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 Bernard Herrmann (1911-1975)

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Icare
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Dim 14 Juin - 22:49

<<1976 : Obsession de Brian De Palma. Œuvre testament dominée par un vaste chœur et un orchestre d’une ampleur sans précédent (avec orgue), dont l’écriture fleure souvent avec l’impressionnisme de Debussy (celui du Martyre de St Sébastien), incluant aussi la polytonalité ou les dissonances agressives déjà exploitées pour Le Rideau déchiré. Avec ce film, le compositeur, en proie depuis toujours à certaines obsessions (sa mort tout particulièrement), renouait contre l'avis de ses médecins avec un engagement total.>>


Obsession de Bernard Herrmann est une partition de cinéma que je connais depuis l'ère du 33tours et que je redécouvre aujourd'hui dans une nouvelle édition discographique bien plus généreuse puisqu'elle propose presque 74 minutes de musiques. La description qui en est faite dans l'apparté en bleu, ci-dessus, est parfaite. En fait, on y trouve la plupart des éléments qui constituent l'univers musical romantique, sombre et parfois menaçant qui caractérise sa collaboration avec le cinéma d'Hitchcock, si n'est que dans cette composition dont on devine assez aisément, même hors contexte, de l'efficacité qu'elle peut avoir à l'image, il gagne de l'ampleur par les choeurs et un usage intense de l'orgue. On reconnaîtra aussi un emploi caractéristique de la harpe qui apporte une certaine fragilité à une forme symphonique plutôt robuste et déterminée. Bien sûr, l'oeuvre se radoucit par moment, éclaircit son romantisme par des cordes soudainement plus soyeuses mais tout aussi passionnées sur lesquelles se greffe provisoirement une petite flûte rassurante. Plus globalement, j'ai eu l'impression que la musique tournait irrémédiablement autour des mêmes motifs et des mêmes effets, les gimmicks du compositeurs toujours aussi présents, même si la valse vaguement cynique à la mélodie entêtante donne finalement le ton et le rythme. J'avoue que cinquante minutes d'une judicieuse sélection m'aurait sans doute comblé. Cependant, la grande idée de cette nouvelle édition fut d'accompagner ce cd d'un autre cd qui contient l'équivalent du 33tours de l'époque, donc pour une durée de moitié environ. Je l'écouterai demain afin de voir si la version courte ne m'est pas plus appropriée et plus en proportion avec ce que m'apporte réellement cette musique...
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Icare
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Lun 15 Juin - 19:05

<<Cependant, la grande idée de cette nouvelle édition fut d'accompagner ce cd d'un autre cd qui contient l'équivalent du 33tours de l'époque, donc pour une durée de moitié environ. Je l'écouterai demain afin de voir si la version courte ne m'est pas plus appropriée et plus en proportion avec ce que m'apporte réellement cette musique...>>

Mon intuition s'est avérée juste et, effectivement, cette version de 1976 avec ses 39 minutes de musique me suffit amplement. C'est très certainement cette version qui reviendra le plus souvent dans mon lecteur, l'autre étant pour moi trop gavée jusqu'à ras-bord. D'ailleurs les meilleurs passages, selon moi, se trouvent dans la version de 39 minutes.
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Sam 25 Juin - 7:46


Hier soir, je me suis régalé avec cette B.O. dont en voici une suite:

https://www.youtube.com/watch?v=JZu621cODRw
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Lun 27 Juin - 9:10

J'ai réécouté The 7th Voyage of Sinbad de Bernard Herrmann. Le film fut réalisé en 1958 par Nathan H. Juran avec des effets spéciaux signés par l'illustre Ray Harryhausen. La dernière fois que je l'ai vu je devais être adolescent, c'est-à-dire qu'il y a environ trente-cinq ans de cela. A l'époque, j'avais sans aucun doute été émerveillé par ce film fantastique peuplé de monstres incroyables parmi lesquels un cyclope et un aigle à deux têtes nommé Roc. Evidemment depuis, le cinéma a fait d'incontestables progrès dans le domaine des effets spéciaux, ce qui n'enlève absolument rien au génie de Ray Harryhausen: les monstres font certainement figure de papier mâché et de pâte à modeler en comparaison de ce qui se fait aujourd'hui. Cependant, le scénario était solide et l'histoire si merveilleusement narrée...Il y a toutefois un facteur essentiel sur lequel misèrent le réalisateur et les producteurs: la musique. Dans ce genre de film, surtout à cette époque, elle a un rôle primordial, est un acteur à part entière dans le déroulement des intrigues. Et avec Bernard Herrmann aux commandes, on était sûr que ces monstres de papier allait prendre définitivement vie, comme dans un grand rêve très structuré. Ha, la fameuse scène de duel avec les squelettes, les claquements d'os si merveilleusement illustrés par la musique de Herrmann qui garde toute sa consistance sur disque! N'est-ce pas là le secret de la réussite d'une grande musique de film: essentielle à l'image, ne perdant rien de sa saveur (ou si peu) hors contexte? Le thème principal est un autre sommet de cette B.O. avec sa couleur orientale si parfaitement assumée. Puis, n'oublions pas les cordes passionnées et romantiques si caractéristiques du style de Bernard Herrmann qui donnent le frisson dans le "Finale".


<<Ray Harryhausen (29 juin 1920, Los Angeles, États-Unis - 7 mai 2013, Londres, Royaume-Uni) est un concepteur d'effets spéciaux pour le cinéma. Il est considéré comme le grand maître, voire le père, de l'animation en volume en raison de sa contribution dans le domaine du trucage au cinéma, de ses premiers pas dans l'ombre de Willis O'Brien sur Monsieur Joe (Mighty Joe Young) à la fin des années 1940 jusqu'au Choc des Titans au début des années 1980.>>
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Jeu 22 Sep - 18:53

J'ai réécouté Night Digger aujourd'hui et c'est un "Bernard Herrmann" dans sa plus pure veine "Hitchkockienne" qui se déploie sous ce titre. Elle appartient à un film d'Alastair Reid (1971), un film que je n'ai toujours pas vu ou alors il y a si longtemps que je ne m'en souviens plus. Non, non, en réalité, je m'en souviendrais. L'oeuvre porte également un sous-titre: "Scénario Macabre pour orchestre". On y retrouve tous les éléments qui définissent son style romantique et tourmenté. Les cordes y sont très présentes comme souvent, dans un registre tendu et passionné, si caractéristique du style de Bernard Herrmann. Un autre élément apporte à cette partition une teinte plus singulière; l'harmonica par l'un de ses plus célèbres représentants: Tommy Reilly. Il a d'ailleurs son topic ici
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Lun 5 Mar - 22:36

Je ne pensais pas réécouter deux cantates contemporaines à la suite l'une de l'autre, alors que celles de J.S. Bach par Ton Koopman continuent de me procurer, elles aussi, de belles émotions. En effet, après Le ciel est vide de Roman Vlad, je viens de réécouter Moby Dick, cantate pour choeur d'hommes, solistes et orchestre de Bernard Herrmann, d'autre part, lui & Vlad sont à peu près de la même génération. Je n'avais pas prévu de réécouter cette oeuvre de Herrmann, mais ce choix fut conditionné par le thème de mon nouveau cycle qui met en scène la faune aquatique. Il réunira donc des oeuvres de concert et aussi de la musique de film qui se rapportent au sujet ou portent le titre d'un animal marin, tout simplement. Tout d'abord, disons que la musicalité innée du "Moby Dick de Herman Melville a déjà stimulé plusieurs compositeurs et pas seulement Bernard Herrmann. L'oeuvre de Melville offre des possibilités inombrables, pour ne pas dire illimitées, pour toutes sortes de musiques: les Cantiques de la Nouvelle Angleterre, les exhortations fougueuses et les monologues mélancoliques du Capitaine Ahab, les orages déchaînés en mer, les beuveries de l'équipage du Pequod, les calmes tropiques et la terreur omnisciente de la Baleine Blanche sont là. Le tout est une superbe évocation de l'océan, du ciel et de l'homme qui lutte contre sa destinée épique. Il semblerait que Herrmann avait d'abord pensé à en faire un opéra, puis, après une mûre réflexion, c'est la forme cantate qui lui parut la mieux adaptée. Dans cette très attachante cantate, plusieurs humeurs se succèdent, certaines contrastant avec force avec la précédente. Les tempêtes orchestrales font leurs effets, parfaitement exprimées par le "London Philharmonic Orchestra" sous la direction du compositeur. On peut même imaginer l'élasticité des vagues surgissant comme d'immenses mâchoires prêtes à broyer tout ce qui se trouve sur leur passage, comme si c'était tout l'océan qui faisait corps avec la Baleine Blanche. Mais, finalement, le passage qui m'a le plus ému, cette fois-ci, c'est aussi le plus tendre, le plus fragile, le plus doux, de la cantate, un délicieux hautbois solo dans un calme quasi divin.

Origine du roman de Herman Melville (selon Wikipédia):

Melville, qui fut lui aussi marin, comme la plupart des héros de ses romans, s'est inspiré de faits réels : Les cachalots poursuivis portaient souvent un nom, Melville en cite cinq au chapitre 45 : Don Miguel du Chili, Morquan du Japon, Tom et Jack de Nouvelle-Zélande, Tom Timor. Le naufrage du baleinier Essex, qui sombra en 1820, après avoir été éperonné par un grand cachalot, 3 700 km au large des côtes de l'Amérique du Sud. L'un des marins survivants, Owen Chase, consigna cette aventure dans un livre qui parut en 1821. Herman Melville, qui a découvert le récit de ce naufrage en 1841 à l'occasion de sa rencontre avec le fils d'Owen Chase, s'en est inspiré pour l'écriture de son roman Moby Dick, paru en 1851. L'existence d'une baleine blanche, dans les années 1830, souvent aperçue à proximité de l'île chilienne de Mocha. Criblée de harpons, Mocha Dick attaquait régulièrement les baleiniers. Mais contrairement au drame de l'Essex, aucune allusion dans le roman ni dans la correspondance de l'auteur n'authentifie cette référence, malgré l'essai de J. N. Reynolds intitulé Mocha Dick, ou la baleine blanche du Pacifique (1838). La rédaction du livre fut entamée en 1850. Le roman fut d'abord publié à Londres en octobre 1851 sous le titre The Whale (Le Cachalot) — cette édition était incomplète et le titre n'était pas celui voulu par Melville. C'est peu de temps après, lors de sa parution américaine, en novembre de la même année, que l'ouvrage prit le nom de Moby-Dick; or, The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot).

A savoir aussi que ce roman fut porté au grand écran en 1956 par John Huston avec Gregory Peck parmi les rôles principaux, sur une musique de Philip Sainton.
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Icare
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Ven 9 Mar - 14:19

Là, j'adore!! Mon MOBY DICK chéri est une cantate!

https://www.youtube.com/watch?v=hecyXsNpa9k

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joachim
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Dim 17 Juin - 13:14

Bel Canto a écrit:
1945 : Hangover Square de John Brahm. Partition très remarquée d'Herrmann dont le point culminant est le Concerto Macabre pour piano dont l'écriture précède la réalisation du film (luxe rarement offert). Dans cette pièce de nature litzienne d'une durée de dix minutes, le compositeur fusionne les trois mouvements et convoque les dissonances et ruptures en écho au désordre psychologique du protagoniste principal. Selznick fortement impressionné propose à Herrmann de travailler sur le prochain film d'Alfred Hitchcock (La Maison du docteur Edwardes), demande qu'il réitère ensuite pour Le Procès Paradine.

Voici donc ce Concerto Macabre, qui fait partie du film Hangover Square de 1945. Je n'ai pas vu ce film, mais ça m'étonnerait que ce concerto de 11 minutes figure en entier dans le film, ça ferait une sorte d'entr'acte...



https://www.youtube.com/watch?v=DPrMq604l0Y
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Icare
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   Ven 10 Aoû - 9:21


Obsessionnelle, sombre, entêtante, subtile, Bernard Herrmann continue son approche hitchcockienne sur le cinéma de Brian de Palma, lui-même sous l'influence du brillant auteur de Psychose, avec Sisters/Soeurs de sang (1973). <<Un soir, Danielle Breton ramène un homme chez elle. Au matin, l'homme est poignardé alors qu'une journaliste, Grace Collier, assiste au meurtre de sa fenêtre. Grace prévient la police mais aucun cadavre n'est découvert. Convaincue de ce qu'elle a vu, elle décide de mener l'enquête en ignorant que Danielle Breton a en réalité une sœur jumelle, Dominique.>>
C'est une intrigue "à la Hitchcock" et rien de mieux que la musique de Herrmann pour en définir l'atmosphère! Nous apprécierons ces cordes tourmentées, inquiétantes, désespérées, empreinte d'un certain mystère ou d'une certaine menace. Ces quelques notes répétées sous différentes tonalités, ces cordes soudainement déchirées, la tragédie s'élevant dans l'imaginaire de l'investigatrice jusqu'à devenir une mortelle réalité. La musique de Herrmann ne lâchera jamais la tension, après un générique tonitruant d'un effet redoutable: autant de coups de poignard dans le silence d'une nuit interminable...

https://www.youtube.com/watch?v=2k8qjD6ImPg
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MessageSujet: Re: Bernard Herrmann (1911-1975)   

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