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 Domenico Dragonetti (1763-1846)

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joachim
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Domenico Dragonetti (1763-1846) Empty
MessageSujet: Domenico Dragonetti (1763-1846)   Domenico Dragonetti (1763-1846) Empty2010-06-13, 11:34

Domenico Carlo Maria Dragonetti ["Il Drago"] (né le 7 avril 1763 à Venise — mort le 16 avril 1846 à Londres), dit il Drago (ital. "le dragon"), ou "le Paganini de la contrebasse", était un contrebassiste et compositeur italien.

Domenico est né de Pietro Dragonetti, probablement barbier et musicien amateur, et Caterina Calegari. Dragonetti est un virtuose autodidacte. Il apprit d'abord la guitare puis la contrebasse sur les instruments de son père.
L'enfant est bientôt remarqué par Doretti, violoniste et compositeur. À l'âge de douze ans, il reçoit l'enseignement de Berini, le meilleur soliste vénitien de la contrebasse. Ce vieux musicien après seulement onze leçons, n'eut plus rien à apprendre de plus au garçon.
À l'âge de treize ans, Dragonetti est nommé soliste à l'Opéra Buffa à Venise. L'année suivante, il occupe le même poste au Grand Opéra seria du théâtre San Benedetto. À dix-huit ans on le retrouve à Trévise où il est invité à rejoindre le quatuor de Tommasini.
Il passe des auditions pour l'admission à la prestigieuse chapelle Saint-Marc de Venise, où enseignait son maître Berini. Une première tentative en 1784 échoue contre Antonio Spinelli, mais enfin, le 13 septembre 1787, il est admis dans l'institution, pour un revenu annuel de 25 ducats, et rapidement en devient le principal contrebassiste. Sa réputation fait le tour de l'Europe, et il aura l'occasion de refuser une proposition du tsar de Russie ; ce qui lui vaudra tout de même, un doublement de son salaire...
C'est à cette époque qu'il commence à jouer des pièces en solo, chose exceptionnelle pour l'instrument et ce temps. Il est même élu de la direction d'un festival de musique organisé pour la venue de quatorze princes souverains de la République de Venise. L'un de ses concertos a été très remarqué par la reine de Naples.
Dragonetti jouait un instrument de Gasparo da Salò (1542-1609), le maître d'André Amati, qui lui avait été donnée en 1791 par les religieuses bénédictines du couvent de San Pietro, après un concert dans leur couvent et sans doute dans l'intention de l'attacher à l'institution. L'instrument est conservé aujourd'hui au musée de la basilique Saint-Marc de Venise, comme le souhaitait Dragonetti.

Âgé de vingt-et-un an, ses employeurs lui accordent un congé d'une année en maintenant son salaire, pour aller jouer au King's Theater de Londres. Ce congé est prolongé de trois ans, mais Dragonetti n'est finalement jamais retourné à Venise pour y travailler. Il quitte Venise le 16 septembre 1794 et participe à la première répétitions au King's Theater, du 20 octobre 1794. Sa première apparition publique comme membre de l'orchestre est le 20 décembre 1794 dans l'Opéra Zenobia à Palmira, de Giovanni Paisiello. Après seulement quelques mois, il devient fort célèbre à Londres et sa brillante carrière devait durer jusqu'à sa mort. Il excita les foules en exécutant des passages difficiles en harmoniques avec la plus parfaite maîtrise.
À l'occasion du deuxième voyage à Londres de Joseph Haydn en 1794-1795 le compositeur rencontre Dragonetti et les deux musiciens deviennent de très bons amis. En 1799, Dragonetti lui rend visite à Vienne et c'est l'occasion d'une célèbre rencontre avec Beethoven. Il joue avec ce dernier des œuvres pour violoncelle du maître de Bonn, mais interprétées à la contrebasse. Il effectua d'autres voyages à Vienne en 1808 et 1809, puis 1813. Cette année-là, le 8 décembre 1813, conduit par Beethoven, il prit part à la création de La Victoire de Wellington, pour célébrer la victoire de Wellington sur les armées françaises. Il participe aussi à la création de la neuvième symphonie ; puis en août 1845, âgé de quatre-vingt-deux ans, il participa, toujours dans les rangs, au festival Beethoven de Bonn - Berlioz est dans le public rassemblé.
Plus tard, il devient intime avec le Prince Consort et le duc de Leinster. Il a en outre, pris part entre les années 1816 et 1842, à quarante-six concerts donnés par la Société Philharmonique de Londres. À Opéra italien, il rencontre le violoncelliste Robert Lindley (1776-1855) qui devient son ami et avec qui il partagera la scène pendant cinquante-deux ans. Ensemble, ils se font une spécialité de jouer les sonates de Corelli.
Vincent Novello (1781-1861) et le Comte Vincent Carlo Pepoli, le librettiste de l'opéra I Puritani de Vincenzo Bellini sont parmi ses plus célèbres amis de Londres.
Domenico Dragonetti est mort dans sa chambre de Leicester Square à l'âge de 83 ans. Il est enterré le 23 avril 1846 dans les voûtes de la chapelle catholique de St Mary, Moorfields. En 1889 sa dépouille est transférée au cimetière catholique à Wembley.


Dragonetti a changé le statut de l'instrument en apportant dans le jeu de la contrebasse un certain nombre d'améliorations virtuoses qui lui ont valu une grande influence durant toute la première moitié du siècle, notamment en haussant la technique demandée au pupitre dans l'orchestre. C'est grâce à Dragonetti que l'instrument acquiert une popularité inégalée avant lui.
Dragonetti est connu pour sa formidable force et sont endurance. Il est particulièrement important au moment où le rôle de la contrebasse dans l'orchestre était d'aider le solo à maintenir la cohésion et le tempo. Sa grande force et sa grande main, lui permettait de jouer deux fois plus loin sur la touche que les autres contrebassistes.
Dragonetti possédait un style extrêmement puissant. On raconte que passant la nuit à l'hôtel, il est sorti sur le balcon au milieu de la nuit et a joué de son instrument une extrême vigueur. Le lendemain matin, les clients demandaient entre eux s'ils avaient « entendu la tempête ».


Dragonetti était un collectionneur d'instruments de musique, ainsi qu'un amoureux des beaux-arts notamment des tableaux de maîtres.
A sa mort on retrouva les instruments suivants : une contrebasse géante attribuée à Gasparo da Salò dont ont pense qu'elle était utilisée dans les représentations d'œuvres de Haendel, maintenant conservée au Victoria et Albert Museum de Londres ; un très beau Domenico Montagnana Basso di Camara (de Venise) ; une contrebasse Gasparo da Salò datée de 1590, une contrebasse Amati, une contrebasse Maggini ; un violon Stradivarius (joué une fois par Paganini) et connu aujourd'hui sous le nom de « Dragonetti » ; une trentaine de violons dont un Gasparo da Salò, deux Amati, un Lafont, une copie de Stradivarius ; huit altos, dont un Gasparo da Salò, un Amati et un Hill ; six violoncelles, un grand violoncelle, trois guitares, deux bassons et trois cors anglais.


Œuvres

Lorsque Dragonetti partit de Venise pour Londres, en 1795 il laissa de nombreux manuscrits, dont une méthode complète pour contrebasse, qui contient de nombreux exercices. Malheureusement ces documents ont été vendus et ne purent être récupérés par leur auteur lors de son retour à Venise. Aujourd'hui, bon nombre de ses lettres, documents personnels et compositions se trouvent à la British Library. Certains légués directement par Dragonetti ou d'autres offerts par Vincent Novello ou achetés aux enchères.
Dragonetti est l'auteur d'une huitaine de concertos pour son instrument, des pièces en solos ou accompagnées d'un clavier ou par l'orchestre. Il s'est aussi consacré à la musique de chambre en laissant des quatuors et une trentaine de quintette à cordes. Il a composé aussi des œuvres de musique vocale.


Sélection

contrebasse solo

12 Valses op. 67 / D 370
Grande Allegro


avec piano

Danze sataniche, pour contrebasse et piano
Fameux solo en mi mineur, pour contrebasse et piano
Menuet et Allegro, pour contrebasse et piano
Opera, pour contrebasse et piano
Sonate, pour contrebasse et piano
Allegretto en ut, pour contrebasse et piano
Adagio et Rondo en ut majeur, pour contrebasse et piano
Larghetto e Allegro vivace, Adagio e Allegro non tanto, Allegro e andante e Allegro, Larghetto e Allegro non tanto.... etc...
Sérénade-Allegretto pour contrebasse et piano
Grande allegro, pour contrebasse et piano
Solo en ré majeur, pour contrebasse et piano
Solo en ré mineur, pour contrebasse et piano, d'après la sonate da camera de Corelli op. 4 n° 8
Solo en sol mineur (Variazioni con Tema di Menuetto), pour contrebasse et piano
Andante et Rondo pour clarinette et piano


Musique de chambre

Duo en si bémol majeur pour violoncelle et contrebasse
Quatuor à cordes n° 1 en fa majeur
Quatuor à cordes n° 4 en mi mineur, D 350
Quintette à cordes n° 13 en ut mineur
Quintette à cordes n° 18 en ut majeur
Quintette à cordes n° 31 en ré majeur
Quintette en si bémol majeur
Quintette pour 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse en sol majeur D 180


avec orchestre

Concerto n° 3 en la majeur, pour contrebasse et orchestre
Concerto n° 5 en la majeur, pour contrebasse et orchestre
Concerto en sol majeur (Andante - Allegretto) D 290, pour contrebasse et orchestre
Adagio et Rondo en la majeur, pour contrebasse et orchestre
Andante et Rondo en si mineur, pour contrebasse et cordes
Serenata, pour piano et cordes graves
Pezzo di Concerto en ré majeur


Dernière édition par joachim le 2021-04-16, 16:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Domenico Dragonetti (1763-1846)   Domenico Dragonetti (1763-1846) Empty2014-03-14, 18:00

Voici tout un florilège de petites oeuvres pour contrebasse et piano, toutes très agréables à écouter, en tout cas, pour moi, que celles de Bottesini, bien plus connu.

Domenico Dragonetti (1763-1846) Back8810




Et voici son concerto pour contrebasse

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MessageSujet: Re: Domenico Dragonetti (1763-1846)   Domenico Dragonetti (1763-1846) Empty2021-04-16, 16:37

Une autre biographie :

Musicien au talent singulier, doté d'une personnalité de caractère et d'un sens aigu des affaires, il a eu une carrière extraordinaire. Il était également un collectionneur passionné d'instruments, de musique, de peintures, de tabatières et de poupées.
Les parents de Dragonetti, Pietro Dragonetti et Cattarina Calegari, ont également eu une fille, Marietta, à qui Domenico a fourni une aide financière après avoir quitté Venise. Pietro a peut-être été musicien et aussi gondolier.
La biographie de Francesco Caffi (1846) est la principale source des années vénitiennes de Dragonetti. On dit que Dragonetti a reçu des instructions de Michele Berini, un bassiste dans les théâtres et à S Marco. Il pratiqua assidûment, se produisit dans les rues de Venise avec succès populaire, apprit des amitiés avec Sciarmadori (un cordonnier) et le violoniste Nicola Mestrino et était membre de l'Arte dei Suonatori. À l'âge de 24 ans, trois ans après sa première tentative de rejoindre les instrumentistes de S Marco, il est accepté comme le cinquième des cinq contrebassistes le 13 septembre 1787; en décembre, il était devenu directeur.

En 1791, les procureurs le récompensèrent pour son rejet des offres de l'étranger par un paiement de 310 lires. À l'automne 1794, âgé de 31 ans, Dragonetti ne pouvait plus être retenu et, le 16 septembre, il quitta Venise pour Londres avec un congé de deux ans, prolongé plus tard de trois ans. Bien qu'il soit retourné à Venise en 1799 afin de finaliser sa démission, et a visité à nouveau la ville en 1809, le reste de sa vie a été basé à Londres. La carrière de Dragonetti en Angleterre a été remarquable. Non seulement il a irrévocablement remis en question et modifié la réception et les attentes de son instrument, mais il s'est également taillé une position unique dans la création musicale en Grande-Bretagne qui a duré plus d'un demi-siècle. À une époque où les musiciens d'orchestre commandaient de maigres revenus, Dragonetti accumulait richesse et sécurité: en juin 1846, son solde chez Coutts & Co. s'élevait à 1006 £ 12s. 2d. Sa popularité et ses compétences ont formé une "marchandise" unique qui lui a permis de négocier un paiement convenable."

Dans les années 1790, il interprète ses propres compositions avec une large reconnaissance. Un critique a fait remarquer que Dragonetti "par des pouvoirs presque magiques, investit un instrument, qui semble mener une guerre éternelle avec la mélodie,rude comme la tempête, et comme le tonnerre fort, avec tous les charmes des sons doux et harmonieux" (Bath Chronicle, 14 novembre 1799). Entre 1808 et 1814, il était à l'étranger, visitant à la fois Vienne et Venise. Après 1815, ses revenus provenaient principalement du travail orchestral et ses apparitions en musique de chambre, qui comprenaient des transcriptions populaires de sonates de Corelli, Haendel et Giuseppe Sammartini, ainsi que des œuvres originales de ses contemporains, ont maintenu et consolidé sa réputation. Le journal annuel de Dragonetti présentait un mélange fluctuant d'engagements pendant la saison londonienne au King's Theatre, aux Ancient Concerts, à la Philharmonic Society et à Drury Lane, à diverses séries d'abonnements et à des concerts publics et privés. Pendant les mois restants, il était une figure familière dans les fêtes provinciales et dans les maisons de l'aristocratie. Ses honoraires étaient exceptionnellement élevés pour un instrumentiste: un long marchandage avec la Philharmonic Society conduisit d'une part à son absence à la première londonienne de la Symphonie n° 9 de Beethoven en 1825, et d'autre part à son statut d'orchestre le mieux payé de 1831 à 1842.

Il mourut à l'âge de 83 ans, se prélassant dans l'affection de ses nombreux amis. L'hommage émouvant dans The Musical World déclarait: "Dragonetti n'était pas seulement le plus grand interprète de son âge à la contrebasse - possédant le plus fin instinct de la véritable excellence dans tout ce qui concerne son art - mais il avait des qualités morales de haut niveau; un disposition bienveillante et généreuse, et un penchant pour l'amitié, qu'il a exercé avec jugement et discrimination dans les hommes et les choses."



https://www.youtube.com/watch?v=wN-SQFkGxm0
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MessageSujet: Re: Domenico Dragonetti (1763-1846)   Domenico Dragonetti (1763-1846) Empty2021-04-16, 18:22

Il est question ailleurs des quintettes d'Onslow. Lors d'un concert à Londres où on devait donner un de ses quintettes à deux violoncelles, le second violoncelliste fut empêché. On persuada Onslow de confier la partie de second violoncelle à Dragonetti, qui participait au même concert. Onslow, d'abord réticent, fut enthousiasmé par la combinaison. Il écrivit alors ses quintettes avec contrebasse et proposa une partie alternative de contrebasse pour nombre des rééditions de ses quintettes.
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