Forum sur la musique classique
 
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 Chow Ching Lie

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joachim
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MessageSujet: Chow Ching Lie   Mer 19 Aoû - 15:18

Chow Ching Lie (周勤丽) : écrivain, pianiste et femme d'affaires chinoise née en 1936 à Shanghai, en Chine. Ses amis l'appellent Julie, transformation de son prénom Ching Lie que lui a donné son professeur d'anglais à l'école sino-occidentale Mac Intyre.

Née dans une famille chinoise très pauvre. Elle est la fille de Chow Wei Hi, un enseignant qui fera carrière (et fortune) dans les affaires, et de Tsong Haï (paysanne sans instruction, fiancée à l'âge se quatre ans et mariée à seize) qui vivra toute sa vie dans la hantise de la misère. Chow Ching Lie occupe le troisième rang de sa fratrie, entre un frère Ching Son de six ans son aîné, et une sœur Ching Lin, sa cadette d'un an. Suivent dans l'ordre le garçon Ching Tsen et enfin la benjamine, Ching Chin, sa puinée de dix ans.
Son père se prive pour elle et la scolarise à l'école sino-occidentale Mac Intyre où, suite à un prêche du pasteur, sa sœur et elle se convertissent à la religion protestante en cachette de leurs parents. Elle sera ainsi au carrefour de deux religions : le boudhisme et la religion protestante.

Chow Ching Lie vit le drame de la femme chinoise ainsi que son asservissement séculaire jusqu'au milieu du XXe siècle passant du joug de ses parents auxquels elle doit une obéissance stricte à celui de son mari et surtout de sa belle-mère dont, après son mariage, elle devient la servante : « Dans le lit, femme et mari. Hors du lit, maître et servante. (Proverbe Chinois). ».
C'est dans cette ambiance que Chow Ching Lie , d'une exceptionnelle beauté, est choisie par le puissant Liu Pin San, alors la plus importante fortune de Shangai, pour son fils, le maladif Liu Yu Wang atteint d'une cardiopathie congénitale aggravée par un rhumatisme articulaire aigu contracté à l'âge de dix-sept ans. Trop jeune pour se marier, Chow Ching Lie est fiancée de force, le 28 octobre 1949, à l'âge de treize ans, au fils Liu qu'elle épousera l'année suivante.
Enfant dans une Chine féodale, Chow Ching Lie se marie le 3 janvier 1950, par obéissance à ses parents, sous la contrainte et sans amour. L'année même où la Chine s'apprête à franchir d'un seul coup plusieurs siècles.

Peu à peu, les attentions persévérantes d’un homme profondément amoureux la désarment. Elle l’accepte comme mari. Les deux enfants qu’elle lui donnera deviendront sa raison de vivre. Elle accouche du premier le 11 septembre 1950, l'année du Tigre, à l'âge de quatorze ans. C’est un fils qu'on appela Liu Sun Po, de son prénom occidental Paul. Au mois de décembre 1955, elle donne le jour à sa fille Liu Sun Lin, plus tard prénommée Juliette. Chaw Ching Lie a 19 ans.
Sa vie est rythmée par les convulsions de la Chine. Elle n'est âgée que d'un an lorsqu'éclate, en 1937, la guerre sino-japonaise. Elle vit la guerre civile (Mao Tsé-toung / Tchang Kaï-chek), la Libération, les « Cent Fleurs, le Grand Bond en Avant.
À la fin de l'année 1959, le mal qui terrasse son mari devient irréparable. Il part avec son fils Paul pour être soigné à Hong Kong où ses parents résident désormais. Le 1er octobre 1962, Chow Ching Lie décide de le rejoindre avec sa fille Juliette. Malgré tous les soins qui lui sont prodigués, Liu Yu Wang décède le 3 octobre 1962, treize ans après son mariage. Il laisse sa femme de 26 ans seule, en charge de ses deux enfants.
Elle tombe dans la pauvreté, donnant des leçons de piano à des enfants pour survivre et nourrir ses deux enfants, sa seule raison de vivre.
Elle se consacrera désormais à la musique.


Carrière

Chow Ching Lie découvre l’enchantement de la musique à l’âge de six ans, lorsqu’à la fête de l’école, une élève de la section secondaire s’assoit devant un piano pour donner un petit récital. Bien que peu argenté, son père lui loue un piano et lui fait donner des leçons, en charge pour elle d’enseigner ensuite sa sœur Ching Lin.
À l'école secondaire sino-occidentale Mac Intyre où elle rentre à l'âge de dix ans, elle accorde une place privilégiée à la musique et au piano. Elle fait des progrès rapides sous l'égide de son professeur, et joue, sous les applaudissements et pour la première fois devant un public, « l'Alouette » de Glinka au concert annuel de l'école.
En 1947, Chow Ching Lie participe au concours de piano du cours Mac Intyre. S'y affrontent toutes les écoles de Shangaï devant un jury composé de professeurs du Conservatoire. Elle remporte le Deuxième Prix avec un Impromptu de Chopin et la sonate au clair de lune de Beethoven. Son professeur d'école,Mlle Ling, conseille alors Chow Wei Hi d'inscrire sa fille au Conservatoire de Shangaï. Peine perdue. Sa mère s'y oppose.

Mari amoureux et attentionné, Liu Yu Wang lui permet de poursuivre dans la voie pianistique. Elle travaille sous la direction de Siang et donne son premier concert en public dans l'appartement de son Maître et en présence de Fang, directeur du Conservatoire de Shangaï. Elle interprète un des concertos de Rachmaninof qui lui ouvre les portes du Conservatoire. Elle y entre à l'âge de 18 ans, d'abord en tant que remplaçante puis comme titulaire avec le titre d'assistante, « artiste d'État », « Ingénieur des âmes ».
Fang souhaite que cette nouvelle recrue devint concertiste. Il confie à Louise Wou le soin d'assurer sa formation. Malheureusement Wou est plus préoccupée de sa carrière que de celle de son élève.
Le Professeur Chen pressentant en elle une artiste de talent, la prend sous son aile protectrice et donne à Chow l'assurance qui lui manque. Il lui fait interpréter, en public, le concerto de Mendelsson. C'est le début du succès et d'une carrière de soliste.
Deux ans après le décès de son mari, Chow Ching Lie décide de parfaire sa formation auprès de Marguerite Long dont elle rejoint le cours en 1965. Le décès de cette dernière, en 1966, met un terme à leur collaboration.

Sur les conseils de son amie Morya Ray, première violoniste de l’orchestre symphonique de Hong Kong, elle tente sa chance en France. Artiste et virtuose, elle voit alors s'ouvrir à elle une carrière internationale.
En 1968, elle retourne chercher ses enfants chez ses beaux parents à Hong Kong pour les amener à Paris
Elle décide de se mettre au piano à titre professionnel à l'âge de 40 ans. En 1973 elle interprète au Théâtre des Champs Élysées le Concerto pour Piano et Orchestre dit du Fleuve Jaune, œuvre du compositeur chinois Shi Shin Hai. On ne pouvait manquer de remarquer la présence de Son Excellence Tseng Tao, ambassadeur de Chine Populaire en France, entouré de compatriotes pour écouter l"enfant du pays.
À côté de cette activité de concertiste, elle enseigne et forme de futurs pianistes.
Elle réside en France depuis 40 ans.
On peut dire de cette femme humble et persévérante qu'elle a vécu un enfer : « Dès qu'elle sait parler, on l'oriente [la femme chinoise] vers une destinée de soumission en lui apprenant à dire « oui» sur le ton humble qui sied aux femmes. Marcel Granet». C'est précisément cette destinée que Mao Tsé-toung veut renverser. Il répond: « Les femmes portent sur les épaules la moitié du ciel et elles doivent la conquérir. ».


Œuvres littéraires

Le Palanquin des larmes (un récit autobiographie recueilli par Georges Walter, 1975)
Concerto du fleuve Jaune (1979), la suite du Palanquin des larmes
Dans la main de Bouddha (2001)
Il n'y a pas d'impasse sous le ciel (2004) « Dans ce livre, j'ai voulu offrir à tous les secrets de ma vie. Chaque passage de mon existence est illustré par la maxime bouddhiste qui m'a permis de rebondir et de transformer une situation difficile en un événement positif. Les lecteurs pourront ainsi puiser mille et un conseils qui les aideront en toutes situations. » (Chow Ching Lie).
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joachim
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Sam 9 Fév - 19:56




Source : http://www.ambafrance-cn.org/Interview-du-mois-septembre-2007-Chow-Ching-Lie.html

Née à Shanghai à l’époque des concessions, virtuose du piano, Chow Ching Lie devenue auteur à succès grâce à son « Palanquin des Larmes », a choisi de se réinstaller dans sa ville natale.

Chow Ching Lie
Quel souvenir gardez-vous de votre jeunesse ?


Je me suis mariée fin 1949, juste avant la promulgation de la loi interdisant les mariages arrangés alors que j’aspirais à être une jeune fille libre. D’où le sentiment d’avoir perdu tout contrôle de ma propre existence.

Pourquoi avoir choisi la France comme terre d’exil en 1962 ?

Mon professeur de piano qui avait été l’élève de Marguerite Long à Paris, m’a recommandé de suivre ses cours. Je venais de perdre mon mari, et devais subvenir aux besoins de mes deux enfants. Ce fut donc avec l’assentiment de mes beaux-parents que j’ai quitté Hong-Kong pour la France.

Quels défis avez-vous dû relever ?

Grâce à un travail acharné, j’ai remporté en huit mois le premier prix du concours de piano de l’Académie privée de Marguerite Long. J’ai suivi les cours de l’Alliance Française pendant quelque temps. Mes revenus de pianiste étant insuffisants, j’importais des articles de Hong-Kong que je revendais en faisant du porte à porte. Ma vie était toute entière consacrée à ma famille, et au travail. Je n’avais aucun loisir, mais mes parents, issus d’un milieu modeste, avaient consenti de gros sacrifices pour mon éducation, et il était de mon devoir de les aider.

Quelles circonstances vous ont amenée à publier votre premier ouvrage ?

J’ai commencé à écrire pour évacuer les souffrances accumulées. Les premiers éditeurs contactés à Hongkong et aux Etats-Unis ont refusé mon manuscrit. En 1973, je jouais au théâtre des Champs Elysées à Paris, le « Concerto du Fleuve Jaune ». C’était la première fois qu’une pianiste chinoise se produisait sur cette scène. Je fus rappelée 7 fois ! Beaucoup de journalistes étaient présents, notamment Georges Walter qui m’introduisit auprès de Robert Laffont. Celui-ci accepta de publier mes écrits. Il me présenta à Joseph Kessel, qui proposa de rédiger la préface du Palanquin des Larmes. Vingt millions d’exemplaires de la version française ont été vendus, après plusieurs rééditions, et une vingtaine de traductions ont été réalisées.

Parlez-nous de votre retour à Shanghai.

Je suis d’abord revenue à Canton en 1970, puis à Shanghai 2-3 ans après. Lors d’une courte visite à mes parents qui venaient de prendre leur retraite, j’ai été frappée par leurs conditions de vie difficiles. Ce sont aujourd’hui mes enfants installés à Shanghai qui m’ont incitée à y revenir.

Comment s’organise votre vie ?

J’ai gardé de nombreuses relations en France, où je retourne régulièrement et où je me produis pour de bonnes causes, telles la recherche contre le cancer, la construction d’écoles dans les pays en voie de développement, et la restauration de monuments historiques. Les changements intervenus en Chine pendant toutes ces années ont contribué à me couper de mes racines. Shanghai ne ressemble en rien à la ville de mon enfance, les conditions de vie y sont bien meilleures. De grands progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines. J’ai perdu de vue la plupart de mes amis d’alors, d’où l’impression de découvrir une ville entièrement nouvelle.

Vous avez été professeur de piano. Parlez nous de vos anciens élèves.

Trois d’entre eux réalisent de brillantes carrières internationales : Xu Zhong dirige l’Orchestre philharmonique de Shanghai ; Yue Zhang est Premier Violon à l’Orchestre de l’Opéra de la Bastille ; et Fong Yin, diplômé du Conservatoire national de Paris, vit aux Etats-Unis.

La musique et la littérature ont joué un rôle important dans votre vie . Vous sentez-vous plus attirée par l’une que par l’autre ?

J’ai consacré plus de temps à la musique qu’à la littérature. Cette dernière est plutôt le fruit des circonstances, mais elle m’a donné l’occasion de mettre des mots sur des émotions. Mon dernier livre, est un message d’espoir : j’ai vécu des périodes difficiles, et je voudrais que tous ceux qui vivent de tels moments se sentent encouragés et soutenus. Tous mes droits d’auteur sont intégralement reversés à des œuvres caritatives.

Interview réalisée par Cécile MATHOU

Je me demande pourquoi on ne trouve aucun enregistrement de Chow Ching Lie, pas même le concerto du fleuve jaune
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joachim
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Sam 9 Fév - 20:03

Extrait de "Dans la main de Bouddha", son avant dernier livre (2001). Ou comme quoi bouddhisme et christianisme sont loin d'être incompatibles Wink

« Les invités qui entrent pour la première fois dans mon appartement ne manquent pas de lever bien haut les sourcils lorsqu’ils voient, sur l’autel toujours fleuri où j’ai placé la statue de ma chère Bouddha Kuan Yin, une autre statue, celle de la Vierge de Lourdes. J’ai une vénération particulière pour Notre Dame. Je l’ai rencontrée, si j’ose dire, voilà bien des années, alors que je me rendais en Espagne avec des amis, pour quelques jours de vacances. Nous passions par Lourdes. J’insistai pour m’y arrêter. J’avais entendu parler des visions de la petite bergère Bernadette et des miracles qui s’y accomplissaient. J’étais curieuse de voir la grotte, mais je ne m’attendais pas à ressentir une émotion particulière. Pourtant, devant la statue de Notre Dame, ma gorge se serra. Son visage si doux me remplit à la fois de joie et de chagrin. J’éprouvai le besoin de prier à ses pieds comme je l’aurais fait devant Bouddha Kuan Yin.

Autour de moi, d’autres personnes étaient abîmées dans leurs dévotions, attendant de la Vierge une consolation. Envahie par la pitié, je me joignis à elles. Je ne connaissais pas les mots des chrétiens, je priais avec ceux des bouddhistes, tout particulièrement pour les enfants infirmes, paralysés, ligotés dans leur petite voiture. En voyant ces malheureux, je songeai à ma chance d’avoir de beaux enfants, sains de corps et d’esprit. Devant tant de misère, j’hésitais presque à demander une faveur pour moi-même. Puis j’osai. Notre Dame était mère elle aussi. Elle pouvait me comprendre. Je la suppliai de tout mon cœur pour que ma belle-famille me rende mon fils qui, en ce temps-là, grandissait loin de moi à Hong Kong, et je déposai à ses pieds un gros bouquet de fleurs roses et blanches.

Lorsque je me relevai enfin, je me sentis enveloppée par un parfum que je connaissais bien. Non pas celui des fleurs qui s’amoncelaient aux alentours, mais celui du bois de santal que l’on brûle dans nos temples. Il n’y a pas de bois de santal à Lourdes. Le parfum pourtant persistait, il s’amplifiait, me suivait. Les amis qui m’accompagnaient le percevaient eux aussi. Etait-ce un signe que la Vierge avait entendu ma prière ? Pouvais-je croire au miracle ? J’eus la réponse en rentrant chez moi quelques jours plus tard. Je trouvai au courrier une lettre de ma belle-famille m’annonçant la décision de laisser Paul me rejoindre en France. »
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Dim 10 Fév - 16:39

Intéressant! Sacrée bonne femme! Chapeau
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joachim
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Dim 11 Mai - 19:54

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laudec

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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Dim 11 Mai - 20:53

Belle personne ! 

Joachim a écrit:
Ou comme quoi bouddhisme et christianisme sont loin d'être incompatibles
Pour moi ce ne sont que des prénoms  Wink 
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joachim
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   Sam 13 Mai - 16:38

Il est rare de trouver des enregistrements de cette pianiste :



https://www.youtube.com/watch?v=-Gs4Q4CrVyA
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MessageSujet: Re: Chow Ching Lie   

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Chow Ching Lie
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