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 Ennio Morricone, né en 1928

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laudec



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Mar 10 Sep - 21:29

Ce que je n'ai pas aimé d' E.M. c'est les "Esercizi"  
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Mer 11 Sep - 18:58

laudec a écrit:
Ce que je n'ai pas aimé d' E.M. c'est les "Esercizi"     
C'est une oeuvre de concert moins facile d'accès que certaines de ses musiques de film. Elle ne s'apprivoise pas lors d'une première écoute même si elle fait pourtant partie de ses oeuvres personnelles les plus accessibles. Essaie VIDI AQUAM dans un registre plus aquatique...Wink 
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Jeu 28 Nov - 13:16

L'Ultimo dei Corleonesi - Film de Alberto Negrin: 2007 - par l'orchestre "Roma Sinfonietta" - Trompette: Andrea di Mario -    
Partition particulièrement sombre et déprimante, mais comment pourrait-il en être autrement lorsque le film évoque la Cosa Nostra et son lot de meurtres. Si toutefois l'humeur si prête, on pénètre un monde musical intense et poignant, bénéficiant de combinaisons instrumentales attractives et singulières, de rythmes haletants et aux résonances faussement baroques. Morricone y démontre une nouvelle fois son sens pour le motif mélodique de quelques notes qui phagocyte aussitôt l'attention comme c'est le cas dès les premières mesures du tout premier extrait du cd, avant qu'un orgue solennel et funeste ne plante définitivement le décor.


La Ragion Pura - Film de Silvano Agosti: 2001 -   I love you 
Une partition plus nostaligue et romantique que la précédente, moins sombre et donc plus lumineuse, le sujet étant tout autre, on retrouve encore ce sens du motif mélodique astucieux de quelques notes, de ceux qui marquent irréversiblement l'esprit, sauf qu'ici, il est en quelque sorte le fil conducteur de toute la B.O., apparaissant tantôt par une trompette solo lointaine, un piano et même un violon dans une version plus rapide. C'est le motif de la nostalgie, du souvenir, avant l'émancipation lyrique du grand thème romantique et si caractéristique de la prose du compositeur transalpin...
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Lun 16 Déc - 19:02

J'aime toutes les musiques que Morricone composa lors de sa fructueuse collaboration avec le regretté Henri Verneuil. Peur sur la ville détient une place privilégiée dans mon coeur de mélomane. Une partition unique d'un musicien unique, inventive, atypique et fascinante...Cette musique, à la fois mélodique et très dissonante, semble tournoyer obsessionnellement, comme une spirale infernale, autour d'un battement de coeur. Le piano, la percussion, le sifflé humain, l'harmonica, le bugle, la trompette bouchée, les cuivres d'une ville la nuit, la basse, la voix lancinante et sensuelle d'Edda, y font bon ménage, balaie d'un coup de génie les clichés d'un genre éculé. Un coup de maître!    
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Mer 25 Déc - 20:19

Réécoute de la partition que Ennio Morricone composa pour le film (giallo) de Dario Argento; 4 Mouches de velours gris.

Le Film:

Quatre mouches de velours gris est un film italo-français de Dario Argento sorti le 21 juin 1973. Il clôt la Trilogie animalière de Dario Argento : en effet, les trois premiers films de Dario Argento comprennent dans leur titre une référence aux animaux.

Le musicien Roberto Tobias, suivi depuis plusieurs jours par un homme mystérieux, décide de le prendre en chasse. Au cours de la dispute qui suit leur rencontre, il le tue accidentellement et un inconnu masqué le prend en photo, l'arme du crime à la main. Cet inconnu va le harceler et le menacer, sans pour autant se livrer à un chantage. Sur les conseils de son ami Diomede, surnommé "Dio" (Dieudonné, surnommé Dieu dans la version française), il engage le détective privé Arrosio.


La musique de Morricone démarre par un thème qui est une sorte de rock psychédélique avec une utilisation étrange de la voix d'homme qui se limite à des cris et des râles. Le très beau thème de cette B.O. est mélodique. Il s'intitule "Come un Madrigale". Sur une pulsation rythmique similaire à des battements de choeur et des échos de violons, se développe une superbe mélodie. Outre un enchaînement un peu superficiel de thèmes plus subsidiaires et hétéroclites, la musique de Morricone devient plus expérimentale et s'articule autour d'une petite formation instrumentale. Elle est très caractéristique de ce qu'il composa pour le giallo dans les années 70. On peut même dire qu'il est à l'origine de cette approche qui semble jouer habilement entre musique écrite, aléatoire et parties plus improvisées développées à l'image. Toutefois, il ne s'agit pas de son meilleur effort dans ce registre. I love you I love you Le meilleur de son style giallo se trouve davantage du côté de L'oiseau au plumage de cristal (génial!) et Le chat à neuf queues, deux autres films réalisés par Dario Argento.


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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 27 Déc - 10:21

Le trésor des 4 couronnes est un film de Ferdinando Baldi en 3D, réalisé en 1981. La critique est assez négative, aussi bien envers le film, jugé pompier et ringard - une sorte de sous-Indiana Jones plutôt risible mais qui se laisse cependant regarder avec un plaisir coupable - qu'envers la participation musicale d'Ennio Morricone. N'ayant pas vu le film et n'ayant d'ailleurs pas forcément envie de le voir, je préfère l'aventure abstraite que me propose la musique. qui, il est vrai, n'est pas la plus inspirée du maître romain.

Le synopsis:

Quatre couronnes du temps des Wisigoths sont dites renfermer, au sein d’une coupole d’or qui les orne, le secret du Bien et du Mal, le secret du Pouvoir. L’une des coupoles a été maladroitement détruite par le cupide possesseur de la première couronne. La deuxième est dans un musée, entre les mains semble-t-il honorables d’un professeur madrilène. Les dernières entre celles, assurément horifiques, de Frère Jonas, un louche individu au passé non sans tache, devenu le chef idolâtré d’une secte religieuse retranchée dans une forteresse pyrénéenne.

= Bande annonce

Tout ça a l'air bien rigolo. Hehe  Pour apprécier la musique de Morricone, vaut sans doute mieux que j'évite ce cinéma car celle-ci renferme quelques bons moments si on veut bien lui accorder une écoute pour elle-même. On s'apercevra alors que d'un point-de-vue purement musical, on peut y trouver un peu de plaisir. Le thème principal annonce, quelques années en avance, celui qui illumine les victoires d'Elliot Ness sur Al Capone dans Les Incorruptibles, film pour lequel Morricone a livré une musique de grande classe. Sauf que dans Le Trésor des 4 couronnes, il y a les choeurs en plus et l'efficacité en moins. Il y en a d'ailleurs une version lente, beaucoup moins pompeuse et beaucoup plus charmante qui permet de mieux saisir la beauté de la mélodie. Les moments d'action et de tension bénéficent quand même de très bons effets rythmiques et timbriques, avec des "échelles" telles que l'on en entend déjà dans L'oiseau au plumage de cristal, mais dans un contexte plus symphonique. Assez Saisissants. D'autres ambiances un peu inquiétantes avec choeur d'hommes et clarinettes dissonantes m'évoquent aussi, sous certains aspects, ce qu'il a pu composer de semblable dans Sahara et L'Exorciste II. A deux reprises, les imitations de cris d'animaux étranges produisent leur effet et s'intègrent parfaitement bien dans la partition d'Ennio Morricone dont l'homogénéité sera brisée par des "interludes de musique légère qui semblent s'extirper d'une comédie improbable. Pas si mal mais pas forcément incontournable non plus.  I love you  I love you


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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Jeu 2 Jan - 9:06

Deux B.O. extraordinaires d'Ennio Morricone:

La première fut composée en 1967 pour le Western de Sergio Sollima La Resa dei Conti (The Big Gundown) qui met en scène parmi les rôles principaux Lee Van Cleef , Tomas Milian et José Torres. Si je n'ai toujours pas vu ce film, la musique de Morricone arrache tout sur son passage!     

La seconde fut composée vers la fin des années 80, entre 1986 et 1987 pour être plus précis, pour le brillant film de Brian De Palma Les Incorruptibles (The Untouchables). Fracassant, plus encore dans sa version "complète" parue récemment. Morricone composera d'ailleurs deux autres magnifiques partitions pour le cinéma de De Palma, Outrages et Mission to Mars qui est sûrement l'une de ses toutes meilleures prestations pour le Septième Art.    
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laudec



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 31 Jan - 14:00

Je viens d'entendre qu' Ennio Morricone sera a Bercy le 4 février  Wink 
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Oboezh



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 31 Jan - 15:01

J'ai entendu ça aussi... (mais je l'ai entendu hier ! :p)
(Europe 1)
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 31 Jan - 20:15


Oui, je l'ai appris, il y a plusieurs mois déjà, par des affiches dans le métro. Je ne pourrai pas y aller, dommage car ce sera très probablement son ultime concert dans la capitale française. Paraît-il qu'il y en aura un prochainement dans les Arènes de Nîmes. Affaire à suivre.

Sinon, la dernière partition que j'ai écoutée de lui et que j'ai adorée, est LOLITA, pour un film d'Adriane Lyne.   
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Jeu 6 Fév - 9:52

J'ai eu pour le moment de très bons retours du concert de Bercy et, paraît-il, que l'acoustique de cette salle ne fut pas si mauvaise que ça. Le programme était plus ou moins le même que ce que je connaissais déjà au travers d'autres concerts précédents, à l'exception de son thème très populaire CHI MAÏ, devenu célèbre dans le film de Georges Lautner, LE PROFESSIONNEL, et qu'il semble réserver à son public français. Personnellement, j'aurais aimé qu'il réalise une suite-hommage tirée de sa collaboration avec Francis Girod; LA BANQUIERE, notamment le superbe thème "Dédicace" qu'il a spécialement composé pour Romy Schneider, LE TRIO INFERNAL et RENE LA CANNE. J'aurais aimé qu'il y joue le magnifique final de I COMME ICARE, film d'Henri Verneuil ainsi que celui d'un romantisme exacerbé et si somptueux qu'il composa pour le film de Samuel Füller; LES VOLEURS DE LA NUIT. En fait, il y a chez ce compositeur tellement de choses exploitables en concert que je suis toujours frustré d'apprendre qu'il joue toujours plus ou moins les mêmes titres...ce n'est, certes, pas toujours vrai et il a bien joué à l'étranger, sous forme de suites, BAARIA, MARCO POLO, ATAME!, KAROL (en Pologne), LA CITE DE LA JOIE, MUSASHI (Japon)...J'imagine aisément ce qu'une suite de LA BATAILLE DE ST-SEBASTIEN (western d'Henri Verneuil) pourrait créer comme sensations dans une salle de concert. J'en frissonne rien qu'en y pensant. En attendant un tel miracle, je me suis réécouté deux superbes partitions; LOLITA, un film d'Adrian Lyne, et BUTTERFLY, un film de Matt Cimber.


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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Jeu 6 Fév - 9:58

Pour plus de renseignement sur le film LOLITA d'Adrian Lyne, cliquer:

= ici


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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Jeu 6 Fév - 10:13

= ici

Pour en savoir plus sur BUTTERFLY, ce film de Matt Cimber avec Pia Zadora, Orson Welles et Stacy Keach, il y a cette petite critique ci-dessus: Cliquer sur ICI.

C'est aussi une histoire de Lolita, si bien que lorsque j'ai écouté sa partition pour le LOLITA d'Adrian Lyne, j'ai eu envie de réécouter BUTTERFLY. Ces deux musiques ne se ressemblent pas dans l'absolu, que ce soit dans les mélodies et les orchestrations - Dans BUTTERFLY, Morricone donne un rôle très particulier et majeur à la harpe, Dans LOLITA, c'est davantage l'harmonica de verre qui participe à créer un véritable climat - mais elles sont, chacune à leur manière, empruntes de féminité, de fragilité, de trouble. Une beauté singulière les unit quelque-part, une impression qui n'est pas facile à définir avec des mots...vénéneuses, c'est peut-être l'adjectif qui conviendrait pour définir ce qui unit, selon moi, ces deux musiques "lolitiennes"... troublantes et porteuses d'un drame sournois qui maintient en permanence une certaine tension, intensité...
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Lun 10 Fév - 19:51


Je suis embêté car la partition avec soprano, choeur et orchestre que Ennio Morricone écrivit pour le dernier film de Giuliano Montaldo en 2008, Les Démons de Saint-Petersbourg et qui vient de paraître en cd, risque d'être introuvable en magasin. Jugée magnifique et complètement inédite, si je veux l'acquérir, il va me falloir passer par internet, ce que j'ai toujours refusé de faire jusqu'à présent, par peur du piratage de mes données banquaires. Je ne sais pas ce que je vais faire.  Crying or Very sad 
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 21 Fév - 10:27


Ennio Morricone a très peu prêté son talent au cinéma d'animation, cependant, ce qu'il composa pour AIDA, Degli Alberti, film de Guido Manuli dont l'histoire est librement inspirée de l'opéra "AIDA" de Giuseppe Verdi propose une musique colorée, vivante, très riche en émotions diverses. N'y décelant aucune référence ni filiation (flagrante) avec l'oeuvre de Verdi, la partition de Morricone se constitue de parties un peu sucrées, comme la chanson principale qui ouvre l'album dans la langue de Rossini et le referme dans celle d'Elgar, à des parties plus "naturalistiques"...je pense immédiatement au génial "Foresta incantata" qui provient en réalité d'une précédente composition d'Ennio Morricone, restée longtemps inédite en cd, pour le film de Franco et Sergio Citti Cartoni Animati et qui trouve au sein d'AIDA un nouvel essor. Ce morceau de musique est une superbe page de poésie sonore de laquelle se déplie une irrésistible mélodie jouée au cor solo. Il y a aussi une chanson très ironique, savoureusement grotesque, puis sa version instrumentale, d'autres morceaux joyeux, des moments plus romantiques et de douce mélancolie, des passages d'action et d'autres d'une certaine gravité, avec toute l'intensité et la rigueur propres au compositeur: on remarquera un brillant usage des cuivres et un emploi efficace et pertinent des choeurs. Le final sera plus épique et fort émouvant. Une merveilleuse ballade musicale dans le monde féérique des enfants.     
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Ven 4 Avr - 10:10

Hier, j'ai réécouté trois partitions composées pour le cinéma et la télévision italiens. Beaucoup de films italiens traitèrent de la mafia, notamment les plus tristement célèbres, la Camorra (mafia napolitaine) et surtout la Cosa Nostra (mafia sicilienne). Le plus célèbre film réalisé sur ce sujet reste sans aucun doute Le Parrain de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, sur une très belle partition de Nino Rota.

La Scorta (L'Escorte) de Ricky Tognazzi (1993) met principalement en scène les escortes qui sont chargées de protéger, souvent au prix de leur vie, les juges anti-mafia de Palerme. Dans cette intrigue continuellement sous tension et terriblement stressante, Ennio Morricone composa une musique particulièrement tendue et angoissante qui sert, par ailleurs, admirablement bien le film de Ricky Tognazzi. En dehors d'incontestables qualités fonctionnelles, il en ressort deux thèmes formidables; un générique-début nerveux, dramatique et percutant qui s'articule autour d'une construction rythmique typiquement morriconienne, et un générique-fin sous la forme d'un grand lamento poignant et étiré, qui sonne à mes oreilles comme l'Elégie du désespoir.      I love you 

Le Long Silence (1993) est un film de Margarethe von Trotta avec Carla Gravina et Jacques Perrin. C'est l'unique fois où cette réalisatrice collabora avec Ennio Morricone. Le sujet relate l'histoire d'une jeune femme, Carla (Gravina), épouse du juge Canova, qui décide, au risque de sa vie, de prendre position contre la mafia italienne qui fait régner la peur et la corruption dans le but de contrôler le système judiciaire du pays. La partition d'Ennio Morricone s'articule autour de trois thèmes principaux. L'un est purement introductif avec soprano, orchestre électrisant et rythmes pop, apportant presque un prologue (et épilogue) surréaliste à ce drame couru d'avance. Le second thème majeur de cette B.O. est de facture plus classique et invite les choeurs. Il s'intitule "Mort d'un Magistrat". Solennel et grave, il s'impose nettement comme le grand moment d'émotion de la partition. Le troisième thème illustre très probablement la détermination de la jeune femme ainsi que son caractère d'investigation. J' en aime beaucoup la construction mélodique portée avec témérité par la flûte solo. Nombre de passages plus climatiques et tendus instaurent de l'angoisse et du tourment, parfaitement adaptés au contexte filmique.    

Après deux partitions aussi sombres et pessimistes que La Scorta et Il Lungo Silenzio, j'avais davantage besoin de lumineux, d'optimisme, et je me suis dit alors que la partition qu'Ennio Morricone composa pour le film sportif de Stefano Reali; Una Storia Italiana serait un idéal.

L'histoire: Le film raconte les exploits des frères Abbagnale, la meilleure équipe de toute l'histoire de l'aviron en Italie. Giuliano et Angelo sont deux frères de Castellammare di Stabia , une ville au bord de la mer. Son oncle, le Dr. Vittorio, amoureux de l'aviron, essaie de transmettre cette passion aux deux petits-enfants. Son père, Peter, est très déçu lorsqu'il apprend que ses deux fils s'entichent de ce sport parce qu'il aurait préféré les voir étudier afin d'obtenir une vie meilleure que la sienne. Un compromis est alors trouvé entre le Père et l'oncle sur ce point. Au cours de cette nouvelle activité, les deux garçons finissent par considérer leur oncle comme un père, ce qui finit par déclencher la jalousie du véritable père. Avec l'aide de sa mère, Teresa, cette situation de famille trouve un peu de répit. Pendant ce temps, Giuliano et Angelo sont encouragés à continuer grâce à leurs nombreuses victoires sportives.]

La musique d'Ennio Morricone est globalement mélodique. On y trouve d'ailleurs une certaine douceur lyrique par moment, notamment le thème qui porte le titre du film Una Storia Italiana. Celui des deux frères Due Fratelli les unit d'une profonde fraternité, toute italienne, par une magnifique mélodie et un traitement à la hauteur, si caractéristique du compositeur italien. Il y a toutefois au sein de la B.O. trois morceaux climatiques très dramatiques et contrastants, le dernier apportant une conclusion chaotique à l'album avec des cordes statiques et crispées sur un jeu aléatoire des percussions. Le grand thème du disque est Vittoria - Victoire qui prend sans doute ses racines dans le final de Mission tout en s'en détachant suffisamment pour ne devenir qu'une cousine éloignée. J'aime beaucoup la construction progressive de ce morceau qui traduit l'effort, l'espoir, la volonté, la virilité et la victoire. Le développement rythmique y est complexe et les choeurs, dynamiques et vindicatifs. Une déclinaison de Vittoria est purement instrumentale. Les cordes se substituent aux choeurs, et, aujourd'hui, je trouve cette version aussi efficace que les autres. Le jeu sportif et incisif des cordes est saisissant! C'est marrant, en écoutant ce morceau, j'y ai ressenti une influence baroque. Et j'ai aimé ça!!      I love you
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Dim 6 Avr - 21:38

Nostromo - Roman de Joseph Conrad adapté au petit écran par le réalisateur britannique Alastair Reid en 1995, avec parmi les acteurs principaux Claudio Amendola. Ennio Morricone signa pour ce film une partition épique avec de grands thèmes lyriques, dont un, celui qui porte le titre du film, évoque nettement son travail sur Marco Polo de Giulano Montaldo. Le thème d'ouverture est super entraînant avec des crachouillis de flûte, une cadence qui évoque un peu un train, un motif récurrent, des cordes et des cuivres qui ponctuent avec incisivité la mécanique impeccable de cette "quasi-danse saccadée" "locomotivesque". Cette musique me projette alors dans une aventure pleine de rebondissements et d'émotions! Magnifique, un rêve musical!     

L'histoire de Nostromo: (Vikipédia)

L'action se passe au XIXème siècle dans un pays fictif d'Amérique du Sud, le Costaguana, et principalement dans la ville de Sulaco. Le cœur de l'intrigue de Nostromo est la mine d'argent de San Tomé dont hérite au début du roman Charles Gould, descendant d'une lignée d'Anglais expatriés au Costaguana. Désireux d'établir un règne de justice et de paix dans un pays troublé par des révolutions continuelles, Charles Gould consacre toute son énergie à la prospérité de la mine. Celle-ci semble garantie par le régime d'un président modéré, Ribiera, plus ou moins institué par Gould lui-même. Mais cette stabilité politique s'effondre avec la tentative de prise de pouvoir par les frères Montéro, hommes sans noblesse et brutaux. Après la défaite du parti blanco (parti des notables ralliés à Ribiera) devant Pedro Montéro, le pays tombe dans le chaos. Les notables de la ville confient alors le soin de mettre le trésor de la mine en sûreté à Nostromo, marin italien devenu capitaine des cargadores du port (dockers), accompagné de Martin Decoud, fils d'une famille aristocratique. Nostromo et Decoud parviennent à sauver le trésor du naufrage de leur barque et le cachent sur une île, la Grande Isabelle, sous la garde de Decoud. Nostromo, homme loyal et courageux, réalise par la suite le plan de Decoud : solliciter l'aide d'un général, Barrios, pour reconquérir Sulaco occupée par les partisans de Montéro et proclamer l'indépendance de Sulaco. Des années plus tard, nous retrouvons Sulaco, prospère et stable. C'est alors un second roman qui commence, centré sur la personnalité de Nostromo. Après le suicide de Decoud – dont le pessimisme n'a pas résisté à l'épreuve de la solitude sur la Grande Isabelle – Nostromo s'est emparé de l'argent de la mine. Esclave de son trésor, incapable de réaliser son amour pour une jeune fille, Gisèle, à la sœur de laquelle il est fiancé, Nostromo meurt, tué par leur père qui dans la nuit l'a confondu avec un prétendant indésirable.
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Anouchka



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MessageSujet: Morricone Ennio   Dim 27 Avr - 20:45

J'espère que je ne fais pas de bêtise, et que ce fil n'existe pas ailleurs, dans "compositeurs"...
Je pars dans deux minutes voir "un coeur en hiver" de Sautet sur Arte (avec Auteuil, Béart, Dussollier et Bourgine), qui se passe dans le milieu des luthiers (on en entend beaucoup parler, en ce moment !!).
Je reviens plus tard parler de Morricone, si je me suis trompée d'adresse, merci très chers administrateurs, de m'éclairer ou de me déplacer ailleurs ?
A bientôt !  Very Happy

Toujours utiliser la section "Rechercher" avant d'ouvrir un fil sur un compositeur.  Very Happy 
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Dim 27 Avr - 21:44


Attention, mon avatar c'est justement lui.  
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Anouchka



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Dim 27 Avr - 23:27

Re-coucou, et merci pour la rectif... Oui, j'ai mal cherché dans "rechercher"... (peut-être une mauvaise expérience sur certains forums où ça ne marchait pas). Je reconnaîs que la place est plutôt dans "compositeurs" que "musiques de films"... (et je n'avais cherché que sous cette rubrique, oh erreur !).
Je vais relire tranquillou ce joli fil, merci Icare (et ton avatar). Je le connaîs pas trop mal, quand même ! (mais pas en experte bien sûr).
Je vous raconte ma petite anecdote-témoignage : L'un de mes oncles m'a dit récemment qu'il avait son harmonica pour lui tenir compagnie pendant ses études à Paris. Ensuite, j'avais des images dans ma tête de garçon jouant de l'harmonica, avec un visage hallucinant de douleur, sans faire le rapport... Puis, il y a deux jours, j'ai fait un (très joli) rêve, et c'était Ennio Morricone qui mettait en musique mon film... et nous choisissions ensemble les thèmes. Je me suis réveillée étonnée, et j'ai immédiatement réalisé les connections harmonica-"Il était une fois dans l'Ouest"-Morricone...
Un peu étonnant, mais voilà.... J'ai vu beaucoup de films dont il a fait la musique (films que je connaîs relativement bien), j'ai deux ou trois anciens CD de lui..., et j'ai chanté "Il était une fois...", du temps de mon adolescence, il y a longtemps (le thème principal).
Et voilà, c'est l'envie d'une vraie redécouverte, et votre forum en est l'occasion..... Je pense que le fait de m'être inscrite, a un peu déclenché un réflexe de "repos" par rapport au classique dont je suis peut-être trop accroc... ainsi que le fait de chanter du Howard Goodall -compositeur contemporain anglais, qui compose pour des films et des séries BBC-, cf. fil "chorales et choristes"... Vive les déclics Hehe 
A bientôt...  Very Happy
P.S. : A noter que la musique des séries anglaises, de films comme la trilogie "le seigneur des anneaux", etc... est souvent méconnue, et les "bonus" des DVD sont à cet égard, très important (humble avis)..
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Dim 27 Avr - 23:34


Merci pour ce sympathique témoignage:



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Anouchka



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Dim 27 Avr - 23:36

Merci... Ca n'est pas gai, mais c'est beau...
OUPs ! Quand je vois le nombre de pages du fil, j'ai du boulot sur la planche........  Very Happy 
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Lun 28 Avr - 23:22

Ce soir, je viens de réécouter un album intitulé Ideato, scritto e diretto da Ennio Morricone, une compilation singulière qui réunit des musiques légères, très mélodieuses, agrémentées parfois de rythmes brésiliens, écrites pour différents films des années 70, des thèmes secondaires pour certains d'entre eux. C'est souvent enlevé et énergique, avec des voix, notamment celle, délicieuse, d'Edda Dell'Orso avec laquelle il collabora pendant très longtemps. Parfois dans un registre très sensuel, soit plus proche de la mélancolie, ou encore d'un lyrisme qui rend heureux, on accroche au mordant d'un piano martelant une cadence, à la sonorité dynamique d'un clavecin échappé de l'ère baroque, d'un basson solo plein de nostalgie, de cordes raffinées, le tout au service de mélodies plus merveilleuses les unes que les autres. 
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Anouchka



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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Lun 28 Avr - 23:55

Ce que tu écris est magnifique, cela me laisse rêveuse, et ravie : Je sens que ce compositeur, que je ne connaîs pas encore assez (sauf dans des musiques de films), t'enthousiasme, te rend heureux, et c'est vraiment... beau et si tu me permets, même lyrique. En plus, tu écris très bien, quel plaisir..à te lire, il ne me reste plus qu'à déguster tranquillement tout ce dont tu témoignes, tout ce que tu sais, tout ce que tu as écouté !
Voilà de l'exploration pour moi, et pour être "plus à l'écoute de notre Ennio Morricone", je vais tenter de délaisser mes "sirènes" habituelles ( Rolling Eyes ).
Pour faire un clin d'oeil à ce fil et à nos messages...
Hier, en sortant de la vision du film (très beau) de Claude Sautet, j'ai parlé à mon mari de cet échange, d'Ennio Morricone, de mon rêve, de tes réponses, du forum etc... Il m'a un peu "éblouie" en me citant tous les grands compositeurs de musiques de films !! Mon conjoint est fou de films, il a pas mal de bougies de plus que moi donc plus de cultures d'anciens films (grâce à ses parents aussi et à un vieux ciné de quartier niché XXème arrdt à Paris quand il était tout petit)... Alors, il m'a cité Francis Lay, Michel Legrand, Rotta, John Williams etc.. etc... Il a fini par aller voir sur Internet la liste des plus grands compositeurs de musiques de films, je crois qu'il y a beaucoup de français !
C'était bien sympa !! Il y a parfois des soirs, où je remballe ma "sainte Trinité" (Mozart-Bach-Beethoven), c'est beau, les échanges , MERCI !!!  
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Mar 29 Avr - 18:01

Les compositeurs qui se sont faits un nom en composant pour le cinéma sont nombreux en réalité. Les plus connus du grand public sont, outre Ennio Morricone, John Williams, Georges Delerue, Nino Rota, Michel Legrand, Maurice Jarre, Howard Shore, Bruno Coulais, Lalo Schifrin, Henri Mancini et Bernard Herrmann, à des degrés différents. Jerry Goldsmith, Miklos Rosza et Alex North à Hollywood, Pierre Jansen, Gabriel Yared et Antoine Duhamel en France, Alessandro Cicognini, Franco Piersanti en Italie, Toru Takemitsu au Japon, Alfred Schnittke en Russie, Eleni Karaindrou, Manos Hadjidakis et Mikis Theodorakis en Grèce, Jürgen Knieper et Peer Raben en Allemagne, Malcolm Arnold et John Barry en Angleterre, tous ont composé une oeuvre plus ou moins conséquente pour le Septième Art sans être aussi connu du grand public, en tout cas pour ces raisons. Tu trouveras ici un topic sur la plupart des compositeurs que je viens de citer et sur bien d'autres encore.

Pour en revenir à mon petit préféré, Ennio Morricone, je viens de me réécouter un album datant de la fin des années 70, L'Orchestra, la Voice réunissant des thèmes tous plus beaux les uns que les autres qui, bien qu'étant d'un style proche d'une variété instrumentale de qualité avec des constructions mélodiques solides et accrocheuses, mettent à l'épreuve la soprano Edda dell'Orso, dans un mélange assez subtil de sensualité et de virtuosité.  

Si tu souhaites découvrir un peu mieux ce compositeur, il faut savoir que c'est un artiste extrêmement polyvalent, qu'il y a chez lui beaucoup de grands écarts artistiques; tu peux ainsi aller d'une musique très "easy listining" et mélodieuse, telle que les deux albums que je viens de présenter; Ideato, scritto et diretto da Ennio Morricone et L'orchestra, la Voice à des oeuvres beaucoup plus complexes et ambitieuses, souvent atonales et touffues, que ce soit pour le cinéma ou pour le concert, ou encore par des formes musicales plus classiques, symphoniques et lyriques contrastant avec une musique de chambre et une musique de piano plus austères, parfois sérielles. Il a également composé de la musique plus aléatoire et expérimentale, pas forcément très accessible pour un néophyte, des partitions électro-acoustiques, la plupart du temps au service de l'image, de la musique religieuse, opératique, de la recherche improvisée et acoustique au sein d'un groupe d'improvisation et d'expérimentation italien que j'évoque dans une des pages de ce topic. Donc, n'hésite pas à me demander conseil car je connais très bien ce compositeur qui est pour moi la parfaite synthèse entre musique "légère" et musique "savante". Wink 

Voici un témoignage intéressant de Vincent Perrot, autre passionné de musique de film:

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MessageSujet: Re: Ennio Morricone, né en 1928   Aujourd'hui à 0:50

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Ennio Morricone, né en 1928
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