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 Alfred Schnittke (1934-1998)

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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 5 Mai - 22:37


Je viens d'écouter son YELLOW SOUND,stage composition for pantomine,instrumental ensemble,soprano et choeur mixte,et c'est une vraie créature sonore avec des voix parfois étranges,une oeuvre insolite d'allure expérimentale qui ne s'approprie aucune référence classique,aucun style, de manière significative. J'adore cette pièce d'un genre indescriptible,saisissant d'originalité mais sans aucune réelle concession. J'y ai même ressenti une forme d'humour et pourquoi pas une certaine dimension théâtrale. La fin de l'oeuvre est formidable et tout-à-fait dans la poétique habituelle du compositeur.
Mon moment Schnittkien s'acheva toutefois dans le recueillement et la beauté avec TROIS HYMNS SACRES pour choeur à cappella.
Que ce soit dans le domaine du sacré,du profane,de l'expérimental,de la musique de film ou du concertant et symphonique,il m'émerveille. Ce musicien m'émerveille.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Sam 18 Juin - 18:10

Avec sa musique de ballet PEER GYNT ,on s'éloigne de sa période de collages avec les citations classiques. On touche à l'univers purement schnittkien reconnaissable dès les premières mesures. 126 mn 48 de pur bonheur dont le plus impressionnant et le plus génial reste le épilogue "Out of the world" d'une durée de 24 minutes,un monde sonore à lui-seul qui semble évoluer sur un fond de choeur et me rappelle ô combien la musique de mon siècle peut m'être souvent un agrégat sonore idéal surtout lorsqu'elle est imaginée et façonnée par un compositeur aussi doué,pour ne pas dire l'un des plus doués et intéressants de la seconde moitié du vingtième siècle. Désolé d'être aussi dithyrambique mais c'est le choc émotionnel que je viens de vivre par tant de notes inspirées et de rythmes fous qui en est responsable! Là,je suis vraiment parti très haut que j'ai même du mal à redescendre. Outch! Je veux bien faire partie d'une minorité si c'est pour vivre une émotion pareille. Very Happy


Dernière édition par Icare le Jeu 23 Juin - 22:06, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 19 Juin - 9:51

Je n'ai écouté que l'adaptation, faite par Schnittke, de l'épilogue de Peer Gynt, transcrit pour violoncelle, piano, choeur et bande magnétique : j'ai bien aimé. Je pense donc que j'apprécierais le ballet entier Wink

Tu as déjà écouté la cantate Nagasaki ? C'est l'oeuvre qui m'a le plus impressionné jusqu'à présent. Malheureusement je ne l'ai pas trouvé en CD.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 19 Juin - 16:38

Oui,je l'adore aussi et la possède en cd avec sa Symphonie n°0. Dire si cette cantate est ce qui m'a le plus impressionné chez ce compositeur,je ne saurais répondre. Je suis très fan de son oeuvre en général même si je n'aime pas complètement tout ce qu'il a composé,bien sûr.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 4 Juil - 8:31

Icare a écrit:
J'ai beaucoup écouté aujourd'hui et après les Duets de la compositrice russe,je me suis attaqué aux trois premiers Quatuors à cordes d'Alfred Schnittke. Si le premier m'a laissé tiède,presque froid,je peux dire ici que le second,surtout à partir du deuxième mouvement,m'a chauffé à bloc. Qu'elle maestria dans ces cordes qui pulvérisent,hache menu tout sur son passage. J'en ai eu la chair de poule! Si le mouvement qui suit m'a également plu pour des raisons presque similaires,le dernier,d'une autre dimension,m'a paru magique. Les cordes s'accordent alors dans un timbre étrange,lumineux et d'une grande beauté. Le troisième quatuor ne démérite pas non plus,jouant dans l'"Agitato",d'un thème de facture classique,imitation ou citation,qu'il dénature et même défigure à souhait,dans un style d'écriture et d'effets qui est le sien et n'appartient qu'à lui.


Interprètes: The Tale Quartet (Tale Olsson-Violon I ,Patrik Swedrup-Violon II ,Ingegerd Kierkegaard-Alto ,Helena Nilsson-Cello)


Réécoute ce matin de ces quatuors et même impression que la précédente citée ci-dessus par mes soins,sauf que celle du N°1 s'est nettement améliorée. I love you

Quatuor à cordes N°2:

Lors de la première donnée par le Quatuor Muir des Etats-unis à une compétition pour quatuors à cordes à Evian,en France, SCHNITTKE fournit les brefs commentaires suivants:

<< Presque l'entier matériel tonal du quatuor,dont les mouvements s'enchaînent sans interruption,provient de l'ancien chant sacral russe. ( La musique sacrale de la Russie des 16ème et 17ème siècles fait une impression assez unique avec son hétérophonie
dissonante.) Ce matériel est cependant traité avec liberté: les thèmes diatoniques deviennent chromatiques,leurs intervalles sont diminués ou augmentés et des techniques compliquées de jeu mènent à une instabilité des niveaux des gammes, ce qui produit des effets choraux.
>>

Je considère ce quatuor comme un chef-d'oeuvre du genre et ne suis guère loin de penser la même chose du troisième. J'adore l'idée du second mouvement,là aussi,très caractéristique de SCHNITTKE qui consiste à utiliser un motif (sorte de leit motiv) très accrocheur pour l'oreille, pouvant provenir de l'ère baroque ou classique sous forme d'imitation ou de citation,mais un motif peu important en lui-même si ce n'est de servir de fil conducteur à un morceau de musique foncièrement encré dans son époque et donc contemporain jusque dans sa moelle osseuse. I love you
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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 16 Sep - 10:06



Deux oeuvres parmi mes préférées de Schnittke se trouvent sur ce CD :

la symphonie n° 0 une oeuvre de 1956 que l'on peut, je crois, classer dans le post romantisme

et surtout cette cantate Nagasaki, pour soprano, choeur et orchestre qui, je ne sais pas trop pourquoi, n'est pas une des oeuvres les plus connues de Schnittke. Le CD ne donne pas le livret de la cantate, je suppose qu'il s'agit d'un hommage aux victimes de la bombe atomique, car à un moment donné on a comme une scène apocalyptique.

Je ne pense pas qu'elle plairait beaucoup à Snoopy (pour lui Schnittke ne vaut pas plus que Wagner Wink ) mais par contre elle devrait enthousiasmer Icare et probablement Jean.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Ven 16 Sep - 10:30



Je confirme!!
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 10 Juin - 19:31


Réécoute en cette fin de journée de la Symphonie n°0 qui est une oeuvre de jeunesse du compositeur au même titre que son Oratorio "Nagasaki". Comme le dit Joachim, elle semble s'inscrire dans le post romantisme, subissant autant l'influence de Schostakovich que celle de Myaskovsky, bien que l'on lui prête aussi des influences de la musique occidentale, Hindemith notamment, ce qui en fait pour le coup une musique plus "internationale" que les nombreuses symphonies soviétiques typiques de la même époque. L'anecdote à propos des influences raconte que si Schnittke ait pu être influencé par Schostakovich, certains se demandent si ce dernier n'avait pu être lui-même influencé par le début du mouvement lent de cette fameuse symphonie n°0: La "Passaglia" de Schnittke commence par des pizzicati joués aux contrebasses. Dans la Symphonie n°11 de Chostakovich (achevée la même année (1957), le mouvement lent s'ouvre de manière très similaire avec des pizzicati aux contrebasses. Serait-ce une forme de clin d'oeil du maître à l'élève ou une idée qui lui a plu et a eu envie de reprendre?

Toujours est-il que j'ai beaucoup aimé cette symphonie. J'ai d'ailleurs trouvé le "prologue" du mouvement lent magnifique. De là à avancer qu'elle puisse être sa meilleure symphonie ou tout au moins celle que je préfère...je ne pense pas...Vu que je vais toutes les réécouter à l'exception de la Cinquième que je ne connais ni ne possède encore, je pourrai donc faire mon petit classement préférentiel.
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ysov

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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 3:10

Snoopy a écrit:
"Pompez! Pompez!" Dit le capitaine! Laughing

Selon mon analyse personnelle et mon verdict y découlant, Schnitke est l'équivalent pour son corpus à celui d'Anton Rubinstein, quelques belles surprises parmi un amas de scories...

Ce qui m'incite à conclure avec ceci: Si Schnitke pompe, le capitaine qui dit de pomper est Rubinstein. Ptdr
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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 10:00

ysov a écrit:


Selon mon analyse personnelle et mon verdict y découlant, Schnitke est l'équivalent pour son corpus à celui d'Anton Rubinstein, quelques belles surprises parmi un amas de scories...


C'est tout à fait ce que je pense aussi Hehe Et même à l'intérieur d'une oeuvre moche, on trouve de très jolies pages : cas du quintette avec piano, où un des mouvements, une pastorale, est magnifique. Les autres, bof...
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 16:39

joachim a écrit:
ysov a écrit:


Selon mon analyse personnelle et mon verdict y découlant, Schnitke est l'équivalent pour son corpus à celui d'Anton Rubinstein, quelques belles surprises parmi un amas de scories...


C'est tout à fait ce que je pense aussi Hehe

Rien à voir avec le poussiéreux Anton Rubinstein. Schnittke est sans aucun doute l'un des compositeurs de la seconde moitié du XXème siècle qui a composé le plus grand nombre de musiques intéressantes et l'un des plus fascinants à suivre et à approfondir. Son oeuvre (et même sa musique de film) est souvent traversée d'un grain de folie, une merveilleuse schizophrénie artistique parfaitement explorée. Je viens d'ailleurs d'en revivre l'expérience avec sa Symphonie n°1. C'est comme un grand capharnaüm organisé où s'embrassent dans un même élan de folie, musiciens classiques et musiciens de jazz. Certes, dans cette oeuvre notamment, les citations classiques sont nombreuses, comme des ondes de radio qui traversent un grand astre en fusion, parfois perturbé par des blocs sonores très dissonants. C'est une symphonie qui touche au spectacle, à la scène, au théâtre, qui ne manque ni d'humour ni d'excès, sans doute plus spectaculaire en concert que sur disque. On a même droit à des duels de musiciens comme dans le jazz qui de plus sont applaudis par le public. On touche à l'hérésie et au burlesque, peut-être même au grotesque et à la fantaisie un peu superflue de l'orchestre qui commence à jouer avant l'arrivée du chef alors que celui-ci quitte la salle avant la note finale. Qu'importe l'excentricité, cette drôle de "symphonie-fourre-tout" est un spectacle sonore captivant et unique en son genre, un délire total où se mêle ambition et divertissement de grande classe...et même de grande déclasse! Hehe Génial! L'anti-chef d'oeuvre par excellence!

La première symphonie est la clé de toute ma production polystylistique ultérieure. Elle est l'oeuvre centrale pour moi parce qu'elle contient tout ce que j'aie jamais eu ou fait dans ma vie, même le mauvais et le kitsch - la musique de film y comprise - ainsi que le plus sincère. Tout cela apparaît dans cette composition, c'est ainsi que toutes mes oeuvres ultérieures en sont la continuation et déterminées par elle. Alfred Schnittke.

Cette symphonie est géniale et bien que Schnittke ait pu abuser (ou pas) de la citation classique, lorsque je pense à son Concerto Grosso N°1, pour ne citer que cette oeuvre, j'y entends une musique profondément schnittkienne en chacune de ses notes. Et quelle magnifique utilisation du piano préparé! Je considère Alfred Schnittke comme un génie et je ne suis pas le seul. Wink Même ses "petites oeuvres imparfaites" sont de véritables curiosités stylisées.


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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 18:55

joachim a écrit:
Et même à l'intérieur d'une oeuvre moche, on trouve de très jolies pages :.

Tu aurais pu mettre des guillemets à "moche" mon p'tit Joachim. Wink Je traduis donc: < Au sein d'une oeuvre atonale ou dissonante, on trouve des pages très tonales...> Hehe Ce qui change tout et démontre de ta part une vision très réductrice du "beau" musical. Hehe Quel incorrigible ce Joachim! Ptdr Cependant, je suis d'accord sur le fait que certaines de ses compositions ne sont pas toujours géniales d'un bout à l'autre mais peuvent contenir un passage ou un mouvement magnifique. Ce n'est pas propre à Schnittke mais quelque chose que je suis en mesure d'observer chez tous compositeurs, comme la Septième de Beethoven, par exemple, qui d'après moi ne vaut son pesant d'or que pour son second mouvement. Les trois autres s'écoutent sans déplaisir, certes, mais sans passion non plus. C'est tonal, d'accord mais c'est tout.

Je viens d'écouter sa seconde symphonie "St Florian" qui m'apparaît comme une oeuvre hybride entre Symphonie et Messe, en tous les cas une oeuvre de contenu religieux dont chaque mouvement porte un titre en latin, de ceux qui constituent traditionnellement les Messes ou Requiem. Il s'agit d'après le compositeur d'une "messe invisible", une pièce orchestrale construite sur une structure chorale. Je trouve cette définition parfaitement juste.
Très différente des deux symphonies qui la précèdent, je l'aime beaucoup aussi mais pour d'autres raisons, surtout grâce aux superbes quatrième et sixième (dernier) mouvements.



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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 20:42

Icare a écrit:
joachim a écrit:
Et même à l'intérieur d'une oeuvre moche, on trouve de très jolies pages :.

Tu aurais pu mettre des guillemets à "moche" mon p'tit Joachim. Wink Je traduis donc: < Au sein d'une oeuvre atonale ou dissonante, on trouve des pages très tonales...> Hehe Ce qui change tout et démontre de ta part une vision très réductrice du "beau" musical. Hehe



Je n'en attendais pas moins de toi

Concernant les symphonies, voici mon humble classement :

0 3 4 8 2 7 6 5 1

Mais comme je ne les ai pas écoutées toutes à la suite, ça dépendait je crois de l'humeur du jour. Ce qui est sûr, je crois, c'est que ma préférée est nettement la 0 et celle que j'aime le moins c'est la 1 !

La symphonie n° 5 est aussi appelée Concerto grosso n° 4 ... compliqué ce Schnittke Wink


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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 21:01

Liste préférentielle de Joachim: 0 3 4 8 2 7 6 5 1

Je suppose que tu ne connais pas encore la n°9...?... Tu es finalement très prévisible mon petit Joachim. J'étais sûr que ta préférée serait la n°0 parce qu'elle est de caractère post-romantique et tout aussi sûr que la n°1 serait classée en dernier dans ton classement. Hehe Pour ma part, ce sera un classement difficile car il y a beaucoup de différences entre ses symphonies, notamment entre la zéro, la une et la deux, mais ce qui me paraît évident c'est que la n°1 risque fort de s'y retrouver en tête ou en seconde position, même si je la considère comme un anti-chef-d'oeuvre. Là, je m'apprête à réécouter la troisième que tu as classée en seconde position.

Mais comme je ne les ai pas écoutées toutes à la suite, ça dépendait je crois de l'humeur du jour. Ce qui est sûr, je crois, c'est que ma préférée est nettement la 0 et celle que j'aime le moins c'est la 1 !

Incorrigible Joachim, qu'est-ce que je disais! Hehe

La symphonie n° 5 est aussi appelée Concerto grosso n° 4 ... compliqué ce Schnittke Wink

Merci pour l'information car je l'ignorais.
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ysov

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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 21:33

J'aime bien vous lire tous les deux.

Joachim, quand tu écouteras la 9ème, je prédit qu'il prendra place finalement entre la 0 et la 3, car de même genre classique.

Cependant, que tu classes la 3ème en 2ème place de ta liste m'étonne quelque-peu, car cette symphonie est une des pires, avec la première. La majorité de
ses symphonies, sont excellentes pour la musique de film. Il faut être fana de musique de film afin d'apprécier ce Schnittke.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 22:31

ysov a écrit:
J'aime bien vous lire tous les deux.

Joachim, quand tu écouteras la 9ème, je prédit qu'il prendra place finalement entre la 0 et la 3, car de même genre classique.

Cependant, que tu classes la 3ème en 2ème place de ta liste m'étonne quelque-peu, car cette symphonie est une des pires, avec la première.

Pour Joachim, sûrement pas car elle est dans son ensemble plutôt tonale. Les cuivres dans le premier mouvement sont très lumineux, quasi-liturgiques, le second est souvent mélodique et dans le pastiche, même si il brise l'ambiance par quelques ruptures de ton dissonantes. Il aimera beaucoup moins le troisième mouvement que moi, dans un style nerveux et obsessionnel typiquement schnittkien, c'est-à-dire un brin déjanté. Hehe Le dernier mouvement devrait normalement nous réunir...je le trouve d'abord d'une immense retenue puis d'une grande beauté, irrésistible lorsqu'il se termine sur une flûte douce solo. C'est la musique du recueillement, tout l'inverse de la première symphonie qui est fofolle du début à la fin. Hehe

<<Pour sa musique de film, il faut être fana de la musique de film afin d'apprécier ce Schnittke>>

...ou fana de Schnittke pour apprécier sa musique de film...je l'assume volontiers et je préférerai toujours une musique de film qui me fascine à une symphonie ou un opéra ennuyeux. D'ailleurs, c'est Gennadi Rozhdestvensky, chef d'orchestre qui dirigea beaucoup d'oeuvres du compositeur russe, qui reprocha à ce dernier d'avoir trop composé pour le cinéma (une soixantaine environ, ce qui n'est pas énorme) alors qu'il aurait pu composer tellement plus d'oeuvres sérieuses à la place. Rolling Eyes D'autant plus marrant que certaines de ses musiques de films surpassent en imagination et en créativité certaines de ses compositions dites sérieuses (et de ses confrères)... Ah! Les dogmes, toujours les dogmes!
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ysov

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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Lun 11 Juin - 22:44

Icare a écrit:
D'autant plus marrant que certaines de ses musiques de films surpassent en imagination et en créativé certaines de ses compositions dites sérieuses... Ah! Les dogmes, toujours les dogmes!

Bien d'accord, sur le fait que des compositions pour le film surpassent en imaginations, car il est comme je l'ai dit excellent en ce domaine, même beaucoup de ses compositions dites ''sérieuses'' sont des sortes de musiques de film, ce qui m'incite à dire qu'il aurait dû faire QUE de la musique de film. Very Happy
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 12 Juin - 16:03


Il y a du vrai dans ce que tu dis...Il y a d'ailleurs un autre compositeur qui me donne toujours cette impression d'écrire une musique extrêmement filmique même lorsqu'il ne compose pas pour le cinéma, c'est le Polonais Wojciech Kilar. Il a un style différent du compositeur russe, ceci-dit, mais c'est assez filmique aussi, comme autant de partitions composées pour des films imaginaires.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 12 Juin - 18:31

A propos de sa troisième symphonie:

<<Après la création de ma première symphonie (1974), j'ai voulu me mettre immédiatement à une seconde qui démarrerait là où la première s'était arrêtée. (Elle était une symphonie de collage où des éléments "tonaux" et "atonaux" s'affrontent et s'éloignent ainsi l'un de l'autre; un point d'interrogation majeur quant aux chances de survie de la symphonie comme forme musicale.) Puis, j'ai eu l'honneur de recevoir la commande d'une symphonie du chef d'orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Kurt Masur, et du directeur des éditions Peters, Bernd Pachnicke - j'ai alors voulu étudié les possibilités acoustiques et électro-acoustiques de la nouvelle salle de concert de Leipzig. J'imaginais de la musique reliée à la gamme des harmoniques naturelles, obtenue par l'accumulation de la série des harmoniques, où des groupes de notes provenant des harmoniques supérieures apparaissent puis se libèrent de l'attraction exercée par leur note originale et passent dans une modulation acoustique. Ce plan était une utopie qui échoua à cause des liens encore inévitables des possibilités compositionnelles d'aujourd'hui au système tempéré. Une partie de cette idée put cependant être réalisée dans la version finale de la symphonie (qui devait être ma troisième), soit dans le premier mouvement, quoique seulement dans une approximation tempérée. Entretemps, le concept prit de l'expansion et un morceau de musique vit finalement le jour; son matériel musical est un développement des monogrammes de plus de 30 compositeurs allemands (de Bach, Haendel et Mozart à Schoënberg, Berg, (von) Webern, Eisler, Dessau, Weil, Stockhausen, B.A. Zimmermann et Henze). Cette fois aussi, seule la tentative d'écriture d'une symphonie réussit même si, externellement, la forme suivit le procédé habituel: I introduction, II forme sonate, III scherzo et IV Adagio-finale. J'ignore si la symphonie survivra ou non. J'espère bien que oui et j'essaie de composer des symphonies quoiqu'il me paraît évident que c'est logiquement inutile. Les tensions de cette forme, basées sur une perception tonale de l'espace et sur un contraste dynamique, sont paralysées par le point-de-vue technico-matériel actuel. Il y a cependant de l'espoir: en art, l'impossible a une chance de réussir alors que le certain est toujours trompeur et irrémédiable.>>

Alfred Schnittke


Si j'aime beaucoup cette troisième symphonie, la quatrième m'a, en revanche, laissé une impression d'étrangeté, est celle qui m'est jusqu'ici la plus énigmatique. Je ne dirais pas que je ne l'aime pas mais je ne dirais pas qu'elle me fascine non plus. J'en aime certains passages, c'est certain, y retrouve un style, un univers que j'approuve, mais c'est peut-être celle qui risque de figurer en queue de mon classement préférentiel. Toutefois, comme je la possède dans deux versions différentes et que je viens d'écouter celle de Gennady Rozhdestvensky, éditée en 1986, je vais écouter ce soir la version plus récente de Valéry Polyansky.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Mar 12 Juin - 22:36

C'est curieux ce que, parfois, d'une interprétation à une autre, une impression peut radicalement changer. Ce qui a déjà changé, hormis l'interprétation, c'est un meilleur enregistrement cd de cette oeuvre et donc un meilleur son et une meilleure dynamique. Toutefois, la version de Valéry Polyansky m'a donné l'impression d'une musique plus concise et plus incisive. La combinaison du piano, clavecin et célesta qui donne le ton à cette symphonie m'a paru d'emblée plus saisissante, le contre-ténor, le ténor, puis les choeurs qui donnent un caractère religieux dans la partie conclusive, me furent d'un effet plus saisissant. A la première écoute, l'oeuvre, dans la version de Gennady Rozhdestvensky, m'avait semblé quelque peu décousue dans ses multiples rebondissements alors qu'en la parcourant une seconde fois,dans la version de Polyansky, j'y ai, au contraire, trouvé davantage de cohérence. Plus qu'une question d'interprétation, c'est bien plus une meilleure connaissance de la symphonie qui m'a amené à beaucoup mieux la cerner. Je ne pense pas que la version Rozhdestvensky soit beaucoup moins bonne que celle de Polyansky, je pense surtout qu'elle est d'abord pénalisée par un enregistrement passable et qu'ensuite, une deuxième écoute m'a permis de mieux l'apprivoiser et de mieux canaliser ses moments forts. Se rajoute à ça le fait que le cd russe, (Rozhdestvensky) ne contenant que la symphonie, est affublée d'une pochette hideuse et de textes uniquement en russe et en anglais alors que la pochette du cd Chandos (Polyansky) est superbe et possède aussi un long texte en français ainsi qu'en bonus une pièce inédite pour voix à capella du même compositeur intitulée "Three Sacred Hymns". Tout bénéfice, cette version Chandos! Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 14 Juin - 20:08

Des Symphonies Nos 6, 7 & 8, je retiens d'abord la Septième puis la Huitième. La Sixième est très probablement celle qui sera à la queue de mon classement préférentiel. J'ai eu l'impression que la n°7 poursuivait le même schéma musical - je les trouve très soeurs, ces deux-là - mais que la Septième contenait davantage d'émotion, comme un aboutissement stylistique de la précédente. La huitième est celle qui me paraît la plus cérébrale de toutes ses symphonies, la plus détachée et élevée. Le premier mouvement est magnifique. Le long mouvement lent est un grand recueillement où les cordes y jouent un rôle essentiel. Il touche au sublime à certains moments, bien que je dirais que cette symphonie touche réellement au sublime dans le court "Lento" final, extatique et irrésistible. En fait, la Huitième m'apparaît comme l'opposée en style et forme de la Première, enfin de celle intitulée la n°1. Je les adore pourtant toutes les deux.

Il ne me reste plus qu'à redécouvrir sa neuvième symphonie pour faire mon classement préférentiel. Very Happy
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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 14 Juin - 20:31

Icare a écrit:


Il ne me reste plus qu'à redécouvrir sa neuvième symphonie pour faire mon classement préférentiel. Very Happy

La neuvième symphonie est la seule que je n'ai pas écoutée, elle n'est pas dans l'intégrale Naxos, car elle est inachevée ; c'est la dernière oeuvre de Schnittke, et elle a été terminée par Alexandre Raskatov qui a réussi le tour de force (car l'écriture de Schnittke était épouvantable) de reconstituer 3 des mouvements sur la base des esquisses disponibles.
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Icare
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Jeu 14 Juin - 22:56

La neuvième symphonie de Alfred Schnittke est effectivement dans un style néo-classique et se rapproche donc, comme l'avait spécifié Ysov de la n°0. Toutefois, je dirais qu'elle est davantage tourmentée, sinueuse, dans l'humeur d'un compositeur déjà très malade et en fin de vie, bien moins post-romantique et "juvenile" que la 0.

Mon classement préférentiel: 1, 3, 4, 8, 2, 7, 0, 9, 6.
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joachim
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   Dim 24 Juin - 17:44

Icare a écrit:
La neuvième symphonie de Alfred Schnittke est effectivement dans un style néo-classique et se rapproche donc, comme l'avait spécifié Ysov de la n°0. Toutefois, je dirais qu'elle est davantage tourmentée, sinueuse, dans l'humeur d'un compositeur déjà très malade et en fin de vie, bien moins post-romantique et "juvenile" que la 0.

Mon classement préférentiel: 1, 3, 4, 8, 2, 7, 0, 9, 6.

Je viens enfin de l'écouter, cette neuvième, dans l'enregistrement ci dessous, et je suis tout à fait d'accord avec toi, quand tu parles de tourmentée, sinueuse. Ce terme convient très bien à ce que je ressens, on ne suit pas cette oeuvre, je veux dire qu'on ne sait pas où on va, on dirait un peu une musique qui va au hasard. Dans mon classement, je mets au même niveau que la 8...



Le disque est complété par le Nunc Dimittis de Rascatov, un hommage à Schnittke que l'auteur voudrait comme quatrième mouvement de la symphonie, puisque Schnittke voulait faire une symphonie en 4 mouvements.

Ce Nunc Dimittis d'Alexander Raskatov est composé pour mezzo soprano, quatuor vocal et orchestre. Il dure 16 minutes, et ce sont 16 minutes dont on se passerait bien, car on retrouve le Schnittke "moderne" que je n'aime pas...


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MessageSujet: Polistylistique?   Mar 21 Aoû - 21:07






Influences de Chosta



Je ne me souviens pas qui a dit: l'inflence meurt quand l'invidu meurt. Mais ça a du sens.

Martin
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MessageSujet: Re: Alfred Schnittke (1934-1998)   

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Alfred Schnittke (1934-1998)
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