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 Claude Vivier (1948-1983)

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joachim
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MessageSujet: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2008-07-15, 17:53

Claude Vivier (14 avril 1948, Montréal – † 7 mars 1983, Paris) est né de parents inconnus et fut adopté à deux ans par une famille modeste. À l’âge de 13 ans, il fréquente des pensionnats dirigés par les Frères Maristes, une communauté vouée à la formation de jeunes garçons à la prêtrise. Son amour de la poésie et de la musique modernes éclipsa bientôt la vocation religieuse. Lorsqu’on lui indiqua de quitter le noviciat à l’âge de dix-huit ans, il s’inscrit au Conservatoire de musique de Montréal où il étudia sous la direction du compositeur Gilles Tremblay. Ses toutes premières œuvres datent de cette époque. En 1971 il entreprend des études en Europe, d’abord à « l’Institut de Sonologie » d’Utrecht, puis à Cologne sous Karlheinz Stockhausen. Vivier apprit beaucoup de ce dernier, bien que ses œuvres subséquentes n’en portent pas la marque.
Il revient à Montréal en 1974 où il commence à s’y faire reconnaître. Des pièces comme Lettura di Dante ont été créées avec un certain succès lors des concerts de la SMCQ1. À l’automne de 1976, il entreprend un long voyage en Extrême-Orient, principalement au Japon et à Bali.
Son opéra Kopernikus, dont il est l’auteur du livret, a été créé le 8 mai 1980 au Monument National de Montréal. À cette époque, son style change sous l’influence de la « musique spectrale » née en France, principalement développée par les compositeurs Gérard Grisey et Tristan Murail. Sa première pièce dans ce style musical, Lonely Child, écrite en 1980 pour soprano et orchestre est devenue l’une de ses plus connues. Celle-ci, de même que des pièces telles Prologue pour un Marco Polo et Wo bist du Licht! devait faire partie d’une œuvre inachevée, un « opéra fleuve » intitulée Rêves d’un Marco Polo.
En juin 1982, grâce à une bourse du Conseil des Arts du Canada, Vivier partit pour Paris où il entreprit l’écriture d’un opéra sur la mort de Tchaïkovski. En mars de l’année suivante il fut poignardé à mort par un jeune Parisien, amant potentiel qui fut plus tard appréhendé et condamné pour ce meurtre. Sa dernière œuvre, Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele, contient l’étrange prémonition de sa mort prématurée.
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-02-12, 11:53

Oeuvres principales :


1973

Chants, pour sept voix de femmes 22'
O! Kosmos, pour soprano et chœur 7'


1974

Jesus erbarme dich, pour soprano et chœur 3'
Lettura di Dante, pour soprano et sept instruments 26'


1975

Hymnen an die nacht, pour soprano et piano 5'
Pièce pour flûte et piano 7'
Pièce pour violon et clarinette 7'
Pièce pour violon et piano 9'
Pièce pour violoncelle et piano 9'
Pour guitare 5'


1976

Piano-forte, pour piano 9'
Prolifération, pour ondes Martenot, piano et percussion 15'
Siddhartha, pour orchestre 25'


1977

Journal, pour quatre voix solistes, chœur et percussion 50'
Love Songs, pour sept voix solistes 23'
Pulau Dewata, pour ensemble de claviers 13'
Shiraz, pour piano 14'


1978

Paramirabo, pour quatre instruments 12'


1979

Kopernikus : Rituel de la mort, opéra en deux actes 65'
Orion, pour orchestre 14'


1980

Aikea, pour trois percussionnistes 15'
5 chansons pour percussion solo 15'
Lonely Child, pour soprano et orchestre 19'
Zipangu, pour orchestre à cordes 12'


1981

Bouchara, pour soprano et ensemble 13'
Et je reverrai cette ville étrange, pour six musiciens 16'
Prologue pour un Marco Polo, pour soprano, alto, ténor, baryton, basse, et ensemble 21'
Samarkand, pour quintette à vent et piano 14'
Wo bist du licht!, pour mezzo-soprano et ensemble 21'


1982

Trois airs pour un opéra imaginaire, pour soprano et ensemble 15'
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-02-12, 12:03

Un CD qui devrait plaire à Icare :

Claude Vivier (1948-1983) 0019cc10

Il ya :

Paramirabo
Pièce pour violon et piano
Pièce pour flûte et piano
Pièce pour violoncelle et piano
Zipangu
5 Chansons pour percussions

C'est du moderne, mais pas trop. Paramirabo, je crois, se rattache à la musique spectrale.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-02-12, 14:00

Quelle fin tragique pale
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Jean

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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-02-12, 14:34

en effet ! je me souviens vaguement de cette histoire<
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-02-17, 09:59


J'aime beaucoup la musique de ce compositeur mort assassiné à Paris. J'ignore si on avait retrouvé son assassin?
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2011-07-10, 18:43

Découverte de la musique pour piano de Claude Vivier par trois oeuvres; "Pianoforte" (1975),la plus courte,"Shiraz" (1977),de durée moyenne, et "Désintégration" pour deux pianos (1972),la plus longue. Son univers m'a un peu rappelé celui de Georges Antheil d'une certaine façon et c'est surtout "Shiraz" qui,de cette première approche,a le mieux retenu mon attention. Elle a beau être abrupte et brutale,employer le piano dans le très aigu et dans le très grave en empruntant deux chemins tortueux divergents,ce qui lui vaut une expressivité timbrale spéciale et surprenante,elle m'a emmené dans son monde déchiré et déchirant d'une bout à l'autre:

<< Vivier voyageait sans relâche et ce n'est pas un hasard si l'un de ses derniers projets fût l'opéra "Marco Polo". Ses voyages n'avaient pas pour seul but de satisfaire une curiosité dévorante ; c'était tout d'abord des odyssées spirituelles où il était en perpétuelle quête de lui-même. La plus significative d'entre elles fut sans doute le long voyage qu'il entreprit en 1977 et qui le mena des pays arabes à Bali. En août de cette année-là,il passa par la ville de Shirâz,au sud de l'Iran,non loin du site historique qui,quelques années auparavant,avait inspiré Persépolis à Xenakis. Vivier décrivit la ville de Shirâz comme "une perle - un diamant brut" (cette dernière image convenant assez bien à Vivier lui-même) et décida de lui rendre hommage en composant une oeuvre pour piano dont les contours resteraient "bruts" grâce à l'utilisation de mouvements convergents et divergents des deux mains. Il n'y a, à l'évidence, aucune trace d'orientalisme dans "Shiraz" si ce n'est une fascination pour la répétition (que l'on pourrait considérer comme un hommage au "Klavierstück IX de Stockhausen), tant il avait un penchant pour les séries de Fibonacci). Cependant,il se peut que dans ce morceau,l'écriture convergente à deux voies à chacune des deux mains soit une référence indirecte aux deux chanteurs aveugles que Vivier ,à l'en croire,suivit obstinément pendant des heures sur la place du marché de Shirâz. Il ajouta que c'étaient eux les dédicataires indirects de l'oeuvre,le dédicataire direct étant le pianiste canadien Louis-Philippe Pelletier.>>

Interprète: Kristi Becker.
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2012-08-03, 14:14

Claude Vivier (1948-1983) Claudevivier2


voir lien ici

A propos d'Orion:

<<Le 7 mars 1983, la mort tragique de Claude Vivier avait plongé le milieu musical dans la consternation la plus amère. Les années ont passé et, avec le recul, le sentiment d'une perte irrémédiable se confirme, surtout lorsqu'on redécouvre une oeuvre comme Orion. En 1976, après un an et demi de travail acharné, Claude Vivier terminait sa grande oeuvre orchestrale Siddartha, inspirée du roman d'Hermann Hesse. Cette pièce lui avait été commandée par Radio-Canada à l'intention de l'Orchestre national de jeunes. Malheureusement, l'orchestre se désista en raison de l'extrême difficulté de la partition et celle-ci se trouva reléguée aux oubliettes. Il faut dire que Siddartha est une formidable machine qui demande des moyens hors du commun. Pour Vivier qui s'y était investi tout entier, c'était un coup dur. Aussi, lorsque trois ans plus tard l'Orchestre Symphonique de Montréal lui commanda une oeuvre, il y pensa à deux fois, se souciant davantage de l'aspect pratique des choses. Bien qu'elle soit très délicate, Orion est plus courte et moins exigeante que Siddartha. La technique de composition déployée dans Orion est sensiblement la même que pour Siddartha: Vivier part d'un thème unique et en tire toute la substance de son oeuvre. La mélodie est bâtie sur sept motifs distincts comme les sept étoiles de la constellation d'Orion, d'où le titre. Dans la musique de Vivier on rencontre souvent l'idée de confrontation entre la joie et la mort, toujours annoncée par la trompette ici encore s'exprime une sorte de conscience prémonitoire de sa mort prochaine.>> Claudio Ricignuolo.


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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2013-05-10, 12:50

Icare a écrit:
Découverte de la musique pour piano de Claude Vivier par trois oeuvres; "Pianoforte" (1975),la plus courte,"Shiraz" (1977),de durée moyenne, et "Désintégration" pour deux pianos (1972),la plus longue. Son univers m'a un peu rappelé celui de Georges Antheil d'une certaine façon et c'est surtout "Shiraz" qui,de cette première approche,a le mieux retenu mon attention. Elle a beau être abrupte et brutale,employer le piano dans le très aigu et dans le très grave en empruntant deux chemins tortueux divergents,ce qui lui vaut une expressivité timbrale spéciale et surprenante,elle m'a emmené dans son monde déchiré et déchirant d'une bout à l'autre:

<< Vivier voyageait sans relâche et ce n'est pas un hasard si l'un de ses derniers projets fût l'opéra "Marco Polo". Ses voyages n'avaient pas pour seul but de satisfaire une curiosité dévorante ; c'était tout d'abord des odyssées spirituelles où il était en perpétuelle quête de lui-même. La plus significative d'entre elles fut sans doute le long voyage qu'il entreprit en 1977 et qui le mena des pays arabes à Bali. En août de cette année-là,il passa par la ville de Shirâz,au sud de l'Iran,non loin du site historique qui,quelques années auparavant,avait inspiré Persépolis à Xenakis. Vivier décrivit la ville de Shirâz comme "une perle - un diamant brut" (cette dernière image convenant assez bien à Vivier lui-même) et décida de lui rendre hommage en composant une oeuvre pour piano dont les contours resteraient "bruts" grâce à l'utilisation de mouvements convergents et divergents des deux mains. Il n'y a, à l'évidence, aucune trace d'orientalisme dans "Shiraz" si ce n'est une fascination pour la répétition (que l'on pourrait considérer comme un hommage au "Klavierstück IX de Stockhausen), tant il avait un penchant pour les séries de Fibonacci). Cependant,il se peut que dans ce morceau,l'écriture convergente à deux voies à chacune des deux mains soit une référence indirecte aux deux chanteurs aveugles que Vivier ,à l'en croire,suivit obstinément pendant des heures sur la place du marché de Shirâz. Il ajouta que c'étaient eux les dédicataires indirects de l'oeuvre,le dédicataire direct étant le pianiste canadien Louis-Philippe Pelletier.>>

Interprète: Kristi Becker.

SHIRAZ reste vraiment l'oeuvre pour piano que je préfère de VIVIER, atonale certes mais fascinante, en revanche la rigidité sérielle de DESINTEGRATION pour deux pianos a eu raison de ma patience car j'ai lâché prise. Rolling Eyes

SHIRAZ Claude Vivier (1948-1983) 333455 Claude Vivier (1948-1983) 333455

PIANOFORTE Claude Vivier (1948-1983) 333455
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2013-05-10, 15:53

La page était très décalée à cause de ton lien qui faisait 1 km de long Claude Vivier (1948-1983) 231625 Alors je l'ai transformé en "lien caché" suivant les instructions de Snoopy, ce qui ne nous donne plus que "voir lien ici". C'est quelqu'un quand même notre Snoopy ! Very Happy

A part ça, ce que j'ai déjà écouté de Claude Vivier (un concerto pour piano je crois, plus le CD ci dessus) ne m'a pas déplu, mais pas non plus très emballé... Embarassed
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2013-05-10, 16:16

Citation :
La page était très décalée à cause de ton lien qui faisait 1 km de long Alors je l'ai transformé en "lien caché" suivant les instructions de Snoopy, ce qui ne nous donne plus que "voir lien ici". C'est quelqu'un quand même notre Snoopy !

Je me demandais ce qui pouvait bien causer ce désagrément. D'autre-part, j'aimerais bien savoir comment on obtient un lien caché. Sinon merci d'avoir rectifié. Mains

Citation :
A part ça, ce que j'ai déjà écouté de Claude Vivier (un concerto pour piano je crois, plus le CD ci dessus) ne m'a pas déplu, mais pas non plus très emballé...

Et encore, tu as sûrement écouté des oeuvres relativement souples - je ne connais pas son Concerto pour piano - parce qu'une pièce orchestrale comme ORION (que j'adore) ne passerait sans doute pas. Claude Vivier (1948-1983) Icon_con
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2014-06-26, 19:43

Ma dernière folie du moment est un cd qui regroupe des oeuvres de Claude Vivier dont trois sur quatre me sont complètement inédites. Je vais pouvoir continuer mon périple dans l'univers si singulier du compositeur canadien grâce à Who bist au licht!, Gretting Music et aussi Trois airs pour un opéra imaginaire, par l'Ensemble de la SMCQ sous la direction avisée de Walter Boudreau. Que d'écoutes en perspective avec, je l'espère, de belles émotions au bout!  Claude Vivier (1948-1983) 473398 
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2014-07-12, 20:24

Icare a écrit:
Ma dernière folie du moment est un cd qui regroupe des oeuvres de Claude Vivier dont trois sur quatre me sont complètement inédites. Je vais pouvoir continuer mon périple dans l'univers si singulier du compositeur canadien grâce à Who bist au licht!, Gretting Music et aussi Trois airs pour un opéra imaginaire, par l'Ensemble de la SMCQ sous la direction avisée de Walter Boudreau. Que d'écoutes en perspective avec, je l'espère, de belles émotions au bout!  Claude Vivier (1948-1983) 473398 

Claude Vivier fait aussi partie de mes compositeurs contemporains préférés. J'ai l'impression que tout ce qu'il touche me touche, si je peux me permettre cette expression. Sa musique se situe dans une "contemporanité" qui m'est juste idéale, dans un juste équilibre entre tradition et recherche sonore. Gretting Music pour flûte, hautbois, percussion, piano et violon exprime bien cet équilibre entre tradition et expérimentation sonore. Ha! Le violon qui perd sa musicalité dans la partie la plus bruitiste et fascinante de l'oeuvre! Sinon, c'est la voix de soprano et de mezzo-soprano qui est mise à l'épreuve dans les trois autres compositions, la mezzo-soprano Marie-Annick Beliveau, dans Wo Bist du Licht! dont l'introduction est étonnante, s'appuyant sur le jeu de grosses percussions et de cordes crispées. La musique est étrange et plus ou moins intense avec parfois, en fond, des extraits de dialogues ou de discours soit en anglais ou en français. J'ai l'impression d'écouter un long fragment d'opéra contemporain. J'aime beaucoup le climat dramatique instauré par le développement orchestral. Bouchara que je connaissais déjà, prolonge mon plaisir avec la soprano Marie-Danielle Parent dans une musique plus sinueuse et relativement douce. Le grand coup de coeur se situe pour moi dans Trois airs pour un opéra imaginaire avec la soprano Ingrid Schmithüsen. Cette oeuvre-là touche selon moi à l'exquis et offre à la voix de soprano une performance qu'elle surmonte avec brio et sensibilité. Magnifique!  Claude Vivier (1948-1983) 395622 
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2015-07-12, 22:12

J'ai réécouté Siddhartha für Orchester in acht Gruppen (1976) de Claude Vivier, une oeuvre que j'ai toujours beaucoup aimée, peut-être un peu moins qu'Orion pour orchestre qui demeure sans doute mon oeuvre préférée du compositeur. J'aime beaucoup la palette de couleurs qui illumine cette musique d'un bout à l'autre. C'est finement ciselé et enrichi de combinaisons instrumentales parfois ingénieuses. Il s'en dégage ainsi des atmosphères plus ou moins brèves mais marquantes. Singulière, élaborée, présentée par certains connaisseurs comme l'oeuvre orchestrale la plus aboutie de Claude Vivier, j'y perçois une sorte de sculpture sonore assez inventive et d'une grande mobilité. Rien n'est figé. Il était prévu qu'elle soit interprétée en 1976, par l'Orchestre national des jeunes du Canada sous la direction de Marius Constant, mais la représentation n'a jamais eu lieu, pour des raisons que j'ignore. C'est le compositeur et chef d'orchestre Walter Boudreau qui s'en chargea avec enthousiasme, exactement dix ans plus tard, c'est-à-dire, pour ceux qui ne savent pas compter Hehe, en 1986. Siddhartha puise son inspiration dans la nouvelle homonyme de Hermann Hesse (1922). Voilà une oeuvre atonale qui me touche beaucoup.
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2015-08-14, 13:25

<<La mort, à rien ne peut se comparer, parce qu'elle ne ressemble à rien: "J'ai peur - se lamente-t-il - je ne vois plus rien, plus rien que le reflet de mes yeux, mes yeux dans le vide." Maurice Blanchot a raison: la mort n'est pas la mort et c'est cela qui est terrible. Concept vide, elle glace de stupeur, féconde et attise une terreur sans point d'ancrage, errante et hagarde. Elle ouvre des gouffres qui s'ouvrent les uns sur les autres, qui se dévorent les uns les autres. Vivier tout à la fois refuse avec rage la douleur absolue, semble fuir un indicible pressentiment, désirerait sa propre mort (il fut sauvagement assassiné à Paris). L'année de sa mort, en 1983, il écrit à son amie Thérèse Desjardins: "Je ne sais pas pourquoi - il me semble que je veuille vaincre la mort sur son propre terrain, la rendre libératrice de l'être ouvert sur l'éternité sans passer par la mort, sans payer un tribut au vieux Passeur de l'Achéron." Ou au "Miracle aisé de la Mort" d'Emily Dickinson. Les oeuvres qui naissent ne constituent pas un "précis de décomposition", des oeuvres mercenaires ou des charniers de notes, non plus que des passions pathétiques ou boursouflées. Elles clament plutôt, étrangement, comme le Virgile de Hermann Broch: "Rire sous la voûte de la mort, quand transformée en rocher, elle descend vers la mer scintillante." Ce rire affleure, en catimini, tout paré de chatterie, dans le voluptueux mais inquiet d'intervalles serrés et d'agrégats, "Jesus erbarme dich" (l'accelerando "tu/ta/ti/tu/ta/ti/tu/ta/ti"); il se moque dans le tintinnabulement des grelots indiens de CHANTS..., annonce les sombres ricanements de la mort dans le martèlement de gong de "Journal" - s'étouffent et se perdent au loin les cliquetis d'osselets des csardas macabres de Liszt...Mais CHANTS..., outre sa teinte surréaliste, et maint pigments issus de MOMENTE de Stockhausen, est un véritable "rituel de la mort", dévoile Vivier: "un requiem, trois femmes en présence de leur mort et leurs ombres, la septième voix étant ma voix au milieu de ce rite de la mort; un alter ego, une sorte de personnage à la Beckett" - spécifie le compositeur.>>

Jean-Noël von der Weid.

Chants..., interprété par l'ensemble "Les Jeunes Solistes" sous la direction de Rachid Safir, réunit quatre oeuvres pour choeur à cappella: tout d'abord Jesus Erbarme Dich (1974) avec comme soliste la soprano Brigitte Peyre; Chants (1973) dont le choeur se constitue de Brigitte Peyre, Raphaële Kennedy, Sandra Raoulx, Julie Hassler, Anne-Marie Jacquin, Els Janssens, Martine Guilbaud; Love Songs (1977) dont le septuor vocal se constitue de Brigitte Peyre, Raphaële Kennedy, Sandra Raoulx, Isabelle Fallot, Adrian Brand, Jean-Christophe Jacques, Jean-Louis Paya et Journal (1977) avec en partie des textes de Claude Vivier avec la soprano Brigitte Peyre, le contralto Els Janssens, le ténor Laurent David, le basse Jean-Christophe Jacques et le percussionniste Fabrice Marandola. Beaucoup de voix à cappella dans ces Chants... et de moments plus introvertis que d'autres. Les percussions n'interviennent pas seulement dans Journal, mais elles apparaissent aussi dans Chants. Lorsque j'écris qu'elles apparaissent, cela ne signifie pas pour autant qu'elles surgissent avec fracas. Non, pas du tout! Au contraire, elles interviennent avec parcimonie, détachement, retenue. Ce sont cependant ces passages-là qui me plaisent le plus. La percussion y est plutôt peu prolixe mais elle a une présence, un certain charisme. Elle apporte un climat, un relief, une ponctuation...Sinon, d'un point-de-vue plus global, il y a des hauts et des bas, ce n'est pas une musique qui me captive en permanence, plutôt des moments plus poétiques et attractifs que d'autres...
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Icare
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2020-03-29, 23:21

Icare a écrit:
Claude Vivier fait aussi partie de mes compositeurs contemporains préférés. J'ai l'impression que tout ce qu'il touche me touche, si je peux me permettre cette expression. Sa musique se situe dans une "contemporanité" qui m'est juste idéale, dans un juste équilibre entre tradition et recherche sonore. Gretting Music pour flûte, hautbois, percussion, piano et violon exprime bien cet équilibre entre tradition et expérimentation sonore. Ha! Le violon qui perd sa musicalité dans la partie la plus bruitiste et fascinante de l'oeuvre! Sinon, c'est la voix de soprano et de mezzo-soprano qui est mise à l'épreuve dans les trois autres compositions, la mezzo-soprano Marie-Annick Beliveau, dans Wo Bist du Licht! dont l'introduction est étonnante, s'appuyant sur le jeu de grosses percussions et de cordes crispées. La musique est étrange et plus ou moins intense avec parfois, en fond, des extraits de dialogues ou de discours soit en anglais ou en français. J'ai l'impression d'écouter un long fragment d'opéra contemporain. J'aime beaucoup le climat dramatique instauré par le développement orchestral. Bouchara que je connaissais déjà, prolonge mon plaisir avec la soprano Marie-Danielle Parent dans une musique plus sinueuse et relativement douce. Le grand coup de coeur se situe pour moi dans Trois airs pour un opéra imaginaire avec la soprano Ingrid Schmithüsen. Cette oeuvre-là touche selon moi à l'exquis et offre à la voix de soprano une performance qu'elle surmonte avec brio et sensibilité. Magnifique!

J'ai réécouté ces oeuvres ce soir. Elles me rappellent à quel point Claude Vivier est un compositeur qui ne ressemble à aucun autre. Il est une voix singulière et hyper-reconnaissable dans le monde de la musique contemporaine. Ses constructions, ses couleurs, sa poétique, tout semble unique dans sa musique. Puis, outre les trois oeuvres avec voix de femmes, il y a celle purement instrumentale qui débute par un piano tatillonnant, un piano qui a le charme de l'indécision, Greeting Music (1978). C'est en réalité un quintette original qui mêle piano, flûte, hautbois, percussion et violon. Il commence tout doucement, sur la pointe de ses notes, comme s"il ne voulait pas réveiller le mélomane qui ferme les yeux. Mais s"il ferme les yeux, c'est pour mieux en saisir chaque son, chaque mesure, pour mieux s'accommoder de ses silences, de ses hésitations, pour mieux ravir les sonorités furtives qui résonnent derrière le hautbois, ou ce chant d'oiseau qui se répète plusieurs fois, à croire qu'il a peur de ne pas être entendu. Cette oeuvre correspond selon moi à l'humeur du moment que nous sommes en train de vivre, en ce 29 mars 2020. J'entends pourtant un rire, un rire laconique. J'avoue ne pas savoir ce qu'il fait là, au sein d'une musique aussi énigmatique et presque impassible. Sur ce point, le propos du compositeur prend tout son sens, même si le rire inconnu demeure une énigme...un rire impassible, un rire indifférent de l'humain déshumanisé:

<<Claude Vivier écrivait dans les notes du programme de la Première, donnée par le groupe Days, Months and Years to come: "GREETING MUSIC" est en fait une pièce très triste. Les cinq musiciens ne devraient avoir aucune expression sur leur visage et leurs mouvements devraient se limiter à ceux qui sont absolument nécessaires à l'exécution de l'oeuvre: ils doivent en quelque sorte devenir des zombies. Cette pièce est l'expression d'un monde sans espoir, où rien ne peut être fait, ni ressenti.">>
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2020-03-30, 09:36

La voici, la pièce dont Icare parle si bien Wink 
Un compositeur que je découvre avec respect, un monde qui s'ouvre à moi, une vie déployée musicalement et la tristesse vient dans l'après-coup d'une partie descriptive.  Quel drame que sa vie illustre  pale

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https://youtu.be/VHnNN4F0nvg
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MessageSujet: Re: Claude Vivier (1948-1983)   Claude Vivier (1948-1983) Empty2020-03-31, 23:24

Heureux, Laudec, de t'avoir ouvert une fenêtre sur l'univers musical de Claude Vivier dont la vie fut brutalement rayée d'un trait de haine, en plein Paris. Ce soir, j'ai réécouté à deux reprises trois oeuvres de sa création; Prologue pour un Marco Polo pour cinq voix mixtes, 6 clarinettes, 2 percussions, cordes et bande, Zipangu pour treize cordes et Lonely Child pour soprano et ensemble instrumental, avec Susan Narucki, Alison Wells, Helena Rasker, Peter Hall, James Ottaway, Harry van der Kamp, le "Schönberg Ensemble", l'"Asko Ensemble", sous la direction de Reinbert de Leeuw. Voilà trois pièces qui jouissent d'une belle singularité ou, disons, d'une poétique particulière dans laquelle j'aime me vautrer...Vautrer, ce n'est peut-être pas le meilleur verbe pour exprimer mon addiction...oui, je suis assez addict à sa musique, même si je peux rester longtemps sans l'écouter. C'est parce que je sais que j'y reviendrai un jour, inéluctablement. D'ailleurs, dès que j'ai choisi le thème de mon nouveau cycle, "V comme Virus", j'ai aussitôt pensé à Claude Vivier! C'est le premier compositeur auquel j'ai pensé. Si j'adore la combinaison des cinq voix dans Prologue pour un Marco Polo, si les cordes m'ont parues fascinantes et aussi tranchantes qu'un katana dans un passage de Zipangu, Lonely Child est la plus émouvante, celle dont je me sens le plus proche:

<<LONELY CHILD a été créé à Montréal le 5 mars 1980. Il s'agit là de l'une des partitions les plus essentielles de son auteur, dans une convergence de thématiques propres à un homme à la recherche de son enfance comme au compositeur bâtissant une oeuvre à partir d'une mélodie capable d'engendrer une harmonie en expansion. Vivier écrit: "Je voulais un pouvoir total au niveau de l'expression, du développement musical sur l'oeuvre que je composais sans utiliser d'accords, d'harmonie ou de contrepoint. Je voulais en arriver à une musique très homophonique qui se transformerait en une mélodie, laquelle mélodie serait intervallisée." Le travail sur la couleur réalisé par Vivier, consistant à glisser d'une mélodie à un timbre orchestral composé de spectres harmoniques complexes, correspond parfaitement ce long et troublant "chant de solitude", qui part d'une ligne dépouillée s'enrichissant sans cesse pour retourner à son état orphelin initial.>> Alain Poirier.

Ce "chant de solitude" me parle d'emblée. Quelque-part, il est aussi lié à mon enfance. Il a traversé les bois en ma compagnie, la nuit, afin d'exorciser mes peurs. Il m'est de toute évidence familier, profondément encré en moi depuis le début d'une vie sans racine. Alors, forcément, lorsque j'entends ce "chant de solitude" dans une oeuvre, comme au début et à la fin de Lonely Child, il se passe quelque-chose de viscéral entre la musique et moi, quelque-chose qui appartient à mon ADN émotionnel. Né de parents inconnus, Claude Vivier se destine à la prêtrise et suit le séminaire jusqu'à l'âge de 17 ans. C'est lors d'une messe de minuit qu'il dit avoir eu la révélation de la musique: <<J'avais trouvé l'instrument idéal pour exprimer ma recherche de pureté et aussi la raison même de mon existence future.>>
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