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 Friedrich Wührer

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MessageSujet: Friedrich Wührer   Friedrich Wührer Empty2021-02-20, 23:51

Friedrich Wührer (Vienne, 29 juin 1900 – Mannheim, 27 décembre 1975) est un pianiste et pédagogue austro-allemand. Il était un proche collaborateur et défenseur du compositeur Franz Schmidt, dont il a édité la musique, et dans le cas des œuvres pour la main gauche seule, révisé celles-ci pour les deux mains. Il est aussi un champion de la Seconde école de Vienne et d'autres compositeurs du xxe siècle. Son legs discographique est cependant centré sur le répertoire romantique germanique, en particulier la musique de Franz Schubert.

Wührer commence l'étude du piano à l'âge de six ans, avec un professeur autrichien nommé Marius Szudelsky. Il entre ensuite à l'Académie de Vienne en 1915 et poursuit l'étude du piano avec Franz Schmidt, tout en prenant des cours de direction d'orchestre et de composition avec Ferdinand Löwe et de théorie avec Joseph Marx et le droit et la musicologie à L'université. Sa carrière d'interprète débute au début des années 1920, puis il effectue des tournées en Europe et aux États-Unis dès 1923

Wührer est le fondateur de la branche viennoise de la Société internationale pour la musique contemporaine4 et son directeur (1923–28). Il se lie d'amitié avec des compositeurs Hans Pfitzner et Max Reger et commence une association avec Arnold Schönberg et son cercle. Il participe aux interprétations des quinze poèmes Das Buch der hängenden Gärten [Le livre des jardins suspendus], opus 15 de Schoenberg ; son Pierrot Lunaire dans le cadre d'une troupe itinérante présentant l'œuvre à Barcelone en Espagne (1924)5, et les pièces pour violoncelle et piano, opus 11 de Webern (1925). Wührer interprète aussi la musique de Béla Bartók, Igor Stravinsky, Sergei Prokofiev et Paul Hindemith. Avec le violoncelliste Joachim Stoutchevski, à Vienne, il fonde le Duo Wuhrer ; et avec le violoniste Karl Doktor (1885–1949) et le violoncelliste Hermann Busch, le Trio de Vienne, qui a existé jusqu'en 1933. Le 3 juillet 1930, il interprète la Suite pour piano d'un élève de Schoenberg, Paul Pisk pour la première radiodiffusion de ce compositeur par la BBC. Wührer fait sa première apparition au Festival de Salzbourg en 1938. En 1939, Paul Wittgenstein ayant fui l'Autriche, Wührer crée la commande du Quintette avec piano, violon, clarinette, alto et violoncelle en la majeur de Franz Schmidt, dans son propre arrangement de la partie de piano pour deux mains, plutôt que, comme l'original, écrit pour la main gauche seule. Par la suite, Wührer a joué les compositions pour la main gauche de Schmidt, dans ses propres arrangements à deux mains. Wührer et Wittgenstein se voyaient chaque fois avec animosité ; Wittgenstein accusant Wührer d'être un nazi enthousiaste ; et Wührer a dénigré la personnalité et le talent pianistique de Wittgenstein. Que ce soit pour ceci ou pour une autre raison, les programmes de récital n'ont pas fait l'objet de note de droits exclusifs à ce dernier pour les œuvres, comme Wührer l'avait promis à Wittgenstein. En raison de son ascendance juive, Wittgenstein n’eut aucun recours dans les pays sous gouvernement nazi.

Wührer continua son plaidoyer pour les œuvres modernes, au moins dans son âge mûr. Il a donné notamment la première des Sechs Studien pour piano, opus 51 de Pfitzner – dont il était le dédicataire – peu de temps après leur composition en 1943 et dans les années 1950, il a joué le Concerto pour piano, opus 21 (1939) de Kurt Hessenberg. Néanmoins, malgré son travail de pionnier pour la musique de la seconde école de Vienne et d'autres compositeurs de son temps (Hindemith, Prokofiev...), le centre de gravité de Wührer en tant qu'interprète, dans sa réputation posthume et son héritage enregistré, reste sur la musique de la période romantique, et particulièrement les œuvres de la tradition allemande et autrichienne.

Plus tard dans sa vie, Wührer a été juré lors du second Concours Van Cliburn qui s'est tenu du 26 septembre au 9 octobre 1966, et dont le prix a été remporté par Radu Lupu. Wührer a aussi été membre du jury au Concours reine Elisabeth 1968. Le fils de Wührer, également prénommé Friedrich, était violoniste et chef d'orchestre et a réalisé des enregistrements classiques.

Pédagogue

Hors de la salle de concert, Wührer était professeur à Vienne dès 1925, à la Hochschule für Musik und darstellende Kunst de Mannheim (1934–36 et de nouveau en 1952–58) en 1934, Kiel de 1936 à 1939 au Mozarteum  de Salzbourg en 1948, et finalement à la Hochschule für Musik de Munich (1955–68). Il a aussi régulièrement donné des classes de maître au Mozarteum. On lui a refusé la place de professeur en Allemagne de l'Est en 1952, en raison de son passé nazi en Autriche durant la Seconde Guerre mondiale.

Parmi les élèves de Wührer, on trouve Hans Kann (1927–2006), Georg Ebert (1928–2013), les compositeurs Sorrel Hays (°1941), Helmut Bieler (°1940), Franz Königshofer (1901–1970), Karl Robert Marz (1919–1977) et Richard Wilson (°1941) ; les pianistes Geoffrey Parsons (1929–1995), Frieda Valenzi (1910–2002), Maria Luisa Lopez-Vito (°1939) et Felicitas Karrer (°1924) – qui le décrit comme ayant une main gauche exceptionnellement bien équilibrée – et le claveciniste Hedwig Bilgram (°1933).

Publications

Parmi ses activités éditoriales, Wuhrer a publié des chefs-d'œuvre de la musique pour piano (Masterpieces of Piano Music, Wilhelmshaven, 1965) ; compilé une collection d'œuvres de maîtres anciens ; et préparé une édition des Études de Chopin ; des polonaises de Wilhelm Friedemann Bach et de la musique pour piano de Franz Schmidt. Arguant de respecter les souhaits du compositeur, il a arrangé en répartissant sur les deux mains les œuvres que Schmidt avait écrites pour Paul Wittgenstein ; ce dernier a exprimé de fortes objections. Outre l'édition des Études, Wührer a écrit 18 Studies on Chopin Études in Contrary Motion (1958) comme travail pédagogique pour égaliser les deux mains. Wührer a aussi composé et publié des cadences pour des concertos pour piano de Mozart : no 21, en ut majeur, K. 467 ; no 24 en ut mineur, K. 491 et no 26 en ré majeur, K. 537.

Compositions

Friedrich Wührer laisse quelques compositions pour piano, un quatuor à cordes, des mélodies, ainsi que des cadences pour des concertos de Mozart
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MessageSujet: Friedrich Wührer   Friedrich Wührer Empty2021-03-04, 19:55

Bonjour,
je repense beaucoup ces temps-ci aux "Variations sur un Thème de Paganini", de Brahms, jouées par Friedrich Wührer.
C'est du très grand piano, l'écriture bien sûr, cette musique est géniale, mais aussi cette interprétation. Sans parler de la prise de son ! Ce n'est pas le plus important, mais pour l'anecdote, Clara Schumann, une des plus grandes pianistes de son temps, femme de Schumann donc, et ... "grande amie" ( Shocked ?..) (*) de Brahms, les appelait les "Variations de sorcière" tellement c'est injouable....
Voici le lien pour ceux qui souhaitent s'en faire une petite idée.
Pour éclairer le truc, pour ceux qui n'auraient pas forcément tout ça en tête, le "Thème de Paganini", c'est le thème initial du Caprice N° 24 pour violon de Niccolo Paganini, violoniste et compositeur qui était l'aîné des 3 cités ci-dessus.
Voici de quoi s'en faire également une idée. À noter que, déjà ce fameux Caprice 24 est construit en un thème suivi de variations. Ce thème célèbre se prêtait donc dès sa naissance à être utilisé comme base pour des variations. D'ailleurs de nombreux compositeurs ont écrit des variations ou études ou autre d'après ce même thème.
Je reviens à l'enregistrement par Wührer (Brahms) : il existe en deux versions :
- pressage 25 cm, seulement les variations brahms/Paganini. (Pathé/Vox, PS. 140 ; en Mono). Rare.
- pressage 30 cm, avec les Études op 3 de Schumann d'après des Caprices de Paganini, ainsi qu'avec une étude de Liszt d'après le même Caprice 24. (Pathé/Vox Pl 8850).
Curieusement ils ne "sonnent pas pareil", (je possède les 2), je préfère nettement le 25 cm. Pour plaisanter un peu, "on" a le droit de dire que c’est uniquement parce que c'est celui que j'écoutais "quand j'étais petit"... (c'est-à-dire au cours des années 60).
Voilà voilà, j'ai reçu ces jours-ci un message m'avertissant de l'inactivité de mon compte, qui menaçait jusqu'à son existence même.... Argl !
Au plaisir d'échanger avec les uns ou les autres.
(*) à sa (leur) décharge, Schumann était totalement invivable...
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