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 Joseph Canteloube

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Snoopy
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MessageSujet: Joseph Canteloube   Ven 27 Oct - 22:51

Pianiste, compositeur et musicologue français, (Marie) Joseph Canteloube de Malaret (nom de la propriété située dans le Lot aux confins du Cantal) est né le 21 octobre 1879 à Annonay (Ardèche) d'une mère cévenole et d'un père auvergnat et mort à Grigny (Yvelines) le 4 novembre 1957.

Dès l'âge de quatre ans et demi, il a pour professeur de piano Mlle Amélie Daetzer, une amie de Frédéric Chopin qui se montrait « très jaloux de sa main gauche ». Après son baccalauréat, il travaille dans une banque à Bordeaux. Légèrement malade, il revient à la maison familiale à Malaret et sa santé retrouvée, il décide d'entrer à la Schola Cantorum et devient l'élève de Vincent d'Indy et de Charles Bordes, l'ami de Déodat de Séverac, d'Isaac Albéniz, d'Albert Roussel.

Il s'impose en 1907 avec une Suite pour piano et violon, en quatre parties qui est jouée à la Société Nationale sous le titre Dans la montagne. En 1908, il écrit Colloque sentimental pour chant et quatuor à cordes. En 1910, il aborde l'orchestre avec Eglogue d'Automne. Puis, il affronte le public avec Vers la Princesse lointaine, poème symphonique qui est joué au Théâtre du Châtelet en 1912 et un poème lyrique pour chant et orchestre Au Printemps.

En 1923, il compose six mélodies sous le titre l'Arada (la Terre). En 1922, les Concerts Lamoureux programment les préludes des premier et deuxième actes du Mas. L'année suivante un Triptyque pour chant et orchestre. C'est à cette époque qu'il compose les premières séries des Chants d'Auvergne.

En 1926, le Mas (trois actes dont il écrit le texte obtient les cent mille francs du concours Heugel). La première représentation a lieu à l'Opéra-Comique le 3 avril 1929. L'amour de la terre natale lui inspire Vercingétorix avec un livret d'Étienne Clémentel, sénateur du Puy-de-Dôme (Maire de la ville de Riom) et Hervé Louwyck. En 1929, il compose trois pièces pour orchestre Lauriers (ce sont des hommages à l'Auvergne) représentées le 22 février 1931 au Théâtre du Châtelet et dirigé par Gabriel Pierné. De plus, il écrit un recueil des Chants de Haute Auvergne ; des recueils du Rouergue, du Limousin, du Quercy, des chants religieux d'Auvergne, l'Hymne des Gaules (sur un poème de Philius Lebesgue), une Pastorale roumaine sur un scénario et des thèmes populaires recueillis par Michel Vulpesco.

En 1925, il fonde La Bourrée, une filiale de l’Auvergnat de Paris. Cet organisme réunit de jeunes auvergnats, désireux de faire connaître le folklore et la beauté de leur région. Néo-druide, il participe à la création du Collège Bardique des Gaules En 1941, il rejoint le gouvernement à Vichy. Il écrit dans le journal nationaliste l’Action Française : Il faut aux chants de la terre leur décor, leur cadre, leur accompagnement de nature, de plein air…". Il participe à de nombreuses émissions radiophoniques sur le folklore français, et enregistre ses Chants de France avec le ténor Christian Selva, qui en sera le premier interprète. La radio lui semble un vecteur idéal pour la diffusion de la musique populaire. Parallèlement à sa carrière de compositeur, il recueille, harmonise et publie bon nombre de chants traditionnels français. Musicologue averti, il publie une biographie de Vincent d'Indy (1949) et une biographie de son ami Déodat de Séverac (1950).  » Je n’ai jamais cherché à faire de la musicologie à bon compte, mais simplement œuvre de cœur, œuvre de musicien désirant exalter et faire connaître ce qu’il aime". Il a écrit, également, Les Chansons des provinces françaises (Paris Didier, 1947) et le Chansonnier français à voix égales a cappella (Heugel).

Il lui fallut plus de trente ans pour mener à bien la constitution de son plus célèbre recueil et admirable : Chants d'Auvergne où l'on peut entendre un orchestre qui reflète les couleurs et paysages auvergnats. Passionné peut-être parfois à l’excès, il a su faire aimer tout le folklore français en le faisant mieux connaître.. Il est avant tout un musicien profond, vrai et sincère, à l’image de cette Auvergne qu’il aimait profondément.


Oeuvres principales

Colloque sentimental (1903) pour voix et quatuor à cordes
Dans La Montagne (1904), Suite pour violon et piano
Chants populaires de Haute-Auvergne et Haut-Quercy (1907)
Eglogue d'automne (1909), pour voix et orchestre
Vers la Princesse Lointaine (1910-1911) pour orchestre
Le Mas (1910-1913), opéra en trois actes
Au printemps (1913), chanson avec orchestre
Tryptique (1914), trois chansons avec orchestre
L'Arada, six morceaux (1918-1922), chansons avec orchestre
Als catalans (1923), choeurs folkloriques à 6 voix
Chants d'Auvergne (1923-1930/1955) pour voix et orchestre
Cinq chants paysans (1927) pour chœur
Chants religieux de Haute-Auvergne (1929) pour voix et piano
Nouveaux chants paysans (1931) pour chœur
Trois esquisses symphoniques "Lauriers" (1931) pour orchestre
Vercingétorix (1930-1932), opéra en quatre actes
Chansons Galantes du XVIII siècle (1933) pour chœur à quatre parties et clavecin
Pièces Françaises (1934-1935), Concerto pour piano et orchestre
Chansons galantes, Deuxième série (1935), arrangements de chansons
Chants paysans, Troisième série (1935) pour chœur
Poème (1937), Concerto pour violon et orchestre
Chants des terroirs Français (1939) pour chœur
Chants de France, Deuxième série (1939-1940) pour chœur et orchestre
Anthologie des Chants Populaires Français (1939-1943), arrangements du folklore
Chansonier alsacien (1945) pour chœur
Rustiques (1946) pour hautbois, clarinette et basson
Chants de l'Angoumois (1947)
Chants du Languedoc (1947)
Noëls populaires français (1948)
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Dim 29 Oct - 20:51

Snoopy a écrit:
ses Chants d'Auvergne où l'on peut entendre un orchestre qui reflète les couleurs et paysages auvergnats. Passionné peut-être parfois à l’excès, il a su faire aimer tout le folklore français en le faisant mieux connaître.. Il est avant tout un musicien profond, vrai et sincère, à l’image de cette Auvergne qu’il aimait profondément.
plus que sublime ! je le réécoute sans jamais me lasser...

dommage qu'on ne connaisse quasiment pas le reste de sa production, faute de CDs...
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 12 Jan - 5:18

Le compositeur Joseph Canteloube (1879-1957) est un inconnu célèbre : ses arrangements de Chants d'Auvergne qu'il a collectés, harmonisés, orchestrés et assemblés en cinq recueils, publiés entre 1924 et 1957, ont fait sa réputation. Ces airs en langue occitane, relevés dans sa région natale du Sud de l'Auvergne, ont été enregistrés par les plus grandes cantatrices - surtout étrangères : Kiri Te Kanawa, Frederica von Stade, Victoria de los Angeles, Dawn Upshaw et Natania Davrath qui, la première, en a gravé l'intégrale en 1963 (2CD Vanguard Classics).

Sinon, on ne connaît presque rien des mélodies de Canteloube, de sa musique d'orchestre, et on serait bien curieux d'entendre son opéra Le Mas, créé avec succès à l'Opéra de Paris en 1929 et récompensé par un jury où siégeaient Maurice Ravel et André Messager.

Véronique Gens et l'Orchestre national de Lille (ONL) avaient enregistré en 2004 un premier volume de Chants d'Auvergne pour Naxos. Ce fut la meilleure vente mondiale de la marque à petit prix en 2005. Un tel succès ne pouvait qu'engager ce label à continuer à défricher le corpus canteloubien. Va donc pour une nouvelle palanquée de chants auvergnats mais aussi, et surtout, les plus rares Chants de France, dont Canteloube a orchestré neuf titres (Auprès de ma blonde, D'où venez-vous fillette ?).

Cette seconde volée de Canteloube a été chantée par Véronique Gens, le 5 janvier, avec l'Orchestre de Lille. C'était une sorte de "tour de chauffe" à la veille de trois jours que durera l'enregistrement du programme pour Naxos. L'autre intérêt du concert était de découvrir la musique non folklorisante de Canteloube, un Triptyque de 1914, qui s'inscrit dans la lignée du Poème de l'amour et de la mer (1882-1892), d'Ernest Chausson, ou de Shéhérazade (1903), de Maurice Ravel.

Le grand talent de Canteloube est sa science orchestrale. L'exemple le plus connu de ses Chants d'Auvergne est Baïlero, qui fait entendre une texture mercuriale, dont les figures arachnéennes de piano, de harpe flottent sur l'éther capiteux d'un tapis de cordes. Ce type de "lamé" sonore a d'ailleurs plus à voir avec l'orchestration de Charles Koechlin, dont l'ONL donnait en ouverture de saison le splendide et rare Livre de la jungle, d'après Kipling, qu'avec celle de Ravel ou Debussy. C'est ce type d'effets voluptueux que pratiqueront les musiciens d'Hollywood, venus pour la plupart d'Europe avant de fuir le nazisme.

Jean-Bernard Cahours d'Aspry, l'auteur d'une monographie consacrée à Canteloube (Séguier, 2000), narre les circonstances de la naissance de ce tube que fut Baïlero : "C'était un soir de 1903, à la nuit tombante, dans la montagne qui domine Vic-sur-Cère, dans le Cantal. Il contemplait le majestueux paysage qui s'offrait à ses yeux, quand tout à coup s'éleva le chant d'une bergère qui lançait ses phrases à toute volée. Se gardant bien de se montrer, il commença à noter la mélodie, lorsque de très loin, comme portée par la brise qui se lèvre le soir sur la montagne, il perçut à peine perceptible, la voix lointaine d'un autre berger qui répétait le thème, à six kilomètres de là." Le plus extraordinaire, quand on écoute Baïlero, est que l'espace acoustique, artificieux, de cette pièce semble reconstituer celui, naturel, d'une vallée. Des moments aussi poétiques abondent dans les arrangements des Chants de France.

Véronique Gens est une "bergère" de très belle tenue qui sait se garder de l'écueil d'une interprétation "comme à la campagne et avé l'accent". Et l'ONL aura le temps, au cours de ces trois jours de studio, de rectifier une intonation floue chez les vents et de trouver moelleux, souplesse et précision sous la direction du chef Serge Baudo.

Tout cela sentait encore le frais de la découverte. Car on attend avec impatience de pouvoir réécouter ce beau Triptyque et ces Chants de France, qui sont aussi somptueux que leurs cousins auvergnats.
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 12 Jan - 11:31

Snoopy a écrit:
Le grand talent de Canteloube est sa science orchestrale. L'exemple le plus connu de ses Chants d'Auvergne est Baïlero, qui fait entendre une texture mercuriale, dont les figures arachnéennes de piano, de harpe flottent sur l'éther capiteux d'un tapis de cordes. Ce type de "lamé" sonore a d'ailleurs plus à voir avec l'orchestration de Charles Koechlin
entièrement d'accord avec tout ça ! c'est exactement ce que je ressens aussi... et qu'est ce que c'est bien dit !
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 12 Jan - 18:43

J'avoue aussi qu'à part les Chants d'Auvergne, je n'ai pas entendu grand chose de Canteloube : un Poème pour violon et orchestre, qui se rapproche de celui de Chausson, et une Suite pour violon et piano intitulée "Dans la Montagne".

En plus du Mas, il a composé un autre opéra : Vercingétorix : hommage d'un auvergnat à son ancêtre national Wink
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Lun 15 Jan - 11:56

Joaquim, tu en a beaucoup plus entendu que moi en tout cas Wink, il a mis en musique les "Chants basques" aussi, pas encore eu le temps de l'écouter...
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Lun 15 Jan - 20:16

kfigaro a écrit:
Joaquim, tu en a beaucoup plus entendu que moi en tout cas Wink, il a mis en musique les "Chants basques" aussi, pas encore eu le temps de l'écouter...

Je les ai entendus aussi : il y a 5 chants, très bien aussi. Ils font partie d'un autre recueil de Canteloube : "Anthologie de chants populaires", pour voix et piano ou orchestre.
Cette anthologie comprend :

4 chants de Haute Auvergne et Haut Quercy
1 chant du Béarn
5 chants du Languedoc
5 chants du Pays basque

D'autres compositeurs se sont intéressés au chant populaire, comme Vincent d'Indy ou Darius Milhaud ou Guy Ropartz. Dommage qu'il n'y en ait (du moins à ma connaissance) que pour les chants du Sud ou de Bretagne. Le reste, la partie Nord de la France, la Lorraine, l'Alsace ou le Jura ne semblent pas avoir intéressé des compositeurs.
A moins que tu en connaisses ?
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Lun 15 Jan - 20:21

Je connais ça mais c'est pas trop "classique" Wink
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Lun 15 Jan - 20:48

Snoopy a écrit:
Je connais ça mais c'est pas trop "classique" Wink

Je ne connais pas ce groupe, j'en suis resté aux Capenoules ou à Raoul de Godewarswelde Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 18 Oct - 11:28

Voici un article tiré de la biographie Naxos qui nous aide à mieux comprendre le personnage :

Joseph Canteloube n’est connu aujourd’hui le plus souvent du grand public que pour ses Chants d’Auvergne, authentiques chants populaires recueillis par le compositeur pendant de longues années dans sa région d’origine, puis harmonisés et savamment orchestrés.

Mais il est aussi l’auteur d’une oeuvre abondante comprenant plusieurs opéras, dont les plus importants sont Le Mas et Vercingétorix créés à l’Opéra de Paris respectivement en 1929 et 1933, des pièces symphoniques, de musique de chambre, etc. Mais c’est véritablement comme musicien “régionaliste” que Canteloube est resté dans les mémoires mélomanes puisque son oeuvre dans ce domaine parcourt une grande variété de régions françaises. Citons en particulier Le chansonnier alsacien (1952), Chansons champenoises, Chansons du veillois (1929), Chants du Languedoc (1948), Chants du pays basque (1949), Noëls d’Europe (1954), Anthologie des chants populaires franco-canadiens (1953), Les chants des terroirs français, etc. Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs écrits sur ce patrimoine mélodique populaire (dont un ouvrage publié en 1947, Les chants des provinces françaises).

La série des Chants d’Auvergne, en cinq recueils publiés entre 1923 et 1954, constitue la part la plus importante de cette démarche créatrice originale.

Canteloube est né à Malaret, en Auvergne du Sud. “J’habitais alors la pleine campagne, en une région où les paysans chantaient encore volontiers. Je commençais à courir fermes et villages pour écouter les chansons des paysans, faisant chanter les vieux et vieilles, les pâtres et les bergères aux pâturages, les laboureurs et moissonneurs au travail”. Canteloube commence ainsi une exploration assidue du fonds populaire de sa région, recueillant, comme l’avait fait Bartók en Europe centrale (mais de façon peut-être moins systématisée et moins scientifique), les chants et les mélodies, commençant à leur associer des harmonisations, composant souvent à partir de ces chants de petites pièces pour voix avec piano ou orchestre.

En 1906, Canteloube quitte l’Auvergne, s’installe à Paris où il étudie le piano avec une ancienne élève de Chopin. À la Schola Cantorum, très importante école d’enseignement musical, dirigée par Vincent d’Indy, et qui fait pendant au Conservatoire de Paris, il confirme son goût pour “la puissance et la pureté des sources musicales et poétiques que sont la terre et ses émanations non intellectualisées, danses et chants populaires, légendes et épopées rustiques”.

Rappelons ici que d’Indy était lui-même un grand promoteur de ce type d’esthétique, affirmant son attachement aux fondations populaires de la musique et aux sources médiévales de ce répertoire. “Je n’ai jamais cherché à faire de la musicologie à bon compte, écrit Canteloube, mais simplement oeuvre de coeur, oeuvre de musicien désirant exalter et faire connaître ce qu’il aime”. Lié aussi à des musiciens tels que Déodat de Séverac, il lui consacre une monographie publiée en 1951 et se retrouve dans l’esthétique de son ami : “Il conseille de revenir à sa terre, à sa race, à la lumière, à l’air, au soleil, à la couleur de chez soi et cela, non par vaine attitude, mais parce qu’il est convaincu de cette nécessité”.

Assez naturellement, cet amour du patrimoine musical régional porte Canteloube à un véritable nationalisme, qui le mène à s’associer au gouvernement de Vichy pendant la Seconde guerre. Acteur important de la politique culturelle pétainiste, il écrit dans L’Action française : “Il faut aux chants de la terre, leur décor, leur cadre, leur accompagnement de nature, de plein air. Seul l’art immatériel, la musique, peut par les timbres, par les rythmes, les harmonies, mouvants, impalpables, évoquer l’atmosphère nécessaire. Je dirai même qu’elle a le droit de le faire, car les chants paysans s’élèvent bien souvent au niveau de l’art le plus pur, par le sentiment et l’expression, sinon par la forme”.

Bien évidemment, les conceptions esthétiques de Canteloube vont de pair avec une position que l’on pourrait qualifier de “réactionnaire” vis-à-vis de ses contemporains. Ainsi écrit-il aussi : “À une époque où l’intellectualité est trop développée, l’on voit fleurir les doctrines les plus étranges, les plus folles, s’opposant les unes aux autres : l’on voit se répandre les modes les plus saugrenues, les plus ridicules (…). Aujourd’hui, on présente au public des “choses” appelées musiques, qui n’ont pourtant aucun des caractères que les dictionnaires musicaux s’accordent pour reconnaître à cet art. Ces “choses” sont précédées de circulaires explicatives, rédigées dans un jargon simili-scientifique, la plupart du temps incompréhensible et d’une incroyable prétention”.

Le travail harmonique et orchestral réalisé par Canteloube à partir de chants populaires originaux est d’une qualité remarquable. “Si le paysan chante sans accompagnement, écrit-il encore, ce n’est pas une raison suffisante pour l’imiter. Quand le paysan chante au labour, aux moissons, il y a autour de son chant tout un accompagnement que, précisément, ne “sentent” pas ceux qui veulent rester “scientifiques”. Cet accompagnement n’est entendu que des artistes et des poètes, et encore hélas ! pas de tous. C’est la nature, c’est la terre qui le constituent, et le chant paysan ne peut en être séparé…”.

Et c’est en effet cet accompagnement imaginaire sur lequel travaille le compositeur, suscitant tout un éventail d’atmosphères harmoniques et instrumentales très variées pour nourrir ces chants, souvent relativement rudimentaires dans leur structuration et leurs lignes mélodiques.

Source : http://www.naxos.com
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Sam 20 Oct - 0:05

Extraits des chants d'Auvergne

ICI

coco
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 13:16

Je ne connais que ses "Chants d'auvergne" (le reste est souvent absolument introuvable) mais c'est d'une beauté à couper le souffle. Notamment "Baïlero" :

http://br.youtube.com/watch?v=0KVgTJr173s (par Kiri Te Kanawa, et l'English Chamber Orchestra dir. Jeffrey Tate)
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 13:35

kfigaro a écrit:
Je ne connais que ses "Chants d'auvergne" (le reste est souvent absolument introuvable) mais c'est d'une beauté à couper le souffle. Notamment "Baïlero" :

http://br.youtube.com/watch?v=0KVgTJr173s (par Kiri Te Kanawa, et l'English Chamber Orchestra dir. Jeffrey Tate)

En effet très beau ça et les images magnifiques aussi.

Coco
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 20:29

On trouve les 5 Livres de Chants d'Auvergne (30 chants en tout) intégraux chez Naxos, avec deux autres oeuvres : le Tryptique et les Chants de France.
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Jean

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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 23:34

Kiri Te Kanawa en a aussi enregistré l'intégrale avec Jeffrey Tatte
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 23:55

Je suis abonné à l'écoute de tous les disques Naxos, je chercherais ça à l'occasion, je trouve dommage qu'on ne trouve pas ses opéras ainsi que ses autres oeuvres.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 26 Oct - 16:16

J'aimerais bien aussi écouter un de ces deux opéras.
Personnellement, en dehors des chants, je n'ai entendu que son poème pour violon et orchestre (assez proche de celui de Chausson) et sa grande suite pour violon et piano, Dans la Montagne.
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 26 Oct - 16:46

J'ai commencé à écouter celui là :
http://www.naxos.com/catalogue/item.asp?item_code=8.557491

une bonne version - très "terroir", un peu moins impressionniste et chatoyante que la version que j'ai :

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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Sam 6 Juil - 10:22

Oeuvres complètes

1893, Rêverie (Pensée d'automne), pour piano
1900, Marche funèbre, pour piano
1901, Clair de lune, pour chant et piano, sur un poème de Paul Verlaine
1902, Sérénade, pour chant et piano, sur un poème de Théophile Gauthier
1902, Tristesse, pour chant et piano, sur un poème de Paul Verlaine
1902, Un grand sommeil noir, pour chant et piano, sur un poème de Paul Verlaine
1902, Viens sur ce coeur, pour chant et piano, sur un poème de C. Furster
1903, Colloque sentimental, pour chant et quatuor à cordes, su un poème de Paul Verlaine (aussi version pour violon et piano)
1903, En sourdine, pour chant et piano, sur un poème de Paul Verlaine
1903, Green, pour chant et piano, sur un poème de Paul Verlaine
1904, Humoresques, d'après Paul Verlaine et Robert Schumann), pour piano
1904-1905, Dans la montagne, 4 mouvements de suite, pour violon et piano (révision 1933)
1906, Jubilate Deo omnis terra, à 4 voix
1907, Musique de scène pour « La cathédrale », pièce en deux actes de Roger Frène et Henri Bourjade
1907 ; Chants populaires de Haute-Auvergne et Haut-Quercy, (2 séries) pour chant et piano
1908, Ballade familière du grillon captif, pour chant et piano, sur un poème de L. Espinasse-Mongenet
1909, Eglogue d'automne, pour chant et orchestre (aussi pour chant et piano)
1910-1912, Vers la princesse lointaine, poème symphonique d'après Edmond Rostand
1910-1913, Le Mas, opéra sur un livret de Canteloube, créé à l'Opéra de Paris le 3 avril 1929
1913, Au printemps, poème lyrique pour chant et orchestre, sur un poème de M. Teyte (aussi pour chant et piano)
1914, Triptyque, pour chant et orchestre, sur des poèmes de R. Frêne (« Offrande à l'été », « Lunaire », « Hymne dans l'aurore »
1917, Le bal, pour piano
1918, 1937-1938, Poème, pour violon et orchestre
1918-1922, L'Arada (la Terre), 6 romances avec piano, sur des poèmes d' A. Perbosc
1919, Bourée Auvergnate, pour violoncelle et alto
1923, Als Catalans (Aux Catalans), Hymne pour chœur mixte a cappella, à 6 voix, sur un poème de A. Perbosc
1923-1929, Le chant des Auvergnats, pour chant et piano, sur un poème de C. Gandilhon
1923-1955, Chants d'Auvergne, pour chant et orchestre [5 volumes]
1924-1926, Les Noces d'émeraude ( Mademoiselle Chiffon ), operetta, en trois actes sur un livret de L. Xanroff et J. Blottière, d'après J. Bouvelet et J. Marteaux)
1925, La conversion de Circée, pour chant et piano, sur un poème de M. Privat
1926, Chants religieux de Haute-Auvergne, pour chant et piano
1926, Pastorale roumaine, pour chant et orchestre (aussi pou chant et piano)
1927, Cinq chants paysans, pour chœur mixte a cappella
1927, La chanson des sept pays, pour chant et piano, sur un poème de Gandilhon.
1927, Vocalise étude en forme de bourrée, pour chant et piano (plusieurs arrangements)
1927-1929, 6 danses roumaines, pour piano
1927-1957, Cartacálha, opéra en 3 actes et 8 tableaux, sur un livret de L. Xanroff, d'après J. Toussaint-Samat
1928, 1934, 1947, Chants paysans de Haute-Auvergne, (3 volumes), à 4 voix ou 3 avec piano, ou 1 voix et piano.
1928, Ozeral, Nostalgie, Martina, d'après les « Les noces d'émeraude », pour orchestre
1929, 3 chansons de France, à 3 voix égales
1929, 5 chants religieux de Haute-Auvergne
1929, Lauriers, 3 pièces pour orchestre ( « Aux prairies », « A la mémoire d'un ami », « A la bourrée »)
1929, Refrain du 32e Régiment d'artillerie, pour piano
1930-1932, Vercingétorix, opéra sur un livret de Étienne Clémentel et J.-H. Louwyck, créé à l'Opéra de Paris le 26 juin 1933
1931, Nouveaux chants paysans, pour chœur mixte a cappella
1932, L'aïo de roso, pour clavecin
1933, Chansons galantes du XVIIIe siècle, pour quatuor vocal mixte et et clavecin.
1934, Hymne des Gaules, pour chant et piano, sur un poème de P. Lebègue
1934, Le Mas, suite symphonique
1934-1935, Pièces françaises, 4 pièces pour piano et orchestre
1934-1935, Pièces françaises, pour piano et orchestre ( « Chanson », « Nocturne », « Divertissement » )
1935, Chants paysans (3 séries) pour chœur mixte
1935 ; Chansons galantes (2 séries)
1937, Jeanne en chantant, pour voix et 8 ondes martenot
1937, Le visage de la France, pour chœur de femmes, 2 pianos et 4 ondes Martenot
1937, Prélude, pour 2 pianos
1937, Souvenir, pour 2 pianos
1937, Poème pour violon et orchestre
1939, Chants des terroirs français, 12 chœurs pour voix égales
1939, L'amicale de chez nous, pour chant et piano, sur un poème de M. Cayla
1939, Les bourrées d'Auvergne, pour piano
1939, Les cygnes, sur un poème de E. Dousset, pour 3 voix de femmes et piano
1939-1940, Chants de France (2 séries), pour chœur à voix égales et orchestre.
1940, Druis podéros, sur un poème de Déodat de Séverac, pour 4 voix
1940, Rouergue, évocation radiophonique, voix, hatbois, 4 cordes, piano
1941, La complainte du temps présent, pour chant et piano sur un poème de H. Davoust (plusieurs arrangements)
1941, La marche de Saint-Eugène, sur un poème de (C. Gandilhon), 3vv, 1941
1943, La danse des treilles, pour piano
1945, Chansonnier alsacien, 70 chœurs pour voix égales
1946, Rustiques, pour hatubois, clarinette, basson
1946, Rustiques, Trio pour hautbois, clarinette et basson
1947, Chants de la Touraine
1947, Chants de l'Angoumois, pour chant et piano
1947, Chants de Touraine, pour chant et piano
1947, Chants des Pays Basques, pour chant et piano
1947, Chants du Languedoc, pour chant et piano
1948, Chants de France (2 volumes) (aussi pour 1 voix et piano)
1948, Noëls populaires français, pour chant et piano , 1948
1949, Indicatif, pour flûte, hautbois, clarinette, basson, harpe, quatuor à cordes
1949, Jeux pour une ombre (R. Cortat), 1949
1949, Le temps des cerises, sur un poème de Jean-Baptiste Clément), à 4 voix
1949, Noëls populaires français
1949-1950, Les danses bretonnes, pour piano (2 volumes)
1950, Chant béarnais, pour scie musicale
1950, Refrains des prés et des bois
1952, Il était un petit homme, pour voix
1952, Le chansonnier alsacien, pour 3 voix égales.
1952, Le chansonnier français, pour 3 voix égales.
1953, A cœur joie, à 4 voix
1953, Anthologie des chants populaires Franco-Canadiens, à 4 voix
1954, Noëls d'Europe
1954, Noëls d'Europe, voix mixtes
1955, Le tour du monde des petits chanteurs à la croix de bois
1955, Le mystère de Monsieur Saint-Amable, d'après le « Mystère de la Passion » d'A. Gréban, pôur voix solistes et chœur
1955, Ninina, la mia diletta (berceuse corse), pour piano
1955-1956, Oda nova a Barcelona, sur un poème de J. Maragall, pour voix et orchestre de cobla
1956, Petite suite pour Sylvie, pour chant et piano sur un poème de R. Cortat
1956, Quarts de soir, sur un poème de S. Moreux, pour 3 voix de femme
s.d., Les chants des terroirs français, pour voix égales
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Joseph Canteloube
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