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 Claude Ballif (1924-2004)

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Snoopy
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MessageSujet: Claude Ballif (1924-2004)   Jeu 26 Oct - 22:08

Claude Ballif est un compositeur français né le 22 mai 1924 à Paris et mort le 24 juillet 2004 à Poissons (Haute Marne).

Son père était militaire et sa mère, issue d’une famille de maître de forge. Il grandit dans un milieu bourgeois. Il est le cinquième d’une fratrie de neuf enfants. Il débute ses études musicales avec le violon, à l’age de 6 ans. Les premières œuvres qui le marquent (il les possédait en disque) sont les trois écossaises de Chopin et surtout le Prélude à l’après midi d’un faune de Debussy. A l’age de 13 ans, il suit son père à Madagascar. Il y reste trois ans et rentre en 1940 à Bordeaux. Il s’inscrit deux ans plus tard, à 18 ans, au conservatoire : ses parents qui n’étaient pas particulièrement favorables à son choix de devenir musicien finissent par l’accepter. A 24 ans, deux ans après son premier opus, "Cendres", il entre au conservatoire de Paris où il étudie notamment avec Olivier Messiaen. Mais il ne s’y sent pas à l’aise : son caractère rebelle (qu’il conservera toute sa vie) le pousse à quitter de lui-même et sans diplôme cette institution. A 28 ans, il rencontre Freddy Goldbeck qui l'incite à demander une bourse D.D.A.D. pour achever ses études au conservatoire de Berlin : il l’obtient dans sa trentième année. Il achève pendant cette période de rédiger "L’introduction à la métatonalité". Il sort à 31 ans diplômé en composition du conservatoire de Berlin, ayant suivit les cours de Blacher et Rufer. Il obtient la même année le premier prix de composition du concours international de Genève pour "Lovecraft" et son "Premier quatuor à cordes". Il commence à suivre l’année suivante, et pendant trois ans, les cours d’été de Darmstadt, où il fréquente John Cage, Pierre Boulez, Luigi Nono et Karlheinz Stockhausen.

Il rencontre alors Jean Wahl et débute ses conférences au Collège Philosophique pour une durée de cinq ans. Il intègre parallèlement le GRM, dirigé par Pierre Schaeffer, où il compose entre autres ses premiers "Solfeggietti". A 39 ans, il est nommé professeur d’histoire de la musique et d’analyse à l’Ecole normale de musique. Il se marie avec Elisabeth, elle aussi fille de militaire, et quitte le GRM . Deux ans plus tard, il est nommé au conservatoire de Reims. Il fête ses 44 ans pendant les événements de mai 68. Il rencontre cette année-là Ivan Wyschnegradsky, sert de sujet à La revue musicale qui lui consacre un numéro et publie son ouvrage sur Berlioz.

Il est nommé à 47 ans professeur au CNSMD de Paris. Il obtient trois ans plus tard le prix Honegger pour sa symphonie "La vie du monde qui vient". Il débute à 52 ans, suite à des invitations, une série de voyage pour enseigner la composition dans les plus prestigieuses universités du monde (Harvard, Pékin…).

A 58 ans, il est nommé professeur associé de composition au CNSMD de Paris, poste qu'il conservera jusqu’à sa retraite. A 60 ans, il est le « compositeur de l’été » du Festival Estival de Paris et débute une série de résidence dans différentes villes. Il quitte le CNSMD de Paris à 66 ans et ouvre une classe de composition et d’analyse au conservatoire de Sevran. Il occupera ce poste pendant dix ans. A 77 ans, il prend la direction du « département de la musique » pour le compte du gouvernement Vénézuélien.

En autres honneurs, il est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (1984),Commandeur de l'Ordre National du Mérite (1994); il reçoit le Grand Prix Musical de la ville de Paris (1980), le Prix SACEM de la musique symphonique (1986), le Grand Prix National de la Musique (1999).

Il s’éteint le 24 juillet 2004 à Poissons à l’age de 80 ans.

L'écriture de Claude Ballif est le fruit d'une savante combinaison de la tonalité (au sens le plus large, comme chez Bartok par exemple) et d'une forme personnelle du sérialisme. Il appelle ce système la métatonalité, système sans esprit de système car il offre la possibilité d'utiliser et de combiner les grands systèmes harmoniques d'écriture (tonal, modal, sériel), sans pour autant que cela soit obligatoire. Ce système permet aussi l'utilisation de micro-intervalles et peut servir de méthode d'analyse très efficace.

Ballif fut pendant près de vingt ans professeur d'analyse et de composition au CNSMD de Paris. C'est grâce à ce travail d'analyse qu'il peut comprendre et développer les différents systèmes harmoniques de la musique de tradition européenne. Sa métatonalité est une théorie qui englobe la tonalité tout en permettant une écriture sérielle.1. Ce n'est pas un systéme d'écriture atonal (Ballif disait que l'atonalité pure n'est possible qu'en théorie car en pratique, le cerveau humain cherche toujours à hiérarchiser ce qu'il perçoit d'une manière ou d'une autre). Pour lui, le mouvement nécessite, pour être compris, que l'on ait un point de repère, au moins passager : dans le système tonal, c'est la tonalité ; dans la plupart des musiques modales, c'est le bourdon ou la finale ; dans la métatonalité, c'est l'orient (une note référence). Mais la possibilité — comme chez Debussy par exemple — de « noyer » momentanément le ton (ici l'orient) est toujours possible et souvent utilisée2. Il se préoccupe aussi — comme la plupart des musiciens de sa génération — du "matériau sonore" comme base compositionnelle. Sa vision de compositeur (dans le sens originel composer=mettre ensemble) est exposée dans son ouvrage phare : Économie musicale. Il définit sa musique comme avant tout religieuse. Ses élèves le voient, après Rameau et Messiaen, comme le père d'une nouvelle génération de musiciens.

Catalogue des oeuvres:

1945, Préludes pour une main aimée, pour piano
1946, Cendres, Op.1, pour trois groupes de percussions
1945-1948, Le cortège d'orphée Op.1b, pour soprano lyrique (ou baryton) & piano, Poèmes de Guillaume Apollinaire
1948, Quatre mélodies sur des poèmes d'Henri Michaux Op.1c, pour soprano & piano [1. L’Oiseau qui s'efface ; 2. Repos dans le malheur ; 3. Deux peupliers ; 4. Il est venu]
1949, Apparitions Op.2, pour mezzo-soprano & piano, poèmes de Henri Michaux [1. Apparition ; 2. Dans les limbes lumineuses ; 3. Extérieurs ; 4. Les inachevés ; 5. Marchand 6. Dans l'attente ; 7. Œil]
1949, Chanson bas Op.3, pour soprano & piano, poèmes de Stéphane Mallarmé [1. Le cantonier ; 2. Le marchand d'ail et d'oignons ; 3. La femme de l'ouvrier ; 4. Le vitrier ; 5. Le crieur d'imprimés ; 6. La marchande d'habits]
1950, Sports et divertissements : Orchestration d’après l'oeuvre pour piano d'Érik Satie.
1951-1977 Minuit pour les géants Op.4 (revue en 1977), pour mezzo-soprano (ou baryton) & piano; poème de Tristan Tzara
1951-1995, Notes et menottes, pour piano [vol. I : “À mes enfants, chantez votre existence sur toutes les gammes” (1979) ; Vol. II “Libres exercices de classe à deux voix sur une gamme donnée à 11 sons” (1949-1950) ; vol. III (1992) ; vol. IV (1995)
1952, Quintette de cuivres Op.9, pour trompette piccolo, trompette, cor, trombone & tuba
1952, Trio d'anches n° 8, pour hautbois, clarinette & basson
1952, Quatre antiennes à la sainte Vierge Op.7, pour six voix solistes (S1, S2, A, HC, T, B) & ensemble instrumental (16 musiciens) [I. Alma redemptoris mater ; II. Ave Regina ; III. Regina Coeli ; IV Salve Regina]
1953, Quintette à vent Op.10, pour flute, hautbois, clarinette, basson
1955, Diableries Op.12b, p1955), pour piano
1955, Quatuor à cordes n° 1 Op.12, pour deux violons, alto, violoncelle
1956, Musik im Mirabel Op.15, pour soprano & piano, poèmes de de Georg Trakl (1. Musik im Mirabel ; 2. Der Schlaf ; 3. Zu Abend mein Herz ; 4. Nahe des Todes ; 5. In ein altes Stammbuch ; 6. Sommer]
1956, Trio à cordes n° 1 Op.16, pour violon, alto, violoncelle
1957, Fantasio Op.21a, pour orchestre (4.4.4.4 - 4.4.4.0 - hpe.pno.3timb.5perc. - cordes)
1957, Retrouver la parole, Op.33, Cantate pour choeur a six voix solistes & ensemble instrumental, poèmes de Roger Giroux
1957, Sonate n° 2 Op.19, pour piano
1958, Quatuor à cordes n° 2 Op.22, pour deux violons, alto, violoncelle
1958, Quintette Op.24, pour flute et quatuor a cordes, ou flute, hautbois & trio a cordes
1959, Quatuor à cordes n° 3 Op.30, pour deux violons, alto, violoncelle
1959, Sonate n° °3 Op.29, pour piano
1959, Trio à cordes n° 2 Op.28, pour violon, alto, violoncelle
1959-1965, Ceci et celà Op.26 (1959-1965) Premier concert à huit pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, trompette, trombone, tuba & orchestre et la mémoire d’Hermann Scherchen [3(I, II, III+picc.).3.3(I, II+cl. picc., III+cl.b.). 3(+2saxh.) - 4.4.4(III+b., IV+cb.).2 - 12perc.4org. 9.9.6.4.4]
1960, Canzone à 8 (in primi toni), orchestration pour deux orchestres de “Canzone otta vitoni” de Giovanni Gabrieli)
1960, Quatuor Op.34, pour basson, deux violons, alto & violoncelle
1960, Sonate n° 4 Op.31, pour piano
1960, Vitrine (1960) pour six musiciens (cl., cb., cbn, trb., cel., hpe)
1961, Solfeggietto Op.36 n°1, pour flute
1961, Solfeggietto Op.36 n° 2, pour cor anglais
1961, Trio n° 1 Op.35, pour flute, basson & harpe
1961, Trio n° 2 Op.35, pour flute, hautbois & violoncelle [constitue avec le Trio n° 3 OP.35 — un double trio
1961, Trio n° 3 Op.35, pour violon, clarinette & cor [Constitue avec le Trio n° 2 Op..35 un double trio]
1962, Fantasio grandioso Op.21b, pour orchestre (4.4.4.4 - 4.4.4.0 - hpe.pno.3timb.5perc.)
1962, Passe-temps Op.38, pour piano
1962, Sonate Op.40, pour violoncelle et piano
1963, Solfeggietto, Op.36 n°3 pour violon
1963, Cahier de violon Op.42 : Cinq grandes pieces pour violon seul
1963, Premier imaginaire Op.41 n° 1 pour sept musiciens (vln, vlc., hpe, fl., cl., trp., trb.)
1963-1973, La vie du monde qui vient Op.11 ; Premiere Symphonie mystique en neuf parties
1964, La musique d'Erich Zahn, pour orchestre ; d’après H.-P. Lovecraft
1967, Deuxième imaginaire, Op.41 n° 2 pour sept cuivres (trp. picc., trp., bug. (ou cor), cor, trb. t6n., trb. b., tba cb.)
1967, Les Troyennes, pour orchestre, d ’après Jean-Paul Sartre
1968, Quatrième imaginaire Op.41 n° 4 pour sept musiciens (orgue, trp., trp. b., trb., bug., cor, tba) [commande de l’ORTF]
1968, Solfeggietto, Op.36 n°4 pour hautbois
1968, Solfeggietto, Op.36 n°5 pour clarinette
1969, Trio à cordes n° 3 Op.43, pour violon, alto, violoncelle 16 min.
1969, Troisième imaginaire pour huit musiciens (2 a, vlc., cb., cl., cor, bn)
1971, prière à la saint vierge, Op.44 n°1 pour chœur.
1971, Les battements du cœur de jésus, Op.46 pour double chœur,trp,tb.
1972, chapelet, Op.44 n°2 , pour chœur à 4 voix mixtes
1972, Prière du seigneur, Op.45 pour ch, tp,tb
1974, Sixième imaginaire, O.41 n°6, pour 11 inst. A cordes solistes
1974, Fragment d’une ode à la faim, Op.47, pour 12 voix mixtes
1975, Quatuor Op.48, pour v.,al.,vcl.,perc.
1976, Solfeggietto n°6, Op.36 pour guitare
1976, Premier concert symphonique: Ivre-moi-Immobile,Op.49 n°1 pour clarinette et orchestre
1977, Poème de la félicité,Op.50, pour 3 voix de femme, perc., guit.
1977, Timbres et postes, Op.51 pour 6 perc.
1978, Sonate,Op.52, pour clarinette et piano
1979, Un coup de dés,Op.53, contre-sujet musical pour chœur symphonique,6 musicien et un ruban sonore
1980, L’Habitant du Labyrinthe,Op.54, pour 2 perc.
1980, Rêveries Op.55, Trio pour violon, clarinette en la & piano
1980, Solfeggietto Op.36 n° 7, pour tuba contrebasse (ou tuba)
1981, Poèmes lents Op.57, Mélodies pour soprano colorature, soprano lyrique, basse & piano en trio vocal (ou solo, 2 instruments remplaçant ad lib. les 2 voix manquantes), poèmes d’André Brochu
1981, Solfeggietto, Op.36 n°8 pour saxophone
1982, Solfeggietto, Op.36 n°9 pour harpe
1982, Solfeggietto, Op.36 n°10 pour clavecin
1982-1984, Dracoula Op.58, drame nocturne en deux actes pour six voix solistes & orchestre D’après une idée d’Alain Germain, livret de Viorel Stefan (commande d’État)
1984, Absence, orchestration pour soprano & ensemble instrumental : n° 4 des “Nuits d'été Op.7 d’Hector Berlioz)
1984, Le livre du serviteur : deuxième Symphonie mystique op.59 pour baryton léger, trois choeurs, maîtrise d’enfants & orchestre (extraits des lettres de Saint Paul et de la prière de Saint François ; traduction R.P. Michel Quesnel ; Dans memoriam Charles Ravier (commande de Radio France)
1984, Solfeggietto Op.36 n° 11, pour basson
1984, Solfeggietto Op.36 n° 12, pour percussions
1984-1988, Haut les rêves Op.49 n° 2 ; Deuxieme concert symphonique pour violon & orchestre de chambre [2 (I, II+picc.).2.1(I=cl. en la).1 - 2.0.0.0 - 7.0.2.2.1 ; commande des Affaires culturelles de Champagne-Ardennes pour le centenaire de Gaston Bachelard ]
1985, Solfeggietto Op.36 n° 13, pour violoncelle
1986, Solfeggietto Op.36 n°14, pour trompette
1987, Quatuor à cordes n° 4 Op.61, pour deux violons, alto, violoncelle (Commande du Festival de jazz «Banlieues Bleues»)
1987, Un moment de printemps Op.60, quintette pour flûte, clarinette, violon, violoncelle & piano (commande de l’ensemble instrumental de Ville-d’Avray)
1988, Rondes nocturnes Op.62, pour deux pianos
1988, Solfeggietto Op.36 n°15, pour cor
1989, Quatuor à cordes n° 5 Op.63, pour deux violons, alto, violoncelle (Commande de Radio-France)
1990, Le Taille-Lyre Op.64 n° 1 pour sept instruments (fl., cl. sib, a., vlc., pno, trb., acc.)
1990-1991, Il suffit d'un peu d'air Op.65 : Farce lyrique en quatre tableaux d’après la pièce de Ronald Tremblay pour soprano lyrique, mezzo-soprano, ténor, baryton & orchestr (Commande du Nouvel Ensemble Moderne de Montréal)
1992, Trio à cordes n° 4 Op.66
1993-1996, Réverb'airs Op.68 : Priamelnen n° 1 a 8 pour piano a quatre mains
1994, Les retours du soir Op.70 : quintette pour cloches & quatuor de timbales
1994, Sonate n° 6 Op.69n pour piano
1995, Chanson d’Atanasio : pièce facile pour marimba
1995, Chant du petit matin : pièce facile pour clarinette en si bémol
1995, Quatuor Op.71, pour saxophones Bordeaux, 1998
1995, Solfeggietto Op.36 n° 16, pour marimba
1995, Solfeggietto Op.36 n° 17, pour accordéon
1995, Solfeggietto Op.36 n° 18, pour contrebasse
1996, Battez sons pleins Op.73 : quatuor pour glockenspiel
1996, Refrains du petit menestrel : pièce facile pour violon
1999, Solfeggietto Op.36 n° 19, pour alto (commande pour le concours du CNSMD de Paris, 1999)
1999-2000, Un délire de dédales : Quatrieme concert symphonique pour flûte & orchestre (commande de l’Orchestre Simon Bolivar, Caracas)
2000-2001, Au clair de la lune bleue, pour orchestre (commande de Radio France)
sd., Joies, pour orgue (Extrait de “Troisième symphonie mystique Op.67”)
sd., Præludia à la troisième symphonie mystique Op.67 pour double quintette de cuivres & orgue
sd., Six petits préludes transfigurés Op.67, pour orgue (Extrait de “Troisième symphonie mystique op.67” *

Catalogue des Solfeggietti :
1961, Solfeggietto Op.36 n°1, pour flûte
1961, Solfeggietto Op.36 n° 2, pour cor anglais
1963, Solfeggietto, Op.36 n°3 pour violon
1968, Solfeggietto, Op.36 n°4 pour hautbois
1968, Solfeggietto, Op.36 n°5 pour clarinette
1976, Solfeggietto n°6, Op.36 pour guitare
1980, Solfeggietto Op.36 n° 7, pour tuba contrebasse (ou tuba)
1981, Solfeggietto, Op.36 n°8 pour saxophone alto
1982, Solfeggietto, Op.36 n°9 pour harpe
1982, Solfeggietto, Op.36 n°10 pour clavecin
1984, Solfeggietto Op.36 n° 11, pour basson
1984, Solfeggietto Op.36 n° 12, pour percussions
1985, Solfeggietto Op.36 n° 13, pour violoncelle
1986, Solfeggietto Op.36 n°14, pour trompette
1988, Solfeggietto Op.36 n°15, pour cor
1995, Solfeggietto Op.36 n° 16, pour marimba
1995, Solfeggietto Op.36 n° 17, pour accordéon
1995, Solfeggietto Op.36 n° 18, pour contrebasse
1999, Solfeggietto Op.36 n° 19, pour alto (commande pour le concours du Conservatoire National Superieur de Musique de Paris, 1999)
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Ven 14 Oct - 20:25

Redécouverte de la première partie de la Seconde Symphonie Mystique Op.59 "Le Livre du Serviteur", pour baryton, trois choeurs, choeur d'enfants et orchestre. Cette composition est puissante, poignante, d'une grande intensité dramatique qui ne s'estompe que rarement. J'ai été soufflé par cette symphonie atonale et touffue, enfin par sa première partie, une oeuvre pourtant si peu évoquée par les amateurs de contemporain. J'ai grande hâte d'écouter la suite!

<<Achevé en 1987, Le Livre du Serviteur est la deuxième des trois symphonies mystiques écrites par Claude Ballif
- partitions destinées à un public large, croyant ou non, et exprimant la foi du compositeur. Si la "Première Symphonie" est consacrée à la mort et la "Troisième" à la transfiguration, Le Livre du Serviteur traite, lui, du service. Ecrit à partir de citations de Saint-Paul (Epîtres aux Romains 3,17) auxquelles sont joints des tropes (des gloses) réalisés par le Révérend-Père Michel Quesnel, l'ouvrage est fondé sur un principe d'abondance et nécessite la présence d'un baryton léger, de trois choeurs disposés de part et d'autre de l'orchestre ("avec le plus grand nombre de choristes"), d'une maîtrise d'enfants, d'un orchestre large (six cors, quatre groupes de percussions) enrichi d'un piano, d'un synthétiseur DX7 accordé, comme les deux harpes électriques, en quart de ton inférieur.
Ordonné symétriquement, "Le Livre du Serviteur" comprend quatre parties constituées respectivement de 4, 7, 4 et 7 sections enchaînées sans interruptions:
I : Et viam pacis non cognoverunt
II : Qui est qui condemnet?
III : Si Spiritu vivimus
IV : Gaude te
>>

Jean-François Boukobza.
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Ven 14 Oct - 23:02


Suite concluante qui confirme mon engouement pour cette oeuvre qui doit impérativement être arrachée de l'oubli! Me reste plus que la gourmandise de découvrir les deux autres symphonies mystiques de Claude Ballif. En tout cas, je considère Le Livre du Serviteur comme un chef d'oeuvre de la musique atonale et religieuse du XXème siècle.
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Sam 30 Mai - 18:13


Je ne vais peut-être pas revenir sur Le Livre du Serviteur - deuxième symphonie mystique opus 59 pour baryton, trois choeurs, choeur d'enfants et orchestre que je suis en train de réécouter aujourd'hui-même, encore que j'éprouve le formidable besoin d'exprimer mon resenti face à la fascination que j'éprouve à l'écoute d'une écriture musicale aussi intense et si pimentée. Joachim, je ne peux malheureusement te conseiller une oeuvre qui démarre sur autant de dissonances, pourtant, elle est à mon oreille un monde sacré, explosif, profondément dramatique et religieux. Divisée en quatre parties, le premier "Coro" de la seconde partie m'a vraiment captivé par sa construction, son agencement des sons. Je ne l'avais pas autant remarqué lors des écoutes précédentes, à croire que je commence à connaître de mieux en mieux cette fastidieuse composition de Claude Ballif.

Et puisque ce compositeur, visiblement, compose généralement une musique atonale qui ne me laisse pas indifférent, j'ai récemment tenté son oeuvre pour flûte: Un Délire de Dédales - quatrième concert symphonique pour flûte et orchestre opus 49 n°4 (2000), Sonate pour flûte et piano opus 23 (1958), Mouvements pour 2 opus 27 pour flûte et piano (1959), Solfeggietto n°1 opus 36 pour flûte seule (1961) et Chant de l'innocent - pièce facile pour flûte seule (1977).

Flûte: José Garcia Guerrero.

Une affaire à suivre.
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Sam 30 Mai - 20:28

Icare a écrit:

Joachim, je ne peux malheureusement te conseiller une oeuvre qui démarre sur autant de dissonances,

Faut pas demander si tu le dis toi-même Hehe

Pour la peine je vais me mettre un menuet de Haydn Laughing
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Sam 30 Mai - 23:07


Oui, c'est une oeuvre hautement pimentée et de grande envergure, le plus souvent atonale et même brutale. Il y a quand même des moments plus softs, surtout au cours des troisième et quatrième parties, ce qui m'amène à saluer, au passage, la difficile prestation du baryton André Cognet. Le moment où il chante la liberté est assez émouvant. J'ai bien aimé l'usage de la flûte solo à certains endroits. Au fond, ce qui me plait également dans la musique, c'est le contraste qui peut se produire entre la solidité de puissants agrégats sonores et la fragilité d'une petite flûte solitaire qui émerge de nulle-part. Cette fragilité opposée à la puissance me plait, me plait esthétiquement parlant mais aussi idéologiquement. Par ailleurs, je trouve que cette Deuxième symphonie mystique sait se rapprocher de temps en temps du théâtre et de l'opéra, ou dans un aléatoire mélange des deux. Mais, à ce moment-là, c'est juste une impression pendant l'écoute, dans la façon dont les choeurs se mettent parfois en scène, le baryton...
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   Ven 2 Oct - 8:28

Les démarrages brutaux et dissonants, visiblement, Claude Ballif les apprécie! C'est de façon tranchée et tranchante que débute Un Délire de Dédales - Quatrième concert symphonique pour flûte et orchestre, opus 49 n°4 (2000). Un univers sonore désarticulé et instable se dessine sous les péripéties d'une flûte chahutée et chahuteuse. La matière orchestrale se disloque continuellement et projette des éclats sonores à travers l'espace alors que la flûte semble se débattre afin de conserver une illusion d'autonomie. Vive, nerveuse, aérienne, elle survole un désert de roches et d'eau qui se déchirent sous elle. Une percussion cristalline ajoute au mystère d'un combat dont les attaques sont rudes et les replis toujours sous tension. L'intensité dramatique de cette musique ne retombe jamais, pas un seul instant, les accalmies reconduisant inéluctablement à un autre combat entre la flûte et l'orchestre, encore qu'à certains moments, un semblant de réconciliation semble s'établir entre eux. La flûte de José Garcia Guerrero va même se retrouver complètement seule vers la seizième minute environ, seule avec elle-même. Cependant, lorsque l'orchestre réapparaîtra, il le fera de manière brutale et avec ampleur avant de prendre une allure plus mesurée et méditative, le soliste se dirigeant aussi vers davantage de sérénité, une sérénité difficilement accessible dans la mesure où les perturbations persistent. Une nouvelle fois, la flûte se retrouve seule, mais, cette fois, plus affirmée, plus autoritaire, à croire que son intention est de dominer l'orchestre qui revient, il est vrai, avec plus de précaution. La fin du concerto retrouvera la véhémence et la tonitruance qui le caractérisent pendant laquelle la flûte et l'orchestre se tiennent tête, déchirent l'espace de leur insolence jusqu'à une note finale très abrupte, sans la moindre concession, à l'image de l'oeuvre en entier. J'ai personnellement beaucoup aimé ce "délire de Dédales".

La Sonate pour flûte et piano, opus 23 (1958) et Mouvements pour 2, opus 27, pour flûte et piano (1959) ont vu le jour en pleine période sérielle. J'ai redouté une musique rigide et froide, et je me suis surpris à suivre le développement de ces oeuvres sans broncher et même avec un certain intérêt.
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MessageSujet: Re: Claude Ballif (1924-2004)   

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Claude Ballif (1924-2004)
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