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 Ennio MORRICONE (cinéma)

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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-16, 19:08

Veruschka ou une peinture vivante:

Veruschka est, dans le cas qui m'intéresse ici, un pseudonyme. S'y dissimule Vera Gottliebe Anna von Lehndorff, un personnage haut en couleurs, peut-être même au sens propre comme au sens figuré. Elle fut la fille du comte Heinrich von Lehndorff, naquit en 1939 à Königsberg en Prusse-Orientale et vécut ses premières années au château de Steinort, propriété depuis des siècles de sa noble famille. Néanmoins, le domaine fut réquisitionné dès 1941 par l'armée allemande qui ne concéda comme espace de vie aux Lehndorff qu'une aile du château. Son père Heinrich a été témoin du massacre d'un groupe d'enfants juifs orchestré par les nazis. Il ne cessa alors de résister contre le régime d'Hitler allant jusqu'à contribuer à une tentative d'assassinat du Fuhrer le 20 juillet 1944. Démasqué, il fut condamné à mort, ce qui provoqua en parallèle la persécution de toute la famille von Lehndorff. Le régime nazi les expédia, Vera y compris, dans un des camps de concentration. Après la chute du troisième Reich, les membres de sa famille ayant survécu se retrouvèrent sans toit.

Après des études d'art à Hambourg, qu'elle poursuivit à Florence, Vera se lança au début des années 60, alors qu'elle n'avait que vingt ans, dans le domaine du mannequinat mais, un problème qu'elle n'avait peut-être pas imaginé s'est imposé à elle: ses mensurations hors-norme et une grande taille mal acceptée. Lors de son retour en Italie, elle adopta le pseudonyme "Veruschka" afin de s'octroyer des origines russes. Forte de sa singularité et de l'aura de mystère qui l'enveloppe, elle devint une top-modèle très célèbre pour sa démarche et ses tenues vestimentaires drapées de noir, se démarquant délibérément de la mode qui sévissait à cette époque. A partir de 1966, audacieuse et créative, elle se spécialisa dans la peinture corporelle, le "body painting", comme on dit en anglais, une technique artistique dont le concept est de remplacer la toile du peintre par le corps du modèle. Cette méthode lui offrit l'opportunité d'innover: elle ne se contentait plus de se laisser façonner par le photographe, mais devenait désormais la matière première de sa création. Avec le concours de Peter Beard, un photographe, artiste et documentariste américain né le 22 janvier 1938 à New York et retrouvé mort le 19 avril 2020 près de Montauk, Vera alias Veruschka créa au cours de séances-photos au Kenya une série de clichés étonnants où, le corps enduit de cirages de différentes couleurs (noir, jaune ou vert), elle devenait un animal, une plante ou un objet, par exemple un serpent, un lézard, un félin, un rocher, que sais-je encore...autant de silhouettes curieuses et poétiques. Elle se retira du monde de la mode en 1975.

En 1971, "Veruschka", le film de Franco Rubartelli, retrace la relation passionnelle d'un top model (incarné par Vera von Lehndorff) et de son photographe attitré. Le cinéaste, lui-même photographe, dresse ainsi une sorte de journal intime de sa relation avec Vera "Veruschka", leur rupture ayant précédé le tournage du film. Ce projet hybride, entre fiction et documentaire, demeure en même temps un témoignage de l'ère psychédélique, les peintures sur corps de Veruschka donnant lieu à des séquences artistiques hautement hallucinogènes.

https://www.youtube.com/watch?v=RsrQOZJCHTg

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 R-5876499-1405160999-8772.jpeg


La musique d'Ennio Morricone y marie sensualité par un usage assez fréquent de la voix d'Edda Dell'Orso et formes sonores plus expérimentales, plus abstraites, confrontation d'une certaine façon des pulsions amoureuses et des pulsions créatrices, de la forme concrète du désir et du sentiment et de la forme plus énigmatique et fugitive de la fantaisie artistique. Sans compter des effets de harpe qui apportent une légère touche aquatique à de délicats thèmes mélodiques dont je ne sais pas à quoi elle correspond...L'aquarium...?...c'est le cheminement musical d'un "easy listening" débordant de féminité et à peine chahuté par quelques interludes atonals, une peinture sonore elle-même fauve et bariolée.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-17, 07:42

Malèna, une histoire d'un autre temps:

Dans la partition qu'Ennio Morricone a composée pour le film Malèna (2000) de Giuseppe Tornatore, leur septième collaboration, il y a ce que l'on appelle un thème musical secondaire qui m'a toujours amusé, sans doute un peu parce qu'il se démarque dans le style et l'esprit des thèmes principaux qui s'articulent autour de Maddalena Scordia (Malèna) et de l'adolescent Renato qui fantasme sur elle. Ceux-ci sont porteurs de sensualité, d'ironie et de romantisme, offrent un relief au désir, au sentiment et à la mélancolie ou appuient le caractère grotesque de certains comportements humains et situations cocasses. Ils dépeignent plus souvent la tristesse que l'espoir, très peu l'espoir: y en a-t-il seulement un zeste? Sûrement un peu dans les désirs amoureux de l'adolescent, lorsqu'il voudrait qu'elle le regarde, fasse attention à lui... Mais le thème auquel je fais référence est en total décalage avec les sentiments-moteur du film et avec la beauté charismatique de Malèna, semble s'extraire d'un film imaginaire. Il s'intitule: "Cinema d'altri tempi", c'est-à-dire "cinéma d'autres temps" en français. Je ne me rappelle pas à quel moment ce morceau intervient dans le film de Tornatore où s"il n'apparaît que sur l'album, appartient à une scène coupée au montage...?... D'une certaine manière, il donne une idée de ce qu'aurait été l'approche d'Ennio Morricone si ce dernier avait appartenu à des générations précédentes et avait alors oeuvré sur des films plus anciens, des années 30/40. Cependant, ce n'est pas seulement cette particularité-là qui m'interpelle dans ce morceau, son caractère "rétroverti", décalé, c'est son lien avec l'imaginaire qui, par ce biais profondément romantique sous certains aspects, le relie à l'imaginaire de l'adolescent et à celui du personnage fictif incarné par Malèna, sachant que toute l'intrigue se situe dans une cité imaginaire de la Sicile sous une Italie fasciste en proie à la Seconde Guerre Mondiale qui, elle, est bien réelle. Malèna, sous les traits et les formes aventageuses de Monica Bellucci, pourrait exister dans n'importe quelle ville de n'importe quel pays et à toutes les époques. Si elle est un personnage imaginaire, son histoire est réelle et sa beauté intemporelle. La musique d'Ennio Morricone déambule et évolue au même rythme que Malèna lorsqu'elle traverse la petite place de la ville imaginaire sous un flot de regards oppressants, pussent-ils être ceux du désir ou du mépris, voire de la haine. Dans le monde qui l'entoure, se dessine avec elle et aussi sans elle une tragédie d'un autre temps.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Main667

https://www.youtube.com/watch?v=KfOhUos43FY

<<Au printemps 1940, Mussolini a déclaré la guerre à la France et au Royaume-Uni. La ville (fictive) de Castelcutò (en Sicile) est en liesse. Renato Amoroso, un garçon de treize ans, est heureux pour d'autres raisons. Il vient de recevoir sa première bicyclette et de tomber sous le charme de Malèna, une ravissante veuve de guerre qui fait tourner la tête à tous les hommes du village et attire la haine des épouses jalouses. Renato, littéralement envoûté, la suit partout avec son vélo. Mais Malèna est victime des refoulements et des convoitises des habitants de Castelcutò. Le petit garçon va trouver le moyen de l'aider, et grâce à elle, il apprendra les leçons de la vie.>>


Dernière édition par Icare le 2020-05-21, 17:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-17, 12:32

Une femme, un prêtre, l'amour et Dieu:


Maddalena est un film italo-yougoslave de Jerzy Kawalerowicz (1971) qui raconte l'histoire d'une femme qui cherche désespérément à trouver un véritable amour dans une vraie relation stable d'une part et celle d'un prêtre qui doute de sa capacité à faire face au célibat d'autre part. Lorsque Maddalena décide que le prêtre est l'homme qu'elle veut, une atmosphère de tension érotique et d'auto-interrogation sur la vraie foi prend forme.

https://www.youtube.com/watch?v=Y8mvn1K68m4

Lisa Gastoni incarne Maddalena. Fille née en 1935 de père italien et de mère irlandaise, après la Seconde Guerre mondiale, elle décide d’aller à Londres où commence sa carrière de mannequin et d’actrice. Sa carrière italienne prend son essor dans les années soixante, en jouant dans des films de science-fiction sous le pseudonyme de "Jane Fate". Après un court mariage avec un illustre physicien, elle rencontre le producteur Joseph Fryd avec lequel elle tourne le film Lutring... réveille-toi et meurs (Svegliati e uccidi) de Carlo Lizzani. Le film obtient un vrai succès populaire, du moins en Italie, et Lisa Gastoni rafle alors le premier Ruban d'argent de la meilleure actrice de sa carrière. C'est en 1968 qu'elle entre définitivement dans la légende du cinéma italien, devenant un sex-symbol, grâce au film de Salvatore Samperi; Merci ma tante (Grazie zia), l'histoire d'une relation psycho-incestueuse entre une tante jeune, sensuelle et raffinée qu'elle incarne à merveille, et son neveu d'un genre névrotique joué par Lou Castel que j'ai récemment trouvé très touchant dans Les Poings et les poches de Marco Bellocchio. Lisa Gastoni reçoit pour cette performance le "Targa d'oro" au "David di Donatello". A partir des années 1970, elle tourne peu de films, parce qu'elle fait le choix de travailler uniquement avec des réalisateurs qu'elle estime. Elle incarnera donc Maddalena dans le film d'un cinéaste qui est pourtant resté méconnu et rare, Jerzy Kawalorewicz. N'ayant jamais vu ce film dont le sujet me semble pourtant très intéressant, je ne peux juger de sa qualité, ne peut que m'en faire une idée (forcément biaisée) par une superbe partition signée Ennio Morricone.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Vlcsnap-2014-08-17-12h23m48s2

La partition d'Ennio Morricone se constitue de cinq extraits dont trois de 9'45" chacun: "Come Maddalena/Chi Mai/Una Donna da ricordare/Pazzia in cielo/Erotico mistico" et invite la voix d'Edda Dell'Orso, l'orgue de Bruno Nicolai, un jeu trépidant des percussions de Vincenzio Restuccia dans la version originale de "Come Maddalena" d'un lyrisme exacerbé et les deux moments plus psychédéliques et expérimentaux à connotation religieuse (voix & choeur où profane et sacré semblent s'y "pervertir"), "Pazzia in cielo" et "Erotico mistico". Elle invite aussi les "Voci Bianche Chorus" de Renata Cartiglioni et "I Cantori Moderni Chorus" d'Alessandro Alessandroni avec lesquels Morricone a beaucoup collaborés dans les années 60/70. Le morceau "Chi Mai" réapparaîtra une dizaine d'années plus tard dans Le Professionnel de Georges Lautner car Jean-Paul Belmondo, alors producteur du film, le souhaitait.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-17, 21:28

La provinciale et la mer:

Gemma Vagnuzzi est un personnage sans doute moins connu en France qu'Anna Coupeau d'Emile Zola. Elle est le personnage principale de La Provinciale d'un grand écrivain italien, Alberto Moravia, très prisé par le Septième Art. Par exemple, Jean-Luc Godard fit une adaptation cinématographique de son roman Le Mépris, avec Brigitte Bardot, sur une musique très connue de Georges Delerue. La Provinciale fut porté une première fois à l'écran entre 1952 et 1953 par Mario Soldati avec Gina Lollobrigida dans le rôle de Gemma Vagnuzzi et sur une musique de Franco Mannino, un pianiste, directeur d'opéra, compositeur de musique de film, dramaturge et romancier italien dont on a encore très peu parlé sur ce forum. Il faudra attendre aux alentours de 2006 pour que Pasquale Pozzessere en fasse une libre adaptation pour la télévision italienne avec Sabrina Ferilli dans le rôle de "la provinciale". Lisa Gastoni y fera une participation exceptionnelle en prêtant ses traits à Giacinta Foresi.

<<Sabrina Ferilli est une actrice italienne qui a vu le jour le 28 juin 1964 à Rome. Elle est connue en France pour avoir joué le rôle de Ramona dans le film multi-primé La Grande Bellezza en 2013 ainsi que Dalida dans le téléfilm homonyme, en 2005.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Ferillisabrina

Synopsis: Après avoir blessé d'un coup de couteau Elvira, une prétendue amie qui la faisait chanter, Gemma raconte sa vie à son mari. Elle s'était éprise d'Antonio Sartori, membre de la jeunesse dorée de Lucques, avant que sa mère ne lui avoue qu'ils ont le même père. Sous le coup du chagrin, elle accepte d'épouser le professeur de physique hébergé chez sa mère, Franco Vagnuzzi, trés absorbé par ses recherches. Elle retrouve alors Renato et Elvira, une contesse roumaine désargentée. Celle-ci la pousse dans les bras de Renato et met à disposition son logement contre paiement. Ensuite elle oblige Gemma à se prostituer, puis à l'héberger sous la menace de tout dire à son mari...

https://www.youtube.com/watch?v=6z7w4_LolEo

La musique d'Ennio Morricone est d'essence romantique, même en eau ordinaire si on se fie aux deux premiers extraits, mais dès qu'elle rencontre la mer, par un thème intitulé "Mare" (introuvable sur la Toile), elle prend une toute autre dimension: elle devient exquise, sublime, impressionniste. Elle respire la mer, s'accapare de son va-et-vient, en fait le mouvement perpétuel d'un souvenir obsessionnel, un écho à la douleur. Langoureuse, lancinante, romantique, lunaire, elle s'électrise au travers de deux moments plus nerveux bénéficiant de judicieuses combinaisons instrumentales. La tragédie, dans sa version purement musicale, s'achèvera sur une déclinaison encore plus envoûtante de "Mare", comme si cette mer devenait soudainement salvatrice, aspirant dans ses profondeurs les sombres souvenirs de Gemma.


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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-17, 23:19

Une banquière des Années Folles:

Je pense que Romy Schneider est une actrice qui a beaucoup impressionné Ennio Morricone. Si ma mémoire ne me fait défaut, il a mis en musique trois films où elle apparaît; La Califfa (1970) d'Alberto Bevilacqua, puis Le Trio Infernal (1974) et La Banquière (1980), deux films de Francis Girod. Le thème de La Banquière , il ne l'a pas seulement composé pour les besoins du film ni seulement pour le personnage fictif qu'elle incarne sous le nom d'Emma Eckhert, mais aussi pour l'actrice, pour Romy Schneider. Le thème avec violon solo s'intitule "Dédicace".

https://www.youtube.com/watch?v=rjwM4tIw8qo

La Banquière est un film français réalisé par Francis Girod, sorti en 1980, inspiré de la vie de Marthe Hanau. Marthe Hanau fut une femme d'affaire française qui naquit le 1er janvier 1886 à Paris, et s'éteignit le 19 juillet 1935 à la prison de Fresnes. Impliquée dans le scandale financier de la Gazette du Franc, elle est surnommée "la banquière des années folles". Pour en savoir plus sur son histoire, cliquer sur son nom: Marthe Hanau

https://www.youtube.com/watch?v=YET4CVT_tpE

Si Marthe Hanau se suicide en prison, Emma Eckhert, incarnée par Romy Schneider se démarque de sa source d'inspiration par une cause et une conclusion nettement plus héroïques. D'autre part, elle ne se suicide pas mais meurt assassinée. La musique d'Ennio Morricone oscille entre romantisme, fantaisie, légèreté, tristesse et gravité avec une petite touche rétro ci et là. "Dédicace", par le violon solo, le piano et les cordes, m'évoque la beauté troublante d'Emma Eckhert/Romy Schneider, par un romantisme tout en retenue, vaguement tourmenté par quelques errances et d'une étonnante sobriété. Une élégie distinguée et élégante qui nargue avec arrogance les affres du scandale. "Amorosamente Scherzoso", parfois dans la même instrumentation, soit avec flûte solo, se démarque de "Dédicace" par un caractère nettement plus détendu, jovial, bercé d'insouciance, un thème qui sourit à la vie dont l'ambiance sera rompue par une "Rivelazione" avec violon solo d'un grand désespoir. Heureusement, une "Meditazione melodica" apportera un profond apaisement, une légèreté bienfaitrice. Les reprises s'enchaîneront alors avec délice jusqu'à un petit sommet d'espièglerie plutôt que d'ironie du fait qu'il m'évoque l'enfance; "Affresco con Bambino".

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Synopsis: Issue de milieu modeste, la jeune Emma Eckhert commence sa carrière comme employée dans la chapellerie familiale. En 1921, elle connaît ses premiers ennuis avec la justice en même temps qu'elle scandalise son entourage par son homosexualité. Son mariage avec Moïse Nathanson, un ami de la famille plus âgé qu'elle, ne l'empêche ainsi pas de poursuivre sa liaison avec Camille Sowcroft, la fille d'un bijoutier, qui l'aide à s'enrichir en lui avançant de l'argent qu'Emma fait rapidement fructifier par d'astucieuses opérations boursières. En 1929, Emma est devenue l'une des banquières les plus appréciées de Paris. Mais sa fulgurante réussite lui attire entre autres l'antipathie du puissant banquier Horace Vannister ; celui-ci intervient auprès du Président du Conseil Préfailles pour faire interdire les activités d'Emma Eckhert et la poursuivre en justice. Celle-ci finit par être assassinée au cours d'un meeting où elle expliquait aux épargnants qui lui avaient fait confiance comment elle allait les rembourser. (Wiki)


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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-17, 23:23

Merci Icare. Très beau film que "La banquière", dont tu nous avais déjà parlé, magnifique rôle pour Romy qui en resta très marquée . Je l'ai revu il y a environ un an. Very Happy
La musique est évidemment "mythique"......... Wink
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-18, 11:06

Evidemment, pour la réalisation de ce cycle, j'ai opté pour une sélection drastique dans la mesure où mes choix auraient pu être très différents. Dans une grande majorité de films, il y a au moins la présence marquée d'un personnage féminin et donc d'une actrice plus ou moins connue, et, le plus souvent, le compositeur écrivit un thème musical lui correspondant. Par exemple, dans Il était une fois dans l'ouest de Sergio Leone, Ennio Morricone composa un thème, devenu fort célèbre, pour Jill McBain, personnage incarné par Claudia Cardinale et finalement pour Claudia Cardinale elle-même, et je pourrais bien sûr multiplier les exemples. Peut-être qu'un jour c'est cette approche qui prévaudra...J'ai plutôt choisi des films qui se sont articulés autour de la vie et de la personnalité d'une femme, put-il s'agir d'un personnage de roman, comme Nana d'Emile Zola ou d'une figure publique comme Vera Gottliebe Anna von Lehndorff alias Veruschka, ou encore de "madame tout-le-monde" comme Malèna de Giuseppe Tornatore. J'ai d'ailleurs préparé un autre cycle sur le même concept avec d'autres compositeurs en l'élargissant un peu au-delà du cinéma. Ce ne sont pas les choix qui manquent! Dans le cas de celui-ci, il y a aussi le choix restreint des thèmes musicaux qui me frustre un peu dans la mesure où ceux que je voulais ne sont malheureusement pas toujours disponibles, par exemple "Mare" dans La Provinciale et que les suites parfois proposées sur Youtube me satisfont rarement, faute d'une sélection et d'un agencement des thèmes pas toujours satisfaisants à mon goût. Il en existe plusieurs sur Malèna mais aucune ne me paraît judicieusement conçue et agencée. Il faut prendre les liens pour ce qu'ils sont, des extraits, des petites fenêtres ouvertes sur des "portraits musicaux", des "concerts pour dames".Hehe

Les joies d'Anita & Agata:

Ce matin, j'ai abordé une partie plus légère et "comédie" de la musique de film d'Ennio Morricone sans déroger au thème que je me suis fixé, avec Voyage avec Anita (1978), un film franco-italien de Mario Monicelli avec Goldie Hawn dans le rôle d'Anita. Goldie Hawn est une actrice, productrice et réalisatrice américaine ayant vu le jour le 21 novembre 1945 à Washington, aux États-Unis. Elle connut la gloire sur le programme de la NBC avec la comédie Rowan & Martin Laugh-In (1968-1970) avant de recevoir l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle et le "Golden Globe Award" de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance dans Fleur de cactus. (1969). Viaggio con Anita fait partie des passages d'Ennio Morricone par la comédie comme il put le faire avec La Cage aux Folles d'Edouard Molinaro durant la même période, avec des thèmes mélodiques accrocheurs et enlevés, porteurs d'optimisme et dans une certaine nonchalance de ton.

https://www.youtube.com/watch?v=VWy5vNJB6_E

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Voyage_avec_anita

En complément de Voyage avec Anita, j'ai réécouté ce que Morricone composa pour La Cugina/La Cousine (1974) d'Aldo Lado avec Dayle Haddon dans le rôle de la cousine Agata. Dayle Haddon est une mannequin et actrice canadienne qui est née le 26 mai 1948 à Montréal, au Québec. Dans un intretien publié courant 2005, Aldo Lado a déclaré que l'histoire du roman d'Ercole Patti avait été modifiée de sorte que la tension érotique entre les deux cousins ​​s'intensifiait progressivement jusqu'au moment de leur dernière rencontre. En le filmant, lui et son directeur de la photographie ont décidé d'alterner entre le temps normal et le ralenti: "Ce que je voulais transmettre, c'est que pour eux à ce moment-là, comme nous le savons, le temps avait cessé d'exister." Ennio Morricone n'était pas dans la comédie sentimentale mais davantage dans un métrage un peu coquin et érotique pour lequel il ne composa (probablement?) que deux thèmes dont l'un est à la fois sensuel et aquatique avec ses effets de trompette qui me font presque penser aux chants des épaulards.

https://www.youtube.com/watch?v=Tyz3pHxutSA

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 S-l400


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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-18, 18:44

D'Alphonsine Plessis à Marguerite Gautier, du Parlant au Muet:

Tout grand amateur de littérature connaît probablement l'histoire de Marguerite Gautier. Elle est la célèbre héroïne d'un roman d'Alexandre Dumas fils, publié en 1848, La Dame aux Camélias. Il lui fut inspiré par son amour pour la courtisane Marie Duplessis. L'histoire a visiblement inspiré de nombreux cinéastes, dès l'époque du muet: Viggo Larsen en 1907, avec Oda Alstrup et André Calmettes & Henri Pouctal, en 1912, avec Sarah Bernhardt, puis, vers les débuts du cinéma parlant, Abel Gance & Fernand Rivers (1934) avec Yvonne Printemps et George Cukor qui en fit une adaptation en 1936 sous le titre Le Roman de Marguerite Gautier avec Greta Garbo. Ensuite, Je citerai la version de Raymond Bernard, réalisée en 1952 avec Micheline Presle dans le rôle de Marguerite Gautier et celle de Mauro Bologini (1981) sous le titre italien; La storia vera della signora delle camelie, sauf que dans cette adaptation très stylée du roman d'Alexandre Dumas fils, l'héroïne, interprétée par Isabelle Huppert, porte le nom d'Alphonsine Plessis, visiblement inspiré par celui de la courtisane dont l'écrivain était amoureux. C'est évidemment cette adaptation-là qui m'intéresse ici puisqu'elle a été mise en musique par Ennio Morricone. La télévision connut d'ailleurs plusieurs adaptations dont un téléfilm italien en deux parties de Lodovico Gasparini (2005) avec Francesca Neri et sur une musique de Maurizio de Angelis.

La storia vera della signora delle camelie - Ennio Morricone:

https://www.youtube.com/watch?v=JF-DebukVdM

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 81+2dT-HY2L._SS500_

<<Synopsis: L'histoire de Marie Duplessis, courtisane aimée par Alexandre Dumas fils qui la nommera Marguerite Gautier dans son roman. Après sa montée à Paris, elle devient prostituée puis courtisane. Bien qu'elle soit mariée, elle aura Dumas fils pour amant avant de le quitter pour Franz Liszt et de mourir de la tuberculose.>>

Vu le nombre d'adaptations cinématographiques, il n'est donc pas si étonnant qu'Ennio Morricone rencontra par deux fois Marguerite Gautier. La seconde fois fut en 1992 mais en remontant le temps jusqu'en 1915, puisqu'il mettra en musique la version rénovée du film muet de Baldassarre Negroni, cinéaste très actif durant la période du muet, né le 21 janvier 1877 à Rome et mort le 18 juillet 1945 dans la même ville. Bien sûr, la musique ne pouvait qu'être très différente de ce qu'il composa pour le film de Mauro Bolognini qui appartient au cinéma parlant. Le cinéma muet offre un espace plus large au compositeur car il y a pour ainsi dire un besoin musical en continu. Il n'est pas difficile d'en comprendre les raisons. Néanmoins, il ne faut pas s'attendre à des ribambelles de piano pour combler le vide sonore, ces ameublements bavards et plats qui n'avaient pas beaucoup d'autres fonctions que de combler le silence. L'approche de Morricone n'est au fond pas si différente que si elle illustrait un film parlant, plus présente certes, mais pas si différente dans son rapport à l'image. En revanche, elle est différente et aussi plus cérébrale et moins (esthétiquement) classique que celle qu'il composa pour La Dame aux Camélias de Bolognini en 1981. De forme et de structure, elle est d'un romantisme bien plus tourmenté, bien plus sombre et contemporain, qui m'évoque davantage ce qu'il composa pour Les Mains Sales d'Elio Petri (1978). La partition du film de Bolognini est, au contraire, lumineuse et d'esprit plus "mozartien".

Ainsi s'achève la première partie de mon cycle "Tutte le donne della vita musicale di Ennio Morricone".
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-22, 00:53

Merci pour ton "cycle".Wink
N'oublions pas que l'histoire de Marguerite Gautier inspira bien évidemment l'opéra "La Traviata" de Verdi ! Very Happy
NB : Pour rebondir sur ton commentaire, re : film de Bolognini, j'avoue que bien que reconnaissant son grand talent,Very Happy , je n'aime pas Isabelle Huppert, elle me glace à chaque fois que je la vois, dans tous ses rôles très glauques, comme justement une incarnation funèbre : Alors je la fuis et je ne vais voir aucun de ses films, et ça ne me manque pas. Wink. Je n'ai pas trouvé qu'elle était très extraordinaire dans cette prestation, trop "pathos" je trouve -Pour elle, je fais néanmoins une exception pour quelques films-.

(Je préfère donc voir l'histoire très triste de Marie Duplessis à l'opéra qu'au cinéma..). Crying or Very sad
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Icare
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-22, 08:43

Anouchka a écrit:
N'oublions pas que l'histoire de Marguerite Gautier inspira bien évidemment l'opéra "La Traviata" de Verdi ! Very Happy

Elle inspira aussi à Henri Sauguet une musique de ballet.

Anouchka a écrit:
Pour rebondir sur ton commentaire, re : film de Bolognini, j'avoue que bien que reconnaissant son grand talent,Very Happy , je n'aime pas Isabelle Huppert.

Nous avons tous comme ça des actrices et des acteurs que nous n'aimons pas pour des raisons que nous estimons plus ou moins bonnes. Rien de plus normal. Chez moi, la liste est longue, rien qu'en France. Hehe Isabelle Huppert fait plutôt partie des grandes actrices françaises que j'apprécie même si je suis loin d'avoir vu tous ses films. Nous pourrions faire la même observation avec des chanteuses et chanteurs d'opéra. Il y a trop longtemps que je n'ai pas revu La Dame aux Camélias de Mauro Bolognini. Je l'ai vu à un âge où ce n'était pas exactement le type de cinéma que j'affectionnais. Il est donc impératif que je regarde à nouveau ce film qui - j'en suis intimement convaincu - me plaira beaucoup plus aujourd'hui...et comment pourrais-je contourner un film avec Gian Maria Volonté!! Very Happy Jusqu'ici, je connais beaucoup mieux la délicieuse partition d'Ennio Morricone qui, finalement, est assez détachée de l'aspect tragique de l'histoire. Si je n'ai plus trop souvenir de la prestation d'Isabelle Huppert (si ce n'est que je l'avais trouvée très belle et dans des habits somptueux), en revanche, je me souviens quand même d'un film très esthétique avec une superbe photographie.

Anouchka a écrit:
(Je préfère donc voir l'histoire très triste de Marie Duplessis à l'opéra qu'au cinéma..).

Oui pourquoi pas, à condition que l'opéra soit, lui aussi, avec des interprètes que tu apprécies, des décors qui n'écorchent pas les yeux et une mise en scène de qualité. Avec La Traviata, il en existe sûrement pour qui encore aime regarder un opéra classique en entier sans faiblir. Ca c'est une autre histoire!Laughing Ceci-dit, au cinéma, du Muet au Parlant, Marguerite Gautier a connu plusieurs interprétations en dehors de Huppert, de Sarah Bernhadt à Greta Garbo en passant par Yvonne Printemps et Micheline Presle. Il y en a donc un peu pour tous les goûts. Wink
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-23, 00:23

C'est exactement ça. Disons en ce qui me concerne, que finalement le Bolognini ne m'avait plu surtout que pour la musique de Morricone ( Hehe ), et que"la Traviata" de Verdi, on a des bonheurs comme des malheurs.., avec les mises en scènes et les cantatrices  Very Happy (j'ose dire , surtout parfois à cause de mises en scène nulles, autre sujet).
Que Huppert soit très belle et très talentueuse, encore et toujours, nul doute !!! Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 13150 Elle ne me plait pas, c'est tout !  Wink

On parlera ailleurs de la Traviata, pas HS pour moi sur ce fil !!! ......................... Laughing
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-26, 08:47

Quatre femmes exquises sous les traits d'une seule:

Je commence la seconde partie de mon cycle "Tutte le donne della vita musicale di Ennio Morricone" avec Tre Donne qui présente quatre portraits de femmes, toutes interprétées par la formidable Anna Magnani, se situant sur quatre périodes différentes, le premier en 1870 sous le titre Correva l'Anno di Grazia 1870 (1972) avec Marcello Mastroianni comme partenaire masculin, La Sciantosa (1971) avec Massimo Ranieri, 1943: Un Incontro (1971) avec Enrico Maria Salerno et L'Automobile (1971) avec Vittorio Caprioli. Dans chacun de ces quatre films, Anna Magnani joue un personnage différent: dans Correva l'Anno di Grazia 1870, elle tient le rôle de Teresa Parenti, l'épouse d'un prisonnier politique interprété par Mastroianni, dont l'histoire se situe à la veille de la libération de Rome toujours soumise au diktat du gouvernement papal et sur le point de devenir la capitale de l'Italie. Dans La Sciantosa, Anna Magnani incarne le personnage de Flora Bertucciolli, alias Flora Torres, diva du Café-Chantant dans une histoire triste pendant la Première Guerre Mondiale, se trouvant figée d'indignation devant des soldats mutilés venus l'entendre chanter. Dans 1943: Un Incontro, elle tient le rôle de l'infirmière Jolanda Morigi qui, durant la Seconde Guerre Mondiale à Rome, s'éprend d'un déserteur, le lieutenant Stelvio Parmegiani interprété par Enrico Maria Salerno. Dans L'Automobile, l'action est contemporaine à la date du film ou un peu antérieure...Anna Magnani y incarne en Anna Mastronardi le rôle d'une prostituée un peu désoeuvrée, qui est devenue au fil du temps une sorte d'institution de la vie nocturne romaine. Surnommée Comtesse, l'achat d'une voiture bouleversera sa vie; peut-on y voir une fable de la vie moderne.

https://www.youtube.com/watch?v=y7iAjugkIQY

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 S-l400

Par devoir de précision, il s'agissait d'abord d'une trilogie relatant l'histoire de trois femmes sur trois périodes différentes; La Sciantosa se situant entre 1914 et 1918, 1943: Une Incontro et L'Automobile entre 1960 et 1970. Ces trois films ont été réalisés, si mes renseignements sont exacts, entre 1970 et 1971. Un an plus tard, un quatrième portrait de femme apparaît, toujours sous les traits d'Anna Magnani, il s'intitule Correva l'Anno di Grazia 1870, l'action se situant bien avant les trois autres. Il ne s'agit donc plus d'une trilogie mais d'une tétralogie et le cycle devrait alors s'intituler "Quattre Donne". Les quatre films furent réalisés par Alfredo Giannetti et mis en musique par Ennio Morricone. Le thème principal, à la fois solennel et mélancolique, est le fil musical conducteur entre les quatre portraits autour duquel s'articulent d'autres thèmes plus ou moins beaux selon les époques et les situations. L'Automobile, traitant d'un thème plus léger, permet à Morricone de dédramatiser son approche, encore qu'en guise de conclusion, (sur le double album - le film, je l'ignore), on retrouve le thème principal dans l'un de ses meilleurs traitements.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-26, 16:50

Une actrice, un compositeur, une même porte d'entrée:

Une jeune fille de 19 ans se bat pour garder sa vertu et conserver un peu de son innocence pendant la Seconde Guerre mondiale. Située dans un ancien village napolitain isolé, Miluzza, incarnée par Lucia Cara est la charmante fille pubescente de la glorieuse Nunziata, interprétée par Stefania Sandrelli une nymphomane étonnamment bien tolérée par son mari et ses voisins normalement conservateurs. L'histoire de Miluzza est brutalisée par plusieurs tragédies et la violence crue de certains hommes, sans doute obsédés par sa pureté, jusqu'à ce qu'elle rencontre un jeune soldat déserteur et blessé, sous les traits de Raoul Bova, coqueluche du cinéma italien de cette époque, les années 1990.

Ninfa Plebea est un film réalisé par Lina Wertmüller en 1996, adapté du roman éponyme (1992-93) de Domenico Rea. Ce n'est pas la première fois qu'Ennio Morricone met en musique un film où figure la superbe Stefania Sandrelli. Non seulement ce n'est pas la première fois mais si j'en crois leurs filmographies respectives, ils ont tout simplement débuté ensemble, sur Mission ultra-secrète/Il federale de Luciano Salce, en 1961, elle comme actrice aux côtés d'Ugo Tognazzi et lui comme compositeur du film. Ils se "retrouveront" en 1968 sur Partner de Bernardo Bertolucci, une adaptation du deuxième roman de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski, Le Double qui fut publié en 1846 (début février). En 1972, il se retrouvent sur Le Diable dans la tête/Il diavolo nel cervello, un giallo intéressant comme presque tout les films de Sergio Sollima. Elle tourne en 1976 dans l'un des plus grands films de Bernardo Bertolucci qui permettra à Ennio Morricone de composer une de ses plus belles musiques pour le cinéma; 1900/Novecento. Après un rôle dans un sketch de Dove vai in vacanza?, celui qui est signé par Mauro Bolognini et aussi mis en musique par Morricone, ils se retrouvent en 1986 avec La Clé/La Chiave, un film érotique de Tinto Brass, puis en 1987 avec Les Lunettes d'or de Giuliano Montaldo qui offre par ailleurs un très beau rôle à Philippe Noiret. Ninfa Plebea de Lina Wertmüller sera, sauf omission de ma part, le dernier film où les noms de Stefania Sandrelli et d'Ennio morricone apparaîtront au générique. C'est peut-être pour cette raison que j'ai choisi ce titre.

https://www.youtube.com/watch?v=7Q8VKIDH8sg

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Jpg__s_725-b17792

La musique de Ninfa Plebea semble aussi bien illustrer l'innocence de la jeune Miluzza que les malaises et les troubles qui l'entortillent progressivement et la mine de l'intérieur. Quelques rares éclats musicaux franchement dramatiques rompent brutalement avec une partition d'essence romantique qui évolue en demi-teintes, une partition où la tragédie s'y exprime le plus souvent par des sentiments plus introvertis qui ne s'exacerbent jamais vraiment, si ce n'est dans ces ruptures atonales...à deux reprises.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-26, 22:43

Un pinceau comme instrument de musique:

Jusqu'ici, j'ai évoqué des personnages féminins, pussent-ils être des personnages fictifs inventés par des scénaristes imaginatifs ou extraits par le cinéma de la littérature, ou des personnages ayant réellement existé...Peu importe. L'idée était d'évoquer des actrices qui avaient, d'une manière ou d'une autre, inspiré le compositeur italien Ennio Morricone. Avec Eva Fischer artiste-peintre, j'ouvre une parenthèse où, cette fois-ci, certaines de ses toiles ont été inspirées par des musiques de Morricone, et comme il s'agit de musiques composées pour le cinéma, mon propos a donc toute sa place sur ce topic. Voici d'ailleurs une traduction de l'italien d'un texte d'Eva Fischer à ce sujet:

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Forum-fp92001

Son site: Eva Fischer

<<Ces peintures ont traversé une période importante de ma vie. Elles se sont toutes inspirées de la musique et plusieurs d'entre elles l'ont "volée" à Ennio Morricone. Ennio et moi sommes amis depuis longtemps, depuis les années d'après-guerre où nous étions tous les deux jeunes et désireux de nous exprimer dans le monde difficile et problématique de l'art. Je me souviens du vieux piano d'Ennio Morricone et de la façon dont il créait des phrases sur le clavier qui m'atteignaient...moi, la "personne à l'étage". Il est difficile de dire à quel point un sentiment abstrait et en même temps concret peut définir une peinture; Je sais que j'ai peint la toile dans ce monde de notes prolongées et parfois exaspérées qu'est la musique profonde de Morricone. Souvent, certains de ses thèmes ont fait irruption dans mon atelier pendant que je peignais et je les ai utilisés immédiatement comme une matière pour peindre: au pinceau, à la spatule et à la peinture. La musique est devenue une abstraction pour moi par instinct: au-delà des toits romains de la Via Montecchi, j'ai mélangé des notes et des couleurs et j'ai mis de côté les toiles en cherchant en moi-même les raisons ultimes de la nouvelle période qui s'ouvrait devant moi. C'était un temps - je dois l'admettre - où recherche et espoir allaient de pair et Rimbaud se tenait au dessus de nous du haut de ses voyelles colorées. Tel est, je pense, le moment de la vie pour chaque jeune artiste sensible aux vibrations du cœur, explorateur du monde qui l'entoure, juge des risques qu'il court toujours et seul, et qui se crée souvent - inconsciemment. Il a été et est toujours beau de peindre de la musique. C'est un peu comme s'appeler à l'extérieur dans des moments rapides loin de la brutalité de notre temps, revenir au rêve qui redonne de la vigueur aux choses, continuer à croire et à espérer. De plus, grâce à sa modestie, Ennio Morricone dit qu'il trouve lui aussi du réconfort dans mes peintures. Ainsi, après une vie entière consacrée à la peinture, j'aime à penser que même l'histoire d'une amitié peut devenir une création humaine, un sentiment du temps et une vraie richesse de vie. Merci, cher Ennio, d'avoir rendu moins amer le moment de cette recherche et plus douce la route ardue et rocailleuse de l'espoir.>>

Musique "Lavori Forzati" qui inspira une peinture à Eva Fisher, tirée du film MOSCA ADDIO de Mauro Bolognini:

https://www.youtube.com/watch?v=T-hcRnepmCA

Eva Fischer s'inspira principalement de musiques atonales d'Ennio Morricone écrites pour le cinéma, "Verticalismi di Archi", "Vox Sommersa", "Non Forma", "Oltre il Silenzio", "Siberia", "Asimmetrie timbriche", etc...

Eva Fischer est née à Daruvar le 19 novembre 1920 et mourut le 7 juillet 2015 à Rome. Eva Fischer était une artiste italienne née en Croatie qui travaillait dans les huiles, les aquarelles, la gravure et la lithographie. Son père, Léopold, grand rabbin et célèbre talmudiste, a été expulsé par les nazis de Yougoslavie avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Malheureusement, plus de trente membres de sa famille n'ont pas eu autant de chance et ont disparu dans les camps de concentration. Elle est diplômée de l'Académie des Beaux-Arts de Lyon, juste avant le déclenchement de la guerre. À Belgrade en 1941, elle a été témoin des bombardements de la ville par les nazis. Eva Fischer a été internée avec sa mère et son jeune frère dans le camp de concentration de Vallegrande sur l'île croate de Korčula sous l'administration italienne. Ce camp n'était pas aussi terrible que les camps nazis. Elle a été autorisée à aider sa mère malade avec son frère à l'hôpital de Split, où ils ont reçu l'autorisation d'être transférés à Bologne. Là, en 1943, Fischer a été cachée avec sa famille sous le nom de Venturi. Elle se souvenait de cette période de sa vie où de bons Italiens tentaient de les aider. À cette époque, Wanda Varotti, Massimo Massei et de nombreux autres membres du «Partito d’Azione» lui ont apporté une aide précieuse. À la fin de la guerre, Fischer choisit Rome comme ville d'adoption. Elle est devenue membre d'un groupe d'artistes sur la Via Margutta et est devenue une amie proche de la plupart d'entre eux. Elle a rencontré Pablo Picasso au domicile de Luchino Visconti et ils ont longuement discuté. Il l'a poussée à continuer et à progresser dans la lumière mystérieuse des bateaux et des architectures du Sud. Elle s'installe à Paris, où elle a longtemps vécu à Saint Germain des Près. À Madrid, les peintures de Fischer - enfin exposées dans les musées - ont été au centre des débats entre l'artiste Margutta et les peintres espagnols, qui luttaient encore contre la politique de Franco. Dans les années 1960, Fischer était à Londres, où elle a exposé à la Lefevre Gallery. En 1992, le compositeur italien Ennio Morricone a composé la musique d'une de ses expositions.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-27, 09:14

L'amour aveugle d'une femme invisible:

Il est toujours terrible d'être profondément amoureux d'une personne et de vous rendre compte, parallèlement, qu'elle ne vous aime plus, n'a d'yeux que pour quelqu'un d'autre qui vit dans la même maison que vous. Vous devenez cet être invisible et inaudible, telle une plante desséchée qu'on oublie d'arroser et qu'on laisse mourir dans un coin du salon. Mais il y a l'espoir de l'amoureux transit qui se mêle au poison de la douleur, l'espoir de redevenir visible aux yeux de la personne aimée, l'espoir que tout puisse redevenir comme avant. C'est l'histoire de Laura, incarnée par Giovanna Ralli, grande et belle actrice italienne née le 2 janvier 1935 à Rome qui a été dirigée par quelques-uns des plus grands réalisateurs du cinéma italien, comme Mario Monicelli, Ettore Scola, Roberto Rossellini et Vittorio De Sica, et a tourné aux côtés de Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Alberto Sordi, Ugo Tognazzi et Marcello Mastroianni. Dans La Donna Invisibile (1969) de Paolo Spinola, elle joue aux côtés de Carla Gravina, autre grande actrice italienne qui tient dans ce film le rôle de Delfina, sa rivale, et Silvano Tranquilli dans le rôle d'Andrea, le mari ingrat et infidèle, un acteur que je connais très mal, ne me rappelant même pas qu'il a joué dans Vertiges (1975) de Mauro Bolognini. Épouse d’un professeur "controversé", Laura se rend compte que son mari Andrea ne l’aime plus, au point même d'avoir l'insupportable sensation que son corps n’existe plus, que plus rien d'elle n'existe. Eperdument amoureuse de cet homme qui ne la regarde plus et dont les attentions semblent exclusivement destinées à Delfina, une autre femme qui vit avec eux, Laura se consume entre le feu du désespoir et celui d'un espoir vain en tentant de raviver une autre flamme; celui d'un amour définitivement éteint. L'histoire poussera le vice jusqu'à faire mourir Laura dans des circonstances ambiguës et une indifférence glaciale.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Tumblr_p7p8u4TFxk1r5fazco7_500

https://www.youtube.com/watch?v=JJG6WtuapfM

Paolo Spinola n'est pas le plus connu des cinéastes italiens qui a d'ailleurs été peu prolifique comme réalisateur puisqu'il n'a réalisé que quatre longs métrages dont La Donna Invisibile aux alentours de 1969. Il est donc toujours difficile d'évoquer un film que l'on a pas vu et qui ne bénéficie que de très peu d'informations le concernant. Il peut très bien s'agir d'un film raté ou d'un bon film parmi beaucoup d'autres du même genre ou encore d'un très bon film sous-estimé à l'époque de sa sortie et tombé dans l'oubli depuis. C'est déjà arrivé plusieurs fois. Peu importe, ce film existe encore un peu au travers d'une partition très mélodique d'Ennio Morricone que j'ai l'impression, désormais, comme pour beaucoup d'autres, de connaître par-coeur mais dont le plaisir à l'écoute ne s'est pas encore usé. Le thème principal, qui porte le titre du film, est la colonne vertébrale de toute la B.O. qui, de toute façon, ne contient que peu de thèmes différents. J'aime sa nonchalance et son accélération centrale. Au-delà de la mélancolie qui le caractérise en partie, il y a cet élan d'amour et d'espoir qui le traverse. C'est cette "contradiction" ou plutôt "ambiguïté" que j'aime dans ce morceau. Il existe deux versions très introverties du thème que j'aime qualifier de "vaporeuses". Avant, elles m'ennuyaient, aujourd'hui, elles me touchent davantage, peut-être parce que j'y perçois la douleur intérieure et profondément discrète d'une femme amoureuse...
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-27, 18:29

Une tragédie indécente:

C'était un soir d'été, si je me souviens bien, un soir d'été à Paris où il faisait beau comme aujourd'hui. Je voyais pour la première fois Fatti di Gente Perbene/La Grande Bourgeoise de Mauro Bolignini qui réunit Catherine Deneuve dans le rôle de Linda Murri, Giancarlo Giannini dans celui de Tullio Murri, le frère de Linda, Fernando Rey qui tient le rôle du Professeur Murri, un chirurgien réputé et appartenant à la haute bourgeoisie, père de Linda et Tullio, et Paolo Bonacelli dans le rôle du Comte Bonmartini, époux de Linda. Je résume l'histoire afin de bien situer chaque personnage:

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 S-l400

D'abord, il s'agit d'une histoire vraie. Elle se situe à Bologne, au début du vingtième siècle. Un tragique événement passionnel ébranle la famille de la haute société du professeur Murri (Fernando Rey). Ce dernier, imminent chirurgien, professe néanmoins des opinions humanistes. Sa fille, Linda (Catherine Deneuve), mère de deux enfants, se sépare de son mari, le comte Bonmartini (Paolo Bonacelli), une séparation qui s'étendra sur plusieurs années. Néanmoins, sous l 'influence de l'Église et de la famille de son époux, Linda cède sous la pression et reprend la vie commune. C'est alors que le comte Francesco Bonmartini meurt dans d'étranges circonstances...Un assassinat! Le frère de Linda, Tullio, s'est très vite dénoncé comme étant l'auteur du meurtre, mais le juge Stanzani, interprété par Marcel Bozzuffi, qui est un adversaire politique des Murri, ne se contente pas de cet aveu. Il se montrera d'une exceptionnelle partialité et sévérité: Il accuse Linda d'être l'instigatrice de l'assassinat de son époux et lui afflige, ainsi qu'à son amant Carlo Secchi (Ettore Manni), une peine de trente ans de prison. Par chance, elle bénéficiera de la grâce du roi Victor-Emmanuel III, reconnaissant envers le chirurgien Murri d'avoir sauvé sa fille.

https://www.youtube.com/watch?v=POGC3_Can08

Je ne suis en général pas très fan de Catherine Deneuve même si, bien sûr, dans son immense filmographie il y a quelques beaux moments de cinéma. Mais, dans ce film de Mauro Bolognini, je l'avais trouvée éblouissante et bouleversante. Il faut dire que le rôle semblait taillé sur mesure pour elle. J'utilise l'imparfait car je n'ai pas revu ce film depuis et ignore s"il me procurerait autant d'émotions aujourd'hui: je pense que oui. Je me souviens d'une scène au tribunal, probablement au moment de la sentence. Je m'en souviens d'un point-de-vue visuel mais aussi d'un point-de-vue sonore. Cette scène me marqua au fer rouge, au point qu'elle occulta toutes les autres. J'espère pouvoir revoir ce film un jour, peut-être le meilleur film de Bolognini avec Metello. La musique d'Ennio Morricone y était ce couperet qui s'abattait sur Linda Murri, des cordes stridentes, déchirantes...Toute la partition ne se limite évidemment pas à ces dissonances très viscérales. Elle s'articule tout d'abord autour d'un thème profondément romantique et mélancolique, s'autorisant, dans un certain développement, une envolée d'espoir. Elle est d'autant plus précieuse que l'oeuvre est sombre, tourmentée, presque glauque par moment, avec quelques rares relents rétros de musiques populaires de l'époque et un carillon obsessionnel qui installe une curieuse ambiance, peut-être des souvenirs d'enfance que Linda et Tullio ont en commun...?...

Teodolinda Murri ou Linda Murri est née à Fermo le 12 septembre 1871 et mourut le 4 décembre 1957 à Rome.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-27, 23:00


Lorsque l'omerta se brise comme du verre:

C'est l'histoire d'une peur ordinaire, d'un terrible pressentiment d'un drame à venir, à n'importe quel moment, n'importe quel lieu, peu importe la méthode, de la simple exécution par balles à l'explosion spectaculaire - souvenons-nous des juges Falcone & Borsellino - un drame qui peut frapper dans n'importe quelle ville italienne, de Rome à Palerme en passant par Naples, un épicentre symbolique de la collusion entre pouvoirs politiques et pouvoirs criminels... C'est l'histoire de Carla Aldrovandi - ici un personnage fictif - gynécologue de son métier alors que son mari Marco Canova est un magistrat exerçant sur des dossiers périlleux. L'existence de Carla Aldrovandi est dominée et conditionnée par la terreur, aggravée par des menaces fréquentes, que le juge - engagé dans une enquête complexe sur la coopération au développement et un trafic d'armes sophistiqué résultant d'une enquête précédente sur des pots-de-vin - est une cible permanente. L'issue fatale poussera l'épouse du juge, après les premiers terribles moments de prosternation douloureuse, à réagir et à ne pas abandonner, dans le but d'atteindre la vérité et de briser le mur du silence, avec d'autres femmes dans sa propre condition; ce "long silence" que l'on appelle aussi "omerta" et qui a toujours profité aux mafieux et politiques véreux.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Il-lungo-silenzio

Ce fut l'occasion pour moi, à travers la musique poignante et fataliste d'Ennio Morricone, de retrouver Carla Gravina dans un rôle grave et digne que lui offrit en 1993 Margarethe von Trotta pour son film Il Lungo Silenzio/Le Long Silence qui lui valut plusieurs nominations et le Prix d'interprétation féminine au Festival des films du monde de Montréal...Le film peut faire penser à l'attentat de Capaci orchestré par le puissant chef mafieux Toto Riina (parrain de la Cosa Nostra) qui a eu lieu le 23 mai 1992 à 17h58 sur l’autoroute A29, près de la jonction de Capaci, en Sicile et qui coûta la vie (entre autres) à Giovanni Falcone et son épouse.

https://www.youtube.com/watch?v=AnweXHTM0TU

Je retrouve Carla Gravina après La Donna Invisibile de Paolo Spinola. 24 ans séparent ces deux films. Elle avait 28 ans dans le film de Spinola et 52 dans Il Lungo Silenzio de Margarethe von Trotta. Entre temps, elle tourna dans plusieurs films mis en musique par Ennio Morricone: Cuore di mamma de Salvatore Samperi (1969), La Monaca di Monza d'Eriprando Visconti, Sans Mobile Apparent de Philippe Labro (1971) et L'Anticristo d'Alberto De Martino (1974). Pour le film Il Lungo Silenzio, Ennio Morricone composa un générique (début ou fin - ou les deux) ample et dynamique, sur des rythmes "pop" très marqués, avec la voix de Mariella Devia, une soprano italienne née le 12 avril 1948 à Chiusavecchia, particulièrement associée au répertoire bel canto de Rossini et Donizetti. Les autres extraits musicaux sont de formes plus "classiques, alternant thèmes mélodiques et morceaux de tension, dont le point culminant est celui qui s'intitule "In morte di un magistrato", mortellement chromatique. Il correspond certainement à la scène névralgique du film.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-28, 09:53

Entre l'eau et la terre, un combat fait de silence et de fureur:

<<Le personnage d'Agnese révèle son origine paysanne, apparaît dure et silencieuse, rugueuse et grincheuse. Sa posture est maladroite; tandis que les sentiments sont instinctifs, elle est généreuse et hospitalière. Même l'adhésion à la Résistance semble, au début, instinctive, pas motivée idéologiquement, puis acquiert conscience politique et maturité; le travail pour la Résistance fait "grandir" Agnese (...) la protagoniste est constamment accompagnée d'images de la terre et de l'eau: du travail qu'elle effectue, la lavandière, aux scènes de vélo à travers la campagne sous la pluie. Agnese a alors commencé à ressembler à la terre et à l'eau: "Elle regarda ses pieds: ils étaient sombres et déformés avec leurs doigts tous noués et tordus, ils ressemblaient aux racines nues d'un vieil arbre." Inversement, l'eau semble favoriser la similitude en supposant des caractéristiques humaines: "La progression de l'eau a été lente, noyant doucement le sol, submergeant patiemment les champs bruns déjà semés de blé, introduits avec curiosité dans les maisons vides". La vallée est le lieu qui, dans le roman, unifie l'eau et la terre, une zone intermédiaire, une sorte de marécage dans lequel les partisans combattent; Agnese elle-même s'identifie à la vallée: "elle allait mieux maintenant, elle respirait l'eau fraîche comme la vallée".>> Maurizia Morini à propos du roman de Renata Vigano, L'Agnese va a morire (1949).

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Le roman de Renata Vigano fut porté à l'écran par Giuliano Montaldo en 1976. Le rôle d'Agnese est interprété par Ingrid Thulin, une actrice suédoise née le 27 janvier 1929 à Solleftea, Angermanland, dans le nord de la Suède, et décédée à Stockholm le 7 janvier 2004. Elle était, avec Greta Garbo et Ingrid Bergman, la plus célèbre (et sans doute) la plus choyée des actrices suédoises. Elle incarna l’archétype de la beauté nordique, froide et mystérieuse. Elle fut une des égéries du cinéaste Ingmar Bergman qui a été pour elle un véritable tremplin. Ingrid Thulin a également travaillé sous la direction de Luchino Visconti, Vincente Minnelli, Alain Resnais, Marco Ferreri, Mauro Bolognini et à deux reprises sous celle de Giuliano Montaldo; L'Agnese va a Morire (1976) et Il Giorno Prima/Contrôle (1987). Elle aura tourné dans trois films mis en musique par Ennio Morricone; les deux films de Montaldo et La corta notte delle bambole di vetro d'Aldo Lado. Pour L'Agnes va a Morire, il compose plusieurs thèmes dont deux plutôt mélancoliques et solennels, un qui rappelle le thème principal (très célèbre) d'un autre film de Giuliano Montaldo, A l'aube du cinquième jour, et un autre, thème-moteur de la partition, avec mandole, harmonica et trompette qui bénéficiera d'une version vocale courte mais déchirante. Deux autres extraits majeurs de la B.O.: un très bel hymne entraînant, porteur d'espoir, et un thème plus atonal et anxiogène caractéristique de ce qu'il put composer sur des films dont l'action se situe dans la période de la Seconde Guerre Mondiale, avec un usage des cuivres que j'ai toujours affectionné.

https://www.youtube.com/watch?v=Foc7ji9aEyc

Synopsis de "l'Agnese va a morire"

<<L'histoire (vraie) se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale. Agnese, lavandière originaire de Comacchio, province de Ferrare, est mariée à un résistant qui finit par être interpellé et déporté dans un camp de concentration où il mourra. Par fidélité à son idéal, Agnese soutient alors le maquis en menant à terme plusieurs actions: nourriture, informations, transfert de munitions. Elle agit le plus discrètement possible. Un jour cependant elle est contrainte de rejoindre les partisans. Par mesure de rétorsion, elle vient, en effet, d'assommer à coup de mitraillette un soldat allemand qui, par pur esprit sadique, s'est mis à fusiller son chat noir. Débute alors la légende de "Mamma Agnese"...>>
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-28, 16:34

Un hautbois si pur dans un monde si brutal:

Jeune, alors que je m'intéressais déjà à la musique de film et au cinéma italien, j'étais persuadé que Romy Schneider tenait le rôle d'Agnese dans L'Agnese va a morire de Giuliano Montaldo et non l'actrice suédoise Ingrid Thulin que je ne connaissais pas du tout à cette époque. Romy Schneider ne tourna que dans trois films mis en musique par Ennio Morricone: deux films de Francis Girod; Le Trio Infernal (1974) et La Banquière (1980). Quelques années plus tôt, elle est l'interprète principale de La Califfa (1970) d'Alberto Bevilacqua. Elle n'a jamais tourné avec Giuliano Montaldo. Pour moi, de toute la carrière musicale d'Ennio Morricone, La Califfa et Le Trio Infernal font partie de ses plus grandes partitions pour le Septième Art.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Califfa01

Il n'y a pas si longtemps que j'ai découvert le film d'Alberto Bevilacqua. J'y avais trouvé Romy Schneider plus belle et bouleversante que jamais. Dans une atmosphère de contestation sociale, son personnage prenait enfin forme humaine avec toute sa rage et sa passion sous les notes profondément dramatiques et lyriques d'Ennio Morricone. Cloches, thèmes mélodiques forts, piano, clavecin, voix, orgue, choeurs, le lyrisme de cette bande originale a quelque-chose de violent et de solennel en même temps, pas seulement la violence d'une douleur vive, suscitée par la mort du mari gréviste victime de répressions policières, mais aussi la violence d'une passion amoureuse avec celui qu'elle juge comme étant le principal responsable de cette tragédie. La dernière fois que j'ai évoqué ce film dans mon fil sur le cinéma, j'avais retenu une scène en particulier: je l'avais trouvée curieuse, étrange, surréaliste: une grande baie vitrée à l'intérieur de laquelle il y a de grandes tables nappées et dressées, un banquet sans aucun doute, avorté à cause d'une manifestation mouvementée des grévistes. Seul Ugo Tognazzi s'assoit au bout de la grande table à laquelle, à l'autre bout, apparaît Romy Schneider. Pendant qu'ils dînent, chacun à un bout de la longue table, les vitres se brisent les unes après les autres sans que ni l'un ni l'autre n'en soit réellement perturbé. Cette scène m'intrigue toujours. Il faudrait que je regarde à nouveau ce film. Je ne me souviens plus si sur cette scène étrange et poétique, la musique joue un rôle. Je crois me rappeler que oui, car elle est très présente et accompagne beaucoup des gestes et des regards de Romy Schneider...mon actrice préférée...

https://www.youtube.com/watch?v=ANkotyIRMg4
 
Synopsis: Le film reprend les tensions sociales des années de plomb qu'a connues l'Italie durant la fin des années 1960 et le début des années 1970. Les grèves ouvrières qui ont beaucoup paralysé l'économie italienne, la violence policière, et du côté des industriels la seule recherche de profits au détriment de la classe ouvrière. Alberto Bevilacqua pose son regard sur la lutte des classes de façon pessimiste. L'industriel qui se rapproche des ouvriers sera lâché par sa caste et paiera de sa vie cette trahison. Au fur et à mesure que les liens passionnels entre Irene Corsini (Romy Schneider), dite la Califfa, la veuve pasionaria des grévistes, et l'industriel Annibale Doberdò (Ugo Tognazzi) se resserrent, des manifestations hostiles iront crescendo contre l'industriel prêt à pratiquer la cogestion de l'entreprise.

dans la région du Pô, une Califfa est une femme de tête qui sait où elle veut aller et utilise tous les moyens pour y parvenir sans le moindre scrupule.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-05-28, 19:00

Une conclusion bien trouvée:

Pour conclure mon cycle sur les actrices et Ennio Morricone, j'ai réécouté la musique très "easy listening" qu'il composa pour la comédie sentimentale de Simona Izzo qui s'intitule - ne pouvait-il avoir meilleur titre? - Tutte le donne della mia vita qui se traduit en français: "Toutes les femmes de ma vie", film réalisé courant 2007 ou 2006 ou à cheval entre les deux, réunissant à l'affiche Lisa Gastoni, Vanessa Incontrada, Michela Cescon, Rosaunda Celentano et Elena Bouryka autour de Luca Zingaretti. La partition d'Ennio Morricone, si elle ne fera sans aucun doute partie de ses "classiques", est une grande ballade sentimentale qui transpire globalement la bonne humeur, l'optimisme, la joie de vivre. Entraînante, joviale, romantique, c'est encore le seul moment emprunt de nostalgie et de mélancolie qui m'émerveille le plus sous le titre de "Stromboli", celui qui a cette capacité indicible de me laisser rêveur ou pensif derrière le carreau humide d'une fenêtre, celui qui a cette particularité insoupçonnée d'étouffer mes éclats de rire sous le fracas silencieux de mes pensées ou de mes souvenirs, celui qui a l'art de réanimer les sourires éteints des femmes qui ont croisé ma vie sans s'y accrocher.

Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Izzo1

Le Synopsis: <<Davide est un chef international renommé. Il a un défaut majeur: l'incapacité totale de se lier aux responsabilités. Pour cette raison, il n'a jamais voulu ouvrir son propre restaurant, ni réussi à maintenir une relation stable avec les femmes qui ont vécu sa vie. Lorsqu'il est renvoyé du restaurant où il travaille en raison de la relation qu'il entretient avec l'épouse du propriétaire, il retourne dans son Stromboli natal où il a un accident de plongée. À l'intérieur de la chambre hyperbare, il se retrouve à retracer les moments les plus importants de sa vie avec les femmes qui en ont fait partie, à commencer par sa mère Diletta, une femme qui s'occupe des goélands et des chats; Monica, peut-être la femme la plus importante de sa vie, dont Davide a eu son fils Tommaso; Isabella avec qui, depuis des années, elle a une correspondance presque exclusive; Stefania et ses mille obsessions pour pouvoir l'oublier. L'accident de Stromboli lui fait réfléchir sur les choses les plus importantes de sa vie: après avoir découvert que son vrai père est en réalité une autre personne, dont il a hérité de toute sa créativité, Davide commence à prendre pour la première fois des décisions importantes qu'il avait évitées par le passé: il ouvrira son propre restaurant à Stromboli, le lieu où il est né et où il a passé son enfance, et il sera aussi un père plus présent.

https://www.youtube.com/watch?v=NUe2TXOEaPs

Ce fut un cycle assez difficile à réaliser dans la mesure où il m'a causé plusieurs hésitations et changements d'avis, parfois au dernier moment, sans doute parce que je n'avais pas suffisamment mûri mes choix. Les raisons ne furent pas musicales car j'ai dû renoncer pour ce cycle en deux parties à des partitions qui me sont émotionnellement chères comme La Lupa (1996) qui met en scène Monica Guerritore, Lolita (1997) avec Melanie Griffith et Dominique Swain, La Moglie piu bella (1970) qui offre un rôle poignant et éprouvant à une jeune Ornella Muti, La Femme du dimanche (1975) avec Jacqueline Bisset, Liv Ullmann dans Leonor (1975) puis dans Mosca Addio (1987) et Gli Indifferenti (1988), deux réalisations de Mauro Bolognini, ou encore une nouvelle fois Monica Guerritore et Laura Antonelli dans La Venexiana (1986) du même Bolognini. J'aurais eu matière à poursuivre l'aventure, mais ce n'est que partie remise et sûrement d'infinies bonnes raisons d'aborder ces titres sous d'autres angles et d'autres thèmes.
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MessageSujet: Le Ruffian   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-06-12, 16:28

Le Ruffian est un film franco-canadien réalisé par José Giovanni, sorti en 1983.

Aldo (Lino Ventura) est un vieil aventurier, un « ruffian ». Après avoir longtemps bourlingué, il s'est retrouvé à travailler dans une mine d'or, dans un coin isolé au cœur des Rocheuses canadiennes. Un jour de paie, des bandits lourdement armés et sans scrupules attaquent la mine et massacrent ouvriers, employés et gardiens. Seuls Aldo et deux Indiens parviennent à se cacher, puis à éliminer un à un les gangsters. Devant le résultat, ils décident de disparaître ensemble, en emportant les caisses de pépites d'or. Mais, comprenant que les deux Indiens n'ont guère de bonnes intentions à son égard, Aldo prend les devants et saisit la première occasion pour leur fausser compagnie. Après un long trajet en jeep, il poursuit sa route en descendant une rivière en canoë. C'est là que les choses se gâtent : il s'aperçoit in extremis qu'il est arrivé en haut d'une chute d'eau. Il arrive à s'en sortir, mais le précieux chargement roule dans les rapides.

Il reprend sa route et rejoint à Montréal son meilleur ami, Gérard (Bernard Giraudeau) et son épouse. Gérard est handicapé des membres inférieurs, suite à un accident de course automobile, dont Aldo se sent responsable. C'est d'ailleurs là sa vraie motivation : la fortune restée sous la chute d'eau lui permettrait de payer à son ami une opération pour qu'il puisse retrouver l'usage de ses jambes. Il retrouve également la « Baronne » (Claudia Cardinale), une ancienne maîtresse qui gère un bar, et son fidèle employé, le vieux John (Pierre Frag).

Aldo leur annonce la nouvelle : ils sont désormais tous riches à millions, mais à condition de tous participer à l'expédition pour aller repêcher le trésor. Et cela ne s'avèrera pas facile. En effet, Aldo parvient à organiser un événement exigeant pour collecter le trésor et sécuriser son financement. Tout le monde va à la cascade ensemble et Aldo lui-même descend sous la surface et sort des caisses d'or. Même si le succès de l'événement est menacé sur place par un criminel local qui a découvert le groupe et les a menacés, les amis parviennent finalement à sortir les cartons et à gagner une énorme richesse.


(Résumé Wikipedia)

Sur des prises de vue magnifiques des montagnes Rocheuses, en Colombie Britannique (Canada), se greffe une histoire où l'on ne s'ennuie pas. Comme d'habitude, Lino Ventura qui se retrouve plongeur-scaphandrier pour retrouver les caisses d'or au pied de la cascade, est, comme d'habitude, époustouflant.

La musique de Ennio Morricone, principalement une sorte de petite marche avec quelques instruments, est mémorisable dès le début.




https://www.youtube.com/watch?v=LQBrcDIqVYo
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-06-12, 16:44


J'ai cru que tu allais m'annoncer une mauvaise nouvelle. Laughing
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-06-12, 16:52

Icare a écrit:

J'ai cru que tu allais m'annoncer une mauvaise nouvelle. Laughing

Le décès de Morricone ? Le plus tard possible j'espère pour lui comme pour nous Very Happy

Ça ne me dit pas ce que tu penses du Ruffian Laughing
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-06-12, 17:50


Un film imparfait mais quand même sympathique dans des décors naturels somptueux et sur une musique à la fois douce et sauvage de Morricone, tout dépend des thèmes.
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MessageSujet: Re: Ennio MORRICONE (cinéma)   Ennio MORRICONE (cinéma) - Page 20 Empty2020-07-07, 11:17

Ennio Morricone: 1O novembre 1928 - 6 juillet 2020:

Je réitère mon bref hommage sur son topic exclusivement dédié à sa musique de film:

j'ai voulu lui rendre hommage par un thème musical qui est lui-même un hommage de compositeur à compositeur et n'a pas la physionomie d'un requiem. Il porte de l'entrain, on peut le voir comme un personnage musical qui est heureux de monter au paradis et de rejoindre ainsi ses maîtres. Ils furent J. S. Bach , la Montagne, comme il disait, Palestrina, Frescobaldi, Mahler, Stravinsky, il me semble que ce sont les noms qui revenaient le plus souvent... Le film de laquelle est tirée la vidéo, ci-dessous, n'est pas vraiment une comédie. Le personnage principal interprété par Marcello Mastroianni joue le rôle d'un vieil homme qui veut revoir ses enfants pour s'assurer qu'ils vont tous bien avant de mourir. Le début de la vidéo commence par une scène où il se recueille sur la tombe de sa défunte épouse. C'est une musique très positive dans l'esprit global qui l'anime mais la mort est là...

https://www.youtube.com/watch?v=ehJs3NJ9a5g&feature=emb_title
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