Forum sur la musique classique
 
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 Un film, un personnage réel, une musique...

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Icare
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MessageSujet: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyMer 4 Sep 2019 - 19:14

J'ai concocté un nouveau cycle autour de la musique de film, sauf que cette fois j'ai choisi uniquement des musiques qui accompagnent des films ayant pour thème un personnage réel. Je le ferai très probablement une prochaine fois avec des personnages-fiction comme "Arsène Lupin" ou "Hamlet". Pour commencer ce cycle, j'ai choisi la somptueuse composition symphonique que le compositeur danois Ole Schmidt écrivit pour la version rénovée du film muet Jeanne d'Arc (1995) de Carl Th. Dreyer. Je ne vais pas vous faire la biographie de ce célèbre personnage qui a profondément marqué l'histoire de France car je pense que tout le monde la connaît. En revanche, je peux toujours recopier ici quelques renseignements sur le film:

<<La Passion de Jeanne d'Arc est un film français réalisé par Carl Theodor Dreyer en 1927 et projeté pour la première fois à Copenhague le 21 avril 1928. Il s'agit d'un film muet mais qui avait été initialement conçu comme un film parlant, ce à quoi Dreyer dut renoncer pour des raisons liées à l'équipement technique du studio. D'où l'aspect déconcertant de ce film, qui adopte déjà les codes du parlant tout en restant un film muet. Dreyer choisit ici de centrer son propos non pas sur les guerres menées par Jeanne d'Arc, ni même sur son exécution, mais sur le procès qui devait y aboutir. Dans ce cadre très resserré, il met en opposition ce qui se lit sur le visage de la pucelle d'Orléans avec les grimaces de ses accusateurs et bourreaux, opposition qui est encore accentuée par le réalisme dont fait preuve le réalisateur pour exposer sa chronique de cet événement. Il ne s'agit donc pas ici de rendre compte d'un destin grandiose, mais de montrer quelle peut être la force de la foi face à la pression des institutions. La passion de Jeanne fait évidemment écho à la Passion du Christ. Comme le Christ qui a dû affronter l'incompréhension, la haine et les outrages des Pharisiens, Jeanne doit affronter l'incompréhension, les humiliations et la haine de l'Église. Mais en montrant une femme souffrante et persécutée, Dreyer renvoie également aussi bien à la figure de la Vierge qu'aux premières martyres de l'Église. Jeanne est en état de grâce et désire y rester: comme plusieurs personnages de Dreyer, elle a fait le grand saut dans l'indicible et ne pourra être comprise que par ceux qui auront eux-mêmes réalisé une telle conversion. La scène finale de la mort de Jeanne apparaît comme une apothéose. On relèvera l'apparition très remarquée d'Antonin Artaud dans le rôle de Jean Massieu. >> (Wikipédia)

<<Bien que le réalisateur n'ait jamais véritablement décidé d'une musique définitive pour son film, de nombreux compositeurs se sont succédés pour donner à La Passion de Jeanne d'Arc une bande son digne de ce nom. Bien avant Reinhardt Wagner, dernier musicien en date avec sa partition de 2012, c'est le compositeur néerlandais Jon Van den Booren qui écrivit une musique du film pour orchestre symphonique en 1985. Dans un tout autre genre, Nick Cave et le groupe post-rock the "Dirty Three" proposèrent en 1995 et en live leur vision du film, tout comme la rockeuse Cat Power dans de nombreuses projections en 1999. Un autre compositeur notable fut le Danois lauréat d'un BAFTA, Jesper Kyd, plutôt habitué aux jeux vidéo - Hitman, Assassin's Creed -, et commissionné en 2007 par le Festival du Film Danois pour fournir une nouvelle musique au film de Carl Theodor Dreyer.>>

Je m'étonne que la composition de Ole Schmidt, autre compositeur danois, datant, je crois, du début des années 80, ne sois pas mentionnée dans l'article ci-dessus.

La partition de Ole Schmidt, Jeanne d'Arc a été écrite pour soprano, guitare et orchestre symphonique et est interprétée par Nina Pavlovski (soprano), Erling Moldrup (guitare) et le "Aalborg Symphony Orchestra" sous la direction du compositeur. C'est une oeuvre puissante aux subtils rebondissements Je suis toujours autant sous le charme du thème mélodique principal porté par la voix superbe de Nina Pavlovski qui ponctue l'oeuvre sans répétitions excessives, juste ce qu'il faut,entre toutes sortes d'atmosphères orchestrales plus inventives et attractives les unes que les autres - la scène de "Torture" est particulièrement captivante - je me demande même à quel point cette musique fonctionne à l'image,d'autant plus que le film est muet et que celle-ci jouit donc de tout l'espace nécessaire pour s'exprimer. Ce thème principal a des racines profondément encrée dans la musique médiévale, mais sans en n'être qu'une pâle imitation. Elle se réinvente et se "contemporanise" à chaque reprise.  Ce thème principal aux relents de musique médiévale, avec guitare solo et voix de soprano est magnifique, autant dans ses versions les plus soft que dans ses versions les plus épiques et intenses. L'oeuvre ne se limite pas à la beauté de ce grand thème récurrent, il est aussi un superbe tableau symphonique aux multiples rebondissements sonores, riche en trouvailles de toutes sortes, d'une grande expressivité, passionnée et passionnante; un chef d'oeuvre de la musique de film.
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Icare
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyMer 4 Sep 2019 - 21:56

GANDHI By Ravi Shankar & George Fenton. (film de Richard Attenborough):

https://www.youtube.com/watch?v=jPXK8g3Qdok
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MessageSujet: Jarre   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyMer 4 Sep 2019 - 23:12

Ce soir, j'ai réécouté la délicieuse musique que Maurice Jarre composa pour le film Jésus de Nazareth (1977) de Franco Zeffirelli par le "National Philharmonic Orchestra". Si Jarre a une prédilection pour les percussions, il aime aussi employer des instruments "exotiques" au sein d'un orchestre. A cette occasion, il emploie:
le santour par John Leach
le kitara par Monique Rollin (une guitare un peu étrange?)
l'uggav (petite flûte) par Christopher Taylor
le chalil, le shofar, le tuppim, le tziltzelim et le chatsotzerah par Jeremy Montague.
Puis il y a aussi un usage assez fréquent des ondes Martenot par Monique Matagne. Bon là non plus je ne vais quand même pas présenter Jésus Christ de Nazareth car je pense que chacun d'entre nous a une petite idée du personnage et de son histoire. Laughing L'approche de Maurice Jarre sur ce film est très différente des musiques que l'on pouvait entendre sur les films bibliques, pouvaient-elles être signées Elmer Bernstein ou Miklos Rozsa, même si l'introduction, seul moment réellement brutal et imposant découlant sur un lyrisme exacerbé qui évoque un peu le compositeur hongrois, peut laisser imaginer le contraire. Le compositeur français prend très rapidement un virage plus personnel qu'il amorcera à partir des ondes Martenot. De belles combinaisons instrumentales ponctuent une partition qui prend parfois des tournures étranges, des aspects mystérieux. Elle peut aussi se transformer en une marche langoureuse, un élan romantique, une étincelle de bonheur, un éclat festif. Les ondes Martenot peuvent même devenir une série d'ondulations apaisantes. Il y a toujours chez Maurice Jarre l'impression d'une musique qui survole les événements, même les plus dramatiques, sans qu'elle se laisse enfermer dans la noirceur la plus absolue. Quoi qu'il advienne, elle ne peut s'empêcher de chanter la vie, l'espoir et la liberté. Elle est aussi une danse paysanne des temps anciens, une mélodie jouée au santour, une flûte et des cordes assez intenses qui s'ouvrent sur le Moyen-Orient...


Dernière édition par Icare le Jeu 5 Sep 2019 - 7:12, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyMer 4 Sep 2019 - 23:15


Jésus de Nazareth de Maurice Jarre:

https://www.youtube.com/watch?v=ZGNHCgw442o
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joachim
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyJeu 5 Sep 2019 - 11:48

J'avais beaucoup apprécié la musique de ce film, qui à mon avis, "collait" très bien aux images.

Concernant les films sur des personnages célèbres, il y en a une quantité, depuis les muets jusqu'aux plus récents et qui retracent des personnages depuis l'antiquité jusqu'à maintenant.

Tu n'es pas au bout de tes peines Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyJeu 5 Sep 2019 - 11:57

Ce n'est pas une peine mais une passion. Un film, un personnage réel, une musique... 231625  Le but n'est pas de les présenter tous ici, d'autant plus que je ne connais pas toutes les musiques de films traitant d'un personnage existant ou ayant existé. Ce fil présentera donc une liste non exhaustive qui, je l'espère, se complétera dans le temps... et pourquoi pas avec la participation des quelques membres du forum. Very Happy
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laudec

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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyJeu 5 Sep 2019 - 13:58

Merci Icare, "Gandhi" et "Jésus de Nazareth" sont des films qui m'ont beaucoup fait pleurer d'émotions et très certainement amplifiées par la musique de ces films Un film, un personnage réel, une musique... 395622
J'aime aussi ce genre de films qui nous parlent de personnages réels mais je ne suis pas du tout cinéphile, je n'ai vu que très peu de films tout au long de ma vie en réalité et plus je vieillis, moins j'ai envie de regarder des films...  mais les souvenirs sont là prêts à être évoqués avec bonheur.

Dans le même genre, je pense également au film  américain de Conrad Rooks  d’après le roman de Hermann Hesse sorti en 1972 sur la vie de "Sri Siddartha Gautama" ou Bouddha ; avec la musique de Hermant Kumar..  Je n'ai pas trouvé d'extrait musical, seulement la bande de lancement :

https://youtu.be/4JYVc7mfWPg

Biographie courte de Bouddha - Gautama Siddartha

Connu sous le nom de Bouddha ou l'"Éveillé", est un chef spirituel et le fondateur du bouddhisme. Il naît au VIe siècle av. J.-C. dans la région du Teraï, au sud du Népal. Lumbini, son lieu de naissance, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco et constitue un des quatre lieux saints du bouddhisme.

Fils du roi Shuddhodana, il naît dans une forêt sacrée et sa mère meurt une semaine après sa naissance. À l'âge de 16 ans, il épouse la princesse Yasodhara. Son éducation et son instruction se font dans le respect de l'hindouisme, loin de la souffrance et de la misère qui existent derrière les portes du palais familial.

Âgé de 29 ans, il découvre la pauvreté et réalise, en entrant en contact avec des personnes de la rue, à quel point la vie qu'il mène diffère de celle du peuple. Il décide de renoncer à la vie de palais et se tourne vers l'ascétisme. Avec l'aide de grands maîtres, il pratique les austérités puis se concentre sur la méditation pour comprendre le monde.

À l'âge de 35 ans, il va s'asseoir sous un figuier (pipal) et promet de ne pas partir avant d'avoir atteint la vérité ultime. Malgré les interventions de Mara, le démon de la mort, qui essaie de l'empêcher d'atteindre son but, il poursuit sa méditation et accède à l'éveil.

Bouddha affirme alors comprendre la nature et les causes de la souffrance humaine, tout en insistant sur le fait qu'il n'est ni un dieu ni un messager. À travers son premier sermon appelé "Mise en mouvement de la roue de la loi", il révèle les quatre nobles vérités grâce auxquelles on peut accéder à la vérité universelle. Ces quatre nobles vérités sont les fondements du bouddhisme.

Pour Bouddha, les pensées et les émotions sont à l'origine de la souffrance des hommes et la méditation permet d'y mettre un terme. Il passe la deuxième moitié de sa vie à voyager et à enseigner sa pratique.

Dossier : Histoire du Bouddhisme


Dernière édition par laudec le Ven 6 Sep 2019 - 10:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Morricone   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyJeu 5 Sep 2019 - 17:59

Merci pour cette présentation, Laudec.

Qui était Giordano Bruno? Je pense que là quelques petites précisions d'ordre biographiques s'imposent car si chacun sait qui étaient Jeanne d'Arc, la pucelle d'Orléans, et Jésus Christ de Nazareth, ce n'est pas forcément le cas pour Giordano Bruno:

Filippo Bruno, plus connu sous le nom de Giordano Bruno (1548-1600), fut un frère dominicain et philosophe italien. Fondant ses recherches à partir des travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cues, il développa la théorie de l'héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d'un univers infini, qui n'a ni centre ni circonférence, peuplé d'une quantité innombrable d'astres et de mondes identiques au nôtre. Accusé formellement d'athéisme et d'hérésie (particulièrement pour sa théorie de la réincarnation des âmes) par l'Inquisition, d'après ses écrits jugés blasphématoires (où il proclame en outre que Jésus-Christ n'est pas Dieu mais un simple "mage habile", que le Saint-Esprit est l'âme de ce monde, que Satan sera finalement sauvé) et poursuivi pour son intérêt pour la magie, il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétractation qu'il paraissait d'abord accepter puis qu'il rejetait. Une statue de bronze à son effigie trône depuis le XIXème siècle sur les lieux de son supplice, au "Campo de' Fiori" à Rome. Il est compté au nombre des martyrs de la liberté de penser. (en partie Wikipédia)

Giuliano Montaldo en a réalisé un film en 1973 d'une grande sobriété, dans des décors somptueux et très réalistes. Je ne l'ai vu qu'une seule fois en langue italienne et j'espère le revoir en langue française un jour, le plus proche possible, d'autant plus que le personnage principal, c'est-à-dire celui de Giordano Bruno est tenu par Gian Maria Volonte. Néanmoins, sur ce fil, ce qui doit nous intéresser avant tout c'est la musique que ce personnage (et le film) auront inspiré. Elle fut confiée à Ennio Morricone, compositeur attitré de Giuliano Montaldo. Un tel sujet ne pouvait qu'inspirer très profondément un compositeur croyant comme Ennio Morricone. Il en résulte une partition que l'on pourrait découper en quatre parties: un thème principal très chromatique et fugué avec orgue, cordes, hautbois, qui revient plusieurs fois, d'une beauté à couper le souffle, pouvant être le thème d'ouverture d'une "Passion selon Bruno", plusieurs morceaux très religieux pour choeurs à cappella...très beaux...une référence à Palestrina et Frescobaldi...?..., deux processions pour voix et percussions dont l'une sert de générique-début au film qui sont en réalité des musiques de circonstance, et puis une partie totalement anachronique qui déploie un sérialisme fascinant...une musique certes anxiogène, entre mystère et étrangeté, évoquant un univers de magie et peut-être même de folie...la folie de la raison...Les orchestrations sont superbes pour une peinture sonore inouïe et insaisissable qui démontre, au-delà du film et des pensées brillantes de Giordano Bruno qui pourtant n'avait aucune prétention scientifique - il aurait pu se tromper -, que sériel et beau ce n'est pas incompatible, et que l'Emotion avec un grand E n'en est pas exclue. Giordano Bruno a donc inspiré à Ennio Morricone une partition forte, intense et audacieuse.
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MessageSujet: Burwell   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyJeu 5 Sep 2019 - 23:04

<<Raig Schwartz est marionnettiste de rue, mais ne parvient pas à vivre de son art. Lotte, son épouse, s'intéresse beaucoup plus à ses animaux qu'à lui. Devant leurs difficultes financières, le jeune homme trouve un emploi au septième étage du building de l'entreprise Lester. En classant des dossiers, Craig découvre une porte dérobée et l'emprunte. Celle-ci le conduit pour quinze minutes à l'intérieur de John Malkovich.>>

Dans la peau de John Malkovich, un film de Spike Jonze (1999) pour lequel Carter Burwell a composé une musique qui, comme très souvent - une caractéristique de son approche - entre en scène sur des notes de velours. Sur disque, elle doit pourtant s'imposer entre Björk et Bartok par l'"Allegro" de sa Musique pour cordes, percussions et célesta dans une solide interprétation du "Cleveland Orchestra" sous la direction de Christopher von Dohnany. Sur ce coup-ci, j'ai fait le choix d'un personnage existant encore vivant, quelqu'un qui n'est pas encore entré dans la légende. C'est une personnalité américaine du cinéma hollywoodien et ce ne sera pas la seule dans ce cycle. Il y aura trois autres noms liés au cinéma et qui auront donné lieu à un film avec une musique que j'adore. Je n'en dis pas plus pour l'instant.

<<A sa sortie en salles, l'ovni Dans la peau de John Malkovich a été immédiatement perçu comme une comédie farfelue des plus inventives. Inventive, elle l'est, probablement assez pour nourrir l'imaginaire de nombre de scénaristes en manque de trouvailles (on sait en revanche que celui de Charlie Kaufman tient de l'intarissable fontaine). Farfelue, également: le pitch augure d'un délire métaphysique des plus originaux. Mais s'agit-il vraiment d'une comédie? Si Dans la peau de John Malkovich recèle de purs instants hilarants (telle l'entrée de Malkovich lui-même dans son propre cerveau), le premier film de Spike Jonze est aussi un drame grinçant, où le pathétique fait rire parce qu'il touche à l'absurde.>> (extrait de l'article de Nicolas Bardot que l'on peut lire en entier ici)

La musique de Carter Burwell fait plutôt sérieuse. Lancinante et au rythme d'une berceuse, j'ai l'impression de m'enfoncer dans un rêve agréable. Entre passages lents un peu envoûtants et accélérations bienvenues, libérant à un moment donné un piano trépidant, je pénètre peut-être temporairement l'esprit de l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération. Chose qui n'a rien à voir et n'est pas propre au film de Spike Jonze ni à John Malkovich, la musique de Burwell m'est presque toujours d'une belle teneur poétique, d'une délicatesse qui me la rend terriblement émouvante, terriblement sensuelle, au point qu'elle en devient irréelle dès que je ferme les yeux et aperçois dans le coin le plus sombre de mon rêve la douce lumière d'un paradis minuscule.

https://www.youtube.com/watch?v=Z5O1d2gwc18


Dernière édition par Icare le Ven 6 Sep 2019 - 10:25, édité 2 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 9:29

Je ne connais pas les deux derniers films en question mais je suis intéressée par "Giordano Bruno" que j'aimerais mieux connaître et la musique d'Ennio Morricone qui l'accompagne, toujours inédite pour moi .

Un film qui m'a marquée et dont la musique me touche énormément est "La liste de Schindler", film dramatique et historique américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1993, avec Liam Neeson, Ben Kingsley et Ralph Fiennes dans les rôles principaux.

Musique : John Williams et Billie Holiday (chanson God Bless the Child), Jean-Sébastien Bach (Suite Anglaise no 2 en la mineur), Oyfn Pripetchik, une chanson en yiddish qui est le thème de la petite fille au manteau rouge, et à la fin du film Yerushalayim shel zahav, une chanson en hébreu de Naomi Shemer.

Ce film retrace la vie de Oskar Schindler :


Oskar Schindler est né le 28 avril 1908 en Moravie. Il fait partie du parti nazi et tire sa richesse de la Deutsche Emailwarenfabrik, en Pologne. Grâce à ses relations avec Amon Göth, il bénéficie d'une main-d’œuvre gratuite en exploitant les Juifs. Plus tard, interpellé par la violence de la liquidation du ghetto de Cracovie en 1943, il décide de dépenser toute sa fortune et n'hésite pas à soudoyer des SS pour assurer la survie de centaines de Juifs en les employant dans son usine. Il va même jusqu'à récupérer des ouvrières envoyées par erreur à Auschwitz.

Plus tard, il est arrêté, tout comme Amon Göth en raison de leurs liens et de leur appartenance au parti nazi. Il est relâché quelques jours plus tard.

Après avoir sauvé plus d'un millier de Juifs, Oskar Schindler s'est exilé en Argentine pour y tenir une ferme. Il revient en Allemagne en 1958 pour relancer son industrie, en vain. Après avoir sauvé toutes ces personnes, il s'est tenu au courant de la vie qu'elles menaient, et est resté en contact avec certaines. Il reçut le titre de « juste parmi les nations ». Il est décèdé finalement en octobre 1974 en Allemagne, et est enterré au cimetière chrétien à Jérusalem.



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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 9:37


Très beau film que je n'ai vu qu'une fois au cinéma. Voici le thème principal composé par John Williams:

https://www.youtube.com/watch?v=YqVRcFQagtI
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MessageSujet: Cardelus   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 10:25

Pour ne pas que mon cycle soit trop long, trop fastidieux, car il se trouve que j'ai la B.O. de beaucoup de films portant le titre d'un personnage existant, comme par exemple La liste de Schindler évoquée par Laudec, et qu'il faut donc faire des choix, des choix difficiles, j'ai mis de côté la plupart des personnages bibliques sauf Jésus Christ...Il n'y aura pas Moïse, ni Joseph ni Abraham ni aucune personnalité religieuse excepté Giordano Bruno. J'aurais pu retenir quelques papes mais aussi quelques militaires comme Patton ou chefs d'état en dehors de Napoléon. Ce sera à une autre occasion. Il y aura matière à faire un autre cycle plus tard.

Ce matin, l'honneur fut à Luis Bunuel et un compositeur espagnol que je ne connaissais pas encore, du nom d'Arturo Cardelus. Le film s'intitule Bunuel, après l'âge d'or, réalisé par Salvador Simó et sorti en salle en 2018. Il est peu banal qu’un film d’animation dresse ainsi le portrait d’un cinéaste en activité. D'après quelques critiques que j'ai pu lire ci et là - je n'ai pas vu ce film - il vaut surtout pour le récit, original et passionnant, du tournage de Terre sans pain, en 1932, par Luis Buñuel, un documentaire de vingt-sept minutes qui montre la misère dans le territoire des Hurdes, une région de l’Estrémadure, en Espagne. Buñuel (1900-1983) était alors ruiné après le scandale de L’Age d’or (1930), brûlot surréaliste contre l’ordre bourgeois, son premier long-métrage après le court Un chien andalou (1929).

C'est une simple intuition qui m'a dirigé sur la partition qui m'était jusqu'ici inconnue, tout comme celui qui l'a composée. L'intuition fut heureuse car j'aime beaucoup cette musique, très mélodieuse dans son ensemble mais pas trop car elle sait se pervertir à de rares moments par des élans plus chahutés, pouvant même supposer quelques vagues improvisations de piano...?...Le thème principal qui porte le nom du cinéaste a l'allure d'une valse lancinante plutôt bien trouvée et construite. J'ignore si elle traduit selon le compositeur la personnalité de Luis Bunuel ou une ou plusieurs situations données. Il y a une très belle version avec choeur:

<<La bande-son est aussi contradictoire que son personnage principal, luis bunuel - un monde schizophrénique qui passe de l’atonalisme à la musique tonale plus conventionnelle, et de la comédie de Fellini aux sons minimalistes. Le thème principal est une mélodie que nous entendons dans des contextes très différents, notamment l’air insouciant et insolent de La edad de oro, la douleur de Laberinto et la comédie plus absurde de Cabras. Pour nous, il était très important que la mélodie puisse être reconnue indépendamment du contexte musical, car chacune de ces scènes explique quelque chose à propos de Bunuel et nous voulions que tous les thèmes partagent le même ADN.>> Arturo Cardelus.
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 10:31

Un film, un personnage réel, une musique... 333455 Un film, un personnage réel, une musique... 333455 Un film, un personnage réel, une musique... 333455 Un film, un personnage réel, une musique... 395622 Un film, un personnage réel, une musique... 457713  Un film, un personnage réel, une musique... 248345 pour cette version musicale de "Schindler's list"
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 13:03

Viva Zapata est un film de Elia Kazan que j'avais vu lorsque j'étais ado (vers 1959/1960) et qui m'avais frappé par le charisme du héros, Emiliano Zapata qui a réussi à réunir une troupe de paysans et à renverser le président Porfirio Diaz qui soutenait les grands propriétaires.

La musique est de Alex North,et les deux acteurs principaux, Marlon Brando et Anthony Quinn.



https://www.youtube.com/watch?v=62yB3OT8wy0

Emiliano Zapata (Brando) fait partie d'une délégation qui a été envoyée pour se plaindre des injustices subies par le président de longue date Porfirio Díaz (Fay Roope), mais qui a écarté leurs inquiétudes et a poussé Zapata à ouvrir la rébellion avec son frère Eufemio (Quinn). Lui dans le sud et Pancho Villa (Alan Reed) dans le nord s'unissent sous la direction du réformateur naïf Francisco Madero (Harold Gordon).

Díaz est finalement renversé et Madero prend sa place, mais Zapata est consterné de constater que rien ne change. Madero offre à Zapata sa propre terre tout en ne prenant aucune mesure pour la distribuer aux campesinos qui se sont battus pour mettre fin à la dictature et briser les terres des élites. Zapata rejette l'offre et ne cherche aucun gain personnel. Pendant ce temps, Madero, inefficace mais bien intentionné, fait confiance au perfide général Victoriano Huerta (Frank Silvera). Huerta emmène d'abord Madero en captivité, puis l'assassine.

Steinbeck (le scénariste) médite dans le film sur la tentation de la force militaire et de la puissance politique, qui corrompt les hommes. Lorsqu'il devient évident que chaque nouveau régime n'est pas moins corrompu et intéressé que celui qu'il a remplacé, Zapata reste guidé par son désir de restituer aux paysans leurs terres récemment dépouillées, tout en abandonnant ses intérêts personnels. Son propre frère s'érige en petit dictateur, prenant ce qu'il veut sans se soucier de la loi, mais Zapata reste un chef rebelle de grande intégrité. Bien qu'il soit capable de vaincre Huerta après l'assassinat de Madero, en raison de son intégrité, Zapata perd son frère et sa position.

Bien que finalement Zapata soit lui-même attiré dans une embuscade et tué, le film suggère que la résistance des paysans ne prend pas fin. Selon certaines rumeurs, Zapata ne serait jamais mort, mais continuerait à se battre depuis les collines, nourrissant ainsi l' espoir des paysans. Comme le suggèrent plusieurs scènes, au fil des ans, les paysans ont appris à se conduire eux-mêmes plutôt que de se tourner vers les autres pour les diriger.


(Wikipedia.en)

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MessageSujet: Warbeck   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 18:08

Et maintenant se lève le rideau sur William Shakespeare mis en images par John Madden sous les traits de Joseph Fiennes et en musique par Stephen Warbeck qui rafla l'Oscar de la meilleure bande originale à cette occasion. Le film s'intitule Shakespeare in Love (1998).

<<L'histoire se déroule à Londres durant l'été 1593. Le jeune poète et dramaturge William Shakespeare croule sous les dettes. Il a promis à son commanditaire, Mr Henslowe, de lui livrer rapidement une nouvelle pièce, Roméo et Ethel, la fille du pirate. En réalité, il n'en a encore que le titre. Il ressent alors le besoin de trouver une muse, capable de lui donner un nouvel élan, tant professionnel que personnel. Une jeune femme de la noblesse, Lady Viola, qui le vénère pour ses sonnets, rêve de le rencontrer et de devenir actrice, mais le théâtre est, à cette époque, formellement interdit aux femmes et de toute façon inaccessible pour une personne de son rang. Elle décide alors de se déguiser en homme et réussit à obtenir le rôle de Roméo. Shakespeare découvre rapidement la supercherie et la véritable identité de son jeune premier : il en tombe follement amoureux. Malheureusement la jeune femme est promise à un autre homme, Lord Wessex. De cet amour impossible vont naître deux des plus grandes œuvres du jeune dramaturge, Roméo et Juliette d'abord, La Nuit des rois ensuite.>> (Wikipédia)

Je ne parlerai pas davantage du film sur ce topic qui sut susciter l'engouement du public et de la critique, encore qu'il y eut malgré tout quelques dissonances provenant, par exemple, des "Cahiers du cinéma" qui l'ont qualifié de "bluette aussi inepte qu'inoffensive" Outch! Hehe Je ne connais pas beaucoup de films sur la vie ou une partie de la vie de William Shakespeare. Je crois que c'est le seul et comme il est précisé: "Le film imagine la vie du grand écrivain et dramaturge anglais William Shakespeare au moment où il écrivait Roméo et Juliette". Ce sont surtout quelques-unes de ses nombreuses pièces adaptées au cinéma par des réalisateurs comme Franco Zeffirelli, Kenneth Branagh et beaucoup d'autres. La musique de Stephen Warbeck est d'essence romantique, sombre par moments, mais souvent porteuse d'un amour incommensurable et inextinguible. J'adore lorsqu'elle se résume à la guitare, elle devient alors si touchante, presque espagnole...Il faut dire qu'elle s'articule autour d'un fort beau thème principal, au charme très anglais. La mélodie est somptueuse et l'habillage ne manque pas d'élégance, tout comme Shakespeare sous les traits de Joseph Fiennes et selon John Madden. Il en ressort un beau ténébreux follement amoureux d'une certaine Lady Viola (Gwyneth Paltrow) qui, en réalité, n'aurait jamais existé...un amour impossible et douloureux qui aurait suffisamment nourri son inspiration pour qu'il en ressorte l'un de ses plus immenses succès, Roméo & Juliette. Comme c'est formidable l'amour, peu importe qu'il soit voué au néant, du moment qu'il frappe un créateur de cette trempe! La musique de Stephen Warbeck en est le souffle épique, un élan de bonheur dans le corps et l'esprit du tragédien.


Dernière édition par Icare le Ven 6 Sep 2019 - 19:19, édité 1 fois
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MessageSujet: North   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 19:16

joachim a écrit:
Viva Zapata est un film de Elia Kazan que j'avais vu lorsque j'étais ado (vers 1959/1960) et qui m'avais frappé par le charisme du héros, Emiliano Zapata qui a réussi à réunir une troupe de paysans et à renverser le président Porfirio Diaz qui soutenait les grands propriétaires.

La musique est de Alex North,et les deux acteurs principaux, Marlon Brando et Anthony Quinn.

Très bonne idée de nous parler de ce célèbre personnage Zapata et du film du même nom. C'est l'occasion de profiter de la partition symphonique très extravertie d'Alex North. Je n'y aurais malheureusement pas pensé car je ne possède pas encore cette B.O. ni le film d'Elia Kazan pour lequel elle fut composée, aussi étonnant que cela puisse paraître. Il y a une énergie dans cette partition qui galvanise instantanément l'auditeur. Il est aussitôt émotionnellement accaparé par des rythmes et des sonorités très vifs avec des fragments de danses mexicaines qui évoquent la révolte, la révolution. Les percussions et les trompettes y sont à la fête, c'est le cas de le dire! Il y a bien quelques moments plus doux, plus romantiques, mais, plus généralement belliqueuse ou festive, cette musique semble fuser dans un brasier permanent, sans jamais perdre son souffle épique ni sa dimension tonitruante. Histoire de continuer cette incursion au Mexique, il y a l'histoire de José Doroteo Arango Arámbula (1878-1923), plus connu sous le pseudonyme de Francisco Villa et l'hypocoristique Pancho Villa, rebel mexicain devenu chef de la División del Norte et général de l'armée fédérale au cours de la révolution mexicaine qui intéressa le Septième Art, notamment Hollywood qui par la caméra de Buzz Kulik en réalisa un film du même nom, avec Yul Brynner (1968), sur une musique de Maurice Jarre, un régal!

https://www.youtube.com/watch?v=uhwr2nnYy40
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyVen 6 Sep 2019 - 22:25

Un poète, un écrivain, un cinéaste, un assassinat...je pense immédiatement à Pier Paolo Pasolini et à un film de Marco Tullio Giordana datant de 1995; Pasolini, un délit italien. J'en ai déjà suffisamment parlé sur le fil "Les films d'Icare". Ce n'est pas un film biographique sur le cinéaste même si on y apprend des choses, c'est surtout un film sur son assassinat et sur le procès de l'auteur présumé. Ennio Morricone en a signé la partition. Il était le compositeur tout désigné pour en composer la musique puisqu'il collabora plusieurs fois avec Pier Paolo Pasolini dans les années 1970. Il y avait l'écrivain, le poète, le cinéaste, mais aussi et surtout l'homme avec lequel il échangea des idées, des mots, des émotions et probablement des silences aussi. Dans la partition qu'il composa pour le film de Giordana, il y a trois morceaux en particulier de style voisin qui correspondent parfaitement à la parole du poète: les morceaux s'intitulent "Ostia" pour clarinette et cordes, "La mia sola puerile voce" pour cordes, sur un texte de Pasolini interprété par lui-même et "Idroscalo" pour clarinette et cordes. "Ostia" est le plus significatif de ce que je souhaite exprimer. Dans le film, Pasolini vivant est montré par des images d'archives, sans dialogues, juste les images et cette fameuse musique pour clarinette et cordes, très méditative, comme suspendue dans un flottement de nostalgie et de mélancolie. Cette symbiose totale entre les images d'un Pasolini ajustant une caméra ou marchant seul sur une plage et cette musique si douce, si pudique, si lunaire, me procure une émotion indescriptible qui, elle, me transmet un étrange mélange de bonheur et de tristesse. Ce n'est pas forcément le morceau le plus poignant ni le plus percutant d'un point-de-vue purement musical, c'est juste, à mon sens, un instant de pure communion avec l'âme poétique de Pier Paolo Pasolini.

<<L'intelligence ne pèsera jamais sur le jugement de cette opinion publique. Pas même sur la langueur des camps de concentration, vous obtiendrez de l'une des expositions de millions d'âmes de la nation, un jugement net, totalement indigné: chaque idée est irréelle, chaque passion irréelle, de ce peuple dissocié depuis des siècles, dont la douce sagesse sert à vivre , il ne l'a jamais relâché. Montrant mon visage, ma maigreur élevant ma seule voix enfantine n’a plus de sens: la lâcheté est de voir les autres mourir de la manière la plus atroce, avec la plus étrange indifférence. Je meurs et cela me nuit aussi...J'ai dit plus haut comment la mort opère une synthèse rapide dans la vie passée, et la lumière rétroactive qu'elle renvoie à cette vie en choisit les points essentiels, en faisant des actes mythiques ou moraux hors du temps. C'est ainsi que la vie devient une histoire>> traduction de l'italien d'un court texte de Pasolini apparaissant dans l'extrait "La mia sola puerile voce".  

https://www.youtube.com/watch?v=J9hYUG3tEYk
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptySam 7 Sep 2019 - 18:24

Princesse Ka'iulani (1875-1899):

Victoria Kawēkiu Kaʻiulani Lunalilo Kalaninuiahilapalapa Cleghorn est une princesse héritière d'Hawaï du dix-neuvième siècle. Elle fut la nièce du roi régnant à cette époque. Sa mère était la sœur du roi Kalakaua, son père un gentilhomme irlandais. Elle est décédée à l'âge de 23 ans le 6 mars 1899. Elle obtient du président des États-Unis le droit de vote et de posséder des terres pour son peuple. Un film portant son nom (pas en entier Hehe) et son titre fut réalisé en 2009 par Marc Forby. elle est interprétée par Q'orianka Kilcher qui n'est d'ailleurs pas totalement inconnue du grand public. Cette jeune actrice, née d'un père indien péruvien et d'une mère suisse, interprétait en effet Pocahontas dans Le Nouveau monde de Terrence Malick, face à Colin Farrell. Voici le synopsis:

<<Au palais Iolani , la princesse Kaiulani et le reste de la famille royale se préparent pour la cérémonie d'allumage de Honolulu avec uniquement de l'électricité. La nuit cependant, la cérémonie s'interrompt lorsqu'un grand groupe d'hommes blancs armés pénètre dans l'enceinte du palais. Menés par Lorrin Thurston , les hommes demandent à l'oncle de Ka'iulani, le roi Kalakaua , de signer une nouvelle constitution afin de limiter le pouvoir de la monarchie et d'accorder d'énormes pouvoirs gouvernementaux aux citoyens d'ascendance européenne. La situation se transforme rapidement en un bras de fer tendu entre les hommes de Thurston et les Royal Guards . Au milieu du chaos du moment, Ka'iulani est emmenée par son père écossais, Archie Cleghorn, pour sa propre sécurité, et envoyée en Angleterre à la fois pour sa protection et son éducation.>>

La musique est signée Stephen Warbeck, une partition qui, dans son ensemble, est particulièrement douce et romantique. Le thème principal s'articule autour d'une cellule de trois notes que je trouve très bien trouvée et séduisante. Une partie est pour orchestre, toujours d'une matière très soyeuse: je ressens beaucoup de féminité dans cette musique, une féminité et un romantisme qui se prolongent dans les parties pour piano seul parmi lesquelles s'immisce impeccablement la superbe Barcarolle de Tchaikovsky. <<Il sert la scène par son exquise délicatesse et l'instrument unique est lié à la perspective de Ka'iulani.>> nous explique Stephen Warbeck. Et lorsqu'on lui évoque une partition très classique, romantique et thématique, il répond ceci: <<La partition de ce film reflète la douleur et l’agitation causées par la trahison de Ka'iulani et des habitants de Hawaï. Il ne cherche pas à créer les sens du lieu. Des éléments de musique traditionnelle le font et appartiennent à cette partie de l'histoire où se déroule le film. Dans la partition, nous avons cherché à servir le parcours émotionnel de Ka'iulani.>> Le score de Stephen Warbeck est interprété par les solistes Ignace Jang (violon) et Grant Mack (piano), "The Honolulu Symphony Orchestra" sous la direction d'Andreas Delfs.

https://www.youtube.com/watch?v=KMb_TPrqMZI
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MessageSujet: Pujian   Un film, un personnage réel, une musique... EmptySam 7 Sep 2019 - 23:12

La musique que j'ai eu le bonheur de réécouter ce soir n'a pas été écrite pour un film qui raconte la vie de Honoré de Balzac (1799-1850), un écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, qui a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre La Comédie humaine. C'est en cela que ce choix diffère des précédents. la présence de l'écrivain dans le film de Dai Sijie, Balzac et la petite tailleuse chinoise, ne se fait que par le biais de ses écrits qui dans le pays de Mao, pendant la Révolution Culturelle, sont proscrits. Il y a bien eu au moins un film sur Balzac, joué par Depardieu et réalisé par Josée Dayan, sur une musique de Bruno Coulais (restée inédite en cd). Mais revenons au film de Dai Sijie:

<<L'histoire se déroule durant les années 70, pendant la Révolution Culturelle en Chine. Deux jeunes garçons, fils de médecins, sont envoyés dans un camp de rééducation dans les montagnes du Sichuan. Habitués à la ville et éduqués, instruits, ils arrivent dans un village perdu dans la montagne, où toute forme de littérature et de culture est bannie si elle n'est pas à la gloire du régime en place. Dans un village proche de celui où ils se sont installés, vit une jeune femme, fille du tailleur, et dont les deux jeunes tourtereaux rééduqués vont tomber amoureux. Confrontés à l'inculture de la petite tailleuse, ils vont chercher à lui apprendre la littérature grâce à des oeuvres de Balzac, Standhal, Dumas, Dostoïevski qu'ils cachent soigneusement au reste du village. Peu à peu la jeune femme change et une relation s'installe entre ces jeunes gens...>>

Je n'ai malheureusement pas encore vu ce film qui, d'après les avis que j'ai pu lire ci et là, est d'une grande force poétique. Il m'intéresse beaucoup et ce n'est de toute façon qu'une question de temps. Je ne connais que de délicats arrangements de Wang Pujian de musiques traditionnelles chinoises qu'il occidentalise par des cordes soyeuses, mais aussi de quelques pièces de Wolfgang A. Mozart, le Divertissement - K334 et le magnifique second mouvement (Adagio) du Concerto pour violon n°3: En entendre une version pour erhu (Yan Jie Min) et tympanon (Zhang Gaoxiang) sous le titre "Sous l'eau" offre une irrésistible conclusion à l'album. Quel dommage de ne trouver aucun renseignement sur Wang Pujian ni aucun extrait de la B.O., même pas cet Adagio du troisième concerto dans sa version avec instruments chinois.
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyDim 8 Sep 2019 - 10:49

Lorsque j'ai vu le film de Bernardo Bertolucci "Le dernier Empereur" à la TV il y a quelques temps, j'ai été ému par la destinée de Puyi, le dernier empereur de Chine, qui avait pris la suite de la puissante impératrice Tseu-Hi en 1908, à l'âge de 3 ans, puis a subi les prises de pouvoir successifs de Sun Yat-sen et Tchang Kaï-chek, puis l'occupation du Japon qui l'a transformé en roi fantoche du Mandchoukouo, et enfin la prise du pouvoir de Mao tsé Toung, qui bien sûr l'a fait emprisonner une dizaine d'années puis libéré en 1959, pour finir sa vie comme simple jardinier (il est mort en 1967).

La musique est principalement de Ryuichi Sakamoto, mais aussi de David Byrne et de Cong Su.

On trouve le résumé complet sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Empereur



https://www.youtube.com/watch?v=xulOCPkcxqQ
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyDim 8 Sep 2019 - 19:34

Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814), dit Marquis de Sade, voilà bien le genre de personnage qui pouvait inspirer le Septième Art. Toute petite présentation pour ceux qui ne connaissent pas bien:

<<Donatien Alphonse François de Sade fut un homme de lettres, romancier, philosophe et homme politique français né le 2 juin 1740 à Paris et mort le 2 décembre 1814 à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne. Il fut longtemps voué à l'anathème en raison de la part accordée dans son œuvre à l'érotisme et à la pornographie, associés à des actes de violence et de cruauté (tortures, incestes, viols, pédophilie, meurtres, etc.). L'expression d'un athéisme anticlérical virulent est l'un des thèmes les plus récurrents de ses écrits et la cause de leurs mises à l'index. Détenu sous tous les régimes politiques (monarchie, République, Consulat, Empire), il est emprisonné pour divers motifs, notamment pour dettes, empoisonnement et sodomie, puis enlèvement et abus sur des jeunes filles, et enfin pour modérantisme. Sur les soixante-quatorze années de sa vie, il passe un total de vingt-sept ans en prison ou asile de fous. Lui-même, en passionné de théâtre, écrit : "Les entractes de ma vie ont été trop longs". Il meurt à l'asile d'aliénés de Charenton à Saint Maurice.>>

Ce cher marquis fut quelque peu controversé et sulfureux. Philip Kaufman en fit le personnage central de son film Quills, la plume et le sang, sorti en France courant 2001. Malheureusement, je l'ai manqué sur grand écran. J'espère le voir un jour, surtout un film qui réunit sue la même affiche Kate Winslet, Joaquin Phoenix, Michael Caine et Geoffrey Rush dans le rôle du Marquis de Sade. Voici le synopsis:

<<Emprisonné à l'asile de Charenton, dirigé par l'Abbé du Coulmier (Joaquin Phoenix), le marquis de Sade (Geoffrey Rush) parvient à faire passer nombre de ses écrits via une jeune lingère travaillant au couvent, Madeleine (Kate Winslet), fascinée par l'homme, tout en étant attirée par l'Abbé, qui lui refuse son amour. Mais l'administration estime que les méthodes de l'abbé sont trop « libérales », et le docteur Royer-Collard (Michael Caine) est envoyé à l'asile pour tenter de "soigner" le marquis, en le privant petit à petit de ses moyens d'expression.>>

Je ne connais que le magnifique score de Stephen Warbeck. C'est d'ailleurs la meilleure musique que j'ai entendue de ce compositeur, la plus intéressante, la plus étonnante, la plus inventive. Elle a une dimension insolite par moments, exprimant une forme de folie savante, une forme d'obsession érudite, comme si elle s'était nourrie de la psychologie hautement tourmentée du personnage principal. Autre élément insolite; la citation de la fameuse berceuse "Au clair de la lune" qui, dans le film, est chantée et sifflée plusieurs fois par le marquis, et un usage d'instruments non conventionnels.

<<Pour la partition de "Quill", nous avons réuni un petit ensemble qui a joué une variété d'instruments improvisés ou spécialement créés. Steve Moles a construit une lyre à archet avec cordes dont le ton a été modifié par la pression exercée au-dessus du pont. Richard Henry a joué une gamme de tuyaux et de tuyaux de drainage dans et hors de l'eau, ainsi que le trombone, le trombone basse et le didjeridu. La basse de Tim Harries a été préparée avec différents éléments enfilés entre les cordes, et les parchemins de John Parricelli ont été désaccordés et traités de la même manière. En plus de la clarinette basse, Martin Robertson a joué du "damnoni" - une longueur de conduite de gaz spécialement adaptée, et Paul Clarvis a construit un filophone et fourni un bâton de vrombissement français. Avec Gary Kettel aux percussions, Stephen Warbeck aux pôles cheng et piano, Nick Cooper au violoncelle et Sarah Homer au sifflet et clarinette basse, cet ensemble est complet. Pour certaines partitions, nous avons utilisé un orchestre complet et une chorale, et d'autres sections ont été jouées par "The Lunatic Band".>> Stephen Warbeck
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyDim 8 Sep 2019 - 20:38


GIORDANO BRUNO - Thème principal:

https://www.youtube.com/watch?v=UPLm6pAi2pw
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MessageSujet: Pheloung   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyDim 8 Sep 2019 - 23:16

Ce soir, je me suis plongé dans la musique d'un film d'Anand Tucker, Hilary and Jackie qui retrace la gloire fulgurante de Jacqueline du Pré (1945-1987), son histoire avec le mari de Hilary, Christopher Finzi, sa relation avec sa soeur, flûtiste et mémorialiste, et sa lutte contre la sclérose en plaques à partir de la fin de la vingtaine. Jacqueline du Pré fut considérée comme une violoncelliste de génie. Malheureusement, une sclérose en plaque interrompit une brillante carrière. Elle n'avait que 28 ans lorsqu'elle cessa de jouer du violoncelle, et seulement 42 lorsqu'elle en mourut. C'est Emily Watson qui tint son rôle dans le film d'Anand Tucker et Rachel Griffiths celui de sa soeur Hilary. Barrington Phelound qui nous a quitté il n'y a pas longtemps, le 31 juillet 2019 pour être précis, en a composé la bande originale qui, sur disque, ne se résume qu'à cinq extraits ou une douzaine de minutes de musique uniquement, avec Caroline Dale au violoncelle et le "London Metropolitan Orchestra". C'est une musique douce et romantique, un brin mélancolique. Elle est en complément du somptueux Concerto pour violoncelle et orchestre de Sir Edward Elgar par Jacqueline du Pré et le "Philadelphia Orchestra" sous la direction de Daniel Barenboim.

<<La partition de Barrington Pheloung est magistrale. C’est un merveilleux tissage de sa composition originale autour de l’Elgar, d’autres œuvres de violoncelle et de notre chanson de vacances. Barrington m'a contacté pour me demander si, enfant, nous avions de la musique préférée. Je lui ai parlé de notre chanson, chantée uniquement en vacances, avec des harmonies et des ornements variables. C’est le thème principal, et il utilise de manière obsédante sa simplicité. Sa musique se glisse habilement parmi les émotions intenses décrites dans le film. Qu'il s'agisse d'humour, de colère, de douleur, de joie, de désespoir ou d'espoir, la musique renforce toujours l'impact émotionnel et visuel.>> Hilary du Pré - Octobre 1998.

https://www.youtube.com/watch?v=lqONhCVOxj4


+ deux extraits classiques: extrait du concerto d'Elgar et Ouverture de la Suite n°2 de J. S. Bach.
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MessageSujet: Takemitsu   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyLun 9 Sep 2019 - 19:59

Tōshūsai Sharaku, plus connu sous le seul nom de Sharaku, est très généralement considéré comme l'un des grands maîtres de l'estampe japonaise (gravure sur bois). Son œuvre représente de façon particulièrement vivante et audacieuse les acteurs de Kabuki les plus célèbres de son temps. <<On ne sait à peu près rien de la vie de Tōshūsai Sharaku, qui est pourtant une des figures les plus marquantes de l'Ukiyo-e. Il apparaît comme un isolé, n'appartenant à aucun groupe, à aucune école. Le peu de renseignements que donnent les sources contemporaines sont souvent contradictoires. Il semble toutefois que, sous le nom de Saito Jūrōbei, il ait été acteur de nō dans la troupe du seigneur d'Awa. On a dit aussi que ses estampes avaient eu peu de succès en raison du réalisme excessif de ses portraits, mais cela est contredit par le fait qu'il a eu de nombreux imitateurs. Les textes ne sont même pas d'accord sur la date de sa mort (1801 ? 1822 ?). Le seul fait certain est que toute son œuvre se situe entre le cinquième mois de 1794 et le début de 1795. De sa production, qui ne s'étend que sur ces quelque dix mois, il survit aujourd'hui 141 estampes polychromes et environ 17 esquisses. La surprenante brièveté de la carrière de Sharaku demeure un mystère. Il est à noter qu'il n'a travaillé que pour le seul Tsutaya Jūzaburō, un des principaux éditeurs de l'époque. On peut se demander si ses estampes ont été destinées à la vente ou n'auraient pas plutôt été exécutées dans un dessein précis, sous le patronage d'un protecteur.>> Il fut le sujet d'un film de Masahiro Shinoda en 1995, sur une musique composée par Toru Takemitsu. Je viens de la réécouter aujourd'hui. Entre musique traditionnelle nippone et compositions purement originales, la magie opère de nouveau. J'y retrouve toutes les caractéristiques qui définissent son style orchestral, avec une particularité en plus: s'y invite avec beaucoup de tact et d'élégance un jazz mélancolique et légèrement rétro: il vient et s'en va, se dissout dans le tissu harmonique si reconnaissable du maître nippon, avant de se reconstituer et devenir "lui-même" dans le morceau ultime. Poétiquement délicieux.

https://www.youtube.com/watch?v=WGBlbbQjcxc
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MessageSujet: Re: Un film, un personnage réel, une musique...   Un film, un personnage réel, une musique... EmptyMar 10 Sep 2019 - 18:38


Une grande fresque musicale avec références pour NOSTRADAMUS:

<<Dans la partition originale de Nostradamus, j’ai consciemment utilisé une très large gamme de couleurs instrumentales en incorporant des instruments de musique authentiques de la période dans laquelle le film se déroule dans une partition complexe pour un orchestre symphonique et un choeur modernes. Une grande partie de la musique comprend du matériel thématique qui a été soigneusement étudié à partir de la musique qui existait à l'époque de Nostradamus, au XVIe siècle, et contient des citations et des idées du plus important compositeur de cette période, Josquin des Prez (1440-1521). Bien qu'il soit mort en 1521, sa musique a survécu et dominé la majeure partie du reste de ce siècle et se retrouve dans d'innombrables réarrangements et arrangements des compositeurs qui lui ont succédé. J’ai donc essayé d’exploiter les beaux contrastes entre la musique de notre époque et celle du XVIe siècle et, dans le thème principal, j’ai inclus un cadre de la prose de Nostradamus, "Sed quando sub movenda erit ignorantia".>>

Voilà un extrait du commentaire laissé par le regretté Barrington Pheloung à propos de la bande originale qu'il composa pour le film de Roger Christian, Nostradamus (1994). C'est Tchéky Karyo qui joue le rôle de l'apothicaire français du quinzième siècle, ce grand prophète à qui l'on accorde beaucoup de prédictions. Pheloung n'invite pas seulement Josquin des Prez dans sa musique, mais aussi une fois Antoine Brumel (1460 - 1520...) et à trois reprises Tielman Susato (v.1500 - v.1562). Il y a dans cette B.O. un continuel cheminement entre musique ancienne et musique moderne, une sorte de "va-et-vient" permanent jusqu'à une habile fusion des deux pôles sonores...comme un embrasement des glaciers...J'emploie cette métaphore afin d'expliquer (d'imager) que sont les emprunts d'éléments de des Prez, Susato et Brumel qui insufflent un peu de braise, un peu de chaleur, dans la musique très atmosphérique et méditative de Barrington Pheloung, peut-être sa partition pour le cinéma la plus profonde et la plus élaborée...
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