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 Ferenc Farkas (1905-2000)

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Snoopy
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MessageSujet: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2006-10-29, 20:10

Ferenc Farkas est un compositeur hongrois, né à Nagykanizsa (Hongrie) le 15 décembre 1905 et mort à Budapest le 10 octobre 2000.  

Issu d’un milieu mélomane (son père, officier dans l’armée impériale, jouait du cymbalum, sa mère du piano) Ferenc Farkas débute ses études musicales à Budapest, au Gymnasium protestant puis à l’Académie de Musique où il suit les cours de composition de Leó Weiner et d’Albert Siklos.
Après l’obtention de son diplôme en 1927, il travaille comme corépétiteur et chef d'orchestre au Théâtre municipal de Budapest et collabore avec les Ballets russes de Diaghilev.
De 1929 à 1931, il se perfectionne à l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome dans la classe d’Ottorino Respighi. Les années passées à Rome ont sur lui une influence décisive. Il se familiarise avec la culture italienne et méditerranéenne pour laquelle il a une profonde attirance. Il dit à ce sujet : "Mon principal objectif a toujours été d'atteindre aussi la clarté et les proportions latines".

Farkas retourne à Budapest en automne 1931. Ne trouvant pas d'autres engagements, il joue comme pianiste dans différents orchestres de théâtre. En 1932, il rencontre le réalisateur Paul Fejos pour qui il compose plusieurs musiques de film, d’abord en Hongrie, puis à Vienne et Copenhague. Cette collaboration marque le début d’une série impressionnante d’œuvres liées à la musique «appliquée » (quelque 75 musiques de films, 44 musiques de scène et œuvres radiophoniques).

Au printemps 1934, il effectue ses propres recherches sur la musique hongroise traditionnelle en collectant des chants populaires dans le Comitat de Somogy : "Au retour de mes voyages à l'étranger, il devint clair pour moi que les œuvres et les recherches de Bartók et de Kodály soulevaient des problèmes cruciaux que nous avions, nous Hongrois, à résoudre".

À partir de 1935, il enseigne à l'Ecole supérieure de Musique de Budapest. De 1941 à 1944 il occupe, au Conservatoire de Kolozsvár, les fonctions de professeur de composition puis de directeur et il dirige le Chœur de l’Opéra de la ville.

À la fin de 1944, à cause de la guerre, il rentre en Hongie et, pendant la bataille de Budapest, il travaille comme vice-directeur des Chœurs de l’Opéra. En 1946, il est envoyé à Székesfehérvár où il fonde et dirige le Conservatoire. Il est nommé professeur de composition à l'Académie de Musique Franz Liszt de Budapest en 1949, fonction qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1975.

Son enseignement aura la plus grande influence dans la seconde moitié du siècle. Parmi ses élèves figurent György Kurtág, György Ligeti, Emil Petrovics, Attila Bozay, Zsolt Durkó, Zoltán Jeney, Miklós Kocsár, Sándor Szokolay et Lajos Vass.

A noter que son fils András Farkas (né en 1945 à Budapest) est musicien, chef de chœur et chef d'orchestre. Il a écrit une biographie de son père ("mon père m'a raconté...") et rédigé le site www.ferencfarkas.org    


Style


Les trois composantes du langage très personnel de Farkas sont le néo-classicisme italien, la musique traditionnelle hongroise (musique hongroise) et le dodécaphonisme. Son style se caractérise par une invention mélodique, une clarté dans les formes, le sens des couleurs et des proportions, des rythmes vifs et spontanés.

Sándor Jemnitz, le seul élève hongrois de Schoenberg écrit à propos d'un de mes concerts. " ... Comme si l’attrait de la résistance excitait son instinct créatif. Sa maîtrise polyvalente rappelle la compétence et l’habileté que les artistes d’antan mettaient au service de leurs commanditaires de haut rang en se conformant fidèlement aux exigences de genre et de style qui leur étaient imposées. Quel est donc le véritable visage de la musique de Farkas ? Il a, dans ses jeunes années, choisi Respighi pour maître. Ce choix n’était pas qu’un pur hasard, ce fut certainement la conséquence d’une attirance particulière. Il est probable que le charme gracieux et aérien de la musique latine correspondait à sa sensibilité profonde".
Ces lignes flatteuses témoignent avec justesse de mon attirance pour l’élégance latine. Mais cela va plus loin : mon principal objectif a toujours été d'atteindre aussi la clarté et les proportions latines. Je pourrais faire mienne cette autre citation d’Hemingway : "I never put a sentence down on paper until I believe I have it so expressed that it will be clear to anyone (Je n'ai jamais mis une phrase sur papier avant d'être certain de l'avoir exprimée de manière à ce qu'elle soit claire pour quiconque)" . Vient ensuite la recherche de ce qui, en réalité, existe déjà et qu’il suffit de découvrir. Comme le sculpteur qui ne fait que dégager la sculpture déjà contenue "à priori" dans la masse de marbre, j’essaye, à partir du motif, de faire jaillir la ligne mélodique la plus évidente et la plus naturelle. Je recherche la forme dans laquelle le matériel se sent le mieux."


Œuvre

"Depuis le début, je me suis impliqué dans tous les domaines de la musique ; je n’ai pas voulu créer qu’un petit coin de chambre, plein d'ambiance, au goût personnel et raffiné, mais des espaces petits et grands, aux agencements différents, agréables à vivre, avec les fenêtres ouvertes".

L’œuvre de Farkas comprend plus de sept cent opus. Il a composé dans tous les genres, l'opéra, le ballet, les comédies musicales et opérettes, l'orchestre, le concerto, la musique de chambre et la musique sacrée. Sa large culture littéraire lui permit de composer en 13 langues en mettant en musique quelque 130 écrivains et poètes anciens et modernes.
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2012-05-10, 16:53

Oeuvres principales

Œuvres scéniques

Az Ember tragédiája (La Tragédie de l’homme), musique de scène pour la pièce d’ Imre Madách (1935)
A Bűvös szekrény (L’Armoire magique), opéra (1942)
Furfangos diákok (Les Etudiants rusés), ballet (1949, rév. 1956)
Csínom Palkó, opéra romantique populaire (1960)
Piroschka, comédie musicale (1964)
Egy Úr Velencéből, Casanova (Un Seigneur de Venise, Casanova), opéra (1979-1980)


Œuvres pour orchestre symphonique

Divertimento (1930)
Preludio e fuga (1944-1947)
Furfangos diákok (Les Etudiants rusés), Suite pour orchestre (1949)
Szimfonikus nyitány (Ouverture symphonique) (1952)
Planctus et consolationes (1965)
Funérailles, adaptation pour orchestre symphonique de l’œuvre de Franz Liszt (1974)


Œuvres pour orchestre à cordes

Musica pentatonica (1945)
Choreae hungaricae, 3 cycles de danses hongroises du 17ème siècle (1961)
Piccola musica di concerto (1961)
Partita all'ungaresca (1974)


Concertos

Concertino pour piano et orchestre (1947)
Concertino pour clavecin et orchestre à cordes ou quatuor à cordes (1949)
Trittico concertato pour violoncelle et orchestre à cordes (1964)
Concertino all'antica pour baryton (viola di bardone) ou violoncelle ou alto et orchestre à cordes (1964)
Concertino rustico pour cor des Alpes et orchestre à cordes (1977)
Concertino pour hautbois et orchestre à cordes (1983)
Concertino pour trompette et orchestre à cordes (1984)
Aria e rondo all'ungherese pour hautbois, violon solo et orchestre à cordes (1994) (autre version : pour 2 violons solos) (1994)
Concertino pour harpe et orchestre à cordes or quatuor à cordes (1994)


Musique de chambre

Notturno pour violon, alto et violoncelle (1929)
Serenade für Bläserquintett (Sérénade pour quintette à vent) (1951)
Antiche danze ungheresi del 17.secolo pour quintette à vent (1959) (12 variantes)
Sonata a due pour alto et violoncelle (1961)
Ballade pour violoncelle et piano (1963)
Quattro pezzi pour contrebasse solo et quintette à vent (1966)
Vonósnégyes (Quatuor à cordes) (1970-1972)
Contrafacta Hungarica pour octuor à vent (1976)
La Cour du roi Matthias pour clarinette, basson, cor et quintette à cordes (1977)
Trio pour violon, violoncelle et piano (1979)
Sonate romantique pour basson et piano (1982)
Maschere pour hautbois, clarinette et basson (1983)
Ricordanze pour clarinette, violon, alto et violoncelle (1984)
Three Burlesques pour 2 clarinettes, cor de basset et 2 clarinettes basses (1992)


Œuvres pour instruments solos

Sonata pour violoncelle (1932)
Correspondances pour piano (1957)
Six Pièces brèves pour guitare (1970)
Sonata pour guitare (1979)
Hybrides, pour cymbalum, ou piano (1980)
Exercitium tonale pour guitare (1982)
Sonata pour violon (1987)
Sonatina pour harpe


Messes

Missa secunda in honorem Sanctae Margaritae pour chœur mixte et orgue ou orchestre à cordes (autre version pour chœur de femmes) (1964-1968)
Missa in honorem Sancti Andreae pour chœur mixte et orchestre (1968)
Requiem pro memoria M. pour chœur mixte et orchestre (1992
Cantates, oratorios[modifier]
Cantata lirica, cantate pour chœur mixte et orchestre (1945)
Cantus Pannonicus, cantate pour soprano solo, chœur mixte et orchestra (1959)
Ein Krippenspiel aus Köröshegy, cantate de Noël (éditée en 4 langues, français, allemand, anglais, hongrois) pour narrateur, chœur mixte ou chœur d‘enfants, orgue et 6 instruments ou orchestre (1970)
Aspirationes principis cantate pour ténor et baryton solos et orchestre (1974-1975)
Omaggio a Pessoa, cantate pour ténor solo, chœur mixte et orchestra (1985)


Œuvres pour chœur mixte

Alkony (Crépuscule), texte hongrois de Sándor Petőfi (édité en 1944)
Madrigal à la rose, version française d’un texte hongrois de Sándor Weöres (1947)
Az öröm illan (La joie se volatilise), texte hongrois de Árpád Tóth (1962)
Lupus fecit (1979)
Chansons de fou, texte français d’Emile Verhaeren (1981)
Hommage à Rilke, texte allemand de Rainer Maria Rilke (1984)
Pater Noster (1993)
Ave Maria (1994)
Come away, texte anglais de William Shakespeare (1995)
Ekkosang, texte danois de Otto Gelsted (1999)
Chansons d’étudiants hongrois du 18ème siècle


Œuvres pour chœur d’hommes

Silence, texte français de Charles Ferdinand Ramuz (1975)
Le débat du cœur et du corps pour double chœur d’hommes, 2 trompettes, 2 trombones, piano et timbale, texte français de François Villon (1980)
Aubade
Sérénade wallonne


Œuvres pour chœur de femmes ou chœur d’enfants

Baszk dalok I / Euskal abestiak, 5 chants basques traditionnels (1986)
Magnificat pour chœur de femmes à 3 voix et orgue (1994)
Cantus fractus, 3 mélodies grégoriennes pour chœur à l’unisson, baryton solo et 3 guitares (1982)


Lieder

Maláj ábrándok (Rêves de Malaisie), texte de Sándor Weöres (1943)
Gyümölcskosár / Panier de fruits, cycle de 12 mélodies (éditée en 3 langues, français, allemand, hongrois), textes de Sándor Weöres pour soprano et quintette à vent (adapté en 5 instrumentations différentes) (1946 – 1980)
Cantiones optimae, 4 mélodies d’après des textes sacrés du 16ème et 17ème siècle pour soprano ou alto et piano ou orgue ou orchestre à cordes
Cinque canzoni dei trovatori, 5 mélodies pour chant et piano ou guitare (1947)
Songs from the “Twelfth night”, cycle de 4 mélodies pour soprano ou alto et piano ou harpe sur des textes de William Shakespeare (1954)
Drei Lieder pour chant et piano sur des textes d’Anneliese Eulau-Felsenstein (1958)
Trois chansons de Guillevic, cycle de 3 mélodies pour chant et piano sur des textes d’ Eugène Guillevic (1960)
Kőmíves Kelemen balladája (Ballade de Kelemen Kőmíves), mélodie populaire pour chant et piano ou orchestre (1960)
Hommage à Alpbach, cycle de 4 mélodies sur des textes de Paula von Preradovic (1968)
Elfelejtett dallamok (Mélodies oubliées), 4 mélodies pour chant et piano sur des textes de Benedek Virág, Dániel Berzsenyi, Mihály Babits et Endre Ady (1980)
L'art d'être grand-père, cycle de 4 mélodies sur des textes de Victor Hugo (1985)
Orpheus respiciens, cycle de 8 mélodies pour chant et piano sur des textes de Sándor Csoóri, Pétrarque, Charles Baudelaire, Luis de Camoes, Rainer Maria Rilke, Antonio Machado, Oscar Wilde et Gérard de Nerval (1993)


Musiques de films

Gardez le sourire, film de Paul Fejos (1933)
Emberek a havason (Des Hommes dans les montagnes), film de István Szőts primé à la Biennale de Venise en 1942 (1942)
Egy magyar nábob ( Un Nabab hongrois), film de Zoltán Várkonyi (1966)
Kárpáthy Zoltán (Zoltán Kárpáthy), film de Zoltán Várkonyi (1966)
Egri csillagok (Les Etoiles d’Eger), film de Zoltán Várkonyi (1968)
Csínom Palkó, film de Márton Keleti et Gyula Mészáros (1973)


Catalogue complet :http://www.ferencfarkas.org/hybrides-for-cimbalom.phtml
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2014-01-21, 19:39


Je connais la musique de Ferenc Farkas au travers de cinq oeuvres:

__The Sky Students - Suite de Ballet (1950)  Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 
__Concertino all'antica (1969)  Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 
__Piccola Musica di Concerto (1961)  Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 
__Concertino IV - for oboe & strings (1984)  Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 
__Planctus et Consolationes (1965)  Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 Ferenc Farkas (1905-2000) 333455 I love you 

Celle qui m'a le plus captivé est peut-être la toute dernière, Planctus et Consolationes pour orchestre, un ton orchestral plutôt grave et solennel, d'une vraie classe dans le recueillement et le dramatisme entretenu. Farkas dévoile, d'autre part, un véritable talent de thématiste dans sa suite The Sky Students, une musique exaltante et romantique...L'idée d'écrire une partition dans un style ancien peut paraître saugrenu dans l'absolu. Et pourtant...alors que son Concertino all'antica aurait pu me paraître obsolète ou suranné, au contraire, j'ai été aussitôt pris, comme à chaque nouvelle écoute, par le charme de cette musique plutôt inspirée. Comme quoi, dans le domaine artistique, que l'on opte pour une approche moderniste ou passéiste, si le talent et l'inspiration sont là, tout devient possible.  Very Happy 
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2018-07-05, 12:57

Mon nouveau cycle "Des plaisirs très anciens" m'amène à revenir sur des oeuvres ou des albums qui ont pu m'apporter quelque chose de positif à une période lointaine, comme si je tentais de remuer en moi la carte de la nostalgie, pas forcément des oeuvres-clef qui ont su orienter mes choix et mes aspirations mais simplement des musiques qui m'ont rendu heureux au moment de leur découverte. C'est le cas de musique de Ference Farkas, du moins de la seule que je connais et qui tient sur un seul disque. Pour l'heure, je n'ai réécouté qu'une suite pour orchestre d'environ vingt minutes de The Sly Students (1950) et Concertino all'antica (1969). Je comprends bien ce bonheur de mélomane que j'avais ressenti avec sa suite tirée de la musique du ballet homonyme car je viens de le revivre en la réécoutant. Il y a comme ça des thèmes, des mélodies inusables, qui me rendent heureux, dont je ne me lasse jamais. La mélodie m'est moins pénétrante dans le Concertino all'antica mais le charme opère avec presque la même efficacité. Ce compositeur semble avoir été peu influencé par les différentes esthétiques expérimentées par nombre de ses contemporains, peu importe au fond puisque cette musique me communique des émotions et me procure ce plaisir de la première fois qui n'a pas pris une ride depuis. La seule chose qui m'étonne assez est que je n'ai pas poursuivi l'aventure avec Ferenc Farkas. Certes les éditions discographiques sont plutôt rares, mais je sais, par exemple, qu'il existe un cd de son oeuvre pour guitare seule. J'aurais pu tenter l'expérience sauf que je ne l'ai pas fait. Je pense tout simplement que j'espérais la poursuivre avec d'autres oeuvres orchestrales du compositeur hongrois. Pas une mauvaise idée mon petit cycle dépoussiéreur. Very Happy

https://www.youtube.com/watch?v=Bp7JC7J1dL8
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2018-07-05, 18:24

Il y a une certaine légèreté et une certaine élégance dans la musique de Ferenc Farkas. C'est ce que j'ai ressenti en réécoutant Piccola musica di Concerto (1961) qui emploie un orchestre de chambre, et Concertino IV - Pour hautbois et cordes (1984) avec le hautboïste Jean-Paul Goy. Tout comme dans le Concertino All'antica pour violoncelle et cordes, il y a un lien indéfectible avec le passé, avec la musique ancienne et le baroque, c'est sans doute en partie pour cette raison que je suis sensible à sa prose musicale, qu'elle me communique quelque chose de positif, d'optimiste. Elle ne m'est absolument pas obsolète d'autant plus que j'y ressens davantage que de simples imitations d'un réactionnaire totalement replié sur le passé. Il y a une fantaisie qui la situe là où elle doit être, un peu comme chez un Nino Rota, mais dans un style encore différent, un style certes moins chantant. L'autre oeuvre importante du disque après The Sky Students est Planctus et Consolationes - in memoriam Pal Fejos pour orchestre symphonique. Cette fois, on change carrément de ton et même de forme. Le ton est plus épais et plus dramatique et la forme plus moderne. L'optimisme n'est pas du tout ce qui caractérise cette oeuvre qui, dans le style, épouse davantage les créations symphoniques qui lui sont contemporaines. J'aime beaucoup cette composition, ses couleurs, ses rythmes, son thème principal, ses rebondissements, ses contrastes sonores: du massif au petit flûtiau isolé, sa fin toute en douceur, sur des notes de velours.

Aujourd'hui, en quête de nouveaux films en dvd, j'ai été me balader dans le rayon classique et je suis tombé sur un nouveau volume de musiques orchestrales de Ferenc Farkas, il y en avait en réalité trois que je ne connaissais pas encore, en ignorais même l'existence. J'ai tenté l'un d'eux qui était à un prix très raisonnable et qui contient:
Symphonic Overture (1952)
Elegia (1952)
Concertino pour piano et orchestre (1947)
Liszt orch. Farkas - Funérailles (1974)
Three Dances from the Matra (1968)
Et Planctus et Consolationes (1965) que, pour le coup, j'aurai en doublon, ce qui ne me dérange absolument pas puisque c'est une autre interprétation et que c'est une oeuvre que j'aime beaucoup. Si le contenu de ce nouveau cd me plait suffisamment, je continuerai  probablement l'aventure "Farkas".


Dernière édition par Icare le 2019-08-30, 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-03-31, 23:33

Ferenc Farkas est un compositeur que j'aime bien. Un compositeur hongrois. Je n'en connais pas beaucoup, au moins Miklos Rozsa et quelques autres quand même, par le biais de quelques oeuvres. J'avais l'intuition que Ferenc Farkas était un compositeur que je devais approfondir. N'empêche que j'ai cette même intuition favorable à l'égard de Rezso Sugar, père d'un certain Miklos, lui aussi compositeur mais dans un registre plus avant-gardiste, ce qui n'est pas forcément pour me déplaire non plus. Je reviendrai sur eux bientôt. En attendant, j'ai écouté pour la première fois Symphonic Overture (1952) de Ferenc Farkas. J'ai l'impression que les musiciens hongrois aiment bien les grands déploiements orchestraux, les orchestrations luxuriantes, peut-être parce que je pense, en l'écoutant, à certaines ouvertures "péplumiques" de celui qui fut, à Hollywood, le maître du genre; Miklos Rozsa. Bon, il ne faut pas trop prendre au pied de la lettre ce parallèle un peu facile que je fais entre les deux compositeurs qui se sont appliqués à composer une musique de forme classique, lyrique, ample, tonale, généreuse et expressive. Après tout, il s'agit d'une ouverture symphonique dans la plus pure tradition du genre et quelle flamboyante entrée à la matière que voilà! Si celles de Rozsa ne me sont pas toujours très digestes jusqu'à aujourd'hui, celle-ci de Farkas me galvanise au plus haut point, comme happé par les luxuriances d'un orchestre suffisamment aéré. Puis, aussitôt après, c'est une musique bien plus apaisée sous le nom d'Elegia (1952) qui entre en scène. Elle est presque de même durée (dix minutes environ) que l'Ouverture et monte en intensité. Beau et émouvant, cependant, jusque là, je ne sais pas encore que le meilleur reste à venir. J'imagine déjà ce Concertino pour piano et orchestre (1947) être joué en concert devant un public attentif et enthousiaste. Il aurait toutes les raisons de l'être! Cela lui changerait certainement des grands concertos pour piano du répertoire qui passent par tous les doigts des plus grands pianistes internationaux. Je reçois tellement d'énergie et de vie de ce concerto, appelé concertino, tellement de vie qui jaillit du piano sous les doigts de Gabor Farkas (son fils?), que je m'imagine volontiers dans une salle de concert en train de l'écouter. Il me suffit de fermer les yeux pour cela et de voir tous les musiciens l'interpréter. Cette musique qui me semble si inspirée m'est en même temps si visuelle, si palpable, si concrète. Le "Concertino" se divise en trois mouvements, deux allegros et un andante au centre. L'autre belle surprise est l'orchestration que fit Ferenc Farkas de l'élégie Funérailles pour piano du plus connu des grands créateurs hongrois, Franz Liszt et qui s'intitule Liszt (1974). J'adore ce morceau pour orchestre de 11'49". Ensuite, je retrouve avec plaisir Planctus et Consolationes (1965) que je possède déjà sur un autre disque, avant de finir sur un sympathique mais mineur Dances from the Matra; trois courtes danses: "Young Men's Dance/Young Women's Danse/Gipsy Danse"...une petite préférence pour la seconde.


Dernière édition par Icare le 2021-05-06, 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-04-01, 09:58

Icare a écrit:
Gabor Farkas (son fils?),

Son fils est András Farkas, né en 1945 à Budapest, musicien et chef d'orchestre.

Gábor Farkas est né en 1981 à Ózd, il pourrait à la rigueur être le fils d'András, mais je n'ai pas trouvé de confirmation.


Ceci dit, j'aime aussi cette Ouverture symphonique de Ferenc Farkas Very Happy



https://www.youtube.com/watch?v=3i_mSYxS7xY
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-08-22, 21:58

Ce soir, j'ai réécouté cinq oeuvres de Ferenc Farkas que j'aime beaucoup. Il n'y avait d'ailleurs pas si longtemps que je les avais réécoutées; The Sly Students - Suite (1950), Concertino all'antica (1969), Piccola Musica di Concerto (1961), Concertino IV - for oboe & strings (1984) et Planctus & Consolationes - in memoriam Pal Pejos (1965). Ces oeuvres m'ont vraiment amené à m'intéresser plus assidûment à ce compositeur, bien qu'il m'aura fallu du temps avant d'y venir. Depuis une dizaine d'années je m'évertue à approfondir, dans la mesure du possible, un certain nombre de compositeurs et Ferenc Farkas en fait partie. Leos Janacek en est un autre. Pour Zoltan Kodaly, j'ai pratiquement tout à découvrir car la seule oeuvre que je connais de lui est une pièce intense pour violoncelle seul, ce qui est un peu juste pour se faire une idée. Ce cycle devrait m'en apporter l'occasion. Je ne vais pas revenir sur les quatre opus de Ferenc Farkas que je viens de réécouter ce soir, m'étant déjà pas mal exprimé à leurs sujets sur ce même topic. Que pourrais-je ajouter de plus à ce que j'ai déjà écrit, si ce n'est un enthousiasme sans cesse renouvelé. Si, il y a bien la très belle énergie communicative du hautbois de Jean-Paul Goy dans le Concertino IV. Je crois n'y avoir jamais été aussi réceptif qu'aujourd'hui. Je crois également n'avoir jamais été autant captivé par la première "Marche Funèbre" de Planctus & Consolationes. Le mouvement médium du Concertino all'antica m'a épaté par un superbe chant du violoncelle de Miklos Perenyi qui m'a semblé plus passionné encore que la dernière fois...Fus-je donc dans les conditions optimales ou fut-ce l'"effet Farkas"?

Tout récemment, je me suis procuré un nouvel album de Ferenc Farkas, contenant plusieurs pièces de sa musique de chambre, celles essentiellement dédiées à la flûte:

__Sonatine pour flûte et piano (1965)
__Sérénade pour flûte et deux violons (1940...1968)
__Tibicinium: deux chants pour soprano et flûte sur des poèmes d'A. Keleti (1960)
__Trois Bagatelles pour flûte, clarinette et basson (1992)
__33 Battute per Angelica for flute (1995)
__Die Lieder des Wanderers - pour voix, flûte, alto et violoncelle (1956)
__Méditation pour flûte alto et piano (1990)
__Six Hungarian Folksongs - pour flûte, violon et violoncelle (1947)
__Rosarium - pour voix, flûte, violoncelle et guitare (1933...76...1982)
__Three Dance Paraphrases - pour flûte, alto et cor (1972)
__Eglogue/Burattinata - pour flûte et guitare (1976-77)
__Trigon - pour flûte, basson et piano (1988)
Andras Adorjan: flûte.
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-08-30, 19:07

Icare a écrit:
Aujourd'hui, en quête de nouveaux films en dvd, j'ai été me balader dans le rayon classique et je suis tombé sur un nouveau volume de musiques orchestrales de Ferenc Farkas, il y en avait en réalité trois que je ne connaissais pas encore, en ignorais même l'existence. J'ai tenté l'un d'eux qui était à un prix très raisonnable et qui contient:
Symphonic Overture (1952)
Elegia (1952)
Concertino pour piano et orchestre (1947)
Liszt orch. Farkas - Funérailles (1974)
Three Dances from the Matra (1968)
Et Planctus et Consolationes (1965) que, pour le coup, j'aurai en doublon, ce qui ne me dérange absolument pas puisque c'est une autre interprétation et que c'est une oeuvre que j'aime beaucoup. Si le contenu de ce nouveau cd me plait suffisamment, je continuerai  probablement l'aventure "Farkas".

J'ai réécouté ces oeuvres aujourd'hui, à l'occasion de mon cycle hongrois. J'en parle déjà assez largement quelques commentaires plus haut. Je témoigne de l'enthousiasme qu'elles me procurent et il n'a pas diminué d'un iota lors de cette nouvelle écoute, à croire que je suis décidément très sensible à la musique orchestrale de Ferenc Farcas. Il faut dire qu'elle est pleine d'énergie, de fougue, d'élan, qu'elle est très irisée et non dépourvue de moments plus tendres et même plus intimistes, comme l'"Andante" du Concertino qui, après m'avoir galvanisé avec un premier mouvement intrépide, m'émeut par la douceur d'un romantisme contenu. J'ai hâte de découvrir à présent sa musique de chambre consacrée à la flûte. Ferenc Farkas (1905-2000) 987794
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-09-03, 19:06

Icare a écrit:
Tout récemment, je me suis procuré un nouvel album de Ferenc Farkas, contenant plusieurs pièces de sa musique de chambre, celles essentiellement dédiées à la flûte:

__Sonatine pour flûte et piano (1965)
__Sérénade pour flûte et deux violons (1940...1968)
__Tibicinium: deux chants pour soprano et flûte sur des poèmes d'A. Keleti (1960)
__Trois Bagatelles pour flûte, clarinette et basson (1992)
__33 Battute per Angelica for flute (1995)
__Die Lieder des Wanderers - pour voix, flûte, alto et violoncelle (1956)
__Méditation pour flûte alto et piano (1990)
__Six Hungarian Folksongs - pour flûte, violon et violoncelle (1947)
__Rosarium - pour voix, flûte, violoncelle et guitare (1933...76...1982)
__Three Dance Paraphrases - pour flûte, alto et cor (1972)
__Eglogue/Burattinata - pour flûte et guitare (1976-77)
__Trigon - pour flûte, basson et piano (1988)
Andras Adorjan: flûte.

Ce sont sur ces oeuvres que s'achève mon cycle autour des compositeurs hongrois, des pièces de musique de chambre essentiellement dédiées à la flûte que j'ai écoutées pour la première fois. J'ai beaucoup aimé dans l'ensemble, tantôt gaies, tantôt poétiques, tantôt très émouvantes, comme, par exemple, le deuxième extrait de Rosarium avec la voix de la soprano Tünde Szaböki et un sensuel touché de guitare d'Andras Csaki, ou encore un truculent Trigon pour flûte, basson et piano, une très attachante Sérénade pour flûte et deux violons...De ce cycle, trois compositeurs ont dominé émotionnellement toutes ces écoutes: Il y eut bien sûr Bela Bartok qui, de tous ceux que j'ai écoutés, est celui que je connais le mieux, avais le plus approfondi jusqu'ici. Puis, il y eut Zoltan Kodaly et Ferenc Farkas que je commence désormais à mieux connaître, tout en prenant de plus en plus conscience que leur musique me touche au coeur. Je suis conscient aussi que ce que je connais de Sandor Veress et Rezso Sugar me captive suffisamment pour avoir envie de les approfondir davantage, que Miklos Sugar et György Kurtag, dans un style "très contemporain", sont très intéressants, quoi qu'on en dise...
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2019-10-20, 19:08

Je viens d'écouter une œuvre de Farkas que je ne connaissais pas et que je trouve très belle, sa suite Lavotta pour orchestre de chambre :

https://www.youtube.com/watch?v=buaYoYBN5GM
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MessageSujet: Re: Ferenc Farkas (1905-2000)   Ferenc Farkas (1905-2000) Empty2021-05-07, 09:20


J'ai démarré mon nouveau cycle avec Ferenc Farkas. Il s'intitule "Chamber and Orchestral" et consiste à réunir d'un même compositeur un album de sa musique de chambre et un album de son oeuvre symphonique. Et ainsi de suite, avec d'autres compositeurs: un album de leur musique de chambre, un album de leur musique symphonique. J'étais content de retrouver les oeuvres chambristes avec flûte de Ferenc Farkas. J'aime beaucoup cet album. Je ressens cette musique comme de séduisantes promenades en campagne, dans de petits sentiers entre bois et prairies, parfois d'un esprit très français comme la Sonatine pour flûte et piano de 1965 qui avait été jouée à l'époque par le flûtiste français Alain Marion. Je ne la connais personnellement que par Andras Adorjan et Balazs Szokolay. Parmi les pièces avec voix, interprétées par la soprano Tünde Szaboki, la plus belle, la plus émouvante, fut pour moi Rosarium pour voix, flûte, violoncelle et guitare, mais j'aime aussi Tibicinium pour voix et flûte et Die Lieder des Wanderers pour voix, flûte, alto et violoncelle. Mais, de toute façon, rien sur cet album ne m'ennuie, puisse-t-il s'agir des compositions purement instrumentales que de celles qui invitent la soprano Tünde Szaboki. Il y a une poétique qui émane de sa musique de chambre qui m'est soyeuse, pleine d'arrondis, qui m'est particulièrement accueillante, bucolique.

C'est un même enthousiasme qui me traverse lorsque j'écoute son oeuvre symphonique, bien que celle-ci, d'un tempérament très différent, me procure d'autres émotions, de celles qui se délivrent dans des moments d'exaltation, comme dans l'Ouverture symphonique de 1952. N'appartenant pas à mon domaine de prédilection, elles ne sont pourtant pas si nombreuses les ouvertures symphoniques qui me galvanisent. Souvent, de nature pachydermique, elles m'assomment! Hehe Avec Ferenc Farkas ce n'est pas le cas: à chaque fois j'en ressors galvanisé, question d'alchimie, de style, de nombreux détails et teintes qui font la différence, sans aucun doute. Toutefois, si j'aime aussi beaucoup l'Elégie qui suit, composée la même année que l'Ouverture symphonique et Liszt - "Funérailles" (1974), ma préférence va sans hésitation pour le trépidant, l'intrépide Concertino pour piano et orchestre (1947) en trois mouvements: "Allegro/Andante/Allegro", la fougue irrésistible des mouvements extrêmes et la teneur poétique de l'Andante. De Planctus et Consolations (1965), c'est la fameuse "Marche funèbre I" qui retient le mieux mon attention, comme par hasard... Hehe Les trois courtes Dances from the Matra (1968):
"Legényes (Young Men's Dance)",
"Leanytanc (Young Women's Dance)",
"Ciganycsardas (Gipsy Dance)",
m'ont plus intéressé cette fois que lors des écoutes précédentes, il faut dire que j'étais vraiment sous l'emprise de la musique symphonique de Ferenc Farkas.
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