Forum sur la musique classique
 
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  Discussions autour de la musique de film.

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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Dim 20 Aoû - 20:09

Après avoir écouté la partition pour orchestre très épique que Carolin Petit composa pour le documentaire animalier de Laurent Frapat, Chroniques de l'Amazonie sauvage, je me suis une nouvelle fois penché sur la musique de feu et de soleil qu'Ernesto Cavour composa pour le film japonais de Yoichi Higashi, The river with no bridge/La rivière sans pont. Contrairement à l'approche de Carolin Petit qui conserve une facture essentiellement occidentale et classique, arborant très rarement des couleurs locales, celle d'Ernesto Cavour chante les louanges musicales de la Bolivie avec une ferveur qui fait plaisir à entendre. C'est assez étonnant sur un film japonais dont l'action ne semble pas forcément se dérouler quelque-part en Amérique du Sud: <<Adapté du roman épique de Sue Sumii, ce film parle du «eta» ou du «burakumin», des personnes ethniquement japonaises mais définies dans les périodes féodales comme «impures» et «non humaines». La façon dont ils vivent, la façon dont ils sont traités et la façon dont ils se lèvent pour leurs droits.>> Il y a très certainement un rapport et il me faudrait voir ce film au sujet très intéressant par ailleurs. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de la musique du compositeur argentin Gustavo Beytelman sur le fil approprié, notamment au travers de sa musique du film Corps Perdus d'Eduardo de Gregorio et de pièces pour bandonéon et quatuor à cordes réunies sous le titre Clasico y moderno qui m'étaient jusqu'ici inédites. Mais je ne vous ai pas encore parlé d'une musique et d'un film qui me tiennent à coeur et m'émerveillent depuis très longtemps. Le film est de Costa-Gavras et s'intitule Etat de siège avec Yves Montand dans le rôle principal. La musique est signée Mikis Theodorakis et est interprétée par le groupe instrumental Los Calchakis°°. La partition de Theodorakis rythme avec brio  les troubles et les crimes politiques dans un Uruguay gouverné par un état brutal n'hésitant pas à pratiquer la torture et le meurtre. Elle porte l'élan de la révolution et de la liberté, écrite par un homme qui a lui-même été confronté à la torture et la dictature dans son propre pays.

°°Los Calchakis fut créé en 1960 par Hector Miranda.


Dernière édition par Icare le Dim 20 Aoû - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Dim 20 Aoû - 20:39

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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Lun 21 Aoû - 18:55

Petite piqûre de rappel (Wikipédia):

Ernesto Rafael Guevara (né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine – mort le 9 octobre 1967 à la Higuera, Bolivie), plus connu comme « Che Guevara » ou « le Che » est un révolutionnaire marxiste et internationaliste argentin ainsi qu'un homme politique d'Amérique latine. Il a notamment été un dirigeant de la révolution cubaine, qu'il a théorisée et tenté d'exporter vers d'autres pays. Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l'amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution. Il décide alors d'intensifier son étude du marxisme et de voyager au Guatemala afin d'apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé quelques mois plus tard par un coup d'État appuyé par la CIA. Peu après, Guevara rejoint le mouvement du 26 juillet, un groupe révolutionnaire dirigé par Fidel Castro. Après plus de deux ans de guérilla durant laquelle Guevara devient commandant, ce groupe prend le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959. Dans les mois qui suivent, Guevara s'installe dans la prison de La Cabaña. Il est désigné procureur d'un tribunal révolutionnaire qui exécute plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre. Puis il crée des camps de « travail et de rééducation ». Il occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain qui écarte les démocrates, réussissant à influencer le passage de Cuba à une économie du même type que celle de l'URSS, et à un rapprochement politique avec le Bloc de l'Est, mais échouant dans l'industrialisation du pays en tant que ministre. Guevara écrit pendant ce temps plusieurs ouvrages théoriques sur la révolution et la guérilla. En 1965, après avoir dénoncé l'exploitation du tiers monde par les deux blocs de la guerre froide, il disparaît de la vie politique et quitte Cuba avec l'intention d'étendre la révolution. Il se rend d'abord au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l'armée bolivienne entraînée et guidée par la CIA. Il existe des doutes et de nombreuses versions sur le degré d'influence de la CIA et des États-Unis dans cette décision. Après sa mort, Che Guevara devient une icône pour des mouvements révolutionnaires du monde entier, mais demeure toujours l'objet de controverses entre historiens, à cause de témoignages sur des exécutions d'innocents mais contestées par ses biographes. Un portrait de Che Guevara réalisé par Alberto Korda est considéré comme l'une des photographies les plus célèbres au monde.

Che Guevara, ce révolutionnaire argentin controversé a, de toute évidence, inspiré de nombreux cinéastes. A mon niveau de connaissance, j'en retiens principalement deux, celui de Richard Fleischer (Che! - 1969) avec Omar Sharif dans le rôle du révolutionnaire argentin , mis en musique par Lalo Schifrin et, bien plus récemment, vers 2008, le film de Steven Soderbergh, avec Benicio del Toro dans le rôle de Che Guevara. La musique est signée Alberto Iglesias. Je ne connais aucun des deux films ou plutôt je ne les connais qu'au travers de leurs bandes originales respectives, ce qui est assez dommage dans la mesure où le sujet m'intéresse beaucoup. Les deux approches musicales sont en tout cas très différentes, mais je pense les apprécier presque autant l'une que l'autre. La plus ancienne est très enlevée, privilégiant les couleurs et les rythmes locaux dans une veine purement schifrinienne. S'y invite l'excellent guitariste argentin Juanjo Dominguez. Le duo final avec Lalo Schifrin au piano et qui porte le titre de "Che!" est un pur joyau, un délicieux moment de complicité entre deux musiciens exceptionnels. J'en oublie même le thème du film, qu'il s'agit d'une musique écrite pour l'image: j'entre dans une autre dimension. La partition d'Alberto Iglesias offre tout autre chose. La musique est beaucoup plus atmosphérique et cérébrale. Les couleurs locales y sont subtilement diluées ci & là. On n'est plus dans l'ambiance d'une révolution festive et va-de-l'avant qui promet un monde nouveau et meilleur, davantage dans un drame musical réfléchi et réaliste, qui laisse pressentir une fin tragique; la mort brutale d'une icône controversée et si "cinématographique".
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Lun 21 Aoû - 22:09

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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Lun 21 Aoû - 22:16

Che, façon Alberto Iglesias:

https://www.youtube.com/watch?v=dhwX_TIeAV8
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Lun 21 Aoû - 22:32

L'action se passe au XIXème siècle dans un pays fictif d'Amérique du Sud, le Costaguana, et principalement dans la ville de Sulaco. Le cœur de l'intrigue de Nostromo est la mine d'argent de San Tomé dont hérite au début du roman Charles Gould, descendant d'une lignée d'Anglais expatriés au Costaguana. Désireux d'établir un règne de justice et de paix dans un pays troublé par des révolutions continuelles, Charles Gould consacre toute son énergie à la prospérité de la mine. Celle-ci semble garantie par le régime d'un président modéré, Ribiera, plus ou moins institué par Gould lui-même. Mais cette stabilité politique s'effondre avec la tentative de prise de pouvoir par les frères Montéro, hommes sans noblesse et brutaux. Après la défaite du parti blanco (parti des notables ralliés à Ribiera) devant Pedro Montéro, le pays tombe dans le chaos. Les notables de la ville confient alors le soin de mettre le trésor de la mine en sûreté à Nostromo, marin italien devenu capitaine des cargadores du port (dockers), accompagné de Martin Decoud, fils d'une famille aristocratique. Nostromo et Decoud parviennent à sauver le trésor du naufrage de leur barque et le cachent sur une île, la Grande Isabelle, sous la garde de Decoud. Nostromo, homme loyal et courageux, réalise par la suite le plan de Decoud : solliciter l'aide d'un général, Barrios, pour reconquérir Sulaco occupée par les partisans de Montéro et proclamer l'indépendance de Sulaco. Des années plus tard, nous retrouvons Sulaco, prospère et stable. C'est alors un second roman qui commence, centré sur la personnalité de Nostromo. Après le suicide de Decoud – dont le pessimisme n'a pas résisté à l'épreuve de la solitude sur la Grande Isabelle – Nostromo s'est emparé de l'argent de la mine. Esclave de son trésor, incapable de réaliser son amour pour une jeune fille, Gisèle, à la sœur de laquelle il est fiancé, Nostromo meurt, tué par leur père qui dans la nuit l'a confondu avec un prétendant indésirable.

Le roman de Joseph Conrad a été porté au petit écran par Alastair Reid (1995/96) sur une superbe musique d'Ennio Morricone. L'intrigue se situe dans un pays imaginaire en 1880, le Costaguana, en Amérique du Sud. Le tournage eut lieu en Colombie. Le compositeur y emploie une flûte particulière appelée caval ou kaval, brillamment interprétée par Teodossi Spassov.


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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Lun 21 Aoû - 22:46

The tropical variation - Ennio Morricone - kaval (suite-montage):

https://www.youtube.com/watch?v=Zp6k-oTW5jo
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Ven 25 Aoû - 11:52

Mon cycle autour de la musique de film ayant un lien avec l'Amérique latine s'est poursuivi avec une touchante composition de Jorge Arriagada (compositeur chilien) pour le film d'Orson Welles; It's all true dont l'action semble se situer surtout au Brésil. Ensuite, je me suis remis HAVANA et Milagro de Dave Grusin. Le premier est un film de Sydney Pollack et c'est justement par cette collaboration et cette B.O. que j'avais découvert ce très bon compositeur qui est aussi un très bon musicien de jazz. Dans HAVANA, il invite notamment l'excellent trompettiste de jazz Arturo Sandoval. Cette B.O. est vraiment une petite merveille de jazz latiné avec de délicieux petits moments de romantisme. Puis, ce fut le tour d'Astor Piazzolla qui a aussi composé pour l'image, bien que ce ne fut pas son activité première. Je retiens d'irrésistibles mélodies mélancoliques pour le Enrico IV de Marco Bellocchio, grand réalisateur italien qui collabora avec d'autres musiciens intéressants tels qu'Ennio Morricone, Riccardo Giagni et Carlo Crivelli, mais aussi ce qu'il composa pour le film de Helvio Soto; Il pleut sur Santiago. La particularité de cette approche musicale c'est que Piazzolla semble y "popiser" son propre style, un peu comme le fit Mikis Theodorakis sur Z de Costa-Gavras. D'ailleurs, il s'agit de deux films politiques, le premier semblant même, dans la forme du moins, s'inspirer du second, même si biensûr les histoires qui y sont traitées sont différentes: Il pleut sur Santiago relate l'assassinat de Salvatore Allende au Chili et l'ascension au pouvoir du terrible Pinochet par le biais de ceux qui, souterrainement, se battent pour que ça n'arrive pas. Je compte revoir ce film aujourd'hui. J'ai ensuite quitté Astor Piazzolla, le roi argentin du bandonéon, pour Ennio Morricone et une envolée vers le monde des truands au Brésil, grâce à la musique du film de Giuliano Montaldo; Ad ogni costo/Le carnaval des truands (1967). La musique est festive, ensoleillée, parfois ironique ou grotesque...notamment dans son thème d'ouverture "Punto e basta". Que du bonheur! Mon cycle va alors s'achever sur Forest of the Amazon de Heitor Villa-Lobos avec la participation de la célèbre soprano Renée Fleming. Je ne pouvais envisager meilleure conclusion.
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   Ven 25 Aoû - 13:08

Forest of the Amazon en concert!:

https://www.youtube.com/watch?v=XtQjyY8pZ80
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MessageSujet: Re: Discussions autour de la musique de film.   

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