Bernard Labadie a réalisé un brillant exploit, hier soir, en devenant le premier musicien de Québec à diriger le New York Philharmonic, l'un des orchestres symphoniques les plus réputés au monde et le plus ancien des États-Unis.
Comme pour augmenter encore le défi, le chef avait à défendre un programme de musique baroque en compagnie d'une formation peu habituée à ce répertoire. De ce point de vue, la présence sur scène de l'organiste Richard Paré, son proche collaborateur aux Violons du Roy, aura dû se révéler stimulante.
S'il y a quelqu'un qui a hâte à Noël cette année, c'est bien Bernard Labadie. Sur la route depuis la mi-novembre, il vient d'attaquer un dernier droit qui ressemble à un sprint final. Essoufflé, le maestro? On le serait à moins. Avec la Chapelle de Québec et le Los Angeles Philharmonic, il complétait dimanche après-midi une série de quatre concerts au Walt Disney Concert Hall, débarquait à New York le lendemain à l'aube et dirigeait sa première répétition quelques heures plus tard.
Le chef semblait tout même aussi heureux qu'un poisson dans l'eau quand on l'a joint dans la métropole des États-Unis, à quelques heures de présenter l'intégrale des suites Water Music de Handel.
Exception faite de son «horaire de fou», il n'avait que des commentaires positifs à formuler à propos de l'orchestre. «Travailler avec des gens d'un niveau aussi élevé apporte une grande satisfaction, a-t-il indiqué. On peut leur demander le tempo qu'on veut. Les limites ne sont jamais dans les doigts, peu importe le répertoire, peu importe la partition.»
Bernard Labadie débarque à Manhattan en compagnie de Richard Paré, organiste de l'église des Saints-Martyrs-Canadiens et professeur à la faculté de musique. À titre de soliste invité, il interprète entre autres le Concerto pour orgue no 10 de Handel.
Le chef des Violons n'est pas peu fier de présenter son collègue et ami au public new-yorkais. «C'est un de nos meilleurs musiciens, dit-il. Une aussi grande expérience de l'orchestre est plutôt rare chez un organiste. Ça fait juste un peu drôle de le voir dans cette immense salle, derrière ce tout petit orgue.» Le vaste Avery Fisher Hall compte près de 3000 places.
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La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. LvB