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 Ces compilations inclassables

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Icare
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Icare

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MessageSujet: Kissine/Suslin/Shoot/Gubaidulina   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 18:06

Jean a écrit:
J'aime bien aussi ce genre de compilation , variée, mais dans une même atmosphère...Celle ci m'intéresse d'autant plus que je ne connais pas une grande partie du programme!

Je suppose que tu connais le "Nocturne" du second quatuor de Borodine et Souvenir d'un lieu cher de Tchaïkovsky. Very Happy En début  d'après-midi, j'ai réécouté une compilation très différente qui contient une musique plus particulière que celles de la compilation précédente. Ici, ils ne s'agit pas de "larmes oubliées", c'est une autre atmosphère qui peut captiver ou ennuyer suivant l'humeur dans laquelle on est...ou on erre..., même pour un mélomane de ma catégorie qui accepte volontiers des formes d'expression aléatoires et des esthétiques qui n'auraient jamais été reçues pendant l'ère stalinienne. Laughing Si j'écris cela c'est que l'album que j'ai réécouté aujourd'hui réunit quatre pièces de musique de chambre de quatre compositeurs russes du vingtième siècle, sous le titre "Oxalys" qui est aussi le nom de l'ensemble qui les a interprétées. Contrairement à l'album canadien que ma mémoire avait étrangement éludé (deux commentaires au-dessus), je me souvenais assez bien de l'esprit de ces musiques particulières de quatre compositeurs russes que je ne connais, finalement, qu'au travers de ces quatre compositions, pas une de plus. L'impression qu'elles m'ont laissé à chaque écoute a toujours été relativement positive, avec des moments que j'adore et d'autres qui me mettent en situation d'attente, mais avec cette idée récurrente qu'il me fallait être dans les conditions adéquates pour les apprécier à leur juste valeur.

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Victor Kissine, né en 1953 - Schmetterling/Papillon pour flûte, clarinette, quatuor à cordes et harpe (1997) - 17'23"
<<Cette composition m'apparut un peu comme un jardin tropical pouvant émettre des sons quelque peu étranges ou mystérieux, une nature souvent dénudée dont j'aime surtout les parties sonores les plus foisonnantes où l'on a l'impression que le jardin s'éveille un peu, fait chanter ses fleurs et ses plantes, fait s'envoler les papillons. J'y entends comme des frottements d'ailes, des frémissements, des chuchotements: par moments, les instruments susurrent... Il y a un aspect poétique dans cette musique. Le jardin a ses parties un peu insaisissables, ses sonorités et mouvements impalpables. Puis, des tensions dramatiques s'installent et se dilatent, se dispersent vers de nouveaux frémissements, chuchotements.>>
Cette pièce a été spécialement composée pour l'ensemble OXALYS et a bénéficié d'une aide de la Communauté Française de Belgique.

Viktor Suslin (1942-2012) - Grenzübertritt pour alto, violoncelle et contrebasse (1990) - 11'59"
<<Ce trio de Viktor Suslin est une musique sans grande concession qui tranche dans le vif dès les premières mesures par des cordes graves et acérées. Le compositeur démontre ici un travail de ciseleur sur surface réduite, évite les grands gestes et les grands effets. Au contraire, le geste est précis, tranchant et intime dans sa manière de sculpter le son, de lui insuffler une tension intérieure, une intensité dramatique, empruntant un chemin sinueux, tourmenté, hyper-chromatique mais aussi très rythmique. Ce trio a la particularité de ne solliciter que des cordes graves. Le violon y est exclu, remplacé par l'alto qui est cependant moins grave que le violoncelle et la contrebasse. J'aime assez le climat parfois menaçant et brutal de cette musique de chambre qui est cependant d'une grande âpreté, d'une grande austérité par ses trémolos frémissants, ses silences, ses colères et ses murmures, touchant son point culminant par sa partie la plus chromatique et d'un lyrisme assombri, vers la fin, avant que le trio retrouve son aridité initiale, sa forme énigmatique du début.>>
Cette oeuvre a été composée pour le "Trio Contra".

Sofia Gubaidulina, née en 1931 - Garten von Freuden und Traurigkeiten pour flûte, alto et harpe (1980-93) - 15'22"
<<Garten von Freuten und Traungketten de Sofia Goubaïdoulina m'évoque un jardin que l'on entrevoit d'abord au travers d'un voile brumeux ou d'un filet de lumière, par la flûte et l'alto, la harpe restant en retrait, puis les couleurs du jardin finissent par surgir, jaillir de ses éclats furtifs. La flûte devient progressivement plus intense: elle domine, mène la danse alors que la harpe et l'alto font des bruits bizarres comme deux insectes tournant autour de la flûte qui, elle, s'ouvre comme une fleur. Il ne faudra cependant pas longtemps pour que la harpe et l'alto retrouvent leur sonorité initiale, celle qui nous est familière, pleine de vie et de relief. La flûte entame dans l'enthousiasme de ses acolytes un chant expressif et envoûtant. Le jardin est lumineux, irisé, incandescent. La musique de Goubaïdoulina est en osmose avec la nature, poétique et colorée, elle finit par se dissoudre dans les abîmes du mystère, raréfiant ses sons, épousant le silence, comme une fleur qui se referme à la lumière de la nuit.>>
C'est la harpiste Irina Kotkina qui lui avait suggéré d'écrire une oeuvre pour flûte, alto et harpe à l'exemple de ce que Claude Debussy avait fait avec sa Sonate. Deux poètes inspirèrent la compositrice: l'Allemand Francisco Tanzer et Iv Oganov, un orientaliste russe.

Vladislav Shoot, né en 1941 - Three Songs on words by O. Mandelstam - voix haute, flûte, clarinette et quatuor à cordes (1994) - 14'05"
<<Cette composition de Vladislav Shoot dévoile un jeu constant d'obscur et de lumineux, entre les cordes tendues et sombres et le duo de clarinette et de flûte qui s'habille continuellement de luminosité. La voix haute évolue merveilleusement entre la pénombre et l'aurore, entre l'obscurité et la lumière. Le chant est beau, la musique est lente, langoureuse, comme suspendue, se moquant du temps qui passe. La flûte, par moment, est presque un oiseau qui chante le printemps, suivie de la clarinette qui imite une humeur voisine alors que les cordes ne semblent pas encore avoir quitté la froideur de l'hiver. La voix porte la souffrance des mots de Mandelstam et la douleur des sons que le quatuor s'obstine à créer. Lancinante et sobre, la musique prend alors une tournure obsessionnelle, comme si l'obscurité prenait le pas sur la lumière, comme si les cordes avaient fini par empoisonner l'espoir de la flûte et de la clarinette qui se réduisent alors à un jeu plus réduit et répétitif. Lunaires et vagabondes, voilà trois chansons qui m'emportent dans un monde où le temps n'a plus de mémoire, par-dessus les nuages, entre lune et soleil.>>
Né en 1891 à Varsovie dans une famille juive, Ossip Mandelstam put étudier à Saint-Pétersbourg. Après la Révolution, il entra en conflit avec l'idéologie du réalisme socialiste et à partir de 1929 il resta interdit de publication jusqu'en 1973, soit trente-cinq ans après sa mort dans un camp en décembre 1938.

Ce qui est écrit en bleu sont mes mots et ils datent de 2015. Certains de mes commentaires - notamment ceux adressés respectivement aux oeuvres de Kissine et Shoot, peuvent paraître très élogieux... En réalité, ils se veulent surtout poétiques, une réponse poétique à une musique qui m'est toujours apparue comme telle. Il est vrai que j'adore toute la construction des cinq,six premières minutes de Schmetterling autour des sonorités élastiques et espacées de la harpe, qu'il y a un passage trop énigmatique qui fait retomber l'attention suivi par un rebondissement heureux. Il est vrai aussi que cette pièce de Kissine a un air de famille avec celle de Gubaidulina qui ne tient, hélas, pas toutes ses promesses. Elle a bien un beau moment de fulgurance porté par la flûte mais devient trop vite distante, elle aussi trop énigmatique. Je préfère le caractère tranchant et l'intensité dramatique des trois cordes de Grenzübertritt (Suslin). Les trois morceaux chantés de Shoot étaient peut-être jusqu'à aujourd'hui l'oeuvre qui m'intéressait le moins. Désormais, il se pourrait qu'elle soit celle que j'apprécie le plus. Par exemple, j'aime assez le jeu obsessionnel de la flûte autour de la voix soprane de Katia Kitchigina.


Dernière édition par Icare le 2021-01-10, 09:16, édité 1 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 18:18

Très poétique en effet ce que tu en dis et qui donne envie d'en savoir plus , de découvrir ce dont tu parles Very Happy
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Snoopy
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Snoopy

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 18:30

Ca m'a donné envie aussi Very Happy
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Icare
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Icare

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 19:10

Snoopy a écrit:
Ca m'a donné envie aussi Very Happy

Laudec, oui, certaines de ces pièces (très modernes de ton quand même) et dans un style assez dépouillé, peuvent lui plaire. Pour toi, Snoopy, hélas, je crains qu'il te manque la "rigueur et cohérence" classiques qui sont primordiales dans ton processus aussi bien intellectuel qu'émotionnel. Là, les formes y sont certes rigoureuses mais plus abstraites et suggestives. Ce n'est pas un reproche, juste une observation dénuée de toute condescendance qui montre nos différences, c'est toujours intéressant de comprendre comment untel fonctionne. Par exemple, Laudec a un goût fort prononcé pour la musique ancienne et baroque, parfois dans ce qu'elle a de plus dépouillé et même austère, donc je ne suis pas étonné qu'elle puisse aimer certaines oeuvres contemporaines de cet acabit qui peuvent aussi avoir ce caractère dépouillé et austère qui ne va pas freiner son intérêt, d'autant plus qu'elle ne me paraît guère plus attachée que moi au "récit" plutôt qu'à la "couleur", acceptant assez bien la forme aléatoire. Laudec me corrigera si je me trompe. Very Happy
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joachim
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joachim

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 19:26

Icare a écrit:
Pour toi, Snoopy, hélas, je crains qu'il te manque la "rigueur et cohérence" classiques qui sont primordiales dans ton processus aussi bien intellectuel qu'émotionnel

Idem sans doute pour Joachim Hehe
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Icare
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Icare

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 19:40

joachim a écrit:
Icare a écrit:
Pour toi, Snoopy, hélas, je crains qu'il te manque la "rigueur et cohérence" classiques qui sont primordiales dans ton processus aussi bien intellectuel qu'émotionnel

Idem sans doute pour Joachim Hehe

Très probablement Joachim et le contraire me ferait manger mon chapeau. Ces compilations inclassables - Page 2 231625 Je précise toutefois que si le besoin de "rigueur & cohérence classiques" est une exigence très compréhensible et valable que je respecte pleinement, ça ne veut pas dire que le mélomane qui ne la manifeste pas est pour autant indulgent, c'est juste que ses exigences se situent ailleurs, tout simplement.
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Snoopy
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Snoopy

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 19:46

Citation :
Pour toi, Snoopy, hélas, je crains qu'il te manque la "rigueur et cohérence" classiques qui sont primordiales dans ton processus aussi bien intellectuel qu'émotionnel. Là, les formes y sont certes rigoureuses mais plus abstraites et suggestives.

Ben je ne sais pas, je vais voir. C'est fort possible. A vrai dire, je ne peux jamais savoir. Parfois j'ai écouté des trucs "modernes" qui sont bien passés et d'autres, pourtant plus "sages" que je n'ai pas supporté 5 minutes. Ca dépend si j'arrive à "accrocher" sur quelque chose qui va me tenir en haleine et me faire rester même si initialement ce n'est pas mon truc. Je ne me l'explique pas, mais en gros ça passe ou ça casse donc le seul moyen de le savoir c'est d'essayer Very Happy

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 20:03


Entièrement d'accord, et c'est d'ailleurs comme ça que je fonctionne aussi. C'est la bonne démarche. Wink
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laudec

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 20:22

Icare a écrit:
Laudec me corrigera si je me trompe.
Pas besoin de te corriger Icare, c'est bien vu et bien dit en plus Mains
J'aime beaucoup aussi découvrir, être étonnée, interpelée et parfois ces découvertes deviennent des révélations heureuses, je ne regrette jamais mes explorations ;-)

Le lien vers ces vols de papillons de Kissine : ICI

Belle découverte aussi que la personnalité d'Ossip Mandelstam
Pas encore découvert les autres, il y a tant à découvrir...
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 20:39

Résultats des courses mon cher Léon…

Schmetterling, je n’ai pas aimé du tout. Je n’arrive jamais à comprendre les compositions qui « obligent » un instrumentiste à utiliser son instrument autrement que ce pourquoi il est fait. Ces trucs bizzaroides sur la harpe, non. J’accroche pas et pourquoi prendre une harpe pour produire ces sons ?? J’ai écouté un peu la suite en espérant que, mais le miracle n’est point arrivé.

Par contre Grenzübertritt de Viktor Suslin ne m’a pas déplu. Je ne l’écouterai pas en boucle bien sûr, mais j’y ai trouvé de l’intérêt. Ca me parle par « petits bouts » mais ça me parle quand même. J’aime bien la tension qu’il y a dans ce morceau et l’utilisation « brutale » des instruments.

Garten von Freuden und Traurigkeiten de Sofia Gubaidulina ne m’a fait ni chaud ni froid. Pas déplaisant à l’oreille, mais ne me procure aucune émotion. C’est juste chiant à mourir (à mes yeux)

Je n’ai pas réussi à trouver la musique de Three Songs on words by O. Mandelstam de Vladislav Shoot sur Youtube, donc je n’ai évidemment aucun avis.

Sans surprise, j’ai globalement préféré la précédente compilation que tu as présentée « Larmes oubliées ».
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MessageSujet: Pauk/Harman/Schafer/Freedman/Anhalt   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 23:05

Snoopy a écrit:
Je n’arrive jamais à comprendre les compositions qui « obligent » un instrumentiste à utiliser son instrument autrement que ce pourquoi il est fait. Ces trucs bizzaroides sur la harpe, non. J’accroche pas et pourquoi prendre une harpe pour produire ces sons ??

Je respecte ton rejet, mais, personnellement, ça ne me dérange absolument pas à partir du moment où l'instrument n'est pas volontairement détérioré. J'aime justement cette idée d'extirper d'un instrument des sonorités inhabituelles dans la mesure où, comme dans la pièce de Kissine, la démarche n'est pas gratuite. Ces sonorités élastiques participent selon moi à la poétique de Schmetterling, peu importe d'ailleurs de quel instrument elles proviennent, à partir du moment où elles s'insèrent dans une construction musicale qui m'interpelle. C'est une sonorité qui me touche mais que je n'ai pas associée d'emblée à la harpe. C'est sur cette compilation l'oeuvre que je trouve la plus intéressante, du moins sur le plan timbrique et pour deux passages dont l'introduction, avec celle de Shoot que tu n'as pu écouter. Elle m'a même inspiré un commentaire très poétique.

Snoopy a écrit:
Par contre Grenzübertritt de Viktor Suslin ne m’a pas déplu. Je ne l’écouterai pas en boucle bien sûr, mais j’y ai trouvé de l’intérêt. Ca me parle par « petits bouts » mais ça me parle quand même. J’aime bien la tension qu’il y a dans ce morceau et l’utilisation « brutale » des instruments.

Je partage assez ce ressenti.

La compilation que j'ai réécoutée ce soir n'a pas assoupli la donne, plutôt élargi l'expression contemporaine au-delà de la musique de chambre, au rang d'orchestre. De toute façon, la plupart des compilations qui vont être présentées par mes soins sur ce topic concerneront des compositeurs contemporains. La raison? Elles correspondent presque toutes à une époque où j'étais en pleine recherche en matière de musique contemporaine, tout en évitant malgré tout les chemins trop balisés et donc les pontes les plus "médiatisées" de la musique dite d'avant-garde: quelques intrusions téléguidées dans les univers de Xenakis, Nono, Stockhausen, Globokar... et quelques autres m'avaient laissé dubitatif, les répétitifs américains style Glass aussi, même si ce fut pour d'autres raisons. Ces compilations étaient pour moi un autre moyen plus personnel de m'ouvrir à la musique du vingtième siècle et de découvrir l'oeuvre et le style de compositeurs que je ne connaissais pas et n'avais aucune possibilité d'aborder autrement. Je me disais que je repèrerais assez vite l'oeuvre qui me touche le plus et, par elle, le compositeur que j'aurai le plus envie d'approfondir.

La compilation de ce soir s'intitule Iridescence et réunit cinq oeuvres de cinq compositeurs canadiens, tous du vingtième siècle mais pas tous issus de la même génération. Intéressons-nous d'abord à la définition du mot "Iridescence": Phénomène optique selon lequel une surface change de couleur en fonction de l'angle sous lequel on la regarde. Beaucoup d'animaux comme les papillons doivent leur couleur à ce phénomène. On observe également ce phénomène sur les bulles de savon./Qui a un reflet irisé. L'oreille a aussi un oeil qui permet de voir la matière sonore sur tous ses angles. Les cinq pièces symphoniques sont interprétées par l'"Esprit Orchestra" sous la direction d'Alex Pauk:

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Chris Paul Harman, né en 1970 - Iridescence (1990) - 11'37"
C'est l'oeuvre qui a donné son titre à la compilation. C'est par elle que j'ai découvert ce compositeur qui avait vingt ans lorsqu'il composa cette pièce pour orchestre d'un seul mouvement. Si je n'ai pas vraiment cherché à écouter autre chose de lui, cette musique ne m'avait pas laissé indifférent. Aujourd'hui encore, certains passages me plaisent, même s"ils ne me marquent pas suffisamment profondément pour qu'ils me hantent encore dans un mois.

Alex Pauk, né en 1945 - Cosmos (1989) - 12'02" - commandé par l'Orchestre Symphonique du Québec et subventionné par le Conseil des Arts du Canada.
Je pourrais faire à un détail près la même observation que pour Iridescence de Harman, un "symphonique" qui n'est pas sec en couleurs orchestrales ni en fulgurances, mais, à l'époque, il ne m'avait pas forcément donné envie d'en connaître plus: Pauk ne fit donc pas partie de mes priorités, même si, comme pour Harman, mon oreille aurait pu, à l'occasion, traîner encore de leurs côtés. Je ne tire jamais de trait définitif sur un compositeur, tel qu'il soit.

R. Murray Schafer, né en 1933 - Scorpius (1990) - 8'46" - commandé par l'Esprit Orchestra et subventionné par le Conseil des Arts du Canada.
Avec Scorpius, je me souviens que mon intérêt était monté d'un cran. Aujourd'hui encore, je suis saisi par les moments les plus truculents de cette composition. Ce n'est pas étonnant si depuis j'ai découvert sept quatuors à cordes qui font partie de mes préférés dans le genre contemporain. Avec R. Murray Shafer, j'avais découvert un créateur qui sortait du lot et allait m'intéresser plus durablement.

Harry Freedman (1922-2005) - Town (1991) - 13'49" - commandé par l'Esprit Orchestra et subventionné par le Conseil des Arts du Canada.
J'avais découvert Harry Freedman par trois oeuvres pour orchestre réparties sur trois compilations que je m'étais procurées dans la même période, Town que j'ai donc réécoutée ce soir, Oiseaux exotiques et Tableau pour orchestre à cordes. Les Oiseaux exotiques conservent toute ma préférence. Town ne m'est pas ennuyeux mais ne me marque pas suffisamment. C'est un plaisir de l'instant.

Istvan Anhalt (1919-2012) - Sparkskraps (1987) - 23'12" - commandé par l'Esprit Orchestra et subventionné par le Conseil des Arts du Canada.
<<Sparkskraps est l'oeuvre la plus longue des cinq proposées dans cette compilation. C'est aussi celle qui me captive le plus avec Scorpius de R. Murray Shafer qui est pour le coup la plus courte. Je l'aime comme une suite musico-cinématographique, c'est-à-dire comme si cette musique accompagnait les images d'un thriller imaginaire. C'est un peu vrai des cinq créations présentées sur ce disque. J'y perçois un symphonique versatile, tendu, dramatique et atmosphérique, avec ses accélérations, ses moments de suspens, ses combinaisons sonores attractives. Il me semble accompagner des personnages dans leurs aventures tumultueuses. Il y a tout cela dans la musique de Anhalt.

C'est un album que j'ai eu plaisir à redécouvrir. Very Happy


Dernière édition par Icare le 2021-01-10, 09:17, édité 4 fois
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Jean

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 23:16

En effet Icare, j'ai les quatuors de Borodine, non écouté depuis si longtemps que me rafraichir la mémoire sera bienvenu! Wink  et aussi le Tchaïkowsky

Voici deux enregistrements , dont j'ai peut être déja parlé? je ne me souviens plus///si c'est le cas, j'ai dû bien hésiter pour savoir où les citer Hehe ...ce nouveau topic n'ayant pas encore été créé par Icare!

Ces deux enregistrements partent de la même démarche: construire un opéra à partir  des extraits d'opéras contemporains d'une vingtaine de compositeurs des 17ème et 18ème siècle,  pour commémorer l'opéra de Versailles et aussi dans le cas de "l'Opéra des Opéras" fêter les 30ans du "Concert spirituel" d'Hervé Niquet

Voici ce qu'en dit Hervé Niquet:
"Rien de plus naturel, aux  XVIIe et XVIIIe siècle, que d'assembler une anthologie de pièces issues de différentes oeuvres et auteurs pour en faire un ouvrage, le temps d'une soirée. C'est une pratique sortie des habitudes aujourd'hui; cependant vous connaissez mon attrait pour les choses un peu désuètes et hors des sentiers battus."

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 Par Laurent Bury | sam 21 Octobre 2017 | de "Forum Opéra

Dans un monde idéal, le budget alloué à la culture permettrait de financer les entreprises les plus téméraires, notamment la résurrection des ouvrages les plus obscurs. Mais comme nous l’expliquait Benoît Dratwicki dans une interview, il est aujourd’hui bien difficile de monter des projets quand ni le compositeur ni le titre n’est assez parlant pour motiver le public ou d’éventuels généreux mécènes. Autrement dit, il faut se résigner à la quasi-impossibilité de redonner vie à quantité d’œuvres pas assez « porteuses ». A défaut, une solution se présente : prélever le meilleur de chacune de ces partitions qui seraient condamnées à dormir encore longtemps dans les bibliothèques, et les assembler pour composer un concert plus « vendeur ». On sait également que toutes ces œuvres ne sont pas toujours d’un intérêt égal d’un bout à l’autre, et qu’il peut être opportun d’en extraire la substantifique moelle. Avec l’espoir, en plus, de susciter des vocations : en découvrant ces extraits, qui sait si tel ensemble, tel chef ne décidera pas d’interpréter la partition dans son intégralité ?

Compte tenu de toutes ces raisons, l’heure du pasticcio a donc sonné : Hervé Niquet fête cette année les trente ans du Concert spirituel avec un « opéra imaginaire », Marc Minkowski avait jadis inventé une « symphonie imaginaire » à partir de musiques de Rameau. Et ce même Benoît Dratwicki, cité plus haut, a concocté une promenade dans le monde de l’opéra français, de 1664 à 1780, des Plaisirs de l’île enchantée jusqu’à l’Atys de Piccinni, et donc du règne de Louis XIV jusqu’à celui de Louis XVI. D’où le titre d’ « Opéra pour trois rois », le tout dans un ordre plus ou moins chronologique. Moins d’un an après le concert donné à Versailles et à Budapest nous parvient le disque qui en est le très fidèle reflet.

Il n’y a réellement pas grand-chose à ajouter par rapport aux commentaires que le concert nous avait inspirés. Le choix d’attribuer tous les extraits à trois personnages (Apollon, la Gloire et la Renommée) paraît encore un peu plus arbitraire, et le disque aurait peut-être permis de rétablir la véritable identité des personnages qui s’expriment à chaque fois, quitte à résumer brièvement l’action des œuvres concernées. Par ailleurs, deux CD pour 90 minutes de musique, c’est finalement peu : aurait-il fallu retrancher dix minutes pour que tout tienne sur une seule galette, ou en ajouter davantage pour justifier la seconde ? Et tant qu’à faire, il est dommage, après l’ultime morceau, un très vigoureux « Forêts paisibles » des Indes galantes, de ne pas avoir conservé une (courte) salve d’applaudissements qui aurait reflété l’enthousiasme du public.

Malgré ces quelques bien minces réserves, on se réjouira ici encore de découvrir un superbe extrait du Zéphire et Flore de Colin de Blamont, qui donne bien envie de connaître le reste de la partition (Benoît Dratwicki, spécialiste de ce compositeur, ne demanderait sans doute pas mieux que de nous la faire découvrir, mais encore faudrait-il en convaincre les programmateurs de salles). On voudrait aussi en savoir plus sur Le Retour du printemps de Dauvergne, et la superbe architecture du chœur qui conclut la chaconne du Pouvoir de l’amour de Pancrace Royer laisse imaginer qu’il y a bien d’autres pages à savourer dans cette composition.

Chez l’orchestre, on appréciera le moelleux des cordes, opposé à la brutalité calculée des percussions. Le chœur, pourtant très majoritairement hongrois, impressionne par sa maîtrise de notre langue. Et les trois solistes brillent de toutes leurs qualités déjà bien connues. Comme au concert, on reste subjugué par la magie absolue de l’air de Scylla et Glaucus, « Viens, Amour, quitte Cythère », que chante Emöke Baráth, enivrant mélange de sensualité et de pudeur, où le chœur répond avec une grâce aérienne au discours de la soprano. Avec une voix plus corsée mais tout aussi à l’aise dans la virtuosité, Chantal Santon Jeffery défend fort bien son territoire, notamment en Iphigénie, et les deux timbres se marient à merveille dans le duo tiré des Caractères de la folie de Bernard de Bury. Chez Thomas Dolié, enfin, on salue non seulement l’expressivité, mais aussi la puissance de l’aigu et la facilité avec laquelle il descend dans le grave : on se réjouit d’autant plus à la perspective de l’entendre incarner Huascar des Indes galantes (à défaut de pouvoir aller à Budapest en février prochain, on pourra au moins écouter le disque prévu, où Véronique Gens sera Phani de l’acte des Incas et où Reinoud van Mechelen tiendra les rôles de haute-contre).

Ces compilations inclassables - Page 2 71mgeJWscSL._SL1200_

Le résultat, pour un amoureux comme moi du baroque et de ses opéras le résultat est merveilleux!!



https://www.youtube.com/watch?v=FzFfe8-pWzA

https://www.youtube.com/watch?v=1vtgep96pxM


https://www.youtube.com/watch?v=wVAr3Z35cxk&list=OLAK5uy_l6bVWfGWFrlDDKzYpRcdvmFtkaZkqySyw
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-09, 23:39


Merci Jean pour cette excellente présentation sur une initiative dont j'ignorais tout de son existence jusqu'à aujourd'hui! Embarassed Et dire que j'avais vraiment hésité avant d'ouvrir ce topic! Rolling Eyes En plus, marquer ce fil de Baroque et plus particulièrement d'opéras baroques, voilà qui ajoute de la couleur et de la variété. J'ai aimé les deux courtes vidéos, surtout la première.
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MessageSujet: Rota/Morricone/Malipiero/Porena   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 10:41

Ce matin, j'ai réécouté une superbe compilation que je ne m'étais pas procurée pour les mêmes raisons que les deux précédentes, Oxalys et Iridescence. La compilation s'intitule Italian Compositions of the 20th Century et regroupe quatre oeuvres pour cordes de quatre compositeurs italiens interprétées par un excellent ensemble: I Solisti Italiani. Lorsque je me suis procuré cet album, je ne connaissais pas cet ensemble, en revanche je connaissais deux des quatre compositeurs représentés, je les connaissais même bien, principalement pour leur musique de film. J'ai tellement été épaté par cet ensemble, qu'il me fait plaisir d'écrire les noms des musiciens qui le composent:
Antonio De Secondi, Luca Fanfoni, Federico & Giovanni Guglielmo, Carlo Lazari, Gigino Maestri: violons
Alfonso Ghedin et Marcello Turio: altos
Giorgio Ravenna et Alfredo Riccardi: violoncelles
Gianni Amadio: contrebasse
(Edoardo Farina: clavecin)

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Nino Rota (1911-1979) - Concerto for Strings (1964-65), en quatre mouvements - 16' environ
C'est une oeuvre de Nino Rota que je possède aussi dans une autre interprétation que celle-ci, par le "Gruppo Strumentale 'Musica d'Oggi'" sous la direction de Karl Martin. Honnêtement, je ne saurais dire la version que je préfère car elle m'a toujours semblé très bonne aussi. C'est un concerto que j'aime beaucoup dont chaque mouvement s'articule autour d'un thème fort et accrocheur. On reconnaît là toute la verve du célèbre compositeur, le dernier mouvement étant celui qui rappelle le mieux l'univers musical qu'il élabora pour le cinéma de Fellini.

Gian Francesco Malipiero (1882-1973) - Sesta Sinfonia per Archi (1947), en quatre mouvements - 22'
J'avais oublié que cette sixième symphonie était la première oeuvre que je découvrais de Malipiero, et c'était en 1995. 25 ans s'écouleront avant que je ne décide d'approfondir ce grand compositeur. Désormais, je me retrouve avec une seconde version de cette oeuvre, mais cette fois par les cordes du "Moscow Symphony Orchestra" sous la direction de Antonio V. d'Almeida. Cette oeuvre pour cordes est très différente du concerto de Rota. Elle ne libère pas de thèmes mélodiques aussi accrocheurs, mais j'aime sa profondeur, sa beauté presque trouble et troublante. En réalité, je l'apprécie autant que le concerto de Rota mais pour d'autres raisons.

Boris Porena, né en 1927 - Vivaldi (1988), en trois mouvements - 11'53"
Comme son titre l'indique ouvertement, l'oeuvre est un vibrant hommage au grand maître vénitien et en particulier à l'une de mes oeuvres préférées de lui, le "Concerto pour 4 violons opus 3 - n°10", l'une des grandes pièces du recueil intitulé "Estro armonico", celle-là même que J.S. Bach choisit de transcrire pour quatre clavecins et cordes. L'idée de Porena ne fut évidemment pas de reproduire le concerto de Vivaldi dans un vague élan de modernité ou de renouveau. La démarche fut quand même plus ambitieuse, même si la présence de Vivaldi et du concerto demeure très visible dans le premier mouvement. En revanche, je ne l'aurais pas détecté dans le "Largo" qui suit. Des fragments identifiables apparaissent néanmoins dans l'"Allegro" final. J'aime bien cet hommage qui est finalement la seule création de cette compilation que je n'ai pas en double.

Ennio Morricone (1928-2020) - Esercizi for 10 String Soloists (1992-93), en deux mouvements - 12'23"
Il s'agit d'une oeuvre que j'aime énormément, celle qui me transporte le plus loin et le plus haut dans cette compilation qui est globalement d'un excellent niveau. Ennio Morricone explique qu'il a souhaité offrir à tous les interprètes un rôle de soliste, sauf pour la contrebasse qu'il n'envisageait pas d'employer au départ. A Edoardo Farina (claveciniste) d'ajouter que du point de vue de sa composition, la pièce montre que Morricone a parfaitement intégré les techniques et les moyens musicaux mis en oeuvre depuis la fin de la seconde guerre mondiale quant au diatonisme et à la modalité. L'oeuvre se base sur la mélodie de l'air célèbre de La Traviata de Verdi, "Amani Alfredo" que Morricone métamorphose complètement et avec brio. Ce qui me fascine dans cette composition, c'est un contraste saisissant entre des cordes en ébullition et une contrebasse dans un registre complètement opposé, en retrait, imperturbable: c'est la confrontation, d'un point de vue purement personnel et philosophique, entre l'agitation et la réflexion, l'agitation symbolisée par les cordes dont chaque élément semble en effet individualisé et la réflexion symbolisée par la contrebasse, placide et distante - le recul. Comme on peut s'y attendre, l'agitation s'essouffle et la réflexion demeure. Le deuxième mouvement est une "Romance" particulièrement raffinée et émouvante, comme un épilogue ouvert à la beauté des cieux.

Gidon Kremer & Kremerata Baltica: Nino Rota - Concerto per archi:

https://www.youtube.com/watch?v=aBOMJxHq86c


Je pense préférer l'interprétation qu'en font les musiciens de "I Solisti Italiani", que je trouve un peu plus "mordante".
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joachim
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 12:22

Rien à faire, pour moi, l'opéra baroque français (Lully, Rameau) quand il est chanté, me laisse indifférent, je dirais même me hérisse parfois Embarassed  Par contre, la musique sans chant me plaît, comme par exemple l'ouverture Le palais d'Alcide présenté par Jean. Alors que la première video m'ennuie... Mais quand on aborde la période pré-classique (Gluck ou Piccinni), le style me convient beaucoup plus.

A propos du premier CD, pourquoi avoir choisi les trois personnages du feuilleton américain Ma Sorcière bien-aimée en tant que couverture. Qu'ont-ils à voir avec le contenue du CD l'opéra des opéras ? Ces compilations inclassables - Page 2 1521897346
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 12:56

joachim a écrit:
Rien à faire, pour moi, l'opéra baroque français (Lully, Rameau) quand il est chanté, me laisse indifférent, je dirais même me hérisse parfois Embarassed  Par contre, la musique sans chant me plaît, comme par exemple l'ouverture Le palais d'Alcide présenté par Jean. Alors que la première video m'ennuie...

Et bien moi, c'est quasiment l'inverse!! Je dis "quasiment" car je ne rejette quand même pas du tout l'ouverture "Le Palais d'Alcide" dont rien ne m'hérisse, c'est plutôt sympa, mais disons que la première vidéo avec les voix m'enchante alors que la seconde m'est juste agréable. Laughing
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MessageSujet: Boulnois/Bridge/Schulhoff   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 18:59

La compilation que j'ai réécoutée cette après-midi m'a fait revenir à la musique de chambre par cinq oeuvres de différentes envergures pour violoncelle et piano, toutes interprétées par le violoncelliste Thomas Duran et le pianiste Nicolas Mallarte. De toutes les compilations du genre qui figurent sur mes étagères, celle-ci répond sans aucun doute à une de mes acquisitions les plus récentes, avec une autre, contenant, elle aussi, de la musique de chambre, de compositeurs italiens tels que Malipiero, Respighi, Pizzetti, Casella et qui sera immanquablement évoquée sur ce topic un de ces jours. Plusieurs éléments attirèrent mon attention sur cette compilation: deux compositeurs en particulier, son titre; La naissance d'un nouveau monde, le fait qu'il s'agit d'oeuvres ayant été composées pendant la période de la première guerre mondiale...un violoncelle qui est quand même un instrument que j'affectionne particulièrement, une atmosphère qui transparaissait inexplicablement, par intuition, lorsque je tins le disque entre mes mains: <<Instrument très en vogue au début du vingtième siècle, les compositeurs confient au violoncelle durant la Grande Guerre l'expression de leurs sentiments: des plus intimes, ou parfois légers (de la Presle, Granados), souvent passionnés, mais aussi empreints de désillusions, de souffrance et surtout d'une profonde nostalgie. Ces impressions changeantes les font tantôt s'accrocher à un passé perdu, à une tradition rassurante (Boulnois, Schulhoff), mais tantôt aussi pressentir un monde musical nouveau riche d'une étonnante diversité (Bridge).>> David Mastin.

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Erwin Schulhoff (1894-1942) - Sonate pour violoncelle et piano, opus 17 - 1914, en quatre mouvements - 24'23"
Ce compositeur dont j'appréciais déjà quelques oeuvres, notamment sa seconde symphonie, fut un peu celui qui m'inspira cet achat. Je n'ai pas regretté même si ce ne fut pas l'oeuvre qui gagna d'emblée ma préférence. Disons qu'elle a fini par tracer son chemin en moi au fil de nouvelles écoutes. Je l'aime vraiment bien avec une mention spéciale pour les troisième et quatrième mouvements, un ton peut-être plus espiègle, plus malicieux, une once d'optimisme qui la traverse, un sens de la dérision...

Franck Bridge (1879-1949) - Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur - 1913-1917, en quatre mouvements - 23'51"
La sonate de Bridge est, sans conteste à mon oreille, l'oeuvre la plus forte des trois grandes qui occupent cette compilation: profonde, passionnée, romantique et désespérée...je dois bien reconnaître qu'elle me caresse dans le sens du poil, sans rien perdre de sa force émotionnelle sur ses quatre mouvements. C'est la deuxième oeuvre de Frank Bridge que je connais et apprécie, c'est peu. Ca fait un moment que je souhaite approfondir ce compositeur et peut-être que 2021 sera finalement, en partie, l'année "Bridge" comme l'année 2020 fut pour moi l'année "Hindemith" et "Malipiero"...?...

Enrique Granados (1867-1916) - Madrigal 1915 - 4'54"
Madrigal apparait comme une miniature plus légère, néanmoins, en matière de miniatures, Granados a créé des pièces plus marquantes. Là, je dirais; aussitôt écouté, aussitôt oublié.

Joseph Boulnois (1884-1918) - Sonate pour piano et violoncelle - 1917, en quatre mouvements - 24'45"
Contrairement à Bridge et Schulhoff, Joseph Boulnois est un compositeur que je ne connaissais même pas de nom. Ce fut une belle surprise car sa Sonate m'avait conquis dès la première écoute, par son caractère assez passionné, ses élans d'une nostalgie jamais trop appuyée, un troisième mouvement qui me séduit par la singularité de sa construction.

Jacques de la Presle (1888-1969) - Guitare - 1915 - 2'50"
Cette miniature a du caractère, elle m'interpelle un peu mieux que celle de Granados, un sympathique épilogue à cette compilation!


Dernière édition par Icare le 2021-01-10, 19:06, édité 1 fois
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Jean

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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 19:05

joachim a écrit:


A propos du premier CD, pourquoi avoir choisi les trois personnages du feuilleton américain Ma Sorcière bien-aimée en tant que couverture. Qu'ont-ils à voir avec le contenue du CD l'opéra des opéras ? Ces compilations inclassables - Page 2 1521897346

Désolé , je voulais en parler et j'ai oublié Crying or Very sad
Le plus simple est que je cite l'explication d'Hervé Niquet:
"Cet opéra des opéras", objet non identifié , vraie reconstitution baroque, de nos trente ans, a été reçu comme un feu d'artifice coloré par le public.  De l'idée de recréer une oeuvre royaleavec les aires des compositeurs appréciés de Louis XIV, qui n'était évidemment pas sans nous déplaire, nous sommes allés redonner voix à des pages inédites, inconnues , que nous n'entendrons peut être jamais plus.
Mais notre directeur de label, qu'allait il faire de cet objet de bric et de broc?
Notre histoire était pourtant des plus simples: un jeune premier, bellâtre courageux, qui aime une princesse des plus charmantes, mais une méchante sorcière, jalouse de cette idylle, cherche par tous les moyens à nuire à notre duo.  Mais bon sang! c'est bien sûr! il s'agit exactement des ingrédients d'une série américaine qui berça les jeudi après midi de ma jeunesse: Ma sorcière bien aimée!

J'imaginais déjà une couverture avec la photo du trio adoré et la montrai à notre éditeur: Eclat de rire général dans les bureaux. Katherine alias Samantha, Karine devenue Endora et Reinoud transformé en Jean Pierre Stevens ont l'habitude maintenant de mes folies et n'ont pas pris ombrage de cette comparaison.
Voyez comme les éléments de l'opéra sont simples! Tout ceci n'est qu'histoires d'amour finalement , et avec Le Concert Spirituel une histoire qui dure depuis 30 ans.
Alors vive le pastiche et "Ma sorcière bien aimée"

Je ne trouvais pas de réponse dans le livret à cette question: "Ont ils imaginé et écrit  un texte qu'ils ont collé à la musique  des airs et choeur retenu, supprimant les textes d'origine"?

J'ai trouvé la réponse en comparant les textes des quelques opéras que j'ai (cités dans le livret): deux Rameau, deux extrait de Médée de Charpentier, et les fêtes Vénitiennes de Campra...
He bien les textes sont bien les mêmes!! Cà me parait une prouesse supplémentaire de construire une histoire à trois personnages avec 33 extraits d'opéras qui n'ont rien à voire les uns avec les autres du coté du livret!! Wink
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-10, 19:10

J'aimais bien cette série quand j'étais jeune. Tous les acteurs sont morts depuis. Ca passe vite pale
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MessageSujet: Lilburn/Ritchie/Blake/Whitehead/McLeod/Farquhar/Pruden/Carr   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-12, 11:45

Quelques messages plus haut, j'expliquais ma démarche à propos des compilations que je recherchais en particulier, notamment parmi les compositeurs du vingtième siècle, à une époque où Internet n'existait pas encore, une manière pour moi d'ouvrir des portes sur la musique contemporaine, ciblant par ces supports les personnalités musicales qui me captivaient le plus. J'avais cependant omis de préciser un point important de ma démarche d'"explorateur", car, effectivement, cette démarche, d'une certaine manière, était un peu celle d'un explorateur. Mon idée était que dans chaque région du monde, chaque pays, il y avait des talents, en tout cas des auteurs susceptibles d'écrire de la musique qui m'intéresse. C'est dans cet état d'esprit que j'avais, par exemple, découvert l'oeuvre de Peter Sculthorpe qui occupe désormais une place assez importante dans ma cédéthèque, compositeur qui sut apporter une couleur à la musique savante australienne, approche un peu anticipée par Percy Grainger et poursuivie par d'autres créateurs australiens comme Brett Dean. La compilation que j'ai réécoutée dernièrement est un double-album renfermant huit oeuvres orchestrales de huit compositeurs néo-zélandais. Jusqu'ici je ne connaissais aucun compositeur de la Nouvelle-Zélande à l'exception de Douglas Lilburn par trois symphonies et une pièce pour cordes qui, je l'avoue, ne me satisfaisaient pas complètement, du moins à l'époque, et cette compilation ne pouvait donc que titiller ma curiosité d'explorateur musical.

Premier volume:

Douglas Lilburn (1915-2001) - Aotearoa Overture, pour orchestre - 1939 ou 1940 - 8'15"
Anthony Watson (1933-1973) - Prelude and Allegro for Strings - 1960 - 6'32"
Anthony Ritchie, né en 1963 - The Hanging Bulb, pour orchestre - 1989 - 14'24"
Christopher Blake, né en 1949 - Till Human Voices Wake Us pour ténor: Christopher Doig et orchestre - 1986 - 17'23"
Gillian Whitehead, née en 1941 - Resurgences pour orchestre - 1989 - 14'34"

Second volume:

Jenny McLeod, née en 1941 - Little Symphony en trois mouvements, pour orchestre - 1963 - 17'14"
David Farquhar (1928-2007) - A short suite from Ring Round the Moon en six mouvements, pour orchestre - 1975 - 14'20"
Larry Pruden (1925-1982) - Harbour Nocturne pour orchestre - (1955-?) - 8'47"
Edwin Carr (1926-2003) - The Snow Maiden en deux actes, pour orchestre - 1963 - 22'12"

Toutes ces oeuvres sont interprétées par le "New Zealand Symphony Orchestra" sous la direction de Kenneth Young. Pour le mélomane avide de modernité et plus nettement friand d'avant-garde - ce qui n'est pas nécessairement un reproche de ma part dans la mesure où il m'arrive assez régulièrement d'avoir aussi cette fringale - cette compilation n'est sans doute pas idéale pour lui, pourra-t-il même trouver le contenu ringard ou désuet. La plupart des oeuvres retenues ici sont souvent tonales (parfois avec quelques épisodes atonals), lyriques, plutôt faciles d'accès, en tout cas elles s'inscrivent volontiers dans cette continuité-là, ce qui n'empêche pas d'y côtoyer une musique orchestrale du vingtième siècle. Il ne pouvait y avoir meilleure introduction qu'une ouverture et Aotearoa Overture de Douglas Lilburn est charmante et même poétique. Il se pourrait que ce soit l'oeuvre de Lilburn qui me touche le plus, bien qu'il faudrait quand même que je me remémore ses symphonies. Le Prelude and Allegro pour cordes d'Anthony Watson a le mérite à la fois d'être court et dynamique, c'est-à-dire que je m'ennuie pas pendant l'écoute mais qu'elle ne me laisse aucune trace après. Le contraste sera alors saisissant avec The Hanging Bulb d'Anthony Ritchie qui m'a littéralement captivé: j'en ai adoré la construction, la singularité, la poétique. Cette composition me paraît très inspirée. Un coup de coeur! Till Human Voices Wake Us pour ténor et orchestre de Christopher Blake m'est presque aussi captivant: ses tensions dramatiques, ses moments plus retenus, la qualité de ses orchestrations et la voix de ténor non omniprésente. La dernière oeuvre de ce premier volume est d'un genre musclé, animé, viril. Elle s'intitule Resurgences et est le fruit goûteux de la compositrice Gillian Whitehead. Les fulgurances orchestrales m'évoquent Jerry Goldsmith, sans doute en raison du caractère ludique qui en ressort, mais je pourrais aussi évoquer John Corigliano. j'avais également pensé à Leonard Rosenman mais c'est moins vrai, tant les fulgurances orchestrales de ce dernier sont plus abruptes, plus resserrées et pour le coup moins ludiques.

Je peux dire que l'humeur heureuse de la Little Symphony de Jenny McLeod, totalement contemporaine de Gillian Whitehead, correspondit idéalement à mon humeur matinale. Cette musique, porteuse de thèmes mélodiques accrocheurs et que je trouve superbement orchestrée, m'a empli le coeur et l'esprit d'une joie indicible. Cette belle humeur s'est poursuivie avec A Short Suite from Ring Round the Moon de David Farquhar. Globalement, j'aime moins mais l'oeuvre est divertissante, égaye mon esprit, dès le Tango d'ouverture. Suivent une Polka, une Valse, un Two-step, une autre Valse précédée d'une délicieuse introduction et un Finale un peu quelconque. Précision peu étonnante lorsque l'on connait mes goûts, c'est le Tango que je préfère, encore que la seconde Valse... A savoir pour celles et ceux qui ne connaissent pas que le Two-step est une danse dérivée de la polka qui s'est développée aux États-Unis à la fin du XIXᵉ siècle et qui eut cours jusqu'à l'entre-deux-guerres. Le plaisir ne faiblira pas avec la beauté subtile du très poétique Harbour Nocturne de Larry Pruden et s'intensifiera plus encore avec la truculente et irisée musique de ballet The Snow Maiden d'Edwin Carr. Certains pourront me dire que ça fait "musique de film"...et alors? Effectivement, j'ai toujours l'impression, grâce à cette musique, de pénétrer un conte fantastique, avec des fées, des créatures étonnantes et fabuleuses, de celles qui peuplent par exemple Legend de Ridley Scott sur une partition tout aussi onirique de Jerry Goldsmith. Pour Snow Maiden, dans un précédent commentaire, j'avais évoqué à deux reprises Bernard Herrmann. Je pense aussi à Maurice Ravel comme ayant pu être une influence possible. En conclusion, je n'ai peut-être pas ressenti un son particulier qui caractériserait une "couleur" néo-zélandaise comme dans le cas de la musique australienne, néanmoins, ce double-album fait partie des meilleures compilations de ma collection.
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MessageSujet: Bridge/Walton/Devreese   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-01-12, 17:36

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Je suis revenu, cet après-midi, à l'univers de la musique de chambre par le biais cette fois d'une formation instrumentale que j'affectionne particulièrement, "piano-cordes", formation à laquelle je vais consacrer dans un avenir proche un cycle entier, et ici, plus précisément: piano et trio à cordes. Trois compositeurs; deux Anglais et un Belge entre les deux. A l'époque, au milieu des années 2000 ou peut-être un peu après, lorsque je m'étais procuré cette compilation, j'étais surtout motivé par une création que je croyais totalement inédite d'un compositeur belge que je suivais assidûment: Frédéric Devreese. Bien sûr, c'est aussi l'occasion non négligeable de découvrir un peu de la musique de ces deux maestros british que je ne connaissais que de nom, Franck Bridge et William Walton. J'admets que ça n'a pas beaucoup évolué. Je suis encore très ignorant de leurs productions respectives. J'ai bien découvert et aimé chez Bridge une Sonate pour violoncelle et piano, quant à Walton, j'ai failli tout récemment franchir le pas avec quelques-unes de ses pièces orchestrales. Une chose est sûre, mon appréciation des trois oeuvres réunies sur cet album ont évolué. Lors des premières approches, la composition de Devreese réquisitionnait tout mon intérêt, sans doute trop heureux de retrouver un style que j'affectionnais, au point d'avoir peut-être négligé les autres. Enfin, c'est ce que je m'autorise à penser aujourd'hui après une nouvelle écoute et une nouvelle impression de laquelle il ressort une préférence pour l'oeuvre de William Walton.

Frank Bridge (1879-1941) - Phantasy - 1910 - pour piano et trio à cordes - 12'14"
<<Franck Bridge a écrit sa "Phantasy en fa dièse" en 1910, à l'occasion d'un concours de composition organisé par William Cobett autour de ce thème de la Phantasy. L'objectif était de faire revivre une forme ancienne - la "Fancy" - de l'époque élisabéthaine dans des compositions nouvelles. Il fallait une oeuvre en une partie, relativement brève, de préférence en forme de palindrome. Dans la composition de Bridge, les parties principales (des andantes) entourent un allegro central, dont la partie du milieu, un passage détendu, renvoie au début de l'oeuvre.>>
Voilà une musique qui ne m'est ni déplaisante, ni transcendante, je préfère déjà nettement la Sonate pour violoncelle et piano que je découvrirai bien des années plus tard et que j'ai réécoutée dernièrement à l'occasion de ce cycle.

Frédéric Devreese (1929-2020) - Variations and Theme for piano quartet - 2002 - en six mouvements continus avec brève introduction - 15mn environ.
Contrairement à ce que je croyais, cette pièce pour trio à cordes et piano ne me fut pas totalement inédite dans la mesure où elle est fortement inspirée de la musique que Frédéric Devreese composa huit ans plus tôt pour le film La Partie d'Echecs de Yves Hanchar (1994) que j'ai d'ailleurs réécoutée le mois dernier. Elle reprend l'un des thèmes principaux. Les "variations" sont souvent nerveuses et obsessionnelles, sauf une plus impressionniste, jusqu'au fameux thème que je trouve cependant plus sublimé dans la bande originale.

William Walton (1902-1983) - Piano Quartet - 1918 - en quatre mouvements - 30'
<<Ce Quatuor avec piano est une composition remarquable pour un garçon de seize ans. La première partie - une forme de sonate - respire encore fortement l'atmosphère elgarienne du romantisme tardif. Dans la seconde partie par contre, Walton a développé un style expressif et rythmique que l'on retrouvera dans sa première symphonie, ses ouvertures et sa musique de film.>>
Lors de cette nouvelle écoute, c'est incontestablement le quatuor qui a le mieux retenu mon attention. Ce ne sont pas vraiment les deux premiers mouvements qui m'ont le plus intéressé. Certes, ils sont intenses et énergiques, me tiennent en haleine, mais pas de point culminant, pas l'émotion exquise en laquelle je suis en droit d'espérer. C'est plutôt à partir de l'"Andante tranquillo" que le quatuor prend une autre dimension, devient même magnifique à un moment donné, lorsque le violon devient soliste. La surprise ne s'arrête cependant pas sur ce mouvement lent, l'"Allegro molto", dernière partie, présente alors une introduction fracassante, je l'adore, et la suite ne manque pas de beaux moments non plus.

Stefaan Desmet: piano
Dirk Gabriels: violon
Dirk Van Onckelen: alto
Danny Pauwels: violoncelle
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MessageSujet: Re: Ces compilations inclassables   Ces compilations inclassables - Page 2 Empty2021-08-28, 19:07

Je me doutais bien en réécoutant Redes de Silvestre Revueltas, il y avait quelque-chose qui m'évoquait une composition pour l'image, qu'il pouvait s'agir d'une suite en deux parties tirée d'une musique de film. Il aurait simplement fallu que je me penche plus attentivement sur le contenu du fascicule, certes en anglais, pour en lire la réponse. Comme généralement je lis les textes de mes CD après l'écoute, il arrive que parfois j'oublie... En tout cas, cette suite de plus de quinze minutes provient bien d'une partition symphonique écrite pour un film du même nom - Les Révoltés d'Alvarado en français -, un film mexicain de 1936 réalisé par Fred Zinnemann et Emilio Gómez Muriel. Le synopsis: La rude existence des pêcheurs d'Alvarado, une petite commune située sur la côte atlantique du Mexique. L'un d'eux, Miro, enterre son fils qu'il n'a pu soigner. Même lorsque le poisson abonde, les salaires versés aux pêcheurs demeurent extrêmement bas. Révolté, Miro incite ses compagnons à entamer une grève de protestation. C'est ainsi que démarre cette compilation dédiée à trois compositeurs d'Amérique latine. J'adore le symphoniste Silvestre Revueltas, j'ai toujours aimé ses musiques très orchestrales, fougueuses, avec rythmes parfois sauvages et percussions imposantes, avec cette manière d'entremêler un caractère festif et dramatique au sein d'une danse effrénée. J'avais à peine une trentaine d'années lorsque je découvrais ce compositeur, avant Heitor Villa-Lobos et après Lalo Schifrin. Sensemaya est de la même veine que Redes, un véritable coup de coeur à l'époque qui ne s'est pas émoussé avec le temps. Mais, peut-être que la plus belle surprise pour moi fut le Concerto Grosso pour quatuor à cordes et orchestre du compositeur hispano-cubain Julian Orbon, dans la mesure où les atouts séducteurs de cette partition ne s'étaient pas dévoilés dès la première écoute. L'intérêt s'est concrétisé au fil des approches et aujourd'hui j'adore cette oeuvre. Je lui trouve beaucoup de charisme, même si elle est un brin désavantagée par une prise de son un peu lointaine. La dernière composition de cette compilation s'intitule Pampeana n°3, d'un style plus énigmatique et mystérieux avec une pointe de romantisme et un caractère plus ample et épique sur le troisième mouvement, savamment composé et orchestré par le compositeur argentin Alberto Ginastera. Le premier mouvement m'a un peu évoqué Bernard Herrmann.

Ces compilations inclassables - Page 2 6139OFjgu7L._SY355_

Par le "Simon Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela" sous la direction de Eduardo Mata
et le "Cuartetolatinoamericano"
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