Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
-26%
Le deal à ne pas rater :
DeLonghi Détartrant écologique pour machine à café 500ml
9.90 € 13.36 €
Voir le deal

 

 Guillaume DUFAY (v;1400-1474)

Aller en bas 
AuteurMessage
Snoopy
Admin
Snoopy

Nombre de messages : 26307
Age : 46
Date d'inscription : 10/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2006-10-29, 00:24

Le compositeur français Guillaume Dufay est né à Cambrai (peut-être à Bersele ou Chimay) vers 1400 et mort à Cambrai le 27 novembre 1474.

Dufay chanta et étudia la musique à la cathédrale de Cambrai, ville alors renommée pour la musique religieuse et qui fournit des musiciens au Vatican. En 1419, à Constance, le Prince Carlo Malatesta l'embaucha à la cour de Rimini (Italie). Il y composa ses premiers motets, fut chantre à la chapelle papale en 1428 et ordonné prêtre. Il servit la famille d'Este et séjourna à la cour de Savoie entre 1425 et 1428 puis à Rome jusqu'à 1433 avant de partir pour Chambéry, Florence, Ferrare, Genève ou Lausanne, dont il devint chanoine de la cathédrale en 1431.

En 1436, pour l'inauguration du dôme Brunelleschi de Florence, il composa le motet Nuper rosarum flores. Il rencontra Gilles Binchois à la cour de Bourgogne, où il termina ses voyages. Il retourna à Cambrai en 1439, où il dirigea une maîtrise d'enfants et s'y retira définitivement en 1458 en servant à la cathédrale.

Musicien le plus célèbre d'Europe au XVe siècle, estimé des monarques — notamment de Charles VII et Louis XI — Dufay a marqué le début de l'école franco-flamande, dont le rayonnement perdura jusqu'à la fin du XVIe siècle. En combinant avec brio l'Ars nova de Guillaume de Machaut, l'harmonie anglaise de John Dunstable et la mélodie italienne, sa musique a annoncé le madrigalisme et la musique de la Renaissance.

Dufay acquit une grande renommée par la qualité de ses rondeaux, tels Donnez l'assaut à la forteresse ou La plus mignonne de mon cœur. Précurseur d'Ockeghem ou Josquin Desprez, il utilisa des thèmes profanes pour certaines de ses messes, telle la célèbre L'Homme armé. Il fut le premier à composer un Requiem, dont la partition est hélas perdue, ainsi que des cycles complets pour l'Ordinaire de la messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus.
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
felyrops

felyrops

Nombre de messages : 1419
Age : 75
Date d'inscription : 26/09/2007

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-28, 03:57

L'ouvrage de référence pour ce grand compositeur du XVe est le livre de Charles Van den Borren, édité par l'Académie Royale le Belgique en 1926.
Il le met en valeur sous tout ses aspects, documents découverts par lui à l'appui, y compris son activitée à la cour de Savoie. (in-4°, 370 pages).
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 22478
Age : 75
Date d'inscription : 19/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-28, 23:03

D'après certaines sources, son nom (Dufay) proviendrait d'un village proche du Cateau-Cambrésis, Fay, qui serait actuellement le nom de deux villages : Grand Fayt et Petit Fayt (qui se prononcent Faï).

Ton livre parle de son lieu de naissance, Felyrops ?
Revenir en haut Aller en bas
felyrops

felyrops

Nombre de messages : 1419
Age : 75
Date d'inscription : 26/09/2007

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 04:16

Fétis se trompe dans sa première édition. Il avait vu un manuscrit, mis en vente publique en 1824, et y avait lu: "Secundum doctrinam Wilhelmi Dufais Cimmacensis Hann" (=Selon la doctrine de Guillaume du Fay de Chimay en Hainaut ...).
Dans sa deuxième édition (1862), Fétis cite: "Delmotte ... m'a objecté ... qu'il était vraisemblable que le nom de Dufay était Guillaume, et que Dufay indiquait qu'il était né dans un lieu appelé Le Fay. S'il en était ainsi, G. Dufay serait encore né dans le Hainaut, car on trouvait dans l'ancienne province de ce nom, intendance de Maubeuge, gouvernement de Lendrecies, les communes de Fay-la-Ville et Fay-le Château. Mais jusqu'à preuve de contraire, je m'en tiens à l'indication du manuscrit."

Je m'excuse de devoir interrompre ici, vu l'heure, ainsi cette réponse aura un brouillard à la Agatha Christie (je dois me lever assez tôt, mais continuerai cette énigme demain, si vous tenez le coup).
Revenir en haut Aller en bas
felyrops

felyrops

Nombre de messages : 1419
Age : 75
Date d'inscription : 26/09/2007

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 20:53

Le manuscrit, dont j'ai parlé hier, fut acheté par un anglais. Fétis lui demanda de pouvoir copier le passage, mais il reçut un refus net. Après quelques jours, il le note 'de mémoire', mais la forme 'Dufais' semble suspecte: sans doute Fétis aura mal lu l'y, qui dans l'écriture de l'époque pouvait facilement se confondre avec un i suivi d'un s. D'autre part on a fait remarquer, non sans raison, que Cimacensis n'est pas sans ressemblance avec Cameracensis (de Cambrai), surtout lorsqu'on se sert d'abbréviations - contractions. Enfin, aussi bien Chimay que Cambrai se trouvaient dans la province du Hainaut.
Il résulte des recherches d'Haberl que, dès le début du XVIe siècle, Dufay était quasi complètement oublié, et les informations se font de plus en plus vagues.
Jusqu'à 20 ans après sa mort, il est toujours considéré comme le "célèbre chanoine de Cambrai". Mais le mot Cameracensis pourrait se rapporter au Diocèse de Cambrai tout entier.
En dehors de Fay-la Ville et Fay-le-Château, déjà cités, il y a 13 localités françaises qui portent le nom de Fay ou Le Fay, en Belgique Fayt-lez-Seneffe (arr. Charleroi) et Fayt-le-Franc (arr. Mons), toutes deux appartenant au Hainaut.
Et voici la pointe: "En résumé, il n'est point possible de savoir à quel endroit précis Dufay est né. Tout ce que l'on peut dire, avec de fortes chances de ne pas se tromper, c'est qu'il est originaire de cette partie des anciens Pays-Bas qui se trouve aux confins de la France et de la Belgique actuelles."
Un même raisonnement, lardé de spéculations encore plus hasardeuses, est développé pour connaître sa date de naissance.

Seules certitudes: le manuscrit 213 d'Oxford, qu'Haberl ne connaissait pas en 1885, contient:
-une pièce française à 3 voix, attribuées à Dufay, Resveillies vous et faites chiere lie (fol 126b), dans laquelle il célèbre le mariage de Carlo Malatesta, seigneur de Pesaro, avec Vittoria di Lorenzo Colonna, nièce du pape Martin V, mariage qui eut lieu le 17 juin 1416. (qui est mon jour d'anniversaire, mais 530 ans plus tard..)
-un chant latin à 4 voix,Vasilissa ergo gaude (fol. 132b), composé en l'honneur de Cléophe Malatesta de Rimini, probablement à l'occasion du mariage de cette princesse avec Tomasso, despote de Morée et fils de l'empereur Emmanuel Paléontologue, cérémonie qui eut lieu le 19 mai 1419.

Des doutes partout: "L'attribution de "Et in terra pax" à Dufay devient, dans ces conditions, extrèmement précaire, et la conclusion qu'en tire Gastoué au point de vue de la naissance du maître ne s'appuie plus sur un fondement suffisant pour qu'on puisse lui accorder créance.".
Revenant à notre point de départ, nous conclurons, avec Stainer, que l'on peut considérer Dufay comme ayant vu le jour avant 1400 (entre 1395 et 1398).
En supposant qu'il ait été chorialis (enfant de choeur) de 9 à 16 ans, son éducation musicale se placerait approximativement au cours des années 1405 à 1412. Cambrai était, à cette époque, un centre ecclésiastique de premier ordre. Le diocèse de Cambrai s'étendait alors presque jusqu'aux portes d'Anvers et comprenait une partie importante de la Belgique. Il livra, par exemple, le cardinal Robert de Genève, qui se laissa élire antipape sous le nom de Clément VII (1378-1394), provoquant ainsi un schisme qui se prolongea jusqu'en 1428."

Seule conclusion: de lui, on ne sait que peu de choses, mais il est le plus grand novateur de cette époque. Very Happy Very Happy Very Happy


Dernière édition par le 2007-12-30, 05:20, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Snoopy
Admin
Snoopy

Nombre de messages : 26307
Age : 46
Date d'inscription : 10/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 21:01

C'est une véritable enquête de police! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
felyrops

felyrops

Nombre de messages : 1419
Age : 75
Date d'inscription : 26/09/2007

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 21:07

Tu me connais, mais là je n'étais que le secrétaire ou greffier de Charles Van den Borren.
Et comme les jugements sont publics et libre de droit d'auteur...
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 22478
Age : 75
Date d'inscription : 19/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 22:23

Merci pour toutes ces précisions, Felyrops Very Happy finalement, j'en déduis que nous ne sommes pas plus avancés. Disons qu'il est né quelque part dans le Hainaut, province qui est actuellement partagée entre la France et la Belgique, et très probablement un peu avant 1400.


J'ai trouvé le catalogue de ses oeuvres. Important, n'est ce pas ?



1420, Vasilissa ergo gaude, motet à quatre voix. Dans le manuscrit de Berlin, (sur Cleofe Malatesta).
1423, Resvellies vous, ballade. Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford (sur Carlo Malatesta)
1425, Je me complains, ballade. Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
1426 (avant 1426), Missa sine nomine, à trois voix. Ordinarium. Dans le manuscrit Q 15, Bologna = Manuscrit de Berlin
1426 (vers 1426-1428), Missa Sancti Jacobi, à trois ou quatre voix. Ordinarium et Proprium. Dans le manuscrit de Berlin
1431, Ecclesiae militanti
1431, Balsamus et munda, motet à quatre voix. Manuscrit de Berlin, composé pour la chapelle papale
1433, Supremum est mortalibus bonum, motet à trois voix avec faux-bourdon. Manuscrit de Berlin (sur le pape Eugêne IV et l'empereur Sigismond)
1433, C'est bien raison, ballade. Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford (sur Nicolas III de Ferrare)
1435 (vers 1435) Salve flos Tuscae gentis ; Vos nunc, motet à quatre voix. Manuscrit 471, Modena (avec la citation : Guillermus cecini, natus en ipse Fay)
1435 (vers 1435), Mirandas parit haec urbs Florentina puellas, à trois voix. Dans le manuscrit lat. 471, Modena (pour Florence)
1436, Nuper rosarum flores, motet à quatre voix. Manuscrit 471, Modena (pour la bénédiction de la cathédrale de Florence)
1438, Magnanimae gentis ; Nexus amicitiae, motet à quatre voix. Manuscrit 471, Modena (sur un pacte entre Bern et Freiburg)
1440 (vers 1440), Missa Caput, messe à quatre voix pour ténor. Dans le manuscrit de Coventry
1450 (vers 1450), Missa Se la face ay pale (à 4 voix). Messe pour ténor. Dans le manuscrit 88 de Trente
1454, 'O tres piteux (Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae), motet à quatre voix). Manuscrit Riccardiana 2794, Firenze (composé pour un banquet de Philippe le Bon à Lille)
1463, Missa Ecce ancilla domini (à quatre voix), messe pour ténor. Dans le manuscrit 5557 de Bruxelles (copié à Cambrai en 1463))
1464 (ou plus tard), Missa Ave regina caelorum (à quatre voix), messe pour Ténor. Dans le manuscrit 5557 de Bruxelles
1464, Ave regina caelorum
sd, Inclyta stella maris (à 4 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd, Juvenis qui puellam ( à 3 voix). Dans le manuscrit 3224 München 3224
sd, Missa La mort de Saint Gothard (à 4). Messe pour ténor. Dans le manuscrit lat. 456 de Modena (sans nom d'auteur)
sd, Missa L'homme armé (à 4 voix); Messe pour ténor. Dans le manuscrit Capp. Sist. 14, Roma
sd, Missa Sancti Antonii Viennensis ( à 3 voix). Ordinarium. Dans le manuscrit 90 de Trente
sd, O beate Sebastiane (à 3 voix).Dans le manuscrit de Berlin (sur saint Sébastien, lors d'une épidémie de peste)
sd, O flos florum virginum ( à 3 voix). Dans le manuscrit 3232a de München (certainement une contrefaçon)
sd, O proles Hispaniae ; O sidus Hispaniae (à 4 voix) Dans le manuscrit lat. 471, Modena (sur saint Antoine de Padoue)
sd, Qui latuit in virgine (à 3 voix). Dans le manuscrit 3232a de München (authenticité incertaine)
sd, Vergine bella ( à 3 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd. Fulgens jubar ; Puerpera pura (motet à à 4). Manuscrit 471, Modena (Pour le fête de la purification, acec accrostiche de Petrus de Castello)
sd., Avevirgo qua de caelis ( à 3 voix).Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., O gloriose tiro ; Divine pastus (motet à 4 voix) in Mod B (sur saint Théodore)
sd., O sancte Sebastiane ; O martyr Sebastiane ; O quam mira (motet à 4 voix). Dans le manuscrit de Dans le manuscrit de Berlin (sur saint Sebastien, lors dune épidémie de peste)
sd., Moribus et genere ; Virgo, virga virens (motet à 4 voix). Manuscrit 471, Modena (sur saint Jean, avec une mention de Dijon)
sd., 1 voix de contre-ténor dans un Gloria anonyme à 3 voix. Dans les manuscrits 6 et 11, Bibliothèque municipale de Cambrai
sd., 11 Kyrie à 3 voix dont 7 dans le manuscrit Q 15, Bologna = Berlin ; 4 dans les manuscrits 87 et 92 Trente
sd., 14 Gloria à trois et quatre voix dont 8 dans le manuscrit de Berlin ; 5 dans le manuscrit 92 de Trente ; 1 dan sle manuscrit 3232a, München
sd., 4 Agnus Dei à 3 voix dont 2 dans le manuscrit de Berlin ; 2 dans le manuscrit 92 de Trente
sd., 4 Credo à trois et quatre voix. Dans le manuscrit de Berlin
sd., 4 Sanctus à 3 voix dont 3 dans le manuscrit de Berlin ; 1 dans le manuscrit 92 de Trente
sd., Ad caenam agni providi (hymne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Adieu ces bons vins (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford = Oxf (datiert 1426)
sd., Alleluja Veni sancte spiritus, All. Dans le manuscrit 90 de Trente. sd.,
sd., Alma redemptoris mater ( à 3 voix). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Alma redemptoris mater ( à 3 voix). Dans le manuscrit Q 15, Bologna = manuscrit de Berlin
sd., Anima mea liquefacta est ( à 3 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Audi benigne conditor (hymne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Aurea luce (hymne). Dans le manuscrit Q 15, Bologna = Berlin
sd., Ave regina caelorum ( à 3 voix). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Ave maris stella (hymne). Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., Ave maris stella (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Ave regina caelorum ( à 3 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Benedicamus domino (I). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Benedicamus domino (II). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Christe redemptor omnium (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Conditor alme siderum (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Cum tua doctrina. Motet (5 voix, texte italien). Manuscrit Q 15, Bologna, composé pour la bénédicion de la cathédrale de Patras.
sd., Departes vous, male bouche (rondeau). Dans le manuscrit 871 N, Monte Cassino
sd., Deus tuorum militum (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Epiphaniam domino (hymne). dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Exultet caelum laudibus (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Festum nunc celebre (hymne). dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Flos florum ( à 3 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Gaude virgo, mater Christi (à 4 voix). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Hic vir despiciens (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Hic jocundus sumit mundus ( à 3 voix). Dans le manuscrit 3232a de München (certainement une contrefaçon)
sd., Hostis Herodes impie (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Iste confessor (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Isti sunt duae olivae (antienne). Dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Je n'ai doubté (rondeau). Dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Jesu corona virginum (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Magnificat 1. toni. Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Magnificat 5. toni. Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Magnificat 6. toni. Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Magnificat 8. toni. Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Magnificat. Dans le manuscrit 811 N du Monte Cassino
sd., Miserere tui labentis Dufay (motet 4 voix). Manuscrit
sd., O gemma lux ; Sacer pastor Barensium (motet à 4 voix ). Dans le Manuscrit de Berlin (sur saint Nicolas de Bari)
sd., Phrases de cantliènes. Dans le manuscrit 3232a, München 3232a (5e partie) (relations avec Alma redemptoris mater du manuscrit Q 15, Bologna)
sd., Rite majorem Jacobum ; Artibus summis (motet à 4 et 3 voix avec ténor soliste). Dans le Manuscrit de Berlin (sur saint Jacob avec accrostiche Robertus Auclou Curatus Sancti Jacobi )
sd., Roma, San Pietro B 80 (copié à Cambrai en 1464)
sd., Sanctorum arbitrio ; Bella canunt genies (motet à 5 voix) Manuscrit 87 de Trente (composé pour le pape Eugêne IV)
sd., A solis ortus cardine (hymne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Adieu m'amour (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Adieu quitte le demeurant (rondeau). Dans le manuscrit 90 de Trente.
sd., Belle plaissant et gracieuse (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Belle que vous (rondeau). Dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Belle vueillies vostre mercy donner (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Belle vueillies moy retenir (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Belle vuellies moy vengier (rondeau). Dans le manuscrit XIX 176, Firenze
sd., Bien veignes vous (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Bien doy servir (ballade). dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Bon jour, bon mois (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Ce moys de may (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Ce jour de l'an (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Ce jour le doibt (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Craindre vous vueil (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., De ma haulte et bonne aventure (virelai). Dans le manuscrit Ricc. 2794, Firenze
sd., Dieu gard la bone (rondeau). Dans le manuscrit XIX 176, Firenze
sd., Dona i ardentirai (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Donna gentile (rondeau). Dans le Manuscrit de la Yale University Library
sd., Donnez l'assault (rondeau). Dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Du tout m'estoit (rondeau). Dans le manuscrit fr. 15123 de Paris
sd., Entre les plus plaines d'anoy (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Entre vous gentils amoureux (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Estrines moy (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Franc cuer gentil (rondeau). Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., He compaignons (rondeau à 4 voix). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Helas et quant vous veray (rondeau). Dans le manuscrit n.a. fr. 6771 de Paris
sd., Helas mon duel (virelai). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Helas, ma dame (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Invidia nimica (ballade à 4 voix). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., J'atendray tant (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., J'ay grant (rondeau). Dans le manuscrit 222 de Strasbourg (copie d'E. de Coussemaker)
sd., J'ay mis mon cuer (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je donne a tous (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je languis en piteux martire (ballade). Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., Je ne puis plus (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je ne suy plus (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je ne vis oncques (rondeau). Dans le manuscrit 871 N, Monte Cassino
sd., Je prens congié (rondeau). Dans le manuscrit n.a. fr. 6771 de Paris
sd., Je requier a tous amoureux (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je triomphe de crudel duel (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Je veul chanter (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Je vous pri (à 4 voix) Dans le manuscrit XIX 178, Firenze
sd., Jesu nostra redemptio (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., La belle se siet (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., La dolce vista (ballade). Dans le manuscrit Urb. lat. 1411, Roma
sd., Laetabundus (séquence). Dans le manuscrit de Berlin
sd., L'alta belleza (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Las, que feray (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Lauda Sion salvatorem (séquence). Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., Ma belle dame souverainne (rondeau à 4 voix) Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Ma belle dame, je vous pri (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Magi videntes stellam (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Malheureux cueur (virelai). Dans le Chansonnier Laborde, Washington
sd., Mille bon jours (rondeau). Dans le manuscrit 222 de Strasbourg (copie de E. de Coussemaker)
sd., Mon bien, m'amour (rondeau). dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Mon chier amy (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Mon cuer me fait (rondeau à 4 voix). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Mon seul plaisir (rondeau). Dans le manuscrit XIX 176, Firenze
sd., Navré je suy (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Ne je ne dors (rondeau). Dans le manuscrit XIX 176, Firenze
sd., O gemma martyrum (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., O lux beata trinitas (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Or pleust a dieu (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Pange lingua (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Pange lingua (hymne). Dans le manuscrit 92 de Trente (attribution incertaine)
sd., Par droit je puis bien (rondeau à 4 voix). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Par le regart (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Passato e il tempo omai (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Petrus apostolus (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Portugaler (ballade). Dans le manuscrit 222 de Strasbourg (copie de E. de Coussemaker)
sd., Pour ce que veoir (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Pour l'amour (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Pouray je avoir (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Proles de caelo prodiit (hymne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Propter nimiam caritatem (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Puisque celle (rondeau). Dans le manuscrit 87 de Trente
sd., Quel fronte, signorille (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford (composé à Rome)
sd., Qu'est devenue leaulté (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Resistera (à 4 voix). Dans le manuscrit XIX 176, Firenze
sd., Resvelons nous (ténor : Alons ent bien tos au may) (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Salva nos, domine (antienne). Dans le manuscrit 90 de Trente.
sd., Salve sancte pater (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Sanctorum meritis (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Sapiente filio (antienne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Se la face ay pale (ballade). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., Se ma damme (rondeau). Dans le manuscrit Can. misc. 213, Oxford
sd., S'il est plaisir (rondeau à 4). Dans le manuscrit 3232a de München
sd., Tibi Christe splendor patris (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Trop lonc temps ai esté (rondeau). in Rom, Urb. lat. 1411
sd., Urbs beata Jerusalem (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Ut queant laxis (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Va t'en, mon cuer (rondeau). Dans le manuscrit 714 de Porto
sd., Veni creator spiritus (hymne). Dans le manuscrit de Berlin
sd., Veni sancte spiritus (séquence). Dans le manuscrit 92 de Trente
sd., Vexilla regis prodeunt (hymne). Dans le manuscrit lat. 471, Modena
sd., Victimae paschali laudes (séquence). Dans le manuscrit 92 de Trente.
sd., Vo regart et doulche maniere (rondeau). Dans le manuscrit 3232a de München 3232a
sd., Vostre bruit (rondeau). Dans le Chansonnier de Laborde, Washington
Revenir en haut Aller en bas
felyrops

felyrops

Nombre de messages : 1419
Age : 75
Date d'inscription : 26/09/2007

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2007-12-29, 23:38

Impressionnant, il est évident que la recherche continue et se concentre sur des sources fiables, il y en a déjà plus qu'il y a cent ans.
Bien entendu, le manque de sources n'enlève rien au mérite de G. Dufay.
Merci, Joachim.
Heureusement, tu les a mis en ordre alphabétique.
A part "Navré je suis" et "Par droit je puis" (rondeaux), je n'y retrouve pas:
-1423-29: Ce moys de may (rondeau) et La belle se siet (ballade)
-1426-33: Vergine bella (stropha)
-1454: Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae (motet)
-1454-74: Helas mon deuil (virelai),
qui se trouvent dans le coffret EMI (OC 191-05410-2) "The Art of Courtly Love" (3 lp), 1973. (c'est vieux mais beau) (comme nous).
par "The early Music Consort of London", dir. David Munrow.
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 22478
Age : 75
Date d'inscription : 19/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2008-01-03, 18:05

Mais tu as mal regardé, felyrops, ils y sont tous Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2008-01-03, 22:28

Trève de blabla Laughing

Punaise, vous m'avez fait sortir de Weather Report pour aller chercher du Duffay, j'y crois pas Laughing Laughing Laughing

Missa L' homme arme

A télécharger ICI - plusieurs CDs

Coco
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 22478
Age : 75
Date d'inscription : 19/08/2006

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2013-03-12, 20:23

La première fois que j'ai écouté la Missa Sancti Jacobi (Saint Jacques le Majeur) (vers 1420 ?), je me suis ennuyé à cause de la monotonie de ses 41 minutes. En effet, on a l'impression que chaque partie de la messes est chantée sur le même ton. Je l'ai réécouté ici avec cet enregistrement, et elle me plaît nettement mieux, bien que pour moi c'est encore un peu longuet.
Elle est complétée par les motets Rite Majorem Jacobus de 1420, probablement composé en complément de la messe et le motet Balsamus et munira cera de 1431, plus un Gloria et un Credo ainsi qu'un dernier motet, Apostolo glorioso de 1426.

Ces motets ne donnent pas la même impression de monotonie, il est vrai qu'ils sont beaucoup plus courts !


Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Front37

J'ajoute ici le texte qui se trouve sur le site Hyperion concernant ce disque, car il me semble très intéressant :


Saint Jacques le Majeur occupa une place des plus importantes dans l’imaginaire médiéval. Apôtre du Christ, fils adoptif de la Vierge Marie et frère de saint Jean l’Évangéliste, Jacques fut aussi, comme l’atteste le motet Rite majorem de Dufay, l’un des trois témoins de la Transfiguration du Christ et de l’Agonie au jardin de Gethsémani. Il fut également le premier évêque de Jérusalem, ainsi que le premier apôtre à mourir pour la Foi, fauché par le glaive d’Hérode Agrippa. Mais, pour les hommes et les femmes du Moyen Âge, il était avant tout le saint patron des pèlerins, et Santiago de Compostela, site de son tombeau (nord-est de l’Espagne), ne céda en importance que devant la Terre sainte et Rome.
A la lumière des détails connus de la vie de Jacques, d’aucuns pourraient s’étonner de la manière dont il devint associé à l’Espagne. En réalité, la tradition le rattachant à ce pays survint apparemment bien des siècles après sa mort, au IXe siècle, et fut expliquée par diverses légendes, dont les deux suivantes comptèrent parmi les plus répandues. Selon la première, la dépouille de Jacques aurait été placée dans un bateau, les voiles déferlées, et aurait atteint, le lendemain, les rives d’Espagne. La seconde tradition, plus fantastique encore, veut que les reliques du saint eussent été miraculeusement convoyées de Jérusalem en Espagne, dans un bateau de marbre. A son entrée dans le port, le bateau fut aperçu par un chevalier, dont la monture s’effaroucha et plongea dans la mer. Monté à bord du navire pour échapper à la noyade, le chevalier achoppa sur le corps du saint. Il découvrit également, nous dit l’histoire, ses vêtements couverts de coquilles Saint-Jacques, l’un des symboles traditionnels de saint Jacques, fréquent sur les tombes des pèlerins ayant effectué le pèlerinage à Santiago.

Quelque vitales que fussent pareilles légendes pour maintenir l’aura de saint Jacques, le fort prestige de son tombeau naquit, en réalité, de son lien avec Charlemagne: selon une légende attestée pour la première fois au XIIe siècle—plus de trois siècles après la mort de Charlemagne—, saint Jacques apparut au roi, en rêve, et se plaignit de ce que ses os gisaient, anonymes et sans vénération, à Santiago, à l’époque encore sous contrôle maure. Jacques révéla la route, jalonnée d’étoiles, qui menait à Santiago, et chargea Charlemagne de s’y rendre pour libérer son tombeau des infidèles.

Ainsi imprégné d’un puissant sens politique et chrétien, le tombeau de saint Jacques gagna considérablement en importance, le saint devenant un symbole de la défense de la chrétienté contre les Maures. Au XIIe siècle, sa vénération était pleinement assise, comme nous l’apprend le célèbre Codex Calixtinus:

… C’est merveille et joie de voir les chœurs de pèlerins en veille perpétuelle près du vénérable autel de Santiago: ici, des Teutons, là, des Francs, là, des Italiens … Certains jouent du cistre, d’autres de la lyre, des timbales, de la flûte, du flageolet, de la trompette, de la harpe, du violon, du crwth britannique ou gallois, certains chantant avec des cistres, d’autres accompagnés de divers instruments.
A l’époque de Dufay, le culte battait son plein depuis plus de trois siècles, étayé par des myriades de miracles légendaires et, surtout, par un puissant soutien politico-religieux. Le pèlerinage à Compostelle était considéré comme souhaitable pour toutes les personnes importantes de l’Europe médiévale tardive. Des vestiges de cette vénération demeurent perceptibles dans les églises médiévales, dans les tombes des pèlerins ornées de coquilles Saint-Jacques et dans les vitraux médiévaux représentant le saint en pèlerin, avec un chapeau de pèlerin orné d’un motif en forme de coquille, un bâton de pèlerin (ou «bourdon», cf. infra) et une bourse de pèlerin, ou «skrip».

Il n’est dès lors pas difficile de comprendre pourquoi Dufay aurait écrit une messe pour saint Jacques; il est, en revanche, beaucoup plus malaisé d’établir avec précision le lieu et le destinataire de cette composition. Diverses théories ont été avancées, mais aucune n’a encore été prouvée. Margaret Bent présentera sous peu la substance d’une théorie plausible, selon laquelle la messe aurait été associée à Pietro Emiliani, évêque de Vicence à la fin des années 1420, époque approximative de l’unique copie survivante de la messe complète, réalisée en Vénétie, peut-être à Vicence même. Emiliani, qui aurait pu être étroitement lié à la réalisation de ce manuscrit, aurait disposé de la messe complète composée ex nihilo ou personnalisée par la composition de l’Alléluia, l’unique mouvement—son texte et son chant sont inconnus par ailleurs—dont le texte mentionne spécifiquement saint Jacques. Bent a établi qu’Emiliani payait pour que des pèlerins allassent à Compostelle vénérer le saint à sa place, fournissant un scénario vraisemblable à la compilation de la messe.

Selon une théorie antérieure, la messe aurait été écrite pour Saint Jacques de la Boucherie, église parisienne bien connue comme point de départ pour le pèlerinage de Compostelle. Fait plus significatif, Robert Auclou, dont le nom et la condition apparaissent en acrostiche dans le motet Rite majorem de Dufay (également sur le présent disque), y fut curé à partir de 1420. Rite majorem, dont le texte coloré relate les miracles célèbres de saint Jacques (cf. par exemple, La Légende dorée de Jacques de Voragine), a longtemps été associé à la messe, des similitudes stylistiques, parfaitement audibles, unissant les deux œuvres. Ernest Trumble a souligné l’importance éventuelle d’un autre fait: après avoir assisté à la messe, et avant de quitter l’église pour Compostela, les pèlerins faisaient bénir leurs bâtons, ou «bourdons». Cette dernière phase du rituel, avant le départ, suivait la communion, dont le texte est mis en musique, dans la messe de Dufay, avec la technique parallèle du faux-bourdon. La possible portée paronymique du recours à cette technique dans une messe pour le saint pèlerin n’a pas échappé, dans le passé, aux spécialistes, mais un tel scénario chargerait l’œuvre d’un impact supplémentaire.

Toutefois, la finalité liturgique du choix des propres est des plus équivoques, et Barbara Haggh a suggéré que Dufay aurait plutôt composé cette messe pour Auclou ailleurs, peut-être à Rome ou à Bologne—ville évoquée par Alejandro Planchart voilà quelques années. Il est certain que Dufay et Auclou—dont les carrières s’entremêlèrent au gré d’associations avec la cour papale, la cathédrale de Cambrai et celle de Saint Donatien, à Bruges—se trouvaient à Bologne, à la fin des années 1420, dans l’orbite du légat papal d’alors, le cardinal Louis Aleman. Le motet aurait donc été composé à Bologne, soit en même temps que la messe, soit comme un appendice ultérieur.

L’on a traditionnellement beaucoup glosé sur la diversité stylistique englobée par les neuf mouvements de ce «cycle» de messe, qui a été perçue comme un reflet probable de la composition en une série de «strates» stylistiques. Cette division semble être clairement exprimée par les sources manuscrites de la messe: les trois premiers mouvements de l’ordinaire—quoique dans des lectures légèrement dénaturées—dans le codex de Trente, l’ordinaire complet (étiqueté «de apostolis») dans le codex d’Aoste et, finalement, toute la messe dans le manuscrit Q15 de Bologne. Les diverses approches des chants d’emprunt apportèrent de l’eau au moulin: les énonciations, au ténor, de mélodies appropriées dans le Sanctus et l’Agnus Dei, s’opposent à l’absence de références manifestes à des chants dans les trois premiers mouvements de l’ordinaire (à une exception, chaque troisième section du Kyrie paraphrasant le chant de Kyrie Cunctipotens, une mélodie habituellement associée aux fêtes des apôtres). A contrario, chacune des trois premières sections de propre, généralement plus élaborées que leurs équivalents de l’ordinaire, repose sur des paraphrases de chant, au ténor. Enfin, la communion en faux-bourdon se tient en dehors du schéma global, avec son chant disposé en quartes parallèles, dans les deux parties supérieures.

Ce moulin a, cependant, été actionné par des suppositions anachroniques: comme l’a remarqué David Fallows, on était encore assez loin, à l’époque de la composition de la Missa Sancti Jacobi, de l’établissement de procédures normalisées pour relier musicalement les mouvements d’une messe polyphonique. Il serait peut-être plus fructueux de voir la diversité stylistique de la messe comme le reflet de considérations liturgiques, les mouvements de propre séparant les mouvements de l’ordinaire avec le Sanctus et l’Agnus Dei—parties de l’eucharistie en tant que telles—se dressant tour à tour hors des sections de l’ordinaire (Kyrie, Gloria, Credo) précédentes. Une telle théorie peut être étayée par la présence de la sorte d’idées brèves répétées que Fallows identifia en divers endroits de la messe, précisément le genre de base motivique commune qui pourrait avoir résulté d’une composition ininterrompue.

Mais ces détours dans l’abstrait, sur de tels détails, se dissipent dès que nous pénétrons dans l’univers sonore de la musique. Éprouver la profondeur de la messe de Dufay, avec (au moins pour les voix et les oreilles modernes) sa cohérence de vision élargie, c’est voir rapidement le détail de surface se fondre dans le tout, à tel point qu’il semble presque prudent de laisser simplement la musique «parler d’elle-même».

Quelques observations suffiront. La texture de la Missa Sancti Jacobi est typiquement constituée de gestes rhétoriques finement ciselés, passant de voix en voix. Toujours bien au-delà de la routine, elle atteint parfois, comme dans l’Alléluia, à un paroxysme d’éloquence rehaussée. Comme dans la Messe pour saint Antoine de Padoue du même compositeur (enregistrée par The Binchois Consort, Helios CDH55271), c’est dans l’offertoire, moment où nous sommes plongés dans la liturgie du propre eucharistique, que cette expression touche à son comble. Comme dans toutes les musiques les plus profondément émouvantes de l’époque, l’allure de ce mouvement semble merveilleusement estimée, les extraordinaires figures «triadiques» entrelacées entre les voix supérieures, à «sonus eorum», fournissant un prélude approprié aux alternances finales de phrases mélodiques communes sur le «[verba] eorum», qui amène ce mouvement remarquable à sa conclusion. A l’autre bout de la gamme expressive, et comme dans la Messe pour saint Antoine, c’est dans l’Hosanna du Sanctus que cette profonde contemplation est finalement libérée, dans ce qui constitue peut-être les gestes musicaux les plus expansifs de la messe. Il n’est sûrement pas trop fantasque de voir dans la Missa Sancti Jacobi un miroir du voyage spirituel de la messe même, de la préparation dignifiée à la réalisation et à la péroraison finale, en passant par la représentation mystique.

Il est possible que le motet Rite majorem fût destiné à une exécution liturgique étroitement liée à celle de la messe: Planchart a observé que le texte du motet, avec son format «vie de miracles», reflète de près le texte similaire de la Prose pour saint Nicolas, Sospitati dedit. Une parodie de ce texte servait fréquemment de prose vespérale pour saint Jacques, dessein qui put être envisagé pour Rite majorem.

Il s’agit d’un motet rigoureusement structuré, dont les voix inférieures présentent la même succession mélodique et deux énonciations d’un schéma rythmique dans chaque moitié, cependant qu’un motif isorythmique entendu deux fois dans le duo supérieur de la première moitié est échangé contre un autre dans la seconde moitié. L’organisation va même plus loin: les deux voix supérieures de la seconde moitié échangent les contours mélodiques qu’ils avaient dessinés dans la première moitié, tout en introduisant un idiome à l’imitation omniprésente, totalement absent jusqu’à mi-chemin. Quelque contrôlé qu’il puisse être, ce motet n’est, cependant, nullement austère car, loin de le ceindre dans une armature inflexible, sa structure donne plutôt naissance à une intériorité, à une concentration qui lui prêtent une qualité profondément fascinante.

Comparé au contemplatif Rite majorem, le style du motet suivant, Balsamus et munda cera, laisse transparaître une énonciation plus ouverte. Son texte nous révèle qu’il fut composé pour célébrer la distribution des représentations, en cire, de l’Agnus Dei, une cérémonie qui se déroulait le samedi après Pâques de la première année de règne d’un pape, puis tous les sept ans. Nous pouvons donc dater, avec une précision inhabituelle, l’exécution du motet au 7 avril 1431, sous le règne d’Eugène IV. Comme dans Rite majorem, les deux voix supérieures sont coulées en deux paires isorythmiques, une succession rythmique répétée deux fois, dans la partie 1, étant suivie d’une autre dans la partie 2. A contrario, dans les deux voix inférieures, les deux parties du motet présentent une paire de miroirs musicaux, les notes de chaque première moitié étant répétées, inversées, dans la seconde. Une fois encore, pourtant, l’auditeur ressent cette structure non comme une camisole de force musicale mais comme un moule cohérent, dans lequel le compositeur verse un magnifique entrelacement d’idées imitatives sur un ferme support rythmique et contrapuntique. Tout en restant essentiellement en dessous de la surface, la structure de fond peut être exploitée à des fins exaltantes—comme lorsque le début de la seconde paire isorythmique, dans les voix supérieures, dévoile de nouvelles idées musicales à «morte repentina».

Contrastant avec les complexités de ces motets, le Gloria/ Credo, qui leur fait suite sur cet enregistrement, présente une texture tissée à partir de mises en musique de phrases, elles-mêmes ouvragées à partir d’un libre jeu de petits gestes mélodiques/rythmiques. Ces mouvements sont surtout célèbres pour leurs longs amen distincts, qui reprennent des chansons populaires françaises et italiennes. Déjà manifestes par leur nature inébranlable, ces citations sont soulignées, dans un manuscrit, par la présence de ce qui était, à l’évidence, leurs paroles originales: «Tu m’as monté sur la pance et rien n’a fait» et «Otre te reface Dieu que ce m’a fait» dans le Gloria, et «La vilanella non è bella, se non la dominica» («La paysanne n’est belle que le dimanche») dans le Credo. Le texte italien fait clairement partie de ces vestiges de traditions ex tempore qui, de temps à autre, percent la surface de la musique italienne «savante» écrite: William Prizer a découvert les mêmes paroles (mais avec une musique différente) dans une barzelletta d’Antonio Capriolo, de Brescia, dans le neuvième livre de Frottole de Petrucci (1509). Les connotations joyeuses des textes pascals qui apparaissent dans ces passages du manuscrit, et que l’on entend sur le présent enregistrement, peuvent expliquer le choix de ces interpolations entraînantes, voire irrévérencieuses.

Pour la dernière pièce, saint Jacques est rejoint par son compagnon d’apostolat, saint André. Apostolo glorioso fut apparemment composé pour la re-dédicace à saint André, en 1426, d’une église de Patras où le saint aurait été, selon la tradition médiévale, crucifié et inhumé. Dufay composa un motet pour un événement du Péloponnèse car l’archevêque de Patras appartenait à la famille Malatesta, de Pesaro, dynastie pour laquelle il travailla à diverses reprises au début des années 1420.

Apostolo glorioso est sis dans le style le plus brillant et extraverti de Dufay, sa texture à cinq voix accentuant la splendeur de ses rythmes vigoureux et de sa tessiture aiguë. Avec son introduction étincelante, festive, et ses quatre sections en deux paires pan-isorythmiques précipitées, cette pièce constitue un dithyrambe, ininterrompu et irrésistible, à son saint. Si jamais une prière médiévale pour l’intercession a atteint son destinataire, c’est bien celle-ci.

Andrew Kirkman © 1998

http://www.hyperion-records.co.uk/al.asp?al=CDH55272
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

Anouchka

Nombre de messages : 5165
Age : 60
Date d'inscription : 03/04/2014

Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty2021-05-30, 00:06

Très intéressant cette lecture ! Merci... Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty
MessageSujet: Re: Guillaume DUFAY (v;1400-1474)   Guillaume DUFAY (v;1400-1474) Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Guillaume DUFAY (v;1400-1474)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les compositeurs-
Sauter vers: