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 Dvorak: les 9 symphonies

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MessageSujet: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:51

L'intégralité des symphonies est présentée en vidéo à la fin de l'analyse des 9 symphonies


La Symphonie nº 1 en do mineur dite « Les Cloches de Zlonice », opus 3 (B.9), a été écrite par Antonín Dvořák à 23 ans entre le 14 février et le 24 mars 1865.

Analyse

La symphonie comporte quatre mouvements :

Maestoso - Allegro
Adagio molto
Allegretto
Finale : Allegro animato
Sa durée d'exécution est variable selon les chefs. Par exemple : Otmar Suitner prend 43 minutes, tandis que Vaclav Neumann dirige en 51 min 30 s. Cela s'explique car Suitner ne fait pas la reprise de l'exposition au premier mouvement (suivant en cela une proposition faite par Dvořák dans son texte sur Schubert de 1894), mais surtout parce que ses tempos sont beaucoup plus allants.

Les quatre mouvements de la Première Symphonie sont marqués par une énergie débordante.

La symphonie s'ouvre par un appel des cors à l'unisson, ponctué par l'orchestre. Ce motif parcourt l'œuvre, de même qu'un motif rythmique de cinq notes brèves qui revient souvent aux timbales, dont la partie est importante. Le motif du carillon évoque les cloches de Zlonice.

Le premier thème est une gamme en ut mineur montante et descendante jouée deux fois aux violons, avant d'être reprise aux cors. Le deuxième thème est plus mélodique. Le développement est parcouru de bout en bout par une énergie irrépressible, culminant à la fin avec l'écrasant retour du premier thème. Avec la reprise, ce mouvement atteint entre 14 et 20 minutes, faisant de ce 1er mouvement avec le 2nd "Adagio molto", les deux plus longs mouvements composés par Dvořák.

L’Adagio molto annonce les mouvements lents que Dvořák développera dans les deux symphonies suivantes : une forme de légende orchestrale, qui alterne des moments de lyrisme (avec notamment un long solo de hautbois) et des moments plus tumultueux, ici sous forme de marche.

L’Allegretto est un scherzo marqué par son caractère staccato en mineur. Par contraste, le trio est plus calme mais l'omniprésence du rythme pointé lui donne un côté militaire. La coda mêle adroitement les deux rythmes.

Le Finale est de forme rondo-sonate. La coda en ut majeur présente le thème principal répété à l'orchestre ponctué par les timbales.

Création et publication

Contrairement aux Deuxième, Troisième et Quatrième Symphonies, Dvořák ne retoucha jamais sa Première. Elle nous donne donc un portrait fidèle de l'écriture symphonique du compositeur en 1865, déjà caractérisée par une pleine maîtrise de l'orchestration mais aussi par une très grande audace formelle et harmonique.

Après l'avoir terminé, Dvořák envoie son manuscrit en Allemagne pour le soumettre à un concours. Mais il ne gagne pas, et le manuscrit ne lui est pas retourné. Croyant l'avoir définitivement perdu, il se lance aussitôt dans l'écriture de sa symphonie n° 2. Ce n'est qu'en 1923 que le manuscrit est retrouvé dans les effets personnels d'un professeur de sciences orientales, Rudolf Dvořák (sans lien de parenté avec le musicien). Ce professeur aurait acquis le manuscrit dans une bouquinerie de Leipzig, un trajet qui demeure mystérieux. L'œuvre est finalement créée à Brno le 4 octobre 1936, mais son édition ne paraît qu'en 1961.

Inspiration

Il est difficile de voir quelle œuvre Dvořák aurait pris comme « modèle » pour sa première symphonie. On peut remarquer qu'elle est de la même tonalité que la Symphonie n° 5 de Beethoven, et qu'elle suit même son ordre tonal. Mais la symphonie est très peu beethovenienne de ton et de construction. On peut aussi la rapprocher de la Symphonie n° 1 d'Anton Bruckner, également en do mineur, composée presque au même moment, et achevée en 1866. Ces premières symphonies semblent atypiques de leurs compositeurs, tous deux originaires d'un milieu campagnard et encore peu connus du public : elles démontrent de fortes personnalités, abordant avec fougue le genre symphonique qu'elles vont contribuer à renouveler en profondeur.

Le mystère des cloches de Zlonice

Le sous-titre de l'œuvre Les cloches de Zlonice est une énigme. Il ne figure pas sur le manuscrit, mais le musicologue Jarmil Burghauser découvre dans les archives du compositeur un petit document sur lequel figure la mention « Do mineur. Les cloches de Zlonice. 65 ». Cela semble correspondre à la symphonie, qui prend alors cette appellation. Pourtant, la signification exacte de ce sous-titre reste inconnue. Cette symphonie ne comporte pas de cloche, et Zlonice désigne le village où Dvořák a fait une partie de son apprentissage. Plusieurs interprétations sont proposées, sans qu'aucune ne soit totalement convaincante. Entre autres, on entend aux mesures 9-16, 25-32 et 41-49 du premier mouvement, une sorte de mélodie de timbres, un motif répété sur quelques notes, qui semble évoquer un carillon.

Contexte musical

En 1865, lorsque Dvořák compose sa symphonie, le genre symphonique traverse une période creuse depuis environ quinze ans. Richard Wagner a soutenu qu'après Beethoven, il est devenu inutile d'écrire des symphonies, parce que Beethoven a montré dans sa Neuvième que la musique, principe « féminin », devait désormais être fécondée par la poésie, principe « masculin », pour donner l'œuvre d'art de l'avenir. Reste qu'effectivement, après la Symphonie rhénane de Robert Schumann de 1850, la symphonie et particulièrement la symphonie sans programme semble appartenir à un passé révolu.

Beaucoup de symphonies nouvelles sont écrites, mais aucune n'arrive à s'imposer et à renouveler le genre. Leurs auteurs sont d'ailleurs aujourd'hui oubliés : Felix Draeseke, Joseph Joachim Raff, Robert Volkmann, Wenzel Heinrich Veit, etc. En 1865, Dvořák devait donc vraiment avoir la foi en l'avenir du genre de la symphonie. Et il avait raison car, dans l'ombre, la symphonie se prépare une nouvelle vie. Johannes Brahms a donné deux Sérénades entre 1857 et 1860 : sa Première Symphonie sera achevée en 1876. Anton Bruckner se fait la main avec deux symphonies non numérotées : une en fa mineur, l'autre en ré mineur. Sa Première Symphonie officielle sera terminée en 1866. Alexandre Borodine travaille lentement à sa Première Symphonie de 1862 à 1867, qui sera la première grande symphonie à voir le jour en Russie. Ces musiciens ont donné une nouvelle jeunesse au genre qui redevient florissant après 1870.


Dernière édition par Snoopy le Jeu 10 Déc 2020 - 6:08, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:52

La Symphonie nº 2 en si bémol majeur, opus 4 (B.12), a été écrite par Antonín Dvořák en 1865.

Après avoir perdu trace de sa Première Symphonie, Dvořák décide d'en composer aussitôt une seconde. Le travail avance rapidement : commencée le 1er août 1865, sa composition est achevée dès le 9 octobre 1865.

Analyse

D'une durée d'environ 45 minutes, elle comprend quatre mouvements :

Allegro con moto
Poco adagio
Scherzo : Allegro con brio
Finale : Allegro con fuoco (alla breve)

Avec mouvement (con moto), avec brio (con brio), avec flamme (con fuoco) : les titres des mouvements de cette Symphonie indiquent clairement l'esprit de l'œuvre. Contrairement à la première symphonie, celle-ci n'est pas cyclique : aucun thème ne revient dans les quatre mouvements. Ils sont unis par des liens subtils et une atmosphère presque carnavalesque. Dvořák y fait preuve d'une imagination magistrale, et d'une grande virtuosité dans le maniement de l'orchestre. Le second mouvement est plutôt une sorte de grande légende en musique qu'un traditionnel mouvement lent : des passages animés et vigoureux alternent avec des passages très chantants. Le Scherzo débute d'une façon très peu conventionnelle, avec des notes longues à l'unisson des cordes graves suivies d'accords prolongés des bois. Puis se succèdent plusieurs épisodes dansants. La section centrale fait entendre une superbe mélodie soutenue des cordes se déployant sur un vaste registre. Une mélodie du même type est utilisée dans le Finale.

La Deuxième Symphonie fait entendre quelques échos de Mendelssohn et de Weber, mais elle témoigne surtout d'une forte personnalité. L'élément populaire tchèque, souvent considéré comme caractéristique de Dvořák, reste discret. Bien qu'inventive et colorée, la partition n'est cependant pas souvent jouée.

Publication

Dvořák confie le manuscrit à son ami et colocataire Moric Anger pour qu'il le fasse relier. Anger conserve prudemment le manuscrit lorsque Dvořák est pris d'une rage de destruction, et brûle plusieurs œuvres qui ne le satisfont pas. Dvořák ne retrouve le manuscrit que 20 ans après. La relecture de l'œuvre l'emplit de satisfaction, mais il décide malgré tout de lui apporter quelques retouches en 1887, en même temps qu'il retouche aussi les Troisième et Quatrième Symphonies. L'œuvre est créée à Prague en mars 1888 sous la direction d'Adolf Cech, et le compositeur la propose à son éditeur Simrock qui refuse de la publier. Ceci cause un froid entre les deux hommes, et Dvořák fera éditer certaines de ses nouvelles œuvres par l'éditeur britannique Novello. La symphonie ne sera finalement publiée qu'en 1959.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:54

La Symphonie nº 3 en mi bémol majeur, opus 10 (B.34), a été écrite par Antonín Dvořák en 1873.

C'est la première œuvre que Dvořák termine après son mariage. Commencée en avril et terminée le 4 juillet 1873, elle est créée à Prague sous la direction de Bedřich Smetana le 29 mars 1874.

Elle est souvent considérée à tort comme une « œuvre de jeunesse ». Elle est en réalité l'œuvre d'un musicien mûr, alors âgé de 32 ans, qui fait preuve non seulement d'un impeccable métier d'orchestrateur mais aussi d'une forte personnalité artistique. Dvořák a lui-même détruit la presque totalité de ses véritables œuvres de jeunesse : seules restent quelques pièces de danse (notamment des polkas) et des exercices d'écriture impersonnels comme ses Préludes et fugues pour orgue.

Analyse

D'une durée d'environ 32 minutes, c'est la plus courte parmi toutes les symphonies de Dvořák (qui comprend paradoxalement le mouvement de symphonie le plus long que Dvorak ait écrit), avec seulement trois mouvements (au lieu de quatre habituellement) :

Allegro moderato (≥ 10 min)
Adagio molto, tempo di marcia (≥ 15 min)
Finale : Allegro vivace (≥ 8 min)
Depuis Joseph Haydn, peu de compositeurs ont commencé une symphonie par un mouvement monothématique, c'est-à-dire avec un seul thème. Lyrique et fier, le thème se renouvelle par des variantes de timbres, de caractères et de mode.

Le second mouvement, comme une légende sans paroles, s'ouvre par deux accords répétés deux fois et entrecoupés de silence, suivis d'une cantilène au cor anglais et aux violoncelles. La section centrale est une marche. La 3ème partie du mouvement alterne le retour de la cantilène et des épisodes plus animés et sonores. Les interventions de la harpe ajoutent au caractère légendaire de l'ensemble.

Animé et dansant, le troisième mouvement fusionne Scherzo et Finale . Cette innovation n'a guère d'équivalent au xixe siècle. Le Finale est un brillant carnaval orchestral. La conclusion réduit le thème initial à ses éléments essentiels d'une façon tout aussi originale et éclatante.

Publication

Aussitôt après la création, Dvořák réécrit des passages entiers du second mouvement. D'autres corrections sont apportées en 1887 puis en 1889. L'œuvre n'est éditée par Simrock qu'en 1911, huit ans après la mort de Dvořák, avec d'inexplicables modifications anonymes. En 1963 paraît enfin l'édition critique de la partition telle que Dvořák l'a écrite, et telle qu'elle est jouée depuis lors.

Influence

Le ton et les couleurs du deuxième mouvement anticipent le premier poème symphonique Vysehrad du cycle Ma patrie que Bedřich Smetana compose quelques mois après avoir dirigé la création de la Troisième Symphonie. Ce mouvement anticipe aussi la grande marche funèbre pour Siegfried de l'opéra Crépuscule des dieux que Richard Wagner termine en novembre 1874, et qui sera créé en 1876. De plus, ce mouvement préfigure les mouvements lents des symphonies n° 1 et n° 2 du finlandais Jean Sibelius, admirateur de Dvořák. En effet, ceux-ci font alterner de la même façon des passages lyriques avec des passages tumultueux.

La fusion du Scherzo et du Finale en un seul mouvement influencera certaines œuvres à venir, comme la symphonie nº 3 de Sibelius, mais anticipe surtout la grande liberté formelle avec laquelle les compositeurs aborderont le genre symphonique au xxe siècle. Cependant, selon le musicologue Brian Newbould, Dvorak ne serait pas le premier compositeur à fusionner scherzo et finale puisque la Dixième symphonie de Schubert (1828) comporte également un scherzo faisant office de finale. Mais cette œuvre, inconnue jusqu'en 1978, n'eût pu influencer Dvorak qui a sans doute été celui qui a influencé cette idée.

Prétendue inspiration de Wagner

L'influence qu'aurait eu Richard Wagner sur Dvořák à l'époque de la composition de cette symphonie est souvent évoquée. Or, Dvořák remporta pour cette symphonie une bourse de l'État autrichien, décernée par un jury composé d'anti-wagnériens, dont le musicologue et critique viennois Eduard Hanslick. On peut supposer qu'un tel jury n'aurait pas endossé un jeune musicien dont les œuvres auraient marqué une admiration évidente pour Wagner.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:55

La Symphonie no 4 en ré mineur, opus 13 (B.41), a été écrite par Antonín Dvořák en 1874.

Dvořák compose sa Quatrième Symphonie dans l'intense période créatrice qui suit son mariage. La partition complète est achevée en moins de trois mois.

Analyse

D'une durée d'environ 40 à 43 minutes, la Quatrième Symphonie comprend les mouvements suivants :

Allegro
Andante sostenuto e molto cantabile
Scherzo : Allegro feroce
Finale : Allegro con brio
La symphonie est parcourue par une ardeur presque guerrière : les rythmes pointés sont particulièrement marqués dans les mouvements rapides et le Scherzo, indiqué féroce (feroce), fait intervenir quelques instruments de percussion inhabituels. Avec la Troisième, c'est la seule symphonie de Dvořák qui utilise la harpe. L'Andante est une suite très fluide de variations sur un thème solennel confié aux vents seuls, souvent rapproché de ceux de l'opéra Tannhäuser de Richard Wagner. Le musicologue britannique Michael Kennedy y voit plutôt la préfiguration d'un thème important de l'oratorio The Kingdom d'Edward Elgar, d'autant qu'Elgar a joué à quelques reprises en tant que violoniste d'orchestre sous la direction de Dvořák lors des séjours de ce dernier en Angleterre. Le spectaculaire Scherzo comporte une section centrale en forme de marche, ponctuée par les percussions et les trilles brillants de plusieurs groupes de l'orchestre, y compris les bassons.

Les deux mouvements extrêmes ont une atmosphère semblable : des éléments martiaux s'opposent à une mélodie au lyrisme expansif. Certains développements sont particulièrement rudes : on y entend de puissants coups de timbales isolés (souvent précédés d'une appoggiature) qui sont une des signatures orchestrales de Dvořák. Le thème lyrique du premier mouvement est accompagné de pizzicati (cordes pincées), alors que celui du dernier mouvement est chanté à la fin par tout l'orchestre sous les martèlements des timbales.

Création et publication

Bedřich Smetana donne la première exécution du seul Scherzo le 25 mai 1874. Après quelques retouches apportées en 1887-88, Dvořák dirige la création de l'œuvre dans son intégralité le 6 avril 1892 à Prague. Comme les trois symphonies précédentes, la Quatrième n'est pas éditée du vivant du compositeur, mais seulement dans les années 1960. Cette œuvre orchestrale, pourtant énergique et très colorée, sera davantage enregistrée sur disque que jouée en concert.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:56

La Symphonie no 5 en fa majeur, « Britannique », opus 76 (B.54), a été écrite par Antonín Dvořák entre le 15 juin et le 23 juillet 1875.

La symphonie a été créée à Prague le 25 mars 1879 sous la direction d'Adolf Cech.

Cette cinquième symphonie n'a été éditée qu'en 1888, sous le titre fallacieux de « Symphonie no 3 » et sous le numéro d'opus erroné de 76, alors que Dvořák avait souhaité le 24. Elle est dédiée à Hans von Bülow. Bien que cette œuvre soit parfois considérée comme la plus « faible » des symphonies de Dvořák, le compositeur avait néanmoins pour elle une affection particulière, et il l'a dirigée régulièrement en concert.

Analyse

D'une durée d'environ 37 minutes, la Symphonie compte quatre mouvements marqués :

Allegro ma non troppo
Andante con moto
Scherzo : Allegretto scherzando
Finale : Allegro molto
Les deuxième et troisième mouvements s'enchaînent sans pause. La symphonie est souvent surnommée « Pastorale » en raison de sa tonalité (fa majeur) analogue à la Sixième Symphonie de Beethoven, et en raison du caractère « bucolique » des trois premiers mouvements.

Le premier mouvement s'ouvre sur des appels doux des clarinettes (qui annoncent ceux du début de la Symphonie nº 1 de Mahler, composée en 1888). De ce bref motif, Dvořák tire des passages « panoramiques » grandioses, et un long développement fait circuler les appels (et leurs variantes) entre les différentes sections des vents de l'orchestre en une sorte de kaléidoscope sonore des plus séduisants. Les deux mouvements suivants poursuivent cette veine lumineuse. Puis, le Finale est attaqué fortement en mineur par les cordes graves, produisant un effet de bascule qui relance puissamment le discours musical. Cet effet spectaculaire (et parfois critiqué) avait très peu de précédents dans le répertoire.

Joseph Haydn l'avait employé dans deux de ses Quatuors à cordes opus 76 de 1797 (le no 1 en sol majeur et le no 3 « Empereur » en do majeur). Gustav Mahler, étant natif de Bohême et connaissant bien les œuvres orchestrales de Dvořák, reprendra le même effet dans sa Première symphonie avec un orageux Finale débutant comme ici brutalement, et en mineur. Un magnifique second thème, lyrique cette fois, viendra apaiser quelque peu le tumulte : ses harmonies modales possèdent d'étonnantes couleurs presque blues. Au bout du compte, l'œuvre se termine en fa majeur avec une brillante coda.

Critiques

L'œuvre fut essentiellement critiquée pour son Finale orageux qui succède à trois mouvements d'une plénitude sereine. Certains commentateurs ont été jusqu'à dire qu'il fait l'effet d'un rajout étrange, comme s'il provenait d'une autre œuvre. Jarmil Burghauser a tenté de le justifier en affirmant que la Cinquième symphonie dépeint la vie paysanne tchèque : ses aspects idylliques et champêtres dans les trois premiers mouvements, et ses aspects sombres dans le Finale (orages, durs labeurs, combat pour la survie…). Cependant, rien ne permet d'avérer ce genre de commentaire. En effet, le compositeur a toujours clairement distingué dans sa production orchestrale les poèmes symphoniques (où il y a un prétexte extramusical) et les symphonies qui sont des œuvres purement musicales.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:56

La Symphonie nº 6 en ré majeur, B. 112 (op. 60) est composée par Antonín Dvořák entre août et octobre 1880. Elle est publiée pour la première fois comme étant la symphonie nº 1, car c'était effectivement la première jouée et publiée en dehors du pays natal du musicien. Elle est dédiée au chef d'orchestre allemand Hans Richter, qui demanda à Dvořák de composer une symphonie pour l'Orchestre philharmonique de Vienne (qui ne la joua jamais sous la direction de Richter, probablement en raison d'un sentiment anti-tchèque de certains membres de l'orchestre). La symphonie est jouée pour la première fois à Prague le 25 mars 1881 et l'année suivante à Leipzig et Londres.

La symphonie comporte quatre mouvements et son exécution demande environ quarante-cinq minutes.

Allegro non tanto
Adagio
Scherzo : Furiant (Presto)
Finale : Allegro con spirito
Le premier mouvement montre des influences de la symphonie en ré majeur de Brahms.

Le second mouvement a un style se rapprochant de celui de Beethoven, évoquant le mouvement lent de la Neuvième Symphonie.

Le scherzo est un furiant, danse slave très rythmée, que Dvořák a souvent utilisée dans ses œuvres. Lors de la première exécution, ce mouvement fut d'ailleurs bissé.

Enfin, à l'instar du premier mouvement, le finale montre lui aussi l'influence de Brahms.

Rarement jouée par rapport aux dernières symphonies de Dvořák (particulièrement la neuvième), cette œuvre est cependant considérée comme sa première symphonie de maturité
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:57

La symphonie no 7 en ré mineur, op. 70 (B. 141), d'Antonín Dvořák fut commencée le 13 décembre 1884 et terminée le 17 mars 1885. Elle fut créée avec un grand succès le 22 avril 1885 au St James's Hall (en) de Londres, lors d'un concert de la London Philharmonic Society, qui l'avait commandée et à laquelle elle fut dédiée. Elle fut présentée et même publiée en tant que "symphonie no 2", les cinq premières étant restées longtemps ignorées.

C'était la première fois qu'une symphonie était commandée à Dvořák, et celui-ci se demandait de quelle manière en aborder la composition, entre conserver le caractère spécifiquement tchèque de ses œuvres jusqu'alors ou tenter d'adopter un style plus proche du romantisme musical occidental, et c'est dans cet état d'esprit qu'il en commença l'écriture. Cette incertitude accompagnait d'ailleurs la plupart de ses compositions de l'époque. Pour sa nouvelle symphonie, son modèle fut peut-être la Troisième de son ami Brahms, créée peu de temps auparavant, œuvre qu'il admirait beaucoup et qui avait réveillé son désir de renouer avec la forme symphonique, plus de quatre ans après sa Sixième symphonie.

Comparée aux autres symphonies de Dvořák, la Septième est sans conteste plus turbulente, emplie d'un héroïsme presque tragique, et finalement la plus typiquement romantique de celles-ci

Mouvements

Allegro maestoso
Poco adagio
Scherzo : Vivace - Poco meno mosso
Finale : Allegro
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:58

La Symphonie n° 8 en sol majeur, « Tchécoslovaque », B. 163, opus 88, du compositeur tchèque Antonín Dvořák fut écrite entre septembre et novembre 1889 puis créée le 2 février 1890 à Prague.

Proche des inspirations populaires, elle témoigne pour l’essentiel d’une atmosphère allégée et rassérénante, celle-là même dont Dvořák jouissait au village de Vysoka où la symphonie fut composée. Si elle réunit des éléments disparates et à première vue incompatibles, elle réussit le tour de force de rester équilibrée. Musicalement, les particularités de cette symphonie sont sa tonalité (de sol majeur, peu courante pour une symphonie romantique) et l’alternance du majeur et du mineur (souvent prisée par Dvořák).

Structure

La symphonie se compose de quatre mouvements :

1.Allegro con brio - Un poco meno mosso - Poco meno mosso (4/4 - en sol majeur)

2.Adagio - Poco più animato (2/4 - en do mineur)

3.Allegretto grazioso – Molto vivace (3/8 - en sol mineur)

4.Finale : Allegro ma non troppo (2/4 - en sol majeur)

Mouvements

Allegro con brio

Les sentiments de joie, d’exaltation, de paix spirituelle, avec quelques moments de tension, plus épique que tragique, dominent tout le premier mouvement.

Adagio

Le second mouvement, quant à lui, est une page d’un romantisme narratif teintée d’une ferveur quasi religieuse (thème proche d’un choral). La soudaine irruption du dramatisme est la réapparition du thème du choral transformé en plaintes douloureuses. Mais c’est à nouveau le mouvement dansant qui revient à la fin.

Allegretto grazioso

Le troisième mouvement est un scherzo où se détache une mélodie populaire, simple et légère, qui sera reprise avec un rythme différent et une énergie dansante intensifiée.

Finale : Allegro ma non troppo

Un signal de trompette ouvre le finale avant que les violoncelles exposent une mélodie chaude et vibrante, développée en deux groupes de variations séparés par un épisode central : le premier groupe culmine sur une vertigineuse bacchanale ; l’épisode central se voit rythmé comme une marche ; le second groupe, plus mélodique, met en valeur des timbres isolés. Ainsi, l’ensemble du quatrième mouvement est marqué d’un esprit rhapsodique, dont l’optimisme et la vitalité trouvent leur confirmation finale dans le retour de la bacchanale.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 5:58

La Symphonie no 9 en mi mineur, B. 178 (op. 95) « Du Nouveau Monde » (en tchèque : Symfonie č. 9 e moll « Z nového světa ») est composée par Antonín Dvořák en 1893 et exécutée le 15 décembre de la même année au Carnegie Hall par l'Orchestre philharmonique de New York sous la direction d'Anton Seidl. Elle est la plus connue des symphonies de Dvořák et l'une des œuvres les plus populaires du répertoire symphonique moderne.

Historique

Dvořák la compose durant son séjour aux États-Unis (1892-1896) alors qu'il travaille comme directeur du Conservatoire de New York et vit sur la Première avenue de Manhattan.

Le deuxième mouvement est le plus reconnu par la nostalgie qui en émane. Dans un article publié le 15 décembre 1893 dans le New York Herald Tribune, Dvořák explique en quoi la musique des Indiens d'Amérique a influencé sa symphonie :

« Je n'ai utilisé aucune des mélodies indiennes. J'ai simplement écrit des thèmes originaux englobant les particularités de cette musique et, utilisant ces thèmes comme sujets, je les ai développés avec les moyens des rythmes modernes, contrepoints et couleurs orchestrales. »

Dans le même article, Dvořák indique qu'il considère le deuxième mouvement comme « une étude pour une future œuvre, soit une cantate ou un opéra... qui sera fondée sur The Song of Hiawatha de Longfellow » (il n'écrivit jamais cette œuvre). Il précise également que le troisième mouvement scherzo est « inspiré d'une scène de fête dans Hiawatha pendant laquelle les Indiens dansent ».

Neil Armstrong emporta un enregistrement audio de cette symphonie lors de la mission Apollo 11, la première à déposer un homme sur la Lune, en 1969.

Manuscrit original

La partition qui a été publiée présente quelques différences avec le manuscrit de Dvořák. La partition publiée est la version pratiquement toujours jouée aujourd'hui. Cependant la version originale écrite par Dvořák a été défendue par le chef Denis Vaughan, qui l'a interprétée pour la première fois le 17 mai 2005 avec l'Orchestre philharmonique de Londres au Royal Albert Hall à Londres.
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MessageSujet: Re: Dvorak: les 9 symphonies   Dvorak: les 9 symphonies EmptyJeu 10 Déc 2020 - 6:00

(Je préfère présenter l'intégralité des symphonies en une seule vidéo pour deux raisons: la première est qu'il est plus facile d'éditer une vidéo que 9 si celles ci venaient à devenir indisponibles. La seconde raison est que ce lien vidéo est plus sûr que d'autres, donc la pérénité du lien est plus probable)


https://www.youtube.com/watch?v=vA2Y4KBB3W8

Track list:

00:00:00 Antonín Dvorák: Symphony No. 1 in C Minor, B. 9: I. Maestoso – Allegro
00:13:19 Antonín Dvorák: Symphony No. 1 in C Minor, B. 9: II. Adagio di molto
00:24:06 Antonín Dvorák: Symphony No. 1 in C Minor, B. 9: III. Allegretto
00:32:15 Antonín Dvorák: Symphony No. 1 in C Minor, B. 9: IV. Finale. Allegro animato

00:43:09 Antonín Dvorák: Symphony No. 2 in B-Flat Major, Op. 4: I. Allegro con moto
00:55:22 Antonín Dvorák: Symphony No. 2 in B-Flat Major, Op. 4: II. Poco adagio
01:06:45 Antonín Dvorák: Symphony No. 2 in B-Flat Major, Op. 4: III. Scherzo. Allegro con brio
01:18:38 Antonín Dvorák: Symphony No. 2 in B-Flat Major, Op. 4: IV. Finale. Allegro con fuoco

01:28:35 Antonín Dvorák: Symphony No. 3 in E-Flat Major, Op. 10: I. Allegro moderato
01:38:27 Antonín Dvorák: Symphony No. 3 in E-Flat Major, Op. 10: II. Adagio molto, tempo di marcia
01:52:31 Antonín Dvorák: Symphony No. 3 in E-Flat Major, Op. 10: II. Finale. Allegro vivace

02:00:43 Antonín Dvorák: Symphony No. 4 in D Minor, Op. 13: I. Allegro
02:11:22 Antonín Dvorák: Symphony No. 4 in D Minor, Op. 13: II. Andante sostenuto e molto cantabile
02:24:19 Antonín Dvorák: Symphony No. 4 in D Minor, Op. 13: III. Scherzo. Allegro feroce
02:30:39 Antonín Dvorák: Symphony No. 4 in D Minor, Op. 13: IV. Finale. Allegro con brio

02:39:26 Antonín Dvorák: Symphony No. 5 in F Major, Op. 76: I. Allegro, ma non troppo
02:48:38 Antonín Dvorák: Symphony No. 5 in F Major, Op. 76: II. Andante con moto
02:55:39 Antonín Dvorák: Symphony No. 5 in F Major, Op. 76: III. Scherzo. Allegro scherzando
03:03:54 Antonín Dvorák: Symphony No. 5 in F Major, Op. 76: IV. Finale. Allegro molto

03:16:09 Antonín Dvorák: Symphony No. 6 in D Major, Op. 60: I. Allegro non tanto
03:28:53 Antonín Dvorák: Symphony No. 6 in D Major, Op. 60: II. Adagio
03:39:05 Antonín Dvorák: Symphony No. 6 in D Major, Op. 60: III. Scherzo (Furiant). Presto
03:47:31 Antonín Dvorák: Symphony No. 6 in D Major, Op. 60: IV. Finale. Allegro con spirito

03:57:37 Antonín Dvorák: Symphony No. 7 in D Minor, Op. 70: I. Allegro maestoso
04:08:22 Antonín Dvorák: Symphony No. 7 in D Minor, Op. 70: II. Poco adagio
04:17:22 Antonín Dvorák: Symphony No. 7 in D Minor, Op. 70: III. Scherzo. Vivace
04:25:02 Antonín Dvorák: Symphony No. 7 in D Minor, Op. 70: IV. Finale. Allegro

04:34:25 Antonín Dvorák: Symphony No. 8 in G Major, Op. 88: I. Allegro con brio
04:43:48 Antonín Dvorák: Symphony No. 8 in G Major, Op. 88: II. Adagio
04:43:48 Antonín Dvorák: Symphony No. 8 in G Major, Op. 88: III. Allegretto grazioso
05:00:28 Antonín Dvorák: Symphony No. 8 in G Major, Op. 88: IV. Allegro ma non troppo

05:10:46 Antonín Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95: I. Adagio – Allegro molto
05:22:32 Antonín Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95: II. Largo
05:33:58 Antonín Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95: III. Scherzo. Molto vivace
05:41:52 Antonín Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95: IV. Allegro con fuoco
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