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 L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...

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Icare
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-17, 10:15

joachim a écrit:
Il me semble que tu n'as pas encore évoqué "l'harmonica fait son cinéma", comme tu l'as fait pour l'accordéon et pour le bandonéon.

Il est prévu! C'est même pour bientôt. "L'homme à l'harmonica" tiré de Il était une fois dans l'ouest de Sergio Leone est incontestablement le plus célèbre des morceaux d'harmonica composés pour le cinéma, mais il y a d'autres bandes originales dans lesquelles l'instrument à une présence, chez Ennio Morricone bien sûr, au-delà du film de Leone, mais aussi John Barry sur Macadam Cowboy, Martin Böttcher, Laurent Petitgirard, Bernard Herrmann avec Tommy Reilly...sachant que ces musiques de films que j'évoquerai ne seront qu'une simple sélection parmi d'autres...
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laudec

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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-17, 10:57

et Olivier Ker Ourio, ami de Toots qui réjouit le jazz ...
Au "Paris Jazz Festival" en 2014 L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 192556





https://youtu.be/4vLudBfiYq4
mais aussi la chanson française, ici avec une reprise de "A bicyclette" avec Sylvain Luc à la guitare L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 185465
https://youtu.be/8ND9h9g2o_o
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MessageSujet: Russo/Siegel   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-17, 11:16

Le blues de l'harmonica:

       Corky Siegel - éléments biographiques:

Corky Siegel est internationalement connu comme l'un des meilleurs joueurs d'harmonica de blues, ce qui n'est pas sa seule corde à son arc puisqu'il est également pianiste de blues, chanteur et auteur de chansons inhabituelles. Il participe à des oeuvres novatrices qui tissent ensemble blues et formes classiques. Il célèbre ainsi plus de cinquante années de performance, cofondateur du populaire "Siegel-Schwall Band", intronisé au "Chicago Blues Hall of Fame" et lauréat du prix "Lifetime Achievement". Corky Siegel possède un catalogue d'enregistrements sur RCA, Vanguard, Alligator et des millions de disques blues/classiques vendus sur le célèbre label classique "Deutsche Grammophon". Il était encore bien jeune lorsqu'il apprit son métier aux pieds de bluesmen légendaires de première génération tels que Muddy Waters, Howlin ’Wolf, Willie Dixon, Little Walter et Otis Spann. Dans les premiers jours du blues de Chicago, il a joué un rôle essentiel dans la révolution du blues rock, et son surprenant succès continua à rassembler le blues et le public classique (avec ses enregistrements et ses performances symphoniques), ce qui en fait une figure pivotante unique dans histoire de la musique populaire.

Il faut dire qu'il s'y donne à coeur-joie dans les deux oeuvres de William Russo que j'ai réécoutées ce matin; Street Music - opus 65 - "A blues concerto" en quatre mouvements dans laquelle Corky Siegel joue de l'harmonica et du piano. C'est d'ailleurs lui qui ouvre les "festivités" avec l'harmonica, mais avec beaucoup de retenue. C'est un harmonica plutôt romantique qui entre en scène. Le "San Francisco Symphony Orchestra", sous la direction de Seiji Ozawa y fait une entrée tout aussi sobre, en parfaite harmonie avec le soliste. En suivra une danse assez cool dans une humeur très positive. C'est une musique très colorée et extravertie qui respire le bonheur et la joie de vivre. Elle a même ses petits moments d'humour avec un harmonica qui miaule son insolence à l'orchestre. Il sera très actif tout au long du concerto et offrira en introduction du quatrième mouvement une performance country dynamisante à lui-seul. Beaucoup d'énergie déployée dans cette musique. La seconde oeuvre de William Russo s'intitule Three Pieces for Blues Band and Symphony Orchestra - opus 50. Corky Siegel y joue de l'harmonica et du piano électrique. Il est accompagné par Jim Schwall à la guitare, Al Radford à la basse et Shelly Plotkin à la batterie, avec toujours le SFSO sous la direction de Seiji Ozawa. L'oeuvre se découpe en trois parties avec un violon solo de Stuart Canin dans la seconde. L'introduction de la première partie a un côté mystérieux que j'aime bien, mais, plus globalement, la partition part sur les rythmes inusables d'un blues rock très affirmé. C'est fort entraînant, fort sympathique, je bouge de la nuque et du genou en l'écoutant - une jeunesse temporaire s'empare de mon corps et esprit - néanmoins, j'ai une préférence pour le concerto Street Music que je trouve plus riche en humeurs différentes. Cela-dit, ce qu'il y a de réussi et de communicatif c'est que je sens que les musiciens et l'orchestre se sont bien amusés à la jouer. C'est ce que je ressens en tout cas et il en ressort forcément une énergie positive. Dans Three Pieces c'est la médium qui a toute ma considération, celle où l'harmonica est cependant peu présent, celui-ci n'intervenant que vers les 6'40", juste avant l'entrée du violon solo.

https://www.youtube.com/watch?v=IxCooCfrSxE
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MessageSujet: Ducourtioux/Cavanna/Norgard   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-17, 22:01

Jusqu'ici, j'ai pratiquement toujours évoqué l'accordéon comme un instrument soliste, que ce soit par le biais d'une valse, d'un tango, d'une pièce concertante ou d'une musique de film. Aujourd'hui, je me suis intéressé à trois oeuvres de trois compositeurs différents qui n'ont pas grand chose en commun si ce n'est que l'accordéon n'y est pas employé comme soliste mais comme un instrument parfaitement intégré au tissu harmonique ou aux combinaisons instrumentales d'une oeuvre, sans pour autant passer inaperçu. Il leur apporte une présence plus subtile, un coloris à laquelle je suis la plupart du temps très sensible. Dans Frantic, une musique de film d'Ennio Morricone que j'ai déjà évoquée en amont, l'accordéon s'immisce dans l'orchestre tel un corps étranger et autonome, une valse musette qui s'incruste dans un complexe sonore parfois atonal et anxiogène créant ainsi un contraste vertigineux entre la structure orchestrale savante et l'élément populaire qui donne l'illusion d'obéir à ses propres règles. Il me semble qu'il y a une approche un peu similaire dans La Veuve de Saint-Pierre de Pascal Estève même si les deux musiques sont très différentes. Il va falloir que je la réécoute...probablement ce soir. Si l'emploi de l'accordéon y est original, notamment dans Frantic, l'usage qui en est fait dans les trois oeuvres que j'ai réécoutées cet après-midi est tout autre. Que ce soit dans Homo Loquax de Pascal Ducourtioux, le Concerto pour violon et orchestre de Bernard Cavanna ou encore Terrains Vagues de Per Norgaard, l'accordéon n'y intervient pas comme une sorte de "personnage parasite", mais au contraire comme un des éléments plus ou moins audibles du tissu orchestral.

Lorsque j'évoque Homo Loquax de Pascal Ducourtioux, je ne peux m'empêcher de relire le texte d'Isabelle Autissier: <<C'est avant tout l'histoire d'une rencontre entre un marin et un musicien et l'envie de parler ensemble de sujets qui nous tiennent à coeur. Un marin qui aime les mots et un musicien qui aime la mer, tous les deux souhaitant faire partager l'émerveillement, mais aussi les alarmes de ces voyages lointains au coeur de la nature. HOMO LOQUAX est une fantaisie sérieuse, un conte fantastique pas si éloigné que cela de la réalité, une forme de visualisation du résultat de toutes les actions de l'homme quand elles sont menées à leur extrême. HOMO LOQUAX c'est aussi, tout simplement le plaisir de tresser ensemble le chant des mots et celui de la musique, juste pour le plaisir. >> Dire que c'est un album que j'avais pris au feeling, ne connaissais aucune note de la musique ni le compositeur, pas même de nom. Je l'ai redécouverte aujourd'hui avec beaucoup de plaisir. L'accordéon de Pascal Contet s'associe à d'autres instruments qui sont le plus mis en valeur tout au long de l'oeuvre, le violon, le violoncelle, la clarinette, le trombone et les percussions, avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction d'Hélène Bouchez. C'est très beau, très poétique avec une part de mystère et d'étrangeté.

Dans le Concerto pour violon et orchestre de Bernard Cavanna par Noëmi Schindler et l'Orchestre National des Pays de la Loire sous la direction de Hubert Soudant, j'ai beaucoup aimé y déceler à nouveau les interventions parcellaires de l'accordéon, cet instrument qui quitte rarement le compositeur français dans les univers tumultueux et fascinants qu'il aime tant sculpter. L'accordéon est certes plus discrètement assimilé aux autres éléments du tissu orchestral que dans Homo Loquax. Il se pourrait fort que dans une écoute distraite il passe inaperçu, or dans une écoute attentive il participe nettement à la poétique du concerto, quelque-part, il en humanise ses chaos. Le mouvement lent est celui qui me fait retrouver l'ambiance magique du troisième mouvement de son Trio pour accordéon, violon et violoncelle. L'accordéon y est bien sûr moins audible, ce qui ne l'empêche pas de marquer cette musique de sa patte unique.

Terrains Vagues de Per Norgard, par le "Danish National Symphony Orchestra sous la direction de Thomas Dausgaard, date de 2000. <<L'oeuvre se réfère à ces zones intermédiaires entre culture et inculture, entre terres incultes et civilisation. Les trois mouvements, enchaînés, s'intitulent Terrains, Vagues (vagues au sens de flots) et Terrains Vagues. Là aussi on entend beaucoup les instruments graves - tubas, contrebassons - mais aussi un accordéon et trois métronomes!>> Comme je l'ai déjà écrit, le premier mouvement de Terrains Vagues me procure beaucoup d'exaltation. Je me souviens de la toute première écoute et de l'effet immédiat que cette oeuvre eut sur moi. J'en adore toujours l'emploi des instruments graves et le jeu presque agressif de l'accordéon. Impulsif et essentiellement rythmique, il y joue un rôle important sans être à aucun moment l'instrument solo, Terrains Vagues n'ayant rien d'une pièce concertante. Il est important par les rythmes et les timbres vifs qu'il apporte à l'ensemble et à mon sens, il est quelque-part l'élément emblématique de ces "terrains vagues" qui ressemblent à des flots ininterrompus.
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MessageSujet: Estève   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-18, 07:21

Icare a écrit:
Dans Frantic, une musique de film d'Ennio Morricone que j'ai déjà évoquée en amont, l'accordéon s'immisce dans l'orchestre tel un corps étranger et autonome, une valse musette qui s'incruste dans un complexe sonore parfois atonal et anxiogène créant ainsi un contraste vertigineux entre la structure orchestrale savante et l'élément populaire qui donne l'illusion d'obéir à ses propres règles. Il me semble qu'il y a une approche un peu similaire dans La Veuve de Saint-Pierre de Pascal Estève même si les deux musiques sont très différentes. Il va falloir que je la réécoute...

La Veuve de Saint-Pierre de Pascal Estève a la particularité de réunir dans cette composition pour l'image l'accordéon de Frédéric Guerouet et le bandonéon de Gilberto Pereyra qui ont une présence très singulière parmi les autres instruments solos et surtout la voix d'Eric Voegelin qui est peut-être ce lien indéfectible entre les quatre personnages principaux du film d'Henri Leconte, la veuve, l'assassin, la mer et la guillotine. La musique, interprétée par l'Orchestre Philharmonique d'Ile-de-France sous la direction de Bernard Wystraete, est d'une profonde mélancolie et porte en elle, sur pratiquement toute sa longueur, le mouvement et le parfum de la mer: elle respire la mer, le sel, l'iode... Le bandonéon et l'accordéon en sont en quelque-sorte sa forte respiration, ses poumons et son coeur. Et la voix, un chant sans parole, comme le murmure d'un défunt devenu fantôme, se faisant l'écho insaisissable et terriblement émouvant de ce que l'orchestre exprime: le chagrin incommensurable d'une femme et de la mer elle-même. C'est encore le compositeur qui en parle le mieux:

<<La musique de "La Veuve de Saint-Pierre" est vraiment un élément à part entière de la dramaturgie: il fallait faire passer la confusion des sentiments et exprimer l'inexorable. Ce bateau, la Marie-Galante, avec la guillotine à son bord, c'est la mort en marche. Je voulais surtout éviter le piège d'une belle partition romantique, lisse et propre sur elle. Le copier/coller musique XIXème était trop évident... Je préférais m'orienter vers une écriture parfois grinçante, pleine d'harmonies qui frottent. Et qui me fasse aussi sentir la mer, l'iode, le sel. D'où cette perversion du son par l'accordéon, le bandonéon, la voix de marin. Sur ces ingrédients, Patrice Leconte et moi sommes tombés d'accord au même moment: l'idée était à peine formulée par l'un que l'autre la prolongeait aussitôt. Etrange télescopage de pensée...Concernant la voix de marin, en particulier, je tenais à un interprète ni trop amateur ni trop professionnel. On a déniché un formidable chanteur breton, Eric Voegelin, dont l'univers (Ernest Renan, un lieu dit le "Café des Décapités" sur l'île de Bréhat) offre d'étonnantes correspondances avec le sujet de "La Veuve de Saint-Pierre". L'ouverture/fermeture à vide du soufflet de l'accordéon apporte également une respiration insolite à la musique, une sorte de poumon, un souffle difficile à identifier...>>


Dernière édition par Icare le 2020-07-21, 09:33, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-18, 20:12

On n'a pas encore parlé d'orchestre d'accordéons

Voici la Moldau



https://www.youtube.com/watch?v=XgwUehFUnnU
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MessageSujet: Goldenthal/Böttcher/Giacchino   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-18, 23:54

Ca fait un peu spécial cet orchestre d'accordéons, le son devient vite très envahissant, mais il faut dire aussi que le son de la vidéo n'est pas top.

 L'harmonica fait son cinéma - partie I:

L'air de rien, retrouver parmi toutes les musiques de films que je connais celles qui correspondent au mieux au thème que je me suis fixé, demande toujours un certain effort de mémoire, un exercice qui, soit dit en passant, n'est pas pour me déplaire. Au contraire, c'est un exercice qui m'est plutôt stimulant. Avec la musique qu'écrivit Michael Giacchino pour le film d'animation Ratatouille de Brad Bird (2007) - c'est une B.O. que je n'avais pas réécoutée depuis longtemps, j'hésitais entre l'accordéon et l'harmonica. Je penchais plus pour l'accordéon mais je pensais aussi qu'il pouvait y avoir de l'harmonica. Effectivement, il y a les deux, l'accordéon & musette par Frank Marocco et les harmonicas par Tommy Morgan. Dans l'ensemble, ce sont quand même les accordéons qui dominent l'ensemble mais les harmonicas n'y tiennent pas un rôle anodin au sein de l'orchestre symphonique. Il arrive même que les deux instruments se croisent sur un même morceau. Globalement, c'est une partition symphonique très animée et enjouée comme on peut aisément l'imaginer sur un "Disney-Pixar", dans laquelle s'invitent joyeusement le jazz et la valse-musette, et d'autres danses qui créent une ambiance enlevée et heureuse, pas du genre qui me scotche sur place ou qui me fascine, du genre qui me divertit et m'égaye de belle façon.

En Europe, on évoque souvent le western italien appelé aussi "western spaghetti", mais on évoque beaucoup moins facilement ce que l'on pourrait appeler le "western choucroute/sauerkraut"  Hehe , c'est-à-dire le western allemand. N'y voyons aucune espèce d'injustice dans l'absolu, il est fort possible que ce fusse assez insipide. Toujours est-il qu'à une époque je m'intéressais beaucoup à un compositeur allemand qui s'appelait Peter Thomas et prenais tout ce que je pouvais dénicher en matière de disques. Il avait toutefois un concurrent qui oeuvrait souvent sur les mêmes productions que lui: il s'appelait Martin Böttcher. Je me suis donc intéressé à sa musique, or il n'avait pas le talent de Peter Thomas. Tous les deux ont composé de la musique pour la série  de westerns Winnetou, TV et cinéma dans les années 1960. Je pense que c'est Martin Böttcher qui en a fait le plus mais il existe un album "Winnetou" des deux compositeurs. Malheureusement, je n'ai que celui de Böttcher qui emploie jusque dans son thème principal l'harmonica de Giuseppe Solera. C'est une musique très plan-plan, le cowboy sur son cheval qui traverse tranquillement la plate plaine de son beau pays, ou plutôt un indien car Winnetou est un Apache de fiction créé par le romancier allemand Karl May pour un roman publié en 1879 et qui a été développé dans la trilogie Winnetou qui, elle, fut publiée en 1893. Le thème principal est vraiment une ballade avec harmonica et la musique, dans son ensemble, ne quitte jamais vraiment cette ambiance.

En revanche, l'harmonica de Howard Levy dans la musique qu'Elliot Goldenthal composa pour A Time to Kill, un film de Joel Schumacher (1996), navigue dans des eaux beaucoup moins calmes. Au contraire, il n'intervient pas du tout dans les thèmes doux et mélodiques, mais uniquement dans les morceaux les plus crispés et dissonants. Il faut dire que le sujet s'y prête cruellement: <<Dans une petite ville du Mississippi vit Carl Lee Hailey, un ouvrier agricole noir, avec sa femme et ses enfants. Un matin, alors qu'elle rentre chez elle, sa fille de 10 ans se fait kidnapper, violer et torturer par deux délinquants blancs. Elle est laissée pour morte mais survit à ses blessures. Elle ne pourra malheureusement jamais donner la vie. Furieux et détruit, le père commet un acte fatal : alors que les deux suspects sont sur le point de comparaître devant le juge, et de crainte que la justice ne les libère, il sort une arme et les tue. L'avocat Jake Brigance est chargé de le défendre.>> (wiki) A vrai dire, je préfère cet harmonica-là aux lames sonores acérées à l'harmonica certes bien sympathique mais un peu "bateau" de Winnetou. Il m'est bien plus viscéral.

Néanmoins, C'est dans Luke la main froide, un film de Stuart Rosenberg (1967) qui se déroule en milieu carcéral, que l'harmonica me comble totalement, du moins dans cette première partie, présent dans le thème principal, côtoyant la guitare et le banjo, la nervosité d'un piano et des cuivres, électrisant dans les thèmes d'action et les morceaux typés folk blues et jazz: une superbe partition signée Lalo Schifrin mais qui, hélas, ne mentionne pas le nom de l'harmoniciste.

 John Barry: Macadam Cowboy par Toots Thielemans:

https://www.youtube.com/watch?v=XstwJM3freM


Dernière édition par Icare le 2020-07-19, 07:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-19, 00:38

Icare a écrit:
Ca fait un peu spécial cet orchestre d'accordéons, le son devient vite très envahissant, mais il faut dire aussi que le son de la vidéo n'est pas top.

Puis le choix de l'oeuvre surtout. La Moldau à l'accordéon ça rend pas des masses. Ca serait comme interpréter la danse des chevaliers de Prokofiev au marimba. Tout le côté "écrasant" qui fait justement l'originalité du morceau, passerait complétement à côté du fait de la sonorité plutôt rigolote du marimba.

Ici, c'est pareil, l'accordéon, par son côté "mécanique" enlève tout le côté lyrique, "glissant" de l'idée de l'eau qui coule. C'est quand même une oeuvre plus adaptée à des instruments à cordes et à vents (style flûte).

Il y a des oeuvres qui passent bien avec divers instruments et d'autres non. Et la Moldau est typiquement le style d'oeuvre qui garde difficilement sa substantifique moelle avec d'autres instruments.
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 10:40

Deux interludes avec harmonica:

Concerto pour harmonica et orchestre de Malcolm Arnold:

https://www.youtube.com/watch?v=vHlgON-2syI


Larry Adler - Eléments biographiques (source Wikipédia):

<<Larry Adler, de son nom complet Lawrence Cecil Adler, né le 10 février 1914 à Baltimore (Maryland) et mort le 6 ou 7 août 2001 à Londres, est un harmoniciste, pianiste et compositeur américain. Dans sa jeunesse, Larry Adler étudie la musique et le piano à la « Peabody School of music ». Il apprend l'harmonica en autodidacte. C'est sur cet instrument cependant, qu'encore adolescent, il commence sa carrière professionnelle. Sa virtuosité le fait vite remarquer et dès les années 1930, il est un musicien très demandé travaillant dans les studios, pour le cinéma (il est sous contrat avec la Paramount Pictures), sur les scènes de « vaudevilles »… Il se produit aussi sur des scènes prestigieuses, dont le célèbre « Carnegie Hall », et fait des tournées en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Sud. Adler est aussi compositeur. George Gershwin, dont il est un ami, est son principal modèle. Toute sa vie, Adler cherchera à promouvoir la musique de ce dernier. Dans les années 1930-40, Adler est une « personnalité » importante de la scène artistique américaine et fréquente des acteurs comme Charlie Chaplin, Greta Garbo, Gloria Swanson, Salvador Dalí, Fred Astaire… La presse à potin lui prête même une liaison avec Ingrid Bergman. Après guerre, lors de la « chasse aux sorcières » lancée par le sénateur Joseph McCarthy, ses « sympathies pour le communisme » le font mettre sur la « liste noire ». En 1949, il est obligé de s'exiler au Royaume-Uni. Il est, dans les années 1950-60, un musicien en vogue jouant aussi bien de la « variété », du jazz et de la musique classique. Il écrit aussi plusieurs musiques de films, dont en 1953 celle de Geneviève d'Henry Cornelius. Cette partition obtient une nomination en 1954 un « Academy award » mais, pour cause de Maccarthysme, est créditée au nom du directeur musical Muir Mathieson. Il travaille aussi pour la télévision (« Midnight Men »…) et la radio.>>

Heitor Villa-Lobos: Concerto pour harmonica - mouvement II:

https://www.youtube.com/watch?v=m6Bw2M9cN3M

José Staneck - éléments biographiques:

<<Il a été appelé l'harmonica-David Oïstrakh par le critique français Oliver Bellamy, et a également été comparé aux musiciens Andrés Segovia et Mstislav Rostropovich, par le critique Luiz Paulo Horta, en raison de sa performance dans le développement de son instrument. José Staneck développe un style unique, où les éléments de la musique classique, de la musique brésilienne et du jazz, fusionnent pour créer une sonorité et une expressivité remarquables. Il a étudié l'harmonie fonctionnelle avec Isidoro Kutno, l'analyse esthétique avec le chef d'orchestre et compositeur H. J. Koeullreutter, l'interprétation avec Nailson Simões, et en 2007, il a obtenu sa maîtrise en musique à l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro Staneck a été honoré par quelques compositeurs importants qui lui ont dédié leur musique: «Dharma», par H.J. Koellroetter; «Prelúdio para gaita e piano», de Nivaldo Ornelas; «Concertino», de Ricardo Szpilman; «Memória e fado» et «Sonhos do Recife» (arrangement spécial pour harmonica et cordes), par Egberto Gismonti; Cunha et «Poème XV» de Marlos Nobre.>>
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 10:49

Icare a écrit:
Concerto pour harmonica et orchestre de Malcolm Arnold

Il est sympa mais il manque quand même cruellement de "swing" pour une oeuvre à l'harmonica et pour une forme qui se veut concerto. Je préfère celui de Spivakovsky
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 12:57


J'ai aussi une petite préférence pour le concerto de Spivakovsky, il faut dire qu'il bénéficie d'une bonne vidéo "live", aussi bien sur le plan visuel que sonore, ce qui n'est pas si fréquent et ce qui rend cette musique très vivante. Celui de Malcolm Arnold, je ne le connaissais pas avant de le poster, tout comme celui d'Heitor Villa-Lobos que je ne connais pas encore en entier. Ce sont pourtant des compositeurs qui ont écrit des choses magnifiques et m'intéressent depuis longtemps. J'ai pas mal d'oeuvres du Brésilien et avec le Britannique, l'exploration se fait petit à petit. Le concerto d'Arnold fait assez "musique française", je trouve, façon Françaix ou Wiener en moins guilleret. Moins de swing que dans celui de Spivakovsky, sans aucun doute, mais en revanche des lignes mélodiques qui m'accrochent davantage, que j'ai envie siffler pendant et après, au sein d'une musique qui ne manque quand même pas de tonicité.

Un petit divertissement dansant:

https://www.youtube.com/watch?v=pV28plH07yg
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 13:05

Très sympa ce divertissement !
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MessageSujet: Einhorn/De Gemini/Herrmann   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 19:18

L'harmonica fait son cinéma - suite & fin:

Franco De Gemini - éléments biographiques:

<<Franco De Gemini fut un musicien, harmoniciste, producteur de disques et compositeur italien qui naquit à Ferrare, le 10 septembre 1928, un parfait contemporain d'Ennio Morricone, et s'éteignit à Rome le 20 juillet 2013, à l'âge de 85 ans. Ses grands talents d'harmoniciste lui valurent en Italie le surnom de "Harmonica Man": il  faut dire qu'il est entré dans l'histoire grâce à trois notes parmi les plus célèbres du cinéma, celles écrites par Ennio Morricone pour la bande originale de C'era una volta il west de Sergio Leone, qui d'ailleurs se reproduisent dans de nombreuses scènes, y compris la dernière, dans laquelle l'harmonica est dans la bouche du personnage incarné par Charles Bronson, forcé de se tenir debout pour ne pas laisser mourir son frère, reposant sur ses épaules avec un nœud coulant autour du cou. Toutefois, sa carrière ne se limite pas à cette expérience même si c'est celle-ci qui le rendit populaire. Bien que né à Ferrare, il passa pratiquement toute son enfance, son adolescence et sa jeunesse à Turin où il étudia la musique et où il commença à jouer dans les orchestres de la ville. Il aimait particulièrement l'harmonica, au point d'ouvrir dans la seconde moitié des années 40 une école; le C.A.T. (Club des Harmonicistes de Turin). Il joua ensuite avec l'orchestre Eiar de Turin, appelé par le chef d'orchestre d'alors Viarengo: il rencontra ici le Maestro Cinico Angelini qui le veut avec lui au Festival de Sanremo en 1957. Entre-temps, il  commença à collaborer sur quelques bandes sonores : la première date de 1953, pour Pane, amore e fantasia d'Alessandro Cicognini, un film réalisé par Luigi Comencini. Il entre ensuite dans l'orchestre du maestro Berto Pisano, avec qui il enregistre également de la musique pour la télévision, enregistrant dans les studios du "Fonit Cetra" à Turin...>>

Si j'avais du réécouter tous les titres marquants d'Ennio Morricone dans lesquels apparaît l'harmonica, l'écoute aurait sans doute été un peu fastidieuse. J'ai donc souhaité n'en retenir que quatre dans un premier temps et en ai retenu cinq en définitive. Evidemment, le premier titre incontournable qui m'est venu à l'esprit fut Il était une fois dans l'ouest (1969) et comme il y avait longtemps que je n'avais pas réécouté cette bande originale, je l'ai retenu sans la moindre hésitation. Le second titre qui offrit beaucoup d'importance à l'harmonica et que j'ai retenu d'emblée fut Le Ruffian (1983), un film de José Giovanni. Elle est de ces partitions d'Ennio Morricone, au même titre que Mon nom est personne, qui, selon moi, exalte  de façon incroyable l'esprit d'aventure et d'amitié. En la réécoutant, elle mit en lumière un aspect de l'usage de l'harmonica chez Morricone: son aspect sauvage, brutal, son lien indéfectible avec la violence: il est l'élément sonore qui symbolise la vengeance dans Il était une fois dans l'ouest, il exprime la nature sauvage et la violence des hommes cupides dans Le Ruffian, il serine l'air inquiétant du tueur et devient l'instrument de l'horreur dans le film d'Aldo Lado, L'ultimo treno della note (1975), bien que celui-ci, également joué par Franco De Gemini, accompagne un autre instrument de l'horreur, le train lui-même par ses bruits saccadés sur lesquels s'articulent certains morceaux de tension particulièrement obsédants. J'ai également retenu cette B.O., bien que j'aurais pu retrouver chez Morricone cette "association" harmonica-violence au travers de Peur sur la Ville d'Henri Verneuil et Les Incorruptibles de Brian de Palma, deux prestations plus importantes. J'ai préféré remonter jusqu'en 1997, retrouver les étonnantes orchestrations de la partition tonitruante qu'il composa pour le film d'Oliver Stone, U-Turn. Sur cet opus, je ne suis pas sûr que ce soit Franco De Gemini qui en assure les parties d'harmonica. Le cinquième titre, qui d'une certaine façon exalte aussi l'esprit d'aventure et d'amitié, je l'ai retenu parce qu'il propose un autre usage de l'harmonica, qui, dans la musique d'Ennio Morricone, aux antipodes des titres précédents, prend timidement une couleur fraternelle et sentimentale tout en évoquant dans ses toutes premières mesures le climat lancinant de "L'Homme à l'harmonica" dans Il était une fois dans l'ouest: La Bande J & S (1976), un film de Sergio Corbucci.

Puis, j'ai retrouvé Tommy Reilly avec lequel j'avais ouvert ce cycle, mais cette fois dans l'univers musico-cinématographique tourmenté et romantique de Bernard Herrmann sur Night Digger (1971), un thriller anglais d'Alastair Reid. Elle fait partie de mes musiques préférées de Herrmann - parfaitement encrée dans le style qui a fait sa réputation, notamment avec Alfred Hitchcock - peut-être parce qu'elle associe dans un romantisme raffiné et un peu sombre l'harmonica de Tommy Reilly et la Viola d'Amore de Rosemary Green.

https://www.youtube.com/watch?v=7q9WLQgENd4


Mauricio Einhorn - éléments biographiques:

<<Maurício Einhorn est né en 1932 à Rio de Janeiro, au Brésil, fils d'immigrants autrichiens. Ses parents jouaient tous les deux de l'harmonica. À l'âge de cinq ans, Maurício Einhorn a également eu en sa possession un orgue à bouche, un instrument qu'il n'a jamais lâché. À dix ans, il est apparu à la radio. Au début, Borrah Minevitch était son modèle, et en 1945, il a rejoint les Rascals brésiliens , avec lesquels il est apparu dans les clubs et à la radio, et en 1949 son premier disque est enregistré. Puis, Maurício Einhorn s'est familiarisé avec le jazz à force d'en entendre. Le musicien ne tarda pas à en jouer. A partir de 1954, il se produisit régulièrement au bar de l'hôtel Plaza de Rio et à la radio Mayrink Vega. Lorsque la Bossa Nova apparut en 1957, Maurício Einhorn se trouva en plein milieu, en tant que soliste, accompagnateur et surtout en tant que compositeur. Il écrivit un grand nombre de pièces - par exemple B. "Batida diferente ("L'autre rythme"), Estamos ai , Tristeza de nos dois , Jóia , Alvorada , Sambop" qui seront joués par de célèbres musiciens de jazz tels que Cannonball Adderley, Hubert Laws et Herbie Mann, même joué par le plus célèbre de tous les compositeurs de Bossa, Tom Jobim.>>

Avec la bande originale composée par Alexandre Desplat pour le film Amazone de Philippe de Broca (2000), et avec l'harmoniciste Mauricio Einhorn comme soliste principal, c'était l'occasion de retrouver une musique plus optimiste et ensoleillée entre jazz, douces mélodies enchanteresses et bossa nova. Alexandre Desplat témoigne: <<Adolescent, la bossa-nova était le jardin d'Eden où le flûtiste classique que j'étais pouvait s'étourdir au souffle des mélodies brésiliennes d'Antonio Carlos Jobim, Chico Buarque ou Edu Lobo. Je découvrais alors un géant de l'harmonica, aussi inspiré que Toots Thielemans, Mauricio Einhorn. Un soliste au son et au swing caractéristiques, partenaire d'Elis Regina, Jobim ou Cannonball Adderley. Et compositeur de standards comme "Tristeza de nos Dois". D'abord le localiser. Grâce à une belle Carioca, nous le retrouvons au Brésil. Le projet plait à notre homme de Rio. Paris: les meilleurs musiciens réunis pour l'occasion. De grandes émotions musicales et même un cadeau: quelques improvisations en duo et trio dans le silence nocturne du studio.>> Les 22 premières minutes de l'album sont vraiment superbes dans cet esprit ensoleillé et de romance, j'aime un peu moins la suite, notamment le duo (piano/harmonica) et le trio (harmonica/piano/flûte) auxquels Desplat fait allusion même si ça reste quand même sympa.


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MessageSujet: Mogensen   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-20, 23:49

Je viens d'écouter ou plutôt réécouter, cycle oblige, un disque regroupant quatre oeuvres pour accordéon et orchestre de quatre compositeurs différents:

___Symphonic Fantasy and Allegro, Op.20, composé en 1958 par Ole Schmidt
___Concerto Piccolo composé en 2009 par Anders Koppel
___In Liquid..., composé entre 2008 et 2010 par Martin Lohse
___Recall, composé en 1968 et revu en 1977 par Per Norgard

Avec l'excellent accordéoniste Bjarke Mogensen, le "Danish National Chamber Orchestra" sous la direction de Rolf Gupta.

<<Né sur l'île de Bornholm, Bjarke Mogensen s'est rapidement fait un nom en tant que virtuose de l'accordéon de renommée internationale et en tant que musicien polyvalent avec une oreille attentive pour différents styles. Très jeune, il fait ses débuts en tant que soliste avec l'Orchestre symphonique de Munich dans une émission de télévision allemande avec des millions de téléspectateurs. Depuis, une curiosité inhabituelle et une recherche de nouveaux sons et expressions l'ont emmené sur des chemins musicaux où peu d'autres musiciens se sont aventurés auparavant en tant que soliste très recherché dans le monde de la musique classique. Bjarke Mogensen a reçu une longue liste de prix internationaux tels que le concours de musique de chambre de la radio P2, le concours international de musique de chambre d'Almere et l'album de l'année du bureau des arts (2013). Il a remporté le 1er prix du concours «New Talent» des European Broadcast Unions à Bratislava et quelques années plus tard, Mogensen a reçu le Prix de l'artiste danois de la critique musicale - toutes des premières pour l'accordéon.>>

Les quatre concertos forment un album qui s'écoute bien en entier et je ne peux donc pas dire qu'une oeuvre en particulier m'a ennuyé ou rebuté, ni qu'il renferme un trésor incontournable...encore que je craque complètement sur le premier mouvement du concerto d'Anders Koppel...Disons que je suis dans le domaine d'une bonne musique qui, globalement, ne manque pas de vitalité et offre à l'accordéon de Bjarke Mogensen un vaste champs d'expression qui ne mise cependant pas que sur la virtuosité. Celle-ci est nettement présente dans Symphonic Fantasy and Allegro, Op.20 de Ole Schmidt pour accordéon et orchestre de chambre, une oeuvre dynamique et ponctuée de rebondissements qui la rendent attractive sur toute sa longueur et plus précisément sur ses deux uniques mouvements. D'ailleurs, j'aime beaucoup comment il a conclu le second mouvement, une fin subtile comme je les aime. Ce n'est toutefois pas le concerto que je préfère de cet album, je pense que le Concerto Piccolo d'Anders Koppel pour accordéon et orchestre à cordes me captive davantage, il faut dire qu'il emploie d'emblée un type de construction obsessionnelle qui me caresse dans le sens du poil. Je trouve par exemple la construction du premier mouvement aussi originale que captivante. Le "Largo" médium est également bien senti et m'émeut de son romantisme légèrement obsédant et teinté de mélancolie. Le troisième mouvement, un "Allegro scherzando" démarre à partir de deux notes qui apparaissent comme un tic-tac sur lequel la musique s'articule. A un moment, j'ai vraiment cru qu'il y avait deux accordéons. J'aime beaucoup la fantaisie - une presque ironie - de ce morceau.

Lors des précédentes écoutes je vouais une préférence pour In Liquid pour accordéon et orchestre de Martin Lohse, un compositeur que je ne connais d'ailleurs qu'au travers de ce concerto. Il commence sur un ton retenu et solennel avec à un moment donné des accélérations virtuoses du soliste. C'est plutôt du genre intense, fouillé, presque cérébral par moment, et il se dégage dans le jeu de l'accordéon quelque-chose d'assez prenant qui exige une écoute attentive. C'est de toute évidence le concerto le moins évident d'accès des quatre, celui qui est le plus méditatif et renferme une plus grande part d'intériorité. Aujourd'hui, j'ai préféré assez nettement celui de Koppel. Recall pour accordéon et orchestre de Per Norgard commence en douceur. C'est une oeuvre tonale qui s'annonce avec des relents de musique antique. Elle m'évoquerait presque, par certains aspects, son excellente musique de film Le Prince de Jutland. Extravertie, cuivrée et festive, c'est quasiment une danse qui illumine le second mouvement "Villanesca" avec percussions prédominantes, accordéon exalté et petites sonorités "asiatiques" qui surprennent dans un contexte orchestral semblant extraire ses rythmes du folklore danois.
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MessageSujet: Yasuda/Cavanna   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-21, 10:06

L'accordéon: dernier épisode:

Pascal Contet - mini-biographie: <<Après un parcours privé en France, Pascal Contet continue ses études musicales à Fribourg (Suisse), à la Musikhochschule de Hanovre, au Conservatoire Royal de Copenhague et à l’Akademie der Künste de Graz. Lauréat des fondations Cziffra (1983) et Menuhin (1986), il reçoit le Prix de la Fondation Bleustein-Blanchet pour la Vocation en 1989. En 2012, première pour l’accordéon, il est nominé aux Victoires de la musique classique (catégories "Soliste instrumental de l’année" et "enregistrement de l’année"). Dès 1993, il s’attache à la constitution d’un répertoire pour accordéon et compte désormais à son actif un minimum de 300 créations issues de compositeurs influents tels que Claude Ballif, Franck Bedrossian, Luciano Berio, Edith Canat de Chizy, Bernard Cavanna, Jean-Pierre Drouet, Peter Eötvös, Ivan Fedele, Sofia Gubaïdulina, Philippe Hurel, Bruno Mantovani, Sébastien Rivas,Yann Robin, entre autres...


Karl Koop Konzert - Comédie pompière, sociale et réaliste pour accordéon et orchestre (2007) - de Bernard Cavanna pour orchestre et accordéon me permet de retrouver Pascal Contet après Homo Loquax de Pascal Ducourtioux, mais cette fois dans un univers complètement différent. Je perçois Karl Koop Konzert comme un "délire" musical sans temps mort, une sorte de machine infernale dont les effets me fascinent - je le dis sans détour - parfois fanfaresque, en mouvement continu, où les baisses de tension ou de rythme sont rares et surtout très brèves. J'ai l'impression que l'accordéon de Pascal Contet évolue dans une sorte de continuum et au sein d'un complexe sonore presque confus, comme si l'oeuvre exprimait plusieurs souvenirs du compositeur qui s'entremêlaient dans une danse folle de la mémoire - c'est une image bien sûr: l'oeuvre a beau se découper en quatre mouvements, "Musette", "Sans flon flon", "Galop pompier" et "La fin du bal", tout s'organise "inharmonieusement" dans une "désharmonie" festive, grotesque, ironique, acide, pleine d'énergie, intense...J'adore! Cette oeuvre me parle au plus profond de moi bien que je n'ai jamais eu un grand-père accordéoniste qui faisait tourner les têtes dans les bals.

https://www.youtube.com/watch?v=RR200xecaHQ&feature=emb_rel_end


<<L'accordéon occupe une place particulière dans mon travail. Plusieurs pièces incluent un accordéon dans leurs effectifs instrumentaux (opéras,trios, concerto pour violon...) parfois trois comme dans Messe un jour ordinaire. Il est aussi dans ma mémoire. Très tôt je l'ai entendu en Allemagne, chez mon grand-père. Il s'appelait Karl Koop. Prisonnier de guerre en 1918 par les troupes anglaises, il eut la chance de recevoir de la Croix-Rouge un accordéon. Il apprit à en jouer seul, comme il apprit en autodidacte à déterminer les plaines du Nord. Plus tard, dans les années trente, toujours au chômage, il fera vivre sa famille en animant des bals. L'accordéon tel que nous le connaissons en France, nous vient des traditions musicales populaires d'Auvergne et d'Italie (rien à voir avec le somptueux accordéon de concert et sa littérature richement développée dans les pays scandinaves ou dans l'ex-URSS); ici il fut longtemps "ringardisé", associé à l'anisette et aux Tours de France et, seulement depuis quelques années, il fait partie intégrante des disciplines enseignées au Conservatoire national supérieur de Paris. Bien entendu, il s'agit de l'accordéon de concert. Mais, dans ma mémoire, l'accordéon est surtout celui de mon grand-père, cet instrument suranné, "l'accordéon-rance" comme disait BREL, le "soufflet à punaises" de JO PRIVAT, les superbes et inélégants accords du "trois voix musette".>> nous explique Bernard Cavanna.


Le Concerto pour Accordéon et Orchestre à Cordes de Fumio Yasuda se divisent en quatre mouvements. Le premier navigue dans un fleuve de nostalgie et porte donc le titre prévisible; "Nostalgia". Fumio Yasuda s'en tire très bien avec l'instrument soliste, en l'occurrence l'accordéon.Certes, l'usage qu'il en fait m'éloigne radicalement de l'univers un brin délirant de Karl Koop Konzert que j'ai écouté juste avant. C'est une toute autre aventure où l'accordéon y est quand même virtuose, mais pas une virtuosité mécanique et prétentieuse qui ne laisse aucune place à un déroulement aéré et poétique de l'oeuvre. Pas de notes superflues dans ce concerto, le jeu du soliste installe, bien au contraire, un parfait équilibre entre l'orchestre à cordes et lui: Teodoro Anzellotti, que je retrouve après Variété de Maurizio Kagel et Miniata de Rebecca Saunders, en est l'excellent interprète. Le sommet de ce concerto se situe sans aucun doute dans son ultime mouvement "Last Choral" qui, à lui-seul, atteint en durée presque 11 minutes. D'une certaine manière, par l'équilibre de jeu évoqué ci-dessus et une sublime écriture des cordes, il est l'aboutissement poétique des mouvements qui le précèdent. Cette oeuvre de Fumio Yasuda fait partie des meilleurs concertos pour accordéon que je connaisse, même si, dans mon panthéon personnel, il ne décroche pas de son piédestal l'Opale Concerto de Richard Galliano.
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MessageSujet: Comté/Devreese/Capelletti   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-21, 18:37

Le bandonéon: dernier épisode:

<<Del Diablo est un titre aux relents vaudou pour cinq jeunes gens biens sous tous rapports. Mais dans les plis de leur curiculum classique, Manu Comté (accordéon/bandonéon), Nicolas Steven (violon), Alexander Gurning (piano), Patrick de Schuyter (guitares) et Philippe Cormann (contrebasse) trimbalent une musique qui met le feu, qui brûle les préjugés, qui part tout le temps en voyage. Ainsi, Del Diablo commence par "Movimiento continuo" qui claque d'emblée sur un tempo fougueux. Le bandonéon ou l'accordéon entraîne les autres au large mais le violon, cordes bien accrochées, le calme avec la mélodie d'Astor Piazzolla, un baume sur lequel le piano inscrit un nouveau code de conduite: vitesse maximale et virages serrés. Le quintette n'a jamais aussi bien joué, aussi bien intégré la guitare qui va chercher dans son vieux Fender des arrachés jazzy mirifiques, la contrebasse grondant, s'arc-boutant, digérant tout sur son passage. Soledad (nom du quintette) se construit ainsi, en frénésie et en beauté, en coups de reins et coups de coeur, dans les ombres tumultueuses et farouches du tango contemporain.>>

Maintenant que je vous ai faits part de l'enthousiasme de Philippe Cornet, je viens vous témoigner du mien qui est pratiquement le même, un enthousiasme qui se réitère à chaque nouvelle écoute pour une acquisition qui date de plus de quinze ans. L'album réunit huit compositions de quatre compositeurs qui ont évolué dans des mondes musicaux relativement différents: cinq pièces de durée plus ou moins courtes dont Movimiento continuo et Concierto para Quinteto de l'Argentin Astor Piazzolla qui fut éjecté d'un taxi parce que le chauffeur considérait qu'il avait trahi le tango, quatre extraits de la musique du film d'Almodovar, La flor de mi segreto composée par l'Espagnol Alberto Iglesias, deux "Danses - I & IV" extraites de la Suite Latino-américaine du Belge Daniel Cappelletti et enfin Passage à 5 de Frédéric Devreese. J'avoue que l'oeuvre qui avait motivé cette acquisition était justement Passage à 5 car elle m'était complètement inédite et, à cette époque, je m'intéressais à tout ce que faisait Frédéric Devreese, j'aimais beaucoup sa musique, fusse-t-elle écrite pour le concert ou pour le cinéma. Comble du bonheur, ce fut dès la première écoute l'oeuvre que j'ai préférée de l'album. Ca ne veut pas dire que je n'ai pas aimé les deux danses de Cappelletti, les pièces de Piazzolla ou encore les quatre thèmes d'Iglesias, au contraire, La flor de mi segreto est une B.O. que je connais en entier et par laquelle j'ai découvert le compositeur espagnol, compositeur que j'ai pas mal approfondi depuis.

Manu Comté:

<<« Comme une douloureuse beauté proche des vocalises humaines », voilà comment chante l’ accordéon ou bandonéon de Manu Comté, auteur d’interprétations de grande virtuosité, pleines de vie et d’ intenses moments dramaturgiques. Il possède au plus haut degré le swing et la folie de ces musiques qui aiguisent les sens et emballent le cœur. Depuis son très jeune âge, Manu Comté porte en lui la force d’ une passion qui lui a permis de sortir du moule musette pour défier la musique contemporaine, qu’ elle soit classique, jazz ou world! Toujours en quête de trouver une manière non traditionnelle de faire parler ses instruments, l’ accordéon ou le bandonéon, son jeu est caractérisé par une expressivité intense et un touché d’une légèreté feutrée. Il est de ceux qui écrivent les belles pages de cet instrument populaire par excellence qu’est l’accordéon.Son chemin est marqué par l’ aventure du groupe « Soledad » qu’ il crée dans les années 1990 et avec lequel il parcourt les plus belles scènes du monde (Le Santory Hall de Tokyo, le festival de La Roque d’ Anthéron, le Concertgebouw d’Amsterdam, les Palais des festivals de Cannes et de Paris, le festival de Jazz de Montréal, le New Morning à Paris, les festivals de Beppu, Lugano, Pietrasanta, Toronto, Ottawa,...). Une belle route sur laquelle il reçoit des prix prestigieux, semée de nombreuses rencontres avec de grands artistes comme Martha Argerich, Richard Galliano, Renaud Capuçon, Franck Braley, Philip Catherine, Tomás Gubitsch, Frédéric Devreese, Gerardo Jerez le Cam, Michel Portal, Alberto Iglesias,...>>
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-21, 21:04

Il est vrai que j'avais dit que j'achèverais ce cycle sur quelques notes d'harmonica, mais, un peu à la manière des politiques, je ne tiens jamais mes promesses. J'ai préféré conclure sur quelques notes de mélodica, instrument qui avait toute sa place ici. Pour se faire, j'ai réécouté une des deux musiques de films qui en utilisent, toutes deux composées par l'Italien Louis Siciliano, un compositeur qui visiblement apprécie cet instrument. La bande originale a été écrite pour le film d'Enrico Oldoini, I Mostri Oggi (2009), qui a tous les aspects d'une comédie à l'italienne. Ca tombait bien car je souhaitais conclure mon cycle sur une note optimiste et joyeuse, pleine de vie. Il y a également du bandonéon mais finalement sur deux thèmes pas davantage. Il n'est pas la couleur dominante, pas plus que le mélodica d'ailleurs, quelques touches furtives ci et là jouées par Pericle Odierna, notamment sur le générique-fin. Il serait même très facile de ne pas le remarquer. Mais bon, ce fut avant tout pour moi un bon prétexte de réécouter cette partition très colorée de Louis Siciliano.

Une vidéo musicale qui n'a rien à voir avec la B.O. pour mélodica et guitare: Conclusion I - une valse célèbre

https://www.youtube.com/watch?v=Gj3Sm0J4fck


Dernière édition par Icare le 2020-07-21, 21:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 3 Empty2020-07-21, 21:21


Conclusion II: un tango célèbre

https://www.youtube.com/watch?v=OGQ9bFoFBME
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