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 La damnation de Faust

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Bel Canto
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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   Jeu 26 Jan - 11:45



Extrait du Kobbé :

La Damnation de Faust

Dans sa forme originale, légende dramatique en 4 parties destinées au concert.
Musique d'Hector Berlioz, livret écrit par Berlioz et Gandonnière d'après la version tirée par Gérard de Nerval dans la pièce de Goethe.
Créée dans sa forme originale de morceau de concert à l'Opéra Comique, Paris, 6 décembre 1846.
Adaptée par Raoul Gunsbourg et créée dans sa mise en scène à Monte Carlo, le 18 février 1893.

Personnages
Marguerite (soprano) – Faust (ténor) – Méphistophélès (basse) – Brander (basse)
Des étudiants, des soldats, des citadins, hommes et femmes, des fées, etc.

La première partie de la légende dramatique de Berlioz est supposée se passer dans les plaines hongroises .  Faust chante la nature et la solitude.  Les paysans chantent et dansent un chœur, puis un récitatif.  Des soldats traversent la scène aux accents bouleversants de la Marche Rakoczi, l'air national hongrois.
Berlioz orchestra cette magnifique marche lors de son séjour à Vienne en 1845 ; il la dirigea ensuite à Pest et remporta un très grand succès.  C'est pour justifier la présence de cette marche au début de l'œuvre qu'il a placé l'action de sa légende dans les plaines de Hongrie.

La deuxième partie n'avait plus besoin que d'un décor pour devenir une scène d'opéra.  Faust dans son bureau se lamentant sur son existence misérable.  Il va avaler un poison quand les murs s'écartent, révélant l'intérieur d'une église.  Le public agenouillé, chante le cantique de Pâques, "Christ est ressuscité", et Faut est réconforté par leur chant.  Méphistophélès apparaît cependant et propose à Faust de lui montrer tout ce que son âme peut désirer.  Ils partent ensemble goûter à tous les plaisirs terrestres.
Décor suivant : les caves d'Auerbach à Leipzig.  Origie d'étudiants et de soldats.  Brander entonne la "chanson du rat", dont tous raillent la mort par un "Requiem in pace", suivi d'une fugue sur le mot "Amen". Méphistophélès enchaîne avec la "chanson de la puce", où les ébats fuyants de l'insecte sont décrits par l'accompagnement orchestral.
Dans la scène suivante de la légende dramatique, Faust est censé dormir sur les bords de l'Elbe.  Méphistophélès chante le magnifique "Voici des roses", suivi d'un joli passage de la partition, la "Danse des Sylphes", chef d'œuvre d'illustration délicate et légère.  Les violoncelles tiennent, consommateur sordini  une seule note comme point d'orgue sur laquelle est tissée une mélodie arachnéenne et harmonieuse se terminant par un imperceptible pianissimo joué par le tambour et les harpes.
Gunsbourg a ici utilisé admirablement ce ballet aérien et donné un cadre somptueux à la scène, qui comprend une vision de  Marguerite.  Le ballet est suivi du chœur des soldat et du chant latin des étudiants.

Troisième partie.  Les indications scéniques de Gounod dans Faust font de la maison de Marguerite un pavillon.  Gunsbourg a opté pour quelque chose ressemblant à une charmille.  Des soldats et des étudiants déambulent en chantant dans la rue.  Faust chante "Merci doux crépuscule" et se réjouit d'être dans la chambre de Marguerite.
Il se cache.  Elle entre et chante la ballade des rois de Thulé.  Berlioz a choisi pour ce chant une musique primitive – il appelle d'ailleurs ce morceau une "Chanson gothique".  C'est une reconstitution merveilleusement réussie dans l'esprit médiéval.  L'"invocation" de  Méphistophélès est suivie du "Menuet des Feux follets".  
Puis intervient la sérénade de Méphistophélès : "Devant la maison", pièce brillante, fuyante et railleuse.
Le duo d'amour de Faust et Marguerite : "Ange adorable", devient un trio quand Méphistophélès vient les séparer, emmenant Faust.

Quatrième partie.  Marguerite est seule.  Berlioz, au lieu de se servir du chant de Goethe : "Meine Ruh ist hin" (Ma paix a disparu) dont Schubert a fait un lied si célèbre, lui substitue un poème de son choix.  Introduite par les tristes accents du cor anglais, Marguerite chante : "D'amour, l'ardente flamme", aria d'une extraordinaire beauté.
Le chant des étudiants et des soldats s'éloigne.  La "retraite" est sonnée par les trompettes, accompagnées par les tambours.  Marguerite, prise de remords s'évanouit.
Un défilé montagneux.  La scène commence par le monologue de Faust : "Nature immense, impénétrable et fière.  Cette invocation produit un effet très impressionnant.
Suivent : la chevauchée vers l'abîme, le pandémonium, la rédemption de Marguerite, que des anges accueillent dans les cieux.
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   Jeu 26 Jan - 12:01







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Bel Canto
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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   Jeu 26 Jan - 13:36


https://www.youtube.com/watch?v=yrJUyo_Xb7o&t=1271s

Production de la Monnaie, en 2002, avec un trio de chanteurs fabuleux !

Alors que chez Gounod, l'équilibre entre les trois personnages centraux est assez bien respecté, chez Berlioz, c'est surtout le personnage de Faust qui est mis en avant ainsi que la musique et les choeurs.
Je connaissais la version de Faust et je n'avais vu qu'une fois sur scène celle Berlioz, en 1992 ... hier soir à Liège, j'ai été littéralement envoûtée par la musique et le chant de Berlioz !
Hector disait qu'on ne pouvait pas considérer cette composition comme un opéra ... c'est vrai que les très longues parties musicales sont un véritable défi pour le metteur en scène et pour les chanteurs qui doivent ici tant chanter qu'interpréter.  Au obstacle : la langue française dont Van Dam disait que c'était une des plus difficiles à chanter !

Il n'y a pas d'introduction musicale, après quelques notes, Faust débute un très long monologue, hymne à la nature et à la solitude.  Le décor musical est directement planté par le chant nostalgique de Faust, d'un grand romantisme.
S'en suit une merveilleuse envolée lyrique de l'orchestre, d'une grande tendresse.
Commence alors un dialogue constant entre les personnages et le choeur : c'est la fameuse marche hongroise des soldats.
Le Cantique de Pâques chanté par le chœur est d'une grand sérénité, ponctué par le chant de Faust, lui aussi emprunt d'une grande paix.  Méphisto vient interrompre ce bel équilibre par une proposition d'une vie toute différente, faite de plaisirs et d'orgies.
Je ne suis pas une grande fan de la chanson du 'rat' ou de la 'puce' mais elles illustrent bien le personnage de Méphisto et le monde de la nuit qui compose sa suite.
La scène de l'Elbe qui suit est de toute beauté !  Méphisto emmène Faust, endormi, dans un voyage sans retour.  La superbe musique est empreinte d'un grand lyrisme, ponctuée par le très beau chant de Méphisto : "Voici des roses" et d'un des très beaux moments de l'œuvre "La danse des Sylphes".
C'est un moment de volupté et d'envoûtement qui se termine par la rencontre en songe de Marguerite et de Faust.
Nouveau monologue poignant de Faust, souligné par une musique aux accents parfois fantastiques.
La légende du roi de Thullé est très différente chez Gounod et Berlioz : je dois dire que je préfère celle de Gounod, plus fraîche et légère.  
Un nouveau ballet : le menuet des feux follets, dont la légèreté apporte de la fraîcheur dans une partition dense et très lyrique.
Une question me hante depuis hier soir … d'où est-ce que je connais si bien l'air de Méphisto "Devant la maison" ?  Si je l'avais écouté de façon isolée, j'aurais juré que c'était dans l'opéra de Gounod …
Un des moments le plus intense de l'œuvre : le duo d'amour entre Marguerite et Faust avec des suraigus pour le ténor d'une grande difficulté car le chant est tout en retenue.  L'arrivée de Méphisto et des proches de Marguerite terminent tout en force ce passage.
Marguerite, seule, interprète le plus beau chant de ce rôle qui finalement est assez en retrait par rapport à Faust. L'accompagnement par le cor anglais donne à ce moment une grande intensité : c'est une grande plainte, triste et désespérée.  Le chœur, en retrait, souligne encore plus ce climat de désespoir, sans que cela ne tombe jamais dans la noirceur grâce aux belles couleurs de la musique.
Nouveau  monologue de Faust – sans doute le plus beau, en tout cas le plus émouvant.  C'est un nouveau retour à la nature, capable de soigner les blessures de l'amoureux, séparé de sa Marguerite.
Cette recherche de paix est à nouveau troublée par Méphisto venant relancer l'amoureux et ne lui laissant le seul choix que de lui vendre son âme pour sauver Marguerite, en prison.
La chevauchée qui suit – véritable descente aux enfers – est magnifiquement rendue par la musique : l'emballement des instruments, ponctué par un chant lancinant de priants, font pressentir d'une fin fantasmagorique qui se met en place progressivement, inexorablement !  Ce moment est angoissant, affolant, poignant … "Je suis vainqueur" chante Méphisto tandis que Faust tombe dans les flammes.
> Si vous n'avez que ce temps, regardez le final de la vidéo ci-dessus : Van Dam y est impressionnant et souverain !!! <
A nouveau, le chœur est sollicité par un magnifique chant soulignant la victoire des forces du mal sur la paix, la nature et l'amour.
Après toute cette noirceur, car cette fois elle était bien présente dans la musique et dans le chant, la harpe vient apaiser Marguerite et le chœur des anges, l'appeler à la rédemption.  La voix qui se détache du chœur nous entraîne vers un monde meilleur où chacun y placera ce qu'il voudra : Dieu, la nature rayonnante, l'amour … qu'importe !  
En tout cas, ce monde de bonheur est tout en lumière et paix !!!

Il y a très longtemps que je n'avais pas éprouvé un tel plaisir et une telle émotion en écoutant de la musique
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laudec

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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   Jeu 26 Jan - 13:58

Très beau compte-rendu qui donne envie de découvrir cette œuvre
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joachim
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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   Jeu 26 Jan - 19:20

Je n'aime Berlioz dans ses opéras que, disons, moyennement, mais cette Damnation de Faust sous sa forme définitive "légende dramatique en 4 actes" de 1846 est mon préféré des quatre ou cinq opéras. Avec néanmoins Beatrice et Benedict, le dernier, de 1861.

Bel Canto a écrit:
Dans sa forme originale, légende dramatique en 4 parties destinées au concert.

La forme primitive de 1829, sauf erreur de ma part, était Huit scènes de Faust, cantate pour soli, choeur et orchestre.
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MessageSujet: Re: La damnation de Faust   

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