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 Luisa Miller - Verdi

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MessageSujet: Luisa Miller - Verdi   Sam 29 Sep - 1:22

Vous pouvez l'écouter

ICI

(cliquez sur le titre, pas sur mp3)

Licence créative commons.

* Baronti, Duilio (Basso, Wurm)
* Cammarano, Salvatore (Autore del libretto)
* Colarescu, Grazia (Soprano, Laura)
* Colombo, Scipio (Baritono, Miller)
* Coro di Roma della RAI (Coro)
* Di Tommaso, Salvatore (Baritono, un contadino)
* Kelston, Lucy (Soprano, Luisa)
* Lauri-Volpi, Giacomo (Tenore, Rodolfo)
* Orchestra di Roma della RAI (Orchestra)
* Rossi, Mario (Direttore)
* Truccato-Pace, Mitì (Contralto, Federica)
* Vaghi, Giacomo (Basso, Il Conte di Waler)
* Verdi, Giuseppe (Compositore)

Snoopy ou Joachim, vous mettrez le bla-bla hein dites ?
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Coco
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MessageSujet: Re: Luisa Miller - Verdi   Lun 29 Déc - 11:28

Luisa Miller est un opéra en trois actes, le quatorzième de Giuseppe Verdi, alors âgé de 36 ans, présenté pour la première fois au Teatro San Carlo de Naples le 8 décembre 1849. Il est considéré comme un tournant dans le style verdien.

Genèse
Après la création d'Alzira, le Teatro San Carlo à Naples commanda deux nouveaux opéras à Giuseppe Verdi. À cet effet, Salvatore Cammarano (1801-1852), librettiste du théâtre fut chargé de rédiger les livrets. Il faut préciser que le choix du librettiste était crucial, puisque dans les œuvres de Verdi tout particulièrement, le texte a une valeur primordiale. Si ce fut Cammarano qui fut choisi par Verdi pour écrire le livret de ces deux opéras, c'est en partie pour la lettre que celui-ci lui envoya et qui le suppliait en ces termes: « tendez une main secourable à un artiste, à un père de famille... Le cœur inondé de larmes, à genoux comme en présence de Celui qui donne tout bien, moi et mes fils nous attendons cette grâce... », il faut préciser que la situation du librettiste était précaire et qu'il avait six fils à sa charge. C'est pour cela, principalement, qu'il fut choisi par Verdi qui lui commanda un livret « bref, avec beaucoup de mouvement et encore plus de passion ». Ainsi furent créés La battaglia di Legnano (27 janvier 1849 à Rome) et Luisa Miller d'après Kabale und Liebe de Friedrich von Schiller.

Au début, le projet de Verdi n'était pas de réaliser un opéra d'après Kabale und Liebe mais un opéra héroïque du même type que La battaglia di Legnano ayant pour cadre le siège de Florence de 1529 et dont le titre aurait été Assedio di Firenze, tandis que Piave, à qui Verdi avait déjà proposé le sujet, suggérait pour titre Maria de' Ricci et Cammarano Niccolo dei Lapi. Mais le projet déplut à la censure napolitanaise à cause de la tension politique qui régnait, du siège de Venise, de l'occupation de Rome et de la défaite des Piémontais. Ce pourquoi Verdi et Cammarano se rabattirent sur Kabale und Liebe qu'il avait déjà évoqué comme support possible avant que n'intervienne la censure.

Il s'agissait du troisième opéra de Verdi inspiré d'une œuvre de Schiller. La première avait été Giovanna d'Arco (livret de Temistocle Solera) et la seconde I masnadieri (livret d'Andrea Maffei). Schiller l'inspirera une quatrième fois dans Don Carlos (livret de François Mery) ; en effet, Verdi aimait beaucoup tirer le livret de ses œuvres des écrits d'auteurs de premier plan (Alexandre Dumas, Victor Hugo, William Shakespeare, etc.). Verdi confirme la réception des exposés sur Luisa Miller le 17 mai 1849 à Paris. Il envisageait alors d'interrompre le premier acte brièvement et brusquement. Cammarano, que Verdi tenait en haute estime, se prononçait contre cette décision et tenait à ce que l'opéra conserve les huit vers que Verdi avait rayés. Dès le commencement, il avait été projeté que le grand quatuor de l'acte II se ferait a cappella, ce qui était pour l'opéra italien de l'époque une chose peu commune. Cette nouveauté fut d'ailleurs particulièrement appréciée des critiques.

Luisa Miller est une œuvre de transition, juste avant la trilogie de la maturité, Rigoletto / La Traviata / Le Trouvère. Il est à ce titre révélateur que le librettiste, Salvatore Cammarano, soit à la fois l’auteur du livret de Lucia di Lammermoor et de celui d’Il Trovatore. Car si l’on retrouve encore une forme un peu figée héritée du passé (avec l’inaltérable couple aria-cabalette), « l’œuvre laisse très largement deviner le Verdi de la maturité, avec des caractères moins monolithiques (le personnage de Miller par exemple), de longues scènes où le compositeur varie les climats ». On peut donc dire que Luisa Miller est une « nette rupture avec les œuvres de jeunesse par des idées nouvelles ».

Création
Lors de la première au Teatro San Carlo de Naples le 8 décembre 1849, le public a particulièrement ovationné l'ouverture, le final du premier acte et le trio du dernier acte, bien que la postérité ait principalement retenu de l'œuvre l'aria de Rodolfo du deuxième acte. Créé le 2 février 1853 à l'Opéra de Paris, il est à nouveau donné au Palais Garnier en 1983, avec Luciano Pavarotti et Katia Ricciarelli dans les rôles de Rodolfo et Luisa.

source : wikipedia


https://www.youtube.com/watch?v=zy3N5dUPPiQ
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MessageSujet: Re: Luisa Miller - Verdi   Lun 29 Déc - 11:39

Livret

Critiques du livret
Si l'on compare le livret à la pièce de Schiller, on se rend compte que certains passages de Luisa Miller durent être modifiés à cause de la menace de censure qui planait sur l'opéra de l'époque. Tous les passages politiquement explosifs furent systématiquement rayés. Ferdinando dut devenir Rodolfo puisque le Roi des Deux-Siciles de cette époque s'appelait Ferdinand. En outre, certaines scènes de chœurs durent être créées, exigeant la transplantation de certains passages à l'extérieur, contrairement à l'écrit de Schiller. Ces modifications furent d'ailleurs accueillies avec sévérité par les critiques français:
« M. Cammarano a dépouillé la fable de Schiller de tous détails de temps, de lieux et de mœurs locales qui en font l'intérêt, et a pris tout simplement la charpente dramatique, qu'il a transportée où l'on voudra, en Suisse par exemple, vers le commencement du XVIIe siècle [...] Il résulte de cet appauvrissement d'incidents et d'épisodes caractéristique [...] un ennui qui vous saisit dès les premières scènes et ne vous quitte plus jusqu'à la fin de la pièce »
Le même critique alla jusqu'à déclarer qu'« on ne pouvait tendre à M. Verdi un piège plus dangereux qu'en lui donnant à mettre en musique le misérable libretto de Cammarano ». Mais tel ne fut pas l'avis de tous puisqu'il fut dit à l'occasion de la représentation de Luisa Miller à Liège :
« La censure a parfois du bon : ce sont en effet les ciseaux allègrement maniés par les autorités napolitaines qui contraignirent en partie un jeune compositeur à se détourner des fresques historiques et politiques qui avaient assuré ses premiers succès, pour inventer une nouvelle manière basée sur l'approfondissement des caractères. »
C'est un point très controversé de l'opéra, puisque par Marie-Claire Beltrando Patier fut écrit que le livret était « l'un des meilleurs que Verdi ait jamais obtenus ».
La rivale de Luisa, la duchesse d'Ostheim, voyait son importance diminuer, au profit de trois basses, que Verdi choisit en Miller, Wurm et Walter, bien qu'elle chante un duo avec Rodolfo qui fut qualifié de « morceau tout à fait charmant [...] L'embarras où se trouve le fils de Walter vis-à-vis de la femme qui l'aime, mais dont il ne peut partager les sentiments, la tendresse chaste et voilée de Federica, qui est loin de soupçonner le trouble qui remplit le cœur de son fiancé, tout cela est exprimé par un allegro affectuoso d'une grâce toute élégiaque ». Cammarano suivit Verdi dans cette idée. Parce que Wurm ne peut avoir d'aria, ses actions ne semblent pas très motivées. Mais il apparut que Cammarano prenait plaisir à écrire des livrets comprenant de grands revirements et des « cassures », il permettait ainsi la création d'éclatements musicaux d'une expressivité extrême, procédé que l'on retrouve dans Il Trovatore.
« Une tragédie bourgeoise »
« Une tragédie bourgeoise », tel est le sous-titre de l'écrit de Schiller Kabale und Liebe dont s'est librement inspiré Salvatore Cammarano pour écrire le livret de Luisa Miller. En effet, contrairement aux habitudes de la tragédie néo-classique, Kabale und Liebe ne fait pas une tragédie à partir d'une intrigue historico-politique mais faisait ressortir une « tragédie bourgeoise » dans le sens où elle constituait une incursion dans la vie privée d'un bourgeois et ne faisait pas apparaître, comme il était coutume de le faire, un contexte de politique et de pouvoir. Ainsi, Luisa Miller est basé sur les machinations et les projets d'un simple potentat local. La gamme des sentiments exprimés par Luisa Miller, a fait qu'on l'a souvent comparé à La Traviata. Par ailleurs, c'est pour cette raison que seuls des évènements extrêmes font de Luisa un personnage tragique qui ne se révèlera pleinement que dans le dernier acte.
« Luisa Miller constitue une nouvelle halte méditative, où le patriotisme et les effets faciles laissent place à une analyse de l'âme humaine. »
L'opposition du père et du fils
Dans Luisa Miller, le comte de Walter s'oppose formellement à l'amour de son fils Rodolfo avec Luisa, car celle-ci n'appartient pas au même niveau social que ce dernier. Cet évènement est fort proche de ce qui se passait réellement dans la vie de Verdi. Il était en effet brouillé avec son père à cause de la cantatrice Giuseppina Strepponi qui vivait chez lui alors qu'ils n'étaient pas mariés. Cette opposition se retrouve également dans La Traviata quand le père d'Alfredo refuse de tolérer les amours de son fils pour Violetta.
Les rapports de l'héroïne avec les hommes de l'intrigue
Luisa, héroïne de la tragédie, est victime d'une société masculine, ou plus précisément régie par des hommes. En cela, elle préfigure le personnage de Gilda dans Rigoletto; bien que ce phénomène y soit plus accentué puisque même les chœurs sont exclusivement masculins. Elle trouve appui dans son père. Le duo du père et de la fille est un phénomène fréquent chez Verdi, et se caractérise à chaque fois par un duo soprano-basse. D'une manière générale, le duo d'un vieil homme et d'une jeune fille est fréquent dans les opéras (Rigoletto et Gilda dans Rigoletto, Wotan et Brünhilde dans L'Anneau du Nibelung, Sarastro et Pamina dans La Flûte enchantée).

source : wikipedia

     
https://www.youtube.com/watch?v=iNAKKjOUfqQ
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MessageSujet: Re: Luisa Miller - Verdi   Lun 29 Déc - 11:46

Argument

L'action se déroule dans un village tyrolien dans la première moitié du xviie siècle

Acte I : L'amour
Tableau I
Luisa, fille de Miller aime et est aimée de Carlo, un jeune homme rencontré au village. Lorsque Wurm, un courtisan également épris de Luisa, demande à Miller la main de sa fille, celui-ci lui répond alors qu'il ne peut engager sa fille contre sa volonté. Vexé, Wurm lui révèle alors la véritable identité de Carlo, il s'agit en effet de Rodolfo, fils du comte Walter.
Tableau II
À la suite de cela, Wurm s'en va au château apprendre au comte l'amour de Rodolfo pour la fille d'un soldat retraité. Or, celui-ci avait prévu pour son fils le mariage avec sa nièce Federica, duchesse d'Ostheim, il demande donc à cette dernière d'en informer Rodolfo. Mais, une fois seul avec elle, le fils du comte lui confesse qu'il aime une autre femme dans l'espoir que la comtesse renonce à lui, or celle-ci est trop profondément éprise de Rodolfo pour comprendre.
Tableau III
Ce dernier se rend alors chez Miller pour voir Luisa qui a appris de son père la véritable identité de celui qu'elle aime ; il lui déclare alors à genoux qu'il l'aime et qu'il veut être son époux. Sur ce entre Walter qui ordonne l'arrestation de Miller et de sa fille. Mais son fils le menace de révéler certaines de ses fraudes pour parvenir à ses fins. Effrayé, le comte libère Luisa mais Miller reste captif.

Acte II : L'intrigue
Tableau I
Miller est en prison et est promis à une exécution. Wurm se rend alors chez Luisa pour conclure avec elle un odieux marché : son père sera libéré à la seule condition qu'elle écrive une lettre déclarant son amour pour Wurm et annonçant qu'elle s'était jouée de Rodolfo...
Tableau II
Au château, Wurm rappelle à Walter comment celui-ci a pris le pouvoir en tuant son propre cousin et Rodolfo ne le sait que trop bien, puisqu'il a recueilli les derniers soupirs du comte, gisant sur la route. Luisa est menée à la duchesse pour lui certifier qu'elle n'aime pas Rodolfo.
Tableau III
Dans son appartement, Rodolfo lit la lettre de Luisa et provoque Wurm en duel mais celui-ci évite la confrontation en déchargeant son pistolet en tirant en l'air. Le comte Walter conseille à Rodolfo de se venger en épousant Federica.

Acte III : Le poison
Alors que l'on peut entendre les échos du bruit du mariage de Rodolfo et Federica, Miller rentre chez lui. Luisa est bien décidée à partir mais son père réussit à la persuader de rester avec lui. Restée seule, elle prie. C'est alors que Rodolfo rentre dans la maison et verse du poison dans un verre. Puis, il demande à Luisa si elle a réellement écrit la lettre, ce à quoi elle répond « oui ». Rodolfo l'invite alors à boire avec lui après quoi il lui révèle qu'ils sont condamnés ; avant d'expirer, Luisa lui révèle qu'elle l'a toujours aimé, lorsque surviennent Wurm et Walter ; dans un dernier élan, Rodolfo transperce la poitrine de Wurm et s'effondre.
La pièce se termine par le « Ah ! » du chœur.

source : wikipedia


https://www.youtube.com/watch?v=42QmLTL923U
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MessageSujet: Re: Luisa Miller - Verdi   Lun 29 Déc - 12:16

Une musique solaire et ténébreuse

Du point de vue musical, Luisa Miller, recherche un climat nouveau. On trouve dans l'ouverture, l'une des plus belles de Verdi, un souffle orchestral qui annonce La forza del destino et, dans l'oeuvre entière, un rythme profondément nouveau qui consiste à relâcher la tension jadis présente d'un bout à l'autre du drame. L'alternance des tensions permet un usage contrasté des voix. Tantôt solaire, tantôt ténébreuse, la vocalité y est d'une exceptionnelle qualité et les nombreux emprunts au 'bel canto' ne nuisent nullement à la nouvelle manière d'envisager cette trame dramatique. Cette particularité fait de Luisa Miller une œuvre unique au sein de la production verdienne.

Réduite à trois actes, au lieu de cinq chez Schiller, l'opéra de Verdi et Cammarano propose trois éclairages différents, entretenant entre eux une déclinaison complète des moyens d'expression du drame. Le premier acte joue la carte de l'intimité de Luisa (soprano) progressivement ombragée par l'annonce de l'identité de Rodolfo (ténor) et les exigences du comte Walter (basse). Les pressentiments de Miller (baryton) en sont les moments les plus tragiques. Le deuxième acte met l'accent sur les ingrédients de la tragédie et offre aux forces négatives et terrifiantes, le comte Walter et son sbire Wum (basses), toute la mesure de leur effroyable complot. La vocalité en est totalement changée et les airs, duos et ensembles sont d'une noirceur impressionnante.

Des héros à la carrure inattendue
C'est dans le dernier acte que la carrure des héros se fait jour. Malgré l'extrême tension des récitatifs des amants et de la terrible scène du poison, le maestro innove et expérimente la "tristesse insidieuse d'où surgit soudain la catastrophe" (Gilles de Van), une demi-teinte qui n'empêche pas, pour l'auditeur, la sensation du tragique, mais qui la renforce aux moments-clés de l'œuvre. …
Quant au trio final où Verdi renoue avec le climat sonore intimiste, il chante la dissolution des personnages et leur ultime apaisement. Là encore, il nous faut penser à la La Forza del destino dans son atmosphère funèbre et diaphane … rédemptrice ! La péroraison qui montre Rodolfo poignardant l'infâme Wurm dans un ultime élan vital est fulgurante et n'entame en rien le triple sentiment de gâchis, de profonde injustice et de transfiguration.

source : Jean-Marc Onkelinx, musicologue – livret ORW, novembre 2014-12-29


https://www.youtube.com/watch?v=JeiXemXHvwY
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MessageSujet: Re: Luisa Miller - Verdi   Aujourd'hui à 19:01

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