
Nicola Porpora (1686-1768)
Come nave in mezzo all'onde
Siface (Milan, 1725)
Geminiano Giacomelli (c. 1692-1740)
Sposa, non mi conosci
Merope (Venise, 1734)
Nicola Porpora (1686-1768)
Sinfonia
Germanico in Germania (Rome, 1732)
Francesco Araia (1709-1770)
Cadrò, ma qual si mira
Berenice (Venise, 1734)
Nicola Porpora (1686-1768)
Parto, ti lascio, o cara
Germanico in Germania (Rome, 1732)
In braccio a mille furie
Semiramide riconosciuta (Venise, 1729)
Nobil onda
Adelaide (Rome, 1723)
Usignolo sventurato
Siface (Milan, 1725)
Riccardo Broschi (c. 1698-1756)
Son qual nave
Artaserse (Londres, 1734))
George Frideric Haendel (1685-1759)
Ombra mai fu
Serse (Londres, 1738)
Contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre, ce DVD n’est pas la captation de l’un des nombreux récitals donnés par Cecilia Bartoli à l’occasion de la sortie de son dernier disque
Sacrificium.
...L’art des castrats est évoqué à travers un film qui cherche à faire resurgir des émotions potentiellement vécues par un spectateur du XVIIIe siècle. Le choix du palais de Caserte près de Naples, terre de castrats par excellence, est ainsi tout à fait logique : cette bâtisse somptueuse aux escaliers majestueux, aux salons amples et au théâtre superbe est un cadre parfait pour les airs et les tenues de Cecilia Bartoli. Ces dernières évoquent tout aussi bien l’habit bouillonné du mousquetaire et celui de la diva extravagante en costume de scène qui devient à la fois lourde tenture se balançant au vent, traîne d’oiseau de feu ou coulée de lave vésuvienne délicatement furieuse. Cecilia Bartoli déambule dans les couloirs et les escaliers du palais, apparition divine et si intensément humaine, androgyne un instant mais si puissamment féminine, artificielle puis, l’instant immédiatement consécutif, si ardemment humaine.
Et c’est là toute la puissance de ce film poétique et musicalement fastueux d'Olivier Simonnet : la virtuosité du chant des castrats, réputés être des machines à chanter, était sublimée par la beauté et l’émotion de mélodies douloureusement tristes et profondes. Inutile de préciser que la Bartoli excelle à restituer les deux registres. Phrases interminables de langueur et de plaintes ardentes combinés, notes tenues jusqu’au soupir le plus ténu, ce sont de bien délicieuses souffrances que nous propose la cantatrice, avec un support de rêve : le palais de Caserte. Quant au merveilleusement voluptueux Ombra mai fu, où Serse rend hommage à l’arbre qui ombrage son repos, il est tout naturellement chanté dans le jardin du palais, la fougueuse italienne enlacée à un feuillu majestueux… Le spectateur chavire, repu !
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