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 Discussions autour du violon

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Icare
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MessageSujet: Discussions autour du violon   Discussions autour du violon EmptyDim Sep 29 2019, 19:18


En raison de mon cycle alternant compositeurs norvégiens et suédois, j'ai réécouté Bull's eye - A symphonic wrapping of Ole Bull's Concerto Opera I, un concerto pour violon solo et double orchestre composé courant 2003 par le Norvégien Olav Anton Thommessen. Je l'ai déjà écouté plusieurs fois et il m'a toujours séduit, ce qui est encore le cas aujourd'hui. Je viens d'y revenir et j'ai été à nouveau captivé par l'ambiance du concerto. J'avais écrit sur le fil de son auteur: <<La particularité de cette composition c'est qu'elle combine (pardon pour le terme employé) le concerto enfin retrouvé de Ole Bull et la propre musique du compositeur, toutefois sans toujours être sûr de ce qui peut appartenir à l'un ou à l'autre. En même temps, le fait que l'oeuvre soit traversée d'éléments contemporains et plus classiques, il serait tentant d'appliquer les parties les plus classiques à Bull et les parties les plus modernes à Thommessen, ce qui serait plausible au fond. Mais il est fort probable aussi que les choses soient moins évidentes et que, parfois, la musique de Bull s'immisce dans les parties plus contemporaines du concerto et que celle de Thommessen s'immisce à son tour dans ses parties les plus classiques: par moment, la musique peut commencer comme du "Bull" et évoluer vers une esthétique bien plus contemporaine et inversement, plus globalement, un concerto fragmenté au sein d'un concerto symphonique plus monumental. J'aime toujours autant, y suis toujours aussi réceptif, avec peut-être une impression de voyage virtuel à travers le temps, dans la confrontation de deux esthétiques musicales, la plus moderne feintant d'imiter la plus ancienne avant de rebondir sur des éléments harmoniques et sonores plus contemporains.>> Le violon de Peter Herresthal est très à l'aise dans ses traversées du passé et du présent, comme s"il était l'aiguille et le fil qui cousent habilement deux époques musicales ensemble. Je caricature évidemment, non sans une certaine maladresse, mais c'est ainsi que je le ressens au moment où j'écris ces lignes. Une autre prose plus intimiste et dénudée se développe sur Please Accept my Eaps (1981) pour violon et piano. Elle est courte puisqu'elle dure moins de six minutes. De caractère très doux, avec malgré tout une montée en intensité, je la considère toujours comme une perle un peu lunaire et poétique.

Il existe déjà deux fils de discussions sur le violon, un sur les concertos pour violon qui nous ont déçus et un autre sur "nos treize oeuvres pour violon et orchestre préférées". Il me parut donc utile de créer un fil de discussions plus "neutre" autour du violon et pas seulement par le biais du concerto. Je préfère que l'on évite par exemple le quatuor à cordes qui a déjà son fil, sauf dans le cas où le violon y occuperait une place importante de soliste. Nous pourrons bien sûr y évoquer le violon de toutes les périodes musicales, de la musique ancienne à la contemporaine, pouvant tolérer quelques écarts sur d'autres genres musicaux que le classique même si celui-ci doit rester le genre dominant. Je n'ai pas changé de mode opératoire et ai prévu un grand cycle autour du violon. Néanmoins, ce ne sera pas pour maintenant. Bull's eye - A symphonic wrapping of Ole Bull's Concerto Opera I de Olav Anton Thommessen peut donc être perçu comme un prologue et une bonne introduction en la matière, une oeuvre pour violon et un double orchestre réunissant passé et présent dans une sorte de double langage emprunt de modernité et de fragments de tradition.

Ole Bull: La Verbena de San Juan:

https://www.youtube.com/watch?v=ZneDXswOdkE



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Icare
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MessageSujet: Re: Discussions autour du violon   Discussions autour du violon EmptySam Jan 04 2020, 19:39

Voilà un fil qui a bien du mal à démarrer! Hehe Je ne dois pourtant pas être le seul à aimer le violon sur ce forum. Aujourd'hui, mon violon fut entièrement italien, grâce à quatre compositeurs; Ildebrando Pizzetti, Gian Francesco Malipiero, Ottorino Respighi et Alfredo Casello. Il s'agit uniquement de pièces pour violon et piano interprétées par Fabio Biondi et Luigi Di Ilio. Deux raisons m'ont attiré: l'impression d'un violon souvent tendre et poético-romantique et la présence d'oeuvres de Malipiero et Respighi, deux compositeurs sur lesquels j'ai jeté mon dévolu, ces derniers temps. Jusqu'ici, je ne connaissais rien de Pizzetti ni de Casella. D'ailleurs, ce que j'ai nettement préféré appartient justement à Respighi et Malipiero. Très sensible à l'émotion subtile développée dans le "Chant crépusculaire" du second, la "Berceuse" est une perle irrésistible signée par le premier.

<<Les auteurs nés dans les années 1880 furent, eux aussi, attirés par l'association "historiquement" séduisante du violon et du piano. l'adhésion presque obligée de cette formule portera des compositeurs comme Alfredo Casella à transcrire des pièces telles que la "Scarlattiana", à l'origine destinée à une formation plus développée. Du point de vue du violon, les compositeurs de cette génération se sont généralement orientés vers un langage plutôt exempt de virtuosité mécanique, et, en conséquence, franchement proche des idéaux de sobriété statique, classique. Ils n'ont pourtant pas toujours satisfait pleinement aux buts de cette philosophie. Ottorino Respighi, par exemple, fut un grand violoniste et altiste au début de sa carrière. Bien que cela corresponde à une première période sous l'angle de la composition, on peut tout-à-fait estimer que le langage de Respighi n'a pas été dépourvu d'un maniérisme inspiré du "Bel canto" et "romanticisant", qui n'est par ailleurs que le reflet d'une logique syllabique typique d'une façon de faire de la musique de chambre dans les deux premières décennies du XXème siècle. Mais si, du haut de sa magnifique particularité, Respighi reste un cas à part, il en est tout autrement d'auteurs comme Pizzetti ou Malipiero. Même si ce dernier rejeta une grande partie de sa production des années où se suivent les oeuvres, "Il canto nell'infinito/Canto crepuscolare/Il canto della lontananza/Canto notturno", il est difficile de ne pas être frappé par un engagement si fortement en accord avec la philosophie esthétique de Malipiero. Celui-ci, afin de se tenir à l'écart des formules en usage à l'époque (lyrisme, extériorité, etc...), nous propose un style violonistique rude, anti-instrumental. C'est le cas du "Chant crépusculaire", un jeu surréel de "masques" - pour employer un langage symbolique cher au maître - dans lequel une forme de plasticité de l'utilisation de l'archet devient l'unique solution pour l'interprétation. Car il s'agit d'une musique où le rythmique et le mélodique s'opposent continuellement, en un jeu qui prend délibérément l'allure d'un hoquet sanglotant, donc d'un style violonistique qui n'est plus qu'à sens unique, et dans lequel la couleur est, soit fortement évocatrice (Pizzetti, deuxième des Trois Chants), soit immobile, statique (Malipiero, Le Chant dans l'infini).>>

Une conception du violon: Fabio Biondi.

https://www.youtube.com/watch?v=vSpx3EMp9NA&list=PLx9ALtfDEbL4hu-cYOmPWYjQQCCf7ihpk&index=5
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