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 Luigi Dallapiccola (1904-1975)

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joachim
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MessageSujet: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 11 Juin - 9:41

Luigi Dallapiccola est un compositeur et painiste italien né le 3 février 1904 à Mitterburg (aujourd'hui Pisino) dans le Comitat d'Istrie et mort le 19 février 1975 à Florence (Toscane).

Humaniste de gauche, Luigi Dallapiccola traite dans ses opéras et ses cantates le thème de l'homme qui, au sein d'une société essentiellement hostile, se cherche sans pouvoir aller au bout de cette quête.
Musicalement, Dallapiccola est influencé par le dodécaphonisme, qu'il traite cependant dans la tradition italienne du bel canto.


Œuvres

Opéras

Volo di notte (Vol de nuit) (1940), opéra en un acte d'après Antoine de Saint-Exupéry
Il ritorno d'Ulisse in patria (Le Retour d'Ulysse dans sa patrie) (1942), transcription et adaptation de l'opéra de Claudio Monteverdi
Il prigioniero (Le Prisonnier) (1949), opéra en un prologue et un acte d'après Auguste de Villiers de l'Isle-Adam
Ulisse (Ulysse) (1968), opéra en un prologue et deux actes d'après Homère


Cantates

Canti di prigionia (Chants de prison) (1941), pour chœur mixte et ensemble pour chœur et orchestre
Canti di liberazione (Chants de libération) (1955), pour chœur et orchestre


Mélodies

Due liriche del Kalevala (Deux poèmes lyriques du Kalevala) (1931), pour ténor, baryton, chœur de chambre et quatre instruments à percussion
Tre laudi (Trois laudes) (1937), pour voix aiguë et orchestre de chambre
Due liriche di Anacreonte - Liriche Greche II (Deux poèmes lyriques d'Anacréon - Lyrique grecque) (1946), pour soprano et ensemble
Tre poemi (Trois poèmes) (1949), pour voix et ensemble
Goethe-Lieder (1953), pour soprano et trois clarinettes
Cinque canti (Cinq chants) (1956), pour baryton et quelques instruments
Commiato (1972), pour soprano et quinze instrumentistes


Musique symphonique

Marsia (1948), ballet en un acte
Tartiniana (1951-1956) pour violon et orchestre


Musique chorale

Sei cori di Michelangelo Buonarroti il giovane (Six chœurs de Michel-Ange le jeune) (1935-1938), pour chœur mixte avec ou sans instruments


Musique de chambre

Quaderno musicale di Annalibera (1952), pour piano
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Stadler
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 11 Juin - 9:55

joachim a écrit:
Opéras

Volo di notte (Vol de nuit) (1940), opéra en un acte d'après Antoine de Saint-Exupéry

Tu aurais pu garder cela sous le coude : cela aurait fait un beau sujet d'Enigma Wink

J'ignorais totalement que Vol de Nuit avait donné lieu à un opéra
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http://clarinette-classique.forumactif.fr/index.htm
joachim
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 11 Juin - 13:19

Stadler a écrit:
joachim a écrit:
Opéras

Volo di notte (Vol de nuit) (1940), opéra en un acte d'après Antoine de Saint-Exupéry

Tu aurais pu garder cela sous le coude : cela aurait fait un beau sujet d'Enigma Wink

J'ignorais totalement que Vol de Nuit avait donné lieu à un opéra

Mais non, en Enigma tu aurais trouvé quand même Suspect


Un peu plus de détails sur sa bio et ses oeuvres :

Luigi Dallapiccola [1904, Italie (Pisino d'Istria en Italien, ou Mitterburg en Autrichien, alors en Autriche-Hongrie, aujourd'hui Pazin, en Croatie) - 1975, Italie (Florence), décédé à 71 ans], après l'exil politique à Graz de sa famille contestataire (pro-nationalisme Italien) en 1917-1918 par les Habsbourg (pour lui, une humiliation), étudie le piano et la composition au Conservatoire de Florence avec Roberto Casiraghi, Corrado Barbieri, puis Vito Frazzi ; la révélation du "Pierrot Lunaire" de Schoenberg stimule sa vocation pour la composition, en 1924 ; après un soutien initial à Mussolini (années 20), la guerre d'Espagne, la campagne militaire Italienne d'Abyssinie (1935) et la radicalisation anti-sémite de la doctrine Fasciste (1938) le poussent à une opposition déclarée au régime politique (à son racisme, aux aliénations des libertés) et à un second exil pendant la 2ème guerre mondiale (local, celui-là, caché à 2 reprises plusieurs mois, dans un petit village près de Florence) ; à la fin de la guerre, en 1945, il a une activité de journaliste, en parallèle à ses compositions ; il a longuement enseigné (1931 - 1967) au Conservatoire de Firenze [Florence] et durant les années 50 et 60, il a fréquemment donné des conférences aux USA et en Europe ; son engagement militant (humanisme de gauche) pour la liberté et contre l'exclusion est constant tout au long de sa vie, d'autant que son épouse est d'ascendance Juive ; en raison d'une santé précaire, ses compositions terminées s'arrêtent en 1972... Premières œuvres significatives (premières pièces d'influences Mahlerienne et Debussyste, avec néo-classicisme madrigaliste, reniées) : "Musica per 3 Pianoforti" (1935, pour pianos). Instrument pratiqué : piano (concertiste).

Moderniste-Expressionniste. Luigi Dallapiccola est un compositeur à part dans la Musique Contemporaine, fruit d'un étrange héritage, hybride de la modernité et de l'Italianité post-classique (cantabile, chromatisme), non seulement en raison de ses racines stylistiques (au contraire, il est surtout influencé d'abord par le dodécaphonisme de Schoenberg et Berg, puis par Busoni, et il accompagne la vague sérielle de Darmstadt, selon Webern), mais surtout en raison de son appartenance à la génération antérieure ; ainsi, il utilise des intervalles dissonants, caractéristiques de la musique sérielle (secondes, septièmes, neuvièmes), mais aussi des intervalles consonants (musique modale), avec en résultante un univers original et personnel plutôt séduisant (tonal et atonal), mais d'accès difficile (expressif, centré sur la voix dans la tradition Italienne du bel canto, clair... mais objectif, rationnel, presque distancé, tout en communiquant une forte émotion) ; son langage est un mélange de dodécaphonisme (12 sons sur-employés) et de consonance selon les théories sur l'ultra-tonalité de Ferruccio Busoni... Pièces emblématiques : "Volo di Notte [Vol de Nuit]" (1940, opéra de chambre, en 1 acte, d'après Antoine de Saint-Exupéry, marqué par Berg), "Canti di Prigionia [Chants d’Emprisonnement]" (1941, pour chœur et 5 musiciens, antifasciste, lamentation éthérée contre l'univers carcéral), "Liriche Greche I, II, III" (1944-1947, pour voix et instruments, dodécaphonique, non écouté en concert), "Il Prigioniero [Le Prisonnier]" (1949, opéra de chambre, court et poignant), "Quaderno musicale di Annalibera" (1952, pour piano), "Cinque Canti" (1956, pour baryton et 8 instruments, sérielle et chromatique), "Tartiniana Seconda" (1956, pour violon et piano, revisitation chromatique de l'antique), "Three Questions with two Answers" (1962, pour orchestre), "Ulisse" (1959-1968, opéra, avec un personnage principal en quête d'idéal et qui devient catholique mystique), "Tempus Destruendi - Tempus Aedificandi" (1971, diptyque pour chœur), "Sicut Umbra" (1970, pour mezzo-soprano et ensemble).

source : http://www.musiquecontemporaine.info/acompo-Dallapiccola.php
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Sam 11 Juin - 15:25

Redécouverte hier de plusieurs oeuvres du compositeur italien; PARTITA (1930-32) pour grand orchestre et avec soprano dans le quatrième et dernier mouvement. J'ai beaucoup aimé cette oeuvre encore très tonale et même lyrique. Je l'ai trouvée généreuse et expressive,à écouter si vous en avez l'occasion,jean,Joachim et Olivier. Le dernier mouvement avec la soprano Gillian Keith est un pur délice,un petit chef-d'oeuvre d'émotion!

DIALOGHI (1959-60) pour violoncelle et orchestre représente sans doute la période sérielle du compositeur,comme chez pas mal d'autres,cependant,le résultat ne fait pas de cette pièce concertante quelque chose qui surprend. On y trouve tous les "tics" d'une musique sérielle quelconque.

Quattro Liriche di Antonio Machado (1964) pour soprano et orchestre de chambre propose déjà une musique plus souple et agréable, et même plus poétique,au final.

Three Questions Whith two Answers (1963) pour orchestre joue,à mon humble avis,beaucoup mieux du sérialisme que Dialoghi et je la considère comme faisant partie des rares réussites du genre tant la technique sérielle, ici, ne mécanise absolument pas cette partition très raffinée et évoluant en mode interrogatif. Et oui,la pièce,finement ciselée,semble s'achever sur un point d'interrogation.
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joachim
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 11:17

Je ne connais pas la Partita avec soprano, par contre j'ai écouté les Dialoghi pour violoncelle et orchestre, que j'ai trouvé horribles Embarassed comme tu dois t'en douter.
Par contre, il est vrai que les Trois questions et deux réponses, et les 4 liriches di Antonio Machado sont tout à fait "écoutables" même si je n'y trouve rien d'extraordinaire.

Ce que j'ai préféré chez Dallapicolla, c'est Volo di Notte (Vol de Nuit) et ses Canti di Prigiona, pour choeur, 2 pianos, 2 harpes et percussions.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 13:28

Icare a écrit:
Redécouverte hier de plusieurs oeuvres du compositeur italien; PARTITA (1930-32) pour grand orchestre et avec soprano dans le quatrième et dernier mouvement. J'ai beaucoup aimé cette oeuvre encore très tonale et même lyrique. Je l'ai trouvée généreuse et expressive,à écouter si vous en avez l'occasion,jean,Joachim et Olivier. Le dernier mouvement avec la soprano Gillian Keith est un pur délice,un petit chef-d'oeuvre d'émotion!

Merci pour ce conseil, je mets Partita dans un coin de ma tête pour le découvrir un jour. Cela ressemble t il à du Mahler ?
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 15:52

joachim a écrit:
Je ne connais pas la Partita avec soprano, par contre j'ai écouté les Dialoghi pour violoncelle et orchestre, que j'ai trouvé horribles Embarassed comme tu dois t'en douter.
Par contre, il est vrai que les Trois questions et deux réponses, et les 4 liriches di Antonio Machado sont tout à fait "écoutables" même si je n'y trouve rien d'extraordinaire.

Ce que j'ai préféré chez Dallapicolla, c'est Volo di Notte (Vol de Nuit) et ses Canti di Prigiona, pour choeur, 2 pianos, 2 harpes et percussions.

Il faut que tu écoutes la Partita car la partie pour soprano est magnifique. Comme je l'ai mentionné plus haut,je n'aime pas Dialoghi non plus. "Trois questions et deux réponses" n'est pas l'oeuvre la plus émouvante que j'ai entendue mais elle est très subtile et poétique. Puis ,comme oeuvre sérielle,si tu l'a trouvée écoutable,c'est déjà un signe que le sérialisme ne te rebute pas systématiquement. Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 15:53

Olivier a écrit:
Icare a écrit:
Redécouverte hier de plusieurs oeuvres du compositeur italien; PARTITA (1930-32) pour grand orchestre et avec soprano dans le quatrième et dernier mouvement. J'ai beaucoup aimé cette oeuvre encore très tonale et même lyrique. Je l'ai trouvée généreuse et expressive,à écouter si vous en avez l'occasion,jean,Joachim et Olivier. Le dernier mouvement avec la soprano Gillian Keith est un pur délice,un petit chef-d'oeuvre d'émotion!

Merci pour ce conseil, je mets Partita dans un coin de ma tête pour le découvrir un jour. Cela ressemble t il à du Mahler ?

Je pense que Mahler put être une influence,effectivement.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 20:25

Icare a écrit:


Je pense que Mahler put être une influence,effectivement.

J'ai écouté sur YouTube et cela me semble effectivement intéressant et accessible pour les Mahleriens.


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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 21:08


Le morceau avec la soprano,quand même!
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Olivier

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 21:33

Icare a écrit:

Le morceau avec la soprano,quand même!

Je te rejoins Mains ce mouvement est effectivement magnifique

Une vraie méditation sur des paroles simples mais pleine d'émotion.
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Jean

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Lun 13 Juin - 22:24

les deux superbes! Wink
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Olivier

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Mer 6 Juil - 22:32

Icare a écrit:
 PARTITA (1930-32) pour grand orchestre et avec soprano dans le quatrième et dernier mouvement. J'ai beaucoup aimé cette oeuvre encore très tonale et même lyrique. Le dernier mouvement avec la soprano Gillian Keith est un pur délice,un petit chef-d'oeuvre d'émotion! 

DIALOGHI (1959-60) pour violoncelle et orchestre.

Quattro Liriche di Antonio Machado (1964) pour soprano et orchestre de chambre propose déjà une musique plus souple et agréable

Three Questions Whith two Answers (1963) pour orchestre joue,à mon humble avis,beaucoup mieux du sérialisme que Dialoghi et  je la considère comme faisant partie des rares réussites du genre tant la technique sérielle, ici, ne mécanise absolument pas cette partition très raffinée et évoluant en mode interrogatif. Et oui,la pièce,finement ciselée,semble s'achever sur un point d'interrogation.
J'ai reçu mon CD de Dallapicolla (Chandos) hier et je pense que c'est le même que le tient car il contient les mêmes oeuvres que celles que tu détaillent.
J'ai beaucoup aimé le second et dernier mouvement de Partita que j'avais entre découvert via YouTube.
L'œuvre qui m'a le plus interpellée est "Three Questions with Two Answer" ou je rejoins ton analyse.
Je n'ai pas encore écouté Dialoghi.
Merci Icare pour cette découverte. Mains
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Jeu 7 Juil - 8:27

Heureux que tu ais apprécié aussi Three Questions With to Answer car on touche là une esthétique emblématique du langage contemporain à la fois "moderne" et accessible. Plutôt que de grandes plages lyriques qui nous touchent au coeur et par lesquelles nous sommes souvent conditionnés (à juste titre),cette composition évolue davantage dans le suggéré,le subtil,le fragmenté,la retenue,le poétique,joue une carte peut-être plus conceptuelle mais qui a le mérite d'ouvrir d'autres horizons et de modifier quelque peu notre perception du "beau".
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Olivier

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Dim 18 Sep - 13:07

Re écoute en cours de Partita de Dallapiccola et un grand moment de plaisir notamment par le 4eme mouvement avec la soprano.

Cette oeuvre créée en 1933 et dédiée à la mémoire d'un imminent pianiste et ami du compositeur : Ernesto Consolo.

Ci dessous le commentaire de la pochette du disque relatif au 4eme mouvement :
Un peu comme apparait dans la 4eme Symphonie de Mahler une soprano solo pour amener un finale à l'allure de mélodie folklorique, la Partita de Dellapiccola se termine par un arrangement délicat d'une berceuse latine médiévale de la Vierge. Ici, après les dissonances et les conflits des mouvements précédents, tout est douceur et légèreté: les premières phrases chantées par la soprano émanent des récitatifs du mouvement antérieur, tandis que le thème ample de la Fanfare émerge bientôt comme mélodie principale du chant pastoral. Dans une orchestration merveilleusement diaphane, le compositeur étaye le texte au moyen d'épisodes lyriques sans artifices, presque extatiques operatiquement parlant, avec une coda d'une beauté cristalline, rehaussée par le célesta, les harpes et les cloches, et annotée, bien à propos, Celestiale.

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Pianoline
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Mar 11 Sep - 18:25

Je ne connaissais pas ce compositeur, je viens de lire sa biographie grâce à vos posts. J'ai à jouer au piano ceci, juste la pièce IX : Colore. J'ai du mal à en saisir le sens.
Quelqu'un aurait un interview du compositeur sur sa musique ?
Ou aurait quelque part une analyse de cette oeuvre ?



Sinon, je trouve cette oeuvre curieuse, un univers contemplatif, une expressivité moderne. Malgré tout, pour l'instant, j'ai un peu de mal à accrocher, ca ne me cause pas,
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Mar 11 Sep - 18:53


Je suis un peu comme toi avec cette pièce de piano. C'est assez mystérieux et détaché à la fois mais je n'accroche pas trop non plus.
Ca manque d'intensité pour me captiver vraiment.
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Mar 11 Sep - 19:05


Sinon je n'ai pas trouvé d'interview du compositeur.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Luigi_Dallapiccola
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Mar 11 Sep - 19:11

J'ai cherché un peu, et selon quelques infos chopées sur internet, il aurait écrit Quaderno musicale di Annalibera pour l'anniversaire de sa fille Annalibera, à 8 ans. Il aurait voulu imiter Bach avec son Clavier bien tempéré ou ses inventions en donnant des pièces d'exercices pour les enfants. Il l'a écrit également pour le Pittsburgh International Contemporary Music Festival. Ses 12 pièces alternent entre des mouvements expressifs, voir lyriques, et des mouvements contrapuntiques, se calquant encore une fois sur le contrepoint de Bach. Colors en ferait partie.

Voilà, ca ne m'avance pas trop, mais c'était pour la ptite histoire, Laughing Cela dit, l'histoire du contrepoint, je n'arrive pas à le trouver dans mon morceau !
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 8 Mai - 14:35

<<Il suffit parfois d'un seul événement important pour déterminer la direction de toute une vie. La mienne a été déterminée la nuit du 1er avril 1924, lorsque j'ai vu Arnold Schoenberg diriger son Pierrot Lunaire.>>

Voilà ce qu'écrivit Luigi Dallapiccola de l'exécution à laquelle il assista à Florence, à l'âge de vingt ans. Il composa Tartiniana pour violon et orchestre de chambre au cours de l'été 1951, en réponse à une commande de la Fondation Koussevitzky, oeuvre dédiée à la mémoire de Serge et Nathalie Koussevitzky. La première en fut donnée par un ami proche du compositeur, le violoniste Sandro Materassi, avec l'orchestre de la radio suisse sous la direction de Hans Rosbaud, en novembre 1952. L'oeuvre est sous-titrée "Divertimento sur des thèmes de sonates de Giuseppe Martini". C'est une musique tonale, accessible et agréable dans son ensemble. Il ne faut toutefois pas s'attendre, de la part de Dallapiccola, à une imitation de l'instrumentation baroque. Elle évolue avec pas mal de délicatesse au sein d'un orchestre moderne, plutôt riche en instruments à vent et dépourvu de violons si ce n'est le principal (par James Ehnes). Même si avec Dallapiccola, on aurait tendance à imaginer une musique plus austère, plus élitiste, cette Tartiniana contredit nettement cette idée toute faite. J'en apprécie plus particulièrement le second mouvement. C'est une seconde écoute, le même jour, qui me l'a révélé. J'avais un grand besoin de m'imprégner de ces musiques, ce qui explique parfois pourquoi je m'applique à les réécouter plusieurs fois le même jour. Cependant, je lui préfère Due Pezzi pour orchestre (1952). Ces deux pièces proviennent d'esquisses que Luigi Dallapiccola coucha sur le papier en 1946 pour un projet de film documentaire sur le peintre de la Renaissance Piero della Francesca. Ce projet resta mort-né et, durant l'hiver 1946/47, il tira de ce matériau deux pièces qu'il intitula Due Studi pour violon et piano. Il en fit ensuite une version pour grand orchestre qui fut créée à Londres pour une diffusion à la BBC, sous la direction de Mario Rossi, le 3 novembre 1947. On touche là à une oeuvre doucement dodécaphonique dans sa première partie, plus musclée dans la seconde. En fait, des deux pièces, c'est sans doute la première, plus poétique à mon goût, qui me touche le plus - un doux paysage embrumé et lointain qui se découvre petit à petit, faisant apparaître les traits et les couleurs pastelles d'un jardin discret. On peut y voir aussi une musique qui avance sur la pointe de ses notes dans un mystérieux Eden. Avec Piccola Musica Notturna (1954) pour orchestre de chambre, on touche là encore à un emploi délicat et poétique du dodécaphonisme, au service d'un nocturne mystérieux et serein. L'oeuvre est dédiée à Hermann Scherchen.


Dernière édition par Icare le Ven 8 Mai - 19:29, édité 5 fois
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jdperdrix

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 8 Mai - 16:27

A écouter sans prévention "Il Prigioniero" d'après "la Torture par l'espérance" de Villiers de l'Isle-Adam. Une oeuvre puissante et poignante sur la liberté. Elle mêle dodécaphonisme, chants populaires avec un traitement très lyrique des voix. Un des grands opéras de ce siècle. On en trouve plusieurs versions sur le site habituel, malheureusement seulement le son et pas de sous-titres.
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 8 Mai - 17:17

jdperdrix a écrit:
A écouter sans prévention "Il Prigioniero" d'après "la Torture par l'espérance" de Villiers de l'Isle-Adam. Une oeuvre puissante et poignante sur la liberté. Elle mêle dodécaphonisme, chants populaires avec un traitement très lyrique des voix. Un des grands opéras de ce siècle. On en trouve plusieurs versions sur le site habituel, malheureusement seulement le son et pas de sous-titres.

Très probablement son principal chef d'oeuvre que je vais réécouter dans un avenir relativement proche. Wink Jdperdrix, l'as-tu découvert en concert ou juste en audio?
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Icare
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 8 Mai - 19:20

Pour la petite histoire, Luigi Dallapiccola ne composa la musique que d'un seul ballet, entre 1942 et 1943, sur un argument d'Aurel Milloss, qui reprend à son compte la célèbre légende classique du satire Marsyas, le découvreur de la musique pour la flûte (que l'on entend au tout début de la superbe "Danza Magica", premier fragment de cette oeuvre). <<C'était un musicien si impressionnant qu'il défia avec courage Apollon dans un concours d'adresse. A un moment dramatique dans la "Danza di Apollo", le dieu retourne sa lyre à l'envers et continue à jouer sans toucher les cordes, remportant ainsi le concours; après quoi, mis en rage par l'audace du satyre, il le fait écorcher vif. les larmes des pleureus de Marsyas deviennent deviennent un fleuve qui porte le nom du satyre. Marsia s'inscrit ainsi parmi les oeuvres de Dallapiccola qui traitent du thème de l'homme dans sa lutte contre une force beaucoup plus puissante et cruelle que la sienne.>>

Cette oeuvre n'avait aucune chance de faire l'objet d'une production dans l'Italie fasciste et le ballet ne fut en réalité jamais joué sur scène avant le Festival de la SIMC (société internationale de musique contemporaine) à Venise, en septembre 1948. Mais une grande partie de la musique avait déjà été jouée six mois auparavant. Dallapiccola en avait tiré les Frammenti Sinfonici dal Balletto "Marsia" en 1947 et cette suite - qui représente environ les deux tiers de la partition complète du ballet - fut créée à la Radio belge le 12 mars 1948, sous la direction de Daan Sternefeld. Personnellement, j'aime beaucoup cette oeuvre et plus globalement le style symphonique de Luigi Dallapiccola qui n'abuse absolument pas, en tout cas pas systématiquement, de la puissance de l'orchestre ni de ses masses sonores. Au contraire, il favorise souvent des toiles sonores clairsemées, délicatement irisées, voire vaporeuses, crée des ambiances sereines, poétiques et intimistes avec beaucoup de soin. Il sculpte presque dans la soie ou l'argile. C'est une musique souvent fragile, propice au rêve, d'une douceur infinie, d'une fraîcheur printanière. La douceur de certaines formes se confronte toutefois à d'autres formes plus sévères faites de rythmes ostinati et d'un développement contrapunctique qui en impose. L'oeuvre n'approche absolument pas la rigueur sérielle de ses compositions ultérieures, révèle au contraire une influence de l'impressionnisme, pouvons-nous y trouver une once de Ravel et de Respighi.

Quaderno Musicale di Annalibera pour piano (1952) est une oeuvre que Dallapiccola considérait comme étant sa composition dodécaphonique la plus rigoureuse jusqu'alors. En 1953, en réponse à une commande du "Louisville Symphony Orchestra", il remania cette oeuvre pour grand orchestre sous le titre de Variazioni per Orchestra. La création eut lieu à Louisville, dans le Kentucky, le 2 octobre 1954, sous la direction de Robert Withney. Encore une fois, j'ai pu apprécier beaucoup de délicatesse et de douceur dans cette musique même s"il n'y a bien sûr pas que ça et même si elle me fait un peu moins d'effet que ses "Frammenti...".

<<Comme Webern, mais à l'inverse de Schoenberg, Dallapiccola avait alors élaboré une sorte d'orchestration  presque dépourvue de doublures instrumentales ou d'octaves: il y a des effets massifs, mais qui ne proviennent pas d'un grand nombre d'instruments jouant ensemble. (Il fit un jour remarquer que l'idée de Busoni de créer un effet de "pédale de piano" dans l'orchestre en prolongeant certains sons avait influencé la manière dont il créa les "Variazioni".)>> Calum MacDonald.
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jdperdrix

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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Ven 8 Mai - 20:53

Je n'ai pas vu Il Prigioniero sur scène. Je ne crois pas qu'il en existe de vidéo. Et je le regrette. J'imagine la scène où le Grand Inquisiteur, caché derrière l'arbre, enserre le prisonnier qui, croyant être libre, étreint cet arbre. Et le Grand Inquisiteur lui murmure "Fratello" encore une fois...
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joachim
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   Sam 9 Mai - 12:33

Il Prigioniero, comme Volo di Notte, sont des opéras de chambre en 1 acte, assez courts (autour d'une cinquantaine de minutes). J'aime bien l'un et l'autre, avec quand même une petite préférence pour Il Progioniero.

Je viens de réécouter la Partita, pour orchestre et soprano soliste dans le 4ème mouvement, la première oeuvre importante de Dallapicolla (datée de 1930, le compositeur avait 26 ans). Je trouve les deux mouvements médiants (burlesca et recitativo e fanfare) plutôt quelconques, mais par contre j'aime beaucoup la Passacaglia, le premier mouvement, et le quatrième, Naenie, une sorte de berceuse funèbre qui aurait presque pu être écrite par Mahler.

https://www.youtube.com/watch?v=kOHt6fkdwHQ&spfreload=10
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MessageSujet: Re: Luigi Dallapiccola (1904-1975)   

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Luigi Dallapiccola (1904-1975)
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