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 Ernest Reyer (1823-1909)

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joachim
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MessageSujet: Ernest Reyer (1823-1909)   Sam 9 Juin - 15:55

Louis Étienne Ernest Rey, dit Ernest Reyer, est un compositeur français né à Marseille le 1er décembre 1823 et mort au Lavandou le 15 janvier 1909.
Son père, notaire marseillais, ne désirait pas voir son fils embrasser une carrière musicale. Il ne lui fit pourtant pas obstacle et lui permit de suivre les cours du Conservatoire de six à seize ans.


En 1839, à l'âge de seize ans, Ernest partit pour l'Afrique travailler sous les ordres de son beau-frère Farrenc, chef de la comptabilité à la Trésorerie centrale du gouvernement de l'Algérie. Cet emploi ne lui convenait pas et Reyer montrait les plus parfaites indiscipline et nonchalance. On dira de lui que les papiers administratifs ne lui servirent qu'à écrire d'innombrables essais de jeunesse, romances peu originales ou morceaux de danse. Ces premiers écrits d'autodidacte authentique lui permirent de se faire une notoriété locale et les milieux algérois apprécièrent notamment une messe, restée inédite, exécutée à la cathédrale lors de l'arrivée du duc d'Aumale en 1847.

Lors des événements de 1848, il monta à Paris. Cette période le vit introduit, à moins de trente ans, dans le milieu bohème des artistes parisiens, comme Gustave Flaubert, le chansonnier Dupont ou Théophile Gautier. Il parvint tout de même à conserver son allure toute provençale (d'aucuns diront «populaire»), continuant à fréquenter les petites gens avec lesquels il adorait jouer aux dominos tout en fumant la pipe, cette pipe dont il disait qu'il lui devait ses meilleures inspirations.

Sa tante, Louise Farrenc, professeur de piano au Conservatoire et compositrice de talent, dirigea ses études, et dès 1850 il composa la musique d'une ode symphonique avec chœurs, signée Théophile Gautier, le Sélam, exécutée au Théâtre Italien. En 1854, il composait la musique d'un opéra en un acte, Maître Wolfram, dont le libretto était de Joseph Méry. L'œuvre fut jouée à l'Opéra Comique. Sur cette œuvre, le maître, Hector Berlioz, avait repéré Reyer. Il déclara que la musique du Marseillais n'avait « rien de commun avec la démarche tantôt affectée, tantôt dégingandée de la muse parisienne [...]. Ses mélodies ont du naturel [...]. Il y a du cœur et de l'imagination là-dedans. »

Peu à peu, une certaine renommée s'installait. En 1857, Charles Monselet écrivait de lui : « Est-ce un musicien qui écrit ou un écrivain qui fait de la musique ? Je ne sais, mais je le tiens pour un garçon d'esprit, qui fera son chemin en chantant et en écrivant. » Certes, Reyer ne faisait pas (encore) l'unanimité et quelques critiques pointaient du doigt son orchestration qui n'était semble-t-il pas au niveau de son génie musical.

L'année suivante, il composait un ballet, Sakountala, dont le mimodrame était une fois de plus de Théophile Gautier. Le ballet fut joué vingt-quatre fois jusqu'en 1860.
En 1861, il s'attelait à un opéra-comique en trois actes et six tableaux, La Statue, dont le libretto était tiré des Mille et Une Nuits. Les paroles, sur cette œuvre, étaient signées Michel Carré et Jules Barbier. En moins de deux ans, la Statue totalisa une soixantaine de représentations, un chiffre impressionnant pour l'époque.

L'œuvre de Reyer était enfin unanimement reconnue et la consécration survint en 1862. Le compositeur marseillais devenait chevalier de la Légion d'honneur. Cette même année, il composa Erostrate, un opéra en deux actes qui fut joué en août 1862 au théâtre de Baden-Baden, sous le regard des grandes familles d'Europe, ce qui lui valut de recevoir la distinction de l'Aigle Rouge des mains de la reine de Prusse.
Peu à peu, pourtant, sa renommée commença a décliner. Le même Erostate échoua complètement à Paris et ne put totaliser trois représentations, ce qui priva l'œuvre de sa présentation à l'Opéra.

Sans doute sous le coup de la déception, et de la fatigue aussi peut-être, Reyer cessa de composa durant plus de vingt années, hormis quelques compositions sans ambition aucune. Il entra dans la presse artistique, à la Revue française, au Moniteur universel, à la Gazette musicale ou au Courrier de Paris. Il devint membre de l'Académie des Beaux-Arts en remplacement de Félicien David le 11 novembre 1876.

Ce n'est qu'en avril 1884 (il avait alors 61 ans) qu'il fit représenter son œuvre capitale à la Monnaie de Bruxelles : Sigurd, un opéra en 4 actes et 9 tableaux, son œuvre majeure, celle qui a achevé de lui donner la légende que son talent méritait. Le livret était de Camille du Locle et Blum et, en mai suivant, Sigurd était donné au Covent Garden de Londres, puis au théâtre de Lyon en janvier 1885, et enfin à l'Opéra de Paris le 5 juin de la même année.
Il dut son succès tant à la magie de la musique qu'au talent incomparable de ses interprètes. À cet égard, l'actrice Rose Caron (Rose Lucille Meuniez de son vrai nom) donna un véritable souffle épique à l'œuvre dans le rôle de Brunehilde et emporta l'adhésion de tous les spectateurs. En deux ans, Sigurd obtint cinquante représentations et en aurait sans doute eu davantage sans le retour de l'actrice à Bruxelles.

La dernière grande œuvre de Reyer, Salammbô, toujours avec son actrice vedette, la Caron, fut représentée quarante-six fois de mai à décembre 1892. L'œuvre était pourtant antérieure de plusieurs années, mais les mêmes résistances qui avaient retardé l'admission de Sigurd étaient reparues1. Elle fut représenté d'abord à la Monnaie de Bruxelles en février 1890, puis au théâtre des Arts de Rouen le 23 novembre suivant. Son arrivée à Paris date précisément du 16 mai 1892.

Peu à peu, le déclin pointait son nez. Sur la fin du siècle, Wolfram et la Statue furent repris, mais les œuvres avaient soudain une allure bien vieillotte. Reyer n'avait certes plus rien à prouver. Il faisait alors de bien brefs séjours à Paris, préférant vivre l'hiver au Lavandou (Var) et l'été à Mouthier-Haute-Pierre (Doubs). Il venait aussi occasionnellement à Marseille où il avait gardé de nombreux amis.
Il s'éteignit le 15 janvier 1909 à son domicile du Lavandou. Il avait conservé auprès de ses pairs une réputation de grand compositeur, mais aussi de grand homme.
Théophile Gautier parlait, à son sujet, de « l'amour de son art poussé jusqu'à la passion et au fanatisme, un enthousiasme pour le beau que rien ne décourageait, et la résolution immuable de ne jamais faire de concession au mauvais goût du public ». Commentaires auxquels Roujon, secrétaire perpétuel de l'académie des Beaux-Arts, ajoutait : « Louera-t-on jamais assez l'unité morale de sa vie, la rigueur de ses principes, la dignité de son attitude, son mépris de la réclame, et cette austérité artistique qui fut inébranlable, sans se draper jamais. »

Œuvres musicales

Messe pour l'arrivée du duc d'Aumale à Alger (1847)
Chœur des buveurs et chœurs des assiégés, v. 1848.
Le Sélam, ode symphonique avec choeurs, 1850.
Maître Wolfram, opéra en 1 acte, 1854.
Sakountala, ballet en 2 actes, 1858.
Victoire, cantate, 1859
Chant des paysans (pour Les Volontaires de 1814, de V. Séjour), 1861.
La Statue, opéra comique en 3 actes, 1860.
Erostrate, opéra en 2 actes, 1862.
L'Union des Arts, cantate, 1862
L'Hymne du Rhin, paroles de Méry, 1865.
La Madeleine au désert, poésie d'Ed. Blau, 1874.
Marche tzigane pour orchestre, 1865
Au port, opéra comique en 1 acte
Recueil de mélodies et de fragments d'opéras.
Sigurd, opéra en 4 actes et 9 tableaux, 1884.
Salammbô, opéra en 5 actes, 1890.
Tristesse, poésie d'Ed. Blau, 1884.
L'Homme, poésie de G. Boyer, 1892.
Trois sonnets, poésies de C. du Locle.
Toute la France, opéra en 6 tableaux (1900)

source, Wikipedia


Ce topic après une écoute de son opéra Sigurd, dont l'histoire est basée sur la même légende allemande que Siegfried.
Cette oeuvre est en quelque sorte un mélange français de Berlioz et de Wagner, et à mon avis il est tout à fait regrettable que sa renommée de l'époque ait été bien oubliée sur les scènes françaises. Sigurd vaut largement Faust ou Werther par exemple.


Dernière édition par joachim le Ven 14 Mar - 20:17, édité 1 fois
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shanessean

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MessageSujet: Ernest Reyer   Mar 25 Aoû - 12:16

Merci de nous parler enfin de Reyer ce grand méconnu. Moi je n'aurais pas dit un mélange entre Berlioz et Wagner mais entre Meyerbeer et Wagner. Mais pourquoi vouloir toujours classer un auteur. On dit bien que Mozart est le "fils spirituel de Haydn", que Rossini est "le Mozart" italien. C'est une ma nie de comparer, aus si dans ton cas c'est, bien sûr, pour donner une idée aux amis lecteurs. Pour moi... Reyer EST Reyer et on aime ou on n'aime pas. Moi j'aime beaucoup et je l'écoute souvent.


Dernière édition par hadrien76 le Mer 26 Aoû - 16:02, édité 1 fois
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Jean

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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   Mar 25 Aoû - 12:21

je ne le connaissais pas Embarassed ...et je peux mettre le "présent" concernat sa musique Wink
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shanessean

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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   Mar 1 Fév - 11:51

Je viens de le réécouter, j'ai encore eu plus de plaisir que les premières fois. Mais c'est personnel. Je me répètte, mais j'estime qu'on dirait du Wagner tout à coup harmonieux ¨¨ Ptdr
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joachim
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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   Mar 1 Fév - 22:54

Curieux, je pensais avoir déjà parlé de Sigurd sur le forum confused

Je trouve que c'est un chef d'oeuvre absolu. Les wagnériens ne pourront qu'apprécier ce Wagner français, et même quelque peu précurseur puisque Sigurd est antérieur aux opéras wagnériens à leitmotiv.
Pourquoi Reyer est-il tombé dans l'oubli le plus complet, même de par son nom ? Mystère.
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shanessean

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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   Mer 2 Fév - 11:31

Merci Joachim, cela me fait plaisir de lire ce que tu as écrit.
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joachim
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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   Mer 23 Déc - 9:53

Ernest Reyer n'a pas composé que des opéras : la preuve : Le Sélam, cette symphonie orientale de 1850, avec choeurs et solistes



https://www.youtube.com/watch?v=5mSZqdIT9oU
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MessageSujet: Re: Ernest Reyer (1823-1909)   

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