Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Hans Werner Henze (1926-2012)

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4
AuteurMessage
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Mar 2 Déc - 21:28


<<Si je me fie à mes impressions antérieures, c'est le Concerto pour violon n°2, avec baryton, bande magnétique et 33 instrumentistes, peut-être le plus ambitieux et moderne des trois, qui garde toute ma préférence. Une chose est désormais certaine, s"il surpasse le Premier à mon goût, il fera inévitablement partie de mon Top 13.>>

Le Concerto pour violon n°2 de Henze par le violoniste Torsten Janicke et le baryton Ulf Dirk Mâdler est un des concertos les plus étranges et inclassables que j'ai pu écouter jusqu'ici où se mélangent concerto contemporain, forme opératique, relents de musique ancienne, électronique, jazz, violon virtuose. Une approche kaléidoscopique? Effectivement, il est le concerto pour violon que je préfère de Henze, suivi de près par le N°1 avec lequel il n'a d'ailleurs quasiment aucun point commun, si ce n'est qu'il est sorti de l'imagination d'un même esprit, d'un même coeur. Il est une aventure à part, un concerto pour violon qui ne ressemble à aucun autre mais qui en est pourtant un jusque dans ses dernières mesures.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Sam 10 Jan - 22:51

Je viens de réécouter deux cantates, sauf que celles-ci ne sont pas de J. S. Bach mais de H. W. Henze et elles s'intitulent: Cantata della fiaba estrema pour soprano (Edita Gruberova), petit choeur et treize instruments, composée en 1963 (excellente année) et constituée de sept parties pour une durée totale de 22'04 et Novae de infinito laudes pour quatre solistes, choeur et instruments, sur des textes de Giordano Bruno (1548-1600), composée entre 1961 et 1962 et constituée de six parties pour une durée totale de 47'24. La première est dirigée par Leif Segerstam alors que la seconde l'est par Milan Horvat. Elles sont certes dans un style très différent de Bach, bien évidemment, ce qui n'empêche pas qu'il s'agit d'oeuvres très accessibles que j'aime de plus en plus. La première cantate est d'un caractère plutôt doux, propice au recueillement avec de tendres interventions de la guitare alors que la seconde, plus dramatique et intense, m'a parue plus vindicative, plus contemporaine aussi. Elle gagne ma préférence car les mouvements les plus animés me captivent complètement. J'y reviendrai à coup sûr!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Lun 1 Juin - 22:54

Je poursuit mon cycle, mon double-cycle, devrais-je dire, avec la Symphonie n°9 pour choeur mixte et orchestre de Henze. Je ne suis pas entré simultanément dans l'oeuvre même si, paradoxalement, je la trouve belle dès son premier mouvement, une impression d'errer en surface, d'en saisir la beauté sans être bouleversé par elle. En fait, la fascination pour cette symphonie s'opère progressivement, presque malgré moi, incidieusement en quelque sorte. Une aussi belle écriture des choeurs peut difficilement laisser indifférent. C'est donc inéluctable qu'elle finisse par m'envoûter à un moment ou un autre. La symphonie se divise en sept mouvements et c'est à partir du quatrième que le charme finit par faire son effet. L'adhésion totale arrive définitivement à partir du plus long mouvement, l'avant-dernier, qui dépasse les seize minutes. Il est selon moi le point culminant de l'oeuvre, le haut de la cathédrale. Les interventions de l'orgue, un orgue impérial et dynamisant, sans compter les apports inventifs de percussions et sonorités insolites, enrichissent la musique d'une couleur originale, comme un vitrail sonore qui se dresse devant la prière collective et se traverse d'une lumière divine . Ce mouvement s'intitule "The night in the Cathedral". Je lui trouve quelque chose de fantastique dans les deux sens du terme. Le dernier mouvement "Rescue" est, quant à lui, magnifique de sérénité, le chant qui vous tire vers le haut et le recueillement.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Ven 19 Juin - 9:48

Visiblement, du fait de m'être familiarisé avec le choeur à cappella, notamment par la musique d'un Palestrina ou d'un Frescobaldi, et plus récemment par celle de Naji Hakim, je commence à nourrir un certain intérêt pour des oeuvres de cette formation. C'est ce qui vient d'ailleurs de se produire avec Orpheus behind the wire pour choeur à cappella et sur des poèmes d'Edward bond. L'oeuvre de Henze dure une vingtaine de minutes et je n'y ai pas ressenti le moindre début d'ennui. Ce fut sans doute la première fois où je peux dire que j'ai bien apprécié. Je n'en suis pas ressorti bouleversé - je n'irai pas jusque là - mais j'ai bien aimé le caractère expressif et intense de ces voix. Il s'est passé quelque chose entre elles et moi, une vibration, quelque chose comme ça. Avec Aristaeus, drame musical pour voix récitante (baryton) et orchestre, je touche à une toute autre dimension. Le rôle du narrateur (en allemand) est assez important mais, heureusement, les parties purement musicales le sont davantage: elles me sont fascinantes, d'abord dans ses passages les plus atonals, puis plus encore lorsqu'elles flirtent avec la tonalité et que les cordes s'entremêlent avec passion dans une sorte de romantisme profond et tourmenté. Comme souvent chez Henze, c'est intense, pour ne pas dire viscéral, et en plus j'y trouve de la beauté. A savoir aussi qu'avec le programmateur du lecteur cd on peut éluder les pistes avec narrateur et sans musique.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Jeu 13 Aoû - 13:39


Je ne sais quoi trop penser de El Cimarron, Récital pour quatre musiciens (Angelo De Leonardis: baryton-basse, Gundl Aggermann: flûte, Christina Schorn: guitare et Ivan Mancinelli: percussions) (1969-70). L'oeuvre évoque la biographie de l'esclave fugitif Esteban Montejo. Je ne pus guère profiter de l'histoire de cet homme dans la mesure où c'est chanté et narré en anglais. Par certains moments, la musique est très minimaliste et assez ennuyeuse, à d'autres, elle se réveille pour une poétique qui va s'avérer soudainement captivante. La combinaison flûte/guitare/percussion n'est pas pour me déplaire, plus principalement lorsque la flûte mène la danse dans les mouvements "Ghosts" et "The false freedom", sans aucun doute (pour moi et musicalement parlant) la partie la plus attractive de ce El Cimarron. Si quelqu'un qui ne connait rien de Hans Werner Henze me demandait conseil, ce n'est certainement pas l'oeuvre sur laquelle je l'orienterais en premier. Toutefois, si mon impression demeure mitigée après plusieurs écoutes, il y a des parties et une atmosphère globale qui font que j'y reviendrai un jour à l'autre...
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Mer 4 Juil - 18:05


En conclusion de mon cycle italien, j'ai choisi Five Neapolitan Songs - Cinq Chants Napolitains du compositeur allemand Hans Werner Henze par le formidable baryton Dietrich Fischer-Dieskau et les instrumentistes du "Berliner Philharmoniker" sous la direction de Richard Kraus (Berlin, 1956). Ces "Cinq chants napolitains" peuvent illustrer le bonheur enivrant qu'il éprouva en 1953 lorsqu'il conquit son indépendance et s'installa dans sa nouvelle patrie qu'allait devenir l'Italie. Désormais, à proximité du monde méditerranéen - <<de l'air vivifiant d'Ischia, de nouvelles couleurs, d'un nouvel univers sonore luxuriant et fantastique - Henze put découvrir la mélodie par excellence, l'expression réaliste permettant de souligner un moment de vie exaltant par le chant.>> Ces cinq chants sont magnifiques avec de superbes passages purement instrumentaux. Magnifiquement orchestrés.
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 18028
Age : 72
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Mer 4 Juil - 20:05

J'ai parcouru rapidement les quatre pages, et me rends compte que la biographie de Snoopy est plus que succincte.

En voici une autre tirée tout simplement de Wikipedia anglais, parce que le Wiki français n'est pas très fourni



Hans Werner Henze (1er juillet 1926 - 27 octobre 2012) était un compositeur allemand. Sa grande œuvre d'œuvres est extrêmement variée dans le style, ayant été influencé par le sérialisme, l'atonalité, Stravinsky, la musique italienne, la musique arabe et le jazz, ainsi que les écoles traditionnelles de composition allemande. En particulier, ses œuvres de théâtre reflètent "sa culture constante de la musique pour le théâtre tout au long de sa vie".

Henze était également connu pour ses convictions politiques. Il a quitté l'Allemagne pour l'Italie en 1953 en raison d'une intolérance perçue envers sa politique de gauche et son homosexualité. Tard dans la vie, il a vécu dans le village de Marino dans la région italienne du Latium, et dans ses dernières années, il a encore beaucoup voyagé, en particulier en Grande-Bretagne et en Allemagne, dans le cadre de son travail.
Marxiste avoué et membre du Parti communiste d'Italie, Henze produit des compositions honorant Ho Chi Minh et Che Guevara. A la première de Hambourg en 1968, son requiem pour Che Guevara, intitulé Das Floß der Medusa (Le radeau de Méduse), le placement d'un drapeau rouge sur la scène a déclenché une émeute et l'arrestation de plusieurs personnes, y compris le librettiste. Henze a passé une année de 1969 à 1970 à enseigner à Cuba.


Henze est né à Gütersloh, en Westphalie, l'aîné des six enfants d'un professeur, et a montré un intérêt précoce pour l'art et la musique. Cela et ses opinions politiques ont conduit à un conflit avec son père conservateur. Le père de Henze, Franz, avait servi pendant la Première Guerre mondiale et avait été blessé à Verdun. Il travailla comme professeur dans une école de Bielefeld, formée selon des principes progressistes, mais il fut fermé en 1933 par ordre du gouvernement parce que son style progressiste était en désaccord avec les vues officielles. Franz Henze s'installe ensuite à Dünne, un petit village près de Bünde, où il tombe sous le charme de a propagande nazie. Les livres des auteurs juifs et chrétiens ont été remplacés dans le ménage Henze par la littérature reflétant les vues nazies; toute la famille devait s'aligner sur la nouvelle pensée de Franz. Les garçons plus âgés, y compris Hans, ont été enrôlés dans les Jeunesses hitlériennes.

Bien que la maison de Henze ait été remplie de propos d'actualité, Hans a également pu entendre des émissions de musique classique (en particulier Mozart) et finalement son père s'est rendu compte que son fils avait une vocation de musicien. Henze a commencé des études à l'école publique de musique de Braunschweig en 1942, où il a étudié le piano, la percussion et la théorie. Franz Henze a rejoint l'armée en 1943 et il a été envoyé sur le front de l'Est, où il est mort. Henze a dû rompre ses études après avoir été enrôlé dans l'armée en 1944, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a été formé en tant qu'officier de radio. Il a été rapidement capturé par les Britanniques et détenu dans un camp de prisonniers pour le reste de la guerre. En 1945, il devient accompagnateur au Théâtre municipal de Bielefeld et poursuit ses études sous la direction de Wolfgang Fortner à l'Université de Heidelberg en 1946.

Henze a eu quelques performances réussies à Darmstadt, y compris un succès immédiat en 1946 avec une œuvre néo-baroque pour piano, flûte et cordes, qui le porta à l'attention de Schott, les éditeurs de musique. Il a également participé à la fameuse Summer School de Darmstadt, un véhicule clé pour la diffusion des techniques d' avant-garde  À l'école d'été de 1947, Henze se tourna vers la technique sérielle.

Dans ses premières années il a travaillé avec la technique de douze-tonalité, par exemple dans son premier concerto et concerto pour violon de 1947. Le Sadler's Wells Ballet a visité Hambourg en 1948, ce qui a incité Henze à écrire un poème chorégraphique, Ballett-Variationen, qu'il termine en 1949. Le premier ballet qu'il a vu était Frederick Ashton de Scènes de Ballet. Il a écrit une lettre d'appréciation à Ashton, se présentant comme un compositeur de 22 ans. Dans un autre courrier à Ashton, il a joint la partition de son Ballett-Variationen, espérant que Ashton la trouve intéressante. Ce travail a été créé à Düsseldorf en Septembre 1949 et mis en scène pour la première fois à Wuppertal en 1958. En 1948, il devient assistant musical au Deutscher Theater de Constance, où son premier opéra Das Wundertheater, basé sur l'œuvre de Cervantes, est créé.

En 1950, il devient chef de ballet au Hessisches Staatstheater Wiesbaden à Wiesbaden, où il compose deux opéras pour la radio, son premier concerto pour piano, ainsi que sa première œuvre importante, l'opéra boulevard Boulevard Solitude, une refonte moderne de l'histoire traditionnelle de Manon Lescaut.

Henze a quitté l'Allemagne en 1953, en réaction contre l'homophobie et le climat politique général du pays. Son éditeur, Schott's, avait également offert à Henze une avance sur les redevances, à condition qu'il quitte ses postes de direction pour se concentrer sur la composition. Cette incitation financière a permis à Henze de déménager en Italie, où il est resté pendant la plus grande partie de sa vie. Il s'installe sur l'île d' Ischia dans le golfe de Naples. Également résident sur l'île se trouvaient le compositeur William Walton et son épouse Susana, qui a pris un grand intérêt pour le jeune compositeur allemand. Quattro poemi de Henze pour orchestre en 1955 montre qu'il s'était éloigné des principes de l'avant-garde de Darmstadt. En janvier 1956, il quitta Ischia et s'installa sur le continent pour vivre à Naples. Au début, il souffre d'une nouvelle déception, avec des premières controversées de l'opéra König Hirsch, basé sur un texte de Carlo Gozzi, et le ballet Maratona di danza, sur un livret de Luchino Visconti.

Cependant, il a alors commencé un partenariat créatif durable et fructueux avec le poète Ingeborg Bachmann. Travaillant avec elle comme librettiste, il compose les opéras Der Prinz von Homburg (1958) sur la base d'un texte de Heinrich von Kleistet, Der junge Lord (1964) d'après Wilhelm Hauff, ainsi que Serenades and Arias (1957) et Choral Fantasy (1964).

Il a composé ses cinq chansons napolitaines pour Dietrich Fischer-Dieskau peu après son arrivée à Naples. Un séjour ultérieur en Grèce lui permit de compléter son œuvre de Hölderlin, Kammermusik 1958, dédiée à Benjamin Britten et créée par le ténor Peter Pears, le guitariste Julian Bream et un ensemble de huit membres.

Henze déménage en 1961 dans une villa isolée, "La Leprara", sur les collines de Marino, surplombant le Tibre au sud de Rome. Cette fois a également signalé une forte tendance à la musique impliquant la voix.

De 1962 à 1967, Henze a donné des cours de composition au Mozarteum de Salzbourg et, en 1967, il est devenu professeur invité au Dartmouth College du New Hampshire. L'un de ses plus grands succès fut la création de l'opéra Die Bassariden au Festival de Salzbourg.

Dans la période suivante, il a considérablement renforcé son engagement politique qui a également influencé son travail musical. Par exemple, la première de son oratorio Das Floß der Medusa à Hambourg a échoué lorsque ses collaborateurs de Berlin-Ouest ont refusé de se produire sous un portrait de Che Guevara et qu'un drapeau révolutionnaire avait été placé sur la scène. Sa politique a influencé sa Sixième Symphonie (1969), Deuxième Concerto pour Violon (1971), Voices (1973), et sa pièce pour récitant et orchestre de chambre, El Cimarrón, basé sur un livre de l'auteur cubain Miguel Barnet sur l'échappée d'esclaves noirs pendant la période coloniale de Cuba.

Sa critique politique a atteint son point culminant en 1976 avec la première de son opéra We Come to the River.

La même année, Henze fonde le Cantiere Internazionale d'Arte à Montepulciano pour la promotion de la musique nouvelle, où l'opéra pour enfants Pollicino est créé en 1980. De 1980 à 1991, il dirige un cours de composition à l' école de musique de Cologne. En 1981, il fonde les Ateliers Mürztal dans la région autrichienne de Styrie, la même région où il crée le Deutschlandsberg Youth Music Festival en 1984. En 1988, il fonde la Munich Biennale, un "festival international pour le nouveau théâtre musical", dont ilétait le directeur artistique.

Ses propres opéras sont redevenus plus conventionnels, par exemple The English Cat (1983) et Das verratene Meer (1990), d'après le roman de Yukio Mishima, Gogo no Eiko, connu en anglais sous le titre The Sailor Who Fell from Grace with the Sea.

Ses œuvres ultérieures, bien que moins controversées, ont poursuivi son engagement politique et social. Son Requiem (1990-93) comprenait neuf 'concertos sacrés' pour piano, trompette et orchestre de chambre, et fut écrit en mémoire de Michael Vyner, directeur artistique de la London Sinfonietta. La neuvième symphonie chorale (1997), - "dédiée aux héros et aux martyrs de l'antifascisme allemand" - sur un livret de Hans-Ulrich Treichel basé sur des motifs tirés du roman La Septième Croix d' Anna Seghers est un rejet de la barbarie nazie, avec lequel Henze lui-même a vécu dans son enfance et adolescence. Son dernier succès a été la première en 2003 de l'opéra L'Upupa und der Triumph der Sohnesliebe au Festival de Salzbourg, avec un texte qu'il a lui-même écrit, basé sur un conte de fées syrien. Sebastian im Traum (2004) pour grand orchestre et l'opéra Phaedra (2007) sont d'autres compositions tardives.

Henze a vécu avec son partenaire Fausto Moroni à partir du début des années soixante, et Moroni a planifié et planté le jardin à flanc de colline autour de La Leprara. Moroni a soigné le compositeur quand il a souffert un effondrement émotionnel spectaculaire pendant lequel il a à peine parlé et a dû être encouragé à manger, vivant comme dans le coma. En 2007, peu après le rétablissement soudain de Henze, Moroni est mort après une longue bataille contre le cancer. Elogium Musicum (2008), pour grand orchestre et chœur qui chante le propre texte latin de Henze, est un mémorial à son partenaire de plus de quarante ans.

En 1995, Henze reçoit le Westphalian Music Prize, qui porte son nom depuis 2001. Invité par Walter Fink, il fut le dixième compositeur du Komponistenporträt annuel du Rheingau Musik Festival en 2000, mais pour cause de maladie, il n'y participa pas. La musique incluait son Requiem. Le 7 novembre 2004, Henze a reçu un doctorat honorifique en musicologie de la Hochschule für Musik und Theater München de Munich. En 1975, il devient membre honoraire de la Royal Academy of Music de Londres. La version anglaise de son autobiographie, Bohemian Fifths, a été publiée en 1998.

Henze est mort à Dresde le 27 octobre 2012 à l'âge de 86 ans.


Sur les œuvres

La musique de Henze a incorporé le néoclassicisme, le jazz, la technique des douze tons, le sérialisme et un peu de rock ou de musique populaire. Bien qu'il ait étudié l'atonalisme au début de sa carrière, après son déménagement en Italie en 1953, la musique de Henze devint nettement plus napolitaine. Son opéra König Hirsch ("Le Roi des Cerfs") contient des textures riches et riches. Cette tendance se fait plus dans la musique de ballet opulente qu'il a écrit pour le chorégraphe anglais Frederick Ashton, Ondine, achevée en 1957. Alors que Mendelssohn et Weber étaient importantes influences, la musique de Ondine contient du jazz et il y a beaucoup de choses qui évoquent Stravinsky - pas seulement Stravinsky, le compositeur néoclassique, mais aussi le compositeur du Sacre du printemps. D' autre part, sa Maratona di danza exigeait une intégration beaucoup plus étroite des éléments de jazz, avec un groupe sur scène, très différent de l' Ondine, plus romantique. Henze a reçu une grande partie de l'impulsion pour sa musique de ballet de son travail précédent en tant que conseiller de ballet au Hessisches Staatstheater Wiesbaden.

Les textures de la cantate Kammermusik (1958, 1963) sont beaucoup plus sévères ; Henze est revenu à l'atonalisme dans Antifone, et plus tard les autres styles mentionnés ci-dessus sont devenus importants dans sa musique.

Je ne remet pas ici la liste des œuvres, que l'on trouve à la page 1, ou alors qu'on peut consulter à l'adresse :

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_compositions_by_Hans_Werner_Henze
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Mar 24 Juil - 10:00


Aujourd'hui, j'ai réécouté une oeuvre que j'aime beaucoup de Henze; Scènes de l'<Elégie pour de jeunes amants>. C'est un opéra de soixante minutes qui fut composé entre 1959 et 1961. <<Henze s'était dès le départ représenté l'Elégie pour de jeunes amants comme un opéra de chambre sans choeur, avec un orchestre restreint et subtil, sur un sujet et un scénario dramatique qui exigeaient des bruits tendres et beaux. A ces données simples, ses librettistes W. H. Auden et Chester Kallman répondirent par un texte qui est un modèle du genre, explorant, à travers un tissu riche, habilement ouvragé, fait d'images puissantes mais jamais opaques ou excessivement élaborées, les relations finalement destructrices ou rédemptrices - entre six personnages peints en touches vives. Tout en habitant le même monde, chacun d'eux est absorbé par ses obsessions personnelles, interprétant ce monde, ainsi que les motifs et le comportement des autres, à la lumière de ses propres expériences et aspirations personnelles, et suivant sa propre perspective psychologique. Au centre de l'action se trouve le poète Gregor Mittenhofer, véritable pivot autour duquel tout le drame s'organise.>> Robert Henderson. C'est Dietrich Fischer-Dieskau qui endosse le rôle du poète Mittenhofer.

<<Je me réjouis de pouvoir rendre hommage à un homme à qui je dois des moments essentiels de ma carrière, notamment d'avoir incarné le personnage riche et fascinant de Gregor Mittenhofer dans l'Elégie pour de jeunes amants.>> Dietrich Fischer-Dieskau.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 12571
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   Ven 30 Nov - 22:36


The Bassarids/Die Bassariden est un opéra en un acte de Hans Werner Henze sur un livret de W. H. Auden et Chester Kallman d'après la pièce Les Bacchantes d'Euripide (-405). Il est créé au festival de Salzbourg le 6 août 1966 dans une traduction allemande par Maire Basse-Sporleder sous la direction de Christoph von Dohnányi avec Kerstin Meyer, Loren Driscoll, Kostas Paskalis, Peter Lagger, Helmut Melchert, William Dooley, Ingeborg Hallstein et Vera Little. La version en anglais est créée en 1968 par le compositeur, même si la version allemande continue aujourd'hui à être jouée. L’opéra est, d'après ce que j'ai pu lire ci et là, l'un des plus joués de la seconde moitié du XXème siècle. Je n'en suis qu'à une seconde écoute car il s'agit pour moi d'une découverte relativement récente. Bien qu'interprété dans la langue natale de Henze, il ne m'est absolument pas hermétique tant je suis pris par l'intensité de l'oeuvre qui ne s'essouffle jamais. Comme très souvent, le compositeur opte pour un instrumentarium intéressant et atypique: quatre flûtes, deux hautbois, deux cor anglais, quatre clarinettes, une clarinette basse, saxophones (alto, ténor), trois bassons, un contrebasson, six cors, quatre trompettes (dont une basse), trois trombones, deux tubas, six percussions, 3 cloches de vache, triangle, cymbales, 3 tam-tams, caisse claire, tambour militaire, 3 tom-toms, 3 bongos, grosse caisse, maracas, caisse en métal, glockenspiel, xylophone, vibraphone, marimba, tubular bells, Wood-blocks, deux guitares, deux mandolines, 2 harpes, 2 pianos, célesta, cordes. J'adore comment Henze orchestre ses musiques, en général, et cet opéra ne défraye pas la chronique. Un compositeur idéal pour moi qui me touche pratiquement dans tous les genres qu'il a abordés.

L'argument:

<<À Thèbes, le vieux roi Cadmus a cédé le pouvoir à son petit-fils Penthée, austère et rigoureux. La ville est en proie au doute : la fille de Cadmus, Sémélé, a-t-elle été unie à Jupiter ? En est-il né un nouveau Dieu, Dionysos? C'est ce que pensent de nombreux Thébains, dont le devin aveugle Tirésias, d'autres sont plus indécis (Cadmus ou la mère de Penthée, Agaue), mais le roi Penthée interdit qu'un culte soit rendu à Dionysos et à Sémélé. Quand paraît un étranger, il entraîne avec lui une bonne partie du peuple thébain pour célébrer le nouveau culte bacchique. Amené devant Penthée qui menace de le mettre à mort, l'étranger le trouble au point que Penthée, déguisé en femme, part assister au culte. Il est mis à mort par les Bacchantes, dont sa propre mère, Agaue. L'étranger n'est autre que Dionysos lui-même, venu se venger du sort fait à sa mère et à lui-même. Cadmus, Agaue et sa sœur Autonoe sont exilés.>>
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Hans Werner Henze (1926-2012)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Hans Werner Henze (1926-2012)
Revenir en haut 
Page 4 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les compositeurs-
Sauter vers: