Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Alfred Schnittke (1934-1998)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 9 Juil - 16:30

Ecoute en ce moment de son ballet Peer Gynt d'après Ibsen (même sujet que Grieg). Avec ses 125 minutes, il est comparable, en durée, aux grands ballets romantiques. Romantique, il l'est par moments, mais il est plutôt moderne et même dissonant parfois. Au total je suis très mitigé - comme c'est souvent le cas, chez moi, pour Schnittke - il y a des parties que j'aime beaucoup (comme l'épilogue) et d'autres qui ne me conviennent pas...

Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 9 Juil - 18:03

Et bien moi, j'en aime chaque mesure et j'adore justement ces contrastes entre formes plus classiques et romantiques et formes plus modernes et atonales.  
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 22 Déc - 9:04


Découverte, ce matin, de son Piano Trio (1992) et de son Piano Quintet (1972-6). D'une première impression, globalement positive, j'ai trouvé que ces deux oeuvres allaient très bien ensemble. La première écoute du Trio m'a surtout donné envie de le réécouter une seconde fois, presque aussitôt, comme si j'étais sûr qu'une partie de sa poétique m'échappait ou que le sens global de l'oeuvre n'était pas complètement saisi.
Il en fut d'ailleurs de même avec le Quintet. Une seconde écoute dans la foulée s'est imposée d'elle-même. Il s'agit d'oeuvres typiquement schnittkiennes. Ceux qui n'aiment pas son style peuvent passer leur chemin sans regret. Quant à ceux qui, comme moi, vénère ce compositeur, ont là matière à moudre. Il y a des moments très attractifs dans cette musique de chambre, des moments musicaux si caractéristiques de son style, des moments purement schnittkiens dont je ne me lasse pas et n'arriverai sans doute jamais à me lasser!      I love you 
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 22 Déc - 12:38

J'ai assez aimé le Trio avec piano (plus d'ailleurs que le Trio à cordes), mais pas trop le quintette avec piano, à cause de ses dissonances, à l'exception de la splendide pastorale, comme quoi Schnittke - pour moi - est très éclectique. Chez toi, c'est probablement, cette pastorale que tu aimes le moins dans le quintette ?   Laughing
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 22 Déc - 12:48

Ha non, mon cher Joachim! Je ne l'ai certes pas précisé dans mon précédent commentaire mais c'est ce que j'aime le plus dans ce Quintet, notamment par le jeu immuable du piano, un jeu très doux, et celui plutôt subtile et fouillé du quatuor à cordes. Sinon, j'aime aussi beaucoup le second mouvement "In Tempo di Valse".  Wink
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Sam 28 Déc - 18:51


En écoutant, aujourd'hui, juste avant de venir écrire des bêtises sur ce forum  Hehe , le Concerto Grosso n°4 qui est aussi la cinquième symphonie de Schnittke, j'avais l'impression d'écouter une musique presque toujours en colère et même, par moment, en furie. J'adore les musiques un peu folles-furieuses! Le jour de mon anniversaire, j'étais heureux d'écouter une musique en colère, parce que je suis moi-même en colère, en colère d'être heureux alors que d'autres, partout dans le monde, ne le sont pas, parce que j'ai 50 ans, alors que d'autres n'y arrivent pas, comme le concubin d'une collègue de travail qui vient de mourir alors qu'il n'avait pas 40 ans. La maladie l'a vaincu. Effondrée, elle a trouvé suffisamment de force pour me sourire et me souhaiter un joyeux anniversaire.

Je suis donc en colère comme la musique de Schnittke dans ce Concerto Grosso n°4, une colère généreuse, virtuose, symphonique, intense, tragique et qui touche presque au grotesque.    I love you 
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 17 Juil - 17:28

Mon cycle "Le thème marquant" s'achève déjà sur Esquisses d'Alfred Schnikke par l'"Orchestra of the Bolschoï Theatre" sous la direction d'Andrey Chistiakov. C'est vrai que l'on croirait écouter une excellente musique de film. Le clavecin, la guitare électrique, les cuivres, les percussions, la trompette solo, tout ça résonne encore dans ma tête sur des rythmes de valse, de marche...J'y entends des instants de folie, de dérision, d'auto-dérision, une ironie parfaitement assumée, un côté grotesque et faussement héroïque, un moment de pur romantisme schubertien élevé vers une poétique et une légèreté plus schnittkiennes, une valse satirique qui fait vibrer une scie musicale avant de dérailler et d'emporter tout l'orchestre avec elle... J'adore!! Lorsque j'écoute ces Esquisses - je les ai écoutées deux fois de suite aujourd'hui - c'est pour dire à quel point je m'éclate avec - j'ai envie de danser au milieu du salon. C'est aussi avec ce type d'oeuvre que je sais pourquoi je suis mélomane.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 21 Juil - 9:31

Je viens de réécouter derrière La Koro Sutro de Lou Harrison, ce qui me fit un changement des plus radicaux   , une des oeuvres les plus bizarres, pour ne pas dire l'une des plus étranges, d'Alfred Schnittke. Elle porte d'ailleurs, soit dit en passant, un titre plutôt long: Yellow Sound, after Vassily Kandinsky: stage composition for pantomine, instrumental ensemble, soprano and mixed chorus. L'oeuvre date de 1974 et est peut-être plus fofolle encore, plus excentrique, que sa première symphonie ou que certaines de ses musiques de films. Beaucoup d'instruments intéressants s'invitent; le clavecin, la guitare électrique, des clarinettes pas toujours très sages Hehe, un piano un peu troublant et troublé, des trompettes et saxophone(s) qui accompagnent parfois les clarinettes dans leur délire, un violon solo comme compagnon errant dans la partie la moins excentrique de l'oeuvre. L'excentricité vient surtout des voix,( pas nécessairement de la soprano (Liora Grodnikaite) qui se limite à des vocalises plutôt contenues) mais par leur emploi, parfois sous forme de respirations et de gémissements. A d'autres moments, elles murmurent...Leur usage le plus original est lorsqu'elles interviennent bizarrement sous la forme d'effets "bruitistes" et rythmiques. Il en résulte une partition picturale et difficile à définir, aux orchestrations fauves et aux rebondissements multiples...Fort probable que notre Joachim adoré s'y perdrait... Hehe...<<Quesako? Qu'est-ce encore cette musique sans queue ni tête?...Effectivement, je ne suis pas sûr, moi-même, d'avoir tout pigé de la pensée musicale de Schnittke. Mais est-ce nécessaire pour aimer une musique? Pour ma part, j'aime beaucoup ce Yellow Sound.  
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 21 Juil - 11:06

Icare a écrit:
.Fort probable que notre Joachim adoré s'y perdrait... Hehe...<<[i]Quesako? Qu'est-ce encore cette musique sans queue ni tête?

 Ptdr 
Je ne connais pas ce morceau, mais d'après ton commentaire, il est fort probable que je n'aimerais pas du tout. Ce Schnittke, quand même, n'a pas de style bien défini, il passe de la beauté à la laideur à l'intérieur du même morceau. Laideur ? Subjectif bien sûr, je parle pour ma pomme...  Laughing 
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 29 Juil - 23:21

Après le Concerto pour violon de Glass, le Concerto Grosso n°5 pour violon, un piano invisible  Hehe  et orchestre m'a complètement changé d'atmosphère. J'ai plongé, la tête la première, dans une musique plus déjantée, plus perturbée, plus tonitruante, presque chaotique par moments. Le violon de Gidon Kremer fut mon guide, un guide qui me tira par les tripes et m'entraîna dans des chemins escarpés et sinueux. J'ai été fasciné par les péripéties sonores et rythmiques de ce concerto comme je ne l'ai jamais été auparavant. Ce fut un moment fantastique pour moi, et cela jusqu'à la danse finale du violon qui monte dans les aigus et dessine une magnifique esquisse mélodique. Intense, dramatique, viscéral, chahuté et finalement onirique.    
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 21 Nov - 19:22

Je ne pouvais raisonnablement passer à côté d'Alfred Schnittke dans la réalisation de mon Top 13 des meilleures oeuvres pour violon et notamment à côté de sa Sonate n°1 pour violon et orchestre de chambre qui est un véritable régal à mon oreille, pleine d'insolence, de vitalité et d'ironie. A noter une superbe utilisation du clavecin, appuyant légèrement son côté baroque et grinçant, incisif et même espiègle d'une certaine façon. Ce qui marque également c'est la solidité et le caractère presque cinématographique des thèmes qui accrochent l'oreille à coup sûr.

Stepan Arman: violon

Il figurera, c'est plus que certain, dans ma liste préférentielle.

Il en ira pas de même pour son Concerto pour violon n°3 qui m'est déjà moins attractif. En même temps, l'oeuvre est très différente dans ce qu'elle exprime, plus sombre, plus "sérieuse", introvertie. Je ne peux pas dire qu'il me laisse complètement indifférent, ce serait mentir. Disons qu'il me laisse à chaque fois une impression mitigée, sauf les trois ou quatre dernières minutes qui sont tout simplement superbes et surtout précieuses. Je tiens à ce concerto principalement pour ces quatre dernières minutes qui me touchent au coeur. N'est-ce pas là la marque indélébile des grands? Mais si, mais si... Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 4 Juin - 23:53

<<Je viens d'écouter sa seconde symphonie "St Florian" qui m'apparaît comme une oeuvre hybride entre Symphonie et Messe, en tous les cas une oeuvre de contenu religieux dont chaque mouvement porte un titre en latin, de ceux qui constituent traditionnellement les Messes ou Requiem. Il s'agit d'après le compositeur d'une "messe invisible", une pièce orchestrale construite sur une structure chorale. Je trouve cette définition parfaitement juste.... je l'aime beaucoup, surtout grâce aux superbes quatrième et sixième (dernier) mouvements.>>

Il m'a semblé opportun de revenir sur cette Symphonie n°2 d'Alfred Schnittke "St Florian" qui invite dans sa "messe invisible" le contralto Jean Temperley, le contre-ténor Paul Esswood, le ténor Neil Jenkins et le basse-baryton Jonathan Robarts. Ce n'est pas une oeuvre qui m'agrippe dès le premier mouvement. A ce moment-là, je navigue plutôt en eau tiède. le "Kyrie eleison" ne me transporte pas très haut. Dans le second, il y a un moment de fulgurance orchestrale, une sorte de "Gloria" exprimé par les cuivres qui me fait un bel effet et me fait monter l'échelle qui se dirige vers les cieux de quelques marches. Si je retombe un peu en eau tiède avec le "Credo", je rencontre le Paradis avec le passionné et passionnant "Crucifixus Coda: Et resurrexit", comme une grande marche à la cadence implacable, surtout conduite par les cordes et appuyée par la percussion, qui monte en intensité. Le sommet est atteint. Le "Sanctus" et l'"Agnus Dei" me tiendront suspendu jusqu'au choeur final, beau et apaisé.
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 8 Juin - 11:57

J'ai réécouté le CD dont nous avions parlé avec Icare, qui comprend la symphonie n° 0 et l'oratorio Nagasaki, et dans la foulée j'ai trouvé sur youtube un autre enregistrement de Nagasaki par Valery Gergiev, qui me semble aussi bon que celui du CD, la création de l'oeuvre, par Owain Arwel Hughes;

J'aime toujours autant Very Happy



https://www.youtube.com/watch?v=PhJLd61vys0
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 9 Juil - 20:39

Un CD avec uniquement des oeuvres pour violon et piano :





Et voici mon classement :

Sonate n° 1 Rolling Eyes

Sonate n° 2 :

Suite en style ancien :      

Stille Nacht :  

Gratulations Rondo :      


Incroyable quand même que le bonhomme ait composé des morceaux de style aussi différents. Wink
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mer 24 Fév - 23:20


Mon troisième portrait est dédié à Alfred Schnittke, mais uniquement pour ses compositions destinées au Septième Art:

FILM MUSIC VOL. I comprenant une suite de The Story of an unknown actor et de The Commissar. Excellent, créatif, exaltant, poétique. Outre l'esprit inventif qui caractérise son approche, il démontre également un grand sens de la mélodie et de la fantaisie. Ce ne sont certes pas les versions originales, cependant, Frank Strobel avec le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin" en offre des interprétations de très bonne qualité. J'ai pris beaucoup de plaisir à les réécouter et ce n'est pas fini!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 25 Fév - 9:30


FILM MUSIC VOL. II. Il comprend quatre suites de ses musiques de films: une suite tirée de la partition qu'il composa en 1976 pour le film Les clowns et les enfants, une seconde suite tirée de la partition qu'il composa en 1969 pour le film La Valse, puis une troisième pour la partition qu'il composa en 1968 pour le film d'animation L'harmonica de verre et enfin une quatrième tirée de la musique qu'il composa pour L'ascension en 1976. Toujours par le formidable Frank Strobel et le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin". Je me régale à l'écoute de ces musiques tellement vivantes, entre "rétro" et modernité, audace et fantaisie, où une valse "straussienne" peut côtoyer une frénésie rythmique vaguement "stravinskyienne", le tout dans un style où l'on reconnaît aisément Alfred Schnittke. De la musique de film comme je l'aime!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 25 Fév - 16:36


FILM MUSIC VOL. III: Frank Strobel propose sur ce volume une suite de The Fairy-tale of Wanderings (1982-83) et une suite de Rikki-Tikki-Tavi (1976), toujours par le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin". Le plaisir est au rendez-vous pour les mêmes raisons que les deux volumes précédents avec cet art de développer une musique formidable à partir d'un thème mélodique d'une grande simplicité. J'aime aussi beaucoup les parties "popisantes" de ces B.O. et la manière dont elles sont orchestrées. Dans sa musique de film, à partir d'un matériau...on va dire ordinaire...Alfred Schnittke arrive, force d'un esprit imaginatif et d'un sens inné de la fantaisie, à "débanaliser" et à rendre le tout non seulement attractif mais intéressant: à chaque nouvelle écoute, j'y entends de nouveaux éléments, des petites choses qui ne m'avaient pas frappé lors des écoutes antérieures ou que j'avais tout simplement oubliées.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 25 Fév - 22:28

FILM MUSIC VOL. IV: Ce dernier volume des musiques de films d'Alfred Schnittke rejouées par Frank Strobel et le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin" est peut-être le moins captivant des quatre, du moins dans sa seconde partie, comprenant ce qu'il composa sur le film d'Elem Klimow en 1965, une musique légère plus banale bien que très agréable et divertissante malgré tout. Il y a toujours ces petits moments poétiques et malicieux qui redressent l'oreille, sont là pour me rappeler que je n'écoute pas n'importe quel musicien. Ils sont moins nombreux que dans les suites précédentes, dont celle tirée de la B.O. qu'il écrivit pour le documentaire satirique du même réalisateur Sport, Sport, Sport (1970) et avec laquelle elle est couplée sur ce quatrième volet. Cette musique qui invite Bach, le jazz et la musique légère est une petite merveille. Elle convoque, sous la forme de deux brèves citations, deux célèbres thèmes musicaux, Un Homme et une Femme de Francis Lai et un air magnifique sur lequel je n'arrive pas à mettre un titre, peut-être Tchaikovsky. Honte à moi, j'ai un trou! Hehe De plus, Schnittke adore introduire dans sa musique des instruments comme la mandoline, le clavecin, la flûte à bec ou encore le banjo, parfois dans des ambiances insolites ou fortes en ironie. J'adooooore!!!!!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 26 Fév - 13:34

Toujours avec le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin" mais plus pour le label "Capriccio" - cette fois, c'est pour "CPO" - Frank Strobel enregistre quatre suites de la musique de film d'Alfred Schnittke; My Past and Thoughts d'une durée de 14mn, Agony d'une durée de 20'45'', The End of St. Petersburg d'une durée de 12 mn et The Master and Margarita d'une durée de 13'14''. La pochette du disque est d'ailleurs quelque peu rebutante. Elle se réfère au film en deux parties d'Elem Klimov; Agonia qui relate l'influence de Raspoutine sur le Tsar et le complot contre le moine compromis: film qui fut, soit dit en passant, considéré comme "subversif" par les autorités soviétiques de l'époque. La pochette évoque donc la tête de Raspoutine avec de gros vers dégoutants dans les cheveux, beurk! Hehe En revanche, la musique d'Agony - Agonia est, selon moi, un pur chef-d'oeuvre de la musique de film, avec sa valse démoniaque, son tango plein de véhémence et son final passionné et d'une grande force émotionnelle. My Past and Thoughts développe une musique déjà plus délicate, moins déchirante. Il y a notamment un morceau à la fois si simple et si émouvant, merveilleuse mélodie avec violon solo planté dans l'aigu et voix légères: il s'intitule "Madonnen" et est plutôt court puisqu'il n'atteint même pas la minute cinquante. Et pourtant, quel effet il me procure...c'est indicible, merveilleux! Pour l'anecdote, vers la fin de cette suite, on y entend une citation assez appuyée de la Marseillaise. Je ne compte plus les B.O. où notre hymne national y est cité....Ah, le superbe Napoléon d'Arthur Honegger pour ne mentionner que cet exemple!...The End of St. Petersbourg est une performance plus mineure qui commence sur la pointe des notes avec un caractère vaguement menaçant par la grosse caisse et avant un solo de trompette: c'est un peu une lumière perdue dans la nuit. Après une musique sombre et sinueuse, éclate une marche militaire décomplexée. Le thème qui suit est mystérieux, énigmatique avant d'engendrer une idée thématique malicieuse: jolies combinaisons instrumentales pour exprimer un air entêtant. The Master and Margarita présente une musique moins grave et plus satirique. Toutefois, le thème principal est ce qui me touche le plus. Ennio Morricone, sur le même sujet, avait également composé un thème très beau dans son style à lui. Là, on y entend un foxtrot, un voland, un tango, une marche funèbre et puis une transformation radicale et clinquante du Boléro de Ravel. Revient en conclusion le très émouvant thème principal qui demeure, à mon goût, l'atout majeur de cette suite. Les cordes en sont l'élément dominant, semble démarrer une sorte de valse déchirante et déchirée, pour ne pas dire bancale. J'adhère!
Revenir en haut Aller en bas
laudec

avatar

Nombre de messages : 3393
Age : 65
Date d'inscription : 25/02/2013

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 26 Fév - 16:20

Tant de messages, m'ont mis la puce à l'oreille, je suis donc partie à la découverte de ce compositeur. Quelle surprise et quel bonheur ensuite, cette musique si personnelle, variée, émouvante, un univers qui me plaît énormément.
J'ai trouvé peu de musiques (sur YT) auxquelles tu fais référence Icare mais il y en a beaucoup d'autres, chaque fois assez uniques , éclairant une petite partie de son univers.
La musique de film "Les clowns et les enfants" j'ai trouvé et je me suis sentie au cirque, enfant ...
Les clowns et les enfants
Musique très expressive qui utilise des moyens inattendus et variés, j'aime ça De la musique exprimant la joie (moins ) comme la nostalgie, la tristesse, aucune émotion n'est ignorée.

Un grand compositeur du XXième ! merci pour la découverte


Sonate pour piano

Histoire d'un acteur inconnu

Concerto grosso 1

Tango polyphonique

Sonate pour violoncelle 1

Choir concerto Chœurs à faire frisonner ...

Suite in the old style (menuet pour Icare Wink )

Requiem
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 26 Fév - 16:27

Dernier plongeon dans la musique de film d'Alfred Schnittke, mais cette fois par "Olympia", sans Frank Strobel et avec les versions originales. Cette compilation qui date de 1994 réunit quatre de ses musiques de films sous la formes de suites plus ou moins longues: The Story of an Unknow Actor (1976), Sport, Sport, Sport (1970), Agony (1973-74) et Music for an Imaginary Play (1985). C'est par ce cd que j'ai découvert pour la première fois la musique de film d'Alfred Schnittke. Les différents volumes par Frank Strobel et le "Rundfunk-Sinfonie-Orchester Berlin" sont venus ensuite. Bien sûr, pour ce qui est de la qualité sonore, les "Strobel" sont supérieurs. En revanche, il peut m'arriver de préférer les versions originales. C'est le cas avec le thème principal - magnifique thème principal devrais-je préciser - de The Story of an Unknow Actor. La version de Strobel est certes très dynamique et envoûtante, bénéficiant de surcroît d'une très bonne qualité sonore, mais il n'y a rien à faire, je préfère la version initiale, les orchestrations, ce clavecin dans la dernière étape du morceau qui résonne encore dans ma tête au moment où j'écris ces lignes. Dans Agony aussi, il y a un extrait chaotique avec voix que je n'ai pas retrouvé dans la suite proposée par Strobel. Sinon, il y a trois extraits de Music for an Imaginary Play (1985) qui ne figurent dans aucun volume du chef allemand, ne sont présents que sur ce cd. Pour la petite histoire, il ne s'agit pas exactement d'une musique de film. Le réalisateur Yuri Lyubimov, en exil à l'Ouest et encore incapable de revenir à Moscou, projeta une dramatisation de Byësy - Les Possédés ou Les Diables de Dostoïevsky. Lyubimov avait discuté du projet avec Schnittke bien avant de quitter la Russie. Alfred Schnittke écrivit deux pièces brèves et une mélodie populaire (que le chef d'orchestre Gennady Rozhdestvensky développa en un mouvement central). Schnittke dit que l'orchestration est "pour un orchestre de théâtre 'épuisé' (kaputtes) où les groupes individuels sont représentés au moyen de musiciens laissés pour compte qui n'ont rien de mieux à faire. On y trouve une flûte, une trompette, un harmonica, une guitare, de la percussion, un piano et un 'choeur' de deux à trois voix qui chantent pathétiquement mais sans texte à travers du papier et des peignes." Le thème inexpérimenté de la première pièce devient rapidement obsédant, paralysant avec sa monotonie concise et carrée, comme nous l'explique Ronald Weitzman. J'adore le caractère obsessionnel et corrosif de ce morceau avec ce choeur de deux ou trois voix qui chante à travers du papier et des peignes. Ca crée un effet très ludique et même sarcastique. Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
laudec

avatar

Nombre de messages : 3393
Age : 65
Date d'inscription : 25/02/2013

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 17 Mar - 22:23

Joachim a écrit:
J'ai réécouté le CD dont nous avions parlé avec Icare, qui comprend la symphonie n° 0 et l'oratorio Nagasaki, et dans la foulée j'ai trouvé sur youtube un autre enregistrement de Nagasaki par Valery Gergiev, qui me semble aussi bon que celui du CD, la création de l’œuvre, par Owain Arwel Hughes;

J'aime toujours autant Very Happy
Je viens d'écouter l'oratorio Nagasaki par l' A.Schnittke memorial Orchestra et Chor. A.Schnittke memorial Choir. qu'on trouve sur yt également, une grande œuvre qui m' inspire un respect immense pour tant de beauté, et puis tant d'autres émotions d'une grande subtilité, merci pour cette découverte.

A. Schnittke commence a occuper une place très importante pour moi. Hier j'ai écouté aussi le deuxième de ses trois chants sacrés à capella, une pure merveille . Je m'en vais écouter les deux autres que je ne connais pas encore Ses chœurs et concertos pour chœurs, quelle merveille, mon cœur s'arrête presque de battre Shocked
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16544
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 18 Mar - 12:44

J'ai trouvé par hasard ce Glassharmonica que je n'avais encore jamais écouté. Tantôt lyrique, tantôt atonal et "bizarre" Au total je trouve que c'est pas mal du tout... par moments  Laughing

https://www.youtube.com/watch?v=FTeTaXJruhU



Sue la même page youtube, on trouve aussi cette "histoire d'un acteur inconnu", encore mieux !

https://www.youtube.com/watch?v=M3EuHTOLG8o
Revenir en haut Aller en bas
laudec

avatar

Nombre de messages : 3393
Age : 65
Date d'inscription : 25/02/2013

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Sam 19 Mar - 14:30

Des parties assez minimalistes que j'aime beaucoup ainsi que les accents bizarres du glassharmonika, d'autres parties que j'aime moins, très intéressant tout cela !

"L'histoire d'un acteur inconnu", très beau mais enregistrement exécrable, dommage
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11300
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Sam 19 Mar - 15:19

laudec a écrit:
"L'histoire d'un acteur inconnu", très beau mais enregistrement exécrable, dommage  

Il en existe une version avec une bien meilleure qualité d'enregistrement (surtout plus récente) de Frank Strobel. Toutefois, c'est orchestré différemment et même si je l'aime aussi dans cette orchestration-là plus proche du concert, je garde une préférence pour la version d'origine ( de studio - orchestrations de Schnittke) qui place le clavecin beaucoup plus en avant. Pour ces raisons, je continue d'écouter les deux. Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Alfred Schnittke (1934-1998)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les compositeurs-
Sauter vers: