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 Marius Constant (1925-2004)

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Icare
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MessageSujet: Re: Marius Constant (1925-2004)   Lun 27 Avr - 19:18

<<Dans ce dernier mouvement, j'aime comment le thème de Wagner est érodé et désagrégé par la musique de destruction habilement conduite par Marius Constant. J'adore cette "Nana Symphonie".>>

...une Nana Symphonie que j'avais déjà réécoutée récemment et que je viens de réécouter aujourd'hui, au point que je vais finir par la connaître par coeur. Ce qui est acquis pour moi, c'est que le plaisir ressenti ne subit absolument pas l'usure de plusieurs écoutes successives, bien au contraire, ce plaisir s'accroît, autant par les deux premiers mouvements truffés de dissonances mais si fascinants dans leur élaboration...si tourmentés et intenses, une expression symphonique qui me plait énormément...Le troisième mouvement, "Pas de deux" est le plus long et dépasse les dix minutes...mais aucune longueur pour moi car toute la partie élégiaque qui en ressort laisse émerger un romantisme intérieur d'un grand raffinement. J'y ressens quelque chose de très féminin, une ouverture au désir amoureux. Dans le dernier mouvement, j'aime effectivement comment le thème de Wagner qui balaie déjà d'un geste orchestral un air de fête dérisoire, est ensuite érodé et désagrégé par la musique de destruction habilement menée par Marius Constant, comme si deux mondes antagonistes, ou plutôt comme si l'un issu de l'autre, dans un élan de rebellion, se confrontaient dans une lutte du dominant/dominé et où le wagnérisme perdait enfin son invulnérabilité, se fissurait. J'ai toujours aimé cette idée - déjà chez Schnittke et Morricone - d'affronter ou confronter deux esthétiques musicales différentes au sein d'un même morceau, comme on peut le rencontrer aussi dans "Versailles" de son oratorio dramatique Des Droits de l'Homme, où Schoenberg semble ergoter le jovial clavecin purcellien de ses dissonances corrosives.
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Icare
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MessageSujet: Re: Marius Constant (1925-2004)   Mer 29 Avr - 22:16

Je pense que j'aime tous les concertos de Marius Constant, enfin tous ceux que je connais, sept au total. Les deux que j'ai réécoutés ce soir, Choruses and Interludes pour cor et orchestre et Concerto pour orgue de barbarie et orchestre, occupent une grande place dans mon coeur de mélomane. Le premier explore la forme jazz avec beaucoup de singularité et d'inventivité, offrant au cor un environnement sonore qui lui convient à merveille, une forme jazz plus traditionnelle dans un premier temps, le Chorus I, et qui se développe de façon plus personnelle et atypique dans les deux Chorus qui suivent. Le concerto ne se limite pas au soliste (Jean-Jacques Justafre) et à l'orchestre (Orchestre Symphonique de Nancy), s'y incrustent aussi, avec intelligence, le piano/clavier (Andy Emler), le saxophone (Pierre-Marie Bonafosse), la batterie (Pierre "Tiboum" Guignon) et surtout la guitare basse (François Moutin) qui, à chaque nouvelle écoute, me laisse une très agréable impression. J'aime particulièrement son apport ici, sa façon de pervertir la partie savante du "concerto", de lui apporter une connotation populaire, une touche de vulgarisation parfaitement assumée. Le troisième chorus est très réussi, j'en adore la cadence et la poétique urbaine qui en émane. Dans le Concerto pour orgue de Barbarie et orchestre, il y a bien sûr le second mouvement "Beethoven aussi..." qui rend clairement hommage au compositeur en reprenant un de ses plus beaux thèmes. Toutefois, on remarquera le superbe arrangement qu'il en fait: le thème de Beethoven est irrésistible à l'orgue de barbarie (Pierre Charial), et les cordes, judicieuses, autant comme soutien que lorsqu'elles prennent le relais. Ceci étant, je ne commettrai pas l'erreur de négliger les deux autres mouvements, plus personnels, qui sont également fascinants dans ce qu'ils expriment...la superbe entrée d'une flûte solo dans le premier, appuyant un caractère poétique avec beaucoup de sensibilité, un orgue de barbarie quasiment virtuose qui tient tête à l'orchestre dans le troisième.
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Icare
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MessageSujet: Re: Marius Constant (1925-2004)   Ven 1 Mai - 9:09

Introduction mystérieuse, motif lancinant et délicatement obsessionnel, porté par le saxophone de Claude Delangle, qui s'installe en douceur, toujours cette impression de mystère qui persiste alors que le saxophone aborde un passage plus complexe et enrichi sur le plan sonore, bien plus virtuose aussi. Le second mouvement du Concertante pour saxophone et orchestre "Tempo di cake-walk" est enlevé et animé, fait appel à plus d'orchestre et de joie. L'oeuvre prend ainsi une tournure plus lyrique et symphonique sur un tempo assez exaltant. Le troisième mouvement est une "Passaglia" qui démarre dans le grave et le mystérieux. Les cordes y sont soudainement magnifiques. La tension est à son comble autant pour le soliste que pour l'orchestre, les tensions et les luttes entre les deux parties allant presque jusqu'à l'éclatement de la matière sonore, les trémolos de cordes toujours aussi saisissants...Puis, la musique se calme progressivement même si la tension initiale reste sous-jacente et que s'invite à nouveau, sous la forme d'une conclusion espérée, le motif lancinant et irrésistible, thème principal du premier mouvement "Raga". J'adore ce concerto, peut-être mon préféré de ce compositeur.

            Avec Concerto "Gli Elementi" pour trombone, orchestre à cordes et 2 cors, j'entre dans une dimension également tendue et mystérieuse. Le trombone de Michel Becquet conduit avec conviction l'auditeur dans les méandres d'une oeuvre tourmentée, grave, une atmosphère langoureuse et sombre à la fois, à laquelle j'ai toujours été très sensible. J'apprécie la teneur dramatique de cette oeuvre, même si dans l'absolu, elle me fascine un peu moins que son Concertante pour saxophone et orchestre qui représente un concerto idéal à mon oreille. Cependant, je trouve très intéressant l'échange entre le trombone solo et les deux cors dans le second mouvement "Terra (Cadenza)", avec l'apport très étudié des cordes entre les deux pôles sonores. L'"Aria", troisième mouvement, commence sur des souffles effectués probablement par le trombone, la musique restant douce et, d'une certaine façon, énigmatique. Mouvement très stimulant pour le soliste qui offre une très belle page à son instrument, poétique à souhait. Le dernier mouvement "Fuoco (Improvvisazioni)" apporte plus de liberté au soliste qui s'exprime courageusement au sein d'un complexe orchestral chahuté et versatile. Brillant. Ce concerto gagne du terrain dans mon appréciation, comme quoi les réécoutes sont très utiles et permettent de mieux aiguiser son ressenti.
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MessageSujet: Re: Marius Constant (1925-2004)   

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Marius Constant (1925-2004)
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