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 Astor Piazzolla (1921-1992)

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Bel Canto
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Bel Canto

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Astor Piazzolla (1921-1992) Empty
MessageSujet: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-01-09, 14:33

Astor Piazzolla, né le 11 mars 1921 à Mar del Plata et décédé le 4 juillet 1992 à Buenos Aires, était un bandonéoniste et compositeur argentin. Il fut le musicien le plus important de la seconde moitié du XXe siècle pour le tango.

Biographie

Enfance
Astor Gunduz Piazzolla, fils d'immigrés italiens, est né à Mar del Plata, à 400 kilomètres au sud de Buenos Aires, un port de pêche pas encore devenu une station balnéaire aristocratique. À l'âge de trois ans, il part avec ses parents Vicente Piazzolla et Asunta Manetti pour New York
Quand Astor Piazzolla eut huit ans, son père, passionné de tango, lui offre un bandonéon. L'enfant est déçu, il aurait préféré un saxophone car la musique qui le passionnait était le Jazz. Un jour qu'il jouait dans la cour de son immeuble, Astor découvre Jean-Sébastien Bach : c'est le pianiste Bela Wilda, ancien élève de Rachmaninoff, qui étudie neuf heures par jour. La musique de Bach impressionne tellement Astor qu'il veut prendre des cours avec Bela Wilda.

Débuts
En 1936, la famille Piazzolla retourne à Mar del Plata. Astor, alors adolescent ne sait pas quoi faire de sa vie. Parfois il joue du bandonéon, mais sans conviction, parce qu'il ne s'intéresse toujours pas au tango. Un concert du violoniste Elvino Vardaro avec son Sexteto tīpico, à Mar del Plata, le fait changer d'avis : Astor découvre une nouvelle manière de jouer le tango qui le passionne. Tout de suite, il forme son premier ensemble, le Cuarteto Azul, en copiant le style d'Elvino Vardaro.
En 1938, à dix-sept ans, il décide de devenir bandonéoniste professionnel et s'installe à Buenos Aires. Pendant un an, il joue dans des orchestres médiocres. Tous les soirs, il se rend au Germinal - le Broadway de Buenos Aires - où le célèbre bandonéoniste Aníbal Troilo joue avec son Orquesta tīpica. Quand un des bandonéonistes tombe malade, Astor demande à son ami le violoniste Hugo Baralis, qui fait partie de l'orchestre, de le présenter au maestro. Comme Astor connaît tout le répertoire par cœur, il est engagé le soir même dans l'orchestre, l'un des meilleurs de l'époque. Aníbal Troilo eut parfois à lui faire des remontrances pour qu'il se cantonne dans les frontières strictes qui étaient celles de l'orchestre.
À cette époque l'Argentine est l'un des pays les plus riches du monde et les gens veulent oublier la misère des années trente, ils ont envie de s'amuser et d'aller danser. Les salles de bal se multiplient, il y a des milliers d'orchestres de tango à Buenos Aires et un peu partout dans le pays.
Chaque orchestre a son style. Comme dans le jazz, tout le monde joue les mêmes morceaux mais avec des arrangements particuliers. L'orchestre d'Anibal Troilo utilise des arrangements très élaborés avec un style mélodique caractérisé par le jeu extraordinaire du bandonéoniste à la fois soliste et chef d'orchestre.
Très vite, Piazzolla commence à écrire des arrangements pour cet orchestre, et à composer des tangos. Mais le jeune bandonéoniste n'est pas satisfait de ce travail nocturne. Il veut être un « vrai » compositeur de musique classique. Il prend des cours avec le compositeur Alberto Ginastera et assiste chaque après-midi aux répétitions de l'orchestre symphonique du théâtre Colōn.

L'Orquesta Tipica de 1946 à 1951
En 1944, il abandonne l'orchestre de Troilo et dirige celui qui accompagna le fameux chanteur Francisco Fiorentino. À partir de là, Piazzolla commence à lâcher la bride à sa créativité. Peu de temps après, il crée son propre orchestre. Parmi les morceaux qu'il interpréta à ce moment-là, cinq se détachent, écrits de sa main, et dont l'un porte le titre, sans doute intentionnel, de «Prepárense » (« Préparez-vous »).
Au début des années 1950, il pense sérieusement abandonner le tango pour se consacrer à la musique classique. Mais il enregistre encore quelque plage pour le label TK.

Paris
En 1954, il peut enfin réaliser son rêve : il reçoit le premier prix de composition Fabien-Sevitzky et obtient une bourse pour aller étudier à Paris avec Nadia Boulanger qui lui enseigne l'art du quatuor à cordes. Cette immense pédagogue permit à toute une génération de compositeurs de s’affirmer sur la scène internationale : Quincy Jones, Lalo Schifrin, Aaron Copland, Leonard Bernstein, Philip Glass et Astor Piazzolla. Ce dernier, lorsqu‘il arrive à Paris, maîtrise déjà l’écriture néo-classique grâce à Alberto Ginastera. Mais il lui manque l’essentiel : la personnalité et la révélation. Piazzolla est un tanguero génial mais frustré. Il veut être Bartók, Stravinsky, pas Troilo ou Julio De Caro. À la fin de son année d'études, Nadia Boulanger critique le manque de personnalité de ses compositions et lui demande ce qu'il faisait avant de venir chez elle. Piazzolla lui révèle qu'il était bandonéoniste et qu'il a écrit des tangos. Elle lui demande de jouer une de ses compositions. Il joue Triunfal. Elle mettra en lumière chez lui un concept très à la mode à l’époque : utiliser les musiques populaires comme un inépuisable vivier d’idées, tout en l’enrichissant d’un langage évolué et contemporain.
Les paroles de Nadia Boulanger bouleversent tellement Astor Piazzolla qu'il se met à travailler comme un possédé. Piazzolla commence à appliquer à la lettre ce concept en 1955 avec l’enregistrement des sessions parisiennes avec les cordes de l’Opéra de Paris, Martial Solal et Lalo Schifrin au piano et lui-même au bandonéon. Il gravera environ 16 morceaux, pour la plupart écrits par lui (Chau Paris, Sens Unique, Picasso, Marron Y Azul etc...)

Orquesta de Cuerdas y Octeto Buenos Aires
Quand Piazzolla retourne à Buenos Aires en 1957, il crée un orchestre avec cordes, piano et bandonéon. Il s'entoure des meilleurs solistes et musiciens de tango de la ville tels qu'Elvino Vardaro, Jaime Gossis et José Bragato qui seront des vecteurs importants de la musique de Piazzolla à cette époque. Avec cet orchestre il montre toute son habileté à l'écriture pour cordes. Son répertoire comporte une moitié de compositions, parmi lesquels Tango del ángel (Tango de l'ange) et Tres minutos con la realidad (Trois minutes avec la réalité), Melancolico Buenos Aires, lo que vendra (ce qui viendra), tandis qu'il réinterprétait certaines partitions créées par d'autres compositeurs (Sensiblero, Fuimos, la Cachila, la Cumparsita).
À la même époque, il fonde son fameux Octet Buenos Aires avec Mario Francini, Hugo Baralis (violon), Leopoldo Federico (bandoneon), Atilio Stampone (piano), José Bragato (violoncelliste), Eduardo Vasalo (contrebasse) et Horacio Malvicino (guitare électrique). Il n'est composé que de jeunes et grands leaders d'orchestres de l'époque ce qui donne une légitimité supplémentaire à ce projet. Piazzolla introduit la guitare électrique, et les chorus bebop de Malvicino apportent une couleur des plus moderne à l'ensemble. L’Octeto Buenos Aires adopte une recette simple composée de 50 % de tangos traditionnels (negracha, a fuego lento, los mareados), 25 % de compositions de Piazzolla (marron y azul Tango Ballet), 25 % de composition des membres du groupe (Cabulero, Tangology, Haydee).
Il enregistre deux disques LP et un 78 tours avec cette formation qui suscitent la controverse.
L’Octeto est dissout en 1958, il n’est pas viable et personne ne veut prendre le risque de programmer leur musique. Après cette expérience, Astor Piazzolla reléguera la guitare à un rôle d’accompagnement dans le quintette. En 1958, il se rend à nouveau à New York ; il tente d'opérer une fusion entre tango et jazz qui échoue et qu'il critique vivement par la suite.

Le Quinteto Tango Nuevo (premiere époque)
Il retourne à Buenos Aires en 1960, et crée une autre formation, le Quinteto « Nuevo Tango » (lui au bandonéon, Simon Bajour puis Elvino Vardaro au violon, Jaime Gossis au piano, Jorge Lopez Ruiz à la guitare électrique et Kicho Diaz à la contrebasse). Avec ce groupe, il crée des tangos comme « decarissimo », « Adiós Nonino », « Buenos Aires Hora Cero », « Muerte del ángel », qui sont, parmi ses compositions, les plus enregistrés et interprétés dans les décennies suivantes. Ce quinteto est la formation parfaite pour Piazzolla. Il y trouve un équilibre qui le galvanise et l'inspire. Durant les années soixante il écrira la majeure partie de son œuvre. Piazzolla est aussi un interprète extraordinaire et un chef de groupe des plus inspirés. Son écriture est sans concession et sa musique se détache de plus en plus du tango populaire : en effet, contrairement aux tangos des décennies précédentes, ils ne sont pas destinés à la danse.
En 1965, le quinteto joue à New York avec deux nouveaux membres Antonio Agri au violon et Oscar Lopez Ruiz à la guitare éléctrique. Il crée la suite del Angel (introduction, milonga, muerte et resureccion).
Cette même année, il enregistre des tangos composés sur des poèmes de l'écrivain Jorge Luis Borges avec le chanteur Edmundo Rivero et l'acteur Luis Medina Castro. C'est un disque culte dans l'histoire du Tango, même si Borges ne sera pas très emballé par le résultat.

El Conjunto Nueve
Astor Piazzolla et Horacio Ferrer en 1970"Ensuite, Piazzolla s'associe avec le poète Horacio Ferrer (es), avec qui il crée les tangos les plus connus de son répertoire : Chiquilín de Bachín et Balada para un loco. Au tout début des années 1970, Piazzolla part en Italie. Ils écrivent ensemble l'opérette Maria de Buenos Aires qui n'a aucun succès. Il se lie avec Amelita Baltar qui est l'égérie de toutes ces chansons, plus inspirées par la variété que par le tango.
Piazzolla monte un nouvel ensemble le nonetto avec lequel il enregistre deux disques. Il tourne en Europe. La batterie apparaît à cette époque dans sa musique. Il écrit le Concierto nacar pour ce nonette et orchestre (concerto grosso).

El Conjunto Electronico
Il monte en 1974 le conjunto electronico avec orgue, basse électrique, flûte, clavier. L'esthétique est tournée vers la pop musique. C'est l'œuvre la moins intéressante. Dans les années qui suivent, il compose de nouveaux tangos à succès (Libertango, Amelitango, les Suites troilienne et lumière) et se rapproche à nouveau du jazz, par un disque composé avec le saxophoniste Gerry Mulligan.

Le Quinteto Tango Nuevo (seconde époque)
De 1979 à 1988, Astor Piazzolla renoue avec son quinteto d'avant avec Pablo Ziegler au piano, Hector Console à la basse, Oscar Lopez Ruiz puis Horacio Malvicino à la guitare et Fernando Suarez Paz au violon. Le succès est fulgurant. Il multiplie les tournées à l'étranger. Les commandes d'écriture affluent (films, suites pour flûte et guitare, concertos Acconcagua et Hommenaje a liege, quatuor four for tango (kronos quartet) et la sonate le grand tango pour Rostropovitch). Mais Astor Piazzolla n'est pas vraiment conscient de cette reconnaissance. Il se battra jusqu'au bout contre ses détracteurs alors que le tango nuevo reçoit enfin la considération qu'il mérite.

Le Sex-teto
En 1988, Piazzolla dissout le quintette qui lui donna une notoriété mondiale. Après dix années de concerts et de tournées internationales, il décide de former un groupe qui rappelle l’Octeto Buenos Aires, un sextuor qu’il organise dès 1989. Deux bandonéons, Astor et Julio Pane (très vite remplacé par Daniel Binelli). Il conserve du quintette le contrebassiste Hector Console et le guitariste Horacio Malvicino. Il convoque Gerardo Gandini, pianiste-compositeur atypique et spécialisé dans les musiques contemporaines écrites ou improvisées. Il rappelle son vieux complice de toujours, José Bragato au violoncelle remplacé par Carlos Mozzi. Lors des premiers concerts, Piazzolla ressort deux vieilles compositions de son vaste répertoire pour les adapter à cette nouvelle formation : Tres minutos con la realidad et Tango ballet. La musique est sombre et résolument contemporaine. Il écrit aussi de nouvelles pièces (sex-tet et Preludio y Fuga). Mais rapidement, l'ambiance se dégrade au sein du groupe et Piazzolla n'est pas convaincu par ce projet qu'il abandonne en 1990.
Il passe le début des années 1990 en tournée en soliste d'orchestre classique jouant ses concertos et ses pièces pour orchestre.

Épilogue
En 1990, juste après une attaque cérébrale dont il ne se remettra pas - il meurt à Buenos Aires deux ans plus tard - Astor Piazzolla se confie à Natalio Gōrin : J'écoute du Tango depuis l'âge de huit ans et je reconnais que certains de ces grands musiciens ont influencé ma musique. Je les respecte parce qu'ils ont trouvé un style propre. Quand on crée, il faut avoir son propre style. Sans style, il n'y a pas de musique.
Lorsque les « tangueros » orthodoxes, dans les années 1950 et 1960, affirmèrent que ce qu'il faisait « n'était pas du tango », il répondit en formulant une définition nouvelle : « C'est la musique populaire et contemporaine de la ville de Buenos Aires » c'est-à-dire... du Tango. Mais un Tango nouveau et libéré. Piazzolla est le précurseur et principal représentant du tango d'avant-garde. La personnalité de Piazzolla, irrévérencieuse, passionnée jusqu'à l'intolérance, comportait sans aucun doute ces deux éléments, qu'il a parfois mêlés dans certains morceaux.

source : wikipedia
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-01-09, 14:34

Discographie

Sinfonía de Tango (1955)
Tango Progresivo (Octeto Buenos Aires) (1957)
Tango Moderno (Octeto Bueños Aires) (1957)
Tango en Hi-Fi (1957)
Piazzolla interpreta a Piazzolla (1960)
Piazzolla o no? Bailable y apiazolado (1961)
Nuestro Tiempo (1962)
Tango para una ciudad (1963)
Tango Contemporáneo (1963)
20 años de Vanguardia (1964)
Concierto en el Philarmonic Hall de New York (1965)
Historia del Tango Vol 1. La guardia Vieja (1967)
Historia del Tango Vol 2. Epoca Romántica (1967)
Maria de Buenos Aires (1968)
Amelita Baltar interpreta a Piazzolla y Ferrer (1969)
Adiós Nonino (1969)
Concierto para quinteto (1970)
Pulsación (1970)
Musica contemporanea de la Cdad, de Bs. As. Vol 1 (1971)
Musica contemporanea de la Cdad, de Bs. As. Vol 2 (1972)
Libertango (1974)
Reunión Cumbre (Summit) (1974) invité: Gerry Mulligan
With Amelita Baltar (1974)
Suite Troileana (1975)
Viaje de Bodas (1975)
Il Pleut Sur Santiago (1976) B.O.
Persecuta o Piazzolla 77 (1977)
Chador o Piazzolla 78 (1978)
Biyuya (1979)
Enrico IV (1984) B.O.
El Exilio De Gardel (1985) B.O.
Tango: Zero Hour (1986)
The New Tango (1987) invité: Gary Burton
Sur (1988) B.O.
La Camorra (1989)
Hommage a Liège: Double Concerto pour Bandonéon et Guitare/Histoire du Tango (1988) Avec l'Orchestre Philharmonique de Liège dirigé par Leo Brouwer. Concerto interprété par Piazzolla et Cacho Tirao, l' Histoire du Tango par Guy Lukowski et Marc Grauwels.
The Rough Dancer and the Cyclical Night (Tango Apassionado) (1991)
Five Tango Sensations (1991) con el Kronos Quartet

source : wikipedia
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joachim
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-01-09, 17:45

Finalement, il a composé autre chose que des tangos, ou non ? L'article ne le précise pas.
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-01-09, 18:12

joachim a écrit:
Finalement, il a composé autre chose que des tangos, ou non ? L'article ne le précise pas.

D'après l'article, en effet ! Je viens d'aller voir sur son site et je n'ai effectivement pas vu d'autres genres musicaux que le tango.
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-01-09, 19:30

"Libertango" par Richard Galliano c'est assez merveilleux
https://www.youtube.com/watch?v=quZuGOcmVQ0&feature=related

Et par Grace Jones, pas mal non plus ?
https://www.youtube.com/watch?v=qeWZE8h376M
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joachim
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-11-13, 19:26

J'ai trouvé un CD avec des oeuvres plus "conventionnelles" quoique le tango ne soit jamais bien loin :

Astor Piazzolla (1921-1992) 51b0sz10Astor Piazzolla (1921-1992) 85722710

La Sinfonia Buenos Aires date de 1951, une symphonie de style moderne (influencée par Ginastera) mais pas trop, et où ça et là se retrouve un pas de tango...c'est plus fort que lui, il faut du tango partout Laughing

Le concerto pour bandonéon, orchestre à cordes et percussions, sous-titré Aconcagua, de 1979 fait forcément ressortir bien plus fort les rythmes tango (évidemment, un bandonéon...), mais c'est pas mal. Après tout il existe bien quelques concertos pour accordéon !

La Suite pour violon et orchestre intitulée Las Cuatro estaciones Porteñas (les quatre saisons buenos-airiennes) se voudraient une réponse à celles de Vivaldi. Mais comparons ce qui est comparable ! Au total, c'est quand même pas mal.


Dernière édition par joachim le 2010-11-13, 19:34, édité 1 fois
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-11-13, 19:32

Son "tube":

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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2010-11-13, 20:35

Super d'avoir mis ce lien,Snoopy,car je ne connaissais pas cette version avec YO YO MA. J'ai toujours adoré ASTOR PIAZZOLLA,un des maîtres du bandonéon,ce qui est pour me rappeler qu'en musique,je suis avant tout fan des instruments,plus que d'un compositeur en particulier. Je crois que j'aime tous les instruments même les plus insolites. J'adore YO YO MA,j'adore sa dynamique, j'adore la vie et l'âme qu'il donne à son instrument,tout comme PIAZZOLLA au sien. Il illumine les musiques qu'il interprète et il n'est pas seulement beau à écouter,il est tout aussi beau à regarder jouer. On a l'impression qu'il vit complètement ce qu'il joue. Very Happy


Dernière édition par Icare le 2014-08-29, 17:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2011-10-20, 09:08

Je conseille vivement à tout amateur de très belle musique le CONCERTO POUR BANDONEON, harpe, piano, orchestre à cordes et percussions en trois mouvements! Je l'ai par Richard Galliano et les "Solisti dell'orchestra della Toscane" et c'est une pure merveille.
Astor Piazzolla (1921-1992) 185465 Astor Piazzolla (1921-1992) 185465
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2012-11-02, 19:35

Très belle découverte, en complément du Triple Concerto de Bacalov, de ses Tres Movimientos Sinfonicos, Buenos Aires (1953) pour bandonéon et orchestre symphonique. J'ai principalement aimé la qualité d'écriture de l'orchestre avec ses moments super dynamiques et ses élans de romantisme principalement portés par les cordes. Astor Piazzolla (1921-1992) 333455 Astor Piazzolla (1921-1992) 333455
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2014-08-29, 18:05

Comme il est dit dans la biographie de la grande flûtiste mexicaine, le duo Canales-Laguna a interprété beaucoup d'oeuvres de grands compositeurs sud-américains. Ce que j'avais en revanche oublié c'est que j'avais en ma possession, sur cd, deux de ces interprétations en duo: d'abord la Danzon n°3 pour flûte, guitare et petit orchestre d'Arturo Marquez puis Historia del Tango pour flûte et guitare d'Astor Piazzolla. Comme quoi, il est toujours bon de farfouiller dans sa collection, d'être à la recherche du cd que l'on a pas réécouté depuis longtemps. L'oeuvre de Piazzolla se découpe en quatre mouvements: Burdel 1900, Cafe 1930, Night Club 1960 et Concierto de Hoy. Elle fait appel à la grande sensibilité et virtuosité de ses interprètes. Le mouvement qui a le mieux retenu mon attention est probablement Night Club 1960. Astor Piazzolla (1921-1992) 333455
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2014-09-10, 22:57

Plutôt que d'écouter ce soir la seconde partie de Roméo et Juliette de Serguei Prokofiev, j'ai préféré me la réserver pour demain car je ne me sentais pas suffisamment en forme pour rester concentré pendant 74 minutes. Non, je n'aime pas écouter de musique lorsque je me sens fatigué car j'ai l'impression de ne pas en profiter pleinement, de ne pas la ressentir comme je le voudrais. Je me suis alors penché sur une partition beaucoup plus courte, puisqu'elle ne dépasse pas les vingts minutes, que le grand Astor Piazzolla composa pour le film de Marco Bellocchio; Enrico IV avec Marcello Mastroianni dans le rôle principal. C'est une musique d'une grande mélancolie dont les constructions mélodiques et la présence importante du bandonéon évoquent sans conteste le célèbre maître argentin. Il y a bien sûr le très émouvant thème principal qui apparait au début et à la fin, puis il y a aussi, outre un thème d'action bien troussé et presque "morriconien", une irrésistible mélodie développée entre le hautbois et le piano: << Tiré d'une oeuvre célèbre de Pirondello, ce film a une grande force, grâce aussi à la superbe interprétation de Marcello Mastroianni et à la mise-en-scène de Marco Bellocchio, ce dernier continuellement passionné par les sujets traitant de la folie humaine. Pendant un bal masqué, un jeune homme est victime d'une chute de cheval. Il prend alors l'identité d'Henri IV. La vérité sera dévoilée seulement vingt années plus tard mais la folie perdurera .>> Astor Piazzolla (1921-1992) 333455 Astor Piazzolla (1921-1992) 333455
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2017-08-30, 19:53

Bien que j'ai changé de cycle, passant d'une série d'écoutes autour de la musique de film ayant une filiation avec l'Amérique latine à mon nouveau cycle "Phi", je n'ai pas complètement quitté le continent. Aujourd'hui, j'ai réécouté un excellent disque du grand Astor Piazzolla qui s'intitule Tristezas de un Doble A par lui-même, au bandonéon biensûr, et son "Quinteto Tango Nuevo": il réunit Hector Console à la contrebasse, Pablo Ziegler au grand piano, Fernando Suarez-Paz au violon et Horacio Malviccino à la guitare. Beaucoup de créativité dans ces superbes moments musicaux où le tango est roi: Tristezas de un Doble A, Tanguedia, Biyuya, Lunfardo, Tangata. Un régal pour qui aime ce style de musique. Astor Piazzolla (1921-1992) 333455

https://www.youtube.com/watch?v=9tHSjRQRWhg


Ce soir, je suis argentin!
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2018-07-06, 09:21


Le Concerto pour bandonéon et orchestre en trois mouvements d'Astor Piazzolla, interprété par le "Orchestra of St. Luke" sous la direction de lalo Schifrin, correspond parfaitement à l'esprit de mon cycle actuel. C'est aussi par cette oeuvre que j'ai découvert ce maître argentin du bandonéon. Très vite, j'avais été frappé par ses grandes lignes mélodiques d'une profonde et même "violente" mélancolie qui, d'une certaine façon, faisaient écho à celles d'un genre voisin que j'aimais savourer dans certains morceaux symphoniques d'un autre compositeur argentin que j'adorais déjà, longtemps avant lui; Lalo Schifrin. Ce n'est sûrement pas un hasard si c'est lui qui en assuma la direction d'orchestre. Il ne pouvait qu'être comme un poisson dans l'eau en dirigeant le concerto de Piazzolla dont le lyrisme et la dynamique correspondaient à sa propre sensibilité musicale. C'est donc par Lalo Schifrin que j'ai découvert l'univers d'Astor Piazzolla, ce qui me familiarisa avec ceux d'autres compositeurs argentins tels que, par exemple, Gustavo Beytelmann. Je ne me lasserai jamais de ces rythmes "tango" d'une véhémence irrésistible ni de cette profonde mélancolie qui traverse de longues mélodies envoûtantes. Ai-je fini d'écouter que j'ai déjà envie de réécouter: voilà ce que l'effet "Piazzolla" a comme emprise sur moi. Dans les Trois Tangos pour bandonéon et orchestre qui complètent l'album, je retrouve tous ces ingrédients, comme s"il s'agissait tout simplement d'une continuité du concerto. Les trois tangos portent le titre d'un mouvement: "Allegro tranquillo/Moderato mistico/Allegretto molto marcato".
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-02, 16:35

Je vais pas mal écouter de musiques d'Astor Piazzolla ces jours-ci, pratiquement tout ce que j'ai sur mes étagères, ce qui ne représente pas une multitude de disques, juste quelques-uns qui me sont chers. Piazzolla est quelqu'un qui fait corps et âme avec son instrument de prédilection, le bandonéon. Il a porté le tango à ses formes d'expression les plus passionnées, a su aussi adapter son style à la rigueur d'un concerto ou d'une "Sinfonia", il en a d'ailleurs composé plusieurs sur lesquels je reviendrai tout au long de ce cycle. Je suis comme enivré de la douce mélancolie qui s'échappe de ses mélodies que le bandonéon étreint d'abord tendrement, puis galvanisé par les accélérations, lorsque le tango naît de la plainte introductive, sans omettre les moments improvisés qui font penser au jazz et à la remarquable complicité entre les musiciens. Avec le "Quinteto Tango Nuovo", Astor Piazzolla interprète cinq merveilleux morceaux, "Tanguedia/Biyuya/Lunfardo/Tangata" et "Tristezas de un Doble A" qui est la plage la plus longue de l'album puisqu'elle atteint les vingt-deux minutes. Elle a par ailleurs donné son titre à l'album. Autour d'Astor Piazzolla au bandonéon, il y a Paolo Ziegler au grand piano, Hector Console à la contrebasse, Fernando Suarez-Paz au violon et Horacio Malviccino à la guitare. Lorsque le violon, dans l'aigu, comme porté par un sentiment d'amour, joint sa voix à celle de l'accordéon, le frisson émotionnel n'est jamais loin, à fleur-de-peau, dans les couloirs du coeur et de l'esprit. Il m'emplit de ses timbres, de ses saccades, de son lyrisme, de la chaleur de son lyrisme et de ses rythmes. Les improvisations qui s'insèrent dans le tango jusqu'à en triturer les entrailles, à en déformer sa nature et en dénaturer la forme, m'est d'une excitation indescriptible, une sorte de transe qui prend aux tripes. J'en aime le caractère obsessionnel et déterminé, la teneur dramatique, le romantisme tourmenté, la mélodie torturée, tordue dans tous les sens, essorée afin d'en extraire la dernière goûte de sa liqueur amère, ses accords secs et vifs, parfois clairs et tranchants, et même les moments qui peuvent me paraître plus excessifs, quand le tango s'abandonne à un irrésistible duo entre le violon et le bandonéon, dans la passion du désespoir sans perdre une once de vie ni de détermination. Il ira jusqu'à l'inévitable agonie avant sa fin brutale, la jambe droite pliée et la tête haute.


Dernière édition par Icare le 2020-05-03, 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-03, 08:28

Ce matin, je n'ai jamais autant apprécié les Five Tango Sensations d'Astor Piazzolla avec le fameux "Kronos Quartet". C'est un album que je m'étais procuré dans les années 1990, époque où je découvrais avec beaucoup d'enthousiasme la musique du grand bandonéoniste argentin. Il ne m'avait pas comblé et je pense savoir pourquoi: à cette époque, j'étais surtout subjugué par ses tangos puissants, nerveux, expressifs, avec ses moments d'improvisation et de jubilation entre musiciens; j'étais sous le charme de Tristezas de un Doble A, l'album que j'évoque élogieusement ci-dessus et de ce qui se trouvait sur la bande originale du film de Fernando E. Solanas, Sur/Le Sud (1988). Avec Five Tango Sensations, je touchai une autre dimension du tango qui, jusqu'alors, m'était différente et même inconnue, un tango très intimiste, intérieur, introverti, doux, certes sensuel mais une sensualité qui m'avait juste effleuré. Pour ces raisons que j'estime mauvaises aujourd'hui mais qui ne l'étaient pas forcément à l'époque, j'attendais sans doute ce tango de fort caractère qui fouette les tripes et que j'aime tant chez Piazzolla, or je tombai à mon grand désarroi sur une série de cinq qui me parurent "mous du genou", histoire de reprendre l'expression d'un ami mélomane qui aimait beaucoup l'employer... Laughing C'est donc un album que j'ai négligé, sans aucun doute celui que j'ai le moins écouté de son auteur, sans avoir pour autant pris la décision de le revendre ou le troquer. J'ai bien fait car, au fond de moi, quelque-chose me retenait et, ce matin, c'est justement le caractère doux et introverti de ces tangos qui m'a séduit. J'étais vraiment dans la disposition idéale pour les apprécier. Quelques cordes soyeuses autour d'un bandonéon qui égrène ses notes mélancoliques loin des embardées et des improvisations, loin des coups secs et des rythmes nerveux...un tango qui se rêverait plutôt qu'il ne se danserait...Il y en a cinq, ils s'intitulent "Asleep/Loving/Anxiety/Despertar/Fear" pour une durée totale de 26 minutes environ. Chose amusante, une certaine atmosphère créée par le bandonéon et les cordes à un moment donné, dans le second tango "Loving", m'a fait succinctement penser à une ancienne bande originale d'Ennio Morricone que j'aime beaucoup et qui a été composée pour un film d'Elio Petri, Buone Notizie (1979), mais c'est purement anecdotique et la filiation que j'en fais est très subjective. C'est surtout l'humeur ironique amorcée par le soliste puis par des éléments du quatuor qui m'a plu et c'est cette ironie que j'apprécie justement dans la b.O. de Morricone.

https://www.youtube.com/watch?v=9E5K1Xusodk
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-03, 16:38

Lorsque Richard Galliano joue Astor Piazzolla et en parle aussi:

<<En observant le travail et l'oeuvre d'Astor Piazzolla j'ai réalisé qu'il me fallait, dans un premier temps, prendre un chemin parallèle au sien. Cette démarche qui part de la musique populaire, folk et qui va vers la musique, non pas sérieuse parce que je pense que toute bonne musique est sérieuse, mais la musique précise, orchestrée, pensée...écrite. Astor Piazzolla et moi-même ne sommes pas les seuls compositeurs à avoir fait ce choix. Bela Bartok, Manuel de Falla, Heitor Villa-Lobos l'ont fait avant nous. Tout le monde sait d'ailleurs que de nombreux thèmes classiques ont été empruntés à la musique populaire chez Bach, Beethoven, Mozart...Restait le problème de trouver une équipe de musiciens classiques qui puissent jouer un tango, une valse, une ballade avec swing. Dès la première note jouée avec "I solisti dell'orchestra della Toscana", j'ai tout de suite senti que ça fonctionnait. Le swing et l'émotion étaient au rendez-vous.>>

J'avais déjà édité ce commentaire en plus complet en introduction du topic de Richard Galliano, mais comme j'ai réécouté deux oeuvres d'Astor Piazzolla jouées par lui, j'avais envie de le retranscrire ici. Il nous offre sa version pour accordéon et orchestre à cordes d'un des tubes du maître argentin, Oblivion puis du Concerto pour bandonéon, harpe, piano, orchestre à cordes et percussions en trois mouvements. Je ne reviendrai pas sur la prenante mélancolie d'Oblivion qui me fait généralement fondre, si ce n'est que cette version est d'excellente facture. En revanche, j'adore ces oeuvres qui démarrent sur des chapeaux-de-roues, comme une sorte de course-poursuite haletante ou la traque d'un homme qui s'époumone durant sa fuite. C'est le premier mouvement du concerto et c'est ce que j'aime en premier dans le style de Piazzolla: cette sorte de course effrénée, haletante qui me saisit d'emblée. Le troisième mouvement est de même facture: dramatique et viscéral, tout ce que j'aime et qui m'étreint dans le tango argentin. Ceci étant dit, il ne faudrait pas négliger le mouvement médium car Astor Piazzolla n'est pas pour autant insipide dans les morceaux doux et romantiques. L'aria d'Oblivion en est un modèle.

Quelques mots sur Historia del Tango pour flûte et guitare d'Astor Piazzolla:

Bordel 1900: Le tango est né à Buenos Aires et la flûte et la guitare furent ses premiers interprètes. Grâce et gaieté caractérisent cette danse qui nous découvre le demi-monde du début du siècle. Le tango est pure joie.

Café 1930: Le tango n'est plus dansé, il suffit de l'écouter. La nostalgie l'a transformé et aujourd'hui il est radicalement plus lent et plus musical.

Night Club 1960: Une nouvelle évolution: le Bossa Nova et le Tango se rencontrent. Il ne s'agit plus ni de jouer la musique d'ambiance ni de danser, il s'agit de faire de la musique pour les musiciens.

Concierto de hoy: Stravinsky et Bartok l'ont déjà utilisé, le Tango n'est plus le scandale ni la nostalgie mais une forme très proche de la musique nouvelle. Le nouveau Tango est le Tango universel d'aujourd'hui et de demain.

J'ai certes quitté le bandonéon mais pas le tango ni Astor Piazzolla en redécouvrant ces quatre charmantes pièces interprétées à la flûte par Marisa Canales et à la guitare par Juan Carlos Laguna. Elles ont quelque-chose de plus gracieux et aérien, de plus léger aussi, parmi tout ce que j'ai écouté avant du maître argentin; une sorte de petit oasis de fraîcheur après les chaudes passions du bandonéon et des cordes.  Very Happy
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-03, 19:48

Très belle musique de Piazzolla en Finlande  Very Happy 


Une Histoire du tango à écouter !
"Histoire du Tango" pour flûte et guitare (1986) I Bordel 1900 II Café 1930 III Nightclub 1960 IV Concert d'Aujourd'hui Astor Piazzolla (1921-1992) 185465





https://youtu.be/QH2c1wSVpe0
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-03, 20:21

Plus je l'écoute, plus je l'aime Astor Piazzolla (1921-1992) 333455 


Ana Vidovic à la guitare, un coup de cœur Astor Piazzolla (1921-1992) 395622  quelle artiste !







https://youtu.be/aoN9axWAoPU
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-03, 22:52

Merci pour ces deux liens bien prometteurs. Je les écouterai plus tard, peut-être tout-à-l'heure. Pour l'instant, je repose mes oreilles car elles sont encore imbibées de la musique d'Astor Piazzolla que je viens de réécouter. Il s'agit, cette fois, de musiques composées pour le cinéma, celles de trois films: Enrico IV de Marco Bellocchio (1984), Cadaveri Eccellenti de Francesco Rosi (1976) et Il pleut sur Santiago de Helvio Soto (1975). Dans les trois bandes originales, on reconnaît bien le style du maître argentin par des thèmes d'une belle mélancolie avec et sans bandonéon dans le film de Bellocchio, mais davantage "popisé" dans le film qui relate le coup d'état contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende au Chili et le début de la dictature de Pinochet. La musique débute sur des petits effets électroniques qui ne la quitteront jamais vraiment, datant par ce fait un peu la partition, lui conférant un charme désuet auquel je demeure très sensible. J'adore lorsque le tango s'étire sur la scène du massacre dans la Moneda (Palais de la Monnaie), c'est complètement surréaliste. Je me demande, en revanche, si les tangos qui ont été retenus pour Cadavres Exquis sont des compositions originales, c'est-à-dire écrits spécialement pour le film ou des tangos préexistants que le cinéaste a utilisés. Ils sont très proches de ceux que Piazzolla compose pour le concert, la bande originale étant surtout attribuée à Piero Piccioni.
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-04, 09:40


Je viens de réécouter, outre un Tango Rapsodia: Adios Nonino et un Libertango réorchestré par Luis Bacalov qui en assurera aussi les parties de piano, par Hector Ulises Passarella au bandonéon et l'"Orchestra dell'Accademia Nazionale di Santa Cecilia" dirigé par Myung-Whun Chung, l'oeuvre la plus symphonique et clinquante d'Astor Piazzolla, Tres Movimientos Sinfonicos, Buenos Aires (1953), en trois mouvements; "Moderato/Lento/Presto marcato" avec le bandonéoniste Juanjo Mosalini et le "Santa Barbara Symphony" sous la direction de Gisèle Ben-Dor. Le "Moderato" n'est pas si modéré que cela et porte en lui toute une charge orchestrale. Question dynamique, je préfère la méthode incisive et percutante de son Concerto pour bandonéon, harpe, piano, orchestre à cordes et percussions évoqué plus haut. Cette charge héroïque, je la préfère dans le troisième mouvement, le "Presto marcato", parce que là ça cogne dur, je ressens la pleine vitalité d'un tango fougueux et impénitent. Dans cette partie vigoureuse, la musique me renvoie un peu à Heitor Villa-Lobos, ce qui est aussi vrai pour le "Lento", le moment le plus attendrissant de l'oeuvre. La dernière phase du troisième mouvement est un jaillissement sonore des plus galvanisants, l'orchestre y étant déchaîné, exalté. le contraste avec son tube Oblivion, petite émeraude de douceur et de mélancolie, en sera d'autant plus saisissant. Lorsque je l'écoute, je m'imagine au bord de la mer, avec ses vagues et ses mouettes: je ne sais pas pourquoi, peut-être l'expression d'un lointain qui m'aimante devenu si mystérieux et nostalgique en même temps...

The Swingle Singers Music Video Piazzolla 'Libertango'

https://www.youtube.com/watch?v=-uiG5jJavTU
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-04, 13:40

J'adore cette ambiance et l'énergie que communiquent les Swingle Singers, superbe Astor Piazzolla (1921-1992) 185465
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MessageSujet: Re: Astor Piazzolla (1921-1992)   Astor Piazzolla (1921-1992) Empty2020-05-05, 07:35

A un moment donné je me suis demandé si c'était une si bonne idée que d'écouter à la suite toutes les oeuvres que je possède d'Astor Piazzolla - bien sûr lorsque je dis "à la suite", je ne veux pas dire d'affilée - mais je suis demandé si une écoute alternée avec d'autres compositeurs argentins qui écrivent une musique différente n'aurait pas été préférable. La musique de Piazzolla est une oeuvre intense, de fort caractère, pimentée, épicée, elle aurait pu m'être bourrative...J'aurais pu être lassé par trop de bandonéon...Déjà, c'est un peu plus varié que ce que l'on a tendance à croire. L'Histoire du Tango pour flûte et guitare que je suis en train de réécouter en écrivant ces lignes, dans la version proposée par Laudec, fut une douce aération, une heureuse détente entre deux tangos vigoureux et viscéraux comme ceux que j'ai réécoutés hier dans Las 4 Estaciones Portenas en quatre mouvements avec les solistes du "Cuarteto Latinoamericano" et l'"Unitas Ensemble" sous la direction de Lina Gonzalez-Granados. Sur cette oeuvre, pas de bandonéon mais une fougue, une incisivité qui m'est de plus en plus familière. Avec une dominante de cordes, ce sont les quatre saisons qui se succèdent au rythme de tangos, puissent-ils être dynamiques et déterminés ou s'égarant avec bonheur dans des moments de romantisme beaucoup plus tendres et langoureux. Le quatrième mouvement, "Verano Portena" citera les mesures les plus célèbres de l'"été vivaldien". Puis, dans ces "quatre saisons"-là, il y a ces saisissantes sonorités qu'Astor Piazzolla aime intégrer dans sa musique, ce qui en rajoute en incisivité. C'est quelque-chose qui me fait systématiquement dresser l'oreille, comme si la musique me disait par ces saisissantes sonorités: "attention, sois concentré, le tango commence!"

Avec Concierto para bandoneon et Tres Tangos avec l'"Orchestra of St. Luke's, je retrouve aussi Astor Piazzolla comme interprète et Lalo Schifrin à la direction. C'est certainement l'album par lequel j'ai découvert la musique de ce grand maître argentin du tango, et cette fois dans la plus grande tradition de ce qu'il sut faire, mais par une formation instrumentale plus large que celle qu'il emploie habituellement, celle d'un orchestre symphonique. Le concerto se constitue de trois mouvements. Le premier des trois, un "Allegro marcato" m'a toujours fasciné par son caractère exaltant et impulsif, sachant cependant toujours attendrir l'auditeur par une parenthèse romantique. Je pense d'ailleurs que ce concerto est la prestation de Piazzolla à laquelle je reste le plus attaché, le plus réceptif, et même l'album dans son intégralité avec ses Trois Tangos pour bandonéon et orchestre. Ce n'est donc pas un hasard s"il conclut ma première partie du cycle argentin qui était entièrement consacrée au grand Astor. En ce moment, je réécoute le mouvement médium du concerto, "Moderato", et je suis totalement transporté par le tendre lyrisme de ce morceau, avec le violon solo qui domine pendant un laps de temps un bandonéon presque réduit au murmure d'une chanson sans parole. Puis il y a une harpe qu'une oreille distraite ne remarquerait sans doute pas. Heureusement, la mienne est vigilante et profite ainsi de son irrésistible délicatesse. Et que dire de ce passage lumineux entre le piano et le bandonéon...Avec le "Presto" final je retrouve le tempérament exaltant et déterminé du premier mouvement, c'est encore la danse effrénée d'un homme et d'une femme qui courent après l'amour, l'amour et ses passions, l'amour et ses jalousies, sous la pression érotique d'une étreinte imaginaire. Et lorsque la musique s'apaise, ce n'est que temporaire, le temps que les ébats reprennent leur souffle. Mon cycle argentin continue, sans Piazzolla, mais il continue.
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