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 Camille Schubert (Prilipp) (1810-1889)

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joachim
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joachim

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MessageSujet: Camille Schubert (Prilipp) (1810-1889)   Camille Schubert (Prilipp) (1810-1889) EmptySam 30 Nov - 18:51

Charles Edouard Camille Prilipp dit "Camille Schubert", né à Paris 3e le 16 mars 1810 et mort à Montmagny le 13 novembre 1889, est un compositeur français, auteur de nombreux quadrilles, valses et autres musiques de danse, il était également éditeur de musique à Paris.

Camille Prilipp était le neveu de Léon Prilipp, ouvrier chez Pleyel, qui fonda en 1816 son propre atelier de fabrication de pianos et d'édition musicale. C'est ainsi qu'après la mort d'Ignace Pleyel en 1831, les Prilipp récupérèrent une partie du catalogue, comprenant notamment des œuvres de Chopin.

Ayant étudié avec Reicha, Camille Prilipp s'était donc établi en 1834 comme éditeur de musique au 18, boulevard Montmartre. L'éditeur allemand Härtel en parle ainsi à son agent parisien Heinrich Probst :

"Qui est ce Monsieur Prilipp qui détient des parts des éditions Pleyel ? Est-ce ce petit jeune homme que j'ai vu avec vous au magasin, et des compositions duquel vous me disiez du mal ? "

Prilipp déménage quelques années après. Ainsi, selon Fétis,

"M. Prilipp [...] tint pendant de longues années, sur le boulevard des Italiens8, un établissement de librairie musicale auquel il a renoncé il y a peu de temps, et qu'il achalandait surtout de ses propres œuvres, publiées sous le nom de Camille Schubert. Celles-ci, dont le nombre ne s'élève guère à moins de quatre-cents, consistaient surtout en transcriptions, fantaisies légères sur des thèmes d'origine populaires, et en morceaux de musique de danse : quadrilles, galops, polkas, rédowas, etc."

— François-Joseph Fétis, Biographie universelle

Dès 1827 (il a 17 ans !), Prilipp fait paraître ses premières romances. S'il publie d'abord ses œuvres sous son vrai nom (jusqu'à l'opus 6), il ne tarde pas à masquer son identité en empruntant le patronyme du célèbre Viennois. Cela n'est pas du goût de tous ! En témoigne ce savoureux échange, alors qu'il présente au Cercle Sainte-Cécile son Album Camille Schubert pour l'année 1840 :

"M. le président invite M. Prilipp à donner quelques explications sur le Schubert dont il publie les œuvres. M. Prilipp (avec hésitation) : C'est un Schubert...

— Je vois bien que c'est un Schubert ; mais voilà déjà une infinité de Schubert qui se présentent à l'horizon musical. On ne fait plus un pas sans coudoyer une mélodie de Schubert, et c'est fort gênant. M. Prilipp se retire un peu confus."


En 1843 Heine n'a pas une meilleure opinion que Probst :

"Le plus misérable rebut de romances paraît ici sous le nom simulé de Camille Schubert, et les Français, qui ignorent sans doute que le prénom du véritable Schubert est François, se laissent tromper de la sorte. Pauvre Schubert !"

— Heinrich Heine, Lutezia


Du reste, presque toute sa carrière durant, le choix de ce nom sera critiqué. Ainsi, encore en 1867 :

"Ne serait-ce pas le cas, pour l'honorable musicien qui se cache sous le nom si connu que l'on vient de lire, de renoncer à un pareil pseudonyme et de reprendre tout simplement celui qui ne peut le faire confondre avec le célèbre auteur des Lieder, celui qui lui appartient de par son acte de naissance? "


La musique légère du "Schubert parisie" semble en tout cas avoir eu un certain succès, tant par sa facilité d’exécution, comme en témoigne une revue d'époque :

"Abordable aux jeunes talents par sa facilité..."

"Le nom de l'auteur est la garantie d'un arrangement facile et agréable".

... que par son caractère léger :

"Un nouveau recueil de quadrilles de Camille Schubert est de même appelé à une grande vogue. [...] Il deviendra indispensable dans toute soirée joyeuse, à cause de la gaieté de ses motifs et de leur habile arrangement"


Au milieu du siècle, la notoriété de Camille Schubert était internationale : les plus célèbres de ses pièces étaient éditées ou rééditées en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis — il faut dire qu'en matière de danse, c'est Paris qui, alors, donnait le ton. Ainsi en 1847, on peut lire dans The Musical World que "Camille Schubert, Strauss [et] Redler [...] sont bien connus et très populaires". L'article poursuit, à propos de Cinq Nouvelles Polkas :

"Elles sont certainement Cinq, mais incontestablement pas nouvelles. Mais comment attendre de la nouveauté, quand l'accent et le rythme, la mesure et le tempo, ainsi que le caractère, etc. sont contraints d'être invariablement les mêmes, faits d'après un modèle qui doit servir pour l'éternité ? Cependant les polkas de M. Schubert sont très jolies, pétillantes, et surtout essentiellement propres à être dansées".


Œuvres

Camille Schubert composa plus de 400 danses ou marches, parmi lesquelles (par ordre alphabétique)

Les archers du Roi, Op.101
Bagatelle sur une mélodie de Beethoven, op. 54
Bertha
Le Calme, mélodie sans paroles, op. 379
Cendrillon
Les Charmes de l'Hiver, cinq valses et galops, op. 20
La Chasse indienne, Op.217
Chevaleresque Quadrille
Les Colombes messagères, Op.169
Les Confidences, Op.219
Le Cor enchanté, valse brillante, avec cornet à pistons ad libitum, op. 356
Correo de la Moda
La Couronne de bleuets, Op.221
Les Dames de Séville, valses Op.43
La Démence de Charles VI
Le Demi-monde, op. 223
Don Juan, Op.206
Les Échos de l'âme, Op.180
Les échos du Rhin, Op.162
Elle n'est plus !, Op.404
L'escadron de la Reine, Op.88
L'Étoile du berger, Op.298
Fantaisie dramatique sur l'opéra 'Der Freischütz', Op.44
Fantaisie élégante sur Beatrice de Tende de Bellini, op. 59
La Fauvette de Montmagny, Op.420
La Fée de la Prairie, Op.222
La Fête des Chasseurs, op. 47
La Fête des Gondoles, Op.299
La Fiancée du Diable, Op.189
Les Fifres du régiment, Op.295
Fifres et Clairons, Op.243
Les Filles du ciel, suite de valses brillantes, op. 69
Les Fils de France, Op.216
Gunpowder
Les Harmonies du soir, Op.300
Imperial Vichy, quadrille, op. 305
La Joie de la maison, Op.322
Les Jolies Filles de Parme, Op.60
Le Langage des Fleurs, Op.261
La légèreté
Londres qui danse
Louisette, valse, op. 373
Marche du prince de Galles, Op.413
Le Mardi gras aux enfers, Op.79
Mosaïque sur des motifs de la 'Norma', Op.27
L'Oriflamme, Op.218
Les petits postillons, Op.56
La Poste, quadrille, Op.39
Le premier bal d'Emma, Op.135
Le Premier Succès,quadrille mignon suivi d'une valse, Op.155
Les Rayons et les Ombres, Op.220
Les Rêveuses, 3 polkas-mazurkas, op. 151
La rose de Palerme, Op.232
La Rosée du matin, Op.297
The Roses
Les soirées parisiennes, Op.128
Les Songes dorés, Op.331
Le soupir, Op.302
Télégramme-Polka, Op.324
La Terre d'exil, romance
Le Traîneau des amours, Op.301
Un souvenir d'Italie, Op.51
Variations élégantes sur un motif de l'Opéra 'Le Pirate', op. 36
La Vie d'une rose, grande valse, op. 386
Les violettes de Parme, Op.150


Connu pour sa musique légère, Camille Schubert devait vouloir être reconnu comme un compositeur sérieux : sa grande messe solennelle (op. 200) pour solistes, chœur et orchestre, fut donnée à Saint-Eustache en 1854, 1857 et 1863, au profit de la Caisse des écoles de l'arrondissement.

En 1884 il écrivit une marche pour chœur et orchestre, créée pour l'inauguration du clocher de l'église de Montmagny.




https://www.youtube.com/watch?v=e73GQa1SNRo
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