Forum sur la musique classique
 
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 Roland de Lassus (1532-1594)

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Snoopy
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MessageSujet: Roland de Lassus (1532-1594)   Sam 3 Fév - 20:35

Roland de Lassus [lasys] (ou Orlando di Lasso, Orlande de Lassus ou encore Roland Delattre), né à Mons en 1532 et mort à Munich le 14 juin 1594, est un compositeur de l'école franco-flamande, vers la fin de la Renaissance. Cosmopolite, il est aussi considéré comme un compositeur européen.

Dès son plus jeune âge, Roland de Lassus étudie la musique. Il est d'ailleurs très vite inscrit comme "enfant de chœur", c'est-à-dire comme enfant chantant dans le chœur de l'église, et donc comme élève de la maîtrise de l'église Saint-Nicolas-en-Havré, à Mons en Belgique. Il y étudiera le chant, et plus généralement la musique, jusqu'à l'âge de 12 ans. Le niveau de ces écoles était élevé : c'était en quelque sorte les ancêtres des conservatoires. Les enfants y recevaient aussi un enseignement général.

Sa voix exceptionnelle attirait les convoitises, si bien qu'il fut à trois reprises l'objet de tentatives d'enlèvement. À l'âge de douze ans, il quitte les Pays-Bas avec Ferdinand Ier Gonzague et se rend à Mantoue, en Sicile, et plus tard Milan, où il reste de 1547 à 1549. À Milan, il fait la connaissance du madrigaliste Hoste da Reggio (Bartolomeo Torresano), qui aura une influence formatrice sur son premier style musical.

Il a ensuite travaillé en tant que chanteur et compositeur pour l'évêque Costantino Castrioto à Naples au début des années 1550. Les premières œuvres datent de cette époque. Ensuite, Roland de Lassus s'installe à Rome, où il travaille pour Cosme Ier de Médicis, grand-duc de Toscane. En 1553, à Rome, il devient maître de chapelle de la basilique Saint-Jean-de-Latran, un poste prestigieux pour un homme de vingt-un ans. Toutefois, il n'y reste qu'un an. Le compositeur italien Giovanni Pierluigi da Palestrina lui succédera en 1555.

On perd sa trace en 1554, mais des recherches récentes permettent de supposer qu'il a voyagé en France et en Angleterre. En 1555, il retourne aux Pays-Bas et ses premières œuvres sont publiées à Anvers en 1555 ou 1556. En 1556, il rejoint la cour d'Albert V de Bavière, qui désire s'entourer de musiciens prestigieux à l'instar des cours des princes italiens. Lassus a été l'un des ressortissants des Pays-Bas à y travailler, et il est de loin le plus célèbre. Il est évident qu'il était heureux à Munich et il a décidé de s'y installer. En 1558, il épouse Regina Wäckinger, la fille d'une dame d'honneur de la duchesse ; ils ont deux fils, devenus tous deux compositeurs. En 1563, Lassus est nommé maître de chapelle à Munich, succédant à Ludwig Daser à ce poste. Il demeure au service d'Albert V et son héritier, Guillaume V de Bavière, jusqu'à sa mort.

Son art fut d'emblée reconnu et Roland de Lassus était, dès le milieu du siècle, surnommé le "divin Orlande" par le poète Ronsard, ou "Prince de la musique" par ses contemporains, ou encore, plus tard, l'"Orphée belge". Dans les années 1560, Lassus était devenu très célèbre, et des compositeurs se rendaient à Munich pour étudier avec lui, comme Andrea Gabrieli. Celui-ci s'y était rendu en 1562, et peut-être est-il resté dans la chapelle pour une année ; le neveu d'Andrea, Giovanni Gabrieli a sans doute étudié avec Lassus dans les années 1570. Sa renommée s'est propagée en dehors du milieu musical proprement dit, car en 1570, l'empereur Maximilien II l'anoblissait, fait rare pour un compositeur. Le pape Grégoire XIII le fit chevalier. En 1571 et en 1573, le roi Charles IX de France, grand amateur de musique, l'invita à la Chapelle royale. En effet, le roi ayant nommé un musicien ecclésiastique réputé évêque de Montpellier avait besoin d'un autre grand musicien. Il est possible que le compositeur soit parti de Bavière. Quoi qu'il en soit, Charles IX décéda malheureusement en 1574, avant que Lassus n'arrive à Paris. Certains de ces rois et aristocrates ont tenté de l'éloigner de Munich avec des offres plus attrayantes, mais Lassus était évidemment plus intéressé par la stabilité de sa position, et les possibilités offertes par la cour d'Albert, que par l'aspect purement financier. "Je ne veux pas quitter ma maison, mon jardin, et les autres bonnes choses à Munich", a-t-il écrit au duc de Saxe en 1580, après avoir reçu une offre pour un poste à Dresde.

À la fin des années 1570 et 1580, Roland de Lassus a effectué plusieurs voyages en Italie, où il a été en contact avec les styles et tendances les plus modernes. Il écrivit "Ô vin en vigne", ronde de vendangeurs harmonisée en 1576. À Ferrare, centre de l'activité avant-gardiste, il a sans doute entendu les madrigaux composés pour la cour d'Este, mais son style est resté conservateur et est devenu plus simple et plus raffiné. Dans les années 1590, sa santé commença à décliner. Après avoir subi une attaque cérébrale, il a consulté un médecin du nom de Thomas Mermann pour soigner ce qu'on appelait "mélancolie hypocondriaque", mais il était encore capable de composer et même de voyager à l'occasion. Ses dernières œuvres sont d'ailleurs souvent considérées comme majeures : un ensemble de 21 madrigaux spirituels connu sous le nom Lagrime di San Pietro ("Les larmes de Saint Pierre"), qu'il a dédié au pape Clément VIII, et publié à titre posthume en 1595.

Lassus est décédé à Munich le 14 juin 1594, le jour même où son employeur avait décidé de se séparer de lui pour des raisons financières. Il n'a jamais lu la lettre lui signifiant son congé.


Son oeuvre abondante (près de deux mille compositions authentifiées), élargit et sublime toutes les formes pratiquées jusqu’alors et opère une synthèse grandiose des styles italien, allemand et français. Grand voyageur, génie universel s’incarnant dans une œuvre évoluant entre l’expression d’une foi rigoureuse et celle d’un amour parfaitement charnel de la vie, il fera du motet le terrain privilégié où s’épanouira sa personnalité et un des plus beaux moment de la polyphonie.

Au cours des années, ses compositions prendront un tour plus nostalgique pour atteindre un dramatisme réel. L’inventaire de son oeuvre comprend : en musique sacrée : près de mille motets, cinquante messes, une centaine de magnificat et quatre passions à cinq voix; en musique profane : deux cents madrigaux italiens, villanelles et moresques à trois et dix voix, cent cinquante chansons françaises à trois et huit voix, nonante-trois lieder à trois et six voix et quelques pièces profanes sur des vers antiques ou de la Renaissance.
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Stadler
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Sam 3 Fév - 23:09

Roland de Lassus : En 1570, l'empereur Maximilien II lui attribue un titre honorifique, et en 1574, le pape Grégoire XIII le nomme chevalier de l'Eperon d'Or.
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MessageSujet: Roland de Lassus   Sam 17 Nov - 12:26

Bonjour Snoopy, bonjour à tous.

C'est très chouette cette façon de lancer les sujets sur les compositeurs: il y avait un moment que je n'avais pas écouté Orlando di Lasso; du
coup avec mon casque sur les oreilles je déguste le Requiem à 5 voix (1580) par l'ensemble Pro Cantione Antiqua de Londres, dir. Bruno Turner
(vinyle HM de 1971).

Amicalement,
pl.
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chinook

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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Sam 17 Nov - 13:44

psalmi davides poenitentiales
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Mer 19 Déc - 23:45

C'est beau, mais c'est justement une musique pour laquelle je préfère un choeur d'hommes.
J'avais écrit dans le sujet "Stockhausen" je crois; que je n'aimais pas les haute-contres: eh bien l'enregistrement du
Requiem de Lassus dont j'ai parlé ci-dessus est une exception, et pas seulement: j'adore.
Quand les voix de dessus dominent, j'ai l'impression que le plafond se tire pour laisser voir passer un convoi d'anges
migrateurs.

P.S.: Est-ce une farce de Snoopy, le coup des "de" qui virent à l'orange quand on a le dos tourné?
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Ven 21 Déc - 1:13

Eco
Par la chorale universitaire de Besançon

***

Coco
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joachim
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Ven 24 Oct - 9:55

Commentaires sur les oeuvres

Roland de Lassus est l'un des compositeurs les plus prolifiques, polyvalents et universels de la Renaissance tardive. Il a écrit plus de 2 000 œuvres dans tous les genres en latin, français, italien et allemand. Il s'agit notamment de 530 motets, 175 madrigaux italiens et villanelle, 150 chansons françaises et 90 lieder allemands. On n'a pas de traces de musique strictement instrumentale : une absence intéressante pour un compositeur par ailleurs si ambitieux et prolifique, à une époque où la musique instrumentale était devenue partout en Europe, une forme importante d'expression. Ses œuvres complètes ont été publiées par Breitkopf (21 volumes 1894-1926).

74 Messes de quatre à huit voix. y compris les messes parodiques
779 motets (dont certains même laïques) de deux à douze voix.
101 Magnificats de quatre à six voix.
17 falsibordoni (faux-bourdons) à cinq voix.
32 Hymnes de quatre à dix voix.
2 Lamentationes Hieremiae quatre voix.
3 Lectiones quatre voix.
4 Passions
14 Litanie de quatre à dix voix.
12 Nunc dimittis de quatre à sept voix.
8 officia cinq voix.
29 répons de deux à cinq voix.
287 madrigaux italiens de quatre à dix voix.
33 villanelles.
151 chansons allemandes.
170 chansons françaises de trois à huit voix.
"Prophetiae Sibyllarum"


Musique sacrée

Pendant cette période de conflits religieux, Roland de Lassus est resté catholique, sur un mode pragmatique et tolérant. Cela semble évident à l'audition de ses chansons profanes et de certaines messes et Magnificat parodiques : basées sur des compositions profanes, ces œuvres religieuses développaient des chansons polyphoniques répandues et plaisantes. Il est important de faire remarquer que cette pratique, coutumière à l'époque, était éloignée de toute idée de caricature ou de facilité. Il s'agissait en fait d'un échange entre deux modes d'expression. Plus tard, la Contre-Réforme catholique, qui, sous l'influence des Jésuites, avait atteint un sommet en Bavière à la fin du xvie siècle, aura une influence notable sur le travail de Lassus, dans sa musique liturgique pour le rite romain, par le nombre important de Magnificat, dans sa mise en polyphonie des mélodies du psautier catholique de Caspar Ulenberg (1588), et plus encore dans le grand cycle pénitentiel de madrigaux spirituels, les Lagrime di San Pietro (les Larmes de saint Pierre, 1594). Lassus s'éloignait de certaines pratiques anciennes et s'inscrivait dans une première descendance du concile de Trente, dont les réformes nourriront l'art baroque, à l'époque suivante.


Messes

Près de 60 messes complètes ont été conservées. La plupart d'entre elles sont des messes parodiques basées sur des œuvres religieuses ou profanes écrites par lui-même ou par d'autres compositeurs. Techniquement impressionnantes, elles sont, sans surprise, la partie la plus conservatrice de sa production. À cette époque, une messe est conforme au style de la "matière" d'origine, qui va du chant grégorien (monodique) à des compositions polyphoniques contemporaines comme des motets ou des madrigaux, mais elle adopte toujours un caractère expressif adéquat. Certaines de ses messes sont conçues à partir de chansons françaises très profanes, dont certaines sont à l'origine franchement obscènes. Entre vous filles de quinze ans, de Clemens non Papa, lui a donné la matière pour sa Missa Entre vous filles (1581), sans doute son choix le plus étonnant. Cette pratique était non seulement acceptée, mais encouragée par l'Église. Concernant Lassus, la preuve se trouve dans sa correspondance avec ses employeurs, une grande partie de celle-ci nous étant parvenue.

En plus de ses messes parodiques traditionnelles, Roland de Lassus a écrit une quantité considérable de Missae breves, "Messes brèves", destinées à des services de courte durée (par exemple, les jours où le duc Albert allait à la chasse, il ne voulait pas d'être retenu trop longtemps par une musique polyphonique de longue haleine). La plus significative d'entre elle est connue sous le nom de Messe des chasseurs (Venatorum Missa).

Certaines de ses messes montrent l'influence de l'école vénitienne, en particulier dans l'utilisation des techniques de polychoralité (par exemple, la Missa Osculetur me, à huit voix, basée sur son propre motet Osculetur me ("Qu'il m'embrasse, du baiser de sa bouche"), tiré du Cantique des cantiques du roi Salomon. Dans cette messe, deux chœurs se répondent et s'entremêlent. En tout, trois de ses messes sont écrites pour double chœur. Elles ont aussi influencé les Vénitiens eux-mêmes. Après tout, Andrea Gabrieli avait rendu visite à Lassus à Munich en 1562, et beaucoup d'œuvres de Lassus ont été publiées à Venise. Même s'il a utilisé le style vénitien contemporain, son langage harmonique est resté sage dans ces œuvres : il a adapté les conceptions vénitiennes à ses propres objectifs artistiques.


Motets et autres musiques liturgiques

Roland de Lassus s'est illustré dans un style connu à l'époque comme musica reservata (ou musica secreta). La signification exacte du terme reste un sujet de débats, même s'il existe un certain consensus entre les musicologues. Il s'agit de mettre le texte en musique de façon expressive et intense, en mêlant échelle chromatique et échelle diatonique. Un exemple célèbre d'une composition de Lassus, écrite dans ce style, est sa série de 12 motets intitulé Prophetiae Sibyllarum (les Prophéties de la Sybille), qui annonce le chromatisme de Carlo Gesualdo. Innovante pour l'époque, cette manière de composer n'est réapparue qu'au xxe siècle.

Lassus a écrit quatre versions de la Passion, sur les quatre textes écrits par les évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Toutes sont a cappella. Les paroles du Christ et le récit de l'évangéliste (l'un et l'autre chantés) alternent avec les passages polyphoniques.

En tant que compositeur de motets, l'œuvre de Lassus est l'une des plus diversifiées et prodigieuses de toute la Renaissance. Sa production varie du sublime à la bouffonnerie. Il faisait parfois preuve d'un sens de l'humour surprenant dans la musique sacrée. Par exemple, un de ses motets, Super flumina Babylonis (Psaume 137) comprend des bégaiements, arrêts et redémarrages, et une confusion générale ; elle est liée au concept de plaisanterie musicale, que Mozart utilisera encore deux siècles plus tard. Plusieurs de ses motets ont été composés à l'occasion de cérémonies, comme on pouvait s'y attendre d'un compositeur de la cour qui devait offrir de la musique pour des visites de dignitaires, des mariages, des traités et autres évènements de l'État. Mais il était surtout un compositeur de motets religieux qui lui apportèrent sa gloire et sa réputation.

La version de Roland de Lassus des Psaumes de pénitence de David (Psalmi pœnitentiales Davidis, éd. Munich, 1584) est l'une des plus célèbres de toute la Renaissance. Le contrepoint est libre, en évitant l'imitation généralisée des franco-flamands, comme Nicolas Gombert, utilisant parfois des dispositifs différents de Palestrina. Comme ailleurs, Lassus s'efforce de mettre en valeur l'impact émotionnel. L'avant-dernière pièce, De profundis (Psaume 130, ici sixième Psaume), est considérée par de nombreux spécialistes comme l'un des sommets de la polyphonie de la Renaissance, à l'égal de Josquin des Prés.

Parmi ses autres compositions liturgiques, on trouve des hymnes, des cantiques (dont plus de 100 Magnificat), des répons pour la Semaine sainte, les Passions, des Lamentations, et des pièces pour les fêtes majeures.



Musique profane

Roland de Lassus a écrit dans toutes les formes profanes de l'époque. Dans la préface de son recueil de chansons allemandes, Lassus énumère ses œuvres profanes : madrigaux italiens et chansons françaises, chansons allemandes et néerlandaises. Il est probablement le seul compositeur de la Renaissance à écrire de façon prolifique en cinq langues - le latin en plus de celles mentionnées ci-dessus - et il a écrit avec une aisance égale dans chacune d'elles. Beaucoup de ses chansons sont devenues très populaires dans toute l'Europe. Dans ces diverses chansons profanes, il se plie à la manière du pays d'origine, tout en conservant toujours son originalité.

Madrigaux italiens

Dans ses madrigaux, dont beaucoup ont été composés pendant son séjour à Rome, son style est clair et concis. Les airs sont facilement mémorisables. Comme le fera plus tard Bach, le compositeur a également "signé" son travail en utilisant fréquemment le mot "Lasso" ou les notes la-sol. Son choix de la poésie variait fortement, de Pétrarque pour ses travaux plus sérieux, à des vers plus légers pour certaines de ses amusantes canzonette.

Lassus souvent a regroupé ses madrigaux en cycles. Par exemple, son quatrième livre de madrigaux à cinq voix commence par une sestina, ou sextine, de Pétrarque, se poursuit avec deux sonnets, et conclut avec une autre sextine : c'est pourquoi le livre entier peut être entendu comme une composition globale formée de pièces indépendantes reliées entre elles.


Chansons françaises

Une autre forme que Roland de Lassus a cultivée est la chanson française. Il en a écrit environ 150. La plupart d'entre elles datent des années 1550, mais il continua à en écrire, même lorsqu'il vécut en Allemagne. Les dernières productions dans ce genre datent des années 1580. Elles étaient très populaires en Europe. Beaucoup ont été transcrites pour des instruments. La plupart se trouvent dans des recueils publiés dans les années 1570 et 1580 : deux par Pierre Phalèse en 1571, et deux par Le Roy et Ballard en 1576 et 1584. Les styles sont variés : des compositions dignes et graves, mais aussi ludiques, grivoises, et amoureuses. En 1576, par exemple, Roland de Lassus met en musique un poème de Joachim Du Bellay (La nuict froide et sombre), et en fait une chanson de genre profane, à quatre voix. La pièce est d'écriture polyphonique et d'un grand raffinement expressif. Dans ces recueils, on trouve aussi des chansons à boire adaptées à des circonstances privées ou aux tavernes. Lassus est plus proche de Claudin de Sermisy, que de Clément Janequin.

L'une des plus célèbres chansons à boire de Lassus a été utilisée par Shakespeare dans la deuxième partie d'Henry IV (Acte V, Scène III) : Un jour vis un foulon qui fouloit.


Lieder allemands

Un troisième type de composition laïque est le lied allemand. La plupart de ces lieder sont destinés à un public différent, car ils sont très différents de ton et de style par rapport aux chansons françaises ou aux madrigaux italiens. De plus, Lassus les a écrits plus tard dans sa vie, après 1567, quand il était déjà bien établi à Munich. Beaucoup sont sur des sujets religieux, bien qu'on en trouve de plus légers. Il a également écrit des chansons à boire en allemand et des chansons sur les aspects malheureux dus aux excès de boisson.


Chansons néerlandaises

Dans la préface de son recueil de chansons allemandes, Lassus affirme avoir composé des chansons néerlandaises. Toutefois, aucune d'entre elles n'a été conservée.
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joachim
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Ven 24 Oct - 10:34

Il a écrit 4 Passions (une par évangéliste), dont cette St Matthieu que l'on trouve sur ce CD. Elle est à 2 voix solistes (Jésus et l'Evangéliste, en "semi-chant", et un choeur à 5 voix qui intervient pour commenter. C'est un peu long (59 minutes), mais largement aussi bien que les Passions de Schütz.

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laudec

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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Ven 24 Oct - 11:41

Un compositeur qui à chaque fois m'émeut mais que je connais encore très peu.  Ce petit rappel me met en route pour le découvrir plus avant et je commence par vous partager une petite chanson genre madrigal que j'ai eu l'occasion de jouerà la flûte avec beaucoup de plaisir.  Les animaux ont leur part également dans cette chanson comme si bien illustré sur la vidéo YT que je joins ainsi qu'un chœur mixte et puis un choeur d'hommes  qui en fait ses délices également  Bonne écoute et belle journée !

Les paroles de Melchior d'Hondecoeter (c. 1636- 1695)

Bonjour, mon coeur,
Bonjour, ma douce vie,
Bonjour, mon oeil,
Bonjour, ma chère amie!
Hé! Bonjour, ma toute belle,
Ma mignardise.
Bonjour, mes délices, mon amour,
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle.
Mon doux plaisir, ma douce colombelle,
Mon passereau, ma gentille tourterelle!
Bonjour, ma douce rebelle.






choeur d'hommes :  ici

Voix d'homme solo  :ici

Avec de belles illustrations de notations de l'époque !

ici
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   Dim 21 Fév - 22:54

Egalement dans le programme du Festival Musical de Namur "Aux Rives de Babylone" par le Choeur de Chambre de Namur dirigé par L Alarcon.


https://www.youtube.com/watch?v=rIyFRyyb11M

Jo aimerait certainement ... je vais lui chercher un partenaire !
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MessageSujet: Re: Roland de Lassus (1532-1594)   

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Roland de Lassus (1532-1594)
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