je viens d'écouter la première symphonie et le premier concerto pour piano. Ce dernier est court (15 minutes) et d'un seul mouvement découpé quand même en rapide-lent rapide. Je le trouve plus teinté de romantisme que la symphonie dont les mouvements rapides me semblent un peu trop bruyants. Mais au total, je pense que c'est un compositeur à connaître.

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Icare
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Jeu 15 Sep - 8:36

Concernant William Alwyn, c'est surtout sa musique pour le film noir Odd man out de Carol Reed (1946) qui a le mieux retenu mon attention jusqu'à aujourd'hui, bien que je n'ai pas encore trop pris le temps de me pencher sur son oeuvre extra-musico-cinématographique. J'ai davantage privilégié certains de ses compatriotes comme Arthur Bliss, Alan Rawsthorne,John Foulds et Malcolm Arnold, par exemple. Je pense que pour toi Joachim, Alwyn est un compositeur qui devrait correspondre à tes goûts. Toutefois, le caractère bruyant de certains passages rapides d'une symphonie, peut-être celle que tu présentes ci-dessus (?), m'avait également rebuté à l'époque.
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joachim
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Sam 2 Mar - 16:34

Un autre CD qui nous fait connaître les symphonies 5 et 2 et le concerto pour harpe "Lyra Angelica". La symphonie n° 2 et le concerto pour harpe ont été écrits presque en même temps (1953 et 1954), et sont très différents, à tel point qu'on ne les croirait pas écrits par le même compositeur ! Pour la 2ème symphonie, si le premier mouvement est calme, le deuxième est plutôt bruyant. Par contre le concerto pour harpe est d'un lyrisme pastoral qui me plaît beaucoup. Quant à la symphonie n° 5, Hydriotaphia, heureusement qu'elle est courte (14 minutes) car j'aurais eu du mal à aller jusqu'au bout...

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Henri



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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Mer 1 Juil - 23:40

Icare a écrit:
Alwyn, je l'aime surtout au travers d'une excellente musique de film intitulée Odd Man Out. Le peu que j'avais entendu de son oeuvre de concert (une symphonie me semble-t-il) ne m'avait pas suffisamment accroché pour me faire franchir le pas. C'est une expérience à retenter de toute façon.

La personne qui parle le mieux de William Alwyn est sans doute Doreen Carwithen, qui signe ses textes du nom de Mary Alwyn car, tout en ayant été elle-même une compositrice à succès, elle fut également l’épouse de William et celle qui travailla avec dévotion à la promotion de l’œuvre de son mari, depuis la mort de ce dernier en 1985 jusqu’à sa propre disparition en 2003. Je vous parlerai peut-être un autre jour de Doreen Carwithen, dont l’œuvre musicale n’est peut-être pas aussi connue que celle de son mari mais n’est pas tout à fait à dédaigner non plus.
Dans le texte qui accompagne le disque où figure Autumn Legend — sans doute une des plus magnifiques musiques d’Alwyn —, elle rappelle que durant les 25 dernières années de sa vie, qu’il passa dans le village de Blythburgh, sur la côte est de l’Angleterre, il partagea son temps entre la composition, la poésie et la peinture, “car, pour lui, certaines choses ou certains sentiments ne pouvaient trouver leur expression qu’au moyen de sons abstraits, d’autres au moyen de mots, et d’autres encore au moyen d’images visuelles. Il prit toujours grand plaisir à peindre et à dessiner ; Lorsqu’il eut quité Londres, il put consacrer davantage de temps à ces activités. Il peignit des tableaux à l’huile et des pastels ; certains sont reproduits en illustration sur les livrets des disques de cette nouvelle série.”

A propos d’Autumn Legend pour cor anglais et orchestre à cordes, Alwyn écrit dans son journal Ariel to Miranda :

“Pendant les années 50 je commençai à collectionner des tableaux préraphaélites — un style dédaigné à l’époque — ceux de Rossetti en particulier, car j’aimais les œuvres de ce peintre et poète. Les murs de mon studio se couvrirent de ses toiles et souvent, lorsque je composais, j’avais l’impression que Rossetti se trouvait avec moi dans la pièce. La partition de la Légende porte en en-tête ces vers extraits de The Blessed Damozel

Sûrement elle se pencha sur moi — sa chevelure
Frôla mon visage...
Rien : la chute automnale des feuilles
L’année entière va se coucher bientôt.

La musique est une improvisation libre sur ces paroles. Elle est romantique et fière de l’être. C’est mon hommage personnel à la mémoire de Dante Gabriel Rossetti."

Cette pièce est à mon avis un magnifique pendant au Cygne de Tuonela de Sibelius. Le cor anglais “plane” au-dessus d’un pays de plaines, de lacs et de forêts délicatement peint par les cordes. La mélodie se fait par moments “arabisante”, créant un dépaysement qui nous transporte dans des contes de merveilles et de magie. Mais elle finit quand même par rejoindre les grands paysages nordiques de Sibelius.

La Pastoral Fantasia pour alto et orchestre à cordes nous fait rester dans le même type d’ambiance où l’orchestre à cordes pose un décor typiquement anglais dans lequel l’alto promène sa langueur et sa mélancolie.

Alwyn écrivit le Tragic Interlude pour 2 cors, Timbales et orchestre à cordes alors que la menace de la deuxième guerre mondiale se faisait plus lourde et que les hostilités semblaient imminentes. Il se demandait quelle pourrait bien être l’utilité d’une guerre qui entraînerait la destruction massive de villes et de villages et la mort d’innombrables jeunes hommes et de civils. Il fit figurer sur l’en-tête de la partition ces lignes de Richard Addington, extraites de Death of a hero (Mort d’un héros)

1914-1918

— Et comme je pensais aux tombes de Troie désolée
Et à la beauté de la jeunesse de tant d’hommes maintenant poussière,
Et à la longue agonie, et à l’inutilité de tout cela —


D’emblée, les timbales frappent trois coups sinistres qu’elles réitèrent à plusieurs reprises pendant que l’orchestre débute dans un cri et descend lentement, par paliers de quatre notes qui le font terminer dans les graves et dans l’expectative. Les cors s’allient aux timbales en une menace lointaine mais indéniable. A un peu plus de la moitié du morceau, un silence s’installe, une attente inquiète. Les cors et les timbales ont disparu, il ne reste que les cordes, comme indécises sur la suite. Le morceau se termine ainsi, dans une incertitude anxieuse, au bout de huit minutes.

Lyra Angelica : Concerto pour harpe et orchestre à cordes

Mary Alwyn écrit :
“Lorsque peu de temps avant sa mort on lui demanda quelle était sa plus belle composition, Alwyn répondit sans hésiter “Mon Concerto pour harpe”. Je m’en suis souvenu au moment de sélectionner les morceaux à interpréter durant la cérémonie funèbre et je choisis le premier mouvement du Concerto. Deux ans plus tard, le Concerto entier était au cœur du concert d’action de grâce pour célébrer la vie et l’œuvre d’Alwyn à l’église de Blythburgh.”

Alwyn écrit :
“L’inspiration qui me poussa à écrire Lyra Angelica (Chants des anges) vient de ce que j’aime intensément la poésie métaphysique anglaise du 17ème siècle. J’admire tout particulièrement Giles Fletcher. C’est sur son poème épique Christ’s Victorie and Triumph (1640) que je me suis fondé pour écrire ce concerto en quatre mouvements élégiaques, chacun illustrant une citation du texte :

1 Adagio — “Je cherche le chant des anges et je l’entends pleurer (Christ)”
2 Adagio, ma non troppo — “Ah ! Qui était-il celui que trouvèrent de tels périls extrêmes ?”
3 Moderato — “Et cependant, comment puis-je laisser le chant passer
Alors que les hommes encensent avec haine l’annonce de ta mort ?”
4 Allegro jubiloso — “Comment une joie comme celle-ci peut-elle avoir besoin de mots pour s’exprimer ?”

Dans mon interprétation de ces lignes j’ai essayé de restituer en termes musicaux les images matérielles et la ferveur mystique de l’ensemble du poème. Le concerto est de proportions symphoniques, mais de style libre et rhapsodique. J’ai voulu préserver la nature du poème en faisant tisser par la harpe solo et les cordes un ruban continu de sons lumineux.


Indéniablement sa plus belle composition. Mais il en a écrit tellement de belles.

Pour rester dans l’orchestre à cordes, voici ce qu’Alwyn écrit à propos de sa Sinfonieta pour cordes :

“La Sinfonietta évolue autour d’une citation extraite de Lulu d’Alban Berg, vers la fin du mouvement lent ; une phrase qui m’a hanté dès l’instant où je l’ai entendue en étudiant la partition. Mais il ne s’agit point de musique dodécaphonique, pas plus qu’il ne s’agit d’un hommage à Berg, même si tout compositeur honnête doit reconnaître combien il doit à ce génie. La raison de cette inclusion est toute personnelle — l’admiration profonde que je voue à Berg est partagée par mon ami, Mosco Carner, auquel je pensais souvent lorsque j’écrivais cette œuvre, qui lui est dédiée.
Le premier mouvement est tour à tour vigoureux et lyrique ; le second est la simplicité même (les mesures empruntées à
Lulu font suite à un bref passage en canon, pour violon, alto et violoncelle solos). Le dernier mouvement, après un court début impétueux ; se transforme en une fugue complexe, aux tempos variés. Tous les sujets fugaux dérivent des matériaux de sections précédentes, et l’intervalle de septième majeure est un trait caractéristique du mouvement. La musique de la Sinfonietta culmine en une explosion passionnée, et s’achève diatoniquement, dans un calme paisible.”

Alwyn semble avoir eut une certaine affection pour l’orchestre à cordes car en plus des œuvres que nous venons de voir il faut encore citer : un Concerto pour hautbois, harpe et cordes, un Concerto Grosso pour cordes (le n° 2), une Sinfonietta n° 2 pour cordes.
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Icare
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Jeu 2 Juil - 8:12

Merci pour toutes ces pistes argumentées car Alwyn est dans un coin de mon "calpin" des compositeurs à mieux connaître. A l'époque, il me fut conseillé de l'aborder par ses symphonies - mais bon, le gars, en musique, ne jurait quasiment que par la symphonie Laughing - mais je ne suis pas sûr, en connaissance de mes goûts, que ce fut la bonne porte pour entrer dans sa musique.  Je suis "très cordes" et le Concerto pour harpe de type pastoral m'attire assez. Il sera sans doute très différent de celui de Ginastera qui gagne ma préférence des concertos pour harpe (parmi ceux que je connais), mais peu importe et même au contraire, il peut me plaire. J'en avais déjà entendu parler et j'ai une intuition très positive sur cette oeuvre.


Dernière édition par Icare le Ven 3 Juil - 23:54, édité 1 fois
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Henri



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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Jeu 2 Juil - 10:48

Je n'aime pas beaucoup ses symphonies non plus, c'est pour cela que je n'en ai pas parlé. Mais je suis très difficile avec les symphonies en général. Elles sont sûrement très bien, c'est juste mon ressenti personnel. Il y a des moments que j'aime bien, par exemple le 2ème mouvement, poco adagio, de la symphonie n° 3. Mais dans l'ensemble j'y trouve une trop grande profusion de cuivres (toujours mon problème avec les cuivres). Je préfère ses concertos pour piano et pour violon. J'aime bien les "Irish Tunes", la Suite de The Odd Man Out et quelques autres pièces mineures. Par contre, dans ses musiques de films, il n'y a pas grand chose qui ait retenu mon attention, mais il est vrai que je n'ai pas vraiment pris le temps d'écouter au moins ce que j'ai pu trouver (ce sont pour la plupart des enregistrements anciens et en mono).
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Icare
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Jeu 2 Juil - 10:54

Dans sa musique de film, la seule qui a su retenir mon attention est justement Odd man out, au point qu'elle m'a même donné envie de voir le film auquel elle se rapporte et que je ne connais que de nom.
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Mer 8 Juil - 17:48

Icare a écrit:
Dans sa musique de film, la seule qui a su retenir mon attention est justement Odd man out, au point qu'elle m'a même donné envie de voir le film auquel elle se rapporte et que je ne connais que de nom.

J'ai réécouté avec beaucoup de plaisir deux musiques de films de William Alwyn reconstituée sous forme de deux suites par Christopher Palmer, d'abord, la première: Odd Man Out (1946) qui avait presque focalisé jusqu'ici toute mon attention au détriment de la seconde: The History of Mr Polly (1949). J'ai toujours aimé l'ambiance grave et dramatique de Odd Man Out, oeuvre très symphonique mais qui me prend aux tripes, si j'ose dire. J'aime particulièrement ses "Lento Funebre" bien que le mouvement qui m'ait le plus envoûté pourrait être son "Delirium and Lullaby - Moderato, ma misterioso". Je sais qu'il y a un très beau thème, sinueux et poignant, qui se dessine par les cordes. Si cette musique de thriller m'a toujours fasciné, j'avais sans doute été un peu freiné par le départ trop clinquant de The History of Mr Polly. Une nouvelle écoute a nettement modifié la mise. Si le Prélude est effectivement assez clinquant, il est aussi très rayonnant et plutôt court. L'extrait suivant m'a vraiment transporté. Il est formidable. En même temps, c'est le passage le plus dramatique, le plus grave de cette suite; il s'intitule d'ailleurs "Wedding and Funeral". Il est évident que j'ai toujours eu une prédilection naturelle pour les musiques sombres et dramatiques, et cela même si je pourrais citer beaucoup de contre-exemples...Le morceau qui suit est justement tout feu, tout flamme et, juste après, il y a un thème profondément romantique et pastoral avec flûte solo; "Christabel". Sa fragilité est touchante. Arrive alors un "Allegro Scherzoso" apportant une couleur très joyeuse et même humoristique à cette suite qui se termine beaucoup plus dans la douceur et le raffinement que dans la fanfare, et c'est tant mieux. Si Odd Man Out évolue dans une humeur grave et très uniforme, The History of Mr Polly est nettement plus varié, tantôt exaltant, tantôt dramatique, tantôt jaillissant, tantôt romantique et intimiste, tantôt humoristique et joyeux. Ces deux suites de concert sont exécutées avec brio par le "London Symphony Orchestra" sous la direction de Richard Hickox.
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Henri



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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Ven 10 Juil - 0:09

J'ai cherché le disque sur Youtube mais il n'y est pas. Sur Deezer non plus. J'ai cherché dans le catalogue des médiathèques de Paris, coup de chance, il est à la médiathèque de Beaugrenelle, celle ou j'emprunte le plus souvent, mais... pas de chance, elle est fermée jusqu'à fin septembre. Crying or Very sad

Sinon, est-ce que tu as écouté Lyra Angelica ? C'est quand même autre chose que de la musique de film ! Même s'il y en a de très belles, et j'aime beaucoup aussi celle de The Odd Man Out (film que je ne connais pas), et aussi celle de The Crimson Pirate (que je ne connais pas plus. Le film).
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Icare
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Ven 10 Juil - 9:10

<<Sinon, est-ce que tu as écouté Lyra Angelica ? C'est quand même autre chose que de la musique de film !>>

Je ne l'ai pas encore écouté car, en ce moment, j'écoute justement beaucoup de musiques de films parmi toutes celles que j'apprécie. The Grand Budapest Hotel d'Alexandre Desplat me fut assez jubilatoire dans un style léger et inattendu. Un régal! D'autre part, je n'aime pas du tout ce genre d'affirmation; <<C'est quand même autre chose que de la musique de film!>> Voilà un propos qui n'a aucun sens pour moi car il y a des musiques de films que je trouve bien supérieures à des musiques écrites pour le concert ou qui, en tout cas, suscitent davantage d'émotion et d'exaltation, et sans pour autant que j'aie à connaître le cinéma auquel elles appartiennent. D'ailleurs, rien ne me garantit que le Lyra Angelica d'Alwyn m'apportera plus d'émotions que les deux musiques de films que j'ai mentionnées ni qu'il m'impressionnera plus.
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Henri



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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Ven 10 Juil - 12:52

C'était juste (quoiqu'à peine) une petite provocation, une pique, une piquenette, sans réelle affirmation derrière; j'ai moi aussi quelques musiques de films que j'aime énormément plus que certaines musiques de pas film qui veulent se prendre pour l'OEUVRE du siècle. Il faudra d'ailleurs que je vous en parle d'une ou deux un de ces quatre.
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Icare
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Ven 10 Juil - 16:11

J'ai un grand respect pour le compositeur de cinéma, les meilleurs d'entre eux sont de véritables virtuoses! Fin de la parenthèse et revenons à William Alwyn.
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MessageSujet: Re: William Alwyn (1905-1985)   Aujourd'hui à 11:48

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