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 L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...

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joachim
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-12, 20:13

Laudec a écrit:
C'est cet article qui m'a fait découvrir que Tchaikovsky avait composé une suite
pour orchestre symphonique qui utilise 4 accordéons.
C'est sans doute la raison pour laquelle cette suite est rarement jouée chez nous

Aimant beaucoup la musique de Tchaikovsky, je possède évidemment les 4 Suites en CD, mais je n'ai jamais remarqué qu'il y avait 4 accordéons dans la deuxième Embarassed

Un tout petit H.S. : Tu connais très certainement la 4ème, dite "Mozartiana" car il s'agit d'orchestrations de pièces de Mozart, dont le célèbre Ave Verum : tu peux l'écouter, elle se trouve aussi sur Youtube Wink

Je vais faire un topic sur les Suites de Tchaikosky, je crois qu'il n'y en a pas sur le forum.
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laudec

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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-12, 20:24

Joachim a écrit:
Un tout petit H.S. : Tu connais très certainement la 4ème, dite "Mozartiana" car il s'agit d'orchestrations de pièces de Mozart, dont le célèbre Ave Verum : tu peux l'écouter, elle se trouve aussi sur Youtube L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Icon_wink
Ah oui, intéressant, je ne connaissais pas ces suites.  Je préfère cette "Mozartiana" à la deuxième avec accordéons.
Bonne idée de créer un topic à ce sujet Wink
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Icare
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MessageSujet: Beytelmann/Mosalini   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-12, 23:33

joachim a écrit:
Aimant beaucoup la musique de Tchaikovsky, je possède évidemment les 4 Suites en CD, mais je n'ai jamais remarqué qu'il y avait 4 accordéons dans la deuxième.

J'en avais trouvé une version "live" en vidéo, malheureusement la qualité était plutôt médiocre. Si j'apercevais bien dans un coin de l'orchestre les quatre accordéonistes, je n'entendais pas ce qu'ils jouaient. Je tâcherai d'écouter la version postée par Laudec. Je n'avais jamais entendu parler de cette suite avant aujourd'hui, les trois autres non plus d'ailleurs. Hehe

Le Concert & le Bandonéon: Beytelmann par Mosalini:

<<Juan José Mosalini est un musicien bandonéoniste argentin né en 1943 dans une famille d'artisans amateurs de musique. Il s'initie dès l'enfance au bandonéon et devient professionnel à l'âge 17 ans, obtenant en 1961 le 1er prix d’un concours organisé par une station de télévision de Buenos Aires. Jusqu'en 1976, il travaille avec les plus grands orchestres et solistes d'Argentine. Il compose, arrange, interprète, accompagne et se produit, entre autres, avec José Basso, Leopoldo Federico, Astor Piazzolla, Osvaldo Pugliese, Susana Rinaldi, Edmundo Rivero, Horacio Salgán. Il fonde avec le bandonéoniste Daniel Binelli son premier ensemble, le quintet "Guardia Nueva", qui marque profondément le tango d'avant-garde. En 1977, il s'installe en France. Avec d'autres musiciens argentins il crée "Tiempo Argentino", enregistre un album, "Tango Rojo", avec entre autres, le pianiste Gustavo Beytelmann, le flûtiste Enzo Gieco et le guitariste Tomás Gubitsch. Il crée le quartet "Canyengues" (avec Gustavo Beytelmann et Patrice Caratini) et sort de nombreux CD dont un disque de bandonéon solo, préfacé par Julio Cortázar qui remporte un très grand succès auprès de la critique et du public.>> (source Wikipédia)

Avec le célèbre bandonéoniste Juan José Mosalini et le "Quatuor (à cordes) Benaïm", sous le titre Clasico y moderno, j'ai retrouvé le style un peu fouillé et tourmenté du compositeur et pianiste argentin Gustavo beytelmann. J'avais tellement aimé la bande originale du film Corps Perdus dont le ton dominé par les cordes, sombre et tourmenté, m'évoquait un peu sur les bords celui d'Antoine Duhamel que j'ai également prévu dans ce cycle pour son usage du bandonéon dans le film de Tavernier, L'Acrobate.  Clasico y moderno prolonge, comme j'en avais eu l'intime conviction, cet univers tourmenté et chaleureux à la fois, d'un esprit latino qui est également inspiré par une certaine musique française...Les constructions mélodiques y sont moins nettement dessinées et accrocheuses que chez Albert Hamann, la musique y est moins tranquille, moins sage, plus nettement encrée dans un tango plus sinueux et versatile, avec changements de tons assez brutaux, mais aussi avec des moments d'un lyrisme plus viscéral. A certains égards, on est déjà plus proche de Kultrum de Dino Saluzzi et c'est vers ce quoi je fus le plus réceptif aujourd'hui. J'avais besoin de ce rapport profondément tourmenté et intime entre le bandonéon et le quatuor à cordes mais qui n'exclut pas des passages et des aboutissements plus romantiques, parfois d'une exquise tendresse.

<<(...)Aujourd'hui la musique de Beytelmann vient à moi sous une forme nouvelle et originale: elle est jouée par un quintette atypique, né de la rencontre "improbable", m'explique le compositeur, du bandonéon avec un quatuor à cordes. Mais cette rencontre est-elle si improbable? Ce n'est tout de même pas la rencontre du parapluie et de la machine à coudre chère à Lautréamont, ce poète français né à Rio de la Plata. A l'écoute, cette rencontre entre un instrument populaire par vocation et un groupe instrumental classique paraît comme évidente; le bandonéon et le quatuor à cordes sont faits pour s'entendre. D'ailleurs le dialogue du bandonéon et du violon est familier car ce dernier a toujours occupé une place privilégiée dans les ensembles de tango, et ce depuis les débuts. il faudrait aussi rappeler que les associations bandonéon-tango d'une part et quatuor à cordes-musique savante occidentale d'autre part, ne sont pas fondées sur la réalité historique. Le bandonéon n'est pas né dans les lupanars de Buenos Aires mais en Allemagne où il pouvait faire fonction d'orgue portatif dans un cadre profane ou liturgique. Quant aux ensembles de cordes, ils ont joué de la musique légère, de danse ou d'accompagnement dans toutes les cours européennes. C'est le répertoire dans lequel ils se sont le plus tardivement développés qui a fini par marquer de son sceau l'image de ces instruments. Mais revenons au présent; par delà les temps et les fonctions, dans le Paris cosmopolite d'aujourd'hui (2005), les membres du jeune quatuor "Benaïm" veulent approcher le tango et rencontrent l'un des maîtres argentins du bandonéon, Juan José Mosalini. Au quatuor qui rêve de tango, le bandonéoniste propose, plutôt que de recréer de vieux classiques, l'aventure d'une musique originale, celle qu'écrira un autre Argentin de Paris, Gustavo Beytelmann, vieux complice du bandonéoniste et capable d'intégrer deux mondes...>> Andrea Cohen. 2005.
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Icare
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-13, 08:50

Le Concert & le Bandonéon: Lalo Schifrin par Néstor Marconi:

Petit témoignage:

<<"J'ai toujours voulu apporter le tango à un public le plus vaste possible" - confie Néstor Marconi. C'est aussi en rapport à cet état d'esprit qu'il travailla pour le cinéma: sur Sur de Fernando Solanas, où il accompagne Roberto Goyeneche, puis sur Tangos de Carlos Saura. Il a également collaboré à l'album Tangos de Julio Iglesias, ce qui a complètement déplu aux puristes: "Franchement, le disque était raté" - reconnait Néstor Marconi - "mais je n'aime pas non plus le disque de tangos de Plácido Domingo, et pourtant un abîme sépare ces deux interprètes." En revanche, il assume parfaitement sa collaboration avec le violoncelliste Yo-Yo Ma. Néstor Marconi dit alors: "L'intérêt des milieux classiques pour notre musique va croissant et n'est pas prêt de s'arrêter. Il faut bien sûr enrichir le répertoire, car on ne peut pas se contenter d'Astor Piazzolla. Pour ma part, j'ai composé des pièces symphoniques et des oeuvres pour orchestre de chambre, toujours avec le bandonéon en instrument concertant. Elles ont été jouées en Argentine et j'ai bon espoir de les faire découvrir à l'étranger : j'ai des projets au Mexique et en Espagne." D'un autre côté, Marconi ne goûte guère l'électro-tango, lancé en Europe par "Gotan Project" et en Argentine par "Bajofondo Tango Club". "Je n'ai rien contre l'entrée du tango dans l'univers de la discothèque, mais musicalement ça n'est guère intéressant. Nouveauté ne signifie pas toujours évolution.">>

Ce matin, j'ai retrouvé le bandonéoniste Néstor Marconi dans l'interprétation de pièces pour six instrumentistes de Lalo Schifrin réunies sous le titre Letters from Argentina. Au piano, on retrouve le compositeur, Néstor Marconi donc au bandonéon, l'excellent clarinettiste David Shifrin qui n'a d'ailleurs aucun lien de parenté avec le grand Lalo, leurs noms ne s'écrivant d'ailleurs pas exactement pareil, Pablo Aslan à la contrebasse, Cho-liang lin au violon et Satoshi Takeishi aux percussions. Dans ce cas présent, il ne s'agit pas de musiques de films mais d'un album indépendant de compositions très personnelles de Lalo Schifrin, même si j'y retrouve beaucoup de ces "tics" musicaux qui constituent son style, notamment des constructions mélodiques que j'identifie comme étant son sens si caractéristique du romantisme que l'on retrouve aussi, bien sûr, dans ses compositions pour l'image, The Fox dont le thème principal fut repris par la pub "Dim", en étant peut-être la plus parfaite illustration. Cet album que je commence par ailleurs à très bien connaître change des humeurs précédentes, pourtant fameuses de Dino Saluzzi et Gustavo Beytelmann. Avec Lalo Schifrin, ce n'est pas seulement la tendresse et le romantisme qui s'échappent de belles mélodies, ni cette pointe de mélancolie légèrement contenue qui en ressort, c'est aussi du rythme, de la tonicité, de l'éclat, du tango nerveux qui peut parfois évoquer ceux qu'il confectionna pour le film Tangos de Carlos Saura. Comme réveille-matin, ce fut une musique idéale qui m'apporta un mélange réussi de tonus et de tendresse.

Lettres d'Argentine par Lalo Schifrin:

<<Comme le ciel clair, comme la pluie, comme les nuages, la musique a toujours fait partie de l'atmosphère argentine. Le grattement des guitares "Gauchos", les rythmes des tambours indiens, les mélodies expressives du bandonéon étaient le support sonore dans lequel j'ai grandi. En Argentine, la musique a toujours été présente dans la littérature, dans les arts visuels et dans l'histoire du pays. Des tangos provenant de radios, de la musique folklorique chantaient et dansaient lors de festivités, des milongas et des candombes célébrant le Mardi Gras ont entouré mon enfance à Buenos Aires. "Lettres d'Argentine" sont les souvenirs musicaux rehaussés par mon imagination et convertis en impressions de ma patrie. Travailler sur ce projet m'a aidé à recréer un passé irréel dans lequel un souvenir persiste et nous invite à un voyage plein de promesses et de rêves.>>


Dernière édition par Icare le 2020-07-13, 10:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Schifrin/Marconi/Del Curto   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-13, 09:00

Lalo Schifrin: Tango del Atardecer

https://www.youtube.com/watch?v=ErMEaTPk1ds


Tiré de Letters from Argentina où l'on retrouve Cho-Liang Lin (violon), David Shifrin (clarinette), Pablo Aslan (contrebasse) mais cette fois avec Octavio Brunetti au piano et Héctor Del Curto au bandoneon.
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MessageSujet: Ugoletti/Wiener/Zambelli/Roussel   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-13, 19:05

Le Concert & l'accordéon: Ugoletti & Wiener:

En réécoutant le Concerto pour accordéon, guitare et orchestre à cordes de Paolo Ugoletti, je ne quittais pas vraiment l'esprit latin des oeuvres pour bandonéon que j'avais écoutées juste avant. Au contraire, que ce soit par la forme relativement tranquille de ce double concerto et la combinaison accordéon/guitare, je retrouvais un peu les ambiances chaudes d'Albert Hamann que j'évoquais plus haut. L'oeuvre du compositeur italien Paolo Ugoletti est tonale, lyrique, souple. Elle m'évoque aussi Astor Piazzolla, mais sans ce grain de folie qui fait la différence, un "Piazzolla" un peu trop sage à mon goût. Moins intense et surtout moins viscéral, je perçois ce concerto comme une bien plaisante promenade musicale entre disons l'Italie et l'Argentine, menée avec une certaine élégance par l'accordéoniste Gino Zambelli, le guitariste Giulio Tampalini et l'"Orchestra da Camera di Brescia" sous la direction de Filippo Tama. Le Concerto pour accordéon et orchestre de Jean Wiener que j'ai réécouté juste après, avec comme soliste Gilbert Roussel et sous une direction d'André Girard, propose tout autre chose dans une forme également tonale, mais dans un esprit beaucoup plus français. C'est une autre promenade, une promenade parisienne pleine de gaieté qui démarre sur un ton presque baroque, il faut dire que le premier mouvement s'intitule "Brandebourgeoisement": la référence est évidente, mais dès que l'accordéon entre en scène c'est une autre ambiance qui s'installe, le ton y devient très vite plus espiègle, une espièglerie largement assumée par la trompette solo. Dans le mouvement central, c'est un Jean Wiener doux et romantique qui arrive à me séduire. Sa musique prend un air sérieux, presque grave, mais c'est un sourire qui transparaît entre les notes. Je n'y ressens pas vraiment de mélancolie, juste une pointe de nostalgie me suggérant un souvenir heureux. Le troisième mouvement m'apparaît comme une chanson sans parole, enlevée et radieuse. Elle m'inspire la joie et l'insouciance dans un Paris des années cinquante soudainement épris d'une formidable envie de vivre et de s'amuser.

Gilbert Roussel commence l'étude de l'accordéon à sept ans et suit des cours de l'Ecole de Musique de sa ville natale, Calais. Il rencontre Jean Wiener à Paris en 1947. En 1949, il obtient le titre de Champion du monde d'accordéon. En 1954, il crée à la Salle Pleyel à Paris, le Concerto pour accordéon que Jean Wiener lui dédie.

Originaire de la Principauté de Monaco, Gino Zimbelli est diplômé du Conservatoire "Giuseppe Verdi" de Milan en accordéon, jazz et du Conservatoire "Luca Marenzio" de Brescia dans l'apprentissage du hautbois. Accordéoniste et bandonéoniste éclectique qui oscille entre musique classique et improvisation, il est considéré comme l'un des meilleurs talents de la nouvelle école d'accordéon italienne "(Amadeus décembre 2011). Depuis 2010, il collabore avec les solistes de La Scala à Milan et travaille comme soliste dans divers orchestres nationaux et internationaux.
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MessageSujet: Argento/Alessandrini/Drouet/Drouin   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 11:45

De l'accordéon en voici, en voila!

J'aime retrouver le son de l'accordéon de William Schimmel dans Valentino Dances (Suite tirée de l'opéra "The Dream of Valentino") du compositeur américain Dominick Argento, avec le "Minnesota Orchestra" sous la direction de Eiji Oue. C'est un peu le portrait de Rudolph Valentino, de son vrai nom Rodolfo Alfonso Raffaello Piero Filiberto Guglielmi di Valentina d'Antoguolla, acteur et danseur italien naturalisé américain,  né le 6 mai 1895 à Castellaneta, dans la province de Tarente (Pouilles, Italie), mort le 23 août 1926 à New York. Valentino Dances est une pièce de dix minutes pleine d'élan et de vigueur, s'agitant avec aisance, parfois sur le rythme d'un tango passionné...ou passionnel... L'accordéon comme instrument soliste sous les doigts agiles de William Schimmel est saisissant à chacune de ses interventions, et puis, de façon inattendue, s'invite dans la pièce un semblant de flamenco sur un petit jeu de castagnettes. Il en ressort plus globalement une oeuvre symphonique flamboyante et haute en couleurs qui finit par délaisser les rythmes du tango et recouvrir la voix de l'accordéon. J'ai failli oublier à quel point celui-ci domine la bande originale du film d'André Antoine L'Hirondelle et la Mésange composée par Raymond Alessandrini, ma musique de film préférée parmi celles qui emploient beaucoup l'accordéon, avec La tragédie d'un homme ridicule d'Ennio Morricone. Intense, corrosive, non dépourvue de tendresse, tous les éléments y sont réunis pour faire de chaque écoute un enchantement. Ce n'est sûrement pas dans cette seule B.O. que Raymond Alessandrini emploie l'accordéon, connaissant encore que très partiellement son oeuvre, néanmoins celui-ci apparaît également mais de manière plus "conventionnelle" dans Travelling Avant (1987) (film de Jean-Charles Tacchella) qui me fait davantage penser à Georges Delerue. Belle musique aussi même si l'émotion qu'elle suscite en moi est incomparable avec celle que me procure L'Hirondelle et la Mésange (1920-1984). J'ignore qui est l'accordéoniste.

Avec Jean-Pierre Drouet, j'entre dans une autre dimension où l'étrange côtoie l'austère, tout d'abord avec le très rythmique Charmes pour voix, accordéon, clarinette et violoncelle, sur un texte traditionnel roumain "Charme pour le retour d'amour". J'aime bien l'ambiance très exaltée de cette musique qui en ferait sûrement fuir plus d'un. Hehe J'y trouve une forme poétique qui me parle, pas dans le texte que je ne comprends pas puisque chanté dans une langue étrangère. Je retrouve l'accordéon de Sylvie Drouin dans Labé (O beaux yeux bruns...de Louise Labé 1555) pour accordéoniste chantante. Là je suis gâté car l'accordéoniste ne se contente pas de jouer de son instrument, elle chante aussi...pas comme la grande Edith... c'est déjà plus spécial mais là encore, j'aime bien le petit monde sonore que forge Jean-Pierre Drouet, plus encore dans Lieux pour pianiste récitante, voix, accordéon, clarinette, violoncelle et percussion. Dans cette pièce qui dépasse les dix minutes, il y a du mystère en plus largement exprimé dans la première partie du morceau par un superbe agencement des sons. Jusque là l'accordéon est un élément parmi d'autres, son jeu plutôt minimaliste, en osmose avec ce qui se joue autour de lui.

Comme il y a de l'accordéon dans L'Apocalypse selon St. Jean de Jean Françaix, j'en ai profité pour la réécouter, un prétexte évidemment car, en réalité, il est très peu présent. Je l'ai surtout repéré dans un extrait intitulé "Babylone, la courtisane". Mais j'ai toujours en mémoire la définition que faisait Jean Françaix de cet instrument: S"il avait utilisé l'accordéon et l'harmonium comme "rivaux" de l'orgue divin dans L'apocalypse selon St. Jean, il désigna non sans humour l'accordéon comme un instrument qui sonne comme un orgue rétréci au lavage. Cette formule m'a toujours fait rire.


Dernière édition par Icare le 2020-07-14, 12:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Schimmel   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:01

William Schimmel - biographie (source Wikipédia)

<<William Schimmel (né en 1946) est l'un des principaux architectes de la résurgence de l'accordéon et de la philosophie de la "réalité musicale" (composition avec de la musique préexistante). Il détient un baccalauréat en musique, une maîtrise ès sciences et un doctorat en arts musicaux en composition de la Juilliard School, ainsi qu'un diplôme du Conservatoire de musique Neupauer en performance/composition. Il interprète de la musique dans de nombreux genres, a commandé et créé des centaines de nouvelles œuvres, a composé plus de 4000 œuvres dans tous les médias, a écrit un certain nombre de livres et d'articles et a réalisé de nombreux enregistrements et vidéos. Il a composé plus de 4000 œuvres dans tous les médias, y compris l'opéra, qui ont été jouées par des interprètes, des ensembles et des chefs d'orchestre de premier plan dont le défunt Léopold Stokowski. Sa musique a figuré dans un certain nombre de films, notamment "Scent of a Woman" avec Al Pacino, où il apparaît dans la célèbre scène Tango avec "The Tango Project" dont il est membre fondateur et émissions de télévision.>>

https://www.youtube.com/watch?v=vZN1yiMmWmk


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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:13

Icare a écrit:
De l'accordéon en voici, en voila!

On avait pas remarqué)) Hehe
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:37

Je trouve qu'il y a quelque chose de nostalgique dans le timbre de l'accordéon, j'aime beaucoup ce timbre si riche en résonances L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 333455 
Je retrouve les mêmes ressentis avec l'harmonica, là aussi un souffle habité par celui qui en joue L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 185465 
En complément ou HS selon la perception de chacun : "l'accordéoniste" par la "môme"...




https://youtu.be/qvTg2OJfrfg


et avec accordéon par Karimouche :
ICI
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:47

Je ne sais pas trop pourquoi, mais je pense que pour ma génération, on associe beaucoup l'accordéon à l'instrument d'après guerre (la seconde) et la Libération.

Si on me dit "accordéon" c'est automatiquement à la période à laquelle je pense.
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:58

Sinon je viens de voir qu'il existe une liste des compositions pour accordéon. Elle est vraiment très longue, je ne pensais pas qu'il y en avait autant. Au lieu de faire un copier/coller, je propose donc directement le lien c'est plus simple.
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 12:59

Dans l'article cité par Icare, j'ai été étonnée d'apprendre que l'accordéon est enseigné au Conservatoire supérieur en Russie depuis 1926 alors qu'à Paris, ce n'est que depuis 2002 qu'il y est au programme !


Petite anecdote encore tirée  de cet article bien intéressant :

"... anecdote concernant Mstislav Rostropovich : en mai 1996, le célèbre violoncelliste a été surpris de voir que, à l’occasion de sa tournée sponsorisée par le gouvernement Russe avec l’accordéoniste (ou bayaniste) Yuri Kazakov, ils n’ont pas été invités à jouer dans les grandes villes (Moscou, Kiev, St Petersbourg, …) , mais au contraire, ils ont joué dans une centaine de petits villages, aussi bien dans des petits théatres, maisons privées , que dans des granges ! Ils jouaient aussi bien des airs folkloriques que du Bach, de la musique classique inspirée du folklore, ou encore de la musique contemporaine. Rostropovitch disait que souvent, certaines personnes du public n’avaient jamais entendu de musique classique et que l’accordéon de Kazakov était toujours très bien accueilli, permettant le lien entre les différents styles et les époques."


Dernière édition par laudec le 2020-07-14, 13:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 13:00

Et un article intéressant, "Quelle place pour l’accordéon dans la musique classique ?" ici sur France musique

Avec un problème intéressant qui est soulevé:

Citation :
Mais tous ne suivent pas les voies de la musique contemporaine. « Il y a une querelle entre anciens et modernes, entre garder l’héritage de la musique traditionnelle, du bal musette et s’intéresser à la création contemporaine », explique Vincent Lhermet. Pour le jeune accordéoniste, « la création est parfois vue d’un mauvais œil comme si elle négligeait la tradition ».

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MessageSujet: Saunders/Galliano   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-14, 18:56

Je note cet article. Je le lirai après...

laudec a écrit:
Je trouve qu'il y a quelque chose de nostalgique dans le timbre de l'accordéon, j'aime beaucoup ce timbre si riche en résonances L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 333455  Je retrouve les mêmes ressentis avec l'harmonica, là aussi un souffle habité par celui qui en joue L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 185465 
En complément ou HS selon la perception de chacun : "l'accordéoniste" par la "môme"...

Je connaissais cette chanson et si elle m'était revenue en mémoire je l'aurais sûrement postée, peut-être en introduction. Very Happy  Je ressens aussi ce quelque-chose de nostalgique dans l'accordéon, ainsi que dans l'harmonica et le bandonéon, ce quelque chose auquel se joint souvent une pointe de mélancolie. L'accordéon m'évoque d'abord un ami d'enfance qui en jouait très bien, même si je ne rêvais pas d'en jouer moi-même. Je préférais mon harmonica, mais aussi la guitare qui accompagnait les coins du feu en pleine nature. Ensuite, j'associais trop systématiquement l'accordéon à la valse-musette, à Yvette Horner et André Verchuren, et je dois reconnaître que ça ne me touchait pas vraiment, voire pas du tout. Ce furent deux musiques de films qui me réconcilièrent avec l'accordéon, La Tragédie d'un homme ridicule d'Ennio Morricone et L'Hirondelle et la Mésange de Raymond Alessandrini, de par leur caractère à la fois corrosif et mélancolique au sein d'une structure savante. La première de ces deux B.O. m'avait fait d'ailleurs découvrir et aimer mes premières dissonances à l'accordéon, des dissonances dans l'aigu qui me rappelaient l'harmonica chez le même compositeur. Mais ces dissonances-là ne sont que des sucreries en comparaison de celles que je viens de m'enfiler avec Miniata (2004) pour accordéon, claviers, choeur et orchestre de Rebecca Saunders. Hehe Comme je l'ai déjà écrit, elle fait partie de ces nouvelles figures musicales nées dans la seconde moitié du vingtième siècle que je n'ai pas pris le temps de suffisamment approfondir. J'en suis encore aux éclatants remous de Miniata  dont les péripéties sonores s'érigent en des blocs hostiles et se désagrègent sur plus de 32 minutes, de quoi traumatiser les âmes sensibles, mais certainement pas la mienne qui en a connu d'autres! C'est une initiation vers le chaos ou l'illustration musicale d'un monde qui se déchire sur tous ses flans, une apocalypse mais une apocalypse plus apocalyptique que celle de St. Jean de Jean Françaix. Je n'ai jamais autant entendu de dissonances d'accordéon que dans cette oeuvre que mon esprit ne rejette pas, comme si ce chaos avait quelque chose de magnétique, comme si chacun de ses éclats - que je pourrais traduire comme "chacune de ses dissonances" - me rendait plus vivant encore... L'accordéoniste est Teodoro Anzellotti qui, visiblement, s'est spécialisé dans la musique contemporaine. Je l'avais déjà évoqué à propos de Variété de Mauricio Kagel.


Puis, il y eut le bandonéon de Piazzolla qui me conduisit directement sur le chemin séduisant de quelques-uns de ses émules, Albert Hamann et Richard Galliano, surtout Richard Galliano que je considère comme étant le plus grand représentant actuel de l'accordéon en France. J'ai d'ailleurs réécouté pour l'occasion plusieurs de ses oeuvres, Opale Concerto (1994) pour accordéon et orchestre à cordes, San Peyre, une andante pour même formation que le concerto, La Valse à Margaux (même formation), Melodicelli pour accordéon, piano et orchestre à cordes et Habanerando, une habanera pour bandonéon, harpe, piano et orchestre à cordes. Que de belles oeuvres tonales, romantiques et non dénuées d'un certain raffinement; c'était deux, trois heures avant les pluies de dissonances du tumultueux Miniata de Rebecca Saunders. Le morceau de musique qui me fascine le plus chez Richard Galliano, en fonction de ce que je connais, c'est le troisième mouvement d'Opale Concerto que j'avais découvert vers la fin des années 1990, en guise de générique-début d'une série policière franco-belgo-suisse intitulée Quai n°1. Je n'étais pas particulièrement fan de la série qui se laissait cependant regarder sans déplaisir, j'étais en revanche complètement accroc du thème de Galliano dont j'ignorais à ce moment-là la provenance. Je pensais qu'il avait été spécialement composé pour la série. Lorsque je m'étais procuré l'album contenant l'Opale Concerto quelques années après, j'étais à la fois surpris et heureux de le retrouver. A chaque nouvelle écoute il me file des frissons en plus d'une pêche garantie.

https://www.youtube.com/watch?v=EW0HTrop4C8
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MessageSujet: Vivaldi/Salis   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 09:14

Antonello Salis - biographie wikipédiaire:

Antonello Salis est un accordéoniste, pianiste, et compositeur de jazz italien. Il vit le jour le 28 février 1950 à Villamar, commune d'environ d'environ 2 900 habitants au centre de la Sardaigne. Autodidacte, il a commencé à jouer de l'accordéon à l'âge de sept ans, avant de commencer l'étude du piano. Dans les années 1970 il est devenu membre de plusieurs groupes de rock où il jouait de l'orgue Hammond. En 1973, à Alghero, il forme le trio I Cadmo (avec Riccardo Lay à la basse électrique et Mario Paliano à la batterie). Il s'installe à Rome en 1975 ; le trio devient quartet en 1977 (avec Sandro Satta au saxophone) et quintet en 1978 (avec Danilo Terenzi au trombone) qui prend le nom de G.R.A.. Il commence son expérience de jazz au club le Music Inn à Rome, avec Massimo Urbani, Maurizio Giammarco, Tommaso Vittorini, Enzo Pietropaoli, et Roberto Gatto. Sa polyvalence artistique a amené Antonello Salis à travailler dans des territoires différents, comme des projets de théâtre (Remondi i Caporossi, au Sant'Arcangelo Festival), et de danse contemporaine (Roberta Escamilla Garrison, Teri Weikel). Il a enregistré et joue de l'accordéon avec le guitariste français Gérard Pansanel notamment pour la musique du film Conte d'automne d'Éric Rohmer. Par ailleurs, il a enregistré avec des chanteurs pop italiens et plusieurs groupes de rock. En 1993, il rejoint le Nuovo Quartetto, un quatuor d'accordéonistes (avec Richard Galliano, Marcel Azzola et Gianni Coscia). Antonello Salis se produit en tant qu'accordéoniste et pianiste, jouant en solo ou en groupe au sein de nombreuses formations. Il a participé à de nombreuses séances de studio et a joué avec de nombreux musiciens de jazz en Italie et à l'étranger parmi lesquels Enrico Rava, Paolo Fresu, Roberto Gatto, Paolino Dalla Porta, Gianluca Petrella, Fabrizio Bosso, Paolo Angeli, Lester Bowie et l'Art Ensemble of Chicago, Don Cherry, Don Pullen, Ed Blackwell, Billy Cobham, Horacio « El Negro » Hernández, Han Bennink, Naná Vasconcelos, Cecil Taylor, Pat Metheny, Joey Baron, Bobby Previte, Hamid Drake, Bobby Watson, Minino Garay, Richard Bona, Linley Marthe, Francis Lassus, Joël Allouche, Stefano Bollani, Gérard Pansanel.Il joue dans de nombreux festivals de jazz en Europe et en Amérique : Umbria Jazz (Pérouse), Roccella Ionica, Sant'Anna Arresi, Berchidda, Clusone, Noci, Ravenne, Jazz à Junas, Londres, Bath, New York, Chicago, Moscou, Paris, Montreux, Nice Jazz Festival, Le Mans, Madrid, Sao Paulo, Rio De Janeiro, Stockholm, Oslo, North Sea Jazz Festival, Festival international de Jazz de Saint-Louis, Mexico, et bien d'autres. Il a obtenu plusieurs prix européens et internationaux, notamment un Djangodor en 2005, le Career Achievement Award en 2008 à Cagliari et le Top Jazz en 2008 (Wikipédia)

J'ai découvert le jeu plutôt virtuose de l'accordéoniste Antonello Salis grâce à une musique du compositeur italien Paolo Vivaldi composée pour le polar d'Angelo Longoni; Testimoni. En fait, je découvrais en même temps l'accordéoniste et le compositeur ainsi qu'un excellent percussionniste sous le nom de Michele Rabbia. Paolo Vivaldi qui, à ma connaissance, n'a aucune parenté avec le célèbre prêtre violoniste qui sévit quelque-part entre 1678 et 1741, composa pour ce film un magnifique hommage au tango argentin et peut-être plus précisément, à l'un des plus grands maîtres du genre; Astor Piazzolla. Il en résulte une partition très nerveuse, très tonique et corrosive qui révèle un bien stimulant usage des percussions et un accordéon qui a beaucoup de mordant...un accordéon que j'avais d'ailleurs toujours pris pour un bandonéon. Il y avait tellement cet esprit "piazzolla" qui en ressortait, qui en jaillissait devrais-je préciser, que je suis resté bloqué sur l'idée qu'il s'agissait d'un bandonéon. Mais, si cette bande originale m'évoque le maître argentin, elle n'en demeure pas moins personnelle, ne serait-ce déjà par un usage atypique des percussions que l'on ne retrouve pas chez Piazzolla, sans compter qu'Antonello Salis sut extirper de son instrument des sonorités qui ne m'étaient absolument pas familières jusqu'ici. C'est aussi pour cette raison que je suis resté sur l'idée du bandonéon, et en la réécoutant aujourd'hui, j'ai compris qu'il s'agissait en réalité d'un accordéon (mal)mené à la "sauce" d'un tango argentin revisité. Embarassed J'adore cette musique qui se rajoute en matière de référence avec La Tragédie d'un homme ridicule et L'Hirondelle et la Mésange. Cette B.O. qui sent bon le polar urbain doit également beaucoup à ses interprètes: Antonello Salis à l'accordéon, Michele Rabbia aux percussions, Andrea de Carlo à la contrebasse, Javier Girotto au saxophone soprano, Marco Siniscalco à la basse et Alessandro Gwiss au piano. S'ajoute à cette distribution, l'"Orchestra di Roma - Violino di Spalla" sous la direction de Riccardo Pellegrino.

https://www.youtube.com/watch?v=wXhmal-DD3k
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 09:29

Très original cet accordéon, il me plaît bien, un Vivaldi contemporain Wink
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MessageSujet: Levickis/Piazzolla   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 16:28


Martynas Levickis - biographie:

Martynas Levickis est un talentueux accordéoniste lituanien qui vit le jour au courant de l'année 1990 à Tauragė. Il ne perdit pas de temps et commença à jouer dès ses trois ans, puis, un peu plus tard, il avait alors huit ans, il s'impliqua plus assidûment encore dans la musique. Il sorti diplômé du Conservatoire "Šiauliai Saulius Sondeckis", où Marytė Markevičienė lui enseigna les connaissances et les compétences en accordéon. Il étudie à la "Royal Academy of Music" de Londres, dans la classe du professeur Owen Murray. Dès l'âge de douze ans, Martynas Levickis participa à des compétitions et festivals nationaux et internationaux en Lituanie, Italie, Pologne, France, Biélorussie et Estonie.

Levickis interprète Piazzolla, une oeuvre que j'aime beaucoup:

https://www.youtube.com/watch?v=ox3dgkwbCSs

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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 20:15

Laudec a écrit:
"l'accordéoniste" par la "môme"

Rien à faire, quand j'écoute Edith Piaf, j'en ai les larmes aux yeux... Elle aussi, c'est toute ma jeunesse. Merci, Laudec. Very Happy

Je voulais dire un mot sur André Verchuren, probablement le plus "grand" du musette, mais en lisant l'article de Wikipedia, j'ai ouvert un topic complet sur lui dans "Autres styles musicaux". En effet, on y apprend que André Verschuere était d'origine belge (flamande) et qu'il n'a obtenu la nationalité française qu'en 1957, et il a adopté le nom de Verchuren en 1951. Il était aussi un résistant pendant la guerre, et a été déporté à Dachau.

Un grand Monsieur  chapeau

Voir  http://musiqueclassique.forumpro.fr/t15900-andre-verchuren-1920-2013#138106




https://www.youtube.com/watch?v=j7bRyMFiJdw
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 22:21

Ou comment tirer des chants d'oiseaux d'un accordéon, génial L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 185465 Moi j'aime le "musette", ambiance de joie, de danse, de bonne humeur en temps de "disette" souvent ...
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MessageSujet: Kraayenhof   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-15, 23:37

Carel Kraayenhof, bandonéoniste - biographie:

Carel Kraayenhof, né en 1958, est un joueur de bandonéon, compositeur et arrangeur néerlandais. il est l'un des bandonéonistes les plus convoités et polyvalents du moment. Brillant dans sa musique et  dans sa façon de jouer par sa connaissance du tango argentin, il fait ressortir les émotions de chaque public à travers le monde avec ses interprétations enchanteresses et honorables. Grâce à la coopération avec Astor Piazzolla en 1987, lors du spectacle musical de Broadway "Tango Apasionado" et sa connexion directe avec un autre maître du tango Osvaldo Pugliese, Carel Kraayenhof est devenu l'un des bandonéonistes les plus recherchés de son époque. L'un des moments forts de sa carrière a été le 02/02/2002 lorsqu'il a joué avec passion le sensible "Adiós Nonino" d'Astor Piazzolla lors du mariage de Willem-Alexander et de la princesse Máxima (aujourd'hui le roi et la reine des Pays-Bas). En plus de son travail des 25 dernières années avec le Sextet "Canyengue", son duo (depuis 2011) avec le pianiste Juan Pablo Dobal et son "Carel Kraayenhof Ensemble" (depuis septembre 2011), Carel Kraayenhof a également collaboré avec de grands noms de la musique écrite, comme Ennio Morricone, Yo-Yo-Ma, les altistes Janine Jansen et Joshua Bell et la violoncelliste Quirine Viersen. Il est également bien connu internationalement, ayant joué avec plusieurs orchestres importants; Le "London Symphony Orchestra", le "Berliner Symphoniker", l'Orchestre National de Lyon, le "Tonkünstler Orchestra" (Vienne), le "Hong Kong Philharmonic Orchestra", le "Cincinnati Symphony Orchestra", le "Sydney Symphony Orchestra", le "London Philharmonic Orchestra" avec STING, entre autres.

Histoire de contraster avec mes choix précédents, un morceau plus tendre, plus doux, plus rêveur...

https://www.youtube.com/watch?v=twH01KJL_XM


J'ai découvert Carel Kraayenhof par un album qu'il réalisa avec Ennio Morricone, Guadians of the Clouds qui est aussi le titre d'un film de Luciano Odorisio (2004) mis en musique par le maître transalpin. La plupart des thèmes interprétés par Kraayenhof n'ont pas été composés pour le bandonéon, il s'agit donc de transcriptions réalisées par le compositeur. Il interprète quand même l'excellent thème principal de La Tragédie d'un homme ridicule qui, initialement, avait été composé pour l'accordéon. Il y aussi quelques inédits dont un qui porte le titre de l'album. Je suppose donc qu'il a été conçu pour le film d'Odorisio. Avec ou sans bandonéon, la bande originale étant restée inédite jusqu'à aujourd'hui, je le saurai bientôt, lorsque je regarderai ce film. Il en résulte un bandonéon qui s'est éloigné du tango argentin pour épouser temporairement l'univers poétique d'un musicien de cinéma qui a marqué son temps.


Dernière édition par Icare le 2020-07-16, 20:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Duhamel.   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-16, 11:49

Le Bandonéon fait son cinéma:

Si je n'ai eu aucun mal à trouver au sein de ma "cédéthèque" des bandes originales dans lesquelles l'accordéon est suffisamment présent pour en faire cas sur ce topic, certains titres m'étant venus pendant l'écoute de différentes musiques, comme par exemple La Veuve de St. Pierre de Pascal Estève que je réécouterai peut-être - j'aime beaucoup l'emploi de l'accordéon dans cette musique de film -, j'ai eu plus vite fait le tour des B.O. avec bandonéon. Il y en a bien par Richard Galliano dans Riches, belles, etc... de Dominique Probst mais finalement trop peu pour que celui-ci en soit la couleur principale. Sans doute le trouve-t-on davantage dans les musiques qui accompagnent des films argentins, uruguayens, chiliens...Pour la petite histoire, il faut quand même savoir que le bandonéon est né en Allemagne autour de 1835 sous le nom Konzertina. C'est par le biais de l'immigration allemande en Amérique du Sud que l'instrument fut largement adopté sur le continent, et plus particulièrement en Argentine. En Europe, lorsqu'un cinéaste veut marquer son film de ce type d'empreinte sonore, il n'a pas besoin d'aller chercher un bandonéon, l'accordéon comble largement ses attentes et ce ne sont pas les accordéonistes qui manquent. Il n'y a que si l'un des principaux protagonistes à un rapport avec le bandonéon ou est par exemple originaire de Buenos Aires ou encore que l'intrigue s'articule autour du tango argentin, comme pour L'Acrobate de Jean-Daniel Pollet. Dans Corps Perdus (1990), un film franco-argentin d'Eduardo de Gregorio, c'est l'histoire d'un marchand d'art Éric Desange qui se passionne pour les œuvres du défunt artiste peintre Juan Bax dont la cote ne cesse de monter. Il est sollicité pour aller expertiser à Buenos Aires une toile attribuée à cet artiste, etc...Le cinéaste a directement fait appel à un compositeur argentin qui a voyagé entre Buenos Aires, Paris et Rome, Gustavo Beytelmann qui, pour la réalisation de cette B.O. fit appel au grand bandonéoniste Juan José Mosalini. Le bandonéon y apporte un accent de tango argentin sans vraiment l'appuyer, dans la demi-mesure, contrairement à celui qui illumine L'Acrobate.  

J'ai donc retrouvé, après le concerto pour accordéon de Jean Wiener, Gilbert Roussel, mais cette fois au bandonéon aux côtés du pianiste Théodore Paraschivesco et du contrebassiste François Rabbath dans l'interprétation de tangos argentins  écrits par un non spécialiste du genre, Antoine Duhamel pour le film de Jean-Daniel Pollet, L'Acrobate (1975). C'est un tango très lyrique et passionné, le tango des amoureux, le tango des amants. Synopsis: Léon travaille comme "garçon de bain douche-sauna" et vit avec sa cousine Valentine. Sa vie se déroule solitaire et monotone, dans l'attente d'un quelconque événement qui la rendrait plus heureuse et insouciante. L'occasion se présente avec le tango, danse à laquelle il se passionne à tel point que, suivant les conseils de Georges de Rosy, les professeurs de danses latino-américaines, il conquiert le titre de champion de tango avec sa partenaire Fumée, jeune et jolie prostituée dont il tombe amoureux. Pour ce drame, car il s'agit en réalité d'un drame, une histoire d'amour qui finit mal, Antoine Duhamel se prêta allègrement au jeu du tango, assez loin du style de musique qu'il écrivait en général, mais un tango si peu mélancolique, certes un peu obsessionnel, qui semble illustrer le nouveau bonheur et l'insouciance de Léon.

Après L'Acrobate d'Antoine Duhamel, j'ai réécouté la musique qui m'a fait découvrir Gustavo Beytelmann, la bande originale Corps Perdus, une pellicule du même nom d'Eduardo de Gregorio mettant en scène Laura Morante et Tchéky Karyo. La musique est interprétée par une formation instrumentale restreinte: clarinette basse, saxophone soprano, piano, 2 violons, contrebasse, guitare électrique, violoncelle, flûtes, percussions, alto, bandonéon et batterie. Je retrouve donc le soliste de son autre album Clasico y Moderno, Juan José Mosalini. C'est un jazz "latino" aux relents de tango, plutôt tourmenté, dans lequel se joint une ambiance de musique de chambre. C'est peut-être aussi mélancolique que du "Astor Piazzolla", mais dans un lyrisme moins exacerbé et plus tourmenté...encore qu'il y a un moment de pure joie qui s'exprime dans Corps Perdus mais il est bien isolé au milieu de musiques tumultueuses et quelque-peu nébuleuses. J'y ressens des errances, puissent-elles provenir d'une flûte basse, de la guitare électrique ou encore du bandonéon. J'en adore l'ambiance et les motifs principaux.

Pour conclure cette séance autour du bandonéon et du cinéma, je suis revenu à Astor Piazzolla et ce qu'il composa pour ces trois films: Enrico IV de Marco Bellocchio (1984), Cadaveri Eccellenti de Francesco Rosi (1976) et Il pleut sur Santiago de Helvio Soto (1975). Voilà ce que j'avais d'ailleurs écrit sur son topic:

https://www.youtube.com/watch?v=1DUYlpTN86M


<<Dans les trois bandes originales, on reconnaît bien le style du maître argentin par des thèmes d'une belle mélancolie avec et sans bandonéon dans le film de Bellocchio, mais davantage "popisé" dans le film qui relate le coup d'état contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende au Chili et le début de la dictature de Pinochet, Il pleut sur Santiago. La musique débute sur des petits effets électroniques qui ne la quitteront jamais vraiment, datant par ce fait un peu la partition, lui conférant un charme désuet auquel je demeure très sensible. J'adore lorsque le tango s'étire sur la scène du massacre dans la Moneda (Palais de la Monnaie), c'est complètement surréaliste. Je me demande, en revanche, si les tangos qui ont été retenus pour Cadavres Exquis sont des compositions originales, c'est-à-dire écrits spécialement pour le film ou des tangos préexistants que le cinéaste a utilisés. Ils sont très proches de ceux que Piazzolla compose pour le concert, la bande originale étant surtout attribuée à Piero Piccioni.>>


Dernière édition par Icare le 2020-07-16, 19:24, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-16, 13:00

Violento - Juan José Mosalini (bandonéon)· Gustavo Beytelmann (piano) · Patrice Caratini (guitare), trois musiciens que j'apprécie déjà séparément, alors ensemble et notamment sur ce morceau:

https://www.youtube.com/watch?v=7Y407-Uft_I&list=PLSP9yQl9qKROQSVmMN6g5IMAcwwfyLVo6&index=2


Le bandonéon existe sous deux formes.

Bi-sonore : l'instrument a un son différent en tirant et en poussant. C'est le système le plus répandu en Amérique du Sud.
Uni-sonore : le son est identique avec les deux mouvements de soufflet (le modèle le plus répandu en France).
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MessageSujet: Bandel/Cerri/Cattaneo/Burger/De Filippi   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-17, 09:16

L'harmonica en voici en voila!

Willi Burger - éléments biographiques:

<<Willi Burger (Milano, 1934) est un joueur d'harmonica italien. Il a remporté un championnat du monde d'harmonica chromatique en 1955 dans une compétition de la Fédération Internationale de l'Harmonica et il est considéré comme l'un des joueurs d'harmonica classique de renom. Il a enregistré des albums avec accompagnement de pianoforte (Marcello Parolini), guitare classique (J.E. Alvarez), quintette à cordes (Capriccio Harmonico Ensemble). Dans d'autres types de musique, il a participé avec Funky Beat. Il a joué de l'harmonica dans divers théâtres importants en Italie et dans des festivals d'harmonica en Europe, à Taipei et à Singapour. En 2006, il remporte le concours "Crystal Harmonica" conçu par l'association belge d'harmonica. Il est membre du jury pour l'examen du diplôme Harmonica (Université nationale de Singapour). En 2008, il a joué au concert de gala de SPAH à St. Louis (USA) accompagné au piano par Marcello Parolini.>> (source wiki)

Jusqu'à maintenant je ne profite des talents d'harmoniciste de Willi Burger que sur deux pièces de musique de chambre. La plus intéressante à mon goût s'intitule Apoteosi pour harmonica chromatique et piano, d'Andrea Bandel. La seconde s'intitule Umleitung, également pour harmonica chromatique et piano, de Paolo Cattaneo. Dans les deux oeuvres qui ont été spécialement composées pour Willi Burger, la partie piano est assumée par Marcello Parolini. Si la  pièce de Cattaneo n'est pas déplaisante, loin de là - elle offre de beaux moments sensibles au soliste - j'ai une petite préférence pour Apoteosi de Bandel qui, dès les premières mesures, accapare mon attention, sans doute des constructions mélodiques qui m'accrochent d'emblée, une intensité qui se maintient sur toute sa longueur. Si j'ai pourtant l'impression d'écouter deux oeuvres dans des styles mélodieux qui se rejoignent facilement, j'aurais d'ailleurs pu croire, dans une écoute en aveugle, qu'il s'agissait d'un même compositeur, que Umleitung était en quelque-sorte une suite possible de Apoteosi. La musique de Paolo Cattaneo qui lorgne davantage du côté d'un jazz cool teinté de blues, fait errer mes pensées un peu neutres au rythme d'un harmonica souvent tranquille et nonchalant. Ce n'est pas ce qui me sied le mieux. L'harmonica plus incisif selon Andrea Bandel m'entraîne dans un cinéma imaginaire dont les images sont certes un peu floues mais quand même: il a finalement quelque-chose de visuel, de cinématographique en lui qui me parle davantage. Et surtout les mélodies qu'il dessine sont très séduisantes dont la principale qui revient en leitmotiv comme dans un film.

Gordon Jacob par Willi Burger:

https://www.youtube.com/watch?v=2r8Nyvniy-g


Bruno de Filippi - éléments biographiques:

<<Bruno De Filippi - Milan, 8 mai 1930 - Milan, 16 janvier 2010 - était un musicien et compositeur italien. Bien qu'il soit l'un des musiciens de jazz italiens les plus connus, il a également participé à de nombreuses saisons dans le domaine de la musique pop: il a joué avec de nombreux chanteurs italiens les plus connus et a composé la musique de "Tintarella di luna", l'une des chansons italiennes les plus connues de tous les temps, interprétée par Mina dans les années soixante. Guitariste et harmoniciste de jazz, au cours de ses cinquante ans de carrière, il a collaboré avec d'importants musiciens de jazz de la scène internationale (Louis Armstrong, Bud Shank, Gerry Mulligan, Les Paul, Shirley Bunnie Foy, etc.) et italiens (Franco Cerri, Enrico Intra, Oscar Valdambrini, Pino Presti, Tullio De Piscopo, Guido Manusardi, Renato Sellani, Marco Ratti, Lorenzo Petrocca etc.). Il a également été parmi les premiers guitaristes rock italiens, dans le groupe "I Campioni".>> (source wiki)

Il interprète Poliedrico de Franco cerri pour guitare, violon, harmonica chromatique, vibraphone et basse électrique. En sandwich entre Apoteosi d'Andrea Bandel et Umleitung de Paolo Cattaneo, c'est sans conteste l'oeuvre qui me touche le moins dans son ensemble à l'exception du premier des six extraits, "Gelsi", qui ne fait cependant pas la part belle à l'harmonica. Plus globalement, c'est un jazz d'ambiance certes agréable, idéal en musique de fond pendant que l'on écrit ou que l'on a des invités...et comme je n'aime pas spécialement la musique de fond...


Dernière édition par Icare le 2020-07-17, 11:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica...   L'accordéon, le bandonéon & l'harmonica... - Page 2 Empty2020-07-17, 09:44

Il me semble que tu n'as pas encore évoqué "l'harmonica fait son cinéma", comme tu l'as fait pour l'accordéon et pour le bandonéon.

A vrai dire, pour cette rubrique, je ne vois que "L'Homme à l'Harmonica" (ou il était une fois dans l'ouest), ce western archi célèbre de Sergio Leone, et dont la musique est de l'ami Ennio Morricone.



https://www.youtube.com/watch?v=TYbllUDYIDo
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