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 Beethoven les 5 concertos pour piano

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MessageSujet: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-29, 23:08

Je suis étonné de n'avoir jamais consacré un topic aux concertos pour piano de Beethoven. Donc voici...

Je vais présenter chaque concerto

Concerto pour piano no 1 de Beethoven

Le concerto pour piano no 1 en ut majeur, op. 15, est un concerto pour piano et orchestre du compositeur allemand Ludwig van Beethoven. Premier des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven, il a été composé en 1795.

Sa première édition date de mars 1801, chez Mollo, après que Beethoven a réécrit la partie de piano. Il est dédié à Barbara dite Barbette de Keglevics, devenue princesse Odescalchi. Il lui avait déjà dédié la sonate en mi bémol majeur op. 7.

Il reste encore ancré dans la tradition classique mozartienne, cependant Beethoven enrichit l'effectif orchestral en y ajoutant deux clarinettes, deux trompettes et des timbales.

Il comprend trois mouvements dont l'exécution dure généralement un peu plus qu'une demi-heure

Dans le premier mouvement, l'orchestre énonce d'emblée les 3 thèmes et garde le monopole du premier. Beethoven a composé une cadence pour ce mouvement en 1809. Dans le second, en la bémol majeur, Beethoven est resté dans l'esprit de la variation et de l'improvisation. Le dernier mouvement est un rondo sonate. Le premier thème en do majeur est exposé directement au piano, selon l'usage. Il possède une grande vitalité, due en partie aux déplacements d'accents rythmiques.


https://www.youtube.com/watch?v=CLL0w-WFNGI
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-29, 23:14

Concerto pour piano no 2 de Beethoven

Le concerto pour piano et orchestre en si bémol majeur op. 19 est le deuxième (dans l'ordre des numéro d'opus) des cinq concertos pour piano et orchestre de Ludwig van Beethoven.

En fait, le jeune Beethoven avait déjà composé un concerto pour piano en 1784 (Concerto pour piano en mi bémol majeur, WoO4) dont il reste une partition incomplète. De plus, le Concerto no 2 a été composé bien avant le Concerto no 1. Commencé pendant l'hiver 1794-95, une première version fut donnée par Beethoven à Vienne le 29 mars 1795. Il est remanié une première fois d'août à octobre 1798 en vue d'un concert à Prague. Beethoven recorrigera plusieurs fois la partie pour piano avant sa publication chez Hoffmeister à Leipzig en 1801.

Composition et publication

Le 29 mars 1795, Beethoven se produisait pour la première fois dans un grand concert donné par la célèbre Tonkünstler-Societät au Burgtheater de Vienne. On y donnait Gioas, re di Giuda, un oratorio d'Antonio Casimir Cartellieri, et Beethoven était chargé de meubler l'entracte. La presse en fit l'écho dans ces termes :

« Pendant l'entracte […] le célèbre M. Ludwig van Beethoven a recueilli l'approbation unanime dans un concerto tout nouveau pour piano-forte composé par lui-même. »

— Wiener Zeitung, 1er avril 1795

L'article ne mentionne malheureusement pas la tonalité, selon une habitude de l'époque, ce qui nous prive d'un précieux indice et donne lieu à des spéculations quant à l'identité de ce nouveau concerto. En fait, nous savons aujourd'hui que Beethoven commença à composer le Concerto en si bémol à Bonn. Nous possédons en effet une page portant des filigranes de la période de Bonn, vers 1790. Nous connaissons par ailleurs deux finales différents de ce concerto opus 19, dont le premier, chronologiquement, est le Rondo pour piano et orchestre WoO 6, qui allait être écarté par la suite.

Le Deuxième concerto fut achevé juste avant son exécution, selon une habitude que Beethoven semble avoir conservée plusieurs années, et dans des circonstances difficiles :

« Ce fut l'avant-veille de l'exécution de son premier concerto, et pendant l'après-midi, qu'il en écrivit le rondo, bien qu'il fût sous l'influence de douleurs de coliques passablement violentes, auxquelles il était passablement sujet. Je le soulageai par de petits moyens aussi bien que je pus. Quatre copistes étaient assis dans son antichambre, et il leur remettait successivement chaque feuille terminée. »

— Wegeler.

Le concerto fut ensuite repris plusieurs fois à Vienne à l'occasion de différents concerts. Peut-être Beethoven l'a-t-il ensuite repris au cours de son deuxième voyage à Prague en 1798. De toute façon, il ne fut tout à fait terminé qu'en 1800, puisqu'en envoyant à son ami et éditeur F.A. Hoffmeister à Leipzig différentes œuvres il écrit :

« 3. Un concerto pour le pianoforte, que je ne donne pas, il est vrai, pour un de mes meilleurs, ainsi qu'un autre [l'opus 15] qui paraîtra ici chez Mollo (ceci pour information aux chroniqueurs leipzigois), car je garde les meilleurs pour moi jusqu'à ce que je fasse un voyage. Mais il n'y aurait pour vous rien de honteux à faire graver ce concerto. »

— Beethoven, lettre du 15 décembre 1800

Dans une lettre de juin 1801 à Hoffmeister, Beethoven indique aussi le numéro d'opus à graver pour le concerto : ce sera le no 19 ainsi que la dédicace à Monsieur Charles Nickl noble de Nickelsberg, conseiller aulique de sa Majesté Impériale et Royale.

La lettre révèle donc déjà l'existence du 3e Concerto en ut mineur opus 37 qui lui aussi sera publié quatre ans après sa composition. En effet, pour Beethoven, le concerto était nécessaire au virtuose afin de briller dans les concerts. Il ne fallait donc pas qu'il soit livré au grand public par l'édition avant que le virtuose ne se produise. Il l'explique à son éditeur à Vienne :

« Il est de bonne politique musicale de garder par-devers soi les meilleurs concertos pendant longtemps. »

— Beethoven, lettre du 22 avril 1801 à Breitkopf & Härtel

Beethoven se montrait souvent extrêmement critique vis-à-vis de son œuvre. Ainsi, il écrira encore à son éditeur Hoffmeister :

« Je ne mets le concerto qu'à dix ducats, parce que, comme je vous l'ai déjà écrit, je ne le donne pas pour un de mes meilleurs. »

— Beethoven, lettre du 15 janvier 1801

Il est probable qu'au terme de dix années de remaniements, Beethoven s'était lassé de son concerto. Pourtant, par son équilibre délicat des thèmes robustes (comme ceux du finale) et les traits subtils et de toute beauté du mouvement lent, il est digne de la tradition classique mozartienne.

Il ne reste pas de trace des cadences originales, le musicien ayant l'habitude de les improviser au concert. Cependant, nous avons celle qu'il composa en 1809, sans doute à destination d'un élève ne maîtrisant pas l'art de l'improvisation, l'archiduc Rodolphe par exemple. Czerny, l'élève de Beethoven, écrivit en 1842 à propos du concerto : « À la fin, il faut également improviser une cadence ». Le message de ce fidèle de Beethoven était clair : l'improvisation d'une cadence est davantage une affaire de devoir que de liberté.

Structure

Effectif : un petit orchestre comportant, outre les cordes, une flûte, deux hautbois, deux bassons et deux cors. Le concerto ne comporte ni clarinette, ni trompette, ni timbale contrairement au concerto no 1.

Il comprend trois mouvements et son exécution dure environ une demi-heure :

Allegro con brio, en si bémol majeur
Adagio, en mi bémol majeur
Rondo. Molto allegro, en si bémol majeur

Le premier mouvement diffère des autres concertos de Beethoven par l'irrégularité dans la présentation des thèmes. L'orchestre expose longuement seul le premier thème. Le soliste reprend ce thème brièvement, puis se consacre à un deuxième thème qui avait été complètement ignoré par l'orchestre. Le développement s'appuie exclusivement sur le premier thème. La réexposition reprend ce dernier de façon brève, mais réexpose le second dans son intégralité. La coda comporte une cadence longue (79 mesures) écrite par Beethoven en 1809 et comportant un passage en fugato.

Le second mouvement, en mi bémol majeur, est de forme sonate sans développement. Le piano ne fait encore que répondre aux suggestions de l'orchestre, l'improvisation est moins conventionnelle, avec notamment la fin du mouvement très surprenante, notée con gran espressione.

Dans le Rondo final, c'est cette fois-ci le piano qui initie le refrain. Ce final présente de nombreuses ressemblances avec son homologue du concerto no 1 Op. 15. Comme lui, il présente la forme du rondo sonate avec un refrain et deux couplets (A B A C A B A Coda). Toutefois le deuxième couplet C ne repose pas sur un nouveau thème, mais sur un développement du refrain A. Ce mouvement reste concis et très dynamique sur le plan rythmique.


https://www.youtube.com/watch?v=CVzQlhav710

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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-29, 23:20

Concerto pour piano no 3 de Beethoven

Le Concerto pour piano et orchestre no 3 en ut mineur, opus 37 est le troisième des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven. Composé tout juste après l'écriture du Testament de Heiligenstadt et contemporain de sa Troisième symphonie (1803 - 1804), ce concerto s'éloigne du style mozartien des deux précédents et est devenu depuis le xixe siècle un modèle du genre par son équilibre formel et par sa conduite du discours musical, qui repose sur l’association de la virtuosité du soliste à la densité de l'orchestre. Ce n'est pas la première œuvre majeure de Beethoven en ut mineur préfigurant le romantisme : le compositeur avait déjà écrit la Sonate « pathétique » (1798 - 1799) ainsi que le Quatuor à cordes nº 4 op. 18 (1799 - 1800). Suivra quelques années plus tard la Cinquième symphonie (1808), qui sera très influencée par ce concerto, par exemple du fait que son pont suive exactement le même système tonal.

Ce troisième concerto conserve toujours une structure classique en trois mouvements, le premier étant de forme sonate, le deuxième de forme lied et le dernier un mélange entre le rondo et la forme sonate (procédé souvent utilisé par Beethoven), mais est l'une des premières œuvres du compositeur à reposer sur des éléments pré-romantiques, illustrant bien le début de « la période du milieu » chez le compositeur. Il possède aujourd'hui une grande place dans le répertoire pianistique et a été interprété par de nombreux solistes, depuis sa création en 1803 au Theater an der Wien par le compositeur lui-même, tels Arthur Rubinstein, Emil Guilels, Wilhelm Kempff, Alfred Brendel, Martha Argerich, Sviatoslav Richter, ou encore plus récemment Evgeny Kissin ou Murray Perahia à la Salle Pleyel en novembre 2012 avec l'Academy of St Martin-in-the-Fields.

Genèse et composition

Le compositeur commence ses premières esquisses de l'œuvre dès 1796, ce qui rend son écriture à peu près contemporaine de celle de sa première symphonie et de ses quatuors op. 18. Il l'achève en 1802. Ce concerto était sans doute déjà prêt en 1800 et aurait été créé l'année suivante si un des grands concerts de l'époque n'avait pas été annulé :

On a longtemps pensé que Beethoven avait achevé l'œuvre en 1800, mais la récupération de la partition autographe (perdue pendant la Seconde Guerre mondiale) en 1977 a révélé une date sur le manuscrit de Beethoven, « 1803 », ce qui força les musicologues à reconsidérer la date de la composition de ce concerto.

Le piano-forte, contemporain du musicien, n'était guère adapté à l'étendue de puissance qu'il requiert. Ce n'est qu'en 1818 que Beethoven put disposer d'un instrument proche des pianos actuels. Certaines partitions sont d'ailleurs encore indiquées pour le piano forte.

L'œuvre est dédiée au prince Louis-Ferdinand de Prusse, dont Beethoven appréciait le talent de pianiste

Création

La création eut donc lieu lors d'un concert bénéfice donné au Theater an der Wien à Vienne le 5 avril 1803, comportant à son programme deux autres œuvres nouvelles du compositeur : sa Symphonie no 2 et son oratorio Le Christ au Mont des Oliviers. Ferdinand Ries, élève de Beethoven, dira plus tard de la répétition :

« C'était une répétition terrible et en deux heures et demie tout le monde était épuisé et malheureux. Le Prince Carl Lichnowsky [l'un des mécènes de Beethoven], envoyé pour une grande entrave, fit amener du pain, du beurre, de la charcuterie et du vin. Dans une ambiance chaleureuse, il invita tout le monde à s'entraider, ce que chacun ne tarda pas à faire, et mit la bonne humeur parmi les musiciens. Puis le Prince demanda que l'oratorio soit joué une fois de plus, afin qu'il puisse se démarquer des autres œuvres de Beethoven durant cette soirée, étant la première œuvre du compositeur du genre. Ainsi la répétition a-t-elle reprise. »

Mais le temps vint rapidement à manquer, et d'autres œuvres au programme (qui, à l'époque, auraient généralement dû recevoir deux ou trois répétitions supplémentaires) ne furent pas suffisamment répétées faute de temps.

Beethoven était au piano et une anecdote indique qu'il n'avait guère eu le temps de mettre au propre la partie soliste. Le « tourneur de pages » qui l'assistait à ce concert resta désorienté devant des partitions vides pendant que le musicien jouait par cœur sa partie.

Ignaz von Seyfried (ami de Beethoven et alors directeur du théâtre), le tourneur de pages en question, écrira plus tard :

« Beethoven m′invita à lui tourner les pages, mais ciel ! C′était plus facile à dire qu′à faire. Je ne voyais guère que des pages blanches, tout au plus par-ci par-là quelques hiéroglyphes totalement incompréhensibles pour moi ; il jouait la partie principale presque entièrement de mémoire car il n′avait pas eu le temps comme cela lui arrivait souvent, de l'écrire complètement »

Beethoven ne la recopia entièrement qu'un an plus tard, lorsque son ami et élève Ferdinand Ries joua le concerto lors d'une nouvelle représentation publique de celui-ci mais prit la peine de remercier Seyfried dès qu'il en eut le temps

Réception

Le concert rapporta une grande somme d'argent à Beethoven, qui toucha 1800 florins, soit plusieurs fois le salaire annuel d'un fonctionnaire moyen dans le gouvernement des Habsbourg.

Les critiques du concert ne jugèrent presque exclusivement que l'oratorio et les avis furent mitigés. Comme pour les autres œuvres de Beethoven, un critique écrivit que :

« la Deuxième Symphonie ne fut pas aussi bonne que la Première, mais elle était en tout cas meilleure que le Troisième concerto pour piano, qui a souffert d'une mauvaise interprétation car Beethoven, qui est par ailleurs connu comme un excellent pianiste, n'a pas réussi à effectuer une performance assez satisfaisante pour le public. »

Dans les autres critiques, le concerto - quand il est mentionné - est dédaigné ou rejeté. Aujourd'hui, beaucoup de musicologues s'interrogent sur le fait qu'il soit quasiment passé « inaperçu » à l'époque. L’hypothèse la plus probable est que l'œuvre ait été largement sous-répétée et que Beethoven ait considérablement perdu du sommeil pendant les semaines précédant le concert afin de terminer d'autres œuvres. On peut également prendre en compte le fait que, la partie de soliste n'ayant pas été complétée à temps, Beethoven a en grande partie improvisé l'œuvre, ce qui peut avoir créé un décalage entre le soliste et l’orchestre et donc lui avoir nui.

Une deuxième représentation, l'année suivante, avec Beethoven dirigeant l'orchestre et Ferdinand Ries en tant que soliste, fut beaucoup mieux reçue, l'Allgemeine musikalische Zeitung classant le concerto « parmi les plus belles compositions de Beethoven ».

Structure

L'œuvre comprend trois mouvements. Son exécution dure environ une demi-heure

Allegro con brio
Largo
Rondo

Analyse

C'est l'unique concerto de Beethoven composé en mode mineur. Le premier et le troisième mouvement, dans la tragique tonalité d'ut mineur (tonalité de la fameuse Cinquième symphonie) sont d'une intensité et d'un dramatisme poignant qui n'existait pas dans ses concertos précédents. Comme dans la Cinquième symphonie, le concerto se termine en ut majeur, mais cette fin qui se veut victorieuse est arrachée de haute lutte.

Son style s'écarte résolument de l'inspiration mozartienne qui caractérise les deux premiers concertos. En effet, la virtuosité participe à présent à la cohésion dramatique. Le rythme pointé de base, ossature du premier mouvement engendre la virtuosité du soliste et les développements mélodiques. Le piano devient un véritable médiateur en assurant les transitions et en installant les développements par un dialogue avec l'orchestre, lequel prend des proportions symphoniques.

C'est néanmoins un concerto de forme classique : il est en trois mouvements, le premier de forme sonate bithématique avec une double exposition, le deuxième de forme lied (A-B-A') et le troisième un mélange entre le rondo et la forme sonate (AB-ACA-ABA).


https://www.youtube.com/watch?v=PM0HqmptYlY&t=2321s
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-29, 23:25

Concerto pour piano no 4 de Beethoven

Le Concerto pour piano en sol majeur, op. 58 est le quatrième des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven. Il fut composé en 1806 avec cependant des premières esquisses dès février 1804. Sa composition est à peu près contemporaine de sa quatrième symphonie, de son concerto pour violon et de sa sonate Appassionnata. Il a été exécuté seulement deux fois du vivant de Beethoven dont la première en 1807, à titre privé, au palais du Prince Lobkowitz. Il a été créé en public lors d'un concert « historique » le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien, comportant à son programme, outre cette pièce, les créations de sa cinquième et de sa sixième symphonie, ainsi que de sa fantaisie chorale. Le soliste en était le compositeur lui-même, handicapé par sa surdité partielle.

Il est dédié à l'archiduc Rodolphe d'Autriche, son élève, dédicataire également de son cinquième concerto.

Structure

Ce concerto nécessite un orchestre comportant, outre les cordes, une flûte, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes et des timbales. Ces deux derniers ne sont présents que dans le Rondo.

Il comprend trois mouvements. Son exécution dure environ trente-cinq minutes.

Allegro moderato, en sol majeur
Andante con moto, en mi mineur
Rondo (Vivace), en sol majeur

Ce concerto inaugure un genre nouveau, étant à la fois symphonie pour orchestre et fantaisie pour piano. Même s'il est loin du caractère héroïque du cinquième concerto, c'est le plus inventif.

Mouvements

Allegro moderato

Le premier mouvement est caractérisé par une fluidité totale entre les éléments mélodiques, rythmiques, harmoniques et formels. De forme sonate, il commence de manière inhabituelle par le piano seul, les 5 premières mesures du premier thème sont ainsi exposées, et ensuite reprises par l'orchestre, dans la tonalité de si majeur. La cellule essentielle est simple : une même note quatre fois répétée. Le second thème, exposé par les violons puis par les hautbois, est de nature plus mélancolique. Le développement fait l'effet d'un véritable combat. Le morceau se conclut alors, après une admirable cadence composée par Beethoven.

Andante con moto

Le second mouvement est d'une brièveté inhabituelle ; il ne fait que 72 mesures. Il y a une absence de dialogue entre le soliste et l'orchestre. Chacun semble tenir son rôle sans s'occuper de l'autre. Il faut pratiquement attendre la fin du mouvement pour que, à la demande des cordes, le piano réponde : lente ligne mélodique angoissée, qui s'y reprend à plusieurs fois pour conclure. Trois descentes chromatiques du piano et le discours gagne en profondeur ce qu'il a perdu en violence ; le mouvement s'achève sur une ardente envolée du soliste.

Il présente une écriture analogue à un air d'opéra, ce qui lui a valu de nombreuses tentatives d'interprétations littéraires. L'écriture en choral du piano serait une ligne vocale accompagnée (ce qui est plus visible à partir de la mesure 47), tandis que les interventions de l'orchestre ressembleraient à une transposition instrumentale de la technique du récitatif.

Souvent associé à l'histoire d'Orphée apprivoisant les Furies avec sa lyre aux portes des Enfers pour aller chercher Eurydice, Orphée étant représenté par le piano et les animaux sauvages par les cordes jouant à l'unisson, ce lien n'a jamais été formulé par Beethoven. On a longtemps pensé que Franz Liszt était à l'origine de cette association, mais le musicologue américain Owen Jander a trouvé une autre référence, probablement antérieure, dans la biographie de Beethoven publiée en 1859 par Adolphe Bernard Marx. D'après Jander, Beethoven aurait transcrit cette histoire en jouant sur les pédales qui existaient sur les pianos-forte de l'époque mais plus sur les pianos modernes : elle permettaient de jouer sur une, deux ou trois cordes. Selon cette interprétation, on peut entendre trois claquements de tonnerre après que Orphée s'est retourné sur Eurydice, moment indiqué par un trille monodique.

Pour Christoph Eschenbach, ce mouvement serait une prière d'Orphée pour qu'on lui rende Eurydice, l'orchestre répondant par la négative (et Orphée finissant terrassé par la souffrance).

Ce mouvement très sombre en mi mineur, se termine pianissimo et s'enchaîne sans pause avec le rondo final.

Rondo (Vivace)

En contraste avec les deux mouvements précédents, celui-ci se caractérise par un thème très rythmique. Utilisant la forme rondo-sonate, il est construit à partir de l'alternance d'un refrain (directement exposé par l'orchestre, ce qui est inhabituel à l'époque) et d'un seul couplet, varié et développé. Le thème principal commence dans le ton de la sous-dominante de sol majeur, soit do majeur, avant de se terminer sur une cadence dans le ton principal. Les trente premières mesures laissent en scène le piano et les cordes. Le contraste est total entre la méditation passée et l'ordre de marche qui est donné, auquel ne tardent pas à obéir les vents, dont les cuivres sont renforcés de trompettes et de trombones. Puis se succèdent trois épisodes de caractère différent : un appel aux armes, une fanfare triomphale et une fête dansante. Le premier passage suggère déjà ce qui sera par la suite le thème de la neuvième symphonie. Dans la conclusion, les traits ascendants que joue le soliste répondent aux motifs descendants du premier mouvement, dont l'orchestre suggère une dernière fois le rythme initial avant que le piano conclue brièvement le morceau.


https://www.youtube.com/watch?v=931TMnecvCE
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-29, 23:28

Concerto pour piano no 5 de Beethoven

Le Concerto pour piano en mi bémol majeur opus 73 (connu aussi sous le nom de L'empereur ou Concerto Empereur, allemand : Emperor, mais non de l'invention du compositeur) est le dernier des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven. Sa composition commence vers 1808-1809 et est à peu près contemporaine de celle de ses Cinquième et Sixième symphonies. Sa première représentation a eu lieu en janvier 1811 avec l'archiduc Rodolphe d'Autriche en soliste, son élève, à qui sera dédié le concerto. Si l'on a pu dire du quatrième que c′était son plus intime, on peut désigner le cinquième comme son plus explicite, son plus ouvert.

Composition

Beethoven commença son Concerto pour piano en 1808, en même temps que les préparatifs de guerre de l'Autriche contre Napoléon, un événement qui influença certainement l'atmosphère militaire de cette œuvre. La composition fut interrompue par les bombardements et l'occupation de Vienne par la Grande Armée le 12 mai 1809 ; un armistice général était signé deux mois après :

« Lors du court siège de Vienne par les Français en 1809, Beethoven eut grand-peur. Il passa la plus grande partie du temps dans une cave chez son frère Kaspar, en se couvrant en outre la tête de coussins, afin de ne pas entendre le canon. »

— Ferdinand Ries

« Le bruit terrible du canon ne pouvait-il pas aussi agir douloureusement sur ses oreilles malades? »

— Wegeler

Dans une lettre à ses éditeurs, Beethoven raconte combien ces événements l'ont marqué :

« Nous avons durant ce laps de temps vécu dans une gêne vraiment opprimante. […] Le cours des événements dans l'ensemble a eu chez moi sa répercussion physiquement et moralement. Je ne parviens même pas encore à jouir de cette vie à la campagne si indispensable pour moi. […] Quelle vie épuisante et dévastatrice autour de moi ; rien que tambours, canons, misères humaines de tout genre. »

— Lettre de Beethoven à Breitkof & Härtel, 26 juillet 1809

Les esquisses pour le premier mouvement de 1808 à mars-avril 1809 sont parsemées de notes dans ce genre: « Auf die Schlacht Jubelgesang ! » (Chant de triomphe pour le combat), « Angriff ! » (Attaque), « Sieg ! » (Victoire). On raconte que Beethoven était parfois pris de fièvre martiale et s'exprimait par des accès de rage contre Napoléon et les Français. On le vit un jour dans un café menacer du poing un officier français de l'armée d'occupation en criant : « Si j'étais général et en savais autant sur la stratégie que j'en connais sur le contrepoint, je vous en donnerais pour votre argent ! »

La Paix de Vienne, signée en octobre 1809, rétablit des conditions de vie favorables à l'achèvement de la partition. Malgré les vicissitudes de la guerre, ce fut une année faste pour Beethoven. Outre le Cinquième Concerto, il avait écrit de remarquables pièces : sa Fantaisie pour piano, chœur et orchestre, son Dixième Quatuor à cordes, « les Harpes », et la très belle Sonate pour piano « les Adieux ». Par-dessus tout, ce fut aussi l'année où, enfin, par un décret lui garantissant 4 000 florins de rente annuelle, ses princes protecteurs lui assuraient son indépendance.

Édition

Le titre de « Concerto Empereur » n'a pas été choisi par le musicien. Le compositeur avait admiré le général Bonaparte quand celui-ci semblait destiné à libérer l'Europe de la tyrannie, mais perdit toute estime pour lui quand ce dernier prit le titre d'empereur et entreprit des guerres de conquête. Plusieurs légendes circulent à propos de l'origine du sous-titre. Toujours est-il que Beethoven, fermement républicain, avait en 1804 effacé avec colère une dédicace à Napoléon sur la partition autographe de sa Symphonie Héroïque quand celui-ci se proclama Empereur des Français. Maynard Solomon fait remarquer que le Cinquième concerto « pourrait bien représenter la réaction de Beethoven face à la marée des conquêtes napoléoniennes ».

Il semble en définitive que cet intitulé lui ait été donné par un compositeur allemand installé en Grande-Bretagne et ami du musicien : J. B. Cramer. Également facteur de pianos et éditeur de musique, celui-ci voulut probablement souligner que le dernier concerto de Beethoven était le plus grand, l′« Empereur ».

Beethoven lui-même fit savoir à ses éditeurs qu'il n'admettait qu'un titre :

« Le concerto sera dédié à l'Archiduc R[odolphe] et pour titre il n'a rien que: « Grand concerto dédié à son Altesse Impériale l'Archiduc Rodolphe de, etc. » »

— Lettre de Beethoven à Breitkof & Härtel, 21 août 1810

Le compositeur, pianiste et grand érudit Donald Tovey a écrit : « Ne disputons pas plus avant de cet intitulé vulgaire et écoutons ».

Pour la postérité, ce concerto est fréquemment associé à l'image de l'Empereur Napoléon et à l'intensité dramatique que fut l'histoire du Premier Empire Français.

La publication du Cinquième Concerto eut lieu chez Breitkopf & Härtel en mai 1811 sous le numéro d'opus 73 et est dédié à l'archiduc Rodolphe d'Autriche, son élève, dédicataire également de son Quatrième concerto.

Création

Bien que le concerto fût achevé dès 1809, la première exécution n'eut lieu que bien plus tard, le 28 novembre 1811 – sans doute à cause des troubles qui marquèrent cette période. Du fait de sa surdité, Beethoven fut incapable d'interpréter lui-même son concerto, comme il en avait l′habitude pour la première, et dut écrire l'intégralité de la partie solo. Le pianiste choisi pour cette première fut Friedrich Schneider, qui avait peut-être été l'élève de Beethoven, accompagné par l'excellent Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Johann Philipp Christian Schultz. Le concert fut un véritable triomphe pour le compositeur. D′après la grande revue Allgemeine musikalische Zeitung du 1er janvier 1812, le public contint avec difficulté son enthousiasme et sa reconnaissance et le journal décrivait le concerto comme « sans aucun doute l'un des plus originaux, des plus imaginatifs, des plus énergiques, mais aussi des plus difficiles de tous les concertos existant ».

L'accueil fut beaucoup moins chaleureux à Vienne, trois mois plus tard, le 11 (ou le 12) février 1812. Le pianiste était Carl Czerny, l'élève de Beethoven, plus connu de nos jours comme auteur d'ouvrages pédagogiques. C'était alors un professeur et un compositeur apprécié, ainsi qu'un excellent pianiste. La critique fut cependant mauvaise et l'on reprocha à Beethoven d'être trop fier et trop confiant en son génie. En fait, le public viennois était plutôt conservateur et moins ouvert à la nouveauté que celui de Leipzig.

Analyse

Les dimensions du Concerto en mi bémol majeur dépassent tous les canons traditionnels ; à lui seul, le premier mouvement compte presque six cents mesures. L′œuvre abandonne le cadre de référence, jusqu'ici usuel, de la musique de chambre ; ses effets sont conçus pour les dimensions d'une grande salle de concert, il fait figure de « Symphonie avec participation d'un piano », voire de Symphonie concertante. Avec elle, Beethoven crée le grand concerto symphonique qui servira de modèle à Litolff, Liszt, Brahms, et tant d'autres musiciens du xixe siècle.

La partie soliste exige à coup sûr le grand piano de concert moderne que ne réclamaient pas encore les concertos de Mozart, ni les premiers concertos de Beethoven. Certainement, il n'y avait jamais encore eu de concerto pour piano ayant de telles proportions ni donnant autant d′importance aux brillants effets du piano par simple plaisir. Certains ont supposé qu'entre la composition du Quatrième et du Cinquième Concerto, Beethoven avait acquis un nouveau piano de meilleure qualité qui inspira les possibilités propres à un meilleur instrument et le poussa à donner au piano un rôle égal et même supérieur (par opposition à son rôle ornemental plus courant) en combinaison avec l'orchestre.

La tonalité du Cinquième concerto, mi bémol majeur, « symbolise déjà l'idée d'éclat et d'immensité à laquelle Beethoven avait dû l′associer depuis l′Héroïque ». C'était la tonalité préférée de Beethoven (ainsi que d'autres compositeurs) pour la musique de style héroïque. Avec le cinquième concerto, on peut aller plus loin et tenter de prouver que c'est un concerto « militaire ». Le musicologue Alfred Einstein a correctement décrit cette partition comme étant « l'apothéose du concept militaire » de la musique de Beethoven, en raison de ses rythmes martiaux, de ses thèmes agressifs, de ses motifs triomphaux et de sa nature souvent proclamatoire. Selon Einstein, les compositions de style militaire étaient bien connues des publics de Beethoven : « Ils attendaient un premier mouvement de caractère « militaire » en mesure à quatre-quatre, et ils manifestèrent un plaisir non dissimulé quand Beethoven, non content de répondre à leur attente, alla encore plus loin. »

Le Concerto comprend trois mouvements dont l′exécution dure à peu près quarante minutes :

Allegro
Adagio un poco mosso - attacca
Rondo. Allegro ma non troppo


https://www.youtube.com/watch?v=hDXWK3W477w
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 17:42

Bon, sans aucune hésitation, mon concerto préféré est le 5 ! le plus abouti je trouve, et le plus beau Very Happy

En revanche, si je trouve le concerto 5 magnifique, le 4 est joli et doux, mais les autres (1, 2 et 3), je m'ennuie assez, et je ne les écouterai pas plus, ils sont très classiques et je ne me trouve pas super émue en les écoutant.
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 17:50

Le 5ème est clairement au dessus des autres c'est vrai.

Perso, dans l'ordre de préférence c'est le 5,3,1,2 et 4

Citation :
le 4 est joli et doux

C'est celui que j'aime le moins personnellement

Citation :
les autres (1, 2 et 3), je m'ennuie assez, et je ne les écouterai pas plus, ils sont très classiques et je ne me trouve pas super émue en les écoutant.

Pourtant le 3 est quand même pas mal. Et le premier aussi qui, même s'il est en effet très classique dans sa forme, à du piquant.
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 18:06

et dans le 5, ce que j'apprécie, c'est qu'il y a plusieurs petits thèmes dans un même mouvement. Il y a des passages vraiment très jolis.

Et pour la beauté et la mise en valeur d'une ligne mélodique, je préfère le 2e mouvement, que le pianiste joue très bien d'ailleurs. Après, j'adore aussi les 1er et 3e mouvements, qui sont très vivants, passionnés aussi. Du coup, avec un 2e mouvement lent et très mélodique, très sentimental alors, c'est parfait, le tout forme une oeuvre grande et variée, avec plein de sentiments et d'expressions différentes.
Un chouette morceau !
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laudec

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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 19:10

Je trouve également ce deuxième mouvement de toute beauté, le troisième est beau aussi Beethoven les 5 concertos pour piano 185465
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 19:23

Tiens, tu as oublié l'analyse des mouvements du cinquième concerto Beethoven les 5 concertos pour piano 1521897346

Je vais ajouter quelques renseignements sur le concerto en mi bémol majeur (dit "n° 0") WoO 4 et sur le n° 6 en ré majeur H 15, inachevé. Comme ça nous aurons une intégrale des concertos pour piano de Beethoven (je ne parle pas de la transcription pour piano du concerto pour violon).

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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 20:12

Concerto pour piano n° 0 en mi bémol majeur

Le Concerto pour piano en mi bémol majeur, WoO 4 est une des premières œuvres de Beethoven et son premier concerto, d'où parfois son appellation de "Concerto pour piano no 0". Il fut certainement écrit avant son premier voyage à Vienne de 1787, probablement vers la fin 1784 ou début 1785 – à 13 ou 14 ans donc. L'œuvre fut peut-être composée pour le nouveau prince-électeur de Cologne Maximilien François qui, moins de trois semaines après son avènement, accordait le premier traitement de Beethoven: 150 florins par an.

La partition originale, pour autant qu'elle ait jamais existé, est perdue. Seule subsiste une copie manuscrite de la partie de piano avec des annotations et une réduction pour piano des tutti de l'orchestre de la main même de Beethoven. La page de titre porte une note, probablement de la main du père de Beethoven: "un Concert pour le clavecin ou fortepiano composé par Louis van Beethoven age [sic] de douze ans". Les annotations de Beethoven montrent d'une part que l'instrument soliste est bien un pianoforte : multitude de p et de f ainsi que quelques cres.; d'autre part que l'orchestre était composé de deux flûtes, deux cors et les cordes.

Cette copie fut retrouvée parmi les documents de Beethoven après sa mort et firent partie de la vente aux enchères organisée en 1828. Jusqu'en 1890, ce manuscrit fut conservé par l'éditeur Artaria à Vienne jusqu'à sa redécouverte par le musicologue autrichien Guido Adler (1855-1941) qui le publie avec une introduction critique chez Breitkopf & Härtel en 1888. Le manuscrit est alors acquis par la Königliche Bibliothek de Berlin en 1901 et est aujourd'hui conservé à la Staatsbibliothek zu Berlin-Preussischer Kulturbesitz.

En termes de langage musical, le concerto reflète les tendances stylistiques qui étaient familières au jeune compositeur à la cour de Bonn et qu'il avait apprises de ses professeurs, c'est-à-dire le classicisme de l'Allemagne du Nord et de l'Italie. Beethoven n'avait sans doute, à cette époque, pas connaissance des premiers concertos viennois de Mozart mais bien de ceux de la famille Bach. La reconstruction de la partie orchestrale, suivant les indications de Beethoven, a été effectuée par le musicologue Willy Hess

L'œuvre est en trois mouvements de longueur relativement égale:

Allegro moderato en mi bémol majeur
Larghetto en si bémol majeur
Rondo allegretto en mi bémol majeur

L'orchestre se compose de 2 flûtes, 2 cors et les cordes

Durée d'exécution : environ 33 minutes.

l'Allegro moderato
est très animé. Il s'ouvre par une longue introduction de 46 mesures après laquelle le piano déploie ses qualités de virtuosité sans rapport étroit avec le thème initial (accords brisés aux deux mains, traits, sauts, trilles), une éritable conquête de l'espace, qui culmine dans la reprise avec les grandes gammes ascendantes et descendantes octaviées.

Le Larghetto est très calme et de forme sonate. Il commence par un sotto voce par une large phrase mélodique énoncée par les cordes, reprise par le piano dans un climat de grande sérénité et avec une ornementation très riche, proche de l'improvisation, reprise par le piano.

Le Rondo, de caractère enjoué Allegretto, retrouve la volubilité su premier mouvement. Le thème durefrain, joyeux et dansant, introduit par le piano seul, évoque le style galant des années 1770, en particulier celui de Mozart. Le piano et l'orchestre alternent dans la présentation du premier couplet, tandis qu'un certain volontarisme caractérise le deuxième couplet, qu'une inflexion mineure est apportée par le troisième avant la véhémence du quatrième, le piano ayant une part de plus en plus importante dans chacun des couplets successifs.




https://www.youtube.com/watch?v=kkkGxn5Gz4c


Dernière édition par joachim le 2020-08-30, 20:22, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 20:16

Concerto pour piano n° 6 en ré majeur, Hess 15

Le Concerto pour piano en ré majeur, Hess 15, est une ébauche de concerto pour piano composée par Ludwig van Beethoven entre 1814 et 1815.

Entre la fin de l'année 1814 et le début de 1815, Beethoven œuvra sur un projet de concerto pour piano en ré majeur. Ce projet a finalement été abandonné par le compositeur, qui durant cette période travaillait également sur deux sonates pour violoncelle et piano, la sonate pour piano no 27 ainsi que sur une ouverture orchestrale. Les années 1812-1817 étaient pour Beethoven les moins prolifiques : souvent alité et devant faire face à de nombreux soucis, dont notamment la querelle entre sa belle-sœur Johanna van Beethoven quant à la tutelle de son neveu Karl, le compositeur n'eut certainement pas la force d'achever le concerto.

Le premier mouvement, Allegro, comporte soixante-dix pages complètes d'ébauches et de notes. Beethoven avait même commencé à écrire une partition complète pour ce mouvement (MS Artaria 184 à la Staatsbibliothek de Berlin), dont la composition est presque ininterrompue du début jusqu'au milieu de l'exposition du solo (mesure 182). À partir d'ici, la partition devient moins complète, montrant des signes d'indécision et d'insatisfaction de la part de Beethoven.

En 1987, à partir des notes richement fournies par Beethoven, le musicologue anglais Nicholas Cook compléta le premier mouvement. Quelques interprétations ont été effectuées et enregistrées, donnant ainsi une idée globale de l'œuvre. Sa durée est d'environ 15/16 minutes.



https://www.youtube.com/watch?v=Qlw216FMvbI
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Jean

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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 23:13

J'ai longtemps préféré le N° 5...mais pas loin devant les autres...surtout le 4 que maintenant, au fil des années je pense préféré au 5!! Wink
Je ne l'ai jamais trouvé "joli"...doux peut être, apaisé plutôt...mais tellement profond, presque douloureux, d'une douleur acceptée , mêlée de nostalgie ; surtout les 2 premiers mouvements... Il me fait penser, quant à l'émotion qu'il me procure, au N° 27 de Mozart que l'on décrit souvent comme tranquillement joyeux .
Leur premier mouvement me procure le même genre de profonde émotion ... un mélange de paix et d'acceptation d'une souffrance qui ne se veut ni révolté, ni cri tumultueux.

Vous avez oublié un autre N° 6 opus 61a : la transcription pour piano, par Beethoven lui-même, de son concerto pour violon, à la demande ou suggestion de Clementi!


https://www.youtube.com/watch?v=U5kSpougK_g
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-30, 23:30

Merci mais on ne peut pas le considérer comme un concerto pour piano à part entière. Wink

Sinon la vidéo de l'ébauche du concerto pour piano 6 de Joachim est intéressante. C'est dommage que le son soit si pourri en synthétique. Je m'étonne que personne n'ait essayé à l'enregistrer avec un véritable orchestre ou une meilleure banque de sons numériques pour avoir quelque chose de plus fidèle au niveau du son des instruments.

D'autant plus dommage que si ça peine un peu au début, après ça monte en puissance et devient vraiment intéressant. Mais ces sons synthétiques, ce n'est vraiment pas plaisant. Beethoven les 5 concertos pour piano Icon_neu
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-31, 10:49

Le point culminant de cet arrangement authentique du concerto opus 61a est la cadence du 1er mouvement qui, à la différence de la version pour violon, a été écrite par Beethoven, avec ce duo improbable et assez "bartokien" entre le piano et les timbales... (Entre 18:45 et 22:53 de l'enregistrement Duchâble - Menuhin)
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-31, 11:37

Snoopy a écrit:
Sinon la vidéo de l'ébauche du concerto pour piano 6 de Joachim est intéressante. C'est dommage que le son soit si pourri en synthétique. Je m'étonne que personne n'ait essayé à l'enregistrer avec un véritable orchestre ou une meilleure banque de sons numériques pour avoir quelque chose de plus fidèle au niveau du son des instruments.

Tu as raison, j'avais mal choisi mon exemple  Embarassed

Voici ce 6ème concerto par un vrai orchestre :



https://www.youtube.com/watch?v=inIs3WE-kok

On ne peut que regretter que Beethoven n'ait pas pu le terminer.

En outre, pour le concerto n° 0, l'enregistrement ci-dessus n'était pas terrible, en voici un autre (finalement on trouve pas mal d'enregistrements de ce concerto qui, à mon avis, vaut la peine d'être exhumé)

https://www.youtube.com/watch?v=oERiA8DOjeo
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-31, 13:40

Citation :
Voici ce 6ème concerto par un vrai orchestre :

Youpie, youpie! Je vais aller écouter ça avec grand intérêt! Merci Mains

Citation :
En outre, pour le concerto n° 0, l'enregistrement ci-dessus n'était pas terrible, en voici un autre (finalement on trouve pas mal d'enregistrements de ce concerto qui, à mon avis, vaut la peine d'être exhumé)

Je vais aller voir aussi et je donnerai mes impressions plus tard. Merci Wink
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-31, 14:23

Je viens d'écouter le 6. Je l'ai écouté 2 fois pour avoir une idée plus précise. D'abord, avec un véritable orchestre et piano, c'est quand même autre chose!

Sinon, je ne sais pas trop quoi en penser. Je suis assez mitigé à dire vrai.  Beethoven les 5 concertos pour piano 1521897346  Je trouve que ça peine à arriver jusqu'au moment où le piano entre vraiment dans la danse (vers 4 minutes). L'orchestre est dynamique mais sans nous emporter. Ca reste un peu "mou".

Je préfère nettement le passage avec piano et orchestre (après 4 minutes) mais même là, c'est sympa mais sans plus. Je le trouve trop "classique", sans surprise, j'avais plus l'impression d'écouter un concerto de Mozart avec des airs Beethovéniens à vrai dire. Après on a de petits passages (après 8 minutes jusque 11 à peu près) qui font écho au 5ème dans sa structure je trouve.

Le meilleur passage c'est entre environ 4 et 12 minutes. Avant et après, ça ronronne. Même le final n'est pas extraordinaire, beaucoup trop classique dans sa forme.

Bref, j'aime bien mais pas emballé plus que ça. Je ressens un cruel manque d'énergie, l'originalité et la fougue de Beethoven n'y est pas. C'est un Beethoven fatigué qui a composé là.

Allons voir si le concerto n°0 me séduira plus
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MessageSujet: Re: Beethoven les 5 concertos pour piano   Beethoven les 5 concertos pour piano Empty2020-08-31, 14:53

joachim a écrit:
concerto n° 0 (...) qui, à mon avis, vaut la peine d'être exhumé)

Je viens de terminer de l'écouter. Il a un petit côté répétitif mais malgré cela, il n'est pas mal du tout. Il est "frais" et "léger". C'est un concerto pour piano sans prétention qui s'écoute avec plaisir.
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