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 Charles Edward Ives (1874-1954)

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Snoopy
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MessageSujet: Charles Edward Ives (1874-1954)   Mer 1 Nov - 22:25

Charles Edward Ives est un compositeur états-unien né le 20 octobre 1874 et mort le 19 mai 1954. Il est considéré comme l'un des premiers compositeurs états-uniens a avoir été reconnu internationalement. Sa musique fut largement ignorée durant toute sa vie, et beaucoup de ses œuvres restèrent injouées pendant plusieurs années.

Charles est né à Danbury dans l'état du Connecticut. Son père, George Ives, était chef de la musique de l'artillerie de l'union dans l'armée des États-Unis durant la guerre de Sécession. L'une des choses ayant pu avoir influencé Charles fut d'avoir écouté dans le square de Danbury le marching band de son père simultanément avec d'autres fanfares venant des autres côtés du square. Celui-ci lui donna quelques cours de théorie musicale avec une grande ouverture d'esprit, encourageant son fils à expérimenter des harmonisations bitonales voire polytonales. Charles s'entraîna ainsi à chanter des mélodies dans une tonalité tandis que son père l'accompagnait dans une autre tonalité. Il lui fit également découvrir la musique de Stephen Foster, à savoir des chansons populaires américaines. Ives devint organiste à l'âge de 14 ans, et écrivit différents hymnes religieux et chants pour sa paroisse, y compris ses Variations on "America".

Ives partit pour New Haven en 1893, et fut diplômé à l'Hopkins School. Puis en septembre 1894, Ives étudia à l'Université de Yale les cours d'Horatio Parker. Il y composa plusieurs pièces dans le style choral similairement à son mentor, écrivant des musiques d'église et même une musique de campagne électorale pour William McKinley (qui deviendra président des États-Unis). Le père de Charles mourut le 4 novembre 1894, et ce fut un choc terrible pour le jeune compositeur qui l'avait idéalisé. Il continua par conséquent à mener les expérimentations musicales débutées avec lui, qu'il poussa assez loin. Ives termina ses études à Yale dans des domaines très différents, comprenant le Grec, le Latin, les mathématiques et la littérature. Il fut membre des sociétés secrètes Delta Kappa Epsilon et Wolf's Head, ainsi que président de l'Ivy League. Ses travaux Calcium Light Night et Yale-Princeton Football Game démontrent l'influence de l'université sur ses compositions. Il écrivit sa Symphonie n°1 en guise de thèse de fin d'études sous le tutorat de Parker.

En 1898, après l'obtention de son diplôme à Yale, il accepta un travail à 5$ par semaine de préposé dans une compagnie d'assurance de New York (Mutual Life Insurance Company), et déménagea dans une chambre d'appartement à New York qu'il partagea avec d'autres jeunes hommes. Il continuera d'être organiste à l'église jusqu'en 1906. En 1899, il changea pour l'agence Charles H. Raymond & Co., où il resta jusqu'en 1906. En 1907, suite aux échecs de Raymond & Co., lui et son ami Julian W. Myrick créèrent leur propre compagnie d'assurance Ives & Co., qui devint plus tard Ives & Myrick, dans laquelle il demeura jusqu'à sa retraite. Il composait pendant ses temps libres, et travailla jusqu'à son mariage comme organiste à Danbury, New Haven, Bloomfield (New Jersey) et New York. En 1907, Ives subit sa première « attaque cardiaque » qui fut suivie de plusieurs autres. Ces attaques ont probablement eu une origine plutôt psychologique que physique. Mais après sa guérison, Ives connut sa période la plus créative en tant que compositeur.

Il épousa Harmony Twitchell en 1908, puis ils s'installèrent dans leur appartement à New York. Il eut une remarquable carrière dans les assurances, tout en continuant à être un compositeur prolifique jusqu'à une rechute de ses attaques cardiaques en 1918. Après cela, il composa très peu : ce fut ses dernières œuvres. Parmi celles-ci, on trouve la chanson Sunrise en août 1926. En 1922, Ives publia ses 114 Songs qui représentent l'ampleur de son travail de compositeur. Celles-ci incluent des thèmes qu'il écrivit adolescent, et d'autres très dissonants comme The Masses (Majority).

Son épouse raconte qu'un matin en 1927, il arriva en larmes disant qu'il ne pouvait plus rien composer : « nothing sounds right » (rien ne sonne bien). De nombreuses thèses furent élaborées pour expliquer son silence durant ses dernières années, qui semblèrent aussi mystérieuses que celles de la vie de Jean Sibelius, lui-même ayant arrêté brutalement de composer à peu près à la même période. Ives ayant de plus en plus de problèmes de santé, il continua cependant à réviser et retravailler ses premières œuvres. En 1930, il prit sa retraite du milieu des assurances, ce qui lui donna plus de temps pour se consacrer à la musique, mais il resta incapable d'écrire de nouvelles compositions. Dans les années 1940, il révisa sa Sonate Concorde, qu'il publia accompagnée des Essais avant une sonate en 1947.

Ives mourut en 1954 à New York.

Ives a étudié à Yale, et sa première symphonie montre une maîtrise de l'écriture en forme sonate dans le contexte de la fin du XIXe siècle, mais également une tendance iconoclaste, avec le second thème qui sous-entend plusieurs directions harmoniques différentes. Son père était chef de fanfare, et tout comme Hector Berlioz, Ives était fasciné pour les musiques d'extérieur et leur instrumentation. Ses tentatives de fusionner ces deux éléments, et son admiration pour Beethoven sont les lignes conductrices de sa vie musicale.

Ives publia une collection de ses nombreuses chansons, la plupart avec des parties pour piano qui faisant écho au mouvement moderne qui commençait en Europe, avec l'usage de bitonalité et pantonalité. Il fut un pianiste accompli, capable d'improviser dans différents styles, même ceux les plus récents et modernes. Il est aujourd'hui surtout connu pour sa musique orchestrale, mais il composa également deux quatuors à cordes et d'autres pièces de musique de chambre. Son travail d'organiste l'amena à écrire ses Variations on "America" en 1891, dont la première eu lieu un 4 juillet, lors d'un récital célébrant la déclaration d'indépendance des États-Unis. Cette pièce reprend le thème (celui de l'hymne national du Royaume-Uni) à travers une série de variations relativement normales et plaisantes. L'une de ces variations est dans le style d'une polonaise, une autre qui fut ajoutée quelques années après avoir été composée représente la première utilisation de bitonalité. William Schuman en fit un arrangement pour orchestre en 1964.
Ives composa quatre symphonies, mais c'est avec The Unanswered Question (1906 révisé en 1930-35), pièce écrite pour une formation très inhabituelle de trompette soliste, quatre flûtes, et quatuor à cordes, qu'il posa l'environnement musical et sonore qui restera comme son style. Les cordes, situées hors de la scène, jouent très lentement, tandis que la trompette, seule face au public, joue à différentes occasions des motifs très courts que Ives décrit comme « l'éternelle question de l'existence ». A chaque fois, les flûtes, sur scène, répondent à la trompette par une explosition stridente, excepté la toute dernière fois : c'est la question sans réponse (the unanswered question). La pièce est typique de Ives, car elle juxtapose des éléments variés et disparates, conduits par la trame d'une histoire dont nous n'avons jamais réellement conscience, ce qui rend la pièce formidablement mystérieuse.

Sa Sonate pour piano n°2 : Concord, Mass., 1840–60 (1909–15), est probablement sa pièce pour piano solo la plus célèbre (notons qu'il existe des parties optionnelles pour alto (violon) et flûte). Rythmiquement et harmoniquement, c'est une pièce que l'on peut qualifier d'aventureuse, et qui démontre son attachement à la 5e symphonie de Beethoven dont il cite le thème à plusieurs reprises. Elle compose également l'un des exemples les plus frappants de son expérimentalisme : dans le second mouvement, il indique au pianiste d'utiliser une pièce en bois de 14¾ pouces (37.5 cm) pour créer un cluster chord, c'est à dire un accord de touches noires ou blanches consécutives sur la longueur de cette pièce. La sonate Concord marque la profonde influence qu'ont eus sur sa musique les écrivains transcendantalistes. Chaque mouvement porte le nom d'un des quatre plus importants membre de ce groupe: Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, Bronson Alcott et Henry David Thoreau.
La pièce la plus remarquable dans son répertoire orchestral est certainement son imposante Symphonie n°4 (1910–16). Celle-ci nécessite une grosse section de percussions, deux pianos (les deux accordés avec un quart de ton d'écart), un orgue, un groupe supplémentaire de cordes éloignées, un grand chœur, trois saxophones optionnels, et pour finir un « ether organ » (l'instrument auquel pensait Ives n'est pas évident, mais habituellement on utilise un thérémine ou un synthétiseur). L'œuvre fait penser à The Unanswered Question, d'ailleurs Ives dit lui-même que la pièce était « une question ouverte du 'Quoi' et du 'Comment' que l'esprit de l'homme se pose à propos de la vie ». L'utilisation de citations musicales est là encore abondante, particulièrement dans le premier mouvement, et la musique ne manque pas de nouveautés en termes d'effets sonores. Par exemple, dans le second mouvement, un tremolo secoue l'orchestre entier. Dans le mouvement final, il y a une sorte de combat entre les sons discordants et une musique tonale plus traditionnelle. Finalement entre la partie de chœur sans paroles, l'ambiance s'apaise, et le morceau se termine avec juste les percussions qui jouent tranquillement.

Il faudra attendre 1965 pour que la symphonie ait droit à une représentation complète, c'est à dire environ 50 ans après les dernières retouches de la composition et 11 ans après la mort du compositeur.
Ives mourut avant de terminer sa Symphonie de l'Univers, qu'il ne parvint pas à assembler durant sa vie malgré deux décennies de travail. Ceci à cause de ses problèmes de santé, aussi bien que de sa conception fluctuante de la composition. Celle-ci consiste en un découpage en trois parties temporelles : passé (genèse des océans et des montagnes), présent (terre, évolution de la nature et de l'humanité), futur (ciel, la montée vers le spirituel), ainsi qu'une décomposition spatiale en deux orchestres ou plus. Il y a eu plusieurs tentatives pour compléter ou jouer l'actuelle version. Cependant, personne n'arrive à cerner l'idée de l'interprétation générale. La symphonie reprend des idées de la Symphonie n°4 qui sont développées jusqu'à un niveau très poussé, avec des rythmes complexes croisés et des dissonnances difficiles en couches, le tout au travers de combinaisons instrumentales et d'orchestrations inusitées et inventives.

Les travaux de musique de chambre comptent le Quatuor à cordes n°2, dans lequel les voix atteignent des sommets en matière d'écriture contrapuntique, s'échelonnant depuis des pointes dissonantes aiguës dans le mouvement nommé Arguments jusqu'à une lenteur transcendentale. Cette étendue sur des extrêmes est fréquente dans la musique de Ives, qui impose par ses résonances dissonnantes contrastée avec des calmes lyriques. Le langage de Ives, tout comme celui de Mahler, utilise beaucoup de lignes mélodiques indépendantes. On le considère difficile à jouer car beaucoup d'indications d'interprétation sont absentes. Ce travail a eu une influence notable sur, entre autres, le premier quatuor d'Elliott Carter.

La musique de Ives fut ignorée pendant toute sa vie, et beaucoup de ses travaux durent attendre plusieurs années avant d'être représentés. Ses tendances à l'expérimentation et son utilisation toujours croissante des dissonances sont à la cause de ce rejet à l'époque. Les difficultés d'interprétation dues à la complexité rythmique de ses pièces pour orchestre en firent des véritables challenges effrayants à relever.
Henry Cowell et Elliott Carter furent parmi les premiers défenseurs de sa musique. Invité par Cowell à participer dans son magazine périodique consacré aux musiques modernes New Music, un bon nombre de ses partitions y furent publiées, qui restèrent injouées pendant environ 40 ans, sauf quelques unes ayant généralement Nicolas Slonimsky comme chef d'orchestre.

Ce néant musical commença à s'atténuer dans les années 1940, lorsqu'il rencontra Lou Harrison, un véritable fan de sa musique qui commença à l'éditer et à en faire la promotion. Ainsi, Harrison dirigea la première de la Symphonie n°3 (1904) en 1946. L'année suivante, cette pièce remporta le Prix Pulitzer de la musique. Cependant, Ives donna l'argent de ce prix (la moitié allant à Harrison), disant « les prix sont pour pour les jeunes garçons, et j'ai eu le temps de grandir ». Leopold Stokowski dirigea la Symphonie n°4 peu de temps après, regardant l'œuvre comme « le cœur du problème de Ives ».

A la même époque, Ives fut aussi honoré par Bernard Herrmann qui travailla comme chef d'orchestre à la CBS, et en 1940 devint même le directeur de l'orchestre symphonique CBS. A ce moment il fut un champion de la musique de Charles Ives.

Hors de son temps, Ives fut considéré comme l'un des « American Originals » : un compositeur qui travaille dans un style unique et américain, avec des mélodies populaires américaines utilisées dans sa musique, et un sens étendu des possibilités de la musique. Il aurait reçu des louages d'Arnold Schoenberg, qui considérait Ives comme un monument de l'intégrité artistique, mais également de la New York School de William Schuman. Actuellement, Michael Tilson Thomas est un exposant enthousiaste des symphonies de Ives, tout comme le musicologue Jan Swafpourd. Des œuvres de Ives sont régulièrement programmées en Europe. Cependant, Ives n'est pas sans être critiqué : beaucoup trouvent sa musique grandiloquente, pompeuse, tandis que d'autres la trouvent bizarrement timide du fait que l'on rencontre souvent des aspects de la musique traditionnelle européenne dans ses compositions. Elliot Carter, qui fut son partisan, déclara que son œuvre était incomplète : ceci peut être considéré comme un cas de « parricide » artistique.
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felyrops

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Ven 28 Déc - 4:09

Je viens de découvrir un disque (lp) magnifique avec 26 chansons, allant de 1895 à 1921, chantés par la soprano Roberta Alexander, accompagnée de Tan Crone au piano. J'ignore si ça a été porté au cd.
(Etcetera (dmm) 1020, de 1984). A recommander!
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Ven 28 Déc - 9:24

Ses chansons sont effectivement très belles, certaines existent en CD mais en version orchestrale (et sous la houlette de John Adams), mais il existe peut être d'autres CDs avec les mélodies en version piano ?
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joachim
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Ven 28 Déc - 22:44

J'ai entendu aussi quelques uns de ses 114 "songs", oui c'est pas mal, mais sans plus. (pour moi, évidemment).
En musique vocale, j'ai une préférence pour ses multiples choeurs, en particulier ceux avec accompagnement comme par exemple The Celestal Country, ou cette merveille : "General William Booth enters into Heaven", pour baryton, choeur mixte et cuivres.

Mais - toujours pour moi - c'est dans sa musique symphonique, assez abondante, - une quarantaine d'opus - qu'il accomplit le plus intéressant : les quatre symphonies, la Holidays Symphony, Three places in New England, Orchestral Sets, The unanswered Question...
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felyrops

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Sam 29 Déc - 4:24

J'ai découvert aujourd'huy le site de la pianiste hollandaise Tan Crone, que je donne ici en anglais http://home.planet.nl/~crone008/tccindex_engels.htm comme quoi il y a deux cd, le premier donnant les chansons que j'ai sur mon lp.
A découvrir, Joachim!
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joachim
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Jeu 23 Sep - 21:13

Un CD assez ancien, mais que je n'avais pas encore écouté : les symphonies 2 et 3 dirigées par Leonard Bernstein :



avec en bonus, Bernstein qui parle de Ives...mais comme c'est en anglais Rolling Eyes

Ces symphonies, tout à fait tonales, sont parsemées d'airs anciens américains. Très jolies Wink
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Olivier

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Mer 21 Déc - 22:05

J'ai écouté ce matin avec beaucoup d'intérêt et de surprise la symphonie n°1 de Charles Ives dans une belle interprétation de L Bernstein.

La première symphonie est bien tonale et mélodique et s'inspire de Dvorak ou Tchaikovsky. Le mouvement lent est sans doute le plus intéressant et personnel.

Ce symphoniste américain mérite d'être écouté notamment dans sa grande symphonie n°4 et ses autres pièces orchestrales.
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vizZ

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Jeu 22 Déc - 0:12

Il me semble Hilary Hahn et Valentina Lisitsa ont récemment enregistrées ses sonates pour violon et piano.
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Frantz 77

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MessageSujet: Charles E. Ives    Ven 8 Nov - 11:41

Dans les années de ma jeunesse - et déjà fan de classique -  je découvre simultanément "les Pynk Floyds" et "C.E.Ives" !

Et pas une petite "bouchée" : la quatrième symphonie , un vynil à la jaquette incroyable :

(dans un champ pentu  une statut posée drapée du drapeau des U.S et au loin un maison à la Faulkner )

et c'est Stokowsky qui dirige ce monument - ce chef d'orchestre si passionné et sensibilisé au travail des

ingénieurs du son - donne une lecture claire  - d'un des plus étonnants téléscopage sonore du XXème siècle !

( il faut savoir que Ives faisait défiler jeune ,la fanfare que son père dirigeait, en la coupant en deux,

avec une partition différente pour chaque moitié, et venant des deux extrémités du village, pour se croiser

devant lui...)

Ou bien en fractionnant la fanfare en quatre, il s'installait en haut du clocher de l'église, et les quatres tranches

de fanfare - une partition différente à chacune - disposées aux quatre coins du village, se rejoignaient au pied

de l'église .

Enfin, son dernier projet de vie - hélas non réalisé - était de placer plusieurs orchestres sur les deux flancs

d'une vallée, pour les faire se répondre et jouer ensemble .

( Entre nous le dernier projet de Violet-le-Duc - à qui on doit les "rénovations gothiques" de Notre-Dame de

Paris  entr'autre - était de  reconstruire le Mont-Blanc à l'identique, avant l'érosion du quaternaire ...Les U.S.A

n'ont pas l'apanage du délire !)

Donc vynil perdu de la 4ème de Ives par Stokowsky , retrouvé dans un coffret de 10cds consacré au maître :


- Stokowsky qui a fait couler beaucoup d'encre des doigts de critiques puristes - qui à ce jour retrouve sa

place : celle d'un immense chef à qui la popularisation et l'audace de la Musique Classqiue doit tant ! -
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Icare
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Ven 8 Nov - 12:32


IVES est un compositeur que je connais pratiquement pas, constitue une de mes principales lacunes de mélomane qu'il va me falloir combler, si possible dans les meilleurs délais...Embarassed et pourquoi pas par la quatrième symphonie et Stokowsky,
tiens! Very Happy 
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Frantz 77

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MessageSujet: C.E. Ives et la 4ème Symphonie ...   Sam 9 Nov - 18:15

...attention ( âmes sensibles s'abstenir...) c'est un peu comme si , ne connaissant pas Beethoven tu commençais

directement par la Neuvième Symphonie ...

Peu être que "Trois paysages de la nouvelle-angleterre" seraient plus "homéopathique" ...

Mais , bon; j'ai eu tellement de difficultés à entrer dans la Moderne Music que je conseille avec prudence :

ai-je raison ? Tout dépend bien sur de la sensibilité et de la capacité du mélomane à intégrer des mondes nouveaux.



(Cette réflexion me fait penser à une émission de télé consacrée aux musiques comme moyens de circonvenir (!)

les détenus politiques; des chansons enfantines au hard-rock...jusqu'aux dernières inventions de canon-son comme

armes offensives ..

Ah ! les nouvelles de 2013 sont vraiment réjouissantes ...)Ptdr 
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Icare
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Sam 9 Nov - 19:34

Frantz 77 a écrit:
...Mais , bon; j'ai eu tellement de difficultés à entrer dans la Moderne Music que je conseille avec prudence :
ai-je raison ? Tout dépend bien sur de la sensibilité et de la capacité du mélomane à intégrer des mondes nouveaux.
Tout-à-fait! C'est exactement cela, car nous sommes tous différents dans notre sensibilité et capacité de mélomane à intégrer des mondes sonores nouveaux. Personnellement, j'ai adhéré très aisément aux différents langages de la musique dite "moderne" par une expérience et un parcours qui furent le mien et ne répondent en rien à une démarche exclusivement intellectuelle. C'est certainement plus complexe qu'un simple besoin de nouveauté puisque d'une certaine façon j'ai découvert le classique/baroque en même temps que le contemporain et même si j'ai davantage approfondi le second domaine... Disons que ce sont avant tout certains compositeurs plus que certains autres qui m'ont amené vers ces nouvelles esthétiques. Ainsi, je suis assez hermétique à la prose musicale d'un Xenakis mais peut très bien être complètement séduit par celle d'un compositeur qui intègre certaines de ses principales idées.
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jdperdrix

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Jeu 14 Nov - 19:03

Un très grand compositeur...

Pour pénétrer, je suggère ses symphonies dans l'ordre chronologique, en intercalant "holiday symphony" entre 3 et 4. Ecouter aussi les deux quatuors dans l'ordre. Les deux sonates pour piano sont très belles, à garder pour la fin... Pour les amateurs de sensations fortes, l'ouverture "Robert Browning"...
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Icare
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Mer 25 Déc - 19:38

Icare a écrit:
Frantz 77 a écrit:
...Mais , bon; j'ai eu tellement de difficultés à entrer dans la Moderne Music que je conseille avec prudence :
ai-je raison ? Tout dépend bien sur de la sensibilité et de la capacité du mélomane à intégrer des mondes nouveaux.

Tout-à-fait! C'est exactement cela, car nous sommes tous différents dans notre sensibilité et capacité de mélomane à intégrer des mondes sonores nouveaux. Personnellement, j'ai adhéré très aisément aux différents langages de la musique dite "moderne" par une expérience et un parcours qui furent le mien et ne répondent en rien à une démarche exclusivement intellectuelle. C'est certainement plus complexe qu'un simple besoin de nouveauté puisque d'une certaine façon j'ai découvert le classique/baroque en même temps que le contemporain et même si j'ai davantage approfondi le second domaine... Disons que ce sont avant tout certains compositeurs plus que certains autres qui m'ont amené vers ces nouvelles esthétiques. Ainsi, je suis assez hermétique à la prose musicale d'un Xenakis mais peut très bien être complètement séduit par celle d'un compositeur qui intègre certaines de ses principales idées.

Je viens d'écouter pour la première fois la Symphonie n°4 de Charles Ives et n'ai absolument pas été dérouté par cette vaste oeuvre symphonique. Je peux même dire que j'ai été impressionné comme jamais je ne l'ai été auparavant par la puissance orchestrale de certains passages de cette symphonie, tels que le second mouvement par exemple.

La pièce la plus remarquable dans son répertoire orchestral est certainement son imposante Symphonie no 4 (1910–16). Celle-ci nécessite une grosse section de percussions, deux pianos (les deux accordés avec un quart de ton d'écart), un orgue, un groupe supplémentaire de cordes éloignées, un grand chœur, trois saxophones optionnels, et pour finir un « ether organ » (l'instrument auquel pensait Ives n'est pas évident, mais habituellement on utilise un thérémine ou un synthétiseur). L'œuvre fait penser à The Unanswered Question, d'ailleurs Ives dit lui-même que la pièce était « une question ouverte du 'Quoi' et du 'Comment' que l'esprit de l'homme se pose à propos de la vie ». L'utilisation de citations musicales est là encore abondante, particulièrement dans le premier mouvement, et la musique ne manque pas de nouveautés en matière d'effets sonores. Par exemple, dans le second mouvement, un trémolo secoue l'orchestre entier. Dans le mouvement final, il y a une sorte de combat entre les sons discordants et une musique tonale plus traditionnelle. Finalement entre la partie de chœur sans paroles, l'ambiance s'apaise, et le morceau se termine avec juste les percussions qui jouent tranquillement. Wikipédia.

Ce que je peux dire aussi c'est que, de manière générale, les grandes turbulences orchestrales, les grandes déferlantes de cuivres, les orchestrations surchargées et luxuriantes ne correspondent pas forcément à mes obsessions de mélomane. Elles me font plus facilement saigner des oreilles qu'elles me mettent la larme à l'oeil, aussi complexes et virtuoses soient-elles. Donc si j'ai été impressionné par les grandes fulgurances de la masse orchestrale dans ce cas précis, c'est que la musique de Charles Ives transcende ce simple effet par une alchimie sonore particulièrement élaborée; comme autant d'énergies contradictoires, de conflits entre musique tonale et atonale, de fanfares et autres fragments de musique populaire chahutés ou ensevelis. Rien n'y est gratuit ou surfait, ni même creux, le rouleau-compresseur symphonique y déploie une force authentique et  incommensurable. Ce qui m'a m'a rendu cette ambitieuse et imposante symphonie parfaitement digeste, c'est un agencement ingénieux entre les passages disons massifs et les moments plus lents et moins animés mais qui sont également très réussis et, mieux encore, passionnés: ils ne manquent pas de tempérament ni d'intensité. Les passages avec choeur sans parole sont un plus non négligeable dans l'appréciation de cette monumentale quatrième symphonie.      
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Frantz 77

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MessageSujet: Charles Ives et Violet-le-Duc : même combat ?!   Jeu 21 Aoû - 18:17

.Icare c'est super que tu aimes la 4ème de Ives : avec la Sonate "Concord"  (presque) l'essentiel est fait !

..Je reviens vers cette 4ème symphonie qui annonçait celle qu'il n'a jamais achevée(la Symphonie de l'Univers) mais donc le concept semblait "spacial" :
Ives prévoyait de la jouer dans une vallée dont plusieurs orchestres  et choeurs seraient disposés sur les flancs et ainsi se répondraient
...on devait atteindre le millier d'interprètes ....

Je repense à Violet-le-Duc qui a été durant un demi-siècle le grand restaurateur des monuments de France ( Notre-Dame, etc ...)
en ajoutant parfois des "idées" du goût de son siècle ( statuts et autres décorations style XIXème)

avait comme projet, - Ah ces retraités ! -  de reconstruire le Mont-Blanc à l'identique , avant l'érosion du quaternaire ...  
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joachim
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Jeu 21 Aoû - 20:32

Frantz 77 a écrit:


avait comme projet, - Ah ces retraités ! -  de reconstruire le Mont-Blanc à l'identique , avant l'érosion du quaternaire ...  

 Ptdr  Le pire, c'est qu'il semble au contraire qu'il n'y a pas d'érosion mais que les montagnes "jeunes" comme les Alpes, l'Himalaya, le Caucase... continuent à s'élever à cause de la tectonique des plaques (les continents qui passent les uns sous les autres).

Concernant la 4ème de Ives, eh bien pour moi c'est l'inverse : je la trouve trop "moderne", et préfère nettement les trois premières symphonies ... Ah ces goûts et ces couleurs, n'est ce pas ?  Laughing 

J'ai écouté aussi une version complétée de la 5ème symphonie (l'Universe) par Larry Austin, d'après les esquisses laissées par Ives. Elle ne m'a pas convaincu, on aurait plutôt dit du Boulez... Bof  Embarassed 
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Frantz 77

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MessageSujet: lea 5ème d'Ives , la Techtonique , etc    Sam 23 Aoû - 11:35

Bon, ormis la définition de la musique techtonique (:=)....ma curiosité est assez piquée par la version "terminée" par un autre

(et Dieu sait si on doit mettre des gants pour écouter ce genre de "recherche" ...)

y a t-il un cd ?


On trouve "Toutes les musiques du Monde ici   
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joachim
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Sam 23 Aoû - 11:54

L'Universe Symphony, on la trouve sur ce CD :

http://www.musicweb-international.com/classrev/2004/May04/Ives_Universe_symphony.htm

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Frantz 77

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MessageSujet: Ives : la Symphonie N° 5   Dim 24 Aoû - 16:38



Merci Joachim !!!

C'est parfait à tous points  

et j'ai donc foncé sur Youtube où sont disponibles les 4 mouvements de cette symphonie

qui m'évoque la Symphonie "Turangalila" d'O.Messiaen...par certains aspects...
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Icare
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Lun 25 Mai - 21:33

Icare a écrit:
Icare a écrit:
Frantz 77 a écrit:
...Mais , bon; j'ai eu tellement de difficultés à entrer dans la Moderne Music que je conseille avec prudence :
ai-je raison ? Tout dépend bien sur de la sensibilité et de la capacité du mélomane à intégrer des mondes nouveaux.

Tout-à-fait! C'est exactement cela, car nous sommes tous différents dans notre sensibilité et capacité de mélomane à intégrer des mondes sonores nouveaux. Personnellement, j'ai adhéré très aisément aux différents langages de la musique dite "moderne" par une expérience et un parcours qui furent le mien et ne répondent en rien à une démarche exclusivement intellectuelle. C'est certainement plus complexe qu'un simple besoin de nouveauté puisque d'une certaine façon j'ai découvert le classique/baroque en même temps que le contemporain et même si j'ai davantage approfondi le second domaine... Disons que ce sont avant tout certains compositeurs plus que certains autres qui m'ont amené vers ces nouvelles esthétiques. Ainsi, je suis assez hermétique à la prose musicale d'un Xenakis mais peut très bien être complètement séduit par celle d'un compositeur qui intègre certaines de ses principales idées.

Je viens d'écouter pour la première fois la Symphonie n°4 de Charles Ives et n'ai absolument pas été dérouté par cette vaste oeuvre symphonique. Je peux même dire que j'ai été impressionné comme jamais je ne l'ai été auparavant par la puissance orchestrale de certains passages de cette symphonie, tels que le second mouvement par exemple.

La pièce la plus remarquable dans son répertoire orchestral est certainement son imposante Symphonie no 4 (1910–16). Celle-ci nécessite une grosse section de percussions, deux pianos (les deux accordés avec un quart de ton d'écart), un orgue, un groupe supplémentaire de cordes éloignées, un grand chœur, trois saxophones optionnels, et pour finir un « ether organ » (l'instrument auquel pensait Ives n'est pas évident, mais habituellement on utilise un thérémine ou un synthétiseur). L'œuvre fait penser à The Unanswered Question, d'ailleurs Ives dit lui-même que la pièce était « une question ouverte du 'Quoi' et du 'Comment' que l'esprit de l'homme se pose à propos de la vie ». L'utilisation de citations musicales est là encore abondante, particulièrement dans le premier mouvement, et la musique ne manque pas de nouveautés en matière d'effets sonores. Par exemple, dans le second mouvement, un trémolo secoue l'orchestre entier. Dans le mouvement final, il y a une sorte de combat entre les sons discordants et une musique tonale plus traditionnelle. Finalement entre la partie de chœur sans paroles, l'ambiance s'apaise, et le morceau se termine avec juste les percussions qui jouent tranquillement. Wikipédia.

Ce que je peux dire aussi c'est que, de manière générale, les grandes turbulences orchestrales, les grandes déferlantes de cuivres, les orchestrations surchargées et luxuriantes ne correspondent pas forcément à mes obsessions de mélomane. Elles me font plus facilement saigner des oreilles qu'elles me mettent la larme à l'oeil, aussi complexes et virtuoses soient-elles. Donc si j'ai été impressionné par les grandes fulgurances de la masse orchestrale dans ce cas précis, c'est que la musique de Charles Ives transcende ce simple effet par une alchimie sonore particulièrement élaborée; comme autant d'énergies contradictoires, de conflits entre musique tonale et atonale, de fanfares et autres fragments de musique populaire chahutés ou ensevelis. Rien n'y est gratuit ou surfait, ni même creux, le rouleau-compresseur symphonique y déploie une force authentique et  incommensurable. Ce qui m'a m'a rendu cette ambitieuse et imposante symphonie parfaitement digeste, c'est un agencement ingénieux entre les passages disons massifs et les moments plus lents et moins animés mais qui sont également très réussis et, mieux encore, passionnés: ils ne manquent pas de tempérament ni d'intensité. Les passages avec choeur sans parole sont un plus non négligeable dans l'appréciation de cette monumentale quatrième symphonie.      

A la réécoute, j'y ai un peu ressenti comme une folie des grandeurs dans cette quatrième symphonie, peut-être aussi quelques passages un peu bourratifs, mais quel monde sonore, quel jaillissement où atonalité et tonalité cohabitent avec fougue et parfois démesure. Chouette expérience dans la musique d'Ives en parfaite adéquation avec mon cycle actuel "Les symphonistes".
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jdperdrix

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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Lun 25 Mai - 23:27

Je viens de trouver cette interprétation de la "Concord Sonata", par Stephen Drury. A voir et à écouter...

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Icare
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   Jeu 7 Sep - 22:43

L'oeuvre que j'ai réécoutée ce soir avec beaucoup de plaisir:

https://www.youtube.com/watch?v=aMT_EGXQwyk
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MessageSujet: Re: Charles Edward Ives (1874-1954)   

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Charles Edward Ives (1874-1954)
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