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 Ennio MORRICONE (cinéma)

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joachim
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joachim

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-01-18, 09:54

Hier soir la chaîne C8 a diffusé Le Marginal avec Jean-Paul Belmondo. Quand j'ai vu au générique que la musique était de Morricone, j'ai pensé à Icare et ai été particulièrement attentif à la musique. Toutefois je ne l'ai pas trouvée extraordinaire  Embarassed  Rien à voir avec les musiques des western spaghetti par exemple.



https://www.youtube.com/watch?v=zZANZE1GvUs
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Icare
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Icare

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-01-18, 12:25

C'est d'abord le film qui n'est pas extraordinaire, à moitié raté, avec un Bébel routinier et auquel manquent cruellement les dialogues de Michel Audiard. Après, il ne faut pas chercher, musicalement, dans un polar urbain de caractère sombre ce que tu trouves dans un western leonien. La musique risque fort d'être moins lyrique, moins exacerbée et celle-ci, prenant des accents "pop" assez marqués, est parfaitement bien adaptée à l'atmosphère du film. Tout ce qu'on entend dans le film n'est pas de Morricone non plus, comme la chanson dans la boîte homosexuelle, par exemple. Personnellement, je n'aime pas trop ce film mais j'aime bien certains thèmes musicaux sur l'album qui contient des meilleures versions du thème principal que celle que tu présentes, même s"il s'agit d'un opus mineur dans la carrière du compositeur italien. Je suis content qu'il n'ait pas mis en musique la réplique suivante, toujours de Jacques Deray, Le Solitaire qui est carrément le "Bébel" de trop! Même les quelques cascades à pépé sont ratées. En comparaison, Le Marginal passe pour un bon film. Hehe Morricone était aussi pressenti pour mettre en musique un autre film avec Belmondo; Les Morfalous d'Henri Verneuil, cinéaste pour lequel il avait pourtant composé quelques unes de ses meilleures compositions pour l'image, mais ça ne s'est pas fait, Morricone n'a pas voulu et il a bien fait. Il fut remplacé par Georges Delerue. Ayant eu la mauvaise idée d'aller voir le film au cinéma au moment de sa sortie, j'ai bien failli quitter la salle avant la fin. Rolling Eyes Globalement, je préfère la carrière de Lino Ventura, rare le film avec lui qui ne m'ait pas plu. En même temps, je ne les ai pas tous vus.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-05, 00:06

Merci pour cet avis très étayé comme d'habitude ! Oh oui, le "Marginal" et le "Solitaire", les films de trop pour Bébel..

Je viens de voir un beau film de Roland Joffé, "Vatel", (2000) qui conte en deux heures l'ascension de cet intendant qui depuis Fouquet, et Condé, fit "carrière" à Versailles avant de se suicider.......... Merveilleux Depardieu !
La musique est d'Ennio Morricone, que j'ai trouvée douce et belle, adaptée à cette ambiance fin XVIIème évidemment, le règne du Roi Soleil et sa rivalité militaire avec Condé.
Morricone a composé deux arias pour Arielle Dombasle je crois (d'après le générique).
On a beaucoup discuté, à juste titre, des nombreux anachronismes musicaux et littéraires (et historiques) du film, genre "Fireworks" de Haendel alors qu'ils n'ont été composés qu'au XVIIIème siècle, etc.. etc.. Peu importe, je trouve que ça collait bien dans l'ambiance feux d'artifice de la scène...


https://youtu.be/Uy2ZI53An10
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-20, 07:42

Ennio Morricone et le cinéma russe - épisode I:

72 Mètres est un film russe réalisé par Vladimir Khotinenko (2004). Il s'agit de la seconde rencontre entre Ennio Morricone et un cinéaste russe. La première fois, ce fut 35 ans plus tôt, en 1969, avec Mikhail Kalatozov, sur La tente rouge/Le jugement des morts - titre russe: " Красная палатка, Krasnaya palatka". Chose amusante, il s'agit dans les deux cas d'une histoire vraie et d'un film "catastrophe". Et d'ailleurs, ce sont les deux seuls films "catastrophe" de ce genre qu'Ennio Morricone mis en musique. Le plus ancien évoque un crash du Dirigeable "L'Italia" et de la mission de sauvetage de son équipage alors que le second relate un incident plus récent survenu avec un sous-marin russe et l'épreuve de survie de ses occupants. J'ignore s'il s'agit d'une coïncidence où si Vladimir Khotinenko avait vu le film de Mikhail Kalatozov, ce qui lui a peut-être donné l'idée de solliciter les services du compositeur italien. Parce que le film de Kalatozov est une production italo-soviétique qui met en scène le crash d'un grand dirigeable italien, et il n'est donc pas surprenant de voir Ennio Morricone figurer au générique, période - 1969 - où, grâce au western leonien, il était très prisé par le cinéma international. Si je n'ai jamais vu La tente rouge, j'ai pu voir sur La Toile 72 Mètres en langue russe et avec une qualité visuelle et sonore assez médiocre. Je vais donc faire comme si je ne l'ai encore jamais vu.

Quelques récompenses :

Meilleur film: Prix de l'Aigle d'or, Moscou (Russie), 2005
Meilleure musique: Prix de l'Aigle d'or, Moscou (Russie), 2005
Aigle d'or du meilleur film, 2004

Synopsis (rédigé par le scénariste et traduit par Kinoglaz): Le récit 72-mètres, qui raconte le naufrage d’un sous-marin, a été écrit par Alexandre Pokrovski, longtemps avant la tragédie du sous-marin Koursk. Ce n’est ni une prophétie, ni une coïncidence, mais, malheureusement la logique des choses: des avions ultramodernes sont tombés et de temps à autre tomberont, des navires et des sous-marins parmi les plus sûrs ont sombré et d’autres hélas sombreront. Mais le récit, et par suite le film, ne parle pas de technique, il parle de personnes. Certains passant pour faibles deviennent forts, d’autres passant pour forts s’affaiblissent mortellement. Tous, ensemble, sont des héros. Heureusement le temps des héros au visage de bronze ou de pierre est révolu. Les héros d’aujourd’hui sont des gens ordinaires et simples, des gens du rang. Ils ne cherchent pas une place sur un piédestal, et après avoir accompli leur exploit c’est avec grand plaisir qu’ils rentrent chez eux. Bien entendu, un certain pathétique existe et dans le scénario et dans le film. Dans une telle situation c’était inévitable, mais les auteurs n’ont pas oublié les paroles d’un sage : "L’ironie restaure ce que détruit le pathétique." Cette histoire ne montre pas que c’est l’espoir qui meurt en dernier, mais elle montre que l’espoir ne meurt jamais. Les extérieurs ont été filmés sur les bases de la Marine de Severmore, Guadjeve, Poliar et Sebastopol. En outre le film a été tourné dans deux pavillons de Mosfilm. Dans l’un d’eux a été spécialement construite une piscine pour les scènes de plongée du sous-marin. Valeri Zalotoukha.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Seventy-two_meters

La musique qu'Ennio Morricone composa pour 72 Mètres de Vladimir Khotinenko n'est pas une partition-phare dans toute son oeuvre cinématographique comme on est en droit de le considérer de celle de La Tente Rouge de Mikhail Kalatozov qui, artistiquement, est plus puissante et novatrice - j'y viendrai prochainement. Sur 72 Mètres, Morricone y déploie, sous la forme de trois suites et d'un thème conclusif, tout son savoir-faire, que ce soit dans le domaine mélodique et romantique, sachant se montrer très émouvant à certains moments où il est aisé d'imaginer la détresse d'un équipage au sein d'une immensité marine: l'isolement et le drame que l'on pressent. C'est quelque-chose qui transparaît dès la première suite, à un passage précis. C'est la sensibilité de l'artiste qui semble toujours être à fleur-de-peau dès que le sujet aborde la tragédie humaine. La seconde suite est évidemment plus dissonante et chaotique, très rythmée aussi et caractéristique du style "musique d'action" de son auteur. Lorsque l'orchestre semble s'apaiser - fausse impression - le code Morse apparaît alors dans une tension orchestrale très construite qui monte en intensité. Il me renvoie directement à sa musique de La Tente Rouge, ce qui crée une filiation sonore concrète entre les deux films et les deux partitions. Ce que j'aime bien, c'est lorsque le code Morse réapparaît dans la troisième suite qui, elle, reprend le "format" mélodique et romantique de la première suite. Je sens un aboutissement heureux (pour les rescapés), un apaisement, une délivrance alors qu'en retrait, résonne imperturbablement le code Morse, tel l'écho de la mort, d'une tragédie qui restera gravée dans la mémoire des survivants.

Pour en savoir plus sur ce drame cliquer sur ICI - K-141 Koursk


Dernière édition par Icare le 2021-02-21, 16:45, édité 1 fois
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-20, 09:53

C'est marrant je ne connaissais pas ce film. Par contre j'ai vu le Koursk de Thomas Vinterberg. Il est vraiment pas mal, il retrace bien les évènements et il est fidèle à la réalité historique.

C'est là que tu vois quand même que Poutine les a vraiment laissé crever pour rien alors qu'il y avait largement le temps et les moyens de les sauver. Tout ça par orgueil et par peur que les pays occidentaux ne découvrent (soit disant) des "secrets militaires". Tu parles. C'est impardonnable.

Ils ont leur mémorial. Un de plus en Russie...

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-20, 11:41

Snoopy a écrit:
C'est marrant je ne connaissais pas ce film. Par contre j'ai vu le Koursk de Thomas Vinterberg. Il est vraiment pas mal, il retrace bien les évènements et il est fidèle à la réalité historique.

J'ignorais qu'un autre film avait été réalisé sur cette tragédie, très récent puisque sorti en 2018: <<Kursk est un film dramatique franco-belgo-luxembourgeois réalisé par Thomas Vinterberg. Le film retrace la tragédie du naufrage du sous-marin russe K-141 Koursk. Il est basé sur le livre d'investigation A Time to Die du journaliste Robert Moore.>> J'essaierai de le voir car il doit être plus facile à trouver en langue française que le film de Vladimir Khotinenko. Sur une musique d'Alexandre Desplat.

Anouchka a écrit:
- A propos de VATEL - On a beaucoup discuté, à juste titre, des nombreux anachronismes musicaux et littéraires (et historiques) du film, genre "Fireworks" de Haendel alors qu'ils n'ont été composés qu'au XVIIIème siècle, etc.. etc.. Peu importe, je trouve que ça collait bien dans l'ambiance feux d'artifice de la scène...

Malheureusement, je n'ai vu ce film qu'une seule fois, lors de sa sortie en France sur grand écran. Du coup, j'en garde un souvenir trop approximatif pour me souvenir de telle ou telle musique sur telle ou telle scène, d'autant plus qu'à l'époque je n'avais pas remarqué ces anachronismes. Pour ce qui est du morceau The Royal Fireworks de Haendel, il s'agit probablement d'une utilisation diégétique de la musique. Qu'entends-je par "utilisation diégétique"? Oublions Vatel un instant: Deux personnages dansent sur une valse de Strauss - c'est un exemple. Dans ce cas précis, la musique fait partie intégrante de l'histoire du film et est liée "physiquement" aux deux personnages. Généralement, il s'agit d'une musique préexistante, là une valse de Strauss ou d'une imitation de celle-ci - souviens-toi de la mort de Sean Connery dans Les Incorruptibles et de cet air d'opéra qui fait pleurer Al Capone/De Niro; voilà une parfaite utilisation diégétique de la musique: une musique à l'intérieur du film. Il peut arriver - et Ennio Morricone dut réaliser plusieurs fois cette expérience - que l'utilisation d'une musique ne soit pas seulement diégétique mais intra-diégétique. Par exemple, l'air de carillon, qui est une composition originale de Morricone, fait partie intégrante du film de Sergio Leone, Et pour quelques dollars de plus; il est le lien morbide entre Lee Van Cleef et Gian Maria Volonte, tout en devenant également partie intégrante de la bande originale qui, elle, n'est pas un élément de l'histoire mais son illustration sonore. Nous retrouverons cette approche intra-diégétique dans Mission de Roland Joffé, cette fois par le thème de hautbois - composition originale aussi, d'Ennio Morricone, joué par Jeremy Irons, lorsqu'il est encerclé par les Guaranis. L'air est alors récupéré par l'orchestre et devient, non plus une musique à l'intérieur du film qui fait partie de la vie des personnages mais la musique du film.

Pour Vatel, si la bande originale de Morricone tient évidemment compte de l'ambiance musicale fin XVIIème, c'est surtout en apparence, car, dans une écoute plus attentive, il est aisé de relever nombre d'éléments plus modernes, plus contemporains, qui trahissent le XXème siècle.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-21, 00:12

Icare a écrit:
Pour Vatel, si la bande originale de Morricone tient évidemment compte de l'ambiance musicale fin XVIIème, c'est surtout en apparence, car, dans une écoute plus attentive, il est aisé de relever nombre d'éléments plus modernes, plus contemporains, qui trahissent le XXème siècle.

Tout-à-fait d'accord, et sur les paragraphes qui précèdent. Très intéressant cette explication de l'utilisation diégétique de la musique : Voici quelque chose que j'ignorais. Wink

Le film Vatel qui est beau, et donc très bien servi par la musique, n'a pas eu le succès qu'il méritait en salles, tout simplement , à mon humble avis (de consultante marketing), le titre était mal choisi;  car il n'a pas "accroché" le public, ça ne leur disait rien.... J'aurais plutôt mis un titre genre "L'intendant-génie du Roi Soleil", ou "Vatel, génie de Fouquet et du Roi Louis ", ou genre ... Après, le nom de Depardieu aurait porté le reste (et ensuite le bouche à oreilles, car c'est merveilleusement joué). Very Happy

Il faut que je relise ton message car les films russes en question = Je n'en jamais entendu parler !
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-21, 16:44

Ennio Morricone et le cinéma russe - épisode II:

...introduction anecdotique...

A une époque aujourd'hui lointaine, avec d'autres mélomanes qui avaient une bonne connaissance de l'oeuvre musico-cinématographique d'Ennio Morricone, nous avions improvisé un petit jeu de mémoire et de connaissance. A tour de rôle, l'un de nous devait lancer le nom d'un acteur ou d'une actrice et à partir là, nous devions citer les films dans lesquels il avait joué et qui avaient été mis en musique par Morricone. Avec Adolfo Celi, par exemple, ça aurait été ardu de tous les citer, et bien plus facile avec Lino Ventura: Le Clan des Siciliens, Espion lève-toi et Le Ruffian. Avec Sean Connery, j'aurais certainement perdu car je n'aurais cité que Les Incorruptibles!

Je considère la musique de La Tente Rouge comme un opus majeur dans la carrière d'Ennio Morricone. Je pense que ce film l'a amené à se dépasser artistiquement. La suite pour orchestre symphonique, avec choeur et électronique, une pointe d'orgue ci et là, "Altri, dopo di noi", qui se développe sur un peu plus de 22 minutes, conduit l'auditeur, par un début très statique et atonal, dans un désert de neige et de glace. On imagine en même temps un véritable paysage de désolation. La musique change notre notion du temps et joue allègrement sur une impression d'infinité ainsi que sur l'attente. Le code Morse est le signe d'une vie isolée et dissimulée quelque-part, mais aussi l'annonce d'une déflagration orchestrale. Musicalement, on peut dire que les éléments s'y déchaînent sur tous les flans de la matière orchestrale à présent déchirée, bouillonnante, chaotique, dégringolant comme une série d'avalanches dans sa dernière partie. Les déserts ou les immensités désertiques, puissent-ils être hostiles, qu'il s'agisse d'un désert de glace ou d'un désert de sable avec ses mirages, d'une immensité marine à perte de vue, ont toujours beaucoup inspiré le compositeur, sachant parfaitement faire ressentir la glace et la neige dans sa musique - je me souviens d'Orca, notamment les dernières scènes du film, ou l'extrême chaleur d'un désert mortel - je me souviens alors du thème du désert dans Le Bon, la Brute et le Truand, ou plus fort encore avec une impression de mirages dont il sut admirablement créer l'illusion dans "The Mountain", initialement écrit pour La Bible de John Huston. Il y a là davantage qu'une superbe illustration du désert... Le film de Mikhail Kalazotov a manifestement ouvert pour le compositeur un espace d'expression idéal qu'il a su combler avec audace et un savoir-faire déjà très abouti. La bande originale contient aussi des parties bien plus mélodiques et lyriques, avec la voix d'Edda dell'Orso, notamment un thème principal ample et chaleureux, en contraste avec les paysages sonores glacés et hostiles que je viens de décrire un peu maladroitement sans doute.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 71Dpnmv9MEL._AC_SY445_

La Tente rouge ou Le Jugement des morts est un film soviéto-italien réalisé par le cinéaste russe Mikhail Kalatozov et sorti dans les salles italiennes en 1969. Le film s'inspire de l'histoire de la mission de sauvetage de l’explorateur polaire Umberto Nobile et de son équipage après le crash de leur dirigeable, l'Italia, en 1928. Il réunit à l'affiche une pléiade d'acteurs connus: Sean Connery, Claudia Cardinale, Hardy Krüger, Peter Finch, Mario Adorf, Luigi Vannuchi, Nikita Mikhalkov... Un autre compositeur (sur Wikipédia) est crédité sur ce film; un certain Alexandre Sergueïevitch Zatsepine, né à Novossibirsk le 10 mars 1926. Il s'agit d'un compositeur de musique de films russe, artiste du peuple de la Fédération de Russie en 2003 et décoré de l'ordre du Mérite pour la Patrie en 2011. J'ignore s"il a composé de la musique additionnelle ou s"il a mis en musique la version russe et qu'Ennio Morricone s'est occupé de la version européenne.

Umberto Nobile (Lauro, 21 janvier 1885 - Rome, 30 juillet 1978) est un ingénieur aéronautique et un explorateur italien. Il fut professeur en construction aéronautique à l'Université de Naples pendant plus de trente ans, ainsi que directeur du "Stabilimento militare di Costruzioni Aeronautiche" de Rome de 1919 à 1928 et général du corps du génie aéronautique en qualité d'ingénieur de l'aviation militaire italienne. Umberto Nobile fut un des pionniers et une des personnalités les plus remarquables de l'histoire de l'aéronautique italienne ; il devint célèbre pour avoir piloté le "Norge", premier dirigeable qui survola le pôle Nord puis commandé le dirigeable "Italia" lors d'une deuxième expédition polaire. Roald Amundsen, qui était devenu le premier homme à avoir atteint les deux pôles à la suite du voyage du "Norge" auquel il participait également, disparut deux ans plus tard, en juin 1928, en partant en mission de recherche et sauvetage de Nobile et de son équipage du dirigeable "Italia", écrasé au nord du Spitzberg en revenant du pôle Nord. (Wikipédia)
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-22, 19:09

Le Maître et Marguerite (en russe : Мастер и Маргарита) est un roman de l'écrivain soviétique Mikhaïl Boulgakov écrit entre 1927 et 1939. À la fois histoire d'amour, critique politique et sociale, comédie burlesque et conte fantastique, il est considéré comme l'une des œuvres majeures de la littérature russe du vingtième siècle. Ce roman fut adopté plusieurs fois à l'écran, petit et grand:

Au cinéma, en 1970, le metteur en scène finlandais Seppo Nyyrö Wallin a réalisé le film Pilatus pour la chaîne de télévision finlandaise, basé sur les scènes bibliques du roman.
En 1971, le metteur en scène polonais Andrzej Wajda a réalisé le film Pilatus und Andere pour la chaîne de télévision allemande ZDF, basé sur les scènes bibliques du roman.
En 1972, c'est le metteur en scène serbe Aleksandar Petrović qui a réalisé la production italo-yougoslave Il Maestro e Margherita. Il réunira à l'affiche Ugo Tognazzi, Mismy Farmer et Alain Cuny. Inspiré du roman, la différence principale est que le maître dans le film a un nom réel (Nikolaï Afanasijevitch Maksoudov), tandis que dans le livre original il reste intentionnellement anonyme.

https://www.youtube.com/watch?v=UDHQ9g9M7Rc


Synopsis: Moscou, vers 1920. Parce que sa pièce Ponte Pilate fustige l'emprise tyrannique de l'Etat sur les hommes, le "maître" Nikolaï Maksudov se voit demander par le président de l'Union des écrivains, de la retirer de l'affiche en échange d'un séjour dans une datcha à Yalta. Son refus lui vaut d'être condamné par ses pairs et de voir les critiques massacrer sa pièce alors que celle-ci n'a même pas été jouée...

<<Cette adaptation du best-seller de Mikhail Boulgakov a marqué des générations de spectateurs et de cinéastes, au premier rang desquels on compte Emir Kusturica. Il s'agit d'un véritable classique du cinéma européen réalisé par Aleksandar Petrovic qui avait déjà conquis une première fois le monde avec "J'ai même rencontré des Tziganes heureux.>>

Le Maître et Marguerite fut l'unique collaboration entre Ennio Morricone et le cinéaste serbe Aleksandar Petrovic. La partition s'articule quasi-exclusivement autour d'un grand thème mélodique et de plusieurs variantes de celui-ci, avec notamment la voix d'Edda Dell'Orso, un thème très caractéristique du compositeur des années 70. J'ai toujours adoré ce thème que j'avais découvert au coeur d'une compilation bien avant de découvrir le très beau film de Petrovic.


Dernière édition par Icare le 2021-02-22, 22:54, édité 1 fois
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-22, 20:39

Citation :
Le Maître et Marguerite est un roman (...) considéré comme l'une des œuvres majeures de la littérature russe du vingtième siècle.

C'est un roman très atypique et intéressant en effet. Le roman est divisé en deux. Une partie contemporaine "fantastique" (la plus intéressante à mes yeux) et une partie qui se passe au temps de Jésus avec des interférences entre les deux.

Citation :
Ce roman fut adopté plusieurs fois à l'écran, petit et grand

Il y a en effet beaucoup de versions (plus d'une dizaine) sans parler des pièces de théâtres. (j'en ai vu 2 différentes au cinéma ici en Russie) plus la série TV en 10 épisodes, considérée comme la meilleure sur l'adaptation de ce roman. (J'ai d'ailleurs l'intégrale de la série en DVD en russe).

Pour la petite histoire, le metteur en scène russe Iouri Kara a réalisé une version du Maître et Marguerite. Et bien que le film comporte beaucoup d'acteurs célèbres et que la bande sonore ait été composée par le célèbre compositeur russe Alfred Schnittke, le film n’a pu être distribué pendant 17 ans. C'est seulement en mars 2011 que le film a été présenté pour la première fois dans les cinémas russes. Et c'est cette version que j'ai vu au cinéma.

Je ne vais pas m'attarder sur le sujet car c'est le fil consacré à Morricone mais sans quoi, j'aurais beaucoup à raconter sur ce sujet. D'ailleurs je l'ai déjà fait un peu partout sur le forum lorsque j'ai présenté des extraits musicaux de ces adaptations cinématographiques ou télévisuelles en lien avec la musique d'un compositeur.

Pour l'anecdote: on peut visiter la maison du Maitre et Marguerite à Moscou. C'est une maison à l'architecture atypique. (Je ne parle pas de la maison de Boulgakov qui se visite aussi) mais de la maison qui a inspiré son roman. La voici:

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 210222085340480331
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-02-22, 22:48

Merci Snoopy pour ces apartés, c'est toujours enrichissant. Mains

La bande originale de I Demoni di San Pietroburgo/Les Démons de Saint-Pétersbourg, telle qu'elle est agencée sur l'album, est très labyrinthique, tout comme le film de Giuliano Montaldo. S"il y a plusieurs passages qui m'interpellent, mes préférences vont au premier extrait, "nuovo attentato" et au dernier, "a mio padre". Il s'agit tout d'abord de deux morceaux musicaux que tout oppose. Le premier extrait, comme son titre le suggère fortement, est violent, terre-à-terre, dramatique, sans espoir de retour, un véritable thème d'action-atmosphère, pour reprendre un jargon de béophile. Symphonique, d'un genre déterminé et menaçant, il a ce trait de caractère du fameux thème d'ouverture de La Bataille d'Alger, un film de Gillo Pontecorvo. De "nuovo attentato", j'en adore le motif à la trompette et toute l'articulation qui est faite autour par les autres éléments de l'orchestre: cette "musique d'attentat" se déroule en plusieurs étapes et la dernière est aussi exquise que frustrante. J'en maudis encore aujourd'hui l'arrêt brutal. Le tout dernier extrait, "a mio padre", en dehors de sa fonction filmique, est de toute évidence un hommage qu'Ennio Morricone adresse à son père.

<<Mario Morricone est né le 3 janvier 1903 dans la ville de Rome et mort le 24 juin 1974 à l'âge de 71 ans. Il était le fils de Luigi Morricone et Clementina Mortale. Sa femme était Libera Ridolfi. Avec elle, il s'installe dans le quartier de Trastevere de la capitale italienne, formant une famille bourgeoise avec ses cinq enfants; Ennio, Adriana, Aldo, María et Franca. Mario Morricone était trompettiste de jazz professionnel dans des orchestres de musique légère et voyant le talent musical de son fils Ennio, il l'inscrit au Conservatoire de Santa Cecilia, où l'enfant pouvait apprendre la composition, l'harmonie, la direction et la trompette. Plus tard, Mario Morricone, premier trompettiste de l'orchestre d'Alberto Flamini, joua professionnellement à Rome pour les troupes américaines restées en Italie après la Seconde Guerre mondiale. Il fut soutenu par Ennio lui-même sur scène lorsque Flamini choisit le petit garçon comme deuxième trompettiste.>> (Wiki)

"a mio padre" se définit dans une forme d'immobilité mobile entre la trompette d'Andrea Di Mario - symbolisant sûrement le souvenir du paternel jouant dans une autre dimension, la dimension d'un souvenir lointain et heureux - et l'alto de Fausto Anzelmo traçant des lumières vives et ininterrompues, aussi obsédantes que les pensées qui nous persécutent en permanence dès que nous regrettons la disparition d'un être cher. Je ne me souviens pas suffisamment du film pour me rappeler avec exactitude à quel personnage se rattache ce morceau, sans doute à celui de l'écrivain Fyodor Mikhailovich Dostoïevski, mais à savoir dans quelle circonstance, impossible de m'en souvenir... Parce que le morceau final, dans sa première partie, reprend la tristesse et la douleur qui imprègnent la musique jusqu'au plus profond de sa chair, parvenant même à créer un certain malaise - un véritable labyrinthe des tourments - depuis "nuovo attentato", avant de s'en libérer totalement et devenir un astre de lumière flottant dans un monde parallèle ou céleste où la souffrance n'existe pas.

https://www.youtube.com/watch?v=3DejA3N-nOY


Synopsis: Saint-Pétersbourg, 1860. Un membre de la famille impériale est assassiné. Quelques jours plus tard, l'écrivain Fyodor Mikhailovich Dostoïevski rencontre Gusiev, un jeune homme soigné dans un hôpital psychiatrique. Gusiev avoue qu’il fait partie du groupe terroriste impliqué dans l’assassinat et révèle que ses camarades envisagent de tuer un autre membre de la famille du tsar. Le jeune homme donne également à Dostoïevski l'adresse d'Aleksandra, leur chef. Dostoïevski doit la retrouver et essayer de la convaincre d'arrêter cette nouvelle attaque. L'écrivain est à bout de nerfs, traqué par ses créanciers, sous pression pour livrer son prochain livre et en proie à de fréquentes crises d'épilepsie. Le jour, avec l'aide d'Anna Grigoryevna, une jeune sténographe, il dicte «The Gambler». La nuit, il poursuit sa recherche désespérée du groupe terroriste ...
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-03-25, 10:07

Le Mani Sporche/Les Mains Sales, avant-dernière collaboration entre Elio Petri et Ennio Morricone:

Une œuvre à portée politique et philosophique:

Jean-Paul Sartre met en contraste sa version du marxisme idéal à lui, un marxisme qui d’après son avis n'a pas d’avenir sans que n'y soit incorporé l’existentialisme. Sans existentialisme le marxisme ne pourra pas fonctionner et Hugo en est le représentant dans le drame. Hoederer représente le pragmatisme matérialiste qui a infiltré le marxisme pur et qui est en train de le déformer. Cependant, Hoederer mène une politique qui est applicable en collectivité, tandis que la phénoménologie d'un Hugo mène à un solipsisme qui isolera l'individu de la possibilité d'agir en responsabilité envers le monde autour de lui. Sartre rejette les deux caractères, ce qu'il souhaite est une solution intermédiaire : une philosophie politique qui unira l'humanisme et le sens de la responsabilité d'un Hoederer avec l'attitude non-compromettante, la capacité de dire "non" d'un Hugo. La fin tragique, qui est caractérisée par une sorte d'unisson métaphysique entre Hugo et Hoederer (Hugo offre sa vie en honneur de la personne de Hoederer et en même temps proteste contre la politique de ce dernier) où ces deux personnages se fondent ensemble, marque le désir de Sartre d'arriver à cette synthèse entre le matérialisme et l'idéalisme sur le plan philosophique qui pourrait être mise en action sur le plan politique. Auteur classique de la littérature engagée, Sartre s'interroge sur l'usage de la violence politique dans l'action révolutionnaire et pose la question suivante : un révolutionnaire doit-il, au nom de l'efficacité, risquer de compromettre un idéal ? La pièce illustre la désillusion face aux espoirs du communisme ternis par la Guerre froide et le Stalinisme. Cette œuvre n'a pas été bien acceptée par les partis communistes lors de sa parution. En effet, elle montre les clivages de ces derniers. Cette œuvre peut également être mise en relation avec Les Justes d'Albert Camus qui se pose sensiblement la même question, à la même époque, dans un contexte historique qui s'y prête bien. (Wikipédia)

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 275867-le-mani-sporche-0-230-0-345-crop

A l'origine, Les Mains Sales est une pièce de théâtre de Jean-Paul Sartre, en sept tableaux, écrite en 1948 et créée le 2 avril de la même année au théâtre Antoine à Paris, avec notamment André Luguet et François Périer. Elio Petri en fit une adaptation télévisée en 1978/79 sous la forme d'une mini-série avec parmi les personnages principaux Marcello Mastroianni, Giuliana de Sio et Giovanni Visentin. Il confia la composition de la bande originale à Ennio Morricone avec lequel il collabora depuis 1969 avec Un tranquillo posto di campagna. Lors de cette première collaboration Petri avait confié à Morricone qu'il changeait de compositeur à chaque nouveau film qu'il réalisait, et pourtant, ils ne se quittèrent plus jusqu'à Buone Notizie (1979), la toute dernière réalisation du cinéaste. Sur Les Mains Sales/Le Mani Sporche, Ennio Morricone privilégia le piano et les cordes pour une partition sombre, désespérée, profondément dramatique et le plus souvent ouverte à l'atonalité. J'adore cette composition qui au fond est très "morriconienne" et qui en plus convoque une formation instrumentale que j'affectionne en particulier: son thème principal, sombrement romantique et même obsessionnel - la tragédie à venir est déjà suggérée par ce thème - s'en suit une série de morceaux aussi tourmentés que viscéraux, le plus déchiré et déchirant d'entre eux étant certainement celui qui s'intitule Dialogo, une véritable expression du désespoir, le véritable visage sonore de la tragédie, le hurlement d'un chaos annoncé. D'autres passages jouent avec le silence. J'aime beaucoup dans cette musique la relation entre le piano et les cordes, le climat de tension et de tragédie que cette relation instaure.

DIALOGO

et

NOSTALGIA DEI RECORDI
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-03-25, 23:48

J'ai vu la pièce de Sartre à Paris, lu le livre... Trop jeune pour voir la série dont tu parles.
Je n'aime pas du tout l'existentialisme et les théories sartriennes, mais nul doute que la musique de Morricone colle parfaitement à la série 1978 de Petri...
Je reconnais très humblement que beaucoup de films italiens de toute cette période me sont "inconnus", je te l'avais d'ailleurs écrit..
Il en reste la musique que j'écouterai, merci pour les liens. Wink
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-03-26, 08:27

Anouchka a écrit:
Je reconnais très humblement que beaucoup de films italiens de toute cette période me sont "inconnus"...

Oui, et ce n'est pas la télévision et ses multiples chaînes qui vont beaucoup t'aider à mieux les connaître, celle-ci étant, la plupart du temps, truffée d'émissions "blabla" ou idiotes et de séries françaises et américaines complètement lisses ou formatées. Il faut tellement trier avant de tomber sur un film ou une émission qui m'intéresse! Peut-être suis-je plus exigeant que la moyenne... J'aimerais beaucoup voir cette mini-série d'Elio Petri, en fait j'aimerais voir tous les films d'Elio Petri. J'en connais quand même quelques-uns que je peux voir et revoir, grâce aux DVD. Puis, il y a ARTE (heureusement) qui est vraiment la chaîne qui peut encore diffuser des films de Petri, Bolognini, Monicelli, Montaldo, Faenza... et autres qu'italiens, des anciens films qui mériteraient mieux que l'oubli dans lequel ils sont tombés par un manque cruel de diffusion.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-28, 13:02

Hier soir sur France 3, le film "En mai fais ce qu'il te plaît" a été diffusé. Une histoire sur l'exode des gens du Nord pendant l'invasion allemande en mai 1940. Ce film est basé sur des souvenirs réels d'exilés, que le réalisateur (Christian Carion) a compilés pour en faire une histoire.

J'avais trouvé la musique jolie, dans ce monde de violences (assez dur à supporter), et au générique j'ai vu qu'elle était de Ennio Morricone.



https://www.youtube.com/watch?v=WMZ4riAecmM
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-28, 13:14

J'hésite à regarder ce film. La bande annonce n'est pas folichonne. C'est le même réalisateur que "Joyeux Noël" que j'avais trouvé assez ennuyeux même si l'anecdote historique était intéressante et que ça reste un beau film malgré tout. Ca m'a l'air un peu dans le même style du coup... Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 1521897346
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-28, 15:43

joachim a écrit:
J'avais trouvé la musique jolie, dans ce monde de violences (assez dur à supporter), et au générique j'ai vu qu'elle était de Ennio Morricone.

Je l'avais évoquée sur ce topic, Anouchka aussi, et sur le topic "Les films d'Icare". Ennio Morricone n'avait pas retravaillé pour le cinéma français depuis 1983, après avoir mis en musique Le Marginal et Le Ruffian. 32 ans s'étaient alors écoulés. Comme il ne s'agit pas d'un film de guerre au sens classique du terme, comme par exemple Un pont trop loin de Richard Attenborough (1977) ni même comme Una vita venduta d'Aldo Florio (1976), histoire de citer un autre film mis en musique par Ennio Morricone, mais plutôt d'une histoire dans un contexte de guerre, comme l'avait précisé Christian Carion, le réalisateur, l'approche musicale n'est, pour ces raisons, ni martiale ni guerrière. C'est effectivement un film sur l'exode et la musique peut être perçue comme une longue procession symphonique vers la liberté et la paix. Il y a une scène où, pendant leur fuite, les gens sont confrontés à un massacre d'un autre convoi de civils fuyant la guerre. La musique prend le parfait contrepied de ce que montre les images, elle ne prend pas part à l'horreur, s'inscrit dans les pas des protagonistes de l'exode, fuyant la guerre et l'invasion nazie, elle est malgré tout le drame dissimulé sous l'espoir. Pour la petite histoire, j'avais reçu l'album de la B.O. le 11 novembre 2015 et avais prévu de l'écouter le 12 au matin. Entre temps, il s'est produit à Paris les horreurs que vous savez, le Bataclan, les bars, le stade de France...inimaginable! Une tuerie effroyable. Je pense à tous ceux que j'aime, ma femme, mes enfants, frères, soeurs amis... Complètement bouleversé par des images d'horreur qui m'avaient anéanti, J'étais comme tout le monde, pétrifié sur place, devant mon écran télé. Mais, plus tard, j'avais quand même voulu m'évader par la musique et j'ai donc écouté pour la première fois la bande originale de En mai, fais ce qu'il te plait. Elle ne pouvait pas mieux tomber puisque c'est une musique qui m'inspira la paix, l'amour, la liberté, le parfait contre-pied à l'horreur qui n'avait plus rien de cinématographique. Elle m'inspira les mêmes désirs et sentiments que les personnages du film. Je vivais là mon exode virtuel. Seulement, lorsque je la réécoute, je pense parfois davantage au Bataclan qu'au film de Carion.

Toujours côté musique, c'est par ce film que je me suis intéressé aux lieds de Franz schubert. Au tout début - ça n'aura sans doute pas échappé à ta vigilance - apparaît l'un des plus beaux à mon goût: Ständchen (Sérénade) D 957.

Pour en revenir au film lui-même, il n'est pas incongru de l'associer d'une certaine façon à Joyeux Noël qui, lui, fut mis en musique par Philippe Rombi. Ce sont dans les deux cas de belles histoires à dimension humaine, racontées très simplement. La réalisation est un peu trop "plan-plan", néanmoins, j'ai voulu les avoir en dvd car ce sont deux films que j'ai déjà regardés plusieurs fois et que j'aurai envie de revoir. Je me sens très concerné par la vie des personnages, l'ambiance très française qui y règne (principalement dans "En mai"), le personnage de l'Anglais fort sympathique et celui l'Allemand anti-nazi avec son fils - je me suis identifié à lui, me suis imaginé avec ma fille dans une situation similaire - l'histoire surtout dans sa globalité qui me touche au coeur par une narration limpide, qu'elle s'effectue par les mots, les images ou par la musique. Ces dernières années, je tends de plus en plus vers ce genre de cinéma "à l'ancienne".
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-28, 19:00

Puisque ce fil a été remonté à la surface, j'en profite pour évoquer quelques B.O. d'Ennio Morricone que j'ai réécoutées ces derniers jours:

Bandits in Rome/Roma come Chicago, un film d'Alberto De Martino (1968) avec  John Cassavetes , Gabriele Ferzetti , Anita Sanders, Nikos Kourkoulos, Luigi Pistilli et Riccardo Cucciolla.
Synopsis: Un braqueur professionnel non dépourvu de scrupules a comme principal complice un individu qui, lui, n'en a aucun. Lorsque le braqueur Mario Corda est arrêté et incarcéré, le complice, véritable graine de psychopathe, prend son envol, laissant derrière lui plusieurs morts dont la femme de Corda.
Co-compositeur: Bruno Nicolai. Un jazz un peu "free" est bien mis en valeur sur les différentes scènes de braquage, un autre thème assez poignant rythme d'autres scènes d'action comme lors de l'échappée par les toits du braqueur. L'autre thème principal, celui qui définit le mieux cette bande originale, avec cuivres, cordes, percussions et clavecin, apparaît surtout dans la seconde partie du film, une première fois malheureusement étouffé par les effets sonores, mieux mis en valeur les fois suivantes. Un autre thème, beaucoup plus doux et romantique celui-là, ponctue le film: il illustre la relation sentimentale entre Mario Corda et son épouse. Maintenant que cette partition existe en disque, je peux en profiter pleinement.

https://www.youtube.com/watch?v=8p9ZG3A3lzs


Comandamenti per un gangster, un polar d'Alfio Catalbiano (1968)
Synopsis: Un ancien gangster veut venger le meurtre de sa sœur et faire la lumière sur la disparition de son mari, survenue lors du transport d'une importante cargaison d'or.
Pour ce film sorti la même année que Roma come Chicago, Ennio Morricone compose une musique très différente, quasi déjantée, viscérale et obsessionnelle, avec choeurs, percussions, cloches, orgue électrique, descentes frénétiques de cordes, néanmoins attendrie et humanisée par un thème d'amour ample et presque religieux, propice au recueillement. La partition semble aussi s'autoriser quelques improvisations aux claviers à certains endroits, notamment vers la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=3OI65J9UYYI


Windows, seul film réalisé par le directeur de la photographie Gordon Willis (1980). On change d'époque et de genre. Il s'agit ici davantage d'un thriller psychologique. Avec Talia Shire et Elizabeth Ashley.
Emily Hollander (Talia Shire) est victime d'un harcèlement sexuel lesbien par Andrea Glassen (Elizabeth Ashley), sa voisine de palier. Quand Emily fait la rencontre du détective Bob Luffrono (Joseph Cortese), Andrea, prise d'une jalousie maladive, se met à l'espionner à travers sa fenêtre....Le film a fait l'objet de nombreuses critiques de la part d'associations pour les droits des homosexuels qui l'accusaient de donner une vision stéréotypée du lesbianisme et d'encourager l'homophobie.
La musique que Ennio Morricone composa pour ce film comporte des thèmes très doux avec des touches de clavecin ci et là, parfois profondément mélancoliques relatant sans doute l'état d'esprit de l'amoureuse obsessionnelle, parfois plus insouciants et porteurs d'espoir, angéliques. Puis une versatilité s'installe par des morceaux nettement plus anxiogènes qui caractérisent les obsessions d'Andrea Glassen, sa jalousie, le danger potentiel qu'elle représente pour Emily Hollander. De ce film que je n'ai pas revu depuis longtemps, je me souviens d'une scène dans un taxi inquiétant avec une musique particulièrement rythmée et tendue sur laquelle s'égosille un saxophone et quelques cuivres dissonants. J'avais adoré, sur disque aussi.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-29, 00:30

Oui j'avais vu le film (poignant quand même) et j'en avais témoigné effectivement. J'avais aimé les fulgurances de la musique. Mais..., je n'ai pas désiré le revoir (je ne suis pas dans l'envie). Wink
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Pébété

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-05-30, 12:02

Man with a harmonica
avec Hermine Deurloo, harmonica


https://www.youtube.com/watch?v=udIY_3s4_XQ
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-08-01, 23:00

Nous sommes lancés dans des soirées poker (à quatre) Very Happy , et nous faisons "ambiance".. : Lors de "suspenses" entre les deux derniers joueurs, on se met la musique du duel final du "Bon, la Brute et le Truand"...
Il y a d'ailleurs des vidéos spéciales nuits poker qui évidemment reprennent les thèmes de Morricone dans les westerns bien connus...
Lesquels films vont faire l'objet de notre cycle avec mes neveux etc... : On a prévu "Il était une fois...",
les westerns avec Clint Eastwood.... Bien sûr, archi-connus de certains d'entre nous (de ma famille), mais on reverra avec plaisir ! Et pour les autres, c'est "découverte"....
Bien sûr, sans les musiques harmonica-siffleur etc.. et tout le talent de Morricone, les films n'auraient plus du tout du tout la même saveur !
Vive Ennio, au paradis des compositeurs. Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 333455
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-08-06, 18:11

La Correspondance/Incontro

La Correspondance/La Corrispondenza est un film d'essence romantique sur fond de fantastique réalisé en 1975 par Giuseppe Tornatore et mettant en scène Olga Kurylenko et Jeremy Irons. C'est aussi la dernière collaboration entre Giuseppe Tornatore et Ennio Morricone et probablement la dernière composition de ce dernier pour le Septième Art. Si je ne me trompe pas, Morricone a mis en musique trois films dont l'une des vedettes principales fut Jeremy Irons, Mission de Roland Joffé (1986), Lolita d'Adrian Lyne (1997) et donc La Correspondance. Bon, ça c'était pour la petite histoire, pour l'anecdote.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 2d8625229cfe235263bd52a22c6ef718

Synopsis: Une étudiante en astrophysique vit une histoire d'amour intense avec un conférencier, professeur qui est justement renommé dans le domaine qu'elle étudie. Ed Phoreum est plus vieux qu'elle, marié et père de famille. ils vivent cette histoire d'amour fusionnelle en amants passionnés lors de rencontres en week end, dans des chambres d'hôtel ou dans sa résidence sur une superbe île au milieu d'un lac en Italie, ce depuis 6 ans en étant en contact quotidiennement par mail, webcam ou SMS. Elle est par ailleurs une actrice cascadeuse dans des films d'action ou d'horreur exécutant ainsi des scènes périlleuses. Un jour alors qu'elle apprend son décès lors d'une conférence, elle est terrassée par le chagrin. Toutefois, un malaise s'installe dans la mesure où elle continue à recevoir des messages de lui après sa mort.

Beaucoup de romantisme et de tendresse dans la musique que Ennio Morricone composa pour ce film, de la nostalgie aussi et une mélancolie qui s'exprime surtout au travers d'un très beau thème principal. Néanmoins, il se dégage quelque-chose d'autre, de plus onirique, quelque-chose qui va au-delà du sentiment amoureux et tout simplement au-delà de la vie elle-même. Elle touche une dimension quasi-fantastique avec un usage mesuré de l'électronique, sans oublier, ci et là, des intonations pop de guitare électrique "à la David Gilmour". La forme romantique, chez Morricone, je l'avais récemment abordée dans Incontro, un film italien réalisé par Piero Schivazappa (1971) avec Florinda Bolkan et Massimo Ranieri; joli succès en Italie à l'époque. La musique d'Ennio Morricone que je connais depuis longtemps, contrairement au film que je n'ai jamais vu, est particulièrement touchante, profondément romantique et profondément mélancolique. Elle aussi porte la mort en elle, mais d'une autre façon que dans La Correspondance. Dans le film de Tornatore, la mort n'est pas un point final à l'amour fusionnel qui étreint deux êtres fortement épris l'un de l'autre, elle est une autre étape dans leur relation, alors que dans le film de Schivazappa, elle est l'aboutissement tragique d'un amour tourmenté et terriblement frustré.

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Synopsis: Sandro Zanichelli, timide Parmesan de vingt ans, et Claudia Ridolfi, séduisante trentenaire de la grande bourgeoisie romaine, s'éprennent passionnément l'un de l'autre. Sandro la voudrait tout entière à lui, mais elle est mariée à Stefano, un important technocrate qui la néglige, continuellement absent pour voyages d'affaires. La différence d'âge avec son amant est un frein qui empêche Claudia de quitter son mari, malgré les incessantes suppliques de Sandro. En revenant de voyage, le mari découvre la liaison de sa femme et n'est pas du tout prêt à lâcher prise. Lorsque Claudia se décide enfin, il est trop tard : Sandro, désespéré, s'est suicidé.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-08-07, 11:04

Il Prisioniero/Le Prisonnier:

Il s'agit d'un téléfilm italien méconnu, du moins en France, qui fut diffusé par la télévision italienne RAI sous le titre "Il Prigioniero" (alias "Le Prisonnier"), tiré du roman "Il duello" d'Anton Chekov, réalisé en 1978 par le cinéaste italien Aldo Lado. Ne pas confondre avec la célèbre série britannique du même nom avec le regretté Patrick MacGoohan (1967). Le téléfilm d'Aldo Lado réunit les acteurs John Steiner, Marina Malfatti et Gianni Cavina, parmi les rôles principaux. Voilà une autre collaboration entre Ennio Morricone et un réalisateur à laquelle on ne pense pas en premier lieu. Les plus évoquées sont celles avec Sergio Leone et Henri Verneuil, puis arrivent ensuite celles avec Elio Petri, Mauro Bolognini, Giuliano Montaldo, Roberto Faenza et quelques autres. La collaboration entre Aldo Lado et Ennio Morricone se compose quand même de huit films et un téléfilm. Les films sont:
__Je suis vivant!/La corta notte delle bambole di vetro (1971) - je ne connais que la B.O.
__Qui l'a vue mourir?/Chi l'ha vista morire? (1972) - Je connais aussi le film
__La Drôle d'affaire/La cosa buffa (1972) - je ne connais que la B.O.
__La Tour du désespoir/Sepolta viva (1973) - je ne connais que la B.O.
__La Cousine/La cugina (1974) - je ne connais que la B.O.
__ La bête tue de sang-froid/Le Dernier Train de la nuit/L'ultimo treno nella notte (1975) - je connais aussi le film
__L'Humanoïde/L'umanoide (1979) -  film de science-fiction dont je ne connais que la B.O.
__La Désobéissance/La disubbidienza (1981) - je ne connais que la B.O.

__ Il prigioniero/Le Prisonnier (1978 - téléfilm) - je ne connais que la B.O.

Un synopsis quelque peu concis et sans doute imprécis: Le protagoniste de l'histoire est un intellectuel italien qui est envoyé en confinement à la veille de la Seconde Guerre mondiale. La raison de cette disposition n'est pas son antifascisme, mais la relation qu'il entretient avec l'épouse d'un hiérarque Mussolini.



Ennio Morricone a composé un commentaire musical particulièrement grave qui relate à merveille toute la portée sentimentale et dramatique de l'atmosphère historique dans laquelle le protagoniste masculin est immergé. Le compositeur offre plusieurs physionomies au thème principal qu'il fait interpréter par différents instruments: le romantique mais nostalgique "L'estate è finita" s'impose tout d'abord par la flûte, le clavecin et l'orchestre. il sera repris plusieurs fois, une avec chromatisme au clavecin, une autre avec intervention de la flûte et une encore avec clavecin et cordes. Le deuxième thème important de la bande originale s'intitule "I due prisoneri". Il est introduit par des flûtes solo dans un contexte presque expérimental, accompagné de violoncelles et contrebasses, puis repris pour commenter un suspense psychologique avec vents, piano et vibraphones. Il bénéficie de plusieurs variantes et versions. Je pense que ma préférence va pour la variante qui met en avant la belle sonorité du basson. On retrouve cette construction quasi expérimentale dans d'autres opus du compositeur, je pense notamment à la série télévisée La Piovra. Cette atmosphère, qui se partage entre romantisme, nostalgie et souffrance obsessionnelle, est contrecarrée par des musiques dites de circonstance, également composées par Ennio Morricone, qui évoquent l'époque dans laquelle se situe l'action, comme la chanson folklorique sicilienne pour voix et guitare "Si l'ammuri" et la pièce romantique à l'ancienne pour voix d'homme, piano et violon "Dove sei amore".
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 22 Empty2021-08-10, 19:08

Contrôle/Il Giorno Prima:

Contrôle (Il giorno prima) est un film italo-franco-américano-canadien de Giuliano Montaldo qui est sorti dans les salles françaises en 1987. Il réunit à l'affiche Burt Lancaster, Ben Gazzara, Ingrid Thulin, William Berger, Andrea Ferréol, Jean Benguigui, Flavio Bucci... Je l'avais vu au cinéma à l'époque de sa sortie et j'avais beaucoup aimé l'intrigue. Si je peux m'émerveiller d'un film qui se passe dans d'immenses paysages, j'ai toujours manifesté un intérêt particulier pour le huit-clos:

Un physicien nucléaire recrute quinze volontaires pour cohabiter dans un abri antiatomique. Alors que les relations entre les personnes s'organisent, la radio annonce l'état d'urgence face à une menace nucléaire. Très vite deux clans s'opposent dans l'abri : Ceux qui veulent sortir et ceux qui veulent rester, pensant éviter un suicide...

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J'avoue que depuis 1987, mon souvenir du film s'est quelque peu émoussé. Si jamais il paraît en CD je n'hésiterai pas une seconde! La musique d'Ennio Morricone, quant à elle, m'avait scotché sur place, poignante, viscérale, sombre, parfois inquiétante, forcément! Il n'est pas facile d'imaginer les tensions qui peuvent se créer dans un bunker dans une telle situation. La musique s'accapare de ces tensions, peurs, conflits pour en faire une sorte de requiem avec une magnifique ouverture chorale: une fin de monde sublimée... puis d'autres parties pour la plupart instrumentales. La musique s'accapare même la sinuosité du lieu, son architecture labyrinthique par un morceau de presque onze minutes qui s'intitule Il Bunker. Dans le premier extrait, La Scelta, pour choeur et orchestre, on retrouve tous les éléments d'orchestrations très typiques du compositeur pour ce type de composition, un usage des bassons qui m'évoque le requiem qu'il écrivit pour la scène finale de la série La Piovra, mort dans un volcan de Tano Carridi/Remo Girone, pour ceux et celles qui connaissent cette série sur la mafia italienne. Si celui-ci m'est déjà bouleversant, je crois nourrir une préférence pour celui de Il Giorno Prima. J'en retiens deux autres très poignants aussi, l'un pour la série I Promessi Sposi et un autre pour Pasolini, un délit italien. Montaldo/Morricone fut une belle collaboration entre un réalisateur et un compositeur qui s'est construite autour de onze films, débuta en 1967 avec Le Carnaval des Truands et s'acheva en 2008 avec Les Démons de Saint-Petersbourg.
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