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 Christian Ernst Graaf (Graf) (1723-1804)

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joachim
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Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Christian Ernst Graaf (Graf) (1723-1804)   Dim 28 Déc - 9:49

Christian Ernst Graf ou Graaf (30 juin 1723, Rudolstadt – 17 juillet 1804, La Haye) fut un compositeur hollandais d’origine allemande et devint maître de chapelle à la cour du stathouder à La Haye dans la république des Provinces-Unies.



1723-1753: Jeunesse - Formation – Rudolstadt


Graf a grandi dans une famille de musiciens. Son père, Johann Graf (1684-1750), était un violoniste, professeur de musique, compositeur et chef d'orchestre. Il était premier violon à la cour des princes de Schwarzbourg-Rudolstadt en 1722 et, en 1739, il fut promu à la fonction de maître de chapelle de la cour. Johann Graf eut sept fils, qu’il eût instruits lui-même dans la musique. Quatre d’entre eux suivirent ses traces et devinrent musiciens, dont Friedrich Hartmann Graf (1727-1795). En 1745, Christian succéda à son père comme maître de chapelle à la cour de Rudolstadt.

On est mal renseigné sur les activités de Christian Ernst Graf à Rudolstadt, avant son départ pour la république des Provinces-Unies. Graf aurait quitté sa ville natale avec des instruments de la cour et de la dette. Il se peut qu’il ait rejoint, avec son frère Friedrich Hartmann qui avait quatre ans de moins que lui, le service dans le régiment - qui moitié avril 1748 - arriva aux Provinces-Unies. On sait que Friedrich Hartmann fut blessé dans le siège de Bergen op Zoom et qu’il fut fait prisonnier de guerre.

Christian Ernst se trouvait à Middelbourg en 1750, où il conduisit le Collegium Musicum. Sous la direction de Graf le niveau de l’ensemble augmenta de sorte qu’en 1754 le Collegium Musicum obtint une salle de concert dont la ville prit en charge le financement. Vraisemblablement, le premier opus imprimé de Christian Ernst, les Sei Sinfonie a Violino Primo, Secondo, Viola, E Basso, a été conçu à la fin de son séjour à Middelbourg comme une salutation d’adieu.

1754-1767: La cour de La Haye

C’est vraisemblablement dans la deuxième moitié de 1754 que Graf allât à La Haye, où il devint compositeur de la cour de la princesse Anne de Hanovre, la veuve du stathouder Guillaume IV. La page de titre de sa publication de 1758 - les sonates pour deux violons et basse continue, l'opus 2 - en témoigne puisque le compositeur s’y présente comme Compositore di Musica di S.A.R. Madama la Principessa di Orania di Nassovia, soit compositeur de Son Altesse Royale la Princesse d'Orange-Nassau, c'est-à-dire, Anne de Hanovre. En 1759, le quotidien de La Haye, le 's Gravenhaegse Courant, fait mention de Christian Ernst en tant que compositeur de musique de la cour de Son Altesse Sérénissime le Seigneur Prince d'Orange (Muziek Compositeur aen het Hof van S.D.H. den Heere Prince van Oranje), c'est-à-dire le prince Guillaume qui n’avait qu’onze ans à cette époque.
Après la mort d'Anne en 1759, son titre devint Compositore di Musica al Corte di S.A.S. Monsignore il Principe d'Orania e di Nassovia (compositeur de la musique à la cour de Son Altesse Sérénissime le Prince d'Orange-Nassau); voir les Sei Sinfonie ... Opera terza de cette année-là. Ce titre fut utilisé jusqu’à la publication de son opus 7 en 1766 (voir Six symphonies ... Oeuvre VII).
À partir de 1759, son nom apparut également tous les ans dans les comptes de la chapelle de la cour. Il se peut que Graf fut le premier professeur de musique du jeune prince Guillaume. Graf joua un rôle important dans l’encadrement musical des cérémonies funèbres après la mort d'Anne de Hanovre, le 12 janvier 1759.  En 1764, Graf adapta son nom à l'orthographe néerlandaise, et devint Graaf. Leopold Mozart nota également, au cours du séjour de la famille Mozart à La Haye (septembre-décembre 1765) qu’un Mr: Graaff était Compositeur et directeur de la Musique du Prince. Une datation plus précise de sa nomination à ce poste n’est toutefois pas possible en l'absence de documents.

Cependant, l’on sait qu’en 1764, afin d'obtenir une augmentation de salaire, Graf s’est adressé en vain à son mécène, le duc Ernst Ludwig de Brunswick-Lunebourg-Bevern, régent pour le futur stathouder Willem V, alors encore mineur.

À l'occasion de l'installation solennelle comme stathouder de Guillaume V – qui, le 8 mars 1766, eut 18 ans - Graf composa le chant de joie en trois couplets Réjouissons-nous, Bataves! (Laat ons juichen, Batavieren!). Le chant fut publié en néerlandais mais, lors de l'installation solennelle du stathouder, chanté en italien.  Le jeune Wolfgang Gottlieb Mozart, alors toujours séjournant aux Provinces-Unies, pour qui Graf fut le chef d’orchestre du concert du 30 septembre 1765 de Wolfgang et sa sœur à La Haye, utilisa le thème pour sa célèbre série de variations (KV 24) pour clavecin.  Mozart a emprunté cette même mélodie pour la fugue concluante de son quodlibet Galimathias Musicum (KV 32, mars 1766).

1767-1804: Maître de chapelle de la cour et fin de carrière

En 1767, Graf reçut enfin sa nomination officielle comme maître de chapelle de la cour et l'augmentation de salaire demandée précédemment. Les tâches de Graf comme maître de chapelle de la cour comprenaient non seulement la sélection du répertoire de l’orchestre de la cour, mais également la composition de pièces nouvelles et la sélection des livrets et des paroles à mettre en musique à l’occasion de différents événements.

De nombreuses œuvres furent créées pendant les années passées à la cour à La Haye : un grand nombre de symphonies, y compris la Grande simphonie Hollandaise en deux chœurs, musique à programme à l'occasion du rétablissement de l’autorité de Guillaume V en 1787, sonates (en trio et pour violon), quatuors (pour instruments à cordes), quintettes pour quatuor à cordes et flûte et autres genres de musique de chambre, deux sonates à quatre mains pour clavier, des chansons, des cantates, des fables pour voix et clavier (25 Fable dans le gout de la Fontaine, pour le Chant et le Clavecin) et enfin, une étude théorique et didactique de la basse continue. Apparemment, Graf n’a jamais tenté d’écrire un opéra. Graf fut tout de même chargé de l'achat de partitions pour la maison et la cour ; une partie considérable de l’actuelle collection de musique de la Maison d'Orange lui est due.

Au long de sa carrière à la cour, le compositeur resta toutefois actif hors de la chapelle musicale des princes d’Orange. Ainsi, à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel orgue, le 28 juin 1781, il composa les chants religieux pour la consécration de l’orgue de la Grande Église à Bolsward ("Kerk-Gezangen ter Inwydinge van het Orgel in de Groote Kerk te Bolsward")  et en 1782 il fit publier une étude: l’Essai sur la nature de l'harmonie dans la basse continue et enseignement d’un chiffrage court et systématique (Proeve over de natuur der harmonie in de Generaal bas benevens een onderricht eener korte en regelmaatige becijffering). Comme le fit le compositeur néerlandais d’origine allemande Christian Friedrich Ruppe, Graf arrangea les petits poèmes pour enfants (Kleine gedigten voor kinderen) de Hieronymus van Alphen, le fameux Prunier parmi d’autres (Pruimenboom, aussi connu comme Jantje zag eens pruimen hangen ...).
À partir de 1788, cependant, Graf fut remplacé comme maître de chapelle par le violoniste Jean Malherbe. C'est le même Malherbe qui lui succéda à la tête de la chapelle musicale en 1790, lorsque Graf alla en retraite au mois de novembre de cette année.
Le plus grand succès de Graf fut, à part l’oratorio perdu composé pour célébrer la paix entre la France et l'Angleterre, la cantate Der Tod Jesu, composé en 1802 sur un livret de Karl Wilhelm Richter (1725-1798). 19
Graf décéda peu après, le 17 juillet 1804, à La Haye, où il fut enterré dans la Grande Église (Grote Kerk]).

Évaluation

Un contemporain le caractérisa ainsi : ’’Graaf ou Graf fut un homme d’arts et de sciences, un homme lettré, il était agréable en compagnie et, entouré de ses amis, même bavard et joyeux ; il possédait une aptitude remarquable à enseigner, en particulier aux jeunes, à qui il inspira le goût pour les arts et les sciences.’’
Un assez grand nombre d'œuvres est conservé. Le musicologue Balfoort estime la cantate Der Tod Jesu, dont la Bibliothèque royale à La Haye possède le manuscrit, être l’une de ses meilleures. Mais Balfoort voit moins de mérite dans le reste de l’œuvre : ’’Ce n’est pas pour la qualité supérieure de leur contenu musical, qu’on pourra être élogieux de ses symphonies, sonates pour clavecin et pour violon, duos à cordes, etc. Ils n’auront pour nous en premier lieu qu’une valeur historique. Sa pièce de circonstance en célébration de l’installation solennelle du prince Guillaume V [...] ne présente qu’un intérêt historique. De son travail théorique nous est transmis l’Essai sur la nature de l'harmonie dans la basse continue et enseignement d’un chiffrage court et systématique, (Proeve over de natuur der harmonie in de Generaal bas benevens een onderricht eener korte en regelmatige becijffering) publié en 1782 à La Haye, un opuscule de peu d’importance.’’
Sur le site web de la Société royale néerlandaise de l'Histoire de la musique (Koninklijke Vereniging voor Nederlandse Muziekgeschiedenis) Ton Braas et Odilia Vermeulen se prononcent à ce sujet d’une façon plus nuancée, dans leur présentation de la réédition du Der Tod Jesu dans la série Trésors de la musique chorale néerlandaise (Schatten van de Nederlandse koormuziek) : ’’Bien qu'il ne soit pas un pionnier, Graf est passé par une évolution évidente dans ses dizaines de symphonies, concerts, quintettes, quatuors, trios, duos et pièces solistes. Si son opus 1 a des similitudes avec les compositions de la fin du baroque, Graf a par la suite été stylistiquement plus proche de l’École de Mannheim et des fils cadets de Jean Sébastien Bach. Le style de Der Tod Jesu (1802), la dernière et la plus mature de ses œuvres (qu’il a écrit à l’âge de 79 ans), s'inscrit plus dans le style de l'oratorio de Joseph Haydn. En ce qui concerne l'instrumentation et la forme musicale, Graf s’est tenu aux conventions de son époque. Du point de vue harmonique, la plupart de ses œuvres sont simples par leurs intentions. Toutefois, ses mélodies et rythmes sont parfois surprenants.’’


Oeuvres

En résumé de ce qui est dit ci-dessus, Graf a composé plusieurs symphonies, sonates, quatuors à cordes, sonates en trio et quintettes pour flûte et quatuor à cordes, deux sonates pour piano à quatre mains et des fables pour voix et piano ("25 Fables dans le goût de la Fontaine, pour le chant et le clavecin"). En 1782, il a publié le  "Proeve over de Natuur der Harmonie" en néerlandais, qui traite de la basse continue. Le Lied "Laat ons juichen Batavieren" a servi de modèle pour les Variations KV 24 du jeune Mozart. En 1802, il compose la cantate-Passion "Der Tod Jesu (La mort de Jésus)" sur le texte de Karl Wilhelm Richter (1725-1798).

Parmi les opus :

6 Symphonies op 1 (1760)
6 Quatuors pour flûte et cordes, op 2A (1760)
6 Sonates pour 2 violons et basse, op 2B (1760)
6 Quatuors pour flûte et cordes, op 2C (1760)
6 Symphonies op 3A (1760)
6 Quatuors à cordes concertants, op 3B (1760)
6 Sonates pour clavecin et violon op 4
6 Quatuors pour flûte et cordes, op 4A (1762)
6 Sonates pour clavier et violon, op 4B (1762)
6 Sonates pour 2 violons et basse, op 5 (1765)
6 Symphonies op 6 (1765)
6 Symphonies op 7 (1766)
6 Quintettes avec flûte, op 8 (1769)
6 Symphonies op 9 (1769)
6 Sonates pour 2 violons et basse, op 10 (1772)
6 Symphonies op 11 (1772)
6 Quatuors pour flûte et cordes, op 12 (1772)
3 Trios pour clavecin, violon et basse, op 13 (1776)
6 Symphonies op 14 (1776)
6 Quatuors à cordes, op 15 (1776)
6 Symphonies, op 16 (1777)
6 Quatuors à cordes, op 17 (1783)
6 Sonates pour clavecin et violon, op 19 (1783)
3 Symphonies op 20 (1784)
25 Fables dans la goût de La Fontaine pour voix et clavecin, livre 1, op 21 (1783)
Duo économique, piano à 4 mains, op 27 (1787)
6 Duos pour 2 violons, op 28 (1797)
2 Sonates pour clavecin à 4 mains, op 29 (1797)
10 petites pièces aisées pour clavecin à 4 mains, op 30 (1797)
25 Fables dans le goût de La Fontaine pour voix et piano, livre 2, op 32 (1797)
6 Sonates pour clavier et violon, op 33


Parmi les sans opus

De Dood van Jezus (Der Tod Jesu), oratorio (1802)
Kleine Gedichten voor Kinderen, 3 Livres de mélodies
Last ons juichen, Batavieren, mélodie pour voix et basse continue
Concerto pour violon et orchestre
2 Concertos pour violoncelle et orchestre
Symphonie "Gniezno"
4 Symphonie "Karlruhe"
6 Duos pour violon et alto
Variations "Ally Croaker" pour clavier et violon (1775)
Leçons en sonatines pour violon et basse continue
6 Quatuors à cordes de Berlin (1785)
6 Quatuors à cordes de Paris (1785)
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joachim
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MessageSujet: Re: Christian Ernst Graaf (Graf) (1723-1804)   Mar 22 Déc - 14:17

Comme son frère Johann Hartmann Graf, Christian Ernst a composé de beaux concertos pour violoncelle.



https://www.youtube.com/watch?v=Z9N04pRWV7c
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