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 Le règne de la symphonie

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JosefK

JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyLun 21 Jan - 11:30

joachim a écrit:
Ce Tan Dan, tout de même, oser s'approprier la 9ème... En plus, c'est pas trop mal Laughing

"Pas trop mal" non plus l'appropriation par Michael Tippett de cette même Neuvième de Beethoven dans le final de sa Troisième Symphonie (1972).

C'est à 33'40 (et, bien entendu, cela précède l'intervention de la voix, en l'occurrence une soprano):



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Icare
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MessageSujet: Martinu   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyLun 21 Jan - 19:49

Comme je l'avais prévu, je reviens sur mon intégrale des symphonies de Bohuslav Martinu par le "Bamberg Symphony Orchestra" sous la direction de Neeme Järvi. Devant faire un choix, j'avais d'abord choisi les quatre symphonies d'Arthur Honegger que je connais cependant beaucoup mieux pour les avoir davantage écoutées. C'est justement pour cette raison que j'ai finalement opté pour celles, six au total, de Martinu, histoire de mieux m'en imprégner. J'ai aussi pensé à celles de Carl Nielsen que je réserve finalement pour la troisième partie de mon cycle. Je n'ai réécouté pour le moment que les deux premières symphonies de Bohuslav Martinu. J'ai aussitôt été galvanisé par la formidable dynamique de la Symphonie n°1. L'énergie des deux premiers mouvements est assez communicative avec un superbe emploi des instruments à vent dans l'"Allegro". Evidemment, ayant un goût immodéré pour les musiques sombres et dramatiques, le "Largo" du troisième mouvement est mon moment préféré de la symphonie, avec un usage du piano auquel je demeure particulièrement sensible, notamment les touches graves du début. La Symphonie n°2 est d'une durée plus courte. Les couleurs orchestrales de l'"Allegro Molto" sont assez séduisantes. Même si les moments les plus animés projettent avec brio et dextérité un flot d'énergie très communicatif, c'est encore le mouvement lent qui gagne toute mon adhésion, le superbe et presque mystérieux "Andante moderato" qui s'appuie sur une construction et un développement qui me paraissent originaux, même si je ne saurais trop expliquer pourquoi. Souvent, en musique, je m'accroche à des détails que d'autres trouveront peut-être anecdotiques, notamment une courte intervention du piano, quelques touches très précises qui produisent en moi une jolie émotion, un effet saisissant.

https://www.youtube.com/watch?v=-nMW27qynYs
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyLun 21 Jan - 20:22

La première des 6 symphonies de Martinu est aussi ma préférée Wink

Comment dans ce "règne de la symphonie" ignorer les symphonies russes ? Si nous avons déjà parlé de Chostakovitch et de Prokofiev, nous n'avons pas encore abordé les grandes symphonies russes romantiques, où l'on peut, entre autres, citer Borodine, Kallinikov, Rimski-Korsakov, Rubinstein, Miaskovski, Glière, Liapounov, Khatchaturian, Gretchaninov, Glazounov, j'en passe, et beaucoup,  et surtout Tchaikovski.

Tchaikovski et ses 6 (ou 7) symphonies dont on ignore habituellement les trois premières. Et pourtant, dès cette première symphonie, sous-titrée "Rêve d'un jour d'hiver" nous sommes plongés dans l'univers de Tchaikovki. Pas le Tchaikovski au destin tourmenté des trois dernières, mais un Tchaikovski presque joyeux, avec néanmoins quelques passages plus inquiets qui peuvent faire pressentir la suite de plus en plus tragique des symphonies 4, 5 et 6.




https://www.youtube.com/watch?v=_krJMxZfZcQ
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JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyLun 21 Jan - 22:25

joachim a écrit:
La première des 6 symphonies de Martinu est aussi ma préférée Wink

Je ne saurais dire, pour ma part. Chaque jour, ou même plusieurs fois par jour, je change d'avis sur la question. En fait, je pense que c'est la dernière écoutée que je préfère.
Cela tient peut-être au fait que les cinq premières sortent quasiment du même moule, écrites entre 1942 et 1946. La Sixième ("Fantaisies symphoniques"), de ce fait, est quand même assez différente des cinq premières.

En tout cas, c'est un univers que j'invite chacune et chacun ici à découvrir.
Martinu a attendu la cinquantaine (plus tard encore que Brahms) et l'exil pour aborder le genre de la symphonie, mais la Première est déjà un coup de maître: les quelques mesures magiques d'introduction du premier mouvement (bizarrement ressemblantes de celles d'un autre joyau, la Quatrième de Magnard) sonnent toujours pour moi comme une invitation à rejoindre un monde merveilleux, à quitter la réalité pour aller vers le rêve, la poésie, le mystère. Et pourtant, quoi de plus enraciné en même temps dans la terre tchèque, ce qui peut-être plus sensible encore dans la Deuxième.

joachim a écrit:
Tchaikovski et ses 6 (ou 7) symphonies dont on ignore habituellement les trois premières.

C'est effectivement dommage pour la Première, qui dépasse sans doute les deux, voire les trois suivantes.

A noter qu'on peut même monter à huit le nombre de symphonies de Tchaïkovski, avec le gigantesque "Manfred", "symphonie en quatre tableaux d'après le poème de Byron" dédiée à Balakirev.
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MessageSujet: Martinu   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyLun 21 Jan - 23:25

joachim a écrit:
Comment dans ce "règne de la symphonie" ignorer les symphonies russes ?

Effectivement, je n'ai pas encore beaucoup abordé la symphonie russe, si ce n'est un peu par Boris Parsadanian. Néanmoins, j'avais prévu d'achever cette seconde partie du cycle sur la seconde symphonie d'un compositeur russe que je ne connais pas encore et qui ne fait pas partie des "incontournables"... Peut-être une envie de ne pas passer systématiquement par les noms auxquels on s'attend le plus...Je n'ai pas non plus l'intention de passer à côté de la symphonie espagnole, et je ne fais pas seulement allusion au célèbre chef-d'oeuvre d'Edouard Lalo, ni de la symphonie grecque, française, polonaise, germanique, ni même australienne ou nordique. Ce "Règne de la Symphonie" va inévitablement être un long cycle en quatre ou cinq parties. Ce soir, je suis revenu, comme prévu, sur les symphonies n°3 & 4 de Bohuslav Martinu. Au fil des écoutes qui se succèdent sur un temps relativement long, je comprends de plus en plus l'enthousiasme de JosefK pour ces oeuvres. J'avoue que de mon côté l'enthousiasme fut progressif. Je n'ai pas été collé au plafond lors de la première approche, ni de la seconde comme ce fut par exemple le cas avec plusieurs symphonies de Mahler ou avec la Neuvième de Dvorak. C'est vraiment une impression qui a évolué progressivement, a gravi une à une les marches de ma sensibilité. D'ailleurs, c'est très certainement aujourd'hui que j'apprécie le plus la symphonie selon Bohuslav Martinu. Dans la Symphonie n°3, je retiens plus précisément deux passages magnifiques; une superbe flûte solo qui transcende le "Largo", vers la deuxième minute et un "Allegro - Andante" qui révèle un symphoniste ingénieux et inspiré, surtout dans sa seconde partie. Dans la Symphonie n°4, C'est encore le "Largo" qui fait merveille et que je retiens le mieux. Le fait que je saisisse des moments précis ne signifie pas que je n'aime pas ces symphonies en métier. J'aime beaucoup l'humeur rendue pas les vents et les cordes dans la phase introductive du premier mouvement de cette même symphonie. J'apprécie aussi l'intelligence de l'orchestrateur, son goût des couleurs vives et d'une souplesse presque aquatique, ainsi qu'un certain sens de la fantaisie. Il offre, me semble-t-il, un bel espace d'expression aux instruments à vent, crée des bouillonnements et des tourbillons qui ne sont pas trop lourds ou pesants à mon oreille. Evidemment, je suis plus réceptif encore au ton grave et quasi-obsessionnel qui ouvre la Troisième. Je la trouve vraiment excellente cette symphonie n°3:

https://www.youtube.com/watch?v=aw5ef67CKac
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyMar 22 Jan - 20:37


Réécoute de la Symphonie n°5 et de la Symphonie n°6 - "Fantaisies symphoniques" de Bohuslav Martinu, toutes les deux en trois mouvements. Jusqu'ici, il me semble que j'avais eu tendance à manifester une préférence pour la Cinquième. Aujourd'hui, après les avoir toutes réécoutées, ma préférence se porterait davantage sur la Troisième. Je pense de toute manière qu'elles sont de qualité égale et c'est vrai que la Sixième se démarque assez des cinq autres. Elle semble arborer un style un peu différent, un peu plus "musique d'atmosphère" par moments, comme par exemple son étonnante introduction:

https://www.youtube.com/watch?v=ZQXqpkCDIBI


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MessageSujet: Slonimsky   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyMar 22 Jan - 23:26

La Symphonie n°2 (1978) de Sergey Slonimsky commence en douceur, par les vents et les cordes, sur un "Andante" qui, avec le troisième mouvement, dépasse les douze minutes. Le mouvement médium est le plus court, atteignant presque les sept minutes. C'est aussi celui qui m'a le plus surpris et captivé. C'est la première fois que j'écoute cette Symphonie et également la première fois que j'écoute une oeuvre de ce compositeur russe. Le premier mouvement est très beau, mélodique et largement dominé par des cordes passionnées. J'aime les apports de la harpe ci et là dans l'"Andante", ainsi que la flûte qui, dans la combinaison des deux, lui apportent un caractère antique. Les cordes portent, quant à elles, la dimension romantique et lyrique à un haut degré d'intensité. le "Vivace ben ritmato" introduit le jazz de façon brusque et exaltée au sein de la symphonie et accapare ainsi toute l'énergie des différentes parties instrumentales de l'orchestre. Nous sommes au coeur-même de la symphonie de Slonimsky, et c'est un coeur qui brûle de mille feux! Le violoncelle solo qui amorce le "Lento cantabile" du troisième mouvement en est le saisissant contraste. Ensuite, différents éléments de l'orchestre s'enchaînent et s'emballent avec méthode et détermination. Je lui trouve alors un côté enthousiaste, optimiste et pourquoi pas festif, bien que, plus en profondeur, j'y décèle une certaine gravité, un aspect plus dramatique qui agit souterrainement sous l'agitation ambiante. La symphonie expose alors avec puissance un thème mélodique porté par les cuivres et livre de toutes ses voix un final heureux et héroïque qui pourrait être celui d'un grand film hollywoodien ou la célébration d'un héros russe victorieux, tout droit issu de mon propre imaginaire. Heureux de cette découverte car, après tout, ça aurait pu être une symphonie de plus parmi toutes celles qui existent déjà et les chefs-d'oeuvre qui les surplombent.

Par le "Leningrad Philharmonic Orchestra" et Gennady Rozhdestvensky.

Ainsi s'achève la seconde partie de mon cycle.
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MessageSujet: Wolpe   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 9 Fév - 21:45

Troisième Partie:

Je n'avais pas prévu réécouter la Symphonie n°1 de Stefan Wolpe de sitôt mais, ce soir, alors que je m'étais remis quelques heures plus tôt la cantate Yigdal du même compositeur, j'avais envie de me plonger à nouveau dans une oeuvre pleine de vie et d'énergie, d'un modernisme décomplexé qui dressera sans aucun doute le cheveu sur le crâne des réactionnaires, ceux qui ne seront pas en mesure de supporter autant de dissonances sur une durée de vingt minutes. Hehe Wolpe compose, avec la première symphonie, une oeuvre qui relève complètement de l'expressionnisme abstrait. Je pense même qu'elle est très aboutie dans le genre avec comme point culminant le troisième et dernier mouvement, formidable chaos organisé qui fourmille d'audaces et dont les couleurs s'entrecroisent, se chevauchent, fusionnent ou se télescopent. Il anime la matière volcanique de l'orchestre avec des figures, des fragments souvent furtifs et des masses sonores mouvantes qui s'étirent nerveusement et se rétrécissent presque aussitôt, s'éclipsent avant de réapparaître de façon fulgurante, se disloquent et se reconstituent dans un espace musical multidimensionnel.

NDR Symphony Orchestra - Johannes Kalitzke.

https://www.youtube.com/watch?v=nPFf6vnd4U8


Dernière édition par Icare le Mar 9 Avr - 21:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyDim 10 Fév - 9:41

Icare a écrit:
d'un modernisme décomplexé qui dressera sans aucun doute le cheveu sur le crâne des réactionnaires, ceux qui ne seront pas en mesure de supporter autant de dissonances sur une durée de vingt minutes.

Si ne aimer ça, c'est être réactionnaire, alors je suis fier d'y être Le règne de la symphonie - Page 4 231625

J'ai tenu 3 minutes Le règne de la symphonie - Page 4 10321

Tiens, pour m'en remettre je vais réécouter le concerto pour clarinette de Martin Goller que Laudec a découvert sur youtube Wink
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MessageSujet: Langevin   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyJeu 14 Fév - 17:59

Pourrait-on voir la Symphonie n°1 de Stefan Wolpe comme une sorte d'interlude avant la troisième partie de mon cycle "Le Règne de la Symphonie"...?...car comme introduction, j'ai opté pour deux symphonies de Claude Langevin, un compositeur français né en 1928 dont chacun peut obtenir plus détails sur le topic que j'ai créé à son intention. Les deux symphonies sont d'une durée de moins de vingt minutes et s'intitulent: Europa Sinfonia, opus 29 par le "Staatsorchester <Rheinische Philharmonie>" sous la direction de Pierre Stoll, et réconciliations, Symphonie pour cordes, opus 36, par Philippe Langlois (violon solo) et "Les Solistes de Bourgogne" sous la direction de Paul Kuentz. Réconciliations est, comme son titre le suggère aisément, une symphonie de la paix de laquelle émane un air d'optimisme, même si elle peut s'avérer très sérieuse par moment, propice à la méditation. Jouant aussi des pizzicati, elle sait rebondir et exprimer des humeurs très différentes. Ses tracés sont généreux, lumineux et même envahissants, une musique qui semble couler de source et m'enrober de sentiments réconfortants, une musique bien française avec de beaux élans lyriques qui m'enlacent énergiquement, amoureusement. Cette symphonie qui se compose de quatre mouvements pourrait être l'oeuvre musicale qui me réconcilie avec le monde qui m'entoure...aurait-elle la force nécessaire de m'en donner au moins l'illusion avec son très touchant "Largo con calore" (troisième mouvement)? Illusion, c'est déjà une évasion temporaire qui me sied et que le quatrième et dernier mouvement appuie au rythme d'un "Andante maestoso". A propos de Europa Sinfonia Yves Bessières écrit: <<Véritable incite symbolique à l'unité des peuples, l'"Europa Sinfonia" ne pouvait trouver plus émouvante résonance que les événements du 9 novembre 1989. La puissance orchestrale de cette moderne symphonie n'est pas sans rappeler qu'il y a près de trois mille ans les murs de Jericho tombaient au souffle des trompettes.>> Je ressens une oeuvre d'une grande force dramatique et dont la matière orchestrale est d'une grande richesse sonore et d'une puissance redoutable, fascinante d'une extrémité à l'autre. Une rage de vivre et de vaincre en émerge, un immense souffle de grandeur qui ne semble jamais pouvoir retomber et finit par s'emplir d'un vent d'optimisme qui s'apparente un peu à une valse grandiloquente du meilleur effet. En un seul mouvement cette symphonie pour l'Europe des peuples atteint les 19 minutes d'un bonheur musical ininterrompu. Entre germanisme et influences françaises, je pense un peu à Arthur Honegger mais pas seulement...Un véritable jaillissement de vie.

https://www.youtube.com/watch?v=J_SrzYYKYBk
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MessageSujet: Nielsen   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyJeu 14 Fév - 22:27

Quatre symphonies de Carl Nielsen: SYMPHONIE N°1

Carl Nielsen forme avec Jean Sibelius les deux plus grands symphonistes scandinaves de leur génération. Enfin c'est ce qui se dit car je connais encore très mal les symphonies de Sibelius malgré la belle réputation dont elles jouissent. En revanche, je connais désormais les quatre premières de Carl Nielsen. Ce soir, je me suis à nouveau penché sur la Symphonie n°1 en sol mineur - opus 7 de Nielsen, par le "Royal Stockholm Philharmonic Orchestra" sous la direction de Gennady Rozhdestvensky. J'ai une grande affection pour la première symphonie qui est finalement la première oeuvre que j'ai écoutée de ce compositeur, si j'excepte un extrait de la N°5 en visuel sur ARTE. Carl Nielsen avait autour de vingt-cinq ans lorsqu'il composa cette oeuvre, environ le même âge que celui de Jean Sibelius lors de la composition de Kullervo. Néanmoins, leurs influences respectives ne seront pas les mêmes, Bruckner, Tchaikovski pour Kullervo, selon Robert Layton, alors que je ressens davantage Brahms et Dvorak dans la première symphonie de Nielsen. Surtout Brahms: tout comme Brahms et Dvorak, il y a ce sens de la mélodie que la mémoire imprime aisément et une exploration du folklore local qui lui insuffle un charme irrésistible. Il y a un hautbois solo à certains endroits de toute beauté.

https://www.youtube.com/watch?v=UkhRX2vL-LY
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 10:06

Entre Nielsen et Sibélius, j'ai une petite préférence pour le second, mais j'aime beaucoup aussi les symphonies de Carl Nielsen (un peu moins la 6ème et dernière, davantage "moderne").

Chez les Scandinaves contemporains de Nielsen, je conseillerais aussi Leevi Madetoja, Erkki Malartin et Hugo Alfven.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 10:34

Carl Nielsen: Symphonie n°2 "The four temperaments":

<<Les circonstances qui entourent la conception de la Deuxième Symphonie illustre magnifiquement le mélange unique de raffinement urbain et de simplicité rustique qui caractérisait Nielsen. En plus d'avoir une vaste culture musicale - qu'il augmentait sans cesse -, le compositeur danois dévorait les grands chefs-d'oeuvre de la littérature: Shakespeare et Goethe, les mythologies grecque et nordique; on raconte qu'il avait comme livre de chevet un exemplaire de la République de Platon, au lieu de l'habituelle bible. Il semble s'être minutieusement renseigné sur la notion grecque antique des "quatre tempéraments", c'est-à-dire l'idée selon laquelle les caractéristiques émotionnelles des êtres humains peuvent se classer en quatre types d'"humeurs" (décontracté ou tout simplement paresseux) et le "sanguin" (gai). Toutefois, c'est la découverte d'une peinture naïve mais pittoresque des quatre tempéraments, sur le mur d'une auberge de village, qui le poussa à y réfléchir en des termes musicaux. En 1901, cela forma la base d'une symphonie en quatre mouvements. Nielsen ne nous offre aucun jugement de valeur: le fait que le caractère sanguin ait le dernier mot ne signifie nullement que le compositeur le considérait d'une manière ou d'une autre comme supérieur aux autres. Le sujet est ici l'étendue des caractères humains, peints parfois avec une franchise d'émotion électrisante, et d'autres fois avec une délicieuse ironie.>> Stephen Johnson.

Cette seconde symphonie me touche moins que la Première, néanmoins, elle contient un moment que je trouve magnifique, sûrement pas un hasard s"il s'agit du troisième mouvement intitulé "Andante malincolico".


Dernière édition par Icare le Ven 15 Fév - 16:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 10:36

Pour moi si l'on veut parler de symphonie et de grand oublié de l'histoire de la symphonie, quelqu'un que Chostakovitch qualifiait de génie, qui grâce à des amis et des fidèles comme Barshai,qui a laissé des enregistrements de toute beauté.C'est d'Alexander Lokshin (en traduction anglo-saxonne), il a écrit 11 symphonies , toutes sauf une seule orchestrale, les autres sont avec voix et toutes absolument prenantes.Pour démarrer avec ce formidable compositeur ,je conseillerais ce cd, qui en comprend 3 symphonies, avec des interprètations extraordinaires.

Le règne de la symphonie - Page 4 <a href=Le règne de la symphonie - Page 4 Lok1010" />
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 11:09

joachim a écrit:
Entre Nielsen et Sibélius, j'ai une petite préférence pour le second, mais j'aime beaucoup aussi les symphonies de Carl Nielsen (un peu moins la 6ème et dernière, davantage "moderne").

Chez les Scandinaves contemporains de Nielsen, je conseillerais aussi Leevi Madetoja, Erkki Malartin et Hugo Alfven.

Sans exprimer de préférence, je pense qu'il est habituel de connaître Sibelius avant Nielsen, mais tout est possible.
Et sans que je puisse nécessairement l'argumenter, en tout cas pas en deux lignes, Madetoja, Melartin et Alfvén ont des mérites (on peut y ajouter Atterberg et Rangström), et certaines de leurs symphonies sont mémorables - comment ne pas être obsédé par le début de la Deuxième de Madetoja, par exemple? - mais moins que Sibelius et Nielsen.

Plus près de nous, il y a les univers fascinants de Langgaard, Holmboe, Pettersson, Rautavaara, Norgard, Aho... (sans compter les centaines de symphonies de Segerstam).
Et on peut même remonter arrière avec Berwald, qui en remontre à pas mal de ses contemporains germaniques et qui m'intéresse plus que Gade.

Ensuite, la Sixième de Nielsen est clairement différente des cinq premières (elles-mêmes assez distinctes entre elles), mais est-elle la plus "moderne"?
Oui, en ce sens que cette "Sinfonia semplice" se met en quelque sorte au goût du jour - celui des années 1920 - avec une sorte de néoclassicisme haydnien. La longue note tenue du basson à la toute fin de l'oeuvre vaut d'ailleurs bien la fameuse "blague du basson" du deuxième mouvement de la Quatre-vingt-treizième de Haydn.

Donc cela me semble une modernité un peu paradoxale puisqu'elle traduit un certain retour au passé, comme beaucoup d'autres, et pas des moindres, à cette époque (Stravinski, Schönberg etc.).
En ce sens, la Cinquième pourrait être considérée comme plus moderne, avec ce que j'entends d'ailleurs comme des échos du monde "moderne" - la Première Guerre mondiale, tout juste achevée? la société industrielle? - et j'ai d'ailleurs l'impression que c'est celle qui a fait le plus école chez ceux, notamment en Angleterre, qui se sont imprégnés de symphonies scandinaves.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 11:14

Je ne sais si l'on peut parler de version ici,mais pour Nielsen, il y a une version qu'il faut absolument connaître, bien que dure à trouver, d'ailleurs aujourd'hui,c'est un chef qui a aidé et soutenu,Allan Pettersson,ce qui pour moi est sympathique, c'était un chef avec une aura formidable, qui a beaucoup fait pour Nielsen, et même si ses enregistrements ne sont pas de qualité optimale,ils méritent le coup d'oreilles et il s'appelle Tor Mann.
Le règne de la symphonie - Page 4 <a href=Le règne de la symphonie - Page 4 Tor_ma10" />
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 16:34

Carl Nielsen: Symphonie n°3 "Sinfonia Espansiva":

Oui JosefK, tout est possible et il se trouve que je me suis intéressé à Carl Nielsen avant Jean Sibelius que je ne connais qu'au travers de son unique concerto pour violon et Kullervo, voire Finlandia que j'ai dû entendre une fois quelque-part. C'est un compositeur qui est bien sûr dans mon collimateur. Si je connais un peu mieux la musique de Carl Nielsen que celle de Jean Sibelius, c'est à la suite d'un concert sur ARTE sur lequel je suis tombé dessus en zappant. Il s'agissait de la Cinquième de Nielsen, sur un passage rapide un peu stravinskien qui m'avait bien accroché. C'est à partir de là que je me suis intéressé à ses symphonies, même si dans mon esprit, à ce moment-là, il s'agissait de la Quatrième. Je l'ai prise en complément de la Première par un chef d'orchestre que je connaissais surtout au travers de l'oeuvre d'Alfred Schnittke. A l'écoute de la Quatrième sous-titrée "L'Inextinguible", je n'ai bien sûr pas retrouvé le passage ou le mouvement qui m'avait fasciné, mais, en revanche, j'ai aussitôt adoré la candeur et l'inspiration mélodique de la N°1. L'ironie du sort est qu'aujourd'hui je ne connais toujours pas la Cinquième (ni la Sixième) même si évidemment je pourrais l'écouter sur Youtube. Ca viendra. Je ne suis jamais pressé et, de toute façon, en musique, je voyage beaucoup, je vais et viens...Cet après-midi, j'ai réécouté la Symphonie n°3 de Carl Nielsen par le LSO sous la direction de Sir Colin Davis, avec la soprano Lucy Hall et le baryton Marcus Farnsworth qui n'interviennent que dans le second mouvement, "Andante pastorale". J'aime beaucoup cette grande symphonie dont le second mouvement est évidemment mon passage de prédilection. J'aime beaucoup la voix, prioritairement lorsqu'elle est employée, comme ici, sous forme de vocalises. Elle m'émeut davantage par la vocalise que par l'interprétation d'un texte quelconque. C'est une préférence qui est en moi depuis toujours et se vérifie une énième fois sur cette oeuvre qui, néanmoins, me passionne dans son entièreté. La voici dans une autre version que la mienne:

https://www.youtube.com/watch?v=EPB8Wv05FV8
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MessageSujet: Sumera   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 23:22

Carl Nielsen: Symphonie n°4 - "L'inextinguible":

<<Dans la Quatrième Symphonie (1914-1916) écrite alors que Sibelius se débattait encore avec sa Cinquième Symphonie, il y a un degré de violence - car il faut bien parler de "violence" et non pas d'"énergie" - qui est nouveau dans son art. La Première Guerre Mondiale vint bouleverser l'univers paisible des trois premières symphonies. Les lignes mélodiques s'élèvent avec plus d'appréhension et d'intensité - "comme l'aigle qui chevauche le vent" dans le cas du beau mouvement lent, pour reprendre les paroles du compositeur - et on y trouve une plus grande conscience de l'érosion de la tonalité et un plus haut degré de dissonance. Nielsen croyait en la "force vitale" et le titre de cette symphonie, "L'Inextinguible", essaie d'évoquer ce que seule la musique a le pouvoir d'exprimer pleinement: la rage de vivre.>> Robert Layton.

Lors des dernières approches, cette Quatrième Symphonie de Carl Nielsen ne faisait, émotionnellement parlant, que m'effleurer. Ce soir, j'ai bien mieux pénétré sa puissante matière en ébullition. Pourrai-je écrire "en fusion" afin d'insinuer en elle un caractère volcanique qui étreint tout d'abord le premier mouvement. Chacun d'entre eux (quatre au total) semble être d'une certaine façon la continuité du précédent, formant ainsi une solide fresque sonore pleine d'un tumulte qui ne désarme que très rarement, si ce n'est la douceur pastorale du second mouvement qui a, soit dit en passant, toute ma préférence. Vers la dernière partie de la symphonie, les percussions y sont prépondérantes, tels les grondements d'une colossale éruption. Par le "Royal Stockhom Philharmonic Orchestra" sous la direction de Gennady Rozhdestvensky.

Une symphonie de chevet n°10:

Avec la Symphonie n°2 de Lepo Sumera en trois mouvements, je change d'époque et d'univers. C'est tout d'abord une harpe magique qui égraine ses notes jusqu'à l'obsession avec une montée en intensité. Le plus merveilleux est qu'elle réapparaîtra aussi magiquement à la toute fin de l'oeuvre. C'est quasiment un thriller musical qu'elle instaure avec l'orchestre et les percussions, une course-poursuite dans un monde fantastique ponctué de cloches tubulaires. Les cordes virevoltent à toute allure, la tension est à son comble. Ainsi, je pourrais être au coeur d'une chasse à l'homme dans un film d'action. La musique m'inspire cette situation musico-cinématographique. Le second mouvement est d'une singularité surprenante, magnifique d'un bout à l'autre. Derrière le jeu énigmatique des bois, puis sous les tracés de cordes passionnées et passionnantes, la harpe ondule, imperturbable, sûre d'elle, sûre de son effet. La symphonie avance d'une cadence effrénée, sous le mouvement ininterrompu d'une mécanique infernale, un grand souffle symphonique et obsessionnel qui devient même orgasmique tant il semble inextinguible. La harpe en sera cette conclusion magique et irréelle que j'évoquais plus haut.


Dernière édition par Icare le Sam 16 Fév - 18:05, édité 1 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptyVen 15 Fév - 23:46

J'ai découvert Carl Nielsen en même temps que sa troisième symphonie, quelle belle découverte, inattendue, un compositeur qui me semble trop peu connu, à découvrir !
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 11:45

Si j'ai bien compris, Icare, tu ne possèdes pas les symphonies 5 et 6 ?

Ceci me permet alors une transition vers la symphonie en ré mineur de César Franck, très souvent interprétée dans les années 1950/60, et plus rarement actuellement. Pourquoi ? Mystère Le règne de la symphonie - Page 4 1521897346

Cette symphonie date de 1888, tout à la fin de la vie de Franck (1890), créée le 17 février 1889 au Conservatoire sous la direction Jules Garcin.

Elle est en trois mouvements, comme la symphonie en si bémol de Chausson, son exacte contemporaine à un an près :

Lento; Allegro ma non troppo.
Allegretto
Finale : Allegro non troppo



https://www.youtube.com/watch?v=-MeQiYLHGWo


Le premier mouvement, en ré mineur puis fa mineur, pourrait être sous-titré "pathétique" ou "tragique" tant les tensions fortement romantiques sont exacerbées.
Contraste avec le deuxième mouvement, très calme et un tantinet mélancolique, qui donne la part belle au cor anglais solo.
Contraste encore avec le troisième mouvement qui débute fougueusement comme un cri de victoire, en ré majeur, puis les thèmes des deux mouvements sont rappelés, avant que n'éclate une conclusion grandiose.
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JosefK

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 13:34

joachim a écrit:
Elle est en trois mouvements, comme la symphonie en si bémol de Chausson, son exacte contemporaine à un an près :

Lento; Allegro ma non troppo.
Allegretto
Finale : Allegro non troppo.

Et comme la très belle Symphonie en ut de Dukas, dans cette riche floraison de symphonies françaises de la fin du XIXe.

Cela dit, le mouvement central de la Symphonie en ré mineur de Franck est assez particulier, puisqu'il fait office à la fois de mouvement lent et de scherzo. Comme le disait le compositeur: "après le premier mouvement, viennent un andante [sic] et un scherzo, liés l'un à l'autre. Je les avais voulus de telle sorte que chaque temps de l'andante [re-sic] égalent une mesure du scherzo, celle-ci pût, après développement couplé des deux morceaux, se superposer au premier." C'est un tour de force intéressant - et qui, bien sûr, n'est pas qu'un tour de force, car le résultat s'écoute pour lui-même.
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Kristian

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 15:17

Quelle force, quelle beauté !  Le règne de la symphonie - Page 4 185465  Par moments, on trouve de brefs motifs qui semblent presque reprendre des thèmes du superbe quintette avec piano, composé une petite dizaine d'années plus tôt.

J'adore la technique « cyclique » de Franck, qui ne cesse de « boucler » et de remettre les grands thèmes au premier plan,  donnant à l'auditeur un sentiment de grande complétude.  Le règne de la symphonie - Page 4 395622  A cet égard, cette symphonie est un exemple !

(A noter, pour la petite histoire, que Franck et son élève Chausson sont tous les deux morts des suites d'un accident de transport – Franck parce que son fiacre a été heurté par un omnibus, et Chausson parce qu'il est tombé de vélo. Le règne de la symphonie - Page 4 939584)
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MessageSujet: Pettersson   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 18:42

joachim a écrit:
Si j'ai bien compris, Icare, tu ne possèdes pas les symphonies 5 et 6 ?

Tu as parfaitement compris. Ca peut paraître étrange de m'être arrêté ainsi dans mon élan et d'être passé à autre chose alors que j'avais beaucoup aimé le passage entendu sur ARTE de la cinquième symphonie de Carl Nielsen. En réalité, il n'y a aucune raison à cela, un concours de circonstance qui a fait que je suis passé à autre chose et lorsque je suis revenu à Nielsen, je me suis arrêté sur les N°2 & 3...J'ai toujours plus ou moins voyagé à travers la musique de manière anarchique, de manière volontairement désordonnée, contrairement à une connaissance qui, lorsqu'elle s'intéresse à un compositeur, va tenter d'aller jusqu'au bout de son oeuvre avant de s'intéresser à un autre - je schématise un peu mais il y a chez elle ce côté "complétiste" que je n'ai pas forcément, en tout cas pas de façon aussi méthodique.

Une symphonie de chevet n°11:

Lorsque j'ai découvert la Symphonie n°5 de Allan Pettersson par le "Berliner Sibelius Orchester" sous la direction d'Andreas Peer Kähler, j'étais dans une période où je raffolais des musiques les plus sombres, les plus dramatiques, les plus tourmentées et les plus alambiquées - je préfère dire les plus complexes...Autant dire que cette Cinquième de Pettersson était immédiatement devenue un idéal musical qui correspondait à merveille à mon humeur et à ce que j'aspirais au plus profond de mon être. J'en aimais l'architecture, le climat, la densité, l'intensité dramatique, sa progressive évolution tourbillonnaire sur plus de trente-huit minutes, ses moindres détails, comme par exemple les petites sonorités qui, furtivement, la traversent: un choc émotionnel puissant. Je peux paraître excessif en disant cela mais c'est pourtant un choc que j'avais ressenti, à l'époque, lorsque je découvris cette fascinante Symphonie n°5 d'Allan Pettersson. C'est en même temps une de mes premières grandes découvertes dans le domaine de la musique contemporaine, une oeuvre à laquelle je demeure profondément attaché. Je pense que nous avons tous comme ça des oeuvres-pilier qui jalonnent et structurent ainsi notre goût musical. En la réécoutant aujourd'hui, j'avais pourtant l'impression de la redécouvrir complètement et de retrouver l'émotion identique de la "première fois". Je ne sais pas si cette cinquième symphonie est caractéristique de l'oeuvre d'Allan Pettersson car, contrairement à Per Norgard qui est le compositeur nordique que j'ai le mieux approfondi, je ne connais rien d'autre du maître suédois, et cela malgré l'effet exceptionnel que cette oeuvre a eu sur moi. Maintenant, je ne pense pas mourir demain, enfin pas avant d'avoir pris le temps d'approfondir Allan Pettersson et Jean Sibelius, si possible... Laughing
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MessageSujet: Escudero/Gaos   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 23:28


Deux symphonies espagnoles sans Lalo:

En Espagne aussi des symphonies ont vu le jour. En contraste à la Cinquième très sombre et tourmentée d'Allan Pettersson, j'ai opté pour une oeuvre bien plus joyeuse et mélodieuse avec la Symphonie n°2 - "En las montanas de Galicia" d'Andrés Gaos (1874-1959), par l'"Orquesta Sinfonica de Galicia" sous la direction de Victor Pablo Pérez. C'est une symphonie en trois mouvements qui fut composée pour le concours de compositions symphoniques galiciennes du "Centro Gallego Prize", 1953. Bien qu'elle ait l'appellation de symphonie, l'oeuvre se rapprocherait davantage d'un triptyque symphonique de caractère descriptif. Andrés Gaos décrit lui-même l'origine de cette composition de la manière suivante: "Les derniers temps, je ressentis une étrange force qui me força ardemment à créer. Ce fut un travail incessant qui minait mes forces (...) De cela naquit ma Sinfonia Gallega (...) Ce fut d'une certaine manière, un retour sur moi-même, un retour vers mon égo primitif.". Andrés Gaos n'entendit jamais sa deuxième symphonie car celle-ci fut exécutée pour la première fois en 1974, bien longtemps après sa disparition. Il y a comme un emprunt de danse ancienne qui anime l'"Andante mosso" du premier mouvement, dont la bonne humeur est très communicative. Toutefois, c'est l'"Andante" centrale, par sa délicieuse mélodie et son traitement, qui m'émeut le plus, une manière de retrouver un peu de la candeur de la Première de Carl Nielsen.

Avec la Sinfonia Sacra/Symphonie Sacrée (1972) de Francisco Escudero, je retrouve là une approche plus contemporaine et tourmentée, de celle que je privilégiais à l'époque de la Cinquième de Pettersson, même si sur cette oeuvre-ci le choc ne fut pas immédiat. Je pense même que je ne l'ai jamais autant appréciée que ce soir. Premièrement, je ne la perçois pas vraiment comme une symphonie, davantage comme un triptyque concertant offrant un vaste espace d'expression aux instruments à vent; le hautbois de F. J. Lecumberri, le cor anglais de Pascal Laffont et surtout le basson de Jaroslaw Augustyniak, auxquels s'ajoute ci et là un beau violon solo. Rarement une symphonie, du moins parmi toutes celles que je connais, ne laisse un aussi grand espace d'expression à un soliste. Le basson y est, par exemple, irrésistible, s'offrant même des passages en solitaire errant, sans l'orchestre, un orchestre qui par ailleurs ne se compose que des instruments à cordes. Les cordes y interviennent de façon souvent très énergiques et brutales lorsqu'elles interrompent les errances des solistes. J'ignore s"il faut les voir comme autant de transitions sans concession entre chaque solo ou comme un récurrent rapport de force qui s'instaure entre la masse et l'individu...Le compositeur use de l'atonalisme dodécaphonique avec dextérité et précision, mais rien de rigide ni de trop austère à mon oreille qui pourrait freiner mon enthousiasme. La nudité de certains passages, notamment lorsque le basson poursuit seule sa route, n'est ni aride ni incongrue, peut-être insolite à l'intérieur d'une symphonie, inhabituelle, et c'est vrai que c'est super beau un basson solo, au point qu'il me ferait presque oublier la symphonie de laquelle il s'échappe.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 EmptySam 16 Fév - 23:30

L'instant Boccherini:

https://www.youtube.com/watch?v=znlfh2xwJRg
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 4 Empty

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