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 Joseph Canteloube

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joachim
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MessageSujet: Joseph Canteloube   Jeu 18 Oct - 10:16

Pianiste, compositeur et musicologue français, (Marie) Joseph Canteloube de Malaret (nom de la propriété située dans le Lot aux confins du Cantal) est né le 21 octobre 1879 à Annonay (Ardèche) d'une mère cévenole et d'un père auvergnat et mort à Grigny (Essonne) le 4 novembre 1957.


Dès l'âge de quatre ans et demi, il a pour professeur de piano Mlle Amélie Daetzer, une amie de Frédéric Chopin qui se montrait « très jaloux de sa main gauche ». Après son baccalauréat, il travaille dans une banque à Bordeaux. Légèrement malade, il revient à la maison familiale à Malaret et sa santé retrouvée, il décide d'entrer à la Schola Cantorum et devient l'élève de Vincent d'Indy et de Charles Bordes, l'ami de Déodat de Séverac, d'Isaac Albéniz, d'Albert Roussel.

Il s'impose en 1907 avec une Suite pour piano et violon, en quatre parties qui est jouée à la Société Nationale sous le titre Dans la montagne. En 1908, il écrit Colloque sentimental pour chant et quatuor à cordes. En 1910, il aborde l'orchestre avec Eglogue d'Automne. Puis, il affronte le public avec Vers la Princesse lointaine, poème symphonique qui est joué au Théâtre du Châtelet en 1912 et un poème lyrique pour chant et orchestre Au Printemps.

En 1923, il compose six mélodies sous le titre l'Arada (la Terre). En 1922, les Concerts Lamoureux programment les préludes des premier et deuxième actes du Mas. L'année suivante un Triptyque pour chant et orchestre. C'est à cette époque qu'il compose les premières séries des Chants d'Auvergne.

En 1926, le Mas (trois actes dont il écrit le texte obtient les cent mille francs du concours Heugel). La première représentation a lieu à l'Opéra-Comique le 3 avril 1929. L'amour de la terre natale lui inspire Vercingétorix avec un livret d'Étienne Clémentel, sénateur du Puy-de-Dôme (Maire de la ville de Riom) et Hervé Louwyck.
En 1929, il compose trois pièces pour orchestre Lauriers (ce sont des hommages à l'Auvergne) représentées le 22 février 1931 au Théâtre du Châtelet et dirigé par Gabriel Pierné. De plus, il écrit un recueil des Chants de Haute Auvergne ; des recueils du Rouergue, du Limousin, du Quercy, des chants religieux d'Auvergne, l'Hymne des Gaules (sur un poème de Philius Lebesgue), une Pastorale roumaine sur un scénario et des thèmes populaires recueillis par Michel Vulpesco.

En 1925, il fonde La Bourrée, une filiale de l’Auvergnat de Paris. Cet organisme réunit de jeunes auvergnats, désireux de faire connaître le folklore et la beauté de leur région. Néo-druide, il participe à la création du Collège Bardique des Gaules

En 1941, il rejoint le gouvernement à Vichy. Il écrit dans le journal monarchiste l’Action Française : « Il faut aux chants de la terre leur décor, leur cadre, leur accompagnement de nature, de plein air… ». Il participe à de nombreuses émissions radiophoniques sur le folklore français, et enregistre ses Chants de France avec le ténor Christian Selva, qui en sera le premier interprète. La radio lui semble un vecteur idéal pour la diffusion de la musique populaire.

Parallèlement à sa carrière de compositeur, il recueille, harmonise et publie bon nombre de chants traditionnels français. Musicologue averti, il publie une biographie de Vincent d'Indy (1949) et une biographie de son ami Déodat de Séverac (1950). « Je n’ai jamais cherché à faire de la musicologie à bon compte, mais simplement œuvre de cœur, œuvre de musicien désirant exalter et faire connaître ce qu’il aime. » Il a écrit, également, Les Chansons des provinces françaises (Paris Didier, 1947) et le Chansonnier français à voix égales a cappella (Heugel).

Il lui fallut plus de trente ans pour mener à bien la constitution de son plus célèbre recueil et admirable : Chants d'Auvergne où l'on peut entendre un orchestre qui reflète les couleurs et paysages auvergnats. Passionné peut-être parfois à l’excès, il a su faire aimer tout le folklore français en le faisant mieux connaître.. Il est avant tout un musicien profond, vrai et sincère, à l’image de cette Auvergne qu’il aimait profondément.

Catalogue de l'oeuvre :

Colloque sentimental (1903), Kammermusik (vo, 2vln, vla, vc)
Dans la montagne: suite (1904), Kammermusik (vln, p)
chants populaires de Haute-Auvergne et Haut-Querey (1907), Volkslied Arrengements (vo, p)
Eglogue d'automne (1909), Lied (vo, orch)
Vers la Princesse Lointaine (1910 - 1911), Orchesterwerk
Le Mas (1910 - 1913), Oper
Au printemps (1913), Lied (vo, orch)
Tryptique (1914), Lied (vo, orch)
L'arada six pieces (1918 - 1922), Lied (vo, p)
Als catalans(1923) Volkslied Arrangements (6vo)
Chants d'Auvergne (1923 - 1930; in manchen Quellen 1923 - 1955), Volkslied Arrengements (vo, orch)
Cinq chants paysans (1927), Volkslied Arrengements (choir)
Chants religieux de Haute-Auvergne (1929), Volkslied Arrengements (vo, p)
Nouveaux chants paysans (1931), Volkslied Arrengements (choir)
Trois esquisses symphoniques «?Lauriers?» (1931), Orchesterwerk
Vercingétorix (1930 - 1932), Oper, (Anmerkung: Vercingétorix)
Chansons galantes du XVIII siècle (1933), Arrengements (4vo, p (clvsn))
Pièces Françaises (1934 - 1935), Konzert (p, orch)
Chansons galantes deuxième série (1935), Arrengements (vo, p)
Chants paysans trosième série (1935), Volkslied Arrengements (choir)
Poèmes (1937), Konzert (vln, orch)
Chants des terroirs Français (1939), Volkslied Arrengements (choir)
Chants de France, deuxième série (1939 - 1940), Volkslied Arrengements (choir, orch)
Anthologie des Chants Populaires Français ( 1939 - 1943), Volkslied Arrengements
Chanssonier alsacien (1945), Volkslied Arrengements (choir)
Rustiques (1946), Kammermusik (ob, cl, bssn)
Chants de l'Angoumais (1947), Volkslied Arrengements (vo, p)
Chants du languedoc (1947), Volkslied Arrengements (vo, p)
Noëls populaires français, Volkslied Arrengements (1948) (vo, p)
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 18 Oct - 10:28

Voici un article tiré de la biographie Naxos qui nous aide à mieux comprendre le personnage :

Joseph Canteloube n’est connu aujourd’hui le plus souvent du grand public que pour ses Chants d’Auvergne, authentiques chants populaires recueillis par le compositeur pendant de longues années dans sa région d’origine, puis harmonisés et savamment orchestrés.

Mais il est aussi l’auteur d’une oeuvre abondante comprenant plusieurs opéras, dont les plus importants sont Le Mas et Vercingétorix créés à l’Opéra de Paris respectivement en 1929 et 1933, des pièces symphoniques, de musique de chambre, etc. Mais c’est véritablement comme musicien “régionaliste” que Canteloube est resté dans les mémoires mélomanes puisque son oeuvre dans ce domaine parcourt une grande variété de régions françaises. Citons en particulier Le chansonnier alsacien (1952), Chansons champenoises, Chansons du veillois (1929), Chants du Languedoc (1948), Chants du pays basque (1949), Noëls d’Europe (1954), Anthologie des chants populaires franco-canadiens (1953), Les chants des terroirs français, etc. Il est par ailleurs l’auteur de plusieurs écrits sur ce patrimoine mélodique populaire (dont un ouvrage publié en 1947, Les chants des provinces françaises).

La série des Chants d’Auvergne, en cinq recueils publiés entre 1923 et 1954, constitue la part la plus importante de cette démarche créatrice originale.

Canteloube est né à Malaret, en Auvergne du Sud. “J’habitais alors la pleine campagne, en une région où les paysans chantaient encore volontiers. Je commençais à courir fermes et villages pour écouter les chansons des paysans, faisant chanter les vieux et vieilles, les pâtres et les bergères aux pâturages, les laboureurs et moissonneurs au travail”. Canteloube commence ainsi une exploration assidue du fonds populaire de sa région, recueillant, comme l’avait fait Bartók en Europe centrale (mais de façon peut-être moins systématisée et moins scientifique), les chants et les mélodies, commençant à leur associer des harmonisations, composant souvent à partir de ces chants de petites pièces pour voix avec piano ou orchestre.

En 1906, Canteloube quitte l’Auvergne, s’installe à Paris où il étudie le piano avec une ancienne élève de Chopin. À la Schola Cantorum, très importante école d’enseignement musical, dirigée par Vincent d’Indy, et qui fait pendant au Conservatoire de Paris, il confirme son goût pour “la puissance et la pureté des sources musicales et poétiques que sont la terre et ses émanations non intellectualisées, danses et chants populaires, légendes et épopées rustiques”.

Rappelons ici que d’Indy était lui-même un grand promoteur de ce type d’esthétique, affirmant son attachement aux fondations populaires de la musique et aux sources médiévales de ce répertoire. “Je n’ai jamais cherché à faire de la musicologie à bon compte, écrit Canteloube, mais simplement oeuvre de coeur, oeuvre de musicien désirant exalter et faire connaître ce qu’il aime”. Lié aussi à des musiciens tels que Déodat de Séverac, il lui consacre une monographie publiée en 1951 et se retrouve dans l’esthétique de son ami : “Il conseille de revenir à sa terre, à sa race, à la lumière, à l’air, au soleil, à la couleur de chez soi et cela, non par vaine attitude, mais parce qu’il est convaincu de cette nécessité”.

Assez naturellement, cet amour du patrimoine musical régional porte Canteloube à un véritable nationalisme, qui le mène à s’associer au gouvernement de Vichy pendant la Seconde guerre. Acteur important de la politique culturelle pétainiste, il écrit dans L’Action française : “Il faut aux chants de la terre, leur décor, leur cadre, leur accompagnement de nature, de plein air. Seul l’art immatériel, la musique, peut par les timbres, par les rythmes, les harmonies, mouvants, impalpables, évoquer l’atmosphère nécessaire. Je dirai même qu’elle a le droit de le faire, car les chants paysans s’élèvent bien souvent au niveau de l’art le plus pur, par le sentiment et l’expression, sinon par la forme”.

Bien évidemment, les conceptions esthétiques de Canteloube vont de pair avec une position que l’on pourrait qualifier de “réactionnaire” vis-à-vis de ses contemporains. Ainsi écrit-il aussi : “À une époque où l’intellectualité est trop développée, l’on voit fleurir les doctrines les plus étranges, les plus folles, s’opposant les unes aux autres : l’on voit se répandre les modes les plus saugrenues, les plus ridicules (…). Aujourd’hui, on présente au public des “choses” appelées musiques, qui n’ont pourtant aucun des caractères que les dictionnaires musicaux s’accordent pour reconnaître à cet art. Ces “choses” sont précédées de circulaires explicatives, rédigées dans un jargon simili-scientifique, la plupart du temps incompréhensible et d’une incroyable prétention”.

Le travail harmonique et orchestral réalisé par Canteloube à partir de chants populaires originaux est d’une qualité remarquable. “Si le paysan chante sans accompagnement, écrit-il encore, ce n’est pas une raison suffisante pour l’imiter. Quand le paysan chante au labour, aux moissons, il y a autour de son chant tout un accompagnement que, précisément, ne “sentent” pas ceux qui veulent rester “scientifiques”. Cet accompagnement n’est entendu que des artistes et des poètes, et encore hélas ! pas de tous. C’est la nature, c’est la terre qui le constituent, et le chant paysan ne peut en être séparé…”.

Et c’est en effet cet accompagnement imaginaire sur lequel travaille le compositeur, suscitant tout un éventail d’atmosphères harmoniques et instrumentales très variées pour nourrir ces chants, souvent relativement rudimentaires dans leur structuration et leurs lignes mélodiques.

Source : http://www.naxos.com
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Coco



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 19 Oct - 23:05

Extraits des chants d'Auvergne

ICI

coco
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 12:16

Je ne connais que ses "Chants d'auvergne" (le reste est souvent absolument introuvable) mais c'est d'une beauté à couper le souffle. Notamment "Baïlero" :

http://br.youtube.com/watch?v=0KVgTJr173s (par Kiri Te Kanawa, et l'English Chamber Orchestra dir. Jeffrey Tate)
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Coco



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 12:35

kfigaro a écrit:
Je ne connais que ses "Chants d'auvergne" (le reste est souvent absolument introuvable) mais c'est d'une beauté à couper le souffle. Notamment "Baïlero" :

http://br.youtube.com/watch?v=0KVgTJr173s (par Kiri Te Kanawa, et l'English Chamber Orchestra dir. Jeffrey Tate)


En effet très beau ça et les images magnifiques aussi.

Coco
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 19:29

On trouve les 5 Livres de Chants d'Auvergne (30 chants en tout) intégraux chez Naxos, avec deux autres oeuvres : le Tryptique et les Chants de France.
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Jean



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 22:34

Kiri Te Kanawa en a aussi enregistré l'intégrale avec Jeffrey Tatte
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Jeu 25 Oct - 22:55

Je suis abonné à l'écoute de tous les disques Naxos, je chercherais ça à l'occasion, je trouve dommage qu'on ne trouve pas ses opéras ainsi que ses autres oeuvres.
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joachim
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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 26 Oct - 15:16

J'aimerais bien aussi écouter un de ces deux opéras.
Personnellement, en dehors des chants, je n'ai entendu que son poème pour violon et orchestre (assez proche de celui de Chausson) et sa grande suite pour violon et piano, Dans la Montagne.
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kfigaro



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MessageSujet: Re: Joseph Canteloube   Ven 26 Oct - 15:46

J'ai commencé à écouter celui là :
http://www.naxos.com/catalogue/item.asp?item_code=8.557491

une bonne version - très "terroir", un peu moins impressionniste et chatoyante que la version que j'ai :

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Joseph Canteloube

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