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 Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928

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laudec

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MessageSujet: Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928   Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928 EmptyVen 4 Oct - 12:53

Icare, peut-être que cette contribution est mal placée, il ne s'agit pas vraiment de musique de film mais de chansons utilisées dans des films ... pourrais-tu alors déplacer ceci vers sa juste destination, merci !

Serge Rezvani, né Cyrus Rezvani (en persan : سیروس رضوانی) le 23 mars 1928 à Téhéran, est un peintre, graveur et écrivain3 (romans, pièces de théâtre), ainsi qu'un auteur-compositeur-interprète de chansons (il se qualifie de pluri-indisciplinaire).

Il a écrit plus de 40 romans, 15 pièces de théâtre et deux recueils de poésie. Il est l'auteur de plus de 150 chansons, dont la célèbre Le Tourbillon (de la vie), interprétée par Jeanne Moreau dans le film Jules et Jim, ainsi que de J'ai la mémoire qui flanche, également interprétée par Jeanne Moreau (il signa ces chansons sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak, ce qui signifie « va-nu-pied » en russe).

Voici la belle histoire de ce "va-nu-pieds" comme il dit, pour lire la suite (peinture, théätre...) voici le lien wiki https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Rezvani

Biographie (wiki)

Jeunesse

Né en 1928 à Téhéran (en Perse - actuellement Iran), d'un père persan (Medjid-Khan Rezvani, né à Ispahan en 1900, mort en 1962) et d'une mère juive émigrée russe, Serge Rezvani arrive en France à l'âge d'un an avec sa mère. Jusqu'à l'âge de sept ans, il ne parle que le russe, quand sa mère - atteinte du cancer à une époque où l'on coupait les membres des malades - doit le laisser dans un pensionnat pour immigrés russes, pour qu'elle puisse être soignée. Serge Rezvani apprend alors le français. Son départ le laisse seul. Il dit :

   « Je n'avais rien, ni jouets ni vêtements. Je me suis toujours senti de nulle part, sans attaches matérielles. »

Sa mère mourra jeune dans le ghetto de Varsovie, en 1938. Alors qu'il est âgé de 10 ans, son père, qui est un grand magicien tout autant que charlatan diseur de bonne aventure8, le récupère — quasiment de force — en Suisse où il était caché. Serge mène une enfance tourmentée qui le conduit dans diverses pensions d'émigrés russes en région parisienne tenues par des Russes blancs, avec pour seul havre intermittent le foyer de son père, homme à femmes délaissant sans scrupule son enfant, jusque pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayant tôt pris l'habitude de s'évader par le dessin, à quinze ans il s'enfuit d'une de ces pensions et découvre alors la liberté et la précarité dans Paris occupé (à Montparnasse) pour devenir peintre.

Au sortir de la guerre, il est pêcheur sous-marin au Cap Lardier à Saint-Tropez.

   « J’ai vécu de ça. Je plongeais très profond et ramenais beaucoup de poissons. La presqu’île était encore minée, car les Allemands venaient juste de partir. J’étais très pauvre. Je me suis installé au Cap Lardier, un endroit magnifique et très sauvage. »

C'est ainsi qu'il découvre cette région du massif des Maures, où il s'installera quelques années plus tard.

Mais rapidement Serge Rezvani monte à Paris exercer ses talents de peintre, faisant alors partie des jeunes peintres abstraits de l'après-guerre. Il sera peintre pendant plus de vingt ans, jusqu'en 1967 environ, date où, la peinture ayant perdu toute signification pour lui, il se tournera vers l'écriture.

La rencontre de Lula

En 1950, il rencontre Danièle Adenot, la femme de sa vie, qu'il appelle Lula. Il a 22 ans, elle 19. Le père de Danièle est le chef de cabinet du Président du Conseil de l'époque, et leur famille est issue de la descendance de George Sand. Serge Rezvani raconte :

   « Il ne voulait pas qu'elle soit avec un étranger, un Juif iranien, un bâtard. Elle laissa tout tomber pour venir vivre avec moi. Pendant 50 ans, on ne s'est jamais quitté, pas une nuit, pas un jour, pas un repas. La seule exception fut quand je fus en chambre de réveil, après une opération à cœur ouvert.
   Ce n'était pas une décision volontaire de notre part, nous avions simplement un tel plaisir à être ensemble. Si quelqu'un nous avait dit au début vous serez ensemble pendant 50 ans, on se serait tout de suite séparés ! Quelle condamnation ! Mais bien sûr, ce ne fut pas assez.
»

Il ajoute : « Quand elle arriva dans ma vie, ce fut immédiat et pour toujours. » Lula prendra sa place au centre de son travail artistique, et sera le sujet de plusieurs de ses romans. Avant de faire sa connaissance, il avait été marié très peu de temps avec Evelyne Lanzmann, comédienne française, sœur de Claude et Jacques Lanzmann.

Une vie à La Béate

En 1952, Danièle et lui se marient. Ils quittent Paris pour le Midi de la France, à la Garde-Freinet. Le couple vit alors dans une modeste maison du XIXe siècle sans eau ni électricité, enfouie dans la végétation du massif des Maures, juste à la sortie de La Garde-Freinet, et portant le nom La Béate. « C'était un peu plus grand qu'une cabane, un peu plus petit qu'une villa. » Ils l'adorent, la louent. Le propriétaire, gentil, la vend au jeune couple pour un prix modique payable quand ils peuvent. Et c'est ainsi que leur vie merveilleuse s'enracine.

Là, Rezvani commence à écrire, peint quand ils ont besoin d'argent, compose des chansons pour distraire Lula (elle, peint et écrit également). Cette maison devient le centre de leur monde. Le couple est étonnant, tous deux vêtus de blanc.

   « En 1960, le village de la Garde-Freinet, sans agents immobiliers ni vacanciers, était très pauvre. Je pense que nous avons eu la première voiture. Il y avait des chevaux à l'abreuvoir, et même des bœufs. Les villageois sont restés comme ils étaient, des gens réservés des montagnes, pas démonstratifs comme sur la côte. Notre amitié est sérieuse et profonde. »

Après l'avoir longtemps désiré, Danièle et Serge trouvent également leur pied-à-terre idéal à Venise, où ils viennent se ressourcer durant la saison morte, six mois par an. Ils y renouent avec une vie sociale plus large, et Serge y écrit beaucoup. C'est ainsi qu'ils partagent leurs « années-lumière » entre La Béate et Venise.

Ils vivent durant quarante années à La Béate. En 2000, Serge Rezvani raconte ces décennies passées à La Béate dans Le roman d'une maison, illustré de photos du couple heureux. « La mort ne pourra jamais nous détruire, ça ne pourra jamais effacer une telle perfection sereine », écrit-il. La Béate sera détruite dans un incendie de forêt dans les années 2000.

La maladie de Lula

Dans les années 1990-2000, Rezvani accompagne au quotidien sa femme Lula, atteinte de la maladie d'Alzheimer. En 1999, il se remet à la peinture, également à la photographie et aux collages, et présente l'exposition Femme donna à Venise. Il reprend l'écriture de chansons auprès de Mona Heftre, après tant d'années passées loin de ses chansons. Ces activités l'aident à supporter l'impuissance devant laquelle il se trouve face à cette terrible maladie qui éloigne l'être aimé inéluctablement chaque jour.

En 2002 le diagnostic tant redouté (car la mère de Lula avait elle aussi succombé à cette maladie) tombe. Il vit cloîtré auprès d’elle, transformant la Béate — devenue la « maison de la Belle au bois dormant » — en hôpital et faisant construire une maison de gardien à côté de celle-ci pour héberger les aides-soignants qui aident Lula durant les mois ultimes. Les dernières années, il passe la semaine à Paris afin de gagner suffisamment pour rémunérer le personnel. En 2003, il publie un livre en hommage à sa femme, L'Éclipse, dans lequel il parle de la maladie dont elle est atteinte.

Après le décès de Lula en décembre 2004, au bout de dix années très difficiles, il songe à mettre fin à sa vie.

   « Ce que nous avons vécu ensemble était si fort que si elle était morte subitement je me serais suicidé. Mais pendant plus de dix ans, elle a eu l’extraordinaire élégance de me permettre de m'habituer à son absence. » « J'ai cru ma vie finie, je n'attendais même pas la mort car se figurer sa propre mort, c'est se situer encore dans la vie. »

Depuis 2005

Mi-2005, il rencontre l'actrice Marie-José Nat, qui était alors également veuve de Michel Drach. Les deux couples se connaissaient et s'étaient brièvement rencontrés dans les années 1960. Serge et Marie-José se marient le 30 septembre 2005, en ayant conscience — comme ils le disent eux-mêmes — qu'il ne leur reste plus que quelques années à vivre. Ainsi que le rappelle Serge :

   « Je suis amputé. Je ne refais pas ma vie, je la continue autrement… »

Il en écrit un livre, Ultime amour. Serge Rezvani vit aujourd'hui auprès de Marie-José Nat à Bonifacio.

Les différentes facettes de l'artiste

Serge Rezvani aime à se décrire comme ayant « plusieurs arcs à sa flèche », signifiant par là qu'il poursuit toujours le même but, mais en utilisant différents moyens d'expression pour traduire un même sentiment, sous des angles différents.

La chanson

Des chansons pour les intimes

À la fin des années 1950, Serge Rezvani, alors peintre, se met à composer ses premières chansons, destinées à amuser sa femme, sur une guitare offerte par Francesca Solleville. « J'avais envie de musique. Je jouais très mal de la guitare et j'étais incapable de chanter les chansons des autres. Poussé par cette incapacité, j'ai trouvé trois-quatre accords et les mots sont venus. Mon grand ami Jean-Louis Richard, le mari de Jeanne Moreau, a adoré la première chanson, il l'a apprise, s'est amusé à la chanter. Puis une seconde. Au gré de l'inspiration et sans technique, je me suis aperçu que je tenais une sorte de journal chanté. »

Ces chansons étaient connues de leur seul cercle d'amis : Jean-Louis Richard et Jeanne Moreau, François Truffaut (qu'il rencontre grâce à Jeanne Moreau) et Madeleine Morgenstern, Francesca Solleville, Boris Vian. Mais également Maurice Alezra, Marianne Feld et Jean-Claude Vignes. Ces chansons sont alors le prétexte à de petites fêtes chez les uns ou les autres : « À l'époque, à la fin des années cinquante, mon meilleur ami s'appelait Jean-Louis Richard, mari de Jeanne Moreau. Nous formions deux couples extrêmement liés, Jeanne et Jean-Louis, ma femme Danièle et moi. Nous étions voisins à la Garde-Freinet dans le Var, où nous passions de chaleureuses soirées à dîner, chanter, organiser des spectacles... De même à Paris, où l'on se retrouvait une fois par semaine chez les Richard, avec Boris Vian, Francesca Solleville... J'y amenais mes dernières chansons, on mangeait des spaghetti, on jouait aux cartes, avec une double punition infligée au perdant : chanter Jo Le Rouge debout sur la table et faire la vaisselle! (rires) »

« Ces chansons et la communication qu’à travers elles j’établissais avec les autres m’apportèrent de grandes joies. Le silence de la peinture étouffait depuis longtemps le peintre. Voilà que le peintre se mettait à chanter tout à coup pour dire ce que sa main ne pouvait peindre. Dans ces chansons je parlais de Danièle, de mon amour pour elle, du bruit meurtrier de la ville, de notre vie, de la mort, de mes peurs et de mes espoirs : elles devinrent en quelque sorte mon journal chanté. Je venais de prendre la parole. »

Un succès inattendu

Un jour, François Truffaut - qui adorait les chansons de Serge - lui demande s'il peut utiliser une de ses chansons pour le film Jules et Jim qu'il avait alors en préparation. C'est ainsi que, en 1961, l'une de ses chansons intimistes quitte le cercle de ses amis pour rejoindre le cinéma. On y voit Serge Rezvani accompagnant à la guitare Jeanne Moreau pour la chanson Le Tourbillon (de la vie). « Et [François Truffaut] a souhaité que j’accompagne Jeanne sur trois notes. C’est ce que j’aime dans une chanson : qu’elle reste fragile, comme si elle était inachevée. »  Serge Rezvani avait en fait composé cette chanson sept ans plus tôt pour Jeanne Moreau, qui n'avait cessé de se séparer de son compagnon du moment Jean-Louis Richard, meilleur ami de Serge à l'époque. Serge y joue lui-même dans le film un second rôle, celui d'Albert (sous le pseudonyme de Cyrus Bassiak).

Il signe à l'origine ses chansons sous un pseudonyme afin de garder son anonymat, avec l'idée qu'un succès du film l'éclairerait trop. Il dit : « Pour différencier mon activité de compositeur de mon activité de peintre, je me suis camouflé derrière un pseudonyme, Cyrus ou Boris Bassiak (« bassiak » signifie « va-nu-pieds » ou « vagabond » en russe, Boris est son prénom de naissance, et Cyrus est le prénom - également russe - que lui donnait sa mère lorsqu'il était enfant.

Le succès, en quelques mois, du Tourbillon conduit Jeanne Moreau en 1963, sous la houlette de Jacques Canetti, à enregistrer un premier 33 tours de chansons de Rezvani, intitulé 12 chansons de Bassiak (album s'ouvrant par la célèbre chanson J'ai la mémoire qui flanche). Ce disque obtiendra le Grand prix de l'Académie Charles-Cros en 1964. Cette même année 1963, elle enregistre la chanson Embrasse-moi, tirée de la bande originale du film Peau de banane de Marcel Ophüls (cette chanson est également reprise à la même époque par Francesca Solleville, qui enregistre quelques chansons de Rezvani et les interprète sur scène). Toujours en 1963, Jacques Baratier réalise le film Dragées au poivre en y incluant des chansons de Rezvani.

Peu enclin à entrer dans le métier, Rezvani finit par se rendre à la SACEM pour y passer l'examen d'auteur-compositeur. Ne sachant pas écrire ses musiques, il y est considéré comme « mélodiste » : il devra faire cosigner toutes ses chansons par des compositeurs considérés comme tels... Cela explique les cosignatures mentionnées sur tous les enregistrements pendant plus d'une vingtaine d'années, jusqu'à ce que ses œuvres lui soient enfin attribuées au double titre d'auteur et de compositeur. Et qu'il les assume sous son véritable nom43.

En 1965, Jean-Luc Godard, en repérage dans le Var pour Pierrot le fou au volant de sa grosse voiture américaine, entend Jeanne Moreau à la radio, et dit à son assistant qu'il « aimerait avoir une chanson du type qui a écrit ça. » Anna Karina se souvient : « Jean-Luc adorait Le tourbillon. Il savait par Truffaut que Bassiak était un auteur-compositeur terriblement original. » Se trouvant alors juste à une vingtaine de kilomètres de La Béate, Godard et son assistant débarquent à 7 h du matin chez les Rezvani. Serge lui fait écouter les 3 chansons qu'il a sur son magnétophone à ce moment-là, et Godard lui répond simplement « ce sont celles qu'il [me] faut. » Anna Karina en chante deux dans le film (Ma ligne de chance et Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours ô mon amour), et, dans un mouvement d'humeur envers Godard (qui était alors son mari), refuse la troisième, Angora rose.

En 1966, Jeanne Moreau reprend notamment cette chanson sur son second album 12 nouvelles chansons de Bassiak, qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros. Trois titres restés inédits en 1966 lors de cet enregistrement (Fille de personne, La Fermeture glissière et Minuit Orly) seront édités en CD par la suite, tandis que d'autres n'ont toujours pas été publiés à ce jour.

Les chansons de Rezvani contribuèrent à faire de Jules et Jim et Pierrot le fou des films culte de la Nouvelle Vague. Et Serge Rezvani devient dorénavant, bien malgré lui (sous le pseudonyme de Boris Bassiak), l'un des compositeurs associés à ce courant du cinéma français.

Sa carrière de discret auteur à succès couvre ainsi juste quelques années, de 1961 à 1966 : car moins de cinq ans après le succès du Tourbillon, et alors que les plus grands studios de cinéma américains lui proposent de venir travailler à Hollywood - en contrepartie d'une rémunération conséquente -, et qu'on lui demande à la même période d'écrire pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Serge Reggiani (dont Jacques Canetti veut faire un chanteur, Serge Rezvani décide de raccrocher sa guitare.

Leur rôle de passage à l'écrit

Ces chansons amènent surtout le peintre vers l'écrit. En 1965, Rezvani part de sa chanson J'ai la mémoire qui flanche pour écrire sa première pièce de théâtre, Les immobiles, dans laquelle un vieil homme dont la mémoire fuit s'efforce de retrouver son passé en écrivant quelques couplets (en 2010, cette pièce n'a encore jamais été jouée34). Avec Les immobiles, il approfondit une nouvelle forme d'écriture. Il dit : « J'ai toujours eu la nostalgie de l'écriture. [...] Je suis arrivé à écrire par les chansons et j'ai éprouvé le sentiment d'une grande délivrance le jour où, grâce à elles, j'ai trouvé la voie. J'ai écrit mes premiers livres comme j'écrivais mes chansons. J'emploie des moyens différents mais tout ce que je fais est un ensemble. »

En outre, ces quelques succès lui assureront dorénavant une relative liberté financière, qui l'aidera particulièrement à certaines périodes difficiles de sa vie.

En 1968, l'actrice Vanessa Redgrave enregistre dix belles versions de chansons de Rezvani, en version anglaise (adaptations anglaises de Julian More, et sur des arrangements et direction d'orchestre de Antoine Duhamel), pour le film inachevé Red and Blue de Tony Richardson.

En 1976, Jean Arnulf reprend également les chansons de Serge Rezvani dans un album intitulé Jean Arnulf Chante Rezvani.

Les chansons de Serge Rezvani ne seront plus interprétées pendant plus de 20 ans.

En 1994 paraît le CD Notre folle jeunesse (Deyrolle éditeur), sur lequel il chante 17 de ses chansons en s'accompagnant à la guitare. C'est la première fois que l'on peut entendre Serge Rezvani interpréter ses chansons. Mais ce coffret à petit tirage, passé quasi inaperçu, a fini dans les bacs des soldeurs.

La redécouverte

À la fin des années 1990, Mona Heftre, comédienne qui s'illustra dans la troupe du Magic Circus de Jérôme Savary, découvre les deux chansons de Cyrus Bassiak dans Pierrot le fou, puis leur véritable auteur, et plonge alors avec passion dans ses romans. Elle décide de reprendre le riche répertoire de Serge Rezvani : « Je veux, dit-elle, porter partout ces chansons d'amour graves, tendres, légères et drôles parfois. Je me sens enfin capable de les interpréter vraiment. Il faut avoir vécu pour chanter Rezvani, et j'ai vécu... des joies, des malheurs, des espoirs. » En 1999, elle crée le tour de chant Tantôt rouge tantôt bleu (avec des airs inédits dénichés dans ses pièces de théâtre au Sentier des Halles à Paris.
Puis Mona fait la connaissance de Serge Rezvani. Il lui chante des airs oubliés qui lui reviennent en mémoire après des années d'amnésie volontaire. Elle enregistre un premier album de ses chansons intitulé Tantôt rouge, tantôt bleu (Actes Sud, livre-disque contenant les paroles de 72 chansons de Rezvani), avec la complicité du pianiste Gérard Daguerre (accompagnateur notamment de Barbara). Ce disque obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros et de l'Adami. Puis Mona interprète les chansons de Rezvani au TNP (salle Gémier), à l'Opéra-Comique, au Théâtre du Renard (Les années Lula, 2003).

Mona enregistre alors un deuxième album en studio qui aurait dû voir le jour, mais à la suite de problèmes d'héritage avec son producteur, ce sera finalement un album enregistré en public, Embrasse-moi, qui sortira en 2004.

Mona Heftre demanda à Serge Rezvani de nouvelles chansons. Celui-ci, touché par son interprétation, lui suggéra de puiser dans ses pièces de théâtre, où il les a « mises à l'abri », en particulier dans la pièce intitulée Le Cerveau. Puis il finit par se prendre au jeu, et consacra une année à ces seules nouvelles chansons pour Mona Heftre. En ayant l'idée toutefois qu'il ne retrouverait « ni la grâce, ni l'inconscience d'autrefois... J'avais oublié les accords, dit-il, je ne touchais plus ma guitare depuis près d'une vingtaine d'années. Et j'ai réalisé que ça fonctionnait. Plusieurs d'entre elles vont peut-être plus loin que certaines des années 1960. Entre-temps, je me suis imprégné de d'écriture et de vie... Alors que Lula était irrémédiablement malade, ces chansons m'ont peut-être sauvé la vie. »

À l'initiative de Bertrand Py (travaillant pour le compte des Éditions Actes Sud), Serge Rezvani entreprend d'enregistrer l'intégrale de ses chansons. À l'occasion de la parution du premier des 6 CD, il s'aventure sur scène pour accompagner l'événement à Arles et aux Bouffes du Nord à Paris. Puis à Venise et à La Garde-Freinet durant l'été 2005, après le décès de Lula, comme une sorte d'adieu à des lieux chéris. Puis en automne 2005 au Théâtre Ouvert de Lucien Attoun à Paris, par affection pour le couple-maître des lieux. Ces cinq concerts lui donnent le goût de poursuivre lorsqu'il rencontre la professionnelle (Gladys Gabison) à même de concilier la scène et les périodes consacrées à l'écriture. « Je ne me vois pas partir en tournée, dit-il, mais l'idée d'aller ponctuellement dans des lieux différents me plaît bien. Alors que je me suis présenté sur scène, assis, un peu comme si j'étais chez moi, un peu en amateur, feuilletant mon cahier de chansons - je ne les connais pas par cœur et ne peux peut-être pas les apprendre -, je réfléchis avec mon guitariste (Amaury Canovas-Filliard) sur la façon de changer un peu les choses. En travaillant davantage la guitare pour chanter debout. »

Fin 2005, parait le livre-CD Quand tombe la nuit, une comptine pour enfants racontée, dessinée et chantée par Serge Rezvani, avec notamment la participation de Mona Heftre.

En 2007, Helena Noguerra reprend certaines de ses chansons dans l'album Fraise-vanille, dont certains titres sont diffusés à la radio.


Dernière édition par laudec le Ven 4 Oct - 17:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928   Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928 EmptyVen 4 Oct - 12:59


"Le Tourbillon de la Vie" par Jeanne Moreau dans le film "Jules et Jim" de François Truffaut.


https://youtu.be/dcVcwwo8QFE
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MessageSujet: Re: Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928   Serge Rezvani ou Cyrus Bassiak (pseudo) né en 1928 EmptyVen 4 Oct - 15:56


Il est quand même beaucoup question de cinéma donc je laisse ici. Merci Laudec pour ce partage. Wink
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